mardi 10 avril 2012
Hunger Games
Titre : Hunger Games (The Hunger Games)
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 21 mai 2012
Genre : fantastique, action
Synopsis :
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...
Avis :
«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé Battle Royale, ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec Marche ou crève de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...
Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...
Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer Winter’s Bone Lawrence, également vue dans X-Men : le commencement ou House at the end of the street, méritait quand même mieux que ça...
On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Stanley Tucci (Lovely Bones), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman (Esther), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...
Ajoutez donc une grosse pincée de Twilight dans votre Battle Royale, faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre Hunger Games. Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...
Note : 5,5/10
dimanche 15 janvier 2012
Hugo Cabret
Titre : Hugo Cabret (Hugo)
Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs : Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley
Date de sortie en France : 11 décembre 2011
Genre : conte, drame
Synopsis :
Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu'il vit dans une gare, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N'hésitant pas à l'occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis.
Avis :
Il faut bien l’avouer : l’annonce de l’adaptation du roman pour enfants L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick, par Martin Scorsese, plus habitué aux oeuvres sombres qu’à cet univers plus léger, rendait immédiatement curieux. Quand en plus on apprenait que le film sera en 3D, la perplexité venait s’ajouter à cette curiosité. Des sentiments qui, à la sortie des 127 minutes que dure le film, sont vite oubliés, effacés par cette impression délicieuse d’avoir vécu un moment merveilleux, de cette magie qui imbibait les oeuvres d’un certain Georges Méliès.
Pendant toute sa première partie, Hugo Cabret suit le schéma classique du film d’aventures familial : le jeune orphelin débrouillard doit échapper au terrible inspecteur, se lie d’amitié avec une jeune fille et est amené à résoudre un mystère. Il évolue ainsi dans une gare parisienne pleine de personnages hauts en couleurs, des personnages âgées tentant maladroitement de se faire la cour, à la jolie fleuriste, en passant par le vieux responsable d’une boutique de jouets autour duquel l’intrigue se centrera finalement. Une partie fort réussie, riches en émotions, en passages cocasses et en morceaux de bravoure (les poursuites entre Hugo, l’inspecteur et le chien de ce dernier sont de grands moments) qui se révélera n’être qu’une introduction au coeur même du film.
Car Martin Scorsese vient ici rendre un hommage exceptionnel aux premières heures du cinéma. Si les films de Georges Méliès, et principalement son Voyage dans la Lune, constituent l’essentiel du spectacle, Hugo Cabret fait défiler devant nos yeux émerveillés des images des tous premiers films, de L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat à Safety Last !, film qu’Hugo Cabret ira voir au cinéma avec son amie avant de reproduire malgré lui la célèbre scène où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles d’une horloge en haut d’un gratte-ciel. Scorsese remplit d’ailleurs son film de détails résonnant comme autant d’hommages aux films de cette époque, de cet automate à réparer à la jambe de l’inspecteur dont les mouvements saccadés rappellent inévitablement ceux des comédiens des années 1900.
Pour nous plonger dans cet univers si particulier et si propice à la nostalgie, le réalisateur de Shutter Island s’est entouré d’une bien belle brochette d’acteurs, notamment parmi les seconds rôles. Le jeune Hugo Cabret est interprété par Asa Butterfield (Nanny McPhee et le Big Bang) ; Chloë Moretz, qui entre Kick-Ass ou Laisse-moi entrer commence déjà à avoir une jolie filmographie, est son amie Isabelle ; le responsable de la boutique de jouets, dont la véritable identité sera le principal mystère du film, est joué par Ben Kingsley (La Liste de Schindler, La Jeune fille ou la mort ou encore Shutter Island). Le reste du casting réunit des noms tels que Christopher Lee (faut-il encore le présenter ?), Sacha Baron Cohen (Borat), Jude Law (eXistenZ, Contagion), Michael Stuhlbarg (Mensonges d’Etat), Emily Mortimer (Scream 3, Shutter Island), et des acteurs récurrents de la saga Harry Potter : Helen McCrory, Richard Griffiths et Frances de la Tour.
Bref, Hugo Cabret est une déclaration d’amour aux origines du cinéma et à sa magie. Une magie devenue trop rare mais que le réalisateur, très loin de ses thèmes habituels, ressuscite pendant environ 2 heures, nous transportant dans un autre monde.
Note : 9/10
mercredi 20 juillet 2011
Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie
Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 2)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 13 juillet 2011
Genre : fantasy, fantastique
Synopsis :
La quête de Harry Potter touche à sa fin. Le château de Poudlard s’apprête à accueillir le dernier affrontement entre sorciers. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui pourrait être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort. C’est ici que tout prend fin.
Avis :
Cette fois, nous y sommes. Après 10 ans de bons et loyaux services sur grand écran, Harry Potter tire sa révérence avec un huitième et dernier film devant enfin nous montrer le dernier face à face entre Lord Voldemort et le jeune sorcier à la cicatrice en forme d’éclair. Profitant d’un Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 fort réussi et d’une bande-annonce alléchante, cette seconde partie devait clore ces aventures de belle façon. Pourtant, mon principal sentiment en sortant de la salle, en plus de maudire les vacances scolaires, était celui d’une déception diffuse. Pas que le film soit mauvais, loin de là, mais il m’était difficile de ne pas attendre mieux de cette conclusion...
Le film reprend donc à la fin de la première partie : Lord Voldemort s’est emparé de la baguette de sureau, l’une des trois reliques de la mort qui doit le rendre encore plus puissant ; Harry Potter et ses amis viennent quant à eux d’enterrer l’elfe Dobby après s’être échappés du manoir des Malefoy, et doivent reprendre leur recherche des horcruxes. Ceux qui ont lu le roman le savent, il ne reste dès lors que deux événements centraux avant la fin de l’aventure, dont la bataille de Poudlard destinée à occuper une place importante dans le film...Une place si importante qu’on a l’impression que le réalisateur est pressé d’y arriver, ce qui rend toute la première partie plutôt laborieuse, manquant souvent de fluidité, peut-être à cause d’ellipses plus visibles que dans le film précédent.
Heureusement, cette première partie est marquée par la visite de la banque Gringotts, l’occasion de profiter d’une scène d’action très spectaculaire et bénéficiant d’impressionnants effets spéciaux. L’apéritif parfait pour le plat principal qui nous attend bientôt avec le retour à Poudlard, dont la bataille tant attendue, si elle débute assez tôt dans le film, ne sera pas si présente que ce que la bande-annonce semblait indiquer. Néanmoins, elle sera le cadre de passages épiques (la formidable préparation des défenses de l’école), rappelant à quelques occasions la démesure du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. Un côté épique qu’aurait encore pu renforcer la 3D, mais il n’en sera malheureusement rien : alors que le procédé aurait pu donner un résultat impressionnant, il ne sert ici strictement à rien (et pourtant, je suis plutôt bon public en ce qui concerne le relief), sinon à vous délester de quelques euros supplémentaires.
Autour de cette bataille spectaculaire, David Yates nous offre de nombreux passages émouvants, notamment avec le destin de certains personnages ou les révélations d’autres protagonistes (le passage de la Pensine reste un moment très fort). On notera également de nombreuses touches humoristiques, principalement grâce à Ron Weasley, mais aussi grâce à Minerva McGonagall. Mais surtout, ce dernier film est, comme l’était le livre, l’occasion de se remémorer l’ensemble de la saga grâce à quelques clins d’oeil : on rencontre ainsi quelques lutins des Cornouailles, on aperçoit brièvement le terrain de Quidditch, on retrouve plusieurs lieux familiers (Poudlard évidemment, Gringotts, la Chambre des secrets...) et quelques anciens visages.
Bref, on a parfois l’impression d’être entre deux feux : beaucoup de passages réussis, mais quelques déception, notamment lors d’une dernière partie qui, à trop vouloir nous offrir un ultime affrontement spectaculaire, ne réussit qu’à se prendre les pieds dans le tapis et vire même au ridicule. De quoi laisser un dernier goût amer en guise de conclusion, ce qui est franchement regrettable, d’autant qu’entre les scènes d’action épiques, l’émotion, l’humour, Harry Potter et les reliques de la mort partie 2, s’il reste un bon film, avait largement les arguments pour offrir au sorcier une sortie bien plus réussie.
Note : 6,5/10
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