vendredi 7 juin 2013

La Neuvième porte


Titre : La Neuvième porte (The Ninth gate)
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Johnny Depp, Frank Langella, Emmanuelle Seigner
Date de sortie en France : 25 août 1999
Genre : fantastique, thriller

Synopsis : 
Dean Corso est un chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés. Sa réputation lui vaut d'être engagé par un éminent bibliophile, féru de démonologie, Boris Balkan, qui lui demande de traquer les deux derniers exemplaires du légendaire manuel d'invocation satanique, "les Neuf Portes du royaume des ombres". Corso relève le défi. De New York à Tolède, de Paris à Cintra, il s'enfonce dans un labyrinthe semé de pièges et de tentations. Il va peu à peu décrypter les énigmes du livre maudit et découvrir le véritable enjeu de sa mission. 

Avis : 
 Trente ans après Rosemary's baby, Roman Polanski revient taquiner le Diable avec cette adaptation du roman d'Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas. Il met pour l'occasion en scène Johnny Depp (Pirates des Caraïbes, Sleepy Hollow) dans le rôle de Dean Corso, au milieu d'une enquête qui dépassera finalement les frontières du surnaturel.
 

Polanski va installer une ambiance très réussie pendant la plus grande partie du film, l'atmosphère se faisant plus pesante, plus menaçante à mesure que les recherches et les découvertes de Corso progressent. Dans ce puzzle démoniaque éparpillé entre plusieurs pays, les rencontres improbables se multiplient, de ce duo de bibliothécaires espagnols à cette secrétaire parisienne au physique d'armoire à glaces. Pendant 1h30, le réalisateur nous fait d'ailleurs participer à cette chasse, nous faisant découvrir les mystères en même temps que le personnage interprété par Depp...pour finalement nous abandonner, sans crier gare.

En effet, toute cette enquête s'accélère brusquement, et laisse le spectateur sur le côté, contraint d'assister à un dénouement devenant aussi obscur que grotesque. Car si Polanski flirtait jusque là agréablement avec le surnaturel, n'apportant que quelques touches un peu risibles (ah, Emmanuelle Seigner qui plane pour rejoindre Johnny Depp avant de rosser quelques agresseurs dans un affrontement ridicule !), il décide finalement de verser dans le grand-guignolesque, à grand renfort de secte attardée, de second couteau impayable et de grand gourou illuminé.

Cette dernière partie gâche vraiment le plaisir ressenti jusque là, avec cette progression intéressante de l'intrigue et la découverte progressive du mystère contenu dans les livres. Et si chacune des apparitions de Seigner résonne comme autant d'alertes annonçant que le film risque de sombrer dans la médiocrité, rien ne nous préparait à ce dernier acte complètement bâclé...Dommage.

Note : 7/10


dimanche 2 juin 2013

L'Attaque du métro 123


Titre : L'Attaque du métro 123
Réalisateur : Tony Scott
Acteurs : Denzel Washington, John Travolta, John Turturro
Date de sortie en France : 29 juillet 2009
Genre : thriller, action

Synopsis : 
Walter Garber est aiguilleur du métro à New York. Comme chaque jour, il veille au bon déroulement du trafic, lorsque la rame Pelham 123 s'immobilise sans explication. C'est le début du cauchemar. Ryder, un criminel aussi intelligent qu'audacieux, a pris en otage la rame et ses passagers. Avec ses trois complices lourdement armés, il menace d'exécuter les voyageurs si une énorme rançon ne lui est pas versée très vite. Entre les deux hommes commence un incroyable bras de fer. Chacun a des atouts, chacun a des secrets, et le face-à-face risque de faire autant de victimes que de dégâts. La course contre la montre est lancée... 

Avis : 
Avant-dernier film du réalisateur Tony Scott, L'Attaque du métro 123 est le remake de Les Pirates du métro, réalisé en 1974 par Joseph Sargent. Il s'agit donc de l'histoire d'une prise d'otage dans une rame de métro, avec John Travolta dans le rôle du grand méchant, et Denzel Washington dans celui du gentil courageux qui va sauver la situation alors que ce n'était pas son rôle.


Avec ce film, Tony Scott va nous offrir un pot pourri des pires défauts que l'on pouvait retrouver dans ses films précédents. Montage clipesque, images ralenties ou accélérées sans aucune véritable raisons, informations en surimpression sans qu'elles n'apportent vraiment à l'intrigue...L'Attaque du métro 123 ressemble à un clip un peu ringard ou à un épisode de série affreusement étiré.

Ses acteurs semblent également en roue libre, John Travolta surjouant affreusement dans le rôle d'un personnage particulièrement grotesque, et Denzel Washington se contentant du strict minimum. Le reste des personnages ne présente guère plus d'intérêt, jusqu'aux otages dont le sort nous est complètement indifférent. Le scénario est cousu de fil blanc, et enchaîne comme des perles les situations convenues, où évoluent les personnages les plus fades possibles.

Bref, L'Attaque du métro 123 est sans doute l'un des plus mauvais films de Tony Scott, avec un scénario sans aucun intérêt, une réalisation grotesque, des acteurs peu inspirés dans la peau de personnages caricaturaux...Un film dont il ne restera finalement que l'impression d'avoir perdu son temps pendant une centaine de minutes...

Note : 2/10


samedi 1 juin 2013

Cold fish


Titre : Cold fish (Tsumetai nettaigyo)
Réalisateur : Sono Sion
Acteurs : Mitsuru Fukikoshi, Denden, Asuka Kurosawa
Date de sortie : 2010
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Shamoto tient une boutique de poissons tropicaux. Sa deuxième femme ne s’entend guère avec sa fille, Mitsuko, et cela lui fait peur. Un jour, prise en flagrant délit de vol dans un supermarché, Mitsuko va trouver en la personne de Mr Murata, non seulement un sauveur, mais aussi un homme exerçant le même métier que son père mais à grande échelle. Il poussera même la bonté jusqu’à lui offrir un travail dans son magasin. Mais Mr Murata s’intéresse d’un peu trop près à cette famille qu’il embarquera pour un voyage au bout de l’horreur… 

Avis : 
 S'inspirant d'une histoire vraie (même si personne ne semble vraiment savoir laquelle), Sono Sion (Love Exposure, The Land of hope) s'intéresse pour ce Cold fish à une famille que l’on sent au bord de l’explosion : le «héros» est un homme totalement effacé, remarié à une femme qui s’est rapidement lassée de lui et père d’une jeune en pleine crise d'adolescence. Quand cette dernière est surprise à voler dans un supermarché, la famille ne doit son salut qu’à l’intervention de Murata, qui se lie immédiatement d’amitié avec la famille, exerçant le même métier que le père, exhibant une richesse ne laissant pas indifférente la mère et offrant son premier métier et une certaine indépendance à la jeune fille. Mais tout ceci a un prix, comme l’apprendra rapidement Shamoto, entraîné dans une spirale de violence qui l’obligera à, enfin, se rebeller. 


Hésitant entre le thriller glauque et la farce macabre, Cold Fish multiplie les passages gores et érotiques, versant tantôt dans une certaine folie, tantôt dans un humour noir dévastateur, notamment lorsque Murata tente d’apprendre à Shamoto l’art de se débarrasser d’un corps. Le film donne surtout, à l’image des récents The Chaser ou J’ai rencontré le Diable l’impression d’une progression implacable des événements, de l’absence totale de possibilité de fin heureuse. Le formidable Mitsuru Fukikoshi incarne à merveille l’évolution du personnage, d’abord totalement effacé et dépassé par les événements avant d’exploser dans un terrible final.

Tout n’est cependant pas parfait : Cold Fish dépasse largement les 2 heures, et réussit par moments à nous ennuyer, sans doute parce que l’histoire est relativement prévisible. De même, l’analyse sociale n’est pas toujours d’une immense finesse, et Sion finit régulièrement par se contenter de suivre le cahier des charges du studio Sushi Typhoon : beaucoup de sang et de fesses, de façon souvent assez gratuite. Enfin, si les acteurs principaux sont remarquables (Denden jouant à merveille ce vieillard à l’air innocent capable de devenir menaçant d’une seconde à l’autre), on ne peut guère en dire autant des acteurs secondaires ou des actrices, clairement en dessous...

S’il ne s’agit pas, loin s’en faut, du meilleur film de son réalisateur, ce second volet de sa «trilogie de la haine» entre Love Exposure et Guilty of romance, montre une nouvelle fois que Sono Sion est un cinéaste à suivre. Bien qu’un peu trop long, Cold Fish reste une oeuvre forte, mêlant humour noir et passages plus sombres, jusqu’à parfois se perdre dans une accumulation un peu racoleuse de violence et de sexe. 

Note : 7,5/10