dimanche 7 juillet 2013

Monstres et Cie


Titre : Monstres & Cie (Monsters, Inc.)
Réalisateur : Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich
Acteurs : John Goodman, Billy Crystal, Steve Buscemi
Date de sortie en France : 20 mars 2002
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d'énergie provient des cris des enfants. Monstres & Cie est la plus grande usine de traitement de cris de la ville. Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l'usine, une équipe de monstres d'élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les enfants et récolter leurs hurlements.
Le Terreur d'élite le plus réputé de Monstres & Cie s'appelle Jacques Sullivan, alias Sulli. C'est un monstre cornu de 2m40 de haut à la fourrure bleu-vert tachetée de violet. Une nuit, alors qu'il se trouve à l'"Etage de la Terreur", il s'aperçoit qu'une porte de placard n'a pas été fermée correctement. Pour vérifier que tout est en place, il l'ouvre, permettant sans le vouloir à une petite fille de pénétrer dans son monde. 


Avis : 
Quatrième long-métrage des studios Pixar, après les deux premiers Toy story et 1001 pattes, Monstres & Cie met donc en avant...des monstres de cauchemars en tant que héros. Un choix étonnant, d'autant que les enfants sont perçus comme une menace et une source d'énergie, dont la peur est exploitée afin d'alimenter Monstropolis en énergie. Au milieu de ces travailleurs de la peur, nous suivrons Sully, l'énorme monstre bleu, et Bob Razowski (Mike Wazowski en v.o.), le petit cyclope vert, qui seront bientôt confrontés à leur pire crainte : une fillette.



Monstres & Cie joue avec bonheur avec les codes du film d'animation, et si tous les monstres ne seront évidemment pas bienveillants, la plupart sont terriblement attachants et terriblement drôles : Monstropolis est ainsi une ville fantastique remplie de créatures de toutes formes, tailles et couleurs. Visuellement, le film est une merveille, atteignant des sommets lors de la poursuite au coeur de l'usine, séquence vertigineuse où les décors se multiplient, où les détails sont innombrables et dont on sort avec un sourire béat sur le visage.

Maniant à merveille l'art du double-sens, le film fait également mouche au niveau de l'humour, pouvant séduire les plus jeunes comme les plus âgés, les gags les plus évidents (le running-gag de la chaussette) succédant aux jeux de mots plus subtils...ou pas. Le rythme ne faiblit pas une seconde, bénéficiant en plus d'un scénario étonnamment intelligent et mature, l'humour, l'action et l'émotion s'enchainant avec une remarquable fluidité.

S'il n'est pas mon Pixar préféré (hum...WALL-E ou Là-Haut ?), Monstres & Cie n'en reste pas moins une merveille du film d'animation à l'américaine, réussissant le pari de s'adresser autant aux enfants qu'aux adultes. Très drôle, touchant, superbe visuellement et mettant en scène des personnages vraiment attachants (même "Boo", la gamine, est attendrissante et amusante), voilà une vraie merveille que je ne me lasse pas de revoir, en attendant Monstres Academy.

Note : 9/10


 

vendredi 5 juillet 2013

The Bay


Titre : The Bay
Réalisateur : Barry Levinson
Acteurs : Kristen Connolly, Christopher Denham, Nansi Aluka
Date de sortie en France : 19 juin 2013
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Dans la baie du Maryland, une bactérie non identifiée contamine le lac et ceux qui s’en approchent… 

Avis : 
C'est une image qui avait marqué les esprits il y a quelques mois : celle d'un isopode, un crustacé parasite, qui s'était implanté dans la bouche d'un poisson, dévorant sa langue pour finalement la remplacer (quelques infos ici). C'est cette créature peu engageante que l'on retrouvera au centre de The Bay, film d'épouvante réalisé par Barry Levinson.


Pour son premier film du genre, le réalisateur de Rain Man, de Good morning, Vietnam ou de Sleepers choisit de reprendre le concept du found-footage, à la mode ces dernières années (Le Projet Blair Witch, Paranormal Activity). Il va cependant utiliser pleinement le principe pour nous offrir un film aux allures de documentaire, de reportage, jonglant avec de nombreux points de vue, reprenant les faits de façon chronologiques pour nous faire découvrir cette affaire comme un véritable fait divers.

Ce sera d'ailleurs là la principale qualité et le principal défaut du film. On s'intéresse vraiment à cette histoire, qui utilise d'ailleurs quelques images réelles pour s'attacher à la réalité, grâce à des intervenants variés (des scientifiques, des anonymes malades, des responsables) et une progression très réussie. La panique des habitants de la ville, le manque de réactivité des autorités et la volonté de cacher la volonté aux médias sont ainsi très crédibles, grâce également à des acteurs étonnants de naturels et des maquillages particulièrement réussis (les symptômes de la contagion sont vraiment repoussants).

Cet aspect documentaire entraîne malheureusement une certaine distance avec le spectateur : malgré une ambiance plutôt réussie, le film ne fait pas vraiment peur. Pourtant, Levinson tente d'utiliser quelques artifices un peu éculés, utilisant beaucoup la musique ou quelques jump-scares pas forcément cohérents avec l'approche reportage. Du coup, on a cet étrange paradoxe : l'hypothèse développée par le film est finalement plus terrifiante que le film lui-même.

The Bay est donc une petite déception. Même si le montage, rapprochant le film d'un reportage ou d'un documentaire, donne un véritable cachet au film, lui donnant un certain réalisme, le manque total de frisson est assez regrettable pour un tel potentiel de base. Le film de Barry Levinson reste néanmoins bien plus réussi que la très grande majorité des found-footages, offrant enfin au concept une vraie raison d'être.

Note : 6/10


jeudi 4 juillet 2013

La Marque des anges - Miserere


Titre : La Marque des anges - Miserere
Réalisateur : Sylvain White
Acteurs : Gérard Depardieu, JoeyStarr, Héléna Noguerra
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
A Paris, Lionel Kasdan, commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu'aucun témoin n'ait apparemment assisté à la scène. De son côté, Frank Salek, un agent d'Interpol menacé d'être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d'une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d'enfants. Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan. Mais plus l'enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale... 

Avis : 
Attention, pétard mouillé ! Adaptation de Miserere de Jean-Christophe Grangé (également auteur de Les Rivières pourpres), le film de Sylvain White va en effet, malgré un casting prestigieux (Depardieu, JoeyStarr, Lhermitte parmi les seconds rôles) et une base intéressante, se révéler très décevant, la faute à un scénario multipliant les ficelles et les ellipses et à une intrigue qui va peu à peu s'enfoncer dans le grotesque.
 

Pourtant, le duo Depardieu (toujours étonnant de naturel) / JoeyStarr (toujours dans le même rôle depuis quelques films), était assez prometteur, et si les deux s'en sortent plutôt bien (on ne pourra pas en dire autant d'Héléna Noguerra, sans aucune crédibilité en agent d'Interpol), malgré des personnages très limités, ils ne peuvent pas grand chose face à une enquête sans inspiration.

En fait, le mot "enquête" n'est pas vraiment adapté : le duo n'aura jamais à chercher quelque indice que ce soit, tout leur tombant miraculeusement entre les mains, que ce soit par un appel opportun, par un personnage secondaire qui les aiguille directement sur la bonne piste ou tout simplement par des hasards et des coïncidences. L'énormité des ficelles scénaristiques se conjugue en plus à des éléments tout simplement oubliés en court de route, comme ce groupe de gamins tueurs, qui disparaîtront mystérieusement, ou une touche de fantastique, par le biais d'un rêve de Depardieu, tout simplement abandonnée sans autre explication.

Ajoutez à cela des sous-intrigues gratuites et sans grand intérêt, comme cette sombre histoire de vengeance sur fond de nazisme, faisant peu à peu basculer le film vers un final ridicule : La Marque des anges - Miserere n'est finalement qu'un petit thriller policier plutôt idiot, handicapé par une réalisation peu inspirée, et uniquement sauvé par la présence de ses têtes d'affiche.

Note : 3,5/10