lundi 25 janvier 2021

La Bête tue de sang froid

 

Titre : La Bête tue de sang froid (L'Ultimo treno della notte)

Réalisateur : Aldo Lado

Acteurs : Flavio Bucci, Laura D'Angelo, Irene Miracle

Date de sortie en France : 30 août 1978

Genre : rape & revenge


Synopsis : 

Lisa Stradi et sa cousine Margaret Hoffenbach, âgées de seize ans, s'apprêtent à passer les fêtes de Noël à Vérone chez les parents de Lisa. Dans le train parti de Munich, elles croisent deux voyous en cavale et une bourgeoise nymphomane qui sèment le désordre. Lorsque le train est immobilisé de nuit dans une petite gare autrichienne, suite à une alerte à la bombe, les deux jeunes filles décident de changer de train et de fuir les importuns. Hélas, le trio maléfique croise à nouveau leur route. Isolées dans un wagon, Lisa et Margaret vont subir un véritable calvaire.

Avis : 

Réalisé par Aldo Lado (Je suis vivant !), La Bête tue de sang froid, également connu sous le titre du Dernier train avant la nuit reprend le postulat de La Source d’Ingmar Bergman et de La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven (Aldo Lado affirme n’avoir vu aucun de ces films, ce qui semble difficile à imaginer), sorti 3 ans plus tôt : après avoir violé puis tué deux jeunes filles, un groupe de criminels se réfugie par hasard chez les parents de l’une d’elle.


Après une longue présentation des personnages, Aldo Lado va se focaliser sur l’interminable calvaire des deux jeunes femmes. Humiliations, violences, viol et enfin meurtres : les amateurs de rape & revenge seront en terrain connu, même si le film apporte un élément original via la présence d’une femme, décrite comme perverse, qui encourage les deux marginaux à agresser leurs deux victimes. Si le film en fait un peu trop dans la violence gratuite (le passager qui passe vite fait dans le compartiment le temps de violer une des deux amies avant de repartir), son efficacité réside surtout avec le parallèle constant entre le destin tragique des deux jeunes femmes et la situation au domicile de l’une d’elle, entre échanges sur la nécessité de bannir la violence de la société, repas chaleureux, danses, rires et attente enthousiaste.

 

La dernière partie, bien plus courte, sera consacrée à la vengeance du père de famille contre les deux violeurs. Là encore, rien de bien nouveau : on sent l’influence du film de Craven sur celui de Lado, une cravate remplaçant le médaillon. Le père, qui prônait plus tôt la nécessité d’évoluer vers la non-violence, devient une Bête qui tue de sang-froid, totalement aveuglé par sa tristesse et sa haine. On pourrait également déceler une espèce de sous-texte social avec ces deux marginaux finalement piégés par les plus riches (après tout, sans l’intervention de la femme dans le train, ils n’étaient que de petits loubards sans envergure, et le rôle de cette dernière dans la vengeance achève de laisser un goût amer en bouche), mais amené avec la finesse d’un coup de couteau en plein sexe…

 

La Bête tue de sang-froid est donc un rape & revenge assez classique mais efficace, qui bénéficie surtout de son ambiance particulière (nous sommes dans les années de plomb italiennes, ce qui rappelle un peu San Babila : un crime inutile également sorti chez Le Chat qui fume) et de son cadre particulier, avec ces cabines de train qui donnent un sentiment d’étouffement et de confinement.

  


samedi 26 décembre 2020

Deranged


 Titre :
Deranged

Réalisateur : Jeff Gillen, Alan Ormsby

Acteurs : Roberts Blossom, Cosette Lee, Leslie Carlson

Date de sortie en France : 

Genre : horreur, drame

 

Synopsis :

Un fermier psychopathe conserve le corps empaillé de sa mère et tue d'autres femmes pour lui tenir compagnie.

 

Avis : 

Psychose, Massacre à la tronçonneuse, Maniac, Le Silence des agneaux, La Maison des 1000 morts  Parmi les innombrables tueurs en série qu’ont connus les Etats-Unis, Ed Gein est sans doute celui qui a le plus enflammé les imaginations et inspiré les auteurs. Et pour cause : entre meurtres et nécrophilie, le voleur de cadavres est surtout célèbre pour son goût pour la décoration et les costumes à base de peau humaine, et pour l’influence dévastatrice de sa mère.



  En 1974, la même année que le film de Tobe Hopper, Jeff Gillen et Alan Ormsby (scénariste de l’excellent Le Mort vivant la même année) réalisent Deranged, adaptation relativement fidèle de l’histoire d’Ed Gein. Un film qui mérite clairement d’être davantage connu. Roberts Blossom, que l’on a verra plus tard dans Rencontres du troisième type, Christine ou encore… Maman, j’ai raté l’avion y incarne Ezra Cobb, un fermier du Midwest qui vient de perdre sa mère… ce qui va le conduire à la folie.

 

Présenté comme un faux documentaire (un journaliste ponctue régulièrement le film de ses observations et explications, ce qui permet de jouer avec les ellipses mais aussi de préparer aux scènes chocs), le film nous fait donc suivre ce pauvre vieux Ezra Cobb, que l’on prend un peu en pitié au début. On sent bien l’influence de sa mère sur son comportement, les difficultés qui en découlent, et on compatit à la folie qui s’empare peu à peu d’un homme assez pathétique. Pour mieux être horrifié par la suite.

 

Car Roberts Blossom livre une prestation totalement sidérante dans le rôle du tueur, qui passe peu à peu du fermier benêt au psychopathe cauchemardesque. Culminant dans d’impressionnantes séquences d’horreur pures ou de macabre, Deranged met véritablement mal à l’aise, impression encore renforcée par une espèce d’humour noir très présent. Un excellent film, trop souvent oublié parmi les perles du cinéma horrifique.

 


 

jeudi 24 décembre 2020

Gwendoline


Titre : Gwendoline

Réalisateur : Just Jaeckin

Acteurs : Tawny Kitaen, Zabou, Brent Huff

Date de sortie en France : 8 février 1984

Genre : aventures, érotique

 

Synopsis : 

Décidée à retrouver son père disparu, parti en quête d'un papillon rare, Gwendoline se lance à sa recherche avec l'aide de Beth, sa demoiselle de compagnie. Parvenues dans un port malfamé de Chine, les deux jeunes femmes sont kidnappées par des truands, puis libérées par un aventurier nommé Willard. Ce dernier accepte alors d'accompagner Gwendoline et Beth dans un long périple qui les conduira jusqu'à la mystérieuse contrée de Yik-Yak. Là-bas, au coeur d'un volcan, une reine cruelle et tyrannique dirige d'une main de fer une armée d'amazones.  


Avis :  

Réalisé par Just Jaeckin (à qui l'on doit surtout le célèbre Emmanuelle quelques années plus tôt), Gwendoline est l'adaptation de la bande dessinée de John Willie, Adventures of Sweet Gwendoline, bande dessinée ayant pour thème le bondage. Interprété par Tawny Kitaen dans le rôle titre et la toute jeune Zabou Breitman, Gwendoline est un film d'aventures érotiques qui suit une structure assez proche de l'esprit bande dessinée. Le film enchaîne ainsi les péripéties, transporte les héros d'un port chinois à une cité perdue en passant par une jungle impénétrable et un immense désert, leur faisant affronter de nombreux dangers tous évités de façon légère. 

 

Indiana Jones n'est jamais bien loin, notamment avec le personnage masculin, bellâtre gentiment macho qui se révélera peu à peu courageux et digne de confiance. Cette succession d'aventures se suit sans temps mort jusqu'à sa dernière partie mettant le trio aux prises avec les étranges amazones d'une cité peuplée par des femmes et dirigée d'une poigne de fer par une reine sadique. On entre alors pleinement dans le divertissement érotique fétichiste, avec ces femmes dénudées et / ou portant des armures évocatrices, ces instruments de torture, cette utilisation de l'homme comme un objet. 

Erotisme et violence se mêlent généreusement, rythmées par la musique composée par Pierre Bachelet (dont un thème qui donnera plus tard le tube En l'an 2001, ce qui déstabilise un peu). Bref, Gwendoline est un film généreux comme on les aime, dépaysant, sexy, drôle (Zabou est souvent hilarante), une de ces pépites que Le Chat qui fume nous permet une nouvelle fois de (re)découvrir dans des conditions royales !