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lundi 14 août 2017

Alien : Covenant


Titre : Alien : Covenant
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup
Date de sortie en France : 10 mai 2017
Genre : science-fiction

Synopsis :
Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Avis :
Après avoir donné naissance à l'une des plus formidable sagas du cinéma, qui mieux que son propre créateur pouvait la massacrer ? C'est un peu la question que l'on peut se poser en sortant d'Alien : Covenant, suite sans intérêt d'une préquelle déjà infiniment inférieure à l'oeuvre de base. Félicitations, M. Ridley Scott, vous venez de réaliser le pire épisode mettant en scène des xénomorphes. Oui, oui, même en incluant les deux Alien vs Predator.


Covenant, c'est tout d'abord le film symptomatique de scénaristes sans idées, et qui se contentent de reprendre ça et là des éléments entiers d'autres films (tiens, un message radio provenant d'une planète inconnue…), sans les lier entre eux ou chercher à instaurer une cohérence avec le reste de l'univers qu'il est pourtant censé enrichir. Résultat : un film brouillon, constitué d'une juxtaposition de séquences indépendantes, ressemblant de très loin à un film Alien. Si la volonté de s'écarter des éternels couloirs sombres, des espaces confinés, de l'ambiance poisseuse typiques de la saga n'est pas nécessairement une mauvaise idée, remplacer ces éléments par du vide est plus discutable. Car Covenant n'a pas grand-chose à offrir, en dehors de quelques scènes sanglantes.

Il faut dire qu'entre un enjeu éventé, une absence totale de surprise et des personnages totalement ratés, Ridley Scott ne donne pas l'impression de s'intéresser à son film. Il se contente d'aligner les clichés les plus éculés (tout le monde est en couple, on fait plusieurs groupes, on retire tranquillement son scaphandre sur une planète dont on ne connaît rien), et oublie de développer ses personnages prétextes. Seule la nouvelle Ripley, que l'on repère après 30 secondes de film, fait l'objet d'un semblant de caractérisation. C'est bien pauvre. Enfin, histoire de charger la mule au maximum, il refuse catégoriquement d'installer une ambiance (même Prometheus, avec ses corridors sombres et étroits, y parvenait par moments) ou de nous faire peur.

Alien : Covenant est un mauvais film d'aventures, vaguement situé dans la saga Alien à laquelle il n'apporte rien, sinon des explications sans queue ni tête à des éléments qui gagnaient jusque là à rester mystérieux. A tout vouloir nous montrer et nous expliquer, Scott dénature totalement une saga basée sur la peur de l'inconnu et de l'étranger, et la réduit à un vulgaire film de monstre sous-alien des années 80. Triste...

Note : 3/10

mercredi 18 janvier 2017

Assassin's creed


Titre : Assassin's creed
Réalisateur : Justin Kurzel
Acteurs : Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons
Date de sortie en France : 21 décembre 2016
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne du XVe siècle. Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers.

Avis : 
S'il existe une malédiction liée aux adaptations de jeux vidéo (j'en reparlerai sans doute très rapidement, avec la sortie prochaine du dernier volet de Resident Evil), Assassin's Creed semblait devoir être l'Elu, celui qui devait enfin réconcilier les deux médias. Les signaux semblaient en effet être au vert, notamment en raison de l'implication très précoce de Michael Fassbender (12 years a slave, Steve Jobs). Mais voilà, quand le matériau de base consiste en une série de jeux dont les mécanismes sont usés jusqu'à la corde et qui ne brille plus depuis longtemps par son scénario, on ne peut clairement pas faire de miracles...



Assassin's Creed est donc l'adaptation de la saga vidéoludique du même nom, dans laquelle des personnages sont amenés à revivre certains épisodes de la vie de leurs ancêtres. Les différents jeux nous proposent ainsi de visiter de nombreux lieux remarquables, de la Terre Sainte au temps des Croisades à Londres en pleine Révolution Industrielle, en passant par l'Italie de la Renaissance ou le Nouveau Monde au seuil de la Révolution Américaine. Le film nous fera quant à lui découvrir une nouvelle destination, nous plongeant au temps de l'Inquisition espagnole, à l'époque où Aguilar, l'ancêtre de Callum Lynch, poursuit l'éternel combat entre les Assassins et les Templiers.

Pour les joueurs, rien de bien nouveau, d'autant que le film suit, globalement, les traces du premier jeu sorti en 2007. Pour les néophytes, il faudra certainement s'accrocher un peu plus : apparemment convaincus que tout le monde connaît les jeux sur le bout des doigts, les scénaristes ne tentent à aucun moment d'éclaircir le principe de l'Animus, ni même de développer de quelconques enjeux, ni encore moins de donner un peu de substances à des personnages terriblement lisses.



Si Ubisoft ne fait ainsi rien pour intéresser spectateur lamdba, qui trouvera sans doute l'ensemble bien linéaire, il va en revanche tenter de ferrer le joueur à l'aide d'innombrables références et clins d'oeil, reprenant les éléments visuels et narratifs des jeux. Hélas, il va lamentablement se vautrer sur l'un des points les plus remarquables de la série : les acrobaties. Dans les jeux, chaque poursuite sur un toit, chaque saut de la foi, chaque mur escaladé est un moment spectaculaire, notamment grâce à la fluidité des mouvements et de la réalisation. Dans le film, ce sera une torture de chaque instant, rendue illisible par un montage bien trop rapide.

Justin Kurzel peut bien essayer de donner le change avec cet aigle qui survole des décors numériques à plusieurs reprises : sa réalisation ne rend absolument pas hommage à l'univers qu'il tente d'adapter. Face à un tel fiasco, on espère que la suite annoncée par les derniers instants du film ne verra pas le jour...

Note : 3/10


vendredi 3 juin 2016

X Men : Apocalypse


Titre : X Men : Apocalypse
Réalisateur : Brian Singer
Acteurs : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence
Date de sortie en France : 18 mai 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale.

Avis : 
Troisième volet de cette nouvelle saga X-Men, Apocalypse arrive un peu après la bataille. En effet, après Captain America : Civil war et Batman v Superman, sortis ces dernières semaines, nous infliger un nouveau film de super héros, avec un nouvel affrontement entre deux groupes opposés n'est pas le meilleur moyen de nous passionner, sauf si le film est une franche réussite. Hélas, le film de Bryan Singer en est très, très loin.


Entre un nouveau super vilain raté (j'aime beaucoup Oscar Le Réveil de la Force, Ex_machina Isaac, mais le costume ridicule et l'aspect messie de pacotille, franchement...), des enjeux flous (quoi ? la fin de l'humanité ? encore ?), des soucis de cohérence (En Sabah Nur veut regrouper les meilleurs mutants, mais ne s'entoure que de tocards, à l'exception de Magneto), une grosse impression de déjà-vu (Quicksilver refait la même scène que dans Days of future past), un visuel souvent laid (les manipulations magnétiques de Magneto), séquences prévisibles (oui, vous verrez Wolverine et oui, vous le verrez venir de loin) et l'impression finale que rien n'a avancé d'un pouce et qu'on a un peu été pris pour des cons, Apocalypse rassemble tout ce qui peut rendre un blockbuster insupportable.

Même les éléments qui avaient pu rendre sympathiques les deux volets précédents ont disparu : l'humour tombe à plat, les états d'âme de Magneto ne nous touchent plus, on ne rapproche plus les éléments du film d'événements historiques réels. En clair, on se fout un peu de ce qu'il se passe, puisque rien ne s'inscrit dans l'univers cinématographique - ou historique - que l'on connaît. On pourra à peine se rejeter sur certaines scènes d'action, comme l'arrivée de Quicksilver à l'école des mutants, efficace bien qu'un peu longue.


En gros, la seule chose que vous apprendrez, c'est pourquoi le professeur Xavier a perdu ses cheveux. Pour le reste, à l'exception du duo McAvoy - Fassbender, cette nouvelle génération manque cruellement de présence : Sophie Turner (Game of thrones) n'arrive pas à la cheville de Famke Janssen, Alexandra Shipp (NWA - Straight outta Compton) ne fait à aucune seconde oublier Halle Berry, et même Kodi Smit-McPhee dans le rôle de Nightcrawler et Tye Sheridan (Mud) dans celui de Cyclope font pâle figure à côté de leurs aînés pourtant déjà fades...

Après X-Men 3, après les deux Wolverine (X-Men origins et Le Destin de l'Immortel), voilà un nouveau raté de belle ampleur pour la saga X-Men au cinéma. Convenu, moche, sans ambition, le film de Brian Singer cumule tous les défauts possibles, pour un film d'action mou du genou. C'est bien la dernière fois qu'on me prendra à aller voir ça en salles...

Note : 3/10




samedi 20 février 2016

Steve Jobs


Titre : Steve Jobs
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Date de sortie en France : 3 février 2016
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Avis : 
Alors que sa vie a déjà fait l'objet d'un film en 2013 (Jobs, avec Ashton Kutcher), Steve Jobs se retrouve une nouvelle fois dans les salles de cinéma en ce début 2016 pour un nouveau projet biographique, réalisé cette fois par Danny Boyle (Trainspotting, Trance). Adapté du livre éponyme de Walter Isaacson, et scénarisé par Aaron Sorkin (à qui l'on doit également les scenarii des formidables Social Network et Le Stratège), Steve Jobs va adopter une structure bien particulière, en revenant sur les minutes précédant les lancements du Macintosh, du NeXT Computer et de l'iMac.


Le film imagine ainsi, en temps réels, les échanges entre Jobs et ses proches (sa responsable marketing, ses anciens associés, sa fille), mais aussi la préparation minutieuse de chacune de ces conférences, où tout doit être réglé au millimètre et à la seconde près, jusqu'à l'éclairage ou la tenue vestimentaire... et sans aucun droit à l'erreur. Dans le rôle titre, Michael Fassbender (12 years a slave, Prometheus) interprète un homme ne tolérant aucun échec, aussi pointilleux que tyrannique, aussi visionnaire qu'antipathique. Un personnage complexe donc, que l'on se surprend à apprécier lors des rares séquences où l'armure se fend, même quand il se comporte comme le pire salaud avec Joanna Hoffman et Steve Wozniak (impeccables Kate Winslet et Steve Rogen).

Boyle donne par ailleurs à l'ensemble des airs d'opéra (un aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans la bande musicale), déplaçant sa caméra et ses personnages comme au milieu d'un ballet et insufflant une énergie étonnante à un film pourtant uniquement composé de dialogues entre les protagonistes. Chaque rencontre devient une séquence forte, chaque présentation face au public traduit parfaitement l'ambiance impatiente qu'il y régnait.

Danny Boyle nous offre donc un biopic bien particulier avec son Steve Jobs, qui retranscrit à merveille le caractère du personnage, mais aussi la tension des minutes précédant les conférences. Une réussite, bien plus convaincante que le Jobs de Joshua Michael Stern.

Note : 9/10


dimanche 22 juin 2014

X Men : days of future past


Titre : X Men : days of future past
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

Avis : 
Après avoir réalisé les deux premiers volets de la saga, Bryan Singer revient à la réalisation pour ce X Men : days of future past destiné à faire le lien entre anciens et nouveaux épisodes, mais aussi à faire oublier un X Men : l'affrontement final qui, non content d'être très moyen, sacrifiait plusieurs personnages centraux. L'occasion ici de retrouver quelques mutants des premiers films, comme Tornade (Halle Berry), Kitty Pride (Ellen Page) ou Iceman, mais surtout les versions âgées du Professeur Xavier (Patrick Stewart) et de Magneto (Ian McKellen).


Dans les faits, cette réunion est surtout réalisée par le biais du personnage de Wolverine, qui aura l'occasion de retourner dans le passé avant de changer le futur. Sans réelle répercussion entre les deux époques, à l'exception du classique final où la situation dans le passé se dénoue à quelques instants du drame du futur, l'aventure de Logan va s'inscrire dans le prolongement de X Men : le commencement (minus quelques personnages, "décédés" entre les deux films) en mêlant les mutants à des événements de l'époque comme l'assassinat de JFK ou la guerre du Viêt Nam.

Si l'on excepte les incohérences obligatoires qu'entraîne ce genre de scénario, notamment avec la trilogie de base, et si l'on est pas trop regardant sur un futur bâclé, on passera un excellent moment dans ce X Men, qui multiplie les scènes spectaculaires et tire entièrement partie des pouvoirs de ses personnages (Vif-Argent et Magneto étant ainsi particulièrement mis en avant). Le tout avec la petite touche d'humour récurrente dans la saga (les répliques de Wolverine font souvent mouche) et des effets spéciaux impeccables.

Après les décevants derniers épisodes d'autres sagas (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, The Amazing Spider-man : le destin d'un héros), X Men : days of future past nous permet enfin de retrouver des super-héros au sommet de leur forme. Spectaculaire et divertissant, le film de Bryan Singer (Jack le chasseur de géants) en arrive presque à faire oublier ses gros défauts et ses frustrations pour s'imposer comme un des blockbusters de cette année.

Note : 7/10


vendredi 4 avril 2014

Prometheus


Titre : Prometheus
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Noomi Rapace, Charlize Theron
Date de sortie en France : 30 mai 2012
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend. 

Avis : 
Attendue pendant de très nombreuses années, la préquelle d'Alien, le huitième passager par son propre réalisateur, n'a finalement pas vu le jour. A la place, Ridley Scott va nous livrer Prometheus, une oeuvre nouvelle se déroulant dans le même univers scénaristique que la célèbre saga, et nous propose ainsi de découvrir les origines des xénomorphes, du space-jockey et même de l'humanité.


Très attendu donc, le film va forcément décevoir les fans d'Alien. Malgré le talent de Scott pour faire naître une certaine tension dans ces corridors étroits et sombres, à créer une atmosphère poisseuse, Prometheus va surtout pécher par son scénario, très linéaire (on va multiplier les allers-retours entre le vaisseau et le bâtiment inconnu), sans grande surprise, et ses personnages, particulièrement lisses. Malgré des interprètes au talent indéniable (Fassbender, Rapace, Theron...), leurs destins nous sont totalement indifférents.

Aucun suspense, très peu de frissons, et l'impression tenace d'être devant une relecture de certains éléments de la saga Alien plutôt que devant une oeuvre originale. Noomi Rapace n'est finalement qu'une sous-Sigourney Weaver, perdue au milieu de faire-valoir et d'un androïde prêt à tout pour découvrir l'étrange forme de vie. Le film reste néanmoins divertissant, avec des scènes d'exploration et des scènes d'action plutôt réussies, un rythme élevé et un aspect rentre-dedans qui n'est pas déplaisant.

On pourra toujours se demander ce qu'aurait donné une préquelle à Alien, ou un film de science-fiction plus nettement éloigné de l'univers de la tétralogie. Forcément décevant, Prometheus n'est finalement qu'un bon blockbuster au visuel soigné, faisant la part belle à l'action au détriment du scénario et des personnages. Ni désagréable, ni mémorable, juste divertissant finalement...

Note : 6,5/10


samedi 8 mars 2014

300


Titre : 300
Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Gerard Butler, Rodrigo Santoro, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mars 2007
Genre : péplum, historique

Synopsis : 
La Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie. 

Avis : 
Adapté du "roman graphique" (une expression bien pompeuse et à la mode pour qualifier une simple bande-dessinée) de Frank Miller, 300 relate donc la célèbre bataille des Thermopyles, opposant l'immense armée de Xerxès Ier à 300 soldats spartiates (et leurs alliés, dont on se fout ici). Réalisé par Zack Snyder, alors connu pour son remake efficace de Zombie, L'Armée des morts, le film reprend un visuel semblable à celui qu'avait utilisé Robert Rodriguez pour Sin City.


Une orientation artistique qui est ici complètement loupée. En effet, en abusant des effets de style, des ralentis, accélérations, arrêts sur image sans grand intérêt aux plans-séquences grotesques, du recours systématique au numérique, 300 finit par ressembler à une production fauchée, pompeuse et tout simplement très laide. Mais ce ne sera pas l'unique défaut : le film de Zack Snyder va également sombrer dans le ridicule à cause d'un scénario digne d'un enfant jouant avec ses figurines, dialogues puérils et glorification du sacrifice à l'appui.

Hurlées avec une conviction effrayant par le faciès déformé de Gerard Butler (La Chute de la Maison Blanche), les répliques font vraiment sourire par leur bêtise sans limite, leur va-t-en guerre primitif et leurs valeurs sur lesquelles on préfèrera ne pas trop s'attarder, le sous-texte du film étant particulièrement nauséabond. Tout juste soulignerai-je cette espèce de fantasme spartiate, peuple courageux au physique avantageux, très loin de la laideur de leurs ennemis, de ceux qui s'opposent à leur combat, ou même de l'homosexualité pédophile de ces philosophes d'athéniens. Le comble revient à Xerxès, vaguement décrit comme un travesti de base, entre voix grave, maquillage, épilation et bijouterie ostentatoire.

Bref, 300 est le plus mauvais film à ce jour de Zack Snyder. Une espèce de bouillie numérique indigeste, qui déverse à l'écran un flot ininterrompu de laideurs et de conneries, et dont les rares passages mémorables sont noyés dans une masse insupportable. Et le pire, c'est qu'avec son succès public, le film a vu une suite débarquer sur nos écrans : 300, la naissance d'un Empire. Oh oui, j'en reparlerai sans doute sur ce blog...

Note : 2/10


lundi 3 mars 2014

12 years a slave


Titre : 12 years a slave
Réalisateur : Steve McQueen
Acteurs : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong'o
Date de sortie en France : 22 janvier 2014
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.

Avis : 
12 years a slave est l'adaptation, à partir de ses propres mémoires, de l'histoire étonnante de Solomon Northup, afro-américain libre enlevé puis vendu comme esclave, et exploité par plusieurs propriétaires pendant 12 ans, avant d'être délivré en 1853. Un thème fort donc, celui de l'esclavage, qui n'a pas toujours donné d'heureux résultats (on pense notamment à Amistad de Steven Spielberg) mais qui, entre les mains de Steve McQueen (Hunger, Shame) va donner un film d'une infinie puissance.


Porté par l'interprétation formidable de Chiwetel Ejiofor (2012, American gangster), le film nous plonge donc dans l'horreur des champs de coton, où les esclaves dépendent entièrement du bon vouloir de leurs maîtres : si certains ne semblent pas si mauvais, même s'ils les considèrent comme une banale marchandise, d'autres se révèlent particulièrement cruels et sadiques, n'hésitant pas à les battre quotidiennement ou à violer les femmes.

On assiste ainsi à des passages terribles, comme ces coups de fouet ou cette interminable scène de pendaison, dont l'impact est d'autant plus grand que McQueen choisit de les montrer de façon crue, sans artifice, sans chercher à nous tirer des larmes, sans chercher à appuyer sur certains passages dont l'aspect presque anecdotique vaut toutes les mises en scènes grandiloquentes du monde. Car là où l'on aurait pu se retrouver devant un horrible mélodrame, on est scotché par un film d'une intensité dramatique exceptionnelle, dont l'efficacité est totale et dont les injustices permanentes nous scandalisent et nous font réfléchir.

Finalement, le seul reproche que l'on pourrait faire au film serait de ne jamais donner l'impression que so histoire se déroule sur 12 ans. Un léger défaut, qui enlève sans doute un peu à l'horreur du destin de Solomon Northup et à l'impact des derniers instants. Cela n'empêche pas 12 years a slave d'être un véritable coup de poing, porté en outre par des acteurs époustouflants (outre Ejiofor, Michael Fassbender et Lupita Nyong'o sont excellents).

Note : 9/10


mardi 11 février 2014

Cartel


Titre : Cartel (The Counselor)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Javier Bardem, Cameron Diaz...
Date de sortie en France : 13 novembre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Avis : 
 Scénarisé par Cormac McCarthy, auteur notamment des romans No country for old men et La Route, et réalisé par Ridley Scott, Cartel nous plonge dans le monde du trafic de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Nous allons ainsi suivre Michael Fassbender, pour sa deuxième collaboration avec Scott après Prometheus, rapidement confronté à la cruelle réalité d'un cartel tout-puissant ne pardonnant aucune erreur, même hypothétique.


Avec un tel sujet et un tel casting - aux côtés de Fassbender, on retrouve quand même Javier Bardem (No country for old men, Skyfall), Penelope Cruz (Ouvre les yeux, Vicky Christina Barcelona), Brad Pitt (Fight Club, World war Z) ou encore Cameron Diaz -on ne pouvait qu'avoir de fortes attentes. Pourtant, très rapidement, on va s'apercevoir que nous sommes devant un thriller bavard, aux enjeux flous et sans aucun souffle. En fait, en dehors de la noirceur due au scénario de McCarthy, qui insiste sur le contraste entre l'innocence du personnage de Cruz et l'horreur des événements qui vont marquer son fiancé, il n'y a pas grand chose à sauver.

On attend ainsi pendant 1h30 que le film démarre, en n'ayant finalement que les anecdotes sexuelles de Javier Bardem à se mettre sous la dent. Et même à ce moment là, Cartel ne décolle pas, se contentant de dérouler paresseusement son histoire, se contentant d'aligner les dialogues sans grand intérêt et nous menant sans jamais changer de rythme jusqu'à un final plutôt réussi, mais qui arrive bien trop tard. Il faut plus de deux heures avant de trouver un passage prenant.

Bref, Cartel est une vraie déception, un thriller mou et sans enjeu nous tirant trop rarement d'un véritable ennui malgré une histoire qui avait un véritable potentiel et un casting impressionnant. On se demande néanmoins si les acteurs étaient conscients des limites de leurs dialogues et de leurs personnages, tant ceux-ci sonnent creux et donnent uniquement l'impression de réciter leurs répliques sans y croire. On se demande également si on doit encore attendre mieux de la part de Ridley Scott, dont les belles années semblent décidément bien loin...

Note : 2,5/10