samedi 3 août 2013

Une vie simple


Titre : Une vie simple (Tao jie)
Réalisateur : Ann Hui
Acteurs : Andy Lau, Deannie Yip, Quin Hailu
Date de sortie en France : 8 mai 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Au service d’une famille bourgeoise depuis quatre générations, la domestique Ah Tao vit seule avec Roger, le dernier héritier. Producteur de cinéma, il dispose de peu de temps pour elle, qui, toujours aux petits soins, continue de le materner... Le jour où elle tombe malade, les rôles s’inversent... 

Avis : 
 Il suffit parfois de faire preuve d'une jolie simplicité, d'une vraie sincérité pour réussir un film. Avec Une vie simple, tourné à Hong Kong, Ann Hui réalise exactement ce genre de film. L'histoire est celle de Ah Tao, domestique dans une famille depuis 60 ans, et qui s'occupe toujours de Roger, célibataire producteur de cinéma, qu'elle a vu naître et grandir. 


A la suite d'une attaque cérébrale, la vieille femme décide de se retirer et d'aller vivre dans une maison de retraite. Ce sera la découverte d'un nouvel univers, d'un microcosme aux occupants bien particuliers, aussi hauts en couleurs qu'effacés, aussi enjoués que désespérés, où l'arrivée d'une nouvelle constitue un événement majeur...tout comme la disparition de l'un d'entre eux. Un départ qui permettra de révéler les liens entre Ah Tao et Roger, ce dernier s'occupant autant qu'il peut de la femme qu'il considère comme un membre à part entière de sa famille.

Ann Hui prend son temps pour raconter son histoire, pour nous faire observer ses personnages et nous prendre à témoin des derniers mois de la vie d'Ah Tao. D'une justesse inouïe, elle nous plonge dans une magnifique mélancolie, où les souvenirs et les marques d'affection se succèdent sans jamais verser dans la surenchère larmoyante. On est ainsi totalement happés par ce film, on s'attache vraiment aux personnages, même secondaires, on s'amuse du côté pittoresque de certains pensionnaires, on s'émeut du destin des autres.

Une vie simple est donc un film d'une remarquable...simplicité et dont la pudeur nous accroche totalement, nous faisant passer les 2heures du film, pourtant lent, sans aucun ennui. La réalisation, discrète, donne presque des allures de documentaire à ce très joli film, où Andy Lau et Deannie Yip sont tout simplement parfaits.

Note : 8/10


vendredi 2 août 2013

Epic : la bataille du royaume secret


Titre : Epic : la bataille du royaume secret (epic)
Réalisateur : Chris Wedge
Acteurs : Amanda Seyfried, Josh Hutcherson, Steven Tyler
Date de sortie en France : 22 mai 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
L'histoire d'une guerre insoupçonnable qui fait rage autour de nous. Lorsqu'une adolescente se retrouve plongée par magie dans cet univers caché, elle doit s'allier à un groupe improbable de personnages singuliers et pleins d'humour afin de sauver leur monde... et le nôtre. 

Avis : 
Réalisé par Chris Wedge, à qui l'on doit L'Age de glace, Epic est basé sur le livre pour enfants The Leaf Men and the Brave Good Bugs de William Joyce, et raconte donc comment une jeune fille est plongée, malgré elle, au milieu de la guerre entre les Hommes-feuilles, menés par la Reine Tara, et les Boggans, dont le leader est le terrible Mandrake. Le Bien d'un côté, avec l'amour et le respect de la Nature, le Mal de l'autre, avec un goût particulier pour la pourriture et la destruction.


Clairement orienté vers un public jeune, Epic joue donc la carte d'un manichéisme total et assumé jusqu'à une symbolique assez simpliste : les gentils sont colorés, beaux et entourés des créatures les plus mignonnes de la forêt ; les méchants sont quant à eux sombres et laids, et utilisent des alliés associés de façon classique aux forces du mal, comme les chauves-souris et les rats. Un manichéisme au service d'une gentille fable écologique, un peu naïve mais toujours appréciable, à la manière d'un Avatar destiné aux enfants.

Pour le public adulte, l'intérêt viendra essentiellement du visuel, très réussi. Les scènes d'action et de combat sont plutôt nombreuses, et offrent quelques superbes scènes : on retiendra par exemple celle où la Reine est poursuivie par les Boggans, ou l'affrontement final dans un clair de lune obscurci par des centaines de chauves-souris. Le tout reste néanmoins très classique, avec des personnages à l'évolution plutôt banale (le héros un peu rebelle et confronté à un mentor plutôt strict, la petite histoire d'amour naissante, les liens entre un père veuf et sa fille), un humour plutôt enfantin (surtout basé sur les personnages de Mub et Grub, la limace et l'escargot) et des émotions assez pauvres.

Epic : la bataille du royaume secret est donc un film d'animation sympathique, très beau visuellement, mais qui reste réservé à un public plutôt enfantin par sa naïveté, son manichéisme et son absence totale de surprise. Les scènes d'action restent néanmoins assez réussie pour maintenir l'intérêt d'un film qui risque d'être rapidement oublié.

Note : 5,5/10


 

jeudi 1 août 2013

The Iceman


Titre : The Iceman
Réalisateur : Ariel Vromen
Acteurs : Michael Shannon, Winona Ryder, Ray Liotta
Date de sortie en France : 5 juin 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
 Tiré de faits réels, voici l’histoire de Richard Kuklinski, surnommé « The Iceman », un tueur à gages qui fut condamné pour une centaine de meurtres commandités par différentes organisations criminelles new-yorkaises. Menant une double vie pendant plus de vingt ans, ce pur modèle du rêve américain vivait auprès de sa superbe femme, Deborah Pellicotti, et de leurs enfants, tout en étant secrètement un redoutable tueur professionnel.
Lorsqu’il fut finalement arrêté par les fédéraux en 1986, ni sa femme, ni ses filles, ni ses proches ne s’étaient douté un seul instant qu’il était un assassin. Pourquoi l’est-il devenu, et comment a-t-il réussi à continuer pendant si longtemps ?

Avis : 
 The Iceman s'inspire donc de l'incroyable carrière du tueur à gages le plus célèbre de l'histoire des Etats-Unis : Richard Kuklinski, soupçonné d'avoir assassiné plus d'une centaine de personnes avant d'être arrêté. Durant son incarcération, il accepta de répondre à des journalistes, à des psychiatres, à des criminologues, décrivant ainsi ses méthodes et permettant l'écriture de The Ice Man: Confessions of a Mafia Contract Killer, avant de décéder en prison en 2006.


Ses nombreuses confessions vont permettre au film de Ariel Vromen d'être très fidèle à certains événements de la vie de Kuklinski, notamment en ce qui concerne ses méthodes d'assassinats et quelques anecdotes morbides. On retrouve ainsi la volonté de varier les façons de tuer, parfois très violentes (au pistolet, à l'arme blanche, avec du poison...) ou de se débarrasser des corps (en les conservant dans la glace, en les démembrant ou en les abandonnant tout simplement sur un banc). On assiste également au meurtre pendant lequel il permit à une victime (interprétée par James Franco dans un tout petit rôle) de prier pendant 30 minutes pour voir si une intervention divine le sauverait effectivement.

Cette fidélité va également nous faire rencontrer quelques "collègues" du Iceman, comme le gangster Roy DeMeo (Ray Liotta - Les Affranchis, The Place beyond the pines - habitué de ce genre de rôle) ou un autre tueur à gages, qui lui apprit les utilisations du cyanure et se déplaçait en camion à glaces, Robert Prongay (le méconnaissable Chris Evans - Scott Pilgrim, Avengers). Parallèlement à ses activités de tueur, on suit également Kuklinski dans sa vie de tous les jours, entouré d'une famille et d'amis qui ignorent tout de son activité. Winona Ryder interprète sa femme, suspectant une double vie sans en imaginer l'ampleur, et effacée face à la violence parfois incontrôlable de son époux.

Reste que le déroulement du film est assez classique et que l'on devine rapidement, si on a l'habitude des films basés sur la mafia, quelles seront les différentes péripéties. En fait, la principale qualité du film vient de l'interprétation de Winona Ryder, étonnante, et surtout de celle de Michael Shannon (Take shelter, Bug), toujours aussi impresionnant et inquiétant. Les deux acteurs portent le film sur leurs épaules, et compensent ainsi un scénario un peu trop prévisible malgré un personnage terriblement fascinant.

Note : 6,5/10