Affichage des articles dont le libellé est ghibli. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ghibli. Afficher tous les articles

jeudi 28 janvier 2016

Souvenirs de Marnie


Titre : Souvenirs de Marnie (Omoide no Marnie)
Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Acteurs : Kasumi Arimura, Sara Takatsuki, Nanako Matsushima
Date de sortie en France : 14 janvier 2015
Genre : animation, drame

Synopsis : 
Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Avis : 
Dernier film en date du studio Ghibli (avant une pause ?), Souvenirs de Marnie renoue avec des thèmes chers au studio : une adolescente orpheline et marginale, l'opposition entre la ville et la campagne, l'importance de la famille et des proches.


Envoyée à la campagne pour soigner ses problèmes de santé grâce à un rythme plus calme, une meilleure hygiène de vie et un entourage plus sain, la jeune Anna va rapidement découvrir un secret autour d'un mystérieux manoir. Si, clairement, le mystère autour de Marnie n'en est pas vraiment un (même si son identité réelle fera l'objet d'une très belle révélation), Souvenirs de Marnie partage avec les meilleurs Ghibli une jolie simplicité qui fait mouche, grâce à la relation entre les deux héroïnes.

Le film de Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) est rempli de bons sentiments, et s'il manque de passages spectaculaires, on est souvent happés par l'émotion. De même, si l'animation ne vaut pas un Miyazaki ou un Takahata, certaines images sont à couper le souffle, comme ce manoir délabré ou la visite dans un moulin particulièrement inquiétant.

Souvenirs de Marnie est donc un très joli film, même s'il ne fait finalement que reprendre les thèmes classiques de chez Ghibli, sans les magnifier. On n'atteint pas les sommets du studio, ni de certains films d'animation japonais de ces dernières années, mais ce dernier (?) Ghibli reste une oeuvre touchante et intelligente, et un film à voir.

Note : 7/10




lundi 29 décembre 2014

Le Conte de la princesse Kaguya


Titre : Le Conte de la princesse Kaguya (Kaguya-hime no monogatari)
Réalisateur : Isao Takahata
Acteurs : Aki Asakura, Kengo Kora, Takeo Chii
Date de sortie en France : 25 juin 2014
Genre : animation, drame

Synopsis : 
Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d'un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Avis : 
Le Conte de la princesse Kaguya marque le retour d'Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) à la réalisation, 14 ans après Mes voisins les Yamada. Il s'inspire pour l'occasion d'un conte traditionnel, le conte du coupeur du bambou, considéré comme le texte narratif japonais le plus ancien. Véritable récit initiatique, il décrit la vie d'une mystérieuse jeune fille, découverte bébé dans la tige d'un bambou, et destinée à devenir une princesse malgré elle.


Nous suivrons donc la jeunesse de Kaguya, heureuse avec ses camarades à la campagne. L'innocence laisse hélas rapidement la place à de nouvelles responsabilités lorsque ses parents adoptifs décident d'en faire une princesse, s'installent dans une luxueuse maison en ville et confient la jeune fille à une femme stricte chargée de son éducation. Et pour ne rien arranger, la beauté de la princesse attire de nombreux prétendants bien décidés à l'épouser.

L'argent et le statut social ne font pas le bonheur : si la principale thématique du film semble aussi naïve qu'enfantine, Isao Takahata parvient à ne pas sombre dans un côté trop fleur-bleue, d'abord grâce à des dessins au style très épuré, ensuite grâce à une profondeur assez étonnante des personnages. La volonté de non-conformité de Kaguya nous semble ainsi plutôt naturelle, et les rebondissements liés aux quêtes qu'elle propose à ses admirateurs ou l'affrontement permanent avec son enseignante permettent de rythmer le récit de façon simple et efficace.

Après Le Vent se lève d'Hayao Miyazaki quelques mois plus tôt, le studio Ghibli nous offre un second bijou avec le dernier film de son second fondateur. Visuellement magnifique, il transcende une histoire plutôt simple et parvient à éviter la niaiserie malgré un sujet très gentil. Juste magnifique, malgré un final un peu moins inspiré concernant les origines de la princesse.

Note : 8,5/10


dimanche 9 février 2014

Le Vent se lève


Titre : Le Vent se lève (Kaze Tachinu)
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Acteurs : Hideaki Anno, Miori Takimoto, Hidetoshi Nishijima
Date de sortie en France : 22 janvier 2014
Genre : animation, drame

Synopsis : 
Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.

Avis : 
 Si Hayao Miyazaki a déjà annoncé plusieurs fois sa retraite à la sortie d'oeuvres précédentes, cette fois, il semble bien que l'on doive accepter l'idée que Le Vent se lève sera sa dernière réalisation. Pour l'occasion, il s'inspire de la vie de Jiro Horikoshi, le concepteur des Zero japonais qui seront utilisés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous suivrons donc pendant deux heures les grandes étapes de la vie de l'ingénieur, dans un film plus réaliste que ce à quoi nous a habitués le réalisateur.


En fait, Miyazaki va ici largement délaisser l'innocence qui caractérisait la plupart de ses oeuvres pour nous livrer un drame mature, avec en toile de fond l'évolution du Japon pendant la première moitié du vingtième siècle : nous assisterons donc au tremblement de terre de Kanto en 1923, à la Grande Dépression, et l'escalade progressive vers la Seconde Guerre Mondiale. Un sérieux qui n'est pas sans rappeler Le Tombeau des lucioles d'Isao Takahata, et au milieu duquel évoluera donc Jiro, un doux rêveur, génial et visionnaire, dont le parcours pourra rappeler celui de Miyazaki lui-même. 

Ainsi, en dehors de (trop rares) séquences de rêves, Le Vent se lève s'adresse plutôt à un public adulte, plus apte à lire entre les lignes, à reconnaître les signes annonciateurs et les conséquences des drames nationaux, mais aussi plus à-même d'apprécier cette magnifique histoire d'amour, aussi terrible que belle, qui permet à Miyazaki de traiter un sujet difficile avec énormément de poésie, de laisser libre-court à la magie pendant quelques superbes scènes.

Ce dernier film du maître de l'animation japonaise est donc la conclusion parfaite à sa carrière. Avec un film pourtant différent de ce qu'il nous a habituellement proposé, Miyazaki semble en effet livrer un dernier regard en arrière, autant sur une partie sombre de l'histoire de son pays que sur un personnage qui lui ressemble. Et si on gagne en réalisme ce que l'on perd en poésie, si le réalisateur étire parfois à l'excès le rythme de son ultime oeuvre, c'est sur une nouvelle réussite qu'il nous quitte. Le Vent se lève, il faut tenter de vivre...

Note : 9/10