lundi 19 août 2019

Midsommar


Titre : Midsommar
Réalisateur : Ari Aster
Acteurs : Florence Pugh, Jack Reynor, William Jackson Harper
Date de sortie en France : 31 juillet 2019
Genre : drame, horreur

Synopsis : 
Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé.

Avis : 
Après l'excellent Hérédité, on attendait avec impatience le second long métrage de Ari Aster. Le moins que l'on puisse dire, c'est que celui-ci n'a pas choisi la facilité, avec un film fantastique de 2h30 inspiré du folklore scandinave. Précédé d'une réputation extrêmement flatteuse, Midsommar  m'a pourtant laissé sur ma faim.


Tout partait pourtant parfaitement, avec une introduction glaçante et une belle caractérisation des deux personnages principaux. De même, l'arrivée dans la campagne suédoise permettait d'immédiatement installer un climat anxiogène, entre consommation d'hallucinogènes et rencontre avec une communauté beaucoup trop accueillante pour être honnête. Et quelque part, c'est une des raisons qui m'ont empêché de savourer un film qui avait pourtant tout pour me plaire : tout est trop évident, on connait d'entrée les grandes lignes de ce qui va suivre, ce qui va rendre le reste du film de moins en moins intriguant, jusqu'à même provoquer par moments l'hilarité.

Evidemment, le film est superbe esthétiquement, et on appréciera la descente aux enfers du personnage principal, subtilement épaulée et soutenue par la communauté pour lui faire peu à peu fermer les yeux sur l'intolérable. On appréciera aussi le rythme du film, loin d'être aussi lent que beaucoup ne le prétendent (il se passe constamment quelque chose), et l'ambiance sonore. Mais entre des personnages secondaires prétexte, aux réactions parfois grotesques, entre des acteurs parfois très moyens (Poulter et Reynor en tête) et le sentiment d'être un peu trop tenu par la main par le scénario (tous les éléments menant au rituel de procréation sont décrits tôt dans le film, ce qui enlève à mon sens de la surprise et de l'étrangeté aux séquences qui suivront...), Midsommar peine finalement à convaincre sur la longueur.

Reste un film ambitieux, terriblement glauque pendant 1h30, jusqu'à une dernière partie plus convenue, plus attendue (les disparitions successives, la découverte des corps). Cela suffit clairement à en faire un des films d'horreur les plus intéressants de ces dernières années, mais pas à en faire une oeuvre incontournable, comme le récent The Witch, sur une thématique de base pas si éloignée, ou le classique The Wicker man, auquel on pensera forcément beaucoup.

Note : 7/10


vendredi 16 août 2019

Crawl


Titre : Crawl
Réalisateur : Alexandre Aja
Acteurs : Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark
Date de sortie en France : 24 juillet 2019
Genre : horreur, catastrophe

Synopsis :
Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…  

Avis : 
Au royaume des films d'horreur animaliers, crocodiles et alligators riment souvent avec nanars et navets. A quelques exceptions près (l'excellent Solitaire / Eaux troubles, et Black water), ces terrifiants reptiles sont en effets trop souvent réduits à un rôle de sous-requin dans des productions sans queue ni tête (à titre d'exemple récent, on pourra évoquer l'inénarrable Megashark vs crocosaurus).


Si l'on n'attendait pas d'Alexandre Aja qu'il nous ponde le Jaws du sac à main sur pattes, il fallait bien avouer que voir un tel réalisateur se frotter au genre était plutôt un gage de confiance. Bien loin du décomplexé et jouissif Piranha 3D, Aja va jouer ici la carte du sérieux et du crédible, avec ces alligators profitant d'un typhon pour aller rendre visite aux habitants. Un point de départ qui n'est pas
spécialement original (les requins, encore eux, ont déjà profité de tsunamis dans Malibu shark attack ou Bait, et on n'oubliera pas que certains squales se déchaînent lors de tornades...), mais qui permet de mêler film catastrophe et épouvante animalière, d'autant que le réalisateur de Haute tension va prendre le parti de suivre un duo, un père et sa fille, dans leur tentative de survie.

Toute la première partie, dans la cave de la maison familiale, est ainsi un vrai délice. Si les liens entre
personnages restent assez classiques (ils devront surmonter dans l'adversité leurs différends issus
d'anciennes querelles familiales), ils sont plutôt crédibles et attachants, même si Kaya Scodelario
n'apporte pas grand-chose dans ce rôle passe-partout. Cet attachement va renforcer la tension de cette première partie, où le film joue sur les angles, sur le son, nous faisant constamment redouter l'apparition d'un prédateur dans un recoin de la cave.

Si cette première partie est très réussie, je trouve la seconde moins passionnante. Retombant dans les poncifs du genre, le film multiplie les attaques, jusqu'à faire intervenir des personnages prétextes dans l'unique objectif de les tuer. La tension retombe, malgré quelques séquences spectaculaire, la faute aussi à quelques situations moins crédibles qui entament l'impression de réalisme qui se dégageait jusqu'alors du film.

Crawl reste néanmoins, sans difficulté, dans le haut du panier des films d'horreur mettant en scène des animaux dangereux. Même si je lui préfère largement un Solitaire, le film d'Aja est efficace et prenant, au moins dans sa première partie, avant une seconde moitié plus axée série B, divertissante mais clairement un cran en-dessous en ce qui me concerne.

Note : 7/10


mardi 16 juillet 2019

King Kong contre Godzilla


Titre : King Kong contre Godzilla (Kingu kongu tai gojira)
Réalisateur : Ishirô Honda
Acteurs : Tadao Takashima, Kenji Sahara, Yu Fujiki
Date de sortie en France : 7 juillet 1976
Genre : kaiju eiga

Synopsis :
Capturé et ramené au Japon, King Kong affronte Godzilla, récemment échappé du lieu où il était retenu prisonnier.


Avis : 
Pour son troisième film, Godzilla affronte son père spirituel (la sortie de King Kong au Japon ayant, selon la légende, inspiré Honda pour la réalisation de son film). Racheté par la RKO, bénéficiant d'une taille cinq fois plus grande qu'avant, rendu puissant par l'électricité, Kong va donc goûter aux joies du suit-motion pour un film qui semble souvent hésiter entre sérieux ou amusement.


Sérieux, entre hommage au film de 1933 (les indigènes de l'île, Kong au sommet d'un immeuble, l'enlèvement d'une jeune femme...) et séquences remarquables (l'attaque du poulpe géant) ; amusement pour certaines idées loufoques (le transport de Kong grâce à des ballons gonflés à l'hélium !) et pour l'attitude générale du singe, dont les mimiques et réactions, couplées à un costume miteux et laissant peu de place à la mobilité, prête clairement à sourire.

Les combats sont du même acabit, le sérieux de la situation laissant rapidement la place à des combats décomplexés, les deux adversaires luttant comme des stars du catch sur les pentes du Mont Fuji, dans un film dont les effets spéciaux sont mois convaincants que dans Le Retour de Godzilla : si le monstre atomique jouit d'une gueule et d'un costume de plus en plus crédible, il est loin d'en être de même pour son adversaire simiesque. Sans aucune mesure avec son alter-ego de 1933, Kong a ici un visage particulièrement moche et ridicule, d'autant qu'il ne dispose que d'une expression faciale. Toujours niveau effets spéciaux, on aura cette fois moins le loisir d'assister à des destructions de villes. En effet, l'action se déroule essentiellement en pleine campagne, pour se finir sur le mont Fuji. Peu de maquettes donc, contrairement aux deux films précédents.

King Kong vs Godzilla est donc le premier film de la série à oublier un peu le côté sombre et à insérer des éléments plus légers, ce qui est également renforcé par le fait d'avoir été tourné en couleurs, contrairement aux deux premiers de la série. Toutefois, Ishirô Honda n'oublie pas dans certaines scènes son talent pour la réalisation, et le film qui en résulte est donc assez particulier, entre scènes fort réussies et scènes plus risibles.

Note : 5/10