jeudi 7 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom


Titre : Jurassic World : Fallen Kingdom
Réalisateur : Juan Antonio Bayona
Acteurs : Chris Pratt ; Bryce Dallas Howard, Rafe Spall
Date de sortie en France : 6 juin 2018
Genre : aventures, science-fiction

Synopsis :
Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l'île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction.  Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l'île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Avis :
Après un reboot / suite plutôt réussi et très divertissant, Jurassic World revient évidemment avec une suite, qui débute donc un peu comme le faisait Le Monde perdu de Spielberg : une équipe se rend sur une île où les dinosaures sont livrés à eux-mêmes. Mais avec une différence de taille : cette fois, les animaux sont menacés par l'éruption imminente du volcan local, et cette partie de chasse préhistorique n'occupera que la première partie du film.


Car le film de Juan Antonio Bayona (réalisateur de l'inégal L'Orphelinat et du lamentable The Impossible) va se concentrer sur l'une des thématiques abordées rapidement dans le 1er film : la volonté de faire de ces dinosaures génétiquement recréés des produits commerciaux… et des armes. Grands méchants mercenaires qui n'hésitent pas à blesser les gentils animaux et à trahir les gentils héros (dont un geek qui a peur de tout !), méchants hommes d'affaires capitalistes qui ne voient que leur profit potentiel, acheteurs mafieux issus (forcément) d'Europe de l'Est, la galerie de clichés est remplie jusqu'à la nausée, à peine voilée par la volonté de Bayona d'installer, par moments, une atmosphère proche du conte dans son film.

Cela donne des parallèles beaucoup trop évidents avec le Grand Méchant Loup, la jeune princesse aux origines mystérieuses, le terrible parent adoptif… Cela donne quelques situations un peu grotesques et gratuites, comme ce plan de l'Indoraptor (le cousin bien moins impressionnant de l'Indominus Rex du volet précédent) hurlant au clair de Lune, ou prenant tout son temps pour ne pas attaquer une proie cachée dans son lit. L'équilibre entre conte et film d'aventures de science-fiction ne fonctionne jamais, les deux parties étant toutes deux remplies de défauts, et se prenant surtout beaucoup trop au sérieux, là où Jurassic World brillait par son second degré assumé, permettant de magnifier un scénario de série B. Fallen Kingdom n'y parvient qu'à moitié : le scénario de nanar est bien là, mais le second degré est aux abonnés absents.


Plus frustrant encore, on a l'impression que le film ne sait pas s'il doit assumer son héritage, ou au contraire s'écarter enfin de Jurassic Park… et fait donc les deux, et donc aucun des deux. On aurait pu croire qu'en détruisant dès le début Isla Nublar, le film de Bayona allait laisser la trilogie d'origine loin derrière. Hélas, entre un scénario qui reprend constamment des éléments des films de Spielberg et un réalisateur qui s'obstine à reprendre de très nombreux plans signatures de Jurassic Park et du Monde perdu (difficile de ne pas soupirer et lever les yeux au ciel au bout du cinquantième pompage visuel...), on est simplement le cul entre deux chaises. Résultat : non seulement le film ne réserve aucune surprise, mais se limite à une succession d'images et de situations que l'on a déjà vues dans les films précédents de la saga.

Grosse déception donc pour ce cinquième volet, qui oublie le second degré salvateur de Jurassic World pour s'enfoncer dans un sérieux complètement inadapté à l'histoire un peu idiote qu'il met en images. Restent évidemment des effets spéciaux impressionnants, quelques scènes très réussies, mais perdues entre incohérences et passages prévisibles .

Note : 3.5/10


lundi 28 mai 2018

Le 15h17 pour Paris


Titre : Le 15h17 pour Paris (The 15:17 to Paris)
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Spencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos
Date de sortie en France : 7 février 2018
Genre : drame

Synopsis : 
Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu'un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s'attache à leur parcours et revient sur la série d'événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d'une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers … 

Avis : 
Avec Le 15h17 pour Paris, Clint Eastwood continue à explorer sa thématique du citoyen ordinaire capable de se dépasser pour faire face à des situations exceptionnelles. Ici, il nous présente les trois héros américains qui ont permis de faire échouer la tentative d'attentat du Thalys en août 2015, en se concentrant sur les parcours des jeunes hommes.



Seulement, rapidement, la volonté de montrer que des hommes ordinaires sont capables d'actes exceptionnels se transforme en une brochette de clichés bien patriotiques, d'une affligeante banalité. Culte des armes, importance de la religion, sentiment général de supériorité... Ces trois héros, interprétés par les véritables protagonistes de l'affaire (Stone, Sadler et Skarlatos ne sont pas des acteurs... et c'est flagrant), deviennent ainsi très vite antipathiques, d'autant que leurs parcours ne présentent aucun intérêt.

Le film se contente ainsi de suivre les vacances des ces énergumènes, touristes un peu mous du bulbe, et quelques étapes de la formation militaire (et des échecs) de Spencer Stone. Et clairement, on s'en moque, tant le film reprend sans imagination les pérégrinations habituelles de jeunes américains visitant des pays avec pour unique but de faire des selfies dans des endroits dont ils n'ont rien à foutre.

Finalement, seule la reconstitution de l'attaque sera véritablement réussie, brève et intense, avec le sentiment que les "acteurs" revenaient enfin dans leur élément. Quelques minutes superbes, malheureusement suivies par de trop longues minutes de célébrations, avec la reconstitution ratée de la remise de la Légion d'Honneur (le mélange entre images d'archives et images tournées pour l'occasion donne un résultat vraiment bancal), pour ce qui est peut-être le plus mauvais film réalisé par Clint Eastwood.

Note : 2/10


jeudi 17 mai 2018

Ready player one


Titre: Ready player one
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn
Date de sortie en France : 28 mars 2018
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l'OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l'œuf de Pâques numérique qu'il a pris soin de dissimuler dans l'OASIS. L'appât du gain provoque une compétition planétaire.

Avis : 
Adaptation du roman Player one d'Ernest Cline, Ready player one marque le retour de Steven Spielberg à la science-fiction. Un retour forcément opportun, à une époque où les productions des années 80 et 90 sont revenues à la mode, autant sur petit (Stranger things) que sur grand écran (Super 8), et un retour forcément attendu, le réalisateur de Rencontres du troisième type étant généralement considéré comme l'un des maître de l'aventure familiale en milieu fantastique.


Le film nous plonge donc en 2045. En l'espace d'une unique séquence, Spielberg nous dépeint un univers réel chaotique, dans un bidonville me rappelant la ville de Megaton dans le jeu Fallout 3, où l'intimité ne semble plus exister, où les habitations de fortune communiquent entre elles, et dont l'unique échappatoire semble être l'OASIS, univers virtuel gigantesque où l'unique limite semble être celle de l'imagination - et du porte-monnaie. Un monde forcément addictif, qui engloutit le temps et l'argent des joueurs, même si le film choisira sciemment d'éviter de creuser ces thèmes, se contentant de les citer rapidement. Comme souvent chez Spielberg, la prime sera au pur divertissement.

Et il faut avouer que de ce côté-là, le film se montre particulièrement généreux. La première séquence de course est un véritable régal, montrant des véhicules aussi variés que la DeLorean de Retour vers la futur, la moto de Akira ou la Plymouth Fury de Christine slalomer entre le T-Rex de Jurassic Park ou King Kong, et l'ultime affrontement sera l'occasion de convoquer des centaines de personnages issus de la pop-culture, de Chucky au Géant de fer en passant le Masterchief ou les Battletoads. Le catalogue de références semble infini, se nourrissant du cinéma, de la télévision, du jeu vidéo, du jeu de plateau, du manga, du comics, brassant des oeuvres allant de Citizen Kane à la saga Vendredi 13, dans des clins d'oeil plus ou moins appuyés (Retour vers le futur ou Shining), de la citation la plus évidente au détail le plus discret. Un vrai régal pour le geek, sans doute beaucoup moins pour le profane qui risquera par moments l'indigestion.

Car cet étalage de référence ne parviendra pas vraiment à camoufler un scénario extrêmement linéaire, aux enjeux et au déroulement trop classiques. Pas de surprise, nous sommes bien chez Spielberg, et la gentille morale à deux sous n'est jamais bien loin, tandis que toute tentative pour explorer un peu des sujets plus sombres est évacuée en deux répliques. Cela empêche clairement Ready player one de s'élever au-delà d'un "simple" divertissement de grande qualité, qui en met plein les yeux et les oreilles pendant plus de deux heures, mais ne l'empêche pas d'être un excellent défouloir, que l'on aura sans doute envie de revoir !

Note : 8/10