mercredi 12 décembre 2012

Ernest et Célestine


Titre : Ernest et Célestine
Réalisateur : Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubie
Acteurs : Lambert Wilson, Pauline Brunner
Date de sortie en France : 12 décembre 2012
Genre : animation, conte

Synopsis : 
Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.   

Avis : 
Adapté de la série de livres pour la jeunesse du même nom de Gabrielle Vincent, Ernest et Célestine est un film d'animation mettant en image l'amitié entre une souris et un ours dans un monde où les deux espèces sont ennemies : pour les ours, les souris sont des nuisibles et des voleuses ; pour les souris, les ours sont des monstres sanguinaires dont l'unique but est de les dévorer. Les deux mondes sont ainsi strictement séparé, les souris ne s'aventurant chez les ours que pour récupérer les dents de lait laissées par les oursons.


Ernest et Célestine sont deux éléments à part dans leur communauté : marginal, mendiant et voleur, Ernest est régulièrement arrêté par la police, tandis que Célestine est fascinée par les ours, et remet en cause leur supposée cruauté. Un postulat de base assez simple, la rencontre entre deux individus que tout oppose restant assez classique, mais qui va donner lieu à un film d'animation très réussi et dépassant le simple statut de conte pour enfant.

Le film va en effet se montrer tour à tour drôle, poétique et malicieux, jouant sur l'incongruité de la présence de l'un ou l'autre personnage principal dans le monde opposé, mais va aussi se montrer assez intelligent dans sa description de cette société divisée par le racisme, allant jusqu'à rejeter et poursuivre quiconque ose se mêler avec l'ennemi. Les forces de police mettent tout en oeuvre pour attraper le duo, avant de leur imposer un jugement où la pression populaire aura raison des rares prises de conscience.

Et si tout se terminera - évidemment - de la meilleure façon, Ernest et Célestine reste un excellent film d'animation, au style graphique superbe et fourmillant de bonnes idées. Moins enfantin qu'il n'y paraît, voilà une vraie réussite, dont l'aspect malicieux et la beauté laissent un grand sourire sur le visage.

Note : 8,5/10

mercredi 17 octobre 2012

La Pirogue


Titre : La Pirogue
Réalisateur : Moussa Toure
Acteurs : Souleymane Seye Ndiaye, Malamine Drame, Laïty Fall
Date de sortie en France : 17 octobre 2012
Genre : drame, aventures

Synopsis : 
Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol.
Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Il devra conduire 30 hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui l’attend.


Avis : 
La Pirogue est un film franco-sénégalais racontant le périple d'une trentaine d'hommes embarqués sur une pirogue motorisée à destination de l'Espagne, où ils espèrent vivre une vie meilleure. Et ? Et c'est tout. Et cela suffit apparemment à en faire un film formidable si j'en crois les avis de la presse. Hélas, ce n'est vraiment pas ce à quoi j'ai assisté.


Car il ne suffit pas d'évoquer une réalité terrible pour faire un film. Il faut, à mon humble avis, quelques procédés cinématographiques. Des enjeux scénaristiques par exemple, une histoire. Et si je n'exige pas une originalité à toute épreuve, j'aime quand même ne pas savoir à l'avance tout ce qui va se passer. Parce qu'avec La Pirogue, il n'y a absolument aucune surprise. Tous les éléments perturbateurs que l'on attend en lisant le synopsis sont présents, du passager clandestin à la tempête, des tensions entre passagers à la panne d'essence. 

Des passages attendus qui doivent apparemment se suffire à eux-mêmes : le réalisateur ne cherche à aucun moment à les mettre en avant, préférant rester en surface et évoquer rapidement, sans la développer, l'hypothèse d'une mutinerie ou la tension née de la présence d'une femme parmi l'équipage. Non, La Pirogue, c'est l'exemple typique du film qui se repose sur son sujet et qui se laisse porter sans faire aucun effort. On ne ressent rien pour les hommes malgré le drame qu'ils vivent, on n'apprend absolument rien, on ne voit pas grand chose d'intéressant. Trois paragraphes dans un article de journal sur ce phénomène de pirogues seraient plus enrichissants. 

Paresseux, La Pirogue est donc une franche déception, le film ne passionnant à aucun moment et l'empathie naturelle ressentie pour les passagers retombant rapidement devant le manque d'enjeux réels et d'efforts dans la narration et la réalisation. Sans grand intérêt...

Note : 2/10



mardi 25 septembre 2012

L'Etrange pouvoir de Norman


Titre : L'Etrange pouvoir de Norman (ParaNorman)
Réalisateur : Sam Fell, Chris Butler
Acteurs : Kodi Smit-McPhee, Tucker Albrizzi, Anna Kendrick
Date de sortie en France : 22 août 2012
Genre : animation, comédie, fantastique

Synopsis :
Blithe Hollow, petite ville de Nouvelle-Angleterre, est attaquée par des zombies et la malédiction de la sorcière. Seul un garçon incompris, Norman Babcock, a la possibilité de parler avec les morts et est capable d'empêcher la destruction de la ville par le fantôme d'une sorcière pendue plusieurs siècles auparavant.

Avis :
Cet été, outre les bon gros blockbusters habituels, les salles obscures ont vu débarquer de nombreux films d’animation : les suites des saga Madagascar, Sammy ou L’Âge de glace bien sûr, le Rebelle de chez Pixar ou encore l’excellent Les Enfants loups, Ame & Yuki. Mais l’un d’eux a particulièrement éveillé l’intérêt des fans de cinéma d’horreur en mettant en scène des fantômes et des zombies : ParaNorman. L’Etrange pouvoir de Norman, tel qu’il a malheureusement été renommé chez nous, nous raconte en effet les aventures d’un jeune garçon ayant le même pouvoir qu’Haley Joel Osment dans Sixième sens : il peut voir les morts et leur parler.

Réalisé par Sam Fell (Souris City, La Légende de Despereaux) et Chris Butler (qui a notamment travaillé sur Les Noces funèbres et Coraline), le film marque d’abord par son amour pour le cinéma de genre, alignant dès son introduction des clins d’oeil aux films de George Romero ou à Le Retour des morts-vivants («braiiiiiin» !), et renvoyant régulièrement à d’autres classiques tels qu’Halloween, la nuit des masques ou Vendredi 13. Le jeune Norman est d’ailleurs fan de morts-vivants, ce que prouve largement sa chambre, tapissée de posters aux titres évocateurs et remplie de gadgets étonnants à la gloire de ces créatures. Un don et une passion tournés en dérision par ses camarades d’école et par sa famille, faisant de Norman un être solitaire et régulièrement persécuté.

Ainsi, L’Etrange pouvoir de Norman va se révéler bien plus mature qu’il n’y semblait à première vue, en abordant notamment les thèmes certes classiques du deuil ou de la différence, évitant au maximum (mais pas toujours avec succès) les situations convenues et s’amusant du côté caricatural de ses personnages (les freaks confrontés aux sportifs / bimbos / terreurs sans cervelle) tout en réservant une jolie profondeur au personnage de la sorcière et de ses victimes, aux destins particulièrement sombres.


Evidemment, le film réserve une large place aux situations comiques, parfois assez enfantines, mais ne se prive pas pour installer par moments une atmosphère macabre que n’aurait sans doute pas renié le Tim Burton de la première heure. On peut d’ailleurs s’étonner de cet aspect pour un film qui vise autant les adultes que les enfants, ces derniers pouvant sans doute être impressionnés par certains passages tels que l’apparition des zombies ou le formidable final au visuel renversant. Car l’un des aspects les plus réjouissants du film se situe dans le soin apporté à l’animation, mariant à merveille le stop-motion au numérique.

On notera également le soin apporté à la musique par Jon Brion et le casting vocal impressionnant de la version originale, le film bénéficiant notamment des voix de Kodi Smit-McPhee (La Route), Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass), Jodell Ferland (Silent Hill, The Secret) ou encore John Goodman.

L’Etrange pouvoir de Norman constitue donc un excellent divertissement qui comblera enfants (pas trop jeunes, quand même) et adultes, mêlant parfaitement la comédie d’aventures au gentil conte horrifique. Véritable hommage aux films de zombies, le film bénéficie surtout d’un visuel splendide et d’un scénario intelligent qui en font clairement l’une des oeuvres les plus réjouissantes que j’aie pu découvrir cette année sur grand écran.

Note : 7,5/10