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samedi 16 septembre 2017

Power Rangers


Titre : Power Rangers (Saban's Power Rangers)
Réalisateur : Dean Israelite
Acteurs : Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott
Date de sortie en France : 5 avril 2017
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…
Avis : 
Aaaaah, les Power Rangers. Toute une partie de mon enfance, avec cette série américaine inspirée des super sentai japonais (Ultraman, Bioman) que personne n'avouait vraiment regarder, la faute à un degré de ringardise très élevé, même selon les critères des années 90. Autant dire que personne n'attendait vraiment une nouvelle adaptation cinématographique de cette série à rallonge (plus de 800 épisodes et deux films), et encore moins l'idée d'une saga de 7 films, revue largement à la baisse depuis les résultats très moyens au box-office.



Les Power Rangers, ce sont des ados combattant les forces du mal dans des armures colorées, puis dans des machines à allures d'animaux (les Zords) pouvant s'assembler en un robot géant (le Megazord). La structure des épisodes était généralement toujours la même (enfin, pour ceux que j'ai vus, et n'imaginez pas que j'allais me retaper 850 épisodes pour vérifier), les gentils bottant le cul des méchants d'abord au corps à corps, puis dans leurs véhicules lorsque l'ennemi était transformé en monstre géant, avant de lui donner le coup de grâce à l'aide du Megazord, laissant le chef adverse jurer qu'il reviendra se venger. Le film va évidemment suivre cette structure, mais s'appliquera d'abord à présenter les héros, archétypes classiques des ados un peu paumés que rien ne destinait à sauver le monde.

Rien de bien transcendant dans cette première partie, qui rappelle vaguement Chronicle (mais en moins bien) avec ces ados sans relief et qu'on a déjà vus des dizaines de fois, à l'évolution classique, dans un script aux enjeux et au déroulement sans surprise. Les amateurs de la série apprécieront néanmoins le personnage de Rita Repulsa, méchante caricaturale et vaguement idiote, mais assez fidèle à l'image qu'elle renvoyait à l'époque, grâce notamment à l'interprétation tout en exagération de Elizabeth Banks. Les nouveaux costumes risquent en revanche de partager beaucoup plus, franchement moches et très éloignés de ceux de la saga de base. On ne les verra heureusement que peu de temps, le final du film préférant donner la part belle aux affrontements entre les Zords et Goldar, pour des passages assez spectaculaires.

On attendait une catastrophe avec cette adaptation cinéma d'une série ringarde : on n'en passe pas loin, mais on passe néanmoins un agréable moment devant un film qui assume son second degré et sa spontanéité, et qui est bien conscient qu'il n'inventera pas la poudre. Rien de bien exceptionnel, ni de remarquable, surtout comparé aux blockbusters de ces 20 dernières années, mais sans doute un futur plaisir coupable.

Note : 2,5/10

 

vendredi 17 mars 2017

Logan


Titre : Logan
Réalisateur : James Mangold
Acteurs : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen
Date de sortie en France : 1er mars 2017
Genre : drame, super-héros

Synopsis : 
Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.
Avis : 
Jusqu'à présent, le personnage de Wolverine semblait un peu maudit. Condamné à surclasser le casting des aventures des X-Men, héros de deux films dérivés ratés, le héros si brillamment incarné par Hugh Jackman semblait devoir se contenter de déceptions cinématographiques. Mais ça, c'était avant Logan, qui vient enfin rendre justice au mutant au squelette recouvert d'adamantium, dans un film s'apparentant bien plus à un drame qu'à un film de super-héros.


Le film nous présente un Wolverine vieillissant, désabusé et malade, dans un futur proche où les mutants ont presque disparu. Il veille sur un Professeur X mourant et victime de crises menaçant de tuer tous ceux qui l'entourent, et survit au jour le jour, tentant de noyer sa souffrance dans l'alcool. Ce quotidien déprimant va être totalement chamboulé par l'apparition de Laura, jeune mutante poursuivie par de mystérieux hommes de main.

D'une durée de 2h15, le film de James Mangold (Copland, Walk the line) prend l'apparence d'un road-movie où les nombreuses scènes d'introspection du personnage principal, amené à réfléchir sur sa propre nature (de mutant, d'immortel, de mourant, de héros, de père et même de fils) aux côtés d'un Xavier volontiers philosophe et épicurien et d'une jeune fille entraînée dès sa naissance à être une arme de guerre, côtoient des séquences d'une impressionnante sauvagerie. Loin des scènes d'action édulcorées que l'on pouvait voir jusqu'alors dans la saga, Logan propose des mises à mort d'une violence inouïe, et parfois même d'une moralité douteuse, pour des affrontements qui montrent enfin pleinement la part d'animalité du Wolverine.

Ces deux aspects sont parfaitement dosés, les passages plus intimistes laissant respirer le spectateur et contrebalançant parfaitement les scènes d'action, et Hugh Jackman excelle dans les deux registres. Et si au final, on pourra regretter la progression très linéaire du film, ainsi que son côté prévisible, ou une dernière partie moins passionnante, on sort lessivés, et même assez émus, d'un spectacle aussi furieux et radical. La vie risque d'être difficile pour les X-Men sans Hugh Jackman...

Note : 8.5/10



jeudi 25 août 2016

Suicide Squad


Titre : Suicide Squad
Réalisateur : David Ayer
Acteurs : Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Date de sortie en France : 3 août 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
 C'est tellement jouissif d'être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Avis : 
Regroupez les pires crapules possibles dans une alliance aussi improbable que fragile. Enrobez le tout de musiques cultes, et arrosez l'ensemble avec quelques répliques et poses bien badass : non, vous n'êtes pas devant Les Gardiens de la Galaxie, mais devant Suicide Squad, la réponse trop grand-public de DC à la réussite des films Marvel et à l'échec relatif de Batman v Superman. Au menu donc, des grands méchants édulcorés pour plaire au plus grand nombre, et un film qui essaye un peu trop d'être coooool pour son propre bien.


L'ensemble du film est parfaitement résumé dans les premières minutes où les principaux "méchants" sont présentés : effets visuels ringards, avec des ralentis et des zooms dans tous les sens, des textes incrustés à l'écran, un bon gros hit musical en fond sonore, le tout terriblement lisse. Et ce sera comme ça pendant deux heures : les soit-disant méchants ne sont finalement que des petites frappes, qui ne se rebellent jamais et ne sont jamais menaçants.

Symboles parfaits de cette tendance : Deadshot, incarné par un Will Smith qui fait du Will Smith, devient un pur héros classique, bon père de famille et toujours enclin à protéger ses amis, et Harley Quinn, uniquement là pour ses fesses, est juste vaguement exubérante. Ne parlons pas de Jared Leto, qui interprète un gangster aussi cliché que possible (poses de tueurs, rires de cinglé préfabriqué) que l'on peine à reconnaître comme le Joker.

Evidemment, on s'amusera parfois pendant le film, mais son absence totale d'enjeu (le scénario se limite à "on crée une équipe de méchant pour affronter une menace), d'évolution et d'ambition, couplée à une ringardise de tous les moments, rend ce nouveau film DC profondément indigeste - même s'il se murmure que tout cela serait dû à un remontage de dernière minute alors que la version d'origine était bien plus sombre. S'ils voulaient se tirer une balle dans le pied avant les nombreuses adaptations prévues pour les années à venir, c'est réussi...

Note : 3/10




vendredi 3 juin 2016

X Men : Apocalypse


Titre : X Men : Apocalypse
Réalisateur : Brian Singer
Acteurs : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence
Date de sortie en France : 18 mai 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale.

Avis : 
Troisième volet de cette nouvelle saga X-Men, Apocalypse arrive un peu après la bataille. En effet, après Captain America : Civil war et Batman v Superman, sortis ces dernières semaines, nous infliger un nouveau film de super héros, avec un nouvel affrontement entre deux groupes opposés n'est pas le meilleur moyen de nous passionner, sauf si le film est une franche réussite. Hélas, le film de Bryan Singer en est très, très loin.


Entre un nouveau super vilain raté (j'aime beaucoup Oscar Le Réveil de la Force, Ex_machina Isaac, mais le costume ridicule et l'aspect messie de pacotille, franchement...), des enjeux flous (quoi ? la fin de l'humanité ? encore ?), des soucis de cohérence (En Sabah Nur veut regrouper les meilleurs mutants, mais ne s'entoure que de tocards, à l'exception de Magneto), une grosse impression de déjà-vu (Quicksilver refait la même scène que dans Days of future past), un visuel souvent laid (les manipulations magnétiques de Magneto), séquences prévisibles (oui, vous verrez Wolverine et oui, vous le verrez venir de loin) et l'impression finale que rien n'a avancé d'un pouce et qu'on a un peu été pris pour des cons, Apocalypse rassemble tout ce qui peut rendre un blockbuster insupportable.

Même les éléments qui avaient pu rendre sympathiques les deux volets précédents ont disparu : l'humour tombe à plat, les états d'âme de Magneto ne nous touchent plus, on ne rapproche plus les éléments du film d'événements historiques réels. En clair, on se fout un peu de ce qu'il se passe, puisque rien ne s'inscrit dans l'univers cinématographique - ou historique - que l'on connaît. On pourra à peine se rejeter sur certaines scènes d'action, comme l'arrivée de Quicksilver à l'école des mutants, efficace bien qu'un peu longue.


En gros, la seule chose que vous apprendrez, c'est pourquoi le professeur Xavier a perdu ses cheveux. Pour le reste, à l'exception du duo McAvoy - Fassbender, cette nouvelle génération manque cruellement de présence : Sophie Turner (Game of thrones) n'arrive pas à la cheville de Famke Janssen, Alexandra Shipp (NWA - Straight outta Compton) ne fait à aucune seconde oublier Halle Berry, et même Kodi Smit-McPhee dans le rôle de Nightcrawler et Tye Sheridan (Mud) dans celui de Cyclope font pâle figure à côté de leurs aînés pourtant déjà fades...

Après X-Men 3, après les deux Wolverine (X-Men origins et Le Destin de l'Immortel), voilà un nouveau raté de belle ampleur pour la saga X-Men au cinéma. Convenu, moche, sans ambition, le film de Brian Singer cumule tous les défauts possibles, pour un film d'action mou du genou. C'est bien la dernière fois qu'on me prendra à aller voir ça en salles...

Note : 3/10




lundi 2 mai 2016

Captain America : Civil war


Titre : Captain America : Civil war
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Acteurs : Chris Evans, Robert Downey Jr, Scarlett Johansson
Date de sortie en France : 27 avril 2016
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l'humanité. À la suite d'une de leurs interventions qui a causé d'importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l'équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s'engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d'autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement...

Avis : 
Et c'est reparti pour un tour ! Avec ce troisième volet consacré à Captain America, l'univers cinématographique Marvel entame sa troisième phase. Réalisé par les frères Russo, déjà derrière l'excellent Le Soldat de l'hiver, Civil War va nous plonger dans un conflit entre super-héros Marvel: Iron Man, Black Widow, Vision, War Machine et les deux nouveaux venus, Black Panther et Spiderman d'un côté ; Captain America, le Soldat de l'hiver, Hawkeye, Scarlet Witch et Ant Man de l'autre.


En mettant au centre des débats les dommages collatéraux causés par les héros dans leur lutte contre le crime, Civil War va réussir là où Batman v Superman échouait : le film va en effet apporter un peu de profondeur à son propos, un peu de réflexion là où le film de Zack Snyder se révélait terriblement crétin. Evidemment, on ne nage pas dans la grande philosophie, mais on appréciera les états d'âme de Tony Stark et les divergences de points de vue tout aussi légitimes des deux leaders.

Autour de cette thématique intéressante, les frères Russo vont à nouveau nous proposer un cocktail parfaitement maîtrisé d'action et d'humour. Les futurs réalisateurs d'Avengers : Infinity wars démontrent une nouvelle fois leur capacité à mettre en images des scènes d'action spectaculaires et lisibles, bien loin des bouillies illisibles et prétentieuses de Snyder ou de la déclaration d'amour à Transformers que livrait Joss Whedon à la fin d'Avengers. On retiendra, évidemment, la séquence formidable de l'aéroport, mais aussi les affrontements plus intimes, dont on ne perdra pas une miette.


L'humour est également de la partie, avec le personnage d'Ant Man bien sûr, mais aussi avec le nouveau Spiderman, qui apporte une dose de fraîcheur et une candeur vraiment réjouissantes. En quelques minutes, il parvient presque à faire oublier Tobey Maguire et Andrew Garfield, que j'ai pourtant tous les deux beaucoup aimés dans leurs interprétations respectives de l'Homme Araignée.

Dans la lignée de Captain America : le Soldat de l'hiver, Civil War est ce qu'Avengers 2 aurait dû être. Un spectacle réjouissant, avec des scènes d'action spectaculaires et des personnages restant au premier plan (à l'exception notable de Black Panther, qui ne dégage rien et débarque vraiment comme un cheveu sur la soupe), même si le film n'atteint jamais l'intensité des comics du même nom. Espérons que cela donne le ton pour les prochaines adaptations de la phase 3...

Note : 9/10


mardi 19 avril 2016

Batman v Superman : l'aube de la justice


Titre : Batman v Superman : l'aube de la justice (Batman v Superman :dawn of justice)
Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg
Date de sortie en France : 23 mars 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis :
Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…

Avis : 
Il fallait s'y attendre : face au succès des adaptations Marvel, et surtout de la licence Avengers, l'univers DC Comics contre-attaque avec la mise en chantier de l'équipe maison, la Justice League, regroupant Batman, Superman, Wonder Woman, Aquaman, Flash et Cyborg. Avant les films centrés sur ces derniers, Batman et Superman ouvrent le bal, dans une suite à Man of steel également destinée à introduire les autres héros.


Un nouveau Batman donc, peu de temps après la trilogie de Christopher Nolan, interprété par un Ben Affleck dont le choix a fait grincer pas mal de dents (en cause, sa prestation dans DareDevil, quand bien même le Chevalier Noir n'a jamais été le héros demandant le plus de talent d'acteur...), qui rejoint Henry Cavill, toujours dans le rôle de l'homme d'acier, Zack Snyder, toujours derrière la caméra, et Jesse Eisenberg dans le rôle de Lex Luthor. Un Batman plus âgé donc, usé par les années de lutte contre le crime, et dont on devine les blessures psychologiques grâce à quelques séquences furtives.

Hélas, ces séquences constitueront l'unique élément narratif intéressant du film, qui va se perdre au milieu de thématique mal ou pas assez développées : Lex Luthor, Wonder Woman, la méfiance vis-à-vis de Superman, les doutes de ce dernier... sans parler de la rivalité entre les deux héros, qui prendra fin avec le renversement de situation le plus grotesque depuis longtemps. Ce n'est pas nouveau, Snyder sait mettre en place des personnages intéressants, mais a beaucoup plus de mal à les faire évoluer dans ses films.


Autre défaut récurrent chez le réalisateur : sa réalisation un peu trop tape à l'oeil, qui dessert régulièrement son film. Ici, ce sera flagrant lors de scènes d'action souvent illisibles, où les plans-séquences inutiles s'articulent autour d'images bien ringardes, notamment lors d'une dernière demi-heure qui sombre dans le nanar, avec des choix grotesques, des répliques puériles, des rebondissements idiots et une musique horriblement envahissante. On secouera d'ailleurs régulièrement la tête de dépit face aux nombreuses incohérences et aux multiples ficelles qui privent le film de toute fluidité scénaristiques.

S'il n'est pas forcément la catastrophe évoquée par certains critiques, Batman v Superman reste un bon gros blockbuster très basique, tentant en vain de tout mettre sur la forme. Hélas, les nombreuses scènes d'action ratées ne parviennent pas à camoufler une narration inexistante et une multitude de mauvaises idées (les caméos des héros DC...). On préférera encore Man of steel...

Note : 3.5/10


jeudi 18 février 2016

Deadpool


Titre : Deadpool
Réalisateur : Tim Miller
Acteurs : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein
Date de sortie en France : 10 février 2016
Genre : action, comédie

Synopsis : 
A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Avis : 
Annoncé depuis plusieurs année, l'adaptation cinématographique du personnage le plus cinglé de l'univers Marvel suscitait autant d'espoir que de crainte. L'espoir de voir enfin un film différent des autres, loin des super-héros qui se ressemblent tous. La crainte d'assister à un nouveau massacre, après l'apparition honteuse du personnage dans X-Men origins : Wolverine et la capacité d'édulcoration d'Hollywood.


Résultat : le film parvient à réjouir autant qu'à décevoir, en restant finalement le cul entre deux chaises, effleurant la promesse d'un film subversif tout en l'adaptant au plus large public possible.‭ ‬Les blagues potaches,‭ ‬les innombrables références sexuelles,‭ ‬l'humour pipi-caca,‭ ‬c'est clairement l'univers du super-antihéros,‭ ‬mais ça ne dépasse jamais le stade de la blague grivoise qu'on peut entendre dès le collège.‭ ‬L'aspect parodique,‭ ‬par ailleurs déjà présent ces derniers mois dans‭ ‬Les Gardiens de la Galaxie et‭ ‬Ant-Man‭ (‬sans parler de‭ ‬Kic‭k Ass) ‬tourne également un peu un rond,‭ ‬se contentant finalement de souligner un peu lourdement ce que le spectateur avait remarqué tout seul.‭

Même sentiment sur le côté violent du film :‭ ‬si le film est plus généreux en sang et en mises à mort gratuites que la plupart des autres films de l'univers Marvel,‭ ‬ça reste finalement bien sage,‭ ‬surtout si l'on s'amuse à comparer avec les comics.‭ ‬Enfin,‭ ‬tout cela reste régulièrement amusant,‭ ‬les répliques de Deadpool font souvent mouche‭ (‬c'est beaucoup moins vrai pour les personnages secondaires...‭ ‬et pour Wade Wilson‭)‬,‭ ‬mais on sent une certaine retenue,‭ ‬comme si on n'assumait pas totalement les caractéristiques du personnage.


J'évoquais à l'instant les personnages secondaires :‭ ‬si l'on s'amusera du côté volontairement lisse de Colossus,‭ ‬les autres n'ont pas beaucoup plus d'intérêt.‭ ‬Ajax et Angel sont des ennemis sans intérêt,‭ ‬le sidekick comique n'est pas drôle,‭ ‬et seule le personnage d'Al,‭ ‬la vieille aveugle,‭ ‬dispose d'un véritable potentiel...‭ ‬totalement inexploité.‭

Bref,‭ ‬on ne s'amusera finalement que lors des scènes mettant en scène Deadpool.‭ ‬Entrecoupées par d'interminables séquences nous présentant les origines du personnage,‭ ‬les séquences d'action sont le véritable intérêt du film,‭ ‬spectaculaires et drôles,‭ ‬bénéficiant de tout l'humour noir du personnage.‭ ‬Jeux de mots idiots,‭ ‬impulsivité,‭ ‬vantardise,‭ ‬sadisme,‭ ‬Deadpool massacre ses ennemis sans jamais s'arrêter de parler,‭ ‬pour notre plus grand bonheur.‭ ‬Si seulement le film s'était contenté de ce genre de séquences sans vouloir nous abrutir avec une histoire sans intérêt...

Note : 6/10


mardi 1 décembre 2015

Vincent n'a pas d'écailles


Titre : Vincent n'a pas d'écailles
Réalisateur : Thomas Salvador
Acteurs : Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hajdi
Date de sortie en France : 18 février 2015
Genre : fantastique, drame

Synopsis :
Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie dont il tombe amoureux.

Avis :
Vincent n'a pas d'écailles est le premier film de super-héros à la française. Enfin, pas vraiment, mais c'est en tout cas sous cette affirmation gentiment mensongère que nous a été présenté le film de Thomas Salvador. Car Vincent n'est pas un super-héros : c'est un type ordinaire, à ceci près qu'il dispose d'un pouvoir étonnant.


On ne sait pas d'où vient ce pouvoir, ni comment Vincent l'a obtenu. D'ailleurs, on ne sait rien non plus de Vincent : le film refuse de nous tenir par la main, et choisit de nous plonger dans le quotidien d'un homme aussi réservé dans ses relations avec les autres qu'épanoui quand, seul et caché, il peut enfin jouir de ses formidables capacités.

Le pouvoir du personnage est ainsi présenté comme un secret presque honteux, que Vincent ne dévoilera qu'à une personne de confiance, et qu'il ne révélera que pour sauver un ami du danger, s'exposant soudain au regard de tous. La seconde partie du film sera ainsi consacrée à une longue fuite, offrant un peu plus d'action après une première moitié plus intimiste, plus sobre.

Vincent n'a pas d'écailles est une œuvre à part dans le paysage cinématographique. Avec son héros très humain malgré un pouvoir extraordinaire, son traitement d'une remarquable sobriété (les silences éloquents, le rythme lent) et les remarquables séquences où Vincent nous montre ses capacités, le film de Thomas Salvador est une étonnante bouffée d'air frais, surtout dans une première partie très réussie, la seconde étant un peu plus convenue.

Note : 8/10 


mardi 18 août 2015

Les 4 fantastiques


Titre : Les 4 Fantastiques (The Fantastic Four)
Réalisateur : Josh Trank
Acteurs : Miles Teller, Kate Mara, Michael B. Jordan
Date de sortie en France : 5 août 2015
Genre : super-héros, action, science-fiction

Synopsis : 
Adaptation moderne et résolument nouvelle de la plus ancienne équipe de super-héros Marvel, le film se concentre sur quatre jeunes génies qui se retrouvent projetés dans un univers alternatif et dangereux, qui modifie leurs formes physiques mais aussi leurs vies de façon radicale. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités et à travailler ensemble pour sauver la Terre d’un ancien allié devenu leur ennemi.

Avis : 
Après un premier film qui n'est jamais sorti sur les écrans dans les années 90, puis deux films dans les années 2000 avec notamment Jessica Alba et Chris Evans, Les 4 Fantastiques s'offrent un nouveau reboot, profitant de la vague actuelle des films Marvel pour tenter, cette fois, de tirer leur épingle du jeu. Encore raté...


Le film de Josh Trank (qui n'a d'ailleurs pas mis longtemps à renier son film face aux critiques désastreuses) n'est en fait qu'une immense phase d'exposition : sur les 100 minutes du film, 80 sont consacrées à la présentation des personnages, de la jeunesse de Reed Richards à l'apparition des pouvoirs chez le quatuor. Interminable, cette partie se révèle en plus totalement loupée : à aucun moment les héros ne parviennent à nous intéresser, l'absence totale de second degré et d'enjeu les rendant complètement fades.

Et quand enfin on arrive à la seconde partie... eh bien, faites le calcul : il ne reste plus que quelques minutes pendant lesquelles on découvre le super-vilain (enfin, on le connaît déjà), qui va menacer la planète entière, mais qui va finalement être vaincu par le quatuor qui sauvera donc le monde. Le film est ainsi totalement déséquilibré, le combat final bâclé et sans impact, le tout dans un univers visuel incroyablement moche, autant dans des effets spéciaux vraiment laids que dans des décors qui semblent issus de nanars de science-fiction fauchés.

C'est un raté intégral donc, pas aidé par un casting que l'on a pourtant déjà vu bien plus convaincant, de Miles Tenner (Whiplash) à Michael B. Jordan (Fruitvale Station), coincés dans des personnages sans aucune consistance. Ce n'est pas avec ce film que Les 4 fantastiques rejoindront les adaptations phares de l'univers Marvel, et on tremble d'avance en apprenant qu'une suite est déjà prévue...

Note : 2/10


mardi 21 juillet 2015

Ant-Man


Titre : Ant-Man
Réalisateur : Peyton Reed
Acteurs : Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly
Date de sortie en France : 14 juillet 2015
Genre : action, super-héros

Synopsis :
Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

Avis :
Pour terminer la seconde vague de films inspirés de l'univers des Avengers, Marvel a choisi de mettre en avant un héros moins connu que les Iron Man ou Captain American : Ant-Man, l'homme-fourmi. Un choix étonnant, et d'autant plus audacieux que le projet a longtemps été confié à Edgar Wright, le réalisateur, entre autres, des excellents Shaun of the dead et Scott Pilgrim. Hélas, à la suite de divergences artistiques (le projet de Wright s'éloignant apparemment trop de l'univers des 11 films précédents), le britannique laisse la réalisation à Peyton Reed, tout en restant crédité au scénario. Dès lors, on pouvait presque craindre le pire : ce ne sera finalement pas le cas, et Ant-Man constitue même, à mes yeux, le film le plus réussi de la saga Avengers au cinéma, davantage même que le premier Iron Man ou que Captain America : le soldat de l'hiver.


Avec Ant-Man, on revient enfin à un héros plus humain, aux motivations plus classiques : plus question de sauver le monde d'une invasion extraterrestre quadridimensionnelle à la recherche d'un énième objet surpuissant : Scott Lang est un cambrioleur souhaitant continuer à voir sa fille malgré son divorce, et Hank Pym souhaite que son invention ne soit pas utilisée à des fins militaires. Une toile de fond plus réaliste qui va convenir à merveille à son héros et à ses caractéristiques.

Grâce à son costume, Ant-Man est donc capable de rapetisser, avec les avantages et les inconvénients que cela entraîne. Bien sûr, le héros, digne hériter de L'Homme qui rétrécit ou de Chérie, j'ai rétréci les gosses ! peut se faufiler presque n'importe où, mais il peut aussi service de petit-déjeuner à une souris, périr noyé dans une baignoire ou risquer sa vie en traversant une piste de danse. Le film va utiliser à la perfection ces situations, entraînant le pauvre Scott Lang dans des péripéties aussi spectaculaires que drôles

La découverte du costume, son entraînement auprès du docteur Pym, ses premières rencontres avec les fourmis donnent ainsi lieu à des passages très réussis, où le film joue parfaitement sur l'aspect ridicule de certaines situations et s'amuse constamment des perspectives visuelles et des lois de la physique. Les scènes d'action sont à ce titre une autre réussite, le mélange entre humour et spectaculaire faisant des merveilles.


La principale qualité de ce Ant-Man est finalement d'être pleinement conscient des aspects saugrenus de son héros, et d'en assumer pleinement et joyeusement les conséquences, passant même tout près de la meilleure mort de super-vilain de tous les temps. Cela donne un film aussi drôle que spectaculaire, qui fourmille d'idée (puisque tout le monde la fait, moi aussi !) et dont les éléments humoristiques font mouche à chaque fois (même remarque qu'au-dessus). 

Note : 9/10


lundi 4 mai 2015

Avengers : l'ère d'Ultron


Titre : Avengers : l'ère d'Ultron (The Avengers : Age of Ultron)
Réalisateur : Joss Whedon
Acteurs : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 22 avril 2015
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.

Avis : 
Après la seconde vague de films consacrés aux super-héros (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, Captain America : le soldat de l'hiver), et porté par le succès phénoménal du premier volet, voici donc Avengers 2, toujours réalisé par Joss Whedon. Après la menace incarnée par Loki, c'est cette fois l'intelligence artificielle Ultron qui va se retourner contre Tony Stark et ses compagnons.

Le premier Avengers avait été plutôt décevant, la faute à un gros manque de rythme dans la première partie, la faute également à un gros manque d'ambition, Joss Whedon se contentant de nous balancer un film de super-héros sans aucune aspérité ni violence pour plaire au plus grand nombre. Avec L'ère d'Ultron, l'objectif reste le même, peut-être même encore renforcé par les résultats du premier : pendant plus de deux heures, ça va faire boum-boum et éviter soigneusement d'explorer les nombreuses pistes de réflexion ou d'émotion qu'aurait pu offrir le film.


Dommage, parce qu'entre Ultron ou les jumeaux, il y avait sans doute de quoi nous donner un peu de finesse. Le premier devient finalement méchant en une minute chrono, les seconds deviennent gentils le temps d'une image subliminale. N'espérez pas non plus voir les personnages principaux étoffés : on apprendra que Hawkeye, un peu mis en avant ici, a une famille, et Scarlett Johansson et Mark Ruffalo se tournent autour comme des personnages de sitcoms. Même les nombreuses tentatives d'humour tombent régulièrement à plat, même si l'on sourit quelquefois (le gag récurrent sur le poids du marteau de Thor, par exemple).

Il faudra donc se contenter de l'action, pas toujours lisible ni efficace (le plan-séquence de début est d'une incroyable laideur), mais qui permet de passer plus de deux heures sans trop s'ennuyer, sans se fatiguer et sans le sentiment de se souvenir du film dans quelques semaines. Avengers : l'ère d'Ultron est donc totalement conforme à ses promesses, celles d'un film pop-corn vite consommé et vite jeté. Cela suffira sans doute à faire péter le box-office, mais on aimerait quand même un peu plus d'audace - juste un peu !

Note : 6/10


lundi 23 mars 2015

Les Nouveaux héros


Titre : Les Nouveaux héros (Big hero 6)
Réalisateur : Don Hall, Chris Williams
Acteurs : Scott Adsit, Ryan Potter, Daniel Henney
Date de sortie en France : 11 février 2015
Genre : animation, aventures, super-héros

Synopsis : 
Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai.

Avis : 
54ème classique d'animation des studios Disney, Les Nouveaux héros est l'adaptation, pour la première fois, de comics Marvel, en l'occurrence Big Hero 6. Récompensé par l'Oscar 2015 du meilleur film d'animation, il met en scène le jeune Hiro, accompagné par le robot Baymax, pour une étonnante aventure de super-héros.


Après les réussites que constituaient Les Mondes de Ralph et La Reine des neiges, les studios Disney nous offrent ici une nouvelle pépite, peut-être plus aboutie encore, avec un film entre hommage et gentille parodie de films de super-héros (les clins d'oeil sont extrêmement nombreux, jusqu'à une apparition de Stan Lee), entre drame poignant et film d'action spectaculaire. Les Nouveaux héros s'approche en fait des meilleurs Pixar, grâce à un scénario très travaillé, une véritable maturité et des personnages particulièrement attachants.

Outre Hiro, jeune adolescent étonnamment crédible, la véritable star du film est Baymax, le robot infirmière, que son design tout en rondeur, sa douce sollicitude et sa maladresse rendent immédiatement attachant et touchant. Sa version héroïque est un peu moins réussie, tout comme le film lorsqu'il verse dans le film d'action plus classique après une première moitié sans faute. Très spectaculaire, avec de nombreux rebondissements et une bonne dose d'humour, le second acte reste néanmoins très réussi.

Les Nouveaux héros est donc une nouvelle réussite pour les studios Disney, qui après le classicisme de La Reine des neiges joue une carte plus originale avec une histoire beaucoup plus moderne et une animation digne des meilleurs Pixar ou DreamWorks. Un petit bijou, tout simplement !

Note : 9/10


jeudi 30 octobre 2014

Ninja turtles


Titre : Ninja turtles (Teenage mutant ninja turtles)
Réalisateur : Jonathan Liebesman
Acteurs : Mega Fox, Will Arnett, William Fichtner
Date de sortie en France : 15 octobre 2014
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York… Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

Avis : 
Stars des années 90, les Tortues Ninjas reviennent cette année sur grand écran pour un retour que l'on attendait pas forcément. Produit par Michael boum-boum vroum-vroum Bay (Transformers 4, No pain no gain), réalisé par Jonathan Liebesman (World invasion : battle Los Angeles, La Colère des Titans), avec Megan Fox (Transformers, Jennifer's body), le projet ne donnait pas spécialement envie, surtout quand des rumeurs annonçaient que les célèbres tortues seraient en fait issues d'une race extraterrestre.


Pas d'ascendance alien cependant, mais ce bon vieux mutagène ayant transformé 4 tortues et 1 rat en créature humanoïdes vivant dans les égouts. Pas de souci de ce côté, les bases sont respectées jusqu'au caractère des TMNT, du taciturne Raphael au boute-en-train Michelangelo, et ils affronteront leur ennemi juré, Shredder, dans un blockbuster très sage se contentant de remplir gentiment le cahier des charges.

C'est un peu spectaculaire, un peu amusant, et on suit le tout sans véritable ennui pendant 1h40, avec néanmoins ce sentiment évident qu'on ne s'y penchera pas plus une fois le film terminé. Ninja turtles est ainsi une oeuvre quelconque, dont le plus gros défaut est sans doute de ne jamais vraiment exploité le potentiel de ses héros, qu'on ne verra finalement que très peu en action. D'autant que, sans doute inspiré par son producteur, Liebesman nous offre une belle brochette de scènes illisibles quand il met enfin son quatuor en avant.

La plus grande qualité de Ninja turtles est ainsi de ne pas être aussi catastrophique que l'on pouvait le redouter. Cela n'empêchera pas de passer immédiatement à autre chose dès le début du générique, le film ne donnant ni envie de le revoir, ni envie de voir ses suites déjà prévues.

Note : 4/10


jeudi 11 septembre 2014

Howard... Une nouvelle race de héros


Titre : Howard... Une nouvelle race de héros (Howard the duck)
Réalisateur : Willard Huyck
Acteurs : Lea Thompson, Tim Robbins, Jeffrey Jones
Date de sortie en France : 10 décembre 1986
Genre : comédie, super-héros

Synopsis : 
Howard T. Duck est un canard humanoïde qui vit sur une planète remplie de canards comme lui. Mais un jour, alors qu'il se prélasse sur son fauteuil, il se retrouve aspiré dans l'espace et atterrit sur la planète Terre. Il se fait recueillir par une rockeuse, Beverly.

Avis : 
Parmi les adaptations des comics Marvel, celle d'Howard the Duck est sans doute l'une des plus étranges. S'inspirant d'un des personnages les plus improbables de la maison d'éditions américaine, Howard était destiné à remplir les poches d'un George Lucas alors endetté. Il n'en fut cependant rien : le film fut un désastre critique et financier, ne trouvant pas son public lors de sa sortie jusqu'à être considéré comme l'une des pires oeuvres de l'histoire du cinéma. Un sort qu'il ne méritait certainement pas.


Car si le film de Willard Huyck est un véritable OVNI, il est surtout d'une folie et d'une liberté salvatrices, notamment dans l'univers souvent très fade et lisse des adaptations Marvel. Avec pour héros un canard adepte du kwak-fu, amateur de cigares et de jolies filles, au mauvais caractère et volontiers vulgaire, Howard the duck part dans tous les sens, enchaîne à un rythme soutenu les gags les plus honteux et les scènes d'action les plus folles pour notre plus grand plaisir, le tout entrecoupé de répliques délicieusement cyniques de la part du héros.

On comprendra que le film n'ait, à son époque, pas fonctionné : si le fait de mettre en avant un canard humanoïde semblait destiner le film aux enfants (Howard the duck aurait d'ailleurs dû être un film d'animation à l'origine), son traitement en fait clairement une oeuvre pour adulte tant la vulgarité, les sous-entendus sexuels et les références y sont nombreuses. On regrettera presque de ne pas en voir plus de la planète de Howard, avec les équivalents "canardesques" des films que nous connaissons et une foule de détails amusants.

Dommage cependant que le film dure près de deux heures, favorisant quelques baisses de rythme et permettant de remarquer les inepties du scénario. Mais cela n'empêche pas de savourer un film fou, généreux et subversif comme on n'en voit que trop peu !

Note : 7,5/10


samedi 30 août 2014

Les Gardiens de la Galaxie


Titre : Les Gardiens de la Galaxie (Guardians of the Galaxy)
Réalisateur : James Gunn
Acteurs : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista
Date de sortie en France : 13 août 2013
Genre : super-héros, science-fiction, aventures

Synopsis : 
Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être.

Avis : 
Alors que l'on commençait à se lasser de voir toujours les mêmes têtes, entre les Avengers et Spiderman, voici enfin de nouveaux héros Marvel sur nos écrans : les Gardiens de l'Univers. Adaptation d'une série de comics beaucoup moins connue en France que celles de leur cousins super-héroïque, Les Gardiens de l'Univers débarque avec sa promesse d'un élan et d'une liberté plus grande, à l'image de ce que Kick Ass avait pu faire, avec un budget certes bien moins conséquent.


Hélas, il n'en sera rien : s'il possède de nombreuses qualités, le nouveau Marvel reste désespérément classique et lisse, ne proposant finalement qu'une nouvelle aventure à base de personnages que tout opposait au départ et d'un grand méchant très méchant (oui, encore un) recherchant un objet surpuissant (oui, encore un) pour régner sur l'Univers. Un synopsis vu et revu donc, et qui débouchera sur un film dont la narration sera le principal défaut, à côté de thématiques et d'un visuel très lisses.

Rien de nouveau donc, mais on appréciera quand même ce nouveau groupe fait de fortes personnalités, auxquelles on s'attache très rapidement. En fait, c'est surtout lorsqu'il s'intéresse aux cinq alliés, dans leurs relations et leurs échanges, que le film est réussi, grâce à des dialogues et des situations souvent très drôles. On ne pourra pas en dire autant des scènes d'action, dont la réalisation passe-partout et le montage trop rapide (Captain America : le soldat de l'hiver a pourtant récemment montré qu'il était possible de bien filmer des scènes d'action) n'offrent aucun moment vraiment mémorable, même si le tout est évidemment spectaculaire. Mais là encore, rien ne démarque le film des précédents Marvel, et si le tout fait penser à un space opera, c'est davantage vers les épisodes 1, 2 et 3 de Star Wars qu'il faudra se tourner que vers les meilleurs films du genre.

Pourtant réalisé par un James Gunn à qui l'on doit quelques films plutôt subversifs (Super, Horribilis, Tromeo and Juliet), Les Gardiens de la Galaxie n'est donc finalement qu'un blockbuster Marvel de plus, spectaculaire mais très lisse et clairement destiné à un public très large. Dommage, parce qu'avec un tel groupe, on pouvait certainement espérer un peu plus de folie et de mordant, dans un film ou même l'assez parodique reste finalement très sage...

Note : 6,5/10


samedi 16 août 2014

Captain America : le soldat de l'hiver


Titre : Captain America : le Soldat de l'hiver (Captain America : the Winter Soldier)
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Acteurs : Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson
Date de sortie en France : 26 mars 2014
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s'adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met le monde en danger. S'associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l'étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l'aide d'un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi - le Soldat de l'Hiver.

Avis : 
Après les décevants Iron Man 3 et Thor : le monde des ténèbres, la seconde vague des films consacrés aux Avengers continue avec le deuxième volet des aventures de Captain America. Après un premier volet plutôt old-school, le héros au bouclier découvre cette fois notre époque, où il s'apercevra que ses vieux démons sont toujours présents et ont évolué.


Avec Le Soldat de l'hiver, la saga Marvel plonge cette fois dans un monde bien plus réaliste et crédible que ceux que l'on pouvait voir chez les autres héros : Captain America reste un super-héros assez classique dans ses capacités (il ne vole pas, ne contrôle pas les éclairs et ne se transforme pas en monstre titanesque), tout comme ses alliés et ses ennemis. On a ainsi bien souvent l'impression de se retrouver devant un thriller d'espionnage plutôt que devant un film de super-héros, ce qui apporte un souffle étonnant au film.

Autre élément remarquable : la sensation, pour une fois, de bien être devant une suite. Les éléments du premier film ont une réelle répercussion sur les aventures de Steve Rogers, les drames du passé venant de nouveau hanter le héros par le biais du Soldat de l'Hiver ou des nouvelles ramifications de l'organisation Hydra. Un effort scénaristique appréciable, qui n'empêchera pas le film d'être extrêmement spectaculaire : les scènes d'action sont formidables, parfaitement lisibles et d'une puissance rarement vue au cinéma.

Bref, Captain America : le Soldat de l'hiver est sans doute l'un des meilleurs films de super-héros, en tout cas le meilleur de la saga Avengers. Spectaculaire et doté d'un scénario travaillé, il réussit une nouvelle fois à tirer le meilleur d'un héros que l'on craint toujours de voir réduit à son patriotisme niais et stéréotypé. On espère que la suite des aventures du groupe suivra cet exemple !

Note : 9/10


dimanche 22 juin 2014

X Men : days of future past


Titre : X Men : days of future past
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

Avis : 
Après avoir réalisé les deux premiers volets de la saga, Bryan Singer revient à la réalisation pour ce X Men : days of future past destiné à faire le lien entre anciens et nouveaux épisodes, mais aussi à faire oublier un X Men : l'affrontement final qui, non content d'être très moyen, sacrifiait plusieurs personnages centraux. L'occasion ici de retrouver quelques mutants des premiers films, comme Tornade (Halle Berry), Kitty Pride (Ellen Page) ou Iceman, mais surtout les versions âgées du Professeur Xavier (Patrick Stewart) et de Magneto (Ian McKellen).


Dans les faits, cette réunion est surtout réalisée par le biais du personnage de Wolverine, qui aura l'occasion de retourner dans le passé avant de changer le futur. Sans réelle répercussion entre les deux époques, à l'exception du classique final où la situation dans le passé se dénoue à quelques instants du drame du futur, l'aventure de Logan va s'inscrire dans le prolongement de X Men : le commencement (minus quelques personnages, "décédés" entre les deux films) en mêlant les mutants à des événements de l'époque comme l'assassinat de JFK ou la guerre du Viêt Nam.

Si l'on excepte les incohérences obligatoires qu'entraîne ce genre de scénario, notamment avec la trilogie de base, et si l'on est pas trop regardant sur un futur bâclé, on passera un excellent moment dans ce X Men, qui multiplie les scènes spectaculaires et tire entièrement partie des pouvoirs de ses personnages (Vif-Argent et Magneto étant ainsi particulièrement mis en avant). Le tout avec la petite touche d'humour récurrente dans la saga (les répliques de Wolverine font souvent mouche) et des effets spéciaux impeccables.

Après les décevants derniers épisodes d'autres sagas (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, The Amazing Spider-man : le destin d'un héros), X Men : days of future past nous permet enfin de retrouver des super-héros au sommet de leur forme. Spectaculaire et divertissant, le film de Bryan Singer (Jack le chasseur de géants) en arrive presque à faire oublier ses gros défauts et ses frustrations pour s'imposer comme un des blockbusters de cette année.

Note : 7/10


dimanche 1 juin 2014

The Amazing Spider-man : le destin d'un héros


Titre : The Amazing Spider-man : le destin d'un héros (The Amazing Spider-man 2)
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx
Date de sortie en France : 30 avril 2014
Genre : super-héros, fantastique

Synopsis : 
Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Avis : 
Alors que j'avais beaucoup aimé le premier volet de cette nouvelle saga consacrée à Spider-man, c'est en traînant un peu les pieds que je suis allé voir cette suite. Il suffit parfois d'une affiche très laide, d'une bande-annonce loupée et d'un titre un peu stupide pour faire hésiter, et The Amazing Spider-man : le destin d'un héros propose ces trois éléments...


En sortant du film, le constat est simple : j'ai vraiment trouvé ce volet très moyen, bien moins sympathique en tout cas que son aîné, sans parler de l'inévitable comparaison avec le Spider-man 2 de Sam Raimi. Le film commence pourtant bien, avec une course-poursuite spectaculaire nous faisant une nouvelle fois admirer les envolées de l'homme-araignée et des effets spéciaux impeccables (mais ne sont-ils pas un peu moins convaincants que dans le film précédent ?), le tout rythmé par la décontraction et l'humour du super-héros.

Le gros problème du film vient de son scénario : on a l'impression que les scénaristes ont voulu trop en mettre, et sont partis sur plusieurs intrigues différentes qui, finalement, sont très mal développées et se rejoignent à peine. Malgré des premières apparitions prometteuses, qui laissaient notamment espérer un ennemi moins stéréotypé qu'à l'accoutumée, Electro (Jamie Foxx, qui disparaît rapidement sous le maquillage et les effets spéciaux) rejoint vite le rang des super-vilains d'opérette, aux motivations inexistantes. Le Bouffon Vert n'est de son côté absolument pas développé, tout comme son alter ego Harry Osborn (interprété par Dane Chronicle DeHaan), comme s'il s'était greffé au film alors que le script était déjà terminé. Quant aux révélations sur les parents de Peter Parker, elles deviennent rapidement anecdotiques.


Finalement, c'est l'histoire entre Peter Parker et Gwen Stacy qui bénéficie le plus d'attention. Eternelle déclinaison sur le thème du "je t'aime mais on ne peut pas être ensemble... quoique si... quoique non... quoique si...", la relation peine à convaincre ici alors qu'elle était un des points forts du premier volet, avec un Andrew Garfield que j'ai étrangement trouvé beaucoup moins convaincant cette fois. Difficile également de ne pas penser aux films de Sam Raimi, puisque le couple Peter Parker / Gwen Stacy ressemble énormément au couple Peter Parker / MJ Watson de la trilogie précédente...

Toujours spectaculaire et toujours amusant, The Amazing Spider-man : le destin d'un héros est pourtant nettement moins réussi que le premier volet. La faute à un scénario fourre-tout, qui multiplie les personnages secondaires sans jamais leur accorder de véritable attention, n'attendant que les ultimes minutes pour enfin prendre un peu d'ampleur.

Note : 5,5/10


samedi 31 mai 2014

Kick-Ass


Titre : Kick-Ass
Réalisateur : Matthew Vaughn
Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Nicolas Cage, Chloë Moretz
Date de sortie en France : 21 avril 2010
Genre : super-héros, action, drame

Synopsis : 
Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d'incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n'a qu'un seul problème : Kick-Ass n'a pas le moindre superpouvoir... Le voilà pourchassé par toutes les brutes de la ville. Mais Kick-Ass s'associe bientôt à d'autres délirants copycats décidés eux aussi à faire régner la justice. Parmi eux, une enfant de 11 ans, Hit Girl et son père Big Daddy, mais aussi Red Mist. Le parrain de la mafia locale, Frank D'Amico, va leur donner l'occasion de montrer ce dont ils sont capables...

Avis : 
C'est un de mes coups de coeur de ces dernières années. Un film dont je n'attendais pas grand chose à l'époque de sa sortie, à cause notamment d'une campagne promotionnelle qui donnait l'impression d'un Scary movie chez les super-héros, d'un truc bien crétin et gamin. Et là, surprise : Kick-Ass est un film aussi intelligent que jouissif, qui parvient à se montrer aussi réussi dans son approche réaliste que dans son aspect plus délirant.


Matthew Vaughn scinde ainsi son film en deux temps : la naissance de Kick-Ass, le super-héros sans pouvoir, qui n'a que son courage à offrir et rencontrera de nombreuses difficultés dans ses premières heures de patrouille. Une approche intimiste et réaliste, qui trouvera son apogée lors de l'affrontement sur le parking d'un fast-food, rythmée par la musique de Prodigy et qui fera du héros en combinaison de plongée une véritable star.

La seconde partie verra apparaître les personnages de Hit Girl et Big Daddy (interprété par un Nicolas Cage étonnant), donnant au film une nouvelle ambiance, une nouvelle approche qui, si elle conserve par moments un vrai réalisme et un aspect dramatique, ancre le film dans un côté plus parodique et terriblement jouissif : les scènes d'action sont particulièrement réussies, violentes et drôles, avec un goût prononcé pour le politiquement incorrect, notamment dans les répliques de la jeune fille.

Intelligent et irrévérencieux, l'adaptation de Kick-Ass est l'alliance parfaite entre la réflexion sur le thème des super-héros et le pastiche réjouissant, et se révèle aussi drôle que bien pensé, tout en nous réservant quelques moments et répliques mémorables. Un des meilleurs films de super-héros de ces dernières années, alors même qu'il ne comporte aucun super héros !

Note : 9/10