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samedi 23 septembre 2017

Mother!


Titre : Mother!
Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris
Date de sortie en France : 13 septembre 2017
Genre : thriller

Synopsis : 
Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.  
Avis : 
Il était attendu au tournant après le très moyen Noé : Darren Aronofsky revient avec Mother! à son genre de prédilection, le thriller psychologique, en mettant en scène sa compagne Jennifer Lawrence (Hunger Games, Passengers...) et Javier Bardem (No country for old men, Skyfall) dans le rôle d'un couple habitant dans une maison perdue au milieu des bois. Un point de départ étonnant, proche de certains films d'épouvante ou d'horreur (même si la maison est loin de la petite cabane d'un Evil dead), qui sera rapidement remis en cause par l'arrivée d'un visiteur inattendu.


On pourra comprendre que le film divise, et soit même totalement rejeté par une partie des spectateurs : le film du réalisateur de Black swan ne ressemble à aucune autre grosse production, et pourra fatalement surprendre les fans de l'actrice principale, plus habitués à des films bien lisses et bien structurés, qu'au cauchemar complètement fou que nous a réservé Aronofsky. Car ce dernier va nous emmener très loin dans la folie, faisant d'abord naître un climat anxiogène d'une situation assez banale avant de s'envoler crescendo vers une explosion de thèmes, d'images, de bruits et de fureur dans une dernière partie infernale.

Le film brouille les pistes, nous sert du Polanski ou du mythe de Faust avant de nous aiguiller des thèmes allant de la création artistique à... la Création biblique. On ressort lessivé, proche de l'indigestion face à cet enchaînement - pourtant cohérent - d'idées, dans lequel Bardem est impeccable dans le rôle de cet auteur charismatique auquel on ne peut rien refuser, et dans lequel Lawrence trouve peut-être son meilleur rôle. Aronofsky joue avec nos nerfs, reprend ses gimmicks de réalisation désormais bien connus pour faire naître la tension, pour renforcer le sentiment de désespoir et d'impuissance qui habite la jeune femme pendant une bonne partie du film, et nous offre quelques séquences à couper le souffle.

Avec Mother!, Aronofsky revient en très grande forme, et nous offre une véritable expérience cinématographique telle qu'on n'en voit que trop rarement sur grand écran. Une oeuvre qui ouvre la voie à des multiples interprétations, et à laquelle on pense encore longuement après le générique, avec la volonté de remettre en ordre les pièces du puzzle qui vient de nous exploser au visage. Sans aucun doute un des films de l'année !

Note : 9/10


vendredi 3 juin 2016

X Men : Apocalypse


Titre : X Men : Apocalypse
Réalisateur : Brian Singer
Acteurs : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence
Date de sortie en France : 18 mai 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale.

Avis : 
Troisième volet de cette nouvelle saga X-Men, Apocalypse arrive un peu après la bataille. En effet, après Captain America : Civil war et Batman v Superman, sortis ces dernières semaines, nous infliger un nouveau film de super héros, avec un nouvel affrontement entre deux groupes opposés n'est pas le meilleur moyen de nous passionner, sauf si le film est une franche réussite. Hélas, le film de Bryan Singer en est très, très loin.


Entre un nouveau super vilain raté (j'aime beaucoup Oscar Le Réveil de la Force, Ex_machina Isaac, mais le costume ridicule et l'aspect messie de pacotille, franchement...), des enjeux flous (quoi ? la fin de l'humanité ? encore ?), des soucis de cohérence (En Sabah Nur veut regrouper les meilleurs mutants, mais ne s'entoure que de tocards, à l'exception de Magneto), une grosse impression de déjà-vu (Quicksilver refait la même scène que dans Days of future past), un visuel souvent laid (les manipulations magnétiques de Magneto), séquences prévisibles (oui, vous verrez Wolverine et oui, vous le verrez venir de loin) et l'impression finale que rien n'a avancé d'un pouce et qu'on a un peu été pris pour des cons, Apocalypse rassemble tout ce qui peut rendre un blockbuster insupportable.

Même les éléments qui avaient pu rendre sympathiques les deux volets précédents ont disparu : l'humour tombe à plat, les états d'âme de Magneto ne nous touchent plus, on ne rapproche plus les éléments du film d'événements historiques réels. En clair, on se fout un peu de ce qu'il se passe, puisque rien ne s'inscrit dans l'univers cinématographique - ou historique - que l'on connaît. On pourra à peine se rejeter sur certaines scènes d'action, comme l'arrivée de Quicksilver à l'école des mutants, efficace bien qu'un peu longue.


En gros, la seule chose que vous apprendrez, c'est pourquoi le professeur Xavier a perdu ses cheveux. Pour le reste, à l'exception du duo McAvoy - Fassbender, cette nouvelle génération manque cruellement de présence : Sophie Turner (Game of thrones) n'arrive pas à la cheville de Famke Janssen, Alexandra Shipp (NWA - Straight outta Compton) ne fait à aucune seconde oublier Halle Berry, et même Kodi Smit-McPhee dans le rôle de Nightcrawler et Tye Sheridan (Mud) dans celui de Cyclope font pâle figure à côté de leurs aînés pourtant déjà fades...

Après X-Men 3, après les deux Wolverine (X-Men origins et Le Destin de l'Immortel), voilà un nouveau raté de belle ampleur pour la saga X-Men au cinéma. Convenu, moche, sans ambition, le film de Brian Singer cumule tous les défauts possibles, pour un film d'action mou du genou. C'est bien la dernière fois qu'on me prendra à aller voir ça en salles...

Note : 3/10




dimanche 29 novembre 2015

Hunger Games : la révolte - partie 2


Titre : Hunger Games : la révolte - partie 2 (Hunger Games : mockingjay - part 2)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 18 novembre 2015
Genre : action, drame

Synopsis : 
Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Avis : 
Ultime épisode de la saga, Hunger Games : la révolte - 2 vient enfin nous offrir le dénouement tant attendu. Enfin, "attendu", surtout parce qu'il a été différé pour une raison purement économique (les deux épisodes auraient facilement pu tenir en un seul), car en voyant les trois épisodes, tous plus mauvais que les précédents, on avait surtout hâte de voir la tétralogie se terminer.


On reprend donc exactement là où l'épisode 3 nous avait laissés : Peeta vient d'essayer de tuer Katniss, après avoir été conditionné par les grands méchants, les districts se sont rebellés contre Snow. Dans ce dernier épisode, la jeune femme va, entre deux couinements et deux hésitations sur le mec qu'elle doit se taper à la fin, s'introduire dans la capitale pour tuer le président. Evidemment, ce ne sera pas une promenade de santé : la ville est pleine de pièges (heureusement, ils s'arrêtent toujours juste à temps pour épargner les héros), les souterrains remplis de mutants, et les seconds rôles sont condamnés à périr dans l'indifférence la plus totale.

Comme pour les épisodes précédents, Hunger Games 4 nous offre la promesse de thèmes intéressants et matures, mais comme pour les épisodes précédents, va préférer saborder tout ça pour se contenter d'un développement minimaliste, évacuant chaque problématique d'un revers de main, à l'image d'un final s'ouvrant sur une scène formidable aux portes du palais de Snow pour se conclure de la façon la plus impersonnelle possible. Une dernière partie qui résume finalement assez bien la saga : on entrevoit ce qu'il y a de meilleur, mais on reste en surface au profit de thématiques plus adolescentes...

Hunger games 4 est donc moins bien que le 3, qui était moins bien que le 2, qui était moins bien que le 1, qui était déjà pas terrible. Une saga qu'on aura aucun mal à oublier, même si l'interprétation grotesque d'une Jennifer Lawrence toute en exagération risque de marquer les esprits...

Note : 2/10


samedi 29 novembre 2014

Hunger Games : la révolte - partie 1


Titre : Hunger Games : la révolte - partie 1 (The Hunger Games - mockingjay : part 1)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 19 novembre 2014
Genre : action, drame

Synopsis : 
Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir.

Avis : 
C'est devenu la mode : afin d'engranger le plus possible d'argent, les sagas pour adolescents se terminent désormais par un double épisode, deux films destinés à scinder le dernier livre d'une série en deux : on a ainsi eu Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 et Partie 2, Twilight : Révélation chapitre 1 et 2 et donc désormais Hunger Games : la révolte. Et à l'exception des aventures du sorcier à lunettes, on ne peut pas vraiment dire que ce soit justifié. Après deux heures de vide, il faut en effet se poser la question : pourquoi diviser en deux une oeuvre dont la première partie aurait pu être torchée en 30 minutes ? Le remplissage est ici flagrant, les scénaristes parfaitement conscients de l'obligation d'étirer au maximum une intrigue sans temps fort, usant au maximum la corde jusqu'à nous laisser remarquer la stupidité formidable du film.


Car après un Hunger Games puis un HG : l'embrasement déjà très moyens, la saga passe un cap : celui du mode d'emploi de la rébellion pour adolescent(e) neuneu. D'un côté, les gentils, très gentils, qui chantent et s'apitoient sur les faibles, qui n'hésitent pas à se sacrifier par dizaines juste parce qu'ils ont vu une photo leur donnant la foi (apparemment, la propagande tant critiquée tant les deux premiers volets n'est pas bien grave quand c'est au profit des gentils, curieux !) ; de l'autre, les méchants, qui torturent des innocents, massacrent les faibles et passent la journée à comploter en sirotant des tisanes dans des habits d'apparat. Horrible !

Jennifer Lawrence gaspille donc une nouvelle fois son talent en incarnant une héroïne amorphe, qu'il est difficile de concevoir comme l'inspiratrice d'un soulèvement. Elle n'incarne rien, ne dégage rien, sinon le charme tranquille d'un bovin, et passe son temps à chouiner et à bouder. Et si elle semble parfois au-dessus de la mêlée, c'est sans doute parce que le casting qui l'entoure a sans doute été volontairement composé d'acteurs sans aucun charisme (Josh Hutcherson, incroyablement fade) ou réduits à se ridiculiser en cabotinant le plus possible (Donald Sutherland, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Woody Harrelson...).

Ajoutez à tout cela des décors incroyablement cheaps, et l'impression constante que le film a été écrit par une jeune fille en pleine crise d'adolescence, et on n'a cette fois plus une oeuvre moyenne : on a le plus mauvais Hunger Games de la saga, et tout simplement une de ces inepties balourdes et idiotes qui prend le public pour un troupeau de cons... et on pourra difficilement lui donner tort, vu les chiffres du box office...

Note : 2,5/10


dimanche 22 juin 2014

X Men : days of future past


Titre : X Men : days of future past
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

Avis : 
Après avoir réalisé les deux premiers volets de la saga, Bryan Singer revient à la réalisation pour ce X Men : days of future past destiné à faire le lien entre anciens et nouveaux épisodes, mais aussi à faire oublier un X Men : l'affrontement final qui, non content d'être très moyen, sacrifiait plusieurs personnages centraux. L'occasion ici de retrouver quelques mutants des premiers films, comme Tornade (Halle Berry), Kitty Pride (Ellen Page) ou Iceman, mais surtout les versions âgées du Professeur Xavier (Patrick Stewart) et de Magneto (Ian McKellen).


Dans les faits, cette réunion est surtout réalisée par le biais du personnage de Wolverine, qui aura l'occasion de retourner dans le passé avant de changer le futur. Sans réelle répercussion entre les deux époques, à l'exception du classique final où la situation dans le passé se dénoue à quelques instants du drame du futur, l'aventure de Logan va s'inscrire dans le prolongement de X Men : le commencement (minus quelques personnages, "décédés" entre les deux films) en mêlant les mutants à des événements de l'époque comme l'assassinat de JFK ou la guerre du Viêt Nam.

Si l'on excepte les incohérences obligatoires qu'entraîne ce genre de scénario, notamment avec la trilogie de base, et si l'on est pas trop regardant sur un futur bâclé, on passera un excellent moment dans ce X Men, qui multiplie les scènes spectaculaires et tire entièrement partie des pouvoirs de ses personnages (Vif-Argent et Magneto étant ainsi particulièrement mis en avant). Le tout avec la petite touche d'humour récurrente dans la saga (les répliques de Wolverine font souvent mouche) et des effets spéciaux impeccables.

Après les décevants derniers épisodes d'autres sagas (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, The Amazing Spider-man : le destin d'un héros), X Men : days of future past nous permet enfin de retrouver des super-héros au sommet de leur forme. Spectaculaire et divertissant, le film de Bryan Singer (Jack le chasseur de géants) en arrive presque à faire oublier ses gros défauts et ses frustrations pour s'imposer comme un des blockbusters de cette année.

Note : 7/10


mercredi 5 février 2014

American bluff


Titre : American bluff (American hustle)
Réalisateur : David O. Russell
Acteurs : Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams
Date de sortie en France : 5 février 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Avis : 
 Nouveau film réalisé par David O. Russell, American bluff s'inspire de l'affaire Abscam, une opération de la fin des années 1970 dans laquelle des escrocs se sont alliés au FBI pour déterminer l’identité d'hommes politiques aux agissements douteux. Pour l'occasion, le réalisateur regroupe de nombreux acteurs de ses deux précédents films : Bradley Cooper (Very bad trip), Jennifer Lawrence (Hunger games : l'embrasement) et Robert DeNiro (Malavita) avaient joué dans Happiness therapy ; Christian Bale (Les Brasiers de la colère), Amy Adams (The Master) dans Fighter.


Le film nous plonge donc dans les années 70, parfaitement reconstituée, dans cette histoire d'escrocs contraints de s'associer au FBI pour ne pas finir en prison. Magouilles, trahisons, complots sont donc au menu, dans cette histoire qui va rapidement dépasser les protagonistes, qui ont être confrontés à de puissants hommes politiques et à la mafia. Cela donne un scénario assez décousu, assez décomplexé, mais qui tourne également un peu en rond au fil des retournements de situation.

Ainsi, même si le casting est impeccable et campe des personnages réjouissants, on finit par se perdre un peu, entre les rebondissements prévisibles et les passages qui semblent parfois tomber un peu du ciel. Cela devient un véritable défaut au regard de la durée du film, plus de 2 heures, pendant lesquelles on décroche souvent sans avoir vraiment l'impression de louper quelque chose.

Après Happiness therapy et Fighter, David O. Russell déçoit un peu avec cet American bluff, qui compte néanmoins 10 nominations aux prochains Oscars. Et c'est peut-être là la plus grande escroquerie d'un film qui, s'il n'est pas désagréable, n'en méritait clairement pas tant !

Note : 6,5/10


lundi 16 décembre 2013

Hunger Games : l'embrasement


Titre : Hunger Games : l'embrasement (The Hunger Games - Catching Fire)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 27 novembre 2013
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark. Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Avis : 
Après un premier volet très moyen, la saga Hunger Games revient...et reprend exactement les mêmes ingrédients : une première partie doucement cynique, et une seconde partie plus portée sur l'action. Cette fois, Katniss et Peeta ne sont plus de simples candidats devant séduire des sponsors avant leur entrée dans les Hunger Games : en tant que vainqueurs de l'édition précédente, ils doivent néanmoins continuer à donner le change, à jouer le jeu des médias, à se fondre dans le moule destiné à promouvoir le Capitole. Mais rapidement, le caractère insoumis de la jeune femme va déranger cette mécanique bien huilée, et entraîner dans son sillage les prémices d'une révolution...


Globalement, on retrouve donc cette même hypocrisie constante, ce même règne du paraître et cette même propagande que l'on retrouvait dans la première partie du premier volet. A ceci près que, cette fois, les dirigeants de Panem et leurs conseillers semblent vouloir battre des records d'idiotie, ou souhaiter voir effectivement démarrer une guerre : prenant les pires décisions possibles (renvoyer les ancients vainqueurs aux Hunger Games, sérieusement ?), incapables de gérer le moindre écart, le Président Snow et son encourage font tout pour que ça pète.

Hélas, nous ne verrons que les premières étincelles de cette révolte, très cinématographique, dont on n'aura rapidement, comme Katniss, que des nouvelles rapportées. Car le film nous replonge dans le Hunger Game pour sa seconde partie, toujours aussi loupée. Vaguement incohérente (les organisateurs espèrent faire survivre la jeune rebelle, mais lui envoient tous les dangers dans la tronche), elle fait de nouveau la part belle aux ficelles scénaristiques, aux bons sentiments, aux personnages secondaires inexistants et à la violence édulcorée. 

Hunger Games : l'embrasement suit donc parfaitement les rails mis en place par le premier volet, reprenant la même structure en l'adaptant à peine à de nouvelles thématiques bien trop effleurées. Au-delà d'une symbolique simpliste et parfois envahissante (le geais moqueur, la robe qui se transforme), le film ne va jamais bien loin dans ce qu'il entend critiquer, mais donne l'impression que ça va, enfin, se décanter...après la dernière image, qui donnerait presque envie de voir la suite, ne serait-ce que pour savoir si Jennifer Lawrence va toujours en faire des tonnes quand il s'agit de pleurer...

Note : 5/10


jeudi 7 mars 2013

Happiness Therapy


Titre : Happiness Therapy (Silver Linings Playbook)
Réalisateur : David O. Russell
Acteurs : Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro
Date de sortie en France : 30 janvier 2013
Genre : comédie romantique

Synopsis : 
La vie réserve parfois quelques surprises…Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives. 

Avis : 
Après l'excellent Fighter, David O. Russell revient sur le thème de la famille américaine et de ses dysfonctionnements. Si Pat, sujet à de violentes crises depuis qu'il a surpris sa femme avec son amant, et de retour de l'hôpital psychiatrique, attire les regards de tous, il n'est que la partie visible de l'iceberg. Coincé entre un père maladivement superstitieux et une mère effacée, fréquentant un ami apparemment incapable de gérer sa vie de couple, il est en plus incapable de faire le deuil de la relation avec son ex-femme. L'unique personne qui semble pouvoir le comprendre, c'est Tiffany.


Veuve, récemment virée de son boulot pour avoir couché avec tous ses collègues, elle partage avec Pat une connaissance pointue des antidépresseurs et un flagrant manque de tact. Leurs échanges seront ainsi le l'occasion d'assister à des dialogues particulièrement inspirés,suscitant le malaise de leur entourage pour quelques scènes hilarantes (leur première rencontre est tout simplement magique). Le film prend grâce à la personnalité de ses personnages le contre-pied des clichés de la comédie romantique, s'en amusant brillamment.

Emmené par l'alchimie entre les deux acteurs, l'étonnant Bradley Cooper (Very Bad Trip) et Jennifer Lawrence qui confirme, après Winter's Bone, que les superproductions hollywoodiennes (X-Men : le commencement ou Hunger Games) n'ont pas altéré son talent, le couple de dépressifs constitue l'un des gros points forts du film. Ils passent de façon crédible de la complicité à la pire animosité, et deviennent rapidement attachants, leur instabilité mentale apportant une vraie fraîcheur à l'ensemble. Les personnages secondaires sont également très réussis, du père de famille aux multiples gri-gri à l'ami trouvant toujours de nouveaux moyens pour s'évader de l'hôpital psychiatrique (Chris Tucker, hilarant !).

Si le scénario n'apportera guère de surprises, Happiness Therapy constitue une excellente comédie romantique, grâce à un couple étonnant et une savoureuse pointe de cynisme. Un véritable plaisir, équilibre parfait entre humour et émotion, devant lequel je ne pensais pas m'amuser autant !

Note : 7,5/10


mardi 10 avril 2012

Hunger Games


Titre : Hunger Games (The Hunger Games)
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 21 mai 2012
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Avis :
«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé Battle Royale, ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec Marche ou crève de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...

Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...


Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer Winter’s Bone Lawrence, également vue dans X-Men : le commencement ou House at the end of the street, méritait quand même mieux que ça...

On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Stanley Tucci (Lovely Bones), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman (Esther), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...

Ajoutez donc une grosse pincée de Twilight dans votre Battle Royale, faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre Hunger Games. Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...

Note : 5,5/10