samedi 30 janvier 2016

Salafistes


Titre : Salafistes
Réalisateurs : Lemine Ould M. Salem, François Margolin
Acteurs : -
Date de sortie en France : 27 janvier 2016
Genre : documentaire

Synopsis : 
Un documentaire qui nous plonge au coeur du djihadisme au Mali...

Avis : 
Au milieu des procès d'intention, des polémiques parfois douteuses, Salafistes est donc finalement sorti en salles le 27 janvier 2016. Enfin, dans un très petit nombre de salles, et accompagné d'une interdiction aux moins de 18 ans, une solution parfaite pour prétendre donner une chance au documentaire tout en le sabordant de manière aussi certaine que si on l'avait interdit.


Le documentaire de Lemine Ould M. Salem et François Margolin nous propose donc d'écouter des leaders salafistes, sur divers sujets comme la justice, la place de la femme, les autres religions, l'Etat Islamique, les attentats du 11 septembre 2001 puis du 13 janvier 2015... Le tout entrecoupés d'extraits de vidéo de propagande de Daesh. Des témoignages très intéressants, dans lesquels apparaissent rapidement des inexactitudes, des contradictions, des arguments étranges qui tranchent radicalement avec la prétendue logique et réflexion qu'invoquent ces intervenants. Si le sujet n'était pas aussi grave, et les conséquences de certaines idioties aussi terribles, on en viendrait presque à sourire.

Certains ont reproché au film l'absence de commentaire, de mise en perspective. Bref, on reproche à Salafistes le pari apparemment insensé de faire réfléchir un peu le spectateur. Pas besoin de voix off pourtant, pour démonter l'argumentaire très limité de ces djihadistes, d'autant que le documentaire met régulièrement ces affirmations en parallèle avec la violence barbare des vidéo de propagande, voire même avec les réactions d'autres intervenants : tandis qu'un salafiste reniera tout ce qui a trait aux Etats-Unis, un autre nous présentera son blog où il décrit les Nike les plus adaptées pour aller faire la guerre.

Je rejoins ainsi totalement l'opinion des réalisateurs : Salafistes est un documentaire nécessaire. On s'étonnera d'ailleurs de tout ce tollé, de ces journalistes qui se scandalisent qu'on demande au spectateur un minimum de réflexion (pas beaucoup, en plus, tant le message est limpide), ou qui s'étonnent de la diffusion d'images violentes et / ou de propagande... alors qu'ils nous en font manger tous les jours sur tous les supports... Une telle hypocrisie ne peut encourager qu'encore plus à regarder le film des deux journalistes.

Note : /


jeudi 28 janvier 2016

Souvenirs de Marnie


Titre : Souvenirs de Marnie (Omoide no Marnie)
Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Acteurs : Kasumi Arimura, Sara Takatsuki, Nanako Matsushima
Date de sortie en France : 14 janvier 2015
Genre : animation, drame

Synopsis : 
Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Avis : 
Dernier film en date du studio Ghibli (avant une pause ?), Souvenirs de Marnie renoue avec des thèmes chers au studio : une adolescente orpheline et marginale, l'opposition entre la ville et la campagne, l'importance de la famille et des proches.


Envoyée à la campagne pour soigner ses problèmes de santé grâce à un rythme plus calme, une meilleure hygiène de vie et un entourage plus sain, la jeune Anna va rapidement découvrir un secret autour d'un mystérieux manoir. Si, clairement, le mystère autour de Marnie n'en est pas vraiment un (même si son identité réelle fera l'objet d'une très belle révélation), Souvenirs de Marnie partage avec les meilleurs Ghibli une jolie simplicité qui fait mouche, grâce à la relation entre les deux héroïnes.

Le film de Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) est rempli de bons sentiments, et s'il manque de passages spectaculaires, on est souvent happés par l'émotion. De même, si l'animation ne vaut pas un Miyazaki ou un Takahata, certaines images sont à couper le souffle, comme ce manoir délabré ou la visite dans un moulin particulièrement inquiétant.

Souvenirs de Marnie est donc un très joli film, même s'il ne fait finalement que reprendre les thèmes classiques de chez Ghibli, sans les magnifier. On n'atteint pas les sommets du studio, ni de certains films d'animation japonais de ces dernières années, mais ce dernier (?) Ghibli reste une oeuvre touchante et intelligente, et un film à voir.

Note : 7/10




lundi 25 janvier 2016

Creed - l'héritage de Rocky Balboa


Titre : Creed – l'héritage de Rocky Balboa (Creed)
Réalisateur : Ryan Coogler
Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson
Date de sortie en France : 13 janvier 2016
Genre : drame, sportif

Synopsis :

Adonis Johnson n'a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d'être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D'abord réticent, l'ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Avis : 
 Revenu en grâce lors du sixième volet de la saga, Rocky Balboa se retire enfin du ring pour ce spin-off. Tant mieux, quand on voit ce que ça donnait dans Match retour. Cette fois, l'Etalon Italien va se contenter de devenir le mentor du fils de son plus fameux adversaire : Apollo Creed. 


Nouveau retour aux sources pour la saga donc, qui va emprunter les sentiers déjà usés par les épisodes précédents. Le jeune Creed se voit offrir une chance pour le titre alors qu'il n'est encore qu'un boxeur de seconde zone (Rocky), sera confronté à la maladie d'un proche (Rocky II : la revanche), devra revenir aux sources du noble art afin d'oublier ses privilèges (Rocky III : l'oeil du tigre), avant d'aller affronter son adversaire dans un environnement hostile (Rocky IV). Ca fait quand même beaucoup, surtout que les références visuelles et sonores sont aussi très nombreuses.

Le film perd ainsi en spontanéité, mais se rattrape du côté de l'intensité, avec des combats encore plus impressionnants que dans le récent La Rage au ventre : au menu, un affrontement phénoménal en plan-séquence, et une guerre totale lors du duel de fin de métrage. Une intensité que l'on retrouve également chez Stallone, parfait dans le rôle du vieux mentor, et un peu moins chez Michael B. Jordan (Fruitvale Station, Les 4 fantastiques), convaincant mais parfois un peu fade.

Beaucoup de déjà-vu, mais aussi beaucoup d'intensité et quelques séquences d'anthologie : si j'osais une comparaison un peu acrobatique, je rapprocherais ce septième volet de la saga Rocky à un autre septième volet sorti il y a quelques semaines : Le Réveil de la Force. Quelques défauts, mais l'essentiel est là : les scènes d'affrontements sont formidables, et l'émotion bien présente. 

Note : 7.5/10