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vendredi 14 mars 2014

Nymphomaniac - volume II


Titre : Nymphomaniac - volume II
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Willem Dafoe
Date de sortie en France : 29 janvier 2014
Genre : érotique, drame

Synopsis : 
La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
Après un volume I un peu décevant car finalement trop léger, ce volume II de la version remontée de Nymphomaniac reprend là où nous en étions restés : la jeune Joe ne parvient plus à ressentir de plaisir sexuel. Elle va dès lors tenter de multiplier les expériences sexuelles, se dirigeant peu à peu vers des pratiques extrêmes, du ménage à trois avec deux inconnus au masochisme le plus violent.


Le film prend donc un virage plus glauque, plus cru, notamment lors des passages chez K... mais reste toujours étrangement cocasse, comme pendant la scène avec les deux noirs où von Trier s'amuse à placer les deux sexes en érection au premier plan, devant Charlotte Gainsbourg, où dans les éternelles comparaisons farfelues de Seligman. Le réalisateur danois en profite pour faire dans l'auto-citation, avec une scène rappelant fortement Antichrist, un film qui présente d'ailleurs de nombreuses similitudes avec ce Nymphomaniac, notamment dans cet échange analytique aux frontières du réel entre deux personnages que tout oppose.

Hélas, le film finit par perdre tout son intérêt lorsque le voyage érotique de Joe s'achève. Le dernier chapitre semble ainsi tomber comme un cheveu sur la soupe, et n'a finalement d'autre intérêt que de légitimer le fil rouge entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgard. Le rythme change, le thème change, et l'intérêt retombe peu à peu dans ce chapitre plus classique, aux allures de thriller.

Au final, ce voyage sexuel ressemble surtout à un pétard mouillé. On saura plus tard si le remontage et la censure du mastodonte de Lars von Trier en est la cause, mais ni la relation entre Joe et Seligman, ni le parcours de la femme interprétée par Charlotte Gainsbourg, ne sont d'un formidable intérêt. On appréciera en revanche cet humour très particulier, où le réalisateur danois s'amuse de comparaisons et de plans très osés, quitte à donner dans la provocation un peu trop facile.

Note : 
6/10

mercredi 5 mars 2014

Nymphomaniac - volume I


Titre : Nymphomaniac - volume I
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, érotique

Synopsis : 
 La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
 C'est un film qui a beaucoup fait parler de lui bien avant sa sortie, autant pour sa campagne de publicité, avec ces affiches nous montrant le visage des acteurs en plein orgasme, que pour la durée phénoménale du premier montage du film : on parle d'une oeuvre d'environ 5h30, que Lars von Trier refuse de couper. C'est finalement le producteur qui sera chargé de remonter le film, l'amputant d'1h30 et l'exploitant au cinéma en deux parties de deux heures chacune, avec un texte nous informant au début du film que le montage, s'il a été accepté par le réalisateur danois, n'est pas son montage. 


Pour cette première partie, nous suivrons l'enfance et l'adolescence de Joe (Charlotte Gainsbourg, pour sa troisième collaboration avec von Trier après Antichrist et Melancholia), racontée par elle-même à Seligman (Stellan Skarsgard, pour la cinquième fois). De sa découverte de la sexualité aux jeux sexuels avec de nombreux partenaires, le témoignage est émaillé des commentaires du vieil homme dans des comparaisons souvent cocasses avec la pêche à la mouche ou le cantus firmus de Bach.

Aussi, étonnamment, ce sont ces passages à l'humour très particulier qui marquent et convainquent le plus. On retiendra ainsi l'extraordinaire séquence où Uma Thurman débarque avec ses enfants chez Joe pour y retrouver son mari. Un décalage bienvenu dans un film dramatique autrement assez poussif, et finalement assez banal malgré l'évidente volonté de choquer de Lars von Trier et l'excellence de l'interprétation. On finit ainsi par s'ennuyer, la démonstration étant assez classique, et les scènes de sexe ne ressemblant finalement qu'à du remplissage.

En attendant la seconde partie, qui semble bien plus crue et s'attarder sur les expériences extrêmes de la Joe adulte, cette première partie peine donc à réellement convaincre. On y retrouve ainsi les tics de Lars von Trier (l'introduction, où Führe mich de Rammstein explose soudain après quelques minutes de silence et de contemplation, nous résume presque sa carrière), au service d'un film dont les rares moments forts (le chapitre Delirium, en noir et blanc, est magnifique) sont un peu noyés dans deux heures souvent creuses...

Note : 6/10