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lundi 2 mai 2016

Captain America : Civil war


Titre : Captain America : Civil war
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Acteurs : Chris Evans, Robert Downey Jr, Scarlett Johansson
Date de sortie en France : 27 avril 2016
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l'humanité. À la suite d'une de leurs interventions qui a causé d'importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l'équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s'engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d'autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement...

Avis : 
Et c'est reparti pour un tour ! Avec ce troisième volet consacré à Captain America, l'univers cinématographique Marvel entame sa troisième phase. Réalisé par les frères Russo, déjà derrière l'excellent Le Soldat de l'hiver, Civil War va nous plonger dans un conflit entre super-héros Marvel: Iron Man, Black Widow, Vision, War Machine et les deux nouveaux venus, Black Panther et Spiderman d'un côté ; Captain America, le Soldat de l'hiver, Hawkeye, Scarlet Witch et Ant Man de l'autre.


En mettant au centre des débats les dommages collatéraux causés par les héros dans leur lutte contre le crime, Civil War va réussir là où Batman v Superman échouait : le film va en effet apporter un peu de profondeur à son propos, un peu de réflexion là où le film de Zack Snyder se révélait terriblement crétin. Evidemment, on ne nage pas dans la grande philosophie, mais on appréciera les états d'âme de Tony Stark et les divergences de points de vue tout aussi légitimes des deux leaders.

Autour de cette thématique intéressante, les frères Russo vont à nouveau nous proposer un cocktail parfaitement maîtrisé d'action et d'humour. Les futurs réalisateurs d'Avengers : Infinity wars démontrent une nouvelle fois leur capacité à mettre en images des scènes d'action spectaculaires et lisibles, bien loin des bouillies illisibles et prétentieuses de Snyder ou de la déclaration d'amour à Transformers que livrait Joss Whedon à la fin d'Avengers. On retiendra, évidemment, la séquence formidable de l'aéroport, mais aussi les affrontements plus intimes, dont on ne perdra pas une miette.


L'humour est également de la partie, avec le personnage d'Ant Man bien sûr, mais aussi avec le nouveau Spiderman, qui apporte une dose de fraîcheur et une candeur vraiment réjouissantes. En quelques minutes, il parvient presque à faire oublier Tobey Maguire et Andrew Garfield, que j'ai pourtant tous les deux beaucoup aimés dans leurs interprétations respectives de l'Homme Araignée.

Dans la lignée de Captain America : le Soldat de l'hiver, Civil War est ce qu'Avengers 2 aurait dû être. Un spectacle réjouissant, avec des scènes d'action spectaculaires et des personnages restant au premier plan (à l'exception notable de Black Panther, qui ne dégage rien et débarque vraiment comme un cheveu sur la soupe), même si le film n'atteint jamais l'intensité des comics du même nom. Espérons que cela donne le ton pour les prochaines adaptations de la phase 3...

Note : 9/10


lundi 4 mai 2015

Avengers : l'ère d'Ultron


Titre : Avengers : l'ère d'Ultron (The Avengers : Age of Ultron)
Réalisateur : Joss Whedon
Acteurs : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 22 avril 2015
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.

Avis : 
Après la seconde vague de films consacrés aux super-héros (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, Captain America : le soldat de l'hiver), et porté par le succès phénoménal du premier volet, voici donc Avengers 2, toujours réalisé par Joss Whedon. Après la menace incarnée par Loki, c'est cette fois l'intelligence artificielle Ultron qui va se retourner contre Tony Stark et ses compagnons.

Le premier Avengers avait été plutôt décevant, la faute à un gros manque de rythme dans la première partie, la faute également à un gros manque d'ambition, Joss Whedon se contentant de nous balancer un film de super-héros sans aucune aspérité ni violence pour plaire au plus grand nombre. Avec L'ère d'Ultron, l'objectif reste le même, peut-être même encore renforcé par les résultats du premier : pendant plus de deux heures, ça va faire boum-boum et éviter soigneusement d'explorer les nombreuses pistes de réflexion ou d'émotion qu'aurait pu offrir le film.


Dommage, parce qu'entre Ultron ou les jumeaux, il y avait sans doute de quoi nous donner un peu de finesse. Le premier devient finalement méchant en une minute chrono, les seconds deviennent gentils le temps d'une image subliminale. N'espérez pas non plus voir les personnages principaux étoffés : on apprendra que Hawkeye, un peu mis en avant ici, a une famille, et Scarlett Johansson et Mark Ruffalo se tournent autour comme des personnages de sitcoms. Même les nombreuses tentatives d'humour tombent régulièrement à plat, même si l'on sourit quelquefois (le gag récurrent sur le poids du marteau de Thor, par exemple).

Il faudra donc se contenter de l'action, pas toujours lisible ni efficace (le plan-séquence de début est d'une incroyable laideur), mais qui permet de passer plus de deux heures sans trop s'ennuyer, sans se fatiguer et sans le sentiment de se souvenir du film dans quelques semaines. Avengers : l'ère d'Ultron est donc totalement conforme à ses promesses, celles d'un film pop-corn vite consommé et vite jeté. Cela suffira sans doute à faire péter le box-office, mais on aimerait quand même un peu plus d'audace - juste un peu !

Note : 6/10


lundi 8 septembre 2014

Lucy


Titre : Lucy
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min Sik
Date de sortie en France : 6 août 2014
Genre : action, fantastique

Synopsis : 
A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune femme voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Avis : 
Depuis quelques années, cela semblait n'être qu'une question de temps. Avec Lucy, c'est enfin chose faite : les réalisations de Luc Besson (Malavita, Léon) ont enfin rattrapé en médiocrité les pires de ses productions. En résumé, c'est très moche, c'est très con, et ça embarque dans sa chute des acteurs talentueux dans un film d'action qui semble tout droit sorti des pires productions vidéo de ces dernières années.


Pourtant, le point de départ était intéressant : alors qu'on n'utilise en moyenne que 10% de nos capacités mentales (beaucoup moins pour suivre le film, et sans doute encore mois pour l'écrire et le réaliser, sans doute), une jeune femme va peu à peu parvenir à exploiter l'intégralité de son potentiel, devenant ainsi un être omniscient et omnipotent. Cette femme, c'est Lucy (interprétée par une Scarlett Johansson bien loin de ses excellents rôles de ces derniers mois dans Her ou Under the skin).

Oui, Lucy, comme le célèbre australopithèque (qu'elle rencontrera d'ailleurs en fin de film, reproduisant pour l'occasion une image du plafond de la Chapelle Sixtine dans un symbolisme de pacotille qui vous fera certainement beaucoup rire). Et Lucy, quand son cerveau se développe, elle ne devient pas plus intelligente. Non : elle devient juste capable de jouer avec des appareils électroniques, de contrôler un peu tout ce qui lui passe sous le nez et de conduire à toute vitesse dans Paris en massacrant des dizaines de civils innocents. Cela donne des passages très drôles, où l'absence de direction d'acteurs de Besson bat des records ("hé Scarlett, tu as vu Le Cinquième élément ? ben joue exactement comme Milla Jovovich !") et où les fautes de goût s'enchaînent à un rythme soutenu.

Avec un synopsis rappelant le déjà très moyen Transcendance, Luc Besson nous livre donc un très mauvais film d'action, transpirant l'idiotie et l'incompétence à tous les niveaux, et rarement divertissant. On se demandera d'ailleurs ce que sont venus faire Morgan Freeman, Choi Min Sik (Old boy, J'ai rencontré le Diable) et Pilou Asbæk (R, Hijacking) dans cette galère dont ils auront certainement honte...

Note : 2/10


samedi 16 août 2014

Captain America : le soldat de l'hiver


Titre : Captain America : le Soldat de l'hiver (Captain America : the Winter Soldier)
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Acteurs : Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson
Date de sortie en France : 26 mars 2014
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s'adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met le monde en danger. S'associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l'étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l'aide d'un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi - le Soldat de l'Hiver.

Avis : 
Après les décevants Iron Man 3 et Thor : le monde des ténèbres, la seconde vague des films consacrés aux Avengers continue avec le deuxième volet des aventures de Captain America. Après un premier volet plutôt old-school, le héros au bouclier découvre cette fois notre époque, où il s'apercevra que ses vieux démons sont toujours présents et ont évolué.


Avec Le Soldat de l'hiver, la saga Marvel plonge cette fois dans un monde bien plus réaliste et crédible que ceux que l'on pouvait voir chez les autres héros : Captain America reste un super-héros assez classique dans ses capacités (il ne vole pas, ne contrôle pas les éclairs et ne se transforme pas en monstre titanesque), tout comme ses alliés et ses ennemis. On a ainsi bien souvent l'impression de se retrouver devant un thriller d'espionnage plutôt que devant un film de super-héros, ce qui apporte un souffle étonnant au film.

Autre élément remarquable : la sensation, pour une fois, de bien être devant une suite. Les éléments du premier film ont une réelle répercussion sur les aventures de Steve Rogers, les drames du passé venant de nouveau hanter le héros par le biais du Soldat de l'Hiver ou des nouvelles ramifications de l'organisation Hydra. Un effort scénaristique appréciable, qui n'empêchera pas le film d'être extrêmement spectaculaire : les scènes d'action sont formidables, parfaitement lisibles et d'une puissance rarement vue au cinéma.

Bref, Captain America : le Soldat de l'hiver est sans doute l'un des meilleurs films de super-héros, en tout cas le meilleur de la saga Avengers. Spectaculaire et doté d'un scénario travaillé, il réussit une nouvelle fois à tirer le meilleur d'un héros que l'on craint toujours de voir réduit à son patriotisme niais et stéréotypé. On espère que la suite des aventures du groupe suivra cet exemple !

Note : 9/10


samedi 28 juin 2014

Under the skin


Titre : Under the skin
Réalisateur : Jonathan Glazer
Acteurs : Scarlett Johansson, Jeremy McWilliams, Lynsey Taylor Mackay
Date de sortie en France : 25 juin 2014
Genre : science-fiction, thriller

Synopsis : 
Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

Avis : 
Réalisé par Jonathan Glazer, metteur en scène de clips musicaux et publicitaires, Under the skin met en scène Scarlett Johansson (Her, Don Jon) dans le rôle d'une étrange extraterrestre. Nous n'en saurons pas beaucoup plus de cette créature à l'apparence (presque) humaine, sinon qu'elle kidnappe des hommes et les fait disparaître dans un étrange fluide noir : le film choisit de laisser le mystère intact, préférant jouer sur les sensations et sur un esthétisme très poussé.


Très froid, à l'image de ce personnage principal qui piège sans sourciller les hommes qu'elle séduit et de cette Ecosse brumeuse et pluvieuse, le film s'éloigne rapidement d'un synopsis pouvant rappeler La Mutante pour nous plonger dans quelques passages fantasmagoriques (les victimes se noyant dans ce liquide noir avant d'y être digérés dans des mouvements évoquant les oeuvres de Bill Viola), et offre un traitement particulier, avec une narration particulière, toute en ellipses et sans véritable progression avant la dernière partie, et une économie de dialogues dans laquelle Scarlett Johansson excelle, dans des passages souvent improvisés avec des passants.

L'atmosphère du film fait ainsi penser à certains films de David Lynch ou de Cronenberg (Rage), jusqu'à cette dernière partie où le personnage évolue, comme à la recherche de sa propre identité, désirant ne plus être une enveloppe vide, à l'image de ces cyborgs de science-fiction en quête d'humanité. L'ambiance générale doit par ailleurs beaucoup à Scarlett Johansson, aussi parfaite dans ce rôle de brune mutique dont la nudité même est menaçante que dans celui de ce personnage virtuel dont on n'entendait que la voix dans Her.

Under the skin est donc un film déroutant, envoûtant et intriguant, aussi fascinant et dérangeant que froid et repoussant. Un objet inclassable, très loin des standards habituels du cinéma actuel, et dont on retiendra surtout l'interprétation de l'actrice et le travail sur l'esthétique, notamment dans cette pièce monochrome où Johansson se débarrasse de victimes dans une cérémonie dont on ne connaîtra jamais le but. Etonnant, tout simplement !

Note : 8,5/10


vendredi 21 mars 2014

Her


Titre : Her
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs : Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Date de sortie en France : 19 mars 2014
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Avis : 
Récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original, Her raconte l'histoire d'amour entre un homme et un système d'exploitation informatique. Prenant place dans un futur proche, le film nous décrit une société individualiste, où les rapports entre personnes sont réduites au minimum et où toutes les interactions passent par le virtuel, omniprésent, et où même les lettres d'amour sont rédigées par des inconnus. Chaque individu passe ainsi le temps scotché à des appareils électroniques, ayant accès à toutes les informations dont il a besoin... 


Dans cet avenir qui ne semble pas si lointain, et fait parfois penser à la série Black mirror, les rapports humains sont biaisés par la possibilité d'enquêter à loisir sur l'autre, par la capacité à assouvir le moindre de ses fantasmes en quelques secondes... Des rapports factices finalement, qui n'entraînent finalement qu'une solitude plus grande encore, au point de pouvoir tomber amoureux d'un programme virtuel sans que cela ne choque personne. 

Car Samantha (dont la voix est celle de Scarlett Johansson, remarquable dans ce rôle où on ne la voit pas une seconde) a tout pour plaire : intelligente, drôle, à l'écoute, elle évolue selon la personnalité de son correspondant. Ici Theo, marqué par sa rupture récente et sensible, particulièrement réceptif à l' "attention" que lui porte le programme, oubliant même rapidement qu'il ne s'agit que d'une suite de codes, à la personnalité et aux sentiments simulés. 

La relation a ainsi une issue inéluctable, à mesure que certains détails rappellent à Theo la nature virtuelle de son amour, dans des passages aussi drôles que cruels (le pique-nique, l'intervention d'une inconnue), porté par la simplicité d'un Joaquin Phoenix étonnant. Her fait ainsi mouche en développant avec intelligence et douceur un thème devenu assez classique, dont l'aspect science-fiction s'efface peu à peu pour nous livrer une certaine idée de la société actuelle et de ses dérives.

Note : 9/10


vendredi 24 janvier 2014

Don Jon


Titre : Don Jon
Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt
Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore
Date de sortie en France : 25 décembre 2013
Genre : comédie, romance

Synopsis : 
Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Avis : 
 Pour son premier film en tant que réalisateur, Joseph Gordon-Levitt (Inception, The Dark Knight rises, Looper...) choisit de se mettre en scène dans une comédie romantique. Mais une comédie romantique bien particulière puisque Jon, le héros, est accroc au porno et ne parvient pas à retrouver la même excitation dans ses - nombreuses - relations réelles. L'occasion de savourer de nombreuses scènes cocasses, où l'on assiste à la routine quotidienne du séducteur, mais aussi à ses déboires, jusqu'à sa rencontre avec Scarlett Johansson (Lost in translation, Match point).


Cette dernière est quant à elle folle de comédies romantiques à l'eau de rose. Entre les deux, le choc est donc immense, mais Gordon-Levitt s'amuse à montrer l'aspect pernicieux des deux genres de films, véhiculant deux visions erronées et fantasmées de l'amour qu'il est impossible de retrouver dans la réalité. Et c'est finalement la rencontre avec un troisième personnage, interprété par Julianne Moore (Carrie, la vengeance, Le Monde perdu : Jurassic Park) qui va permettre à Jon de mûrir.

Le film évite à merveille les pièges de la comédie romantique hollywoodienne, y ajoutant une savoureuse touche un peu trash sans pourtant tomber dans les travers de la comédie d'ados à la American pie. Et si le trait est parfois très appuyé, on s'amuse autant avec Jon qu'à ses dépens, ce personnage de méta-beauf vulgaire et pas très malin devenant peu à peu attachant tandis que la femme fatale se montre de plus en plus repoussante.

S'il n'évite pas toujours la lourdeur, Don Jon constitue donc un premier essai réussi pour Joseph Gordon-Levitt. Une comédie romantique audacieuse et fraiche qui tranche radicalement avec les films habituels du genre.

Note : 7/10

dimanche 14 avril 2013

Hitchcock


Titre : Hitchcock
Réalisateur : Sacha Gervasi
Acteurs : Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson
Date de sortie en France : 6 février 2013
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
 Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière. A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager. Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre. Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : PSYCHOSE.

Avis : 
Etrange film que ce Hitchcock : plutôt moyen, handicapé par quelques choix très discutables, on en ressort pourtant assez satisfait. Pourquoi ? Tout simplement parce que replonger dans Psychose est toujours un plaisir, au point de ne s'intéresser qu'à ce film dont les préparatifs, le tournage et les premières projections sont au centre du scénario du film de Sacha Gervasi.


Le scénariste de Le Terminal, de Steven Spielberg, va en effet avoir toutes les difficultés à nous passionner pour le quotidien du réalisateur, d'autant que beaucoup de situations semblent difficiles à imaginer, et n'apportent pas grand chose. Hitchcock est presque présenté comme un assassin en puissance, hanté par l'esprit d'Ed Gein au point de s'imaginer poignarder certaines personnes, ou d'effrayer Janet Leigh en mimant la fameuse scène de la douche. Sérieusement ?

On pourrait évoquer d'autres exemples tout aussi discutables, mais il faut bien avouer que tout ça ne présente guère d'intérêt à côté du tournage de Psychose ou même de la relation entre Hitchcock et son épouse Alma Reville. On prend ainsi un véritable plaisir à voir Anthony Hopkins (Le Silence des agneaux, Elephant Man) diriger Scarlett Johansson (Lost in translation, Avengers) dans la séquence du meurtre de Marion Crane, ou à voir Jessica Biel (Massacre à la tronçonneuse (2003), Les lois de l'attraction) découvrant la mère de Norman Bates. On regrettera néanmoins l'absence de ressemblance entre Anthony Hopkins et Alfred Hitchcock, mais on saluera l'interprétation de Helen Mirren (The Queen) dans le rôle d'Alma Reville, ou celle de James D'Arcy (Cloud Atlas) dans celui d'Anthony Perkins.

Hitchcock bénéficie donc de l'aura de Psychose et de son réalisateur pour faire oublier certains de ses défauts et devenir ainsi un sympathique film, dont l'intérêt réside presque entièrement dans les reconstitutions de la production et du tournage du chef d'oeuvre. Heureusement d'ailleurs, sinon il ne resterait pas grand chose à se mettre sous la dent, en dehors d'une introduction et d'une conclusion savoureuses.

Note : 6/10