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jeudi 29 avril 2021

Mortal Kombat


Titre : Mortal Kombat
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Christophe Lambert, Robin Shou, Linden Ashby
Date de sortie en France : 25 octobre 1995
Genre : fantastique, arts martiaux

Synopsis : 
Lord Rayden fait équipe avec un guerrier, un maître en arts martiaux et une belle détective pour remporter le tournoi Mortal Kombat. S'ils échouent, ce sera la fin de l'Humanité.

Avis : 
Si les adaptations de jeux vidéo débarquent régulièrement sur nos écrans de cinéma, ça n'a pas toujours été le cas. Mais au début des années 90, trois licences vont connaître, coup sur coup, les joies du cinéma : Super Mario Bros. en 1993, Street Fighter en 1994, et Mortal Kombat, qui nous intéresse ici, en 1995. Si les deux premiers restent surtout dans les mémoires pour leur absolue médiocrité (j'ai néanmoins une certaine sympathie pour le second...), le troisième est souvent cité comme exemple des moins pires adaptations.  A l'heure où une nouvelle version arrive sur les écrans, il est temps de se replonger sur le film de Paul W.S. Anderson - qui flinguera plus tard d'autres licences vidéoludiques avec les adaptations médiocres de Resident Evil  ou Alien vs Predator


Mortal Kombat étant à l'origine un jeu de baston, principalement réputé pour sa violence graphique, on ne s'attardera évidemment pas sur le scénario. L'histoire n'est qu'un prétexte aux combats, et on appréciera en fait ce côté joyeusement rentre-dedans : on caractérise vite fait le héros via un drame, on présente les personnages secondaires de façon purement formelle, on nous balance un enjeu trop gros pour être vrai... et on met l'accent sur LA star du film, Christophe Lambert, en totale roue libre dans le rôle de Raiden, et dont le rire alimente encore, 25 ans plus tard, de nombreuses conversations sur internet. Et, de façon presque incroyable, alors que tout ça ne devrait pas fonctionner : ça fonctionne. 

Les personnages bénéficient d'un charisme certain, et les combats s'enchaînent à un bon rythme et avec une certaine efficacité, entrecoupés de répliques parfaitement péremptoires. On appréciera ainsi l'affrontement entre Johnny Cage et Goro, contre Scorpion ou le duel final entre Liu Kang et Shang-Tsung. Pourtant, on est loin des sommets des arts martiaux, l'ensemble n'est pas toujours bien chorégraphié et ne se donne pas forcément la peine d'essayer, et on ne retrouve à aucun moment les débordements sanglants des jeux. Mais, encore une fois, ça fonctionne. 

Bien sûr, impossible également de ne pas souligner la musique, et son thème devenu culte. Mortal Kombat est ainsi l'exemple typique du film qui ne devrait pas fonctionner tant il est bourré de défauts, mais qui est finalement assez efficace pour bénéficier d'une certaine indulgence. Quelques éléments ont bien entendu pas mal vieilli depuis (Reptile), mais le film demeure un divertissement assez agréable, sans doute grâce à une certaine naïveté et une sincérité trop rarement présentes dans le genre. 



lundi 6 février 2017

Resident Evil


Titre : Resident Evil
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius
Date de sortie en France : 3 avril 2002
Genre : horreur, action

Synopsis : 
 Dans un immense laboratoire souterrain, ont lieu des recherches ultras secrètes, supervisées par des centaines de scientifiques. Lorsque l'alarme retentit, tout le monde croit à une simple simulation d'évacuation. Mais bientôt, l'horreur les rattrape. Un virus hautement mortel se propage à un rythme effréné dans les couloirs : en quelques minutes, il met fin à toute vie humaine. Au même moment, Alice se réveille dans un somptueux manoir.

Avis : 
  L'adaptation des jeux Resident Evil au cinéma est presque un cas d'école. D'un côté, une série de jeux vidéo dont les premiers volets font l'objet d'un véritable culte, et de l'autre une saga cinématographique qui multiplie les navets et affiche le mépris le plus total pour le joueur d'une licence dont elle est pourtant bien contente de reprendre le nom. Difficile d'imaginer ce que serait devenue la saga entre les mains de George Romero, mais on a assez pleuré à ce sujet : revenons donc sur ce que Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat, Event Horizon) et sa clique dont fait subir à un matériau de base pourtant si prometteur.


 Tout le monde le sait désormais : Resident Evil n'est pas, ou si peu, une adaptation du jeu vidéo. De l'exploration effrayante dans un manoir, où chaque créature pouvait devenir une menace, nous passons à un film d'action bien ringard dans un immense complexe scientifique, avec pour seuls liens quelques noms de lieux (Raccoon City) et de virus (le virus T), et quelques clins d'oeil destinés à donner le change. Pourquoi pas, après tout : une adaptation peut être excellente tout en s'écartant du média de base.

Hélas, ce n'est pas le cas de ce Resident Evil, qui réunit tout ce que l'on pouvait de plus ringard dans le cinéma d'action des années 90. Problème : le film date de 2002. Une époque où le bullet-time est déjà ringard, où les poses iconiques et les répliques couillues ne peuvent plus fonctionner au premier degré, où l'on demande un peu plus à des acteurs qu'un regard hagard (Milla Jovovich, exceptionnelle de non-présence) ou des sourcils froncés (Michelle Rodriguez, apparemment constipée pendant tout le film).

Adaptation ratée et mauvais film d'action : ce premier Resident Evil est un échec total, à peine sauvé par quelques plans réussis (la dernière image, avec ce travelling arrière nous faisant découvrir le chaos dans Raccoon City, est formidable) et lorgnant directement sur le travail de... Romero. Hélas, ce n'était que le début : dès 2004, nous assisterons au viol en réunion de la saga avec Resident Evil : Apocalypse, qui choisit sciemment de se mettre les fans à dos...

Note : 3/10

dimanche 16 mars 2014

Pompéi


Titre : Pompéi (Pompeii)
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Kit Harington, Emily Browning, Adewale Akinnuoye-Agbaje
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : péplum

Synopsis : 
En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps.

Avis : 
 Souvent rangé aux côtés des Roland Emmerich et Michael Bay dans la catégorie des réalisateurs de blockbusters d'action décérébrés, Paul W.S. Anderson, principalement connu pour ses adaptations foireuses de la saga de jeux vidéo Resident evil s'attaque cette fois à l'Histoire. Enfin, à l'histoire en fait, en prenant le cadre de la célèbre éruption du Vésuve en 79 pour nous livrer un mélange de sous-Gladiator et de Le Jour d'après.



Car Paul W.S. Anderson et ses scénaristes ont vu le film de Ridley Scott, et semblent bien décidés à vous le faire savoir. Thématique semblable, scènes clonées, personnages similaires, tout y passe, même la façon dont sont chorégraphiés et filmés les combats de gladiateurs. Le problème, c'est qu'Anderson n'a pas la maîtrise de son modèle... et que Kit Harington (Game of thrones, Silent Hill : révélation) n'a ni charisme ni talent, se contentant de cette même moue qu'il arbore dans la série. Le reste du casting n'est guère convaincant, d'une Carrie-Ann Moss (Matrix) qui confirme sa chute film après film à une Emily Browning toujours aussi mono-expressive que dans Sucker punch.

Si le scénario ne réserve aucune surprise, il remplit néanmoins son rôle principal : nous faire patienter jusqu'à l'éruption du Vésuve. Très spectaculaire, peut-être même parfois trop spectaculaire, la catastrophe est surtout l'occasion de mettre en scène cet héroïsme de pacotille et ce sens du sacrifice très hollywoodiens, alors que les débris tombent sur la ville avec plus ou moins d'intensité selon les besoins du scénario. Le temps semble même s'arrêter pour permettre aux personnages de se livrer à des duels ou des courses-poursuites.

Tout cela se regarde néanmoins sans ennui, le film contenant son lot de péripéties, mais on ne pourra s'empêcher de lever les yeux au ciel à certains moments. Pompéi constitue donc une nouvelle oeuvre moyenne dans la filmographie de Paul W.S. Anderson, dont la générosité ne compense pas la platitude...

Note : 3,5/10