lundi 3 mars 2014

12 years a slave


Titre : 12 years a slave
Réalisateur : Steve McQueen
Acteurs : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong'o
Date de sortie en France : 22 janvier 2014
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.

Avis : 
12 years a slave est l'adaptation, à partir de ses propres mémoires, de l'histoire étonnante de Solomon Northup, afro-américain libre enlevé puis vendu comme esclave, et exploité par plusieurs propriétaires pendant 12 ans, avant d'être délivré en 1853. Un thème fort donc, celui de l'esclavage, qui n'a pas toujours donné d'heureux résultats (on pense notamment à Amistad de Steven Spielberg) mais qui, entre les mains de Steve McQueen (Hunger, Shame) va donner un film d'une infinie puissance.


Porté par l'interprétation formidable de Chiwetel Ejiofor (2012, American gangster), le film nous plonge donc dans l'horreur des champs de coton, où les esclaves dépendent entièrement du bon vouloir de leurs maîtres : si certains ne semblent pas si mauvais, même s'ils les considèrent comme une banale marchandise, d'autres se révèlent particulièrement cruels et sadiques, n'hésitant pas à les battre quotidiennement ou à violer les femmes.

On assiste ainsi à des passages terribles, comme ces coups de fouet ou cette interminable scène de pendaison, dont l'impact est d'autant plus grand que McQueen choisit de les montrer de façon crue, sans artifice, sans chercher à nous tirer des larmes, sans chercher à appuyer sur certains passages dont l'aspect presque anecdotique vaut toutes les mises en scènes grandiloquentes du monde. Car là où l'on aurait pu se retrouver devant un horrible mélodrame, on est scotché par un film d'une intensité dramatique exceptionnelle, dont l'efficacité est totale et dont les injustices permanentes nous scandalisent et nous font réfléchir.

Finalement, le seul reproche que l'on pourrait faire au film serait de ne jamais donner l'impression que so histoire se déroule sur 12 ans. Un léger défaut, qui enlève sans doute un peu à l'horreur du destin de Solomon Northup et à l'impact des derniers instants. Cela n'empêche pas 12 years a slave d'être un véritable coup de poing, porté en outre par des acteurs époustouflants (outre Ejiofor, Michael Fassbender et Lupita Nyong'o sont excellents).

Note : 9/10


dimanche 23 février 2014

Dallas buyers club


Titre : Dallas buyers club
Réalisateur : Jean-Marc Vallée
Acteurs : Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner
Date de sortie en France : 29 janvier 2014
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

Avis : 
Dallas buyers club s'inspire de la vie de Ron Woodroof, qui a contribué à faire avancer la cause des malades atteints par le sida, en prouvant l'inefficacité du système d'aide proposé à l'époque par les pouvoirs publics. Dans la peau de ce personnage, on retrouve un Matthew McConaughey (Mud - sur les rives du Mississippi) méconnaissable, qui aura pour l'occasion perdu plus de 20 kilos, accompagné de Jared Leto qui en aura perdu 25 !
 

Alors qu'il lui reste 30 jours à vivre, il décide de tenter le tout pour le tout, de se procurer illégalement des médicaments, puis d'aller en trouver de nouveaux à l'étranger. Ce sera l'occasion pour lui de constater que la situation des séropositifs est d'autant plus horrible qu'ils semblent abandonnés par les pouvoirs publics, gavés de médicaments efficaces et dangereux plus propices à enrichir leurs concepteurs qu'à guérir les malades. Une injustice à laquelle il tentera de mettre fin, en créant avec le Dallas buyers club la possibilité pour les séropositifs de se procurer des soins impossibles à trouver aux Etats-Unis.

On suit ainsi le parcours du personnage, d'abord homophobe et désespéré, puis prêt à tout pour améliorer le destin de ces malades condamnés à plus ou moins court terme, dans un film profondément engagé et didactique, pointant du doigt l'iniquité des autorités fédérales. Des éléments que l'on retrouve notamment résumés vers la fin du film, lors d'un jugement où le magistrat regrettera de devoir appliquer la loi qui ne permet pas aux séropositifs mourants de pouvoir se soigner comme ils le désirent. 

Et si l'on regrettera par moment l'aspect forcément très tranché du film, on ne pourra qu'être touché par les personnages de McConaughey et Leto (Requiem for a dream), révolté par l'hypocrisie mercantile des lobbys pharmaceutiques et l'immobilisme des autorités publiques, grâce à un film terriblement intelligent et instructif, aux maquillages formidables et à l'interprétation sans faille.

Note : 9/10


 

Jack et la mécanique du coeur


Titre : Jack et la mécanique du coeur
Réalisateur : Mathias Malzieu, Stéphane Berla
Acteurs : Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade
Date de sortie en France : 5 février 2014
Genre : animation, aventures, musical

Synopsis : 
Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois: premièrement ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles.

Avis : 
 Après le roman, après l'album de son groupe Dionysos, La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu devient enfin un film. Produit par la société de Luc Besson, Jack et la mécanique du coeur est donc un film d'animation, rythmé par les musiques de Dionysos et par les voix de Mathias Malzieu, d'Olivia Ruiz, de Grand Corps Malade ou encore de Jean Rochefort.



Pendant 1h30, nous allons voyager dans un univers rappelant Tim Burton, entre poésie et macabre, avec des personnages souvent inquiétants, souvent marginaux, plongés dans des décors évoquant autant l'expressionnisme allemand que le surréalisme (la maison de Madeleine, perchée au bord de la falaise, est fantastique), tout en rendant hommage à Freaks, la monstreuse parade et à Georges Méliès ! Dans ce déluge de références réjouissantes, qui n'étouffent jamais le film, nous suivrons donc Jack, le personnage au coeur mécanique, et Miss Acacia, jeune chanteuse espagnole dont le corps se couvre d'épines lorsqu'elle est contrariée.

Les ambiances sont également très variées, du gentil conte aux passages plutôt inquiétants, des formidables séquences de rêves à des passages particulièrement touchants. Bref, ce Jack et la mécanique du coeur est un excellent film d'animation, très inventif, qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans l'univers de Mathias Malzieu en se réécoutant les musiques du film après le générique !

Note : 8/10