Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles

vendredi 18 novembre 2016

Tu ne tueras point


Titre : Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge)
Réalisateur : Mel Gibson
Acteurs : Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer
Date de sortie en France : 9 novembre 2016
Genre : guerre, biopic

Synopsis : 
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.  

Avis : 
Qu'on aime ou pas le réalisateur Mel Gibson, on ne pourra jamais lui reprocher d'y aller de main morte. De Braveheart à Apocalypto, violence extrême et thématiques discutables sont le fil rouge de sa carrière derrière la caméra... et Tu ne tueras point ne va pas déroger à la règle. Car si on sortira lessivé par une seconde heure terriblement forte, les motifs d'insatisfaction seront nombreux.

Passées les réminiscences inévitables de Full metal jacket lors de la formation des jeunes soldats, après une histoire d'amour particulièrement nunuche, Gibson va donc développer le sujet de son film, à savoir la participation à la guerre d'un jeune homme qui ne peut tenir une arme. Seul avec ses convictions face à l'ordre établi, Desmond va douter, se rebeller, mais ne craquera jamais, comme investi d'une mission divine. On pourra facilement reprocher au film son prosélytisme, même s'il entre parfaitement dans la description du héros du film, et on comprendra que l'histoire vraie de Desmond Doss ait pu inspirer Mel Gibson.

En dehors de ces défauts, Tu ne tueras point réserve quelques séquences formidables lorsque les batailles font rage. Le premier assaut sur Hacksaw Ridge est un moment de pure folie, d'une intensité folle, d'une violence inouïe, qui ferait presque passer Le Soldat Ryan pour un Disney. De même, toute la dernière partie, où Doss sauve un à un ses camarades blessés, est un modèle d'efficacité, de tension et d'émotion.

S'il peine parfois à s'émanciper de ses modèles, et si l'aspect prêchi-prêcha pourra par moments agacer, Tu ne tueras point est, au moins dans sa seconde partie, un formidable film de guerre, qui confirme le talent de Mel Gibson pour mettre en images des séquences dantesques, qui resteront sans doute longtemps dans les mémoires.

Note : 8/10



lundi 11 juillet 2016

A war


Titre : A war (Kriegen)
Réalisateur : Tobias Lindholm
Acteurs : Pilou Asbaek, Tuva Novotny, Dar Salim
Date de sortie en France : 1er juin 2016
Genre : guerre, drame, thriller

Synopsis : 
Le commandant Claus M. Pedersen et ses hommes sont affectés dans une province d’Afghanistan, tandis qu’au Danemark, sa femme, Maria, tente de faire face au quotidien et d’élever seule leurs trois enfants. Au cours d’une mission de routine, les soldats sont la cible d’une grave attaque. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille…

Avis : 
La vie d'un soldat envoyé au Moyen-Orient, et les conséquences des combats sur sa vie quotidienne lors de son retour au pays : le nouveau film de Tobias Lindholm (R, Hijacking) présente une thématique assez proche du American sniper de Clint Eastwood. Avec une subtilité supplémentaire : A war va en effet s'interroger sur la responsabilité des soldats, parfois prêts à tout pour accomplir leur mission ou protéger leurs alliés.


Le film se divise donc en deux parties parallèles : d'abord celle où l'on suit le quotidien des soldats danois en Afghanistan, au contact des populations locales, entre volonté de conciliation et tentatives d'obtenir des informations sur les talibans. Avec une superbe économie de moyens (on ne verra jamais les ennemis), Lindholm parvient à nous immerger parfaitement au sein du groupe de soldats, dont nous partagerons les doutes, les blessures, mais aussi les rares moments de satisfactions.

La seconde nous ramène au Danemark : après avoir constaté les conséquences de l'absence de Pedersen sur sa famille restée au pays, nous assistons aux effets de son retour ainsi qu'à son procès. C'est cette ultime partie qui sera la plus faible du film : si l'on appréciera l'ambiguïté qui ressort de l'audience, on regrettera l'aspect un peu caricatural de certains éléments, comme la représentante de l'accusation, présentée comme particulièrement détestable alors que son raisonnement est plutôt compréhensible.

Nouvelle réussite pour Tobias Lindholm donc, qui réussit là où Clint Eastwood avait échoué. On ressent parfaitement les dilemmes moraux imposés aux soldats, et on appréhende bien mieux leur humanité, avec leurs qualités et leurs défauts. On saluera également, une nouvelle fois, la performance de Pilou Asbaek (l'acteur fétiche de Lindholm, également vu dans Lucy et dans Profanation), parfait dans le rôle de ce commandant coincé entre sa mission, ses soldats, son devoir de protection, sa moralité et sa famille.

Note : 8/10


mercredi 15 juin 2016

13 hours


Titre : 13‭ ‬hours‭ (‬13‭ ‬hours :‭ ‬the secret soldiers of Benghazi‭)
Réalisateur :‭ ‬Michael Bay
Acteurs :‭ ‬John Krasinski,‭ ‬James Badge Dale,‭ ‬Max Martini
Date de sortie en France :‭ ‬30‭ ‬mars‭ ‬2016
Genre :‭ ‬guerre,‭ ‬action

Synopsis :‭
Benghazi‭ (‬Libye‭)‬,‭ ‬11‭ ‬septembre‭ ‬2012. Face à des assaillants sur-armés et bien supérieurs en nombre,‭ ‬six hommes ont eu le courage de tenter l’impossible.‭ ‬Leur combat a duré‭ ‬13‭ ‬heures.‭ ‬Ceci est une histoire vraie.‭

Avis :‭
Est-ce parce que l'attaque de Benghazi la nuit du‭ ‬11‭ ‬septembre‭ ‬2012‭ ‬n'a finalement eu que très peu d'échos dans les médias français ‭? ‬En tout cas,‭ ‬le nouveau film de Michael Bay‭ (‬No pain no gain,‭ ‬Transformers‭ ‬4‭) ‬est sorti dans nos salles dans un relatif anonymat,‭ ‬bien loin du déluge promotionnel entourant habituellement ses blockbusters.‭ ‬Au vu de la qualité de l'oeuvre,‭ ‬ce n'est pas nécessairement un mal.


Un petit groupe d'américains est donc assiégé par des centaines d'arabes belliqueux.‭ ‬Eternelle déclinaison du siège de Fort Alamo,‭ ‬clairement inspiré par‭ ‬La Chute du faucon noir,‭ ‬le film‭ «‬ inspiré d'une histoire réelle ‭» ‬nous montre donc une nouvelle fois l'efficacité d'un petit groupe de soldats américains,‭ ‬capables de dézinguer sans sourciller des centaines d'ennemis‭ – ‬il est vrai trop cons pour penser à se dissimuler,‭ ‬esquiver ou préparer avec un peu de discrétion leurs attaques.

Cela donne évidemment un film d'action musclé,‭ ‬où le sens de la démesure de Michael Bay s'exprime à merveille,‭ ‬à coups de ralentis,‭ ‬de gros plans,‭ ‬de montage ultra-cut.‭ Des scènes d'action efficaces... mais dont on ne comprend finalement pas les enjeux. L'ensemble est incroyablement confus, avec ces deux bases attaquées, ces personnages auxquels on ne s'attache absolument pas (et qui sont de toute façon invincibles). Même avec une exposition interminable destinée à nous présenter tout ça, on ne pige pas grand chose, sinon que les beaux grands américains peuvent massacrer les yeux fermés des ennemis plus nombreux et mieux armés.

Du grand Michael Bay donc : ça fait boum, ça fait pan, mais ça fait aussi pschitt, comme une grosse baudruche qui se dégonfle. Un gros film d'action guerrière qui remplit scrupuleusement le cahier des charges, parmi lesquelles on retrouve malheureusement cet américanisme un peu nauséabond. Même en sachant parfaitement à quoi s'attendre de la part du réalisateur de Rock, difficile de ne pas sortir déçu de ce film...

Note : 5/10



dimanche 17 janvier 2016

Invincible


Titre : Invincible (Unbroken)
Réalisateur : Angelina Jolie Pitt
Acteurs : Jack O'Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : guerre, biopic

Synopsis :
L'incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l'avion s'est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l'équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d'entre eux survécurent 47 jours durant, avant d'être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

Avis :
Avec son deuxième film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie choisit d'adapter le destin de Louis Zamperini, athlète et soldat américain fait prisonnier par les japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un destin formidable auquel le film ne rendra jamais vraiment service.


 Pas aidé par un Jack O'Connell ('71, Les Poings contre les murs) dont il s'agit de la plus mauvaise interprétation à ce jour, Invincible est finalement trop lisse, et ne décollera jamais. Angelina Jolie se contente d'exprimer son admiration pour un personnage qui n'abandonne jamais, même pris pour cible par son terrible tortionnaire. Le film réussit même un tour de force : on ne croit absolument pas à ce qu'il s'y passe, alors qu'il décrit assez fidèlement ce qu'ont vécu les personnages dans les camps japonais.

Il faut dire aussi qu'il n'y a aucun véritable temps fort : les personnages secondaires meurent sans qu'on s'en aperçoive, le héros subit sans jamais donner l'impression de véritablement souffrir, et Miyavi rassemble tous les clichés d'interprétation possibles pour incarner le terrible Mutsuhiro Watanabe. Entre l'interprétation sans relief et une réalisation quelconque, toutes les scènes et tous les personnages restent sur un même plan, refusant toute sympathie ou antipathie, privant le spectateur de toute émotion.

Bref, Invincible est du cinéma hollywoodien prémâché et consensuel, pour lequel Angelina Jolie ne prend aucun risque : en adaptant une histoire formidable, elle pensait peut-être que cela suffirait à faire un film formidable. Dommage...


Note : 3,5/10


vendredi 25 décembre 2015

Le Pont des espions


Titre : Le Pont des espions (The Bridge of spies)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd
Date de sortie en France : 2 décembre 2015
Genre : thriller, espionnage

Synopsis : 
James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. 

Avis :
Après la lutte contre l'esclavage (Amistad, Lincoln), la Première (Cheval de guerre) et la Seconde Guerre Mondiale, tant en Europe (Le Soldat Ryan, La Liste de Schindler) qu'en Asie (Empire du soleil), les attentats de Munich et leurs conséquences (Munich), Steven Spielberg continue de s'inspirer de l'Histoire : cette fois, il s'intéresse à la Guerre Froide, et au rôle de l'avocat James Donovan dans la libération d'espions américain et russe.


Avec Le Pont des espions, Spielberg nous offre un film d'espionnage à l'ancienne, entièrement basé sur des dialogues, des négociations, loin de la surenchère des sagas Mission : impossible ou James Bond. Cela donne un film feutré, grâce à des dialogues d'une rare qualité, et une interprétation impeccable : Tom Hanks est - évidemment - parfait, tout comme Mark Rylance dans le rôle de l'espion soviétique.

Le film apporte également une réflexion pertinente, en montrant les pressions exercées sur l'avocat pour ne pas défendre de façon totalement équitable l'accusé soviétique, mais simplement d'en donner l'impression. Un pression que l'on perçoit chez ses collègues et supérieurs, mais aussi auprès du grand public qui le considérera comme un traître à la nation. Ce sera hélas l'une des rares aspérités du film, qui fait du personnage de James Donovan un homme extrêmement lisse, qui ne recule devant rien et résiste à tous les obstacles sans sourciller, et qui n'évite pas toujours les pièges du pro-américanisme un peu grotesque, comme lors des parallèles entre les traitements des deux prisonniers, ou l'image de l'escalade du mur.

Le Pont des espions est donc un excellent film d'espionnage à l'ancienne, avec une vraie tension et un impressionnant suspense lors des scènes de négociation. On regrettera néanmoins quelques maladresses - celles que l'on retrouve souvent lorsqu'Hollywood évoque la Guerre Froide - qui empêcheront le film d'être un Spielberg majeur.

Note : 7,5/10


mardi 10 novembre 2015

Le Fils de Saul


Titre : Le Fils de Saul (Saul Fia)
Réalisateur : Laszlo Nemes
Acteurs : Géza Röhring, Levente Molnar, Urs Rechn
Date de sortie en France : 4 novembre 2015
Genre : drame

Synopsis : 
Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau. Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d’assister les nazis dans leur plan d’extermination. Il travaille dans l’un des crématoriums quand il découvre le cadavre d’un garçon dans les traits duquel il reconnaît son fils. Alors que le Sonderkommando prépare une révolte, il décide d’accomplir l’impossible : sauver le corps de l’enfant des flammes et lui offrir une véritable sépulture.

Avis : 
Grand Prix au Festival de Cannes, Le Fils de Saul réussit le difficile pari de nous plonger dans l'univers des camps de la mort nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Laszlo Nemes nous fait suivre Saul, Sonderkommando juif contraint de travailler dans les crématoriums ou des centaines d'innocents sont exécutés chaque jour. Un quotidien passé à tutoyer la mort, jusqu'à ne plus voir les victimes menées à l'abattoir que comme des silhouettes floues, sans visage, sans identité.


Pourtant, au milieu de ces montagnes de cadavres, il y aura donc celui de ce jeune garçon, qui va devenir une obsession pour Saul. La mort reprend soudain un visage, et avec ce visage vient la volonté de donner une vraie sépulture, comme pour se réapproprier une mort qui a également été volée/violée par les nazis. Saul devra donc récupérer le corps, le cacher, l'enterrer et trouver un rabbin afin d'accompagner la maigre cérémonie.

Nemes choisit d'adopter le point de vue unique de son personnage, le serrant de près pendant de longs plans-séquences, ne nous laissant saisir que les images et conversations qu'il perçoit. Le film joue ainsi sur les sens, et si l'on ne voit que très peu d'horreurs, l'ouïe nous permet d'en saisir beaucoup, notre imagination faisant le reste. La scène d'introduction, où nous ne pourrons qu'entendre les hurlements des juifs enfermés dans les douches, est ainsi l'un des passages les plus glaçants du cinéma. Seul petit bémol, la séquence de l'émeute qui, si elle retranscrit parfaitement le chaos ambiant, est un peu pénible à suivre.

Le Fils de Saul est un film d'une rare puissance, aussi glaçant qu'intelligent. L'un des plus gros chocs de cette année 2015, et l'une des oeuvres cinématographiques les plus marquantes sur la Shoah.

Note : 9.5/10


samedi 7 mars 2015

American sniper


Titre : American sniper
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes
Date de sortie en France: 18 février 2015
Genre : biopic, guerre, drame

Synopsis : 
Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Avis : 
Après plusieurs biopics peu convaincants (Invictus, J.Edgar, Jersey boys), Clint Eastwood remet le couvert en s'intéressant cette fois à Chris Kyle, sniper américain réputé comme le plus meurtrier de l'histoire. Un sujet intéressant, que le réalisateur choisit de traiter selon deux angles parallèles : celui de ses missions sur le terrain, et celui de ses retours aux Etats-Unis, au sein de sa famille.


Hélas, Eastwood va passer un peu à côté de son sujet. S'il maîtrise parfaitement les scènes d'affrontement, le suspense lié à la guerre (comme cette formidable séquence, qui illustrait la bande-annonce, où il doit décider s'il abat ou non un enfant et sa mère pendant sa première mission), il va être bien moins convaincant lorsqu'il s'agira d'évoquer l'état psychologique de son héros lorsqu'il est chez lui. 

Ni les rapports avec sa famille, ni son statut de "héros" ne semblent véritablement évoluer, et on sent Eastwood beaucoup plus impliqué dans la description de la vie militaire du soldat, avec son éternelle fibre patriotique parfois indigeste. C'est d'autant plus regrettable que Bradley Cooper (Happiness Therapy, Very bad trip) est impeccable dans le rôle du soldat, traduisant mieux que le reste du film les dilemmes des soldats.

Bref, American sniper est en partie raté : si les scènes de guerre sont très intenses et particulièrement réussies, on ne peut pas en dire autant de la description des conséquences psychologiques ou des difficultés à retrouver une vie normale après le conflit. Le film reste néanmoins le meilleur de Clint Eastwood depuis Gran Torino, grâce notamment à un Bradley Cooper très impressionnant.

Note : 6,5/10


jeudi 4 décembre 2014

Fury (2014)


Titre : Fury
Réalisateur : David Ayer
Acteurs : Brad Pitt, Shia LaBeouf, Logan Lerman
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : guerre

Synopsis : 
Avril 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, le sergent Don Collier commande un Char M4 Sherman et son équipage de 5 soldats de la 2e division blindée américaine pour une mission risquée derrière les lignes ennemies durant la campagne d'Allemagne.

Avis : 
Après les 2h15 de Fury, on peut légitimement se demander si le cinéma a encore quelque chose de nouveau sur la Seconde Guerre Mondiale. Car le film de David Ayer (End of watch, Sabotage), évidemment estampillé de l'étiquette "inspiré de faits réels", ressemble à s'y méprendre à de nombreux films du genre, de Il faut sauver le soldat Ryan, avec son jeune soldat qui découvre la guerre, à Le Bateau avec la vie de ce groupe allant au combat dans l'espace réduit d'une machine.


Pas si loin de son personnage de chasseur de nazis d'Inglourious basterds, Brad Pitt incarne donc un Sergent intraitable et courageux, prêt à tout pour tuer des allemands et qui prendra sous son aile le jeune Norman (Logan Lerman, Le Monde de Charlie, Noé, Percy Jackson : la mer des monstres), que rien ne prédestinait à rejoindre le front. On va donc avoir droit aux éternelles premières relations tendues avec le reste de l'équipe, à la découverte des horreurs de la guerre, aux difficultés rencontrées pour tuer le premier ennemi, jusqu'à devenir une "machine" dégommant du boche à la douzaine et étant enfin accepté par le groupe.

Une progression classique donc, que l'on retrouve également dans les diverses péripéties : le Fury échappe à plusieurs guet-apens, surmonte les obstacles coûtant la vie à de nombreuses autres unités, s'accorde même un moment de pause avant de s'offrir un affrontement totalement déséquilibré dans une éternelle relecture du siège de Fort Alamo où les cinq hommes, (Pitt, Lerman, Shia Nymphomaniac LaBeouf, Jon Walking Dead Bernthal et Michael Collision Peña) vont résister à des dizaines d'assaillants.

S'il reste prenant et efficace, Fury ne se démarque donc absolument pas de ses aînés, rappelant largement le chef d'oeuvre de Spielberg. Heureusement, l'interprétation est remarquable (notamment LaBeouf, étonnant !) et les scènes d'action très réussie. Cela suffit à passer un très bon moment, mais sans doute pas à se souvenir de Fury dans quelques mois...

Note : 6/10


dimanche 16 novembre 2014

'71


Titre : '71
Réalisateur : Yann Demange
Acteurs : Jack O'Connell, Paul Anderson, Richard Dormer
Date de sortie en France : 5 novembre 2014
Genre : guerre, drame

Synopsis : 
Belfast, 1971. Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front. La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques. Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi. Il va devoir se battre jusqu'au bout pour essayer de revenir sain et sauf à sa base.

Avis : 
Il suffit parfois d'une histoire très simple pour réaliser un excellent film : c'est le cas de ce '71, réalisé par Yann Demange (à qui l'on doit notamment l'excellente série Dead set), qui évoque le conflit nord-irlandais des années 70 par le biais d'un point de départ plutôt classique, celui d'un tout jeune soldat perdu seul en milieu hostile après une mission ayant mal tourné.


'71 va cependant se révéler un monstre d'efficacité, faisant de la simplicité de son histoire un point fort, cernant directement les enjeux pour mieux nous offrir une oeuvre incroyablement intense, jusqu'à en devenir parfois oppressante. On est pris par ce sentiment d'urgence, de danger constant, de paranoïa lorsque le héros, interprété par le brillant Jack O'Connell (Les Poings contre les murs) est confronté à un habitant.

Le film n'hésite d'ailleurs pas à être très violent, très graphique, soulignant l'horreur de cette guerre civile et le destin funeste des simples citoyens dans des passages très durs (l'émeute du début, ou une tétanisante explosion). Et si le film évoque également les manoeuvres de certains responsables irlandais et anglais, Demange choisit de rester concentré sur la lutte de son jeune soldat pour sa survie, ne faisant des manipulations politiques qu'une intrigue secondaire moins intéressante.

Intense et prenant, '71 est l'une des excellentes surprises de cette fin d'année, même si l'on connaissait le potentiel de Yann Demange et de Jack O'Connell. Une perle d'efficacité, qui transcende un scénario plutôt simple grâce à un rythme impressionnant et une absence totale de concession, pour un des meilleurs films de 2014 !

Note : 9/10

mercredi 6 août 2014

Diplomatie


Titre : Diplomatie
Réalisateur : Volker Schlöndorff
Acteurs : Niels Arestrup, André Dussollier
Date de sortie en France : 5 mars 2014
Genre : drame, historique

Synopsis : 
La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d'Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le général n'a jamais eu d'hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C'est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu'il gravit l'escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l'hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel ... - sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l'ordre de destruction.

Avis : 
Adapté de la pièce de théâtre du même nom, Diplomatie part d'un postulat de base très intéressant : à la veille de la défaite allemande, alors qu'Hitler a donné l'ordre de détruire Paris. Le consul suédois Nordling va alors tout faire pour convaincre le général Von Choltitz de ne pas obéir à cet ordre. Nous suivrons donc, le long d'un huis clos de plus d'une heure, les négociations entre les deux hommes.


L'échange des points de vue, entre le général inflexible, qui a toujours suivi les ordres et dont la famille est directement menacée en cas de désobéissance, et le consul qui tente de sauver Paris, sa population, ses merveilles architecturales et artistiques... Entièrement porté par le duo Arestrup (Un prophète, Quai d'Orsay) - Dussollier (Trois hommes et un couffin, La Belle et la Bête), impeccables, le film réussit à nous passionner simplement avec cette discussion dont les conséquences peuvent être terribles.

Le seul problème en fait, c'est l'impression que jamais les arguments du consul n'ont véritablement d'effet sur le comportement de l'officier nazi. Ce dernier semble en effet avoir ses propres raisons d'hésiter, et change d'avis sans que les arguments développés par le personnage interprété par Dussollier ne le touchent ou n'aient de rapport avec les raisons le poussant à changer d'avis. Cela donne un résultat très étrange ou on se dit que, finalement, le résultat aurait été le même avec ou sans la négociation...

Diplomatie reste néanmoins passionnant, montrant la guerre d'une autre façon différente, et insistant sur la nécessité de sauvegarder la patrimoine de l'humanité (un peu comme Monuments men dans un genre différent). On regrettera néanmoins le fait que cet échange semble par moments trop "facile", sans doute aussi parce que l'issue est connue avant même de regarder le film, mais le talent de Dussollier et surtout d'Arestrup permet de largement compenser ce défaut.

Note : 7/10


vendredi 25 juillet 2014

L'Île de Giovanni


Titre : L'Île de Giovanni (Giovanni no shima)
Réalisateur : Mizuho Nishikubo
Acteurs : Kota Yokoyama, Junya Taniai, Polina Ilyushenko
Date de sortie en France : 28 mai 2014
Genre : animation, guerre, drame

Synopsis : 
1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s'organise entre la reconstruction et la peur de l'invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l'armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l'île que tout oppose, mais l'espoir renaît à travers l'innocence de deux enfants, Tanya et Junpei...

Avis : 
L'Île de Giovanni est un film d'animation du studio Production I.G (Ghost in the shell, Lettre à Momo), qui nous emmène sur une petite île japonaise après la Seconde Guerre Mondiale. Alors que les habitants sont encore traumatisés par la défaite, ils voient débarquer l'armée soviétique qui vient annexer l'île. Un événement historique que nous suivrons à travers le regard du jeune japonais Junpei, de son petit frère Kanta et la jeune russe Tanya.


Si l'innocence des enfants de chaque pays va dans un premier temps permettre de relativiser la portée de l'invasion, ceux-ci n'hésitant pas longtemps avant de jouer ensemble et franchissant aisément la barrière des langues (voir la superbe scène des chansons japonaise et russe à l'école), ils vont à leur tour être rattrapés par l'horreur de la guerre, participant à des opérations qui les dépassent, assistant aux arrestations de leurs proches avant d'être finalement déportés en Russie.

A l'image du Tombeau des lucioles, le film va ainsi confronter ces gamins aux horreurs de la guerre, sans jamais choisir la facilité, en les confrontant à la mort, à la souffrance, au désespoir, jusque dans un final extrêmement poignant... Des situations qui tranchent radicalement avec un dessin plutôt naïf et quelques personnages secondaires apparemment plus légers, comme l'oncle des enfants.

L'Île de Giovanni est donc un excellent film d'animation, touchant et parfois très dur, évoquant un épisode peu connu de l'histoire du Japon et de la Russie (la situation de l'île de Chikotan est encore aujourd'hui une source de tensions entre les deux pays). Je ne reprocherai finalement au film qu'une animation et des dessins parfois peu inspirés, ce qui n'empêche pas le film d'être une vraie réussite !

Note : 8,5/10


lundi 14 juillet 2014

L'Armée des ombres


Titre : L'Armée des ombres
Réalisateur : Jean-Pierre Melville
Acteurs : Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse
Date de sortie en France : 12 septembre 1969
Genre : drame, guerre

Synopsis : 
Les activités et la vie extrêmement difficiles d'un réseau de résistants sous l'occupation allemande.

Avis : 
Adapté du roman du même nom de Joseph Kessel, L'Armée des ombres évoque donc la Résistance Française pendant la Seconde Guerre Mondiale : suivant en fil rouge le parcours de Philippe Gerbier (Lino Ventura), Jean-Pierre Melville nous plonge donc dans un univers sombre et violent dont il n'idéalisera jamais les protagonistes, bien au contraire.


Car en plus des situations assez "classiques" nous montrant les Résistants échappant aux Nazis, organisant leurs réseaux et soumis à la torture, le film évoque des aspects moins reluisants, comme les échecs de certains plans ou le sort réservé aux traîtres. Dans cette lutte pour affaiblir l'ennemi, il n'y a finalement que peu de héros, et chacun peut craquer même en essayant de se persuader du contraire, en tentant par exemple de se convaincre que la mort ne fait pas peur ou qu'il résistera à la pression de l'ennemi.

Ces éléments traduisent ainsi parfaitement l'horreur de la guerre et le statut particulier des Résistants, parfaitement retranscrits par la crème des acteurs français de l'époque : en plus de Lino Ventura, on retrouve ainsi Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel, Paul Meurisse ou encore Paul Crauchet . Melville choisit d'ailleurs de laisser reposer presque entièrement le film sur leurs épaules, avec une mise en scène très classique, souvent discrète, préférant ainsi mettre l'accent sur l'histoire et les événements dramatiques plutôt que sur une réalisation trop visible.

L'Armée des ombres est une des grandes oeuvres du cinéma français, par l'un de ses réalisateurs les plus talentueux. Exploitant à merveille un thème assez classique en choisissant d'en exploiter les côtés les plus sombres, il réussit à passionner pendant plus de deux heures malgré un rythme plutôt lent, nous offrant l'un des meilleurs films sur le sujet.

Note : 9,5/10


lundi 30 juin 2014

Le Bateau


Titre : Le Bateau (Das Boot)
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Acteurs : Jürgen Prochnow, Erwin Leder, Herbert Grönemeyer
Date de sortie en France : 17 février 1982
Genre : drame, guerre

Synopsis : 
Automne 1941. Deuxième Guerre Mondiale. Base de La Rochelle. A la veille de s'embarquer pour une mission de routine dans l'Atlantique Nord, l'équipage d'un sous-marin allemand fait la fête. Ils dansent, boivent, comme si demain n'existait pas. Pour eux, ce sera le cas. Car ce qu'ils ne peuvent pas savoir, c'est que sur 40.000 sous-mariniers allemands, seuls 10.000 retourneront chez eux...

Avis : 
Film monstre de Wolfgang Petersen, Das Boot nous entraîne donc, pendant plus de trois heures (pour la version director's cut) dans les entrailles d'un sous-marin de guerre allemand patrouillant dans l'Atlantique. Trois heures où nous nous retrouverons coincés dans un espace particulièrement réduit, au milieu des bruits et des odeurs et où la principale activité sera l'attente. Une attente longue et infernale, celle d'une routine ou de gestes répétés à l'infini, un enfer qui ne prendra fin que lorsqu'un autre enfer débutera : celui des affrontements et de la peur.


Wolfgang Petersen cherche donc tout d'abord à nous plonger dans le quotidien de ces sous-mariniers, et à nous faire ressentir cette ambiance étouffante qui pèse sur leurs épaules à chaque seconde, sans aucune possibilité d'y échapper. Il réussit à totalement nous immerger dans le sous-marin, jusqu'à bientôt partager la tension de ses occupants lorsqu'il sera la cible d'un bateau de guerre. En ne montrant presque rien, le réalisateur allemand renforce encore la puissance et la menace de cet ennemi dont la présence ne se manifestera souvent que par le son : celui des hélices se rapprochant, des explosions des grenades lancées à la mer, du sonar tentant de retrouver l'U-96, de l'eau qui s'infiltre, des sous-mariniers qui paniquent. Le son également du sous-marin soumis à la pression des fonds marins, à mesure que le capitaine fait descendre le bâtiment pour échapper aux ennemis.

Cette tension ne sera que rarement relâchée, pour de rares moments d'euphorie lorsque l'équipage est enfin hors de danger, ou lorsque l'U-Boot détruit enfin une cible... avant d'assister avec horreur à l'agonie de l'équipage d'un navire ennemi. Même une rencontre dans un cadre de rêve avec des officiers supérieurs ne pourra que renforcer l'impression que les sous-mariniers ne sont qu'une ressource sacrifiable que l'on envoie sans sourciller vers des missions suicide.

Incroyablement intense, même lorsque le film se borne à nous montrer l'ennui de ses personnages sans jamais sacrifier à un héroïsme malvenu ou des scènes d'action spectaculaire, et particulièrement étouffant, Das Boot est tout simplement l'un des plus grands film de guerre. L'un de ceux qui, en tout cas, nous montrent le mieux l'enfer psychologique vécu par les soldats et qui ne se limite pas à perdre des compagnons dans des gerbes de sang.

Note : 10/10


dimanche 13 avril 2014

Monuments men


Titre : Monuments men (The Monuments men)
Réalisateur : George Clooney
Acteurs : George Clooney, Matt Damon, Bill Murray
Date de sortie en France : 12 mars 2014
Genre : guerre, aventures

Synopsis : 
En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

Avis : 
Inspiré du programme Monuments, Fine Arts, and Archives créé par le général Eisenhower, Monuments men nous raconte l'histoire d'un groupe d'hommes chargés de sauver les oeuvres d'art dérobées par les Nazis et empêcher leur destruction pendant la débâcle allemande.


L'idée de montrer cette face cachée de l'Histoire était forcément réjouissante, permettant d'appréhender la Seconde Guerre Mondiale d'une autre façon, loin du front. Réalisé par George Clooney (Les Marches du pouvoir), il met en scène l'acteur de Gravity aux côtés d'une belle brochette d'acteurs parmi lesquels Matt Damon (Elysium, Ma vie avec Liberace), John Goodman (The Big Lebowski, Flight), Bill Murray (SOS Fantômes, Lost in translation), Jean Dujardin (Möbius, Le Loup de Wall Street) et Cate Blanchett (Babel, Blue Jasmine). Hélas, malgré ce casting prestigieux et ce sujet intéressant, Monuments men ne va jamais décoller, restant très scolaire et très moyen.

Cherchant constamment son ton, oscillant entre film de guerre, aventures, drame historique ou comédie, le film se perd très vite dans une espèce d'auto-célébration de la bande à Clooney, à la façon de la trilogie Ocean's, sacrifiant toute profondeur sur l'autel d'un film hollywoodien jusqu'au bout des ongles, lisse, puritain et tentant grossièrement de jouer sur l'émotion lors de passages cousus de fil blanc (la découverte d'un panier de dents en or est l'exemple parfait de ce pathos facile et artificiel).

S'il se suit sans déplaisir, Monuments men reste un film très moyen, particulièrement basique, un monument à la gloire de ses acteurs, qu'on a d'ailleurs tous déjà vus plus inspirés. Malgré quelques touches d'humour réussies (l'accent français de Damon, les répliques répétées), une histoire intéressante et un fond historique passionnant, George Clooney ne livre qu'un énième film hollywoodien sans saveur, sans relief et sans accroc, qu'on oubliera plus vite qu'on ne l'aura vu...

Note : 4,5/10

dimanche 23 mars 2014

300 : la naissance d'un Empire


Titre : 300 : la naissance d'un Empire (300: rise of an Empire)
Réalisateur : Noam Murro
Acteurs : Sullivan Strapleton, Eva Green, Lena Headey
Date de sortie en France : 5 mars 2014
Genre : péplum, action

Synopsis : 
Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…

Avis : 
 Etait-il vraiment nécessaire de faire une suite à 300 ? Clairement non, le film de Zack Snyder démontrant de façon assez claire les limites du parti-pris "artistique" et d'une thématique nauséabonde et puérile sur grand écran. Pourtant, 7 ans plus tard, on retrouve Grecs et Perses pendant la Seconde Guerre Médique avec un film qui se déroule avant, pendant et après la bataille des Thermopyles, théâtre du film précédent.


On va donc évoquer la bataille de Marathon, l'ascension de Xerxès et la bataille de Salamine. Aucune naissance d'un Empire à l'horizon, juste une succession d'affrontements, pour la plupart en mer, avec toujours cette disposition irritante au ralenti ringard, au déluge de sang numérique et à la démesure puérile (parce que les Athéniens, ils enfilent des petits garçons selon les Spartiates, mais ils te font des bons de 10 mètres sans problème !).

Au milieu de tout ça, on aura surtout l'opposition entre Thémistocle (Sullivan Stapleton, vu dans Animal kingdom ou Gangster squad), le héros de la bataille de Marathon, qui a tué le roi Darius Ier et dirige les forces grecques avec ses remarquables stratégies (oui, le film prend encore des libertés avec l'Histoire, fallait-il encore le préciser ?), et Artémise, femme fatale commandant la flotte perse, interprétée par une Eva Green dont l'unique moment fort sera cette hilarante scène de sexe dont on risque de se souvenir très longtemps.

Aussi mauvais que son aîné, le charisme du personnage de Leonidas en moins, 300 : la naissance d'un Empire enfonce le clou d'un divertissement bête et puéril, rarement impressionnant et surtout handicapé par la narration répétitive et sans relief offerte pendant tout le film par le personnage de Gorgo, soudain devenue une déesse du combat et trucidant du Perse à tour de bras. Un film de gonzesses avec des couilles, c'est presque déjà remarquable...

Note : 1,5/10


samedi 8 mars 2014

300


Titre : 300
Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Gerard Butler, Rodrigo Santoro, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mars 2007
Genre : péplum, historique

Synopsis : 
La Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie. 

Avis : 
Adapté du "roman graphique" (une expression bien pompeuse et à la mode pour qualifier une simple bande-dessinée) de Frank Miller, 300 relate donc la célèbre bataille des Thermopyles, opposant l'immense armée de Xerxès Ier à 300 soldats spartiates (et leurs alliés, dont on se fout ici). Réalisé par Zack Snyder, alors connu pour son remake efficace de Zombie, L'Armée des morts, le film reprend un visuel semblable à celui qu'avait utilisé Robert Rodriguez pour Sin City.


Une orientation artistique qui est ici complètement loupée. En effet, en abusant des effets de style, des ralentis, accélérations, arrêts sur image sans grand intérêt aux plans-séquences grotesques, du recours systématique au numérique, 300 finit par ressembler à une production fauchée, pompeuse et tout simplement très laide. Mais ce ne sera pas l'unique défaut : le film de Zack Snyder va également sombrer dans le ridicule à cause d'un scénario digne d'un enfant jouant avec ses figurines, dialogues puérils et glorification du sacrifice à l'appui.

Hurlées avec une conviction effrayant par le faciès déformé de Gerard Butler (La Chute de la Maison Blanche), les répliques font vraiment sourire par leur bêtise sans limite, leur va-t-en guerre primitif et leurs valeurs sur lesquelles on préfèrera ne pas trop s'attarder, le sous-texte du film étant particulièrement nauséabond. Tout juste soulignerai-je cette espèce de fantasme spartiate, peuple courageux au physique avantageux, très loin de la laideur de leurs ennemis, de ceux qui s'opposent à leur combat, ou même de l'homosexualité pédophile de ces philosophes d'athéniens. Le comble revient à Xerxès, vaguement décrit comme un travesti de base, entre voix grave, maquillage, épilation et bijouterie ostentatoire.

Bref, 300 est le plus mauvais film à ce jour de Zack Snyder. Une espèce de bouillie numérique indigeste, qui déverse à l'écran un flot ininterrompu de laideurs et de conneries, et dont les rares passages mémorables sont noyés dans une masse insupportable. Et le pire, c'est qu'avec son succès public, le film a vu une suite débarquer sur nos écrans : 300, la naissance d'un Empire. Oh oui, j'en reparlerai sans doute sur ce blog...

Note : 2/10


mardi 11 février 2014

Du sang et des larmes


Titre : Du sang et des larmes (Lone survivor)
Réalisateur : Peter Berg
Acteurs : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch...
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : guerre

Synopsis : 
Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération "Red Wing", qui a pour but de localiser et éliminer le leader taliban Ahmad Shah. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.

Avis : 
  Engagez-vous, rengagez-vous qu'y disaient ! Si on avait encore un doute, Du sang et des larmes vient le dissiper : l'armée Américaine recrute. Si vous voulez être dans le camp des gentils, des courageux, des sauveurs de la veuve et de l'orphelin et si vous souhaitez aller apporter la liberté dans des contrées sauvages à grands coups d'opérations militaires, n'hésitez plus ! Le nouveau film de Peter Berg (Very bad things, Hancock) nous rappelle que le film de guerre américain est souvent synonyme de bonne grosse propagande éhontée.


Tenez, les deux premières scènes : on nous montre d'abord les Navy Seals à l'entraînement, bravant les difficultés et les humiliations grâce à leur courage et leur entraide ; puis on nous montre un groupe de Talibans exécutant un des leurs en le décapitant à la machette. Le décor est planté, et le fond ne variera pas d'un iota pour cette publicité de deux heures pour la Navy. Heureusement, à l'image de La Chute du Faucon Noir, le film va se montrer assez rythmé et intense pour que l'on puisse passer un bon moment.

Car l'aspect "David contre Goliath" fonctionne toujours, avec ces quatres soldats américains confrontés à des dizaines d'ennemis mieux armés et connaissant mieux le terrain. Très intense, très violent, le film ne nous épargne pas les blessures, très spectaculaires, des héros du film (en revanche, les ennemis meurent généralement dans une totale banalité). Impacts de balles, chutes vertigineuses, les soldats en voient de toutes les couleurs, mais parviendront néanmoins à faire preuve d'un étonnant héroïsme le moment venu.

Du sang et des larmes est donc le film de guerre américain classique, dont la morale nauséabonde est sans doute le moins bel hommage que l'on pourrait faire des soldats dont le sacrifice a inspiré le scénario. Violent, intense et nauséabond, ce qui remplit finalement exactement les attentes que l'on aurait pu avoir...

Note : 4,5/10


mercredi 17 avril 2013

La Chute du faucon noir


Titre : La Chute du faucon noir (Black hawk down)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Orlando Bloom, Tom Hardy, Ewen Bremner
Date de sortie en France : 20 février 2002
Genre : guerre

Synopsis : 
Le 3 octobre 1993, avec l'appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire. 


Avis : 
Si vous voulez voir de l'héroïsme béat, une bonne grosse dose de patriotisme, des gentils soldats américains dégommer par dizaines de méchants somaliens, le tout enrobé par une excellente réalisation, La Chute du faucon noir est fait pour vous !


Car le film de Ridley Scott, basé sur la bataille de Mogadiscio, est aussi réussi sur la forme que discutable sur le fond. Dans la lignée de ce qu'avait montré Steven Spielberg pour Il faut sauver le soldat Ryan, le réalisateur de Alien et de Blade Runner filme ses soldats au plus près, caméra à l'épaule, et mise sur le réalisme de ses situations, n'hésitant pas à montrer les blessures des soldats de manière frontale au spectateur. C'est très violent, très sanglant, surtout quand on tire sur un américain.
  
Le milicien somalien meurt quant à lui de façon bien moins spectaculaire, ce qui semble s'inscrire dans la volonté de donner aux victimes des Rangers un aspect anecdotique. Les méchants sont massacrés indifféremment, tandis que le gentil repartira courageusement au combat malgré ses blessures et sa fatigue, avec une bande sonore crachant des hymnes patriotiques. Un aspect assez indigeste, qui tranche donc avec la qualité du travail de Scott derrière la caméra. Les batailles sont intenses et certains scènes sont magnifiques (l'arrivée des hélicoptères au-dessus de Mogadiscio par exemple).

Bénéficiant enfin d'un casting impressionnant (Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Ewen Bremner, William Fichtner et les jeunes Orlando Bloom et Tom Hardy) est donc totalement réussi quand on ne s'attarde que sur la façon qu'a Scott de filmer la guerre. Cela se gâte en revanche dès que l'on se penche sur le fond du film...

Note : 6/10