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mardi 22 novembre 2022

Reptilicus, le monstre des mers

 
Titre : Reptilicus, le monstre des mers (Reptilicus)
Réalisateur : Sidney W. Pink
Acteurs :Carl Ottosen, Ann Smyrner, Mimi Heinrich
Date de sortie : 1961
Genre : catastrophe
 
 Synopsis : 
Découvert lors des travaux menés par une compagnie d'extraction de combustible, un reptile monstrueux et gigantesque, mis en observation scientifique, sort de son état de léthargie primitif pour semer la mort et la désolation sur son parcours.
 
Avis : 
Unique incursion danoise dans l'univers du film de monstres, Reptilicus est surtout perçu comme un bon gros nanar, cumulant à peu près tous les défauts de ce type de production. Et effectivement, alors que je découvre enfin ce film en 2022, difficile de ne pas sourire devant un film terriblement naïf et son indescriptible créature. 
 

Pourtant, cette histoire de créature capable de se régénérer et réveillée par un forage n'est pas un prétexte plus idiot que la moyenne, et la première partie du film est, à mon sens plutôt réussie, même si l'on sent clairement le manque de moyens, avec ces locaux scientifiques bien vides, et de professionnalisme chez certains acteurs. Mais c'est vraiment lorsque le Reptilicus apparaît que le film entre dans une nouvelle dimension. 
 
Entre les soldats qui remarquent l'efficacité des flammes pour repousser le monstre... mais n'utiliseront plus jamais cette arme et les figurants qui "fuient" la catastrophe totalement hilares, la créature aux faux airs de dragon asiatique se taille la part du lion. C'est simple, on est face à une marionnette franchement ridicule (surtout si on la compare aux affiches du film !), animée avec des câbles, poussant des cris grotesques... et crachant une bouillie verte acide dans un effet imprimé directement sur la pellicule ! 
 
On ne s'ennuie pas devant ce film de monstre danois, délicieusement naïf et ringard, même pour l'époque (on est quelques années après Le Monstre des temps perdus ou Godzilla), qui restera surtout dans les mémoires pour son craignos monster... dont on aurait aimé voir la suite, un moment annoncée au moment du Godzilla de Emmerich, ou les séquences de vol, apparemment présentes sur certaines versions. 



dimanche 1 avril 2018

Borg / McEnroe


Titre : Borg / McEnroe (Borg vs. McEnroe)
Réalisateur : Janus Metz Pedersen
Acteurs : Sverrir Gudnason, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgaard
Date de sortie en France : 8 novembre 2017
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
BORG/McENROE est un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C’est l’histoire de deux hommes qui ont changé la face du tennis et sont entrés dans la légende, mais aussi du prix qu’ils ont eu à payer. 
 
Avis : 
Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le tennis, la finale du tournoi de Wimbledon de 1980 entre Björn Borg et John McEnroe est souvent considérée comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire. De sa symbolique (l'expérimenté Borg, déjà vainqueur 4 fois d'affilée du tournoi, réputé pour son calme inaltérable et son jeu métronomique d'un côté, le jeune et fantasque McEnroe de l'autre, principalement connu pour ses coups de gueule et son jeu basé sur la prise de risques) à son déroulement (le tie-break du 4e set est un monument de suspense), le match fait figure d'affrontement légendaire, et c'est assez logiquement que le cinéma se concentre enfin dessus.
 
 
Hélas, le film ne sera jamais à la hauteur de l'événement. S'il parvient assez facilement à mettre en avant les différences entre les deux hommes, grâce aux performances de Shia LaBeouf et Sverrir Gudnason, ni les partis-pris scénaristiques, ni la réinterprétation du match ne pourront convaincre le spectateur. On n'échappera ainsi pas aux tentatives maladroites d'explication de la psychologie des deux champions (enfin, surtout de Borg, celle de McEnroe étant beaucoup plus rapidement expédiée) par le biais d'anecdotes de leur enfance, pour un résultat d'une étonnante banalité.
 
Mais, pire que ça, c'est le fameux match, qui aurait dû être le sommet du film, qui va être le moment le plus pénible. Si l'on ressent une partie de la dramaturgie du match grâce à une retranscription fidèle des événements, la réalisation calamiteuse empêche de distinguer le moindre échange, le moindre point, et donne le sentiment étrange de vouloir à tout prix ignorer l'aspect sportif. Ralentis, zooms, effets superflus... tout y passe, et si on pourra apprécier de voir le film se centrer sur les réactions des deux adversaires, on restera clairement sur notre faim.
 
S'il profite parfaitement de la dimension épique de l'affrontement, Borg/Mc Enroe reste un objet cinématographique décevant, la faute à quelques partis pris franchement discutables. Dommage, parce qu'avec un tel sujet, et de tels acteurs, il y avait vraiment quelque chose de formidable à offrir au spectateur.
 
Note : 4/10
 
 

lundi 11 juillet 2016

A war


Titre : A war (Kriegen)
Réalisateur : Tobias Lindholm
Acteurs : Pilou Asbaek, Tuva Novotny, Dar Salim
Date de sortie en France : 1er juin 2016
Genre : guerre, drame, thriller

Synopsis : 
Le commandant Claus M. Pedersen et ses hommes sont affectés dans une province d’Afghanistan, tandis qu’au Danemark, sa femme, Maria, tente de faire face au quotidien et d’élever seule leurs trois enfants. Au cours d’une mission de routine, les soldats sont la cible d’une grave attaque. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille…

Avis : 
La vie d'un soldat envoyé au Moyen-Orient, et les conséquences des combats sur sa vie quotidienne lors de son retour au pays : le nouveau film de Tobias Lindholm (R, Hijacking) présente une thématique assez proche du American sniper de Clint Eastwood. Avec une subtilité supplémentaire : A war va en effet s'interroger sur la responsabilité des soldats, parfois prêts à tout pour accomplir leur mission ou protéger leurs alliés.


Le film se divise donc en deux parties parallèles : d'abord celle où l'on suit le quotidien des soldats danois en Afghanistan, au contact des populations locales, entre volonté de conciliation et tentatives d'obtenir des informations sur les talibans. Avec une superbe économie de moyens (on ne verra jamais les ennemis), Lindholm parvient à nous immerger parfaitement au sein du groupe de soldats, dont nous partagerons les doutes, les blessures, mais aussi les rares moments de satisfactions.

La seconde nous ramène au Danemark : après avoir constaté les conséquences de l'absence de Pedersen sur sa famille restée au pays, nous assistons aux effets de son retour ainsi qu'à son procès. C'est cette ultime partie qui sera la plus faible du film : si l'on appréciera l'ambiguïté qui ressort de l'audience, on regrettera l'aspect un peu caricatural de certains éléments, comme la représentante de l'accusation, présentée comme particulièrement détestable alors que son raisonnement est plutôt compréhensible.

Nouvelle réussite pour Tobias Lindholm donc, qui réussit là où Clint Eastwood avait échoué. On ressent parfaitement les dilemmes moraux imposés aux soldats, et on appréhende bien mieux leur humanité, avec leurs qualités et leurs défauts. On saluera également, une nouvelle fois, la performance de Pilou Asbaek (l'acteur fétiche de Lindholm, également vu dans Lucy et dans Profanation), parfait dans le rôle de ce commandant coincé entre sa mission, ses soldats, son devoir de protection, sa moralité et sa famille.

Note : 8/10


vendredi 6 mai 2016

Les Enquêtes du Département V : Délivrance


Titre : Les Enquêtes du Département V : Délivrance (Flaskepost fra P)
Réalisateur : Hans Petter Molland
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pal Sverre Valheim Hagen
Date de sortie en France : 5 mai 2016 (en e-cinema)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé... L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?

Avis : 
Après Miséricorde et Profanation, le duo inspiré des romans de Jussi Adler-Olsen revient pour une troisième affaire, qui a de nouveau battu des records d'entrée au Danemark. Hans Petter Molland succède à Peter Norgaard à la réalisation, pour une histoire basée sur des enlèvements d'enfants au sein de communautés religieuses très fermées. Hélas, cette fois, on ressort du film avec un sentiment plutôt mitigé.


L'impression générale, en fait, est celle d'un survol très lointain du sujet. Alors que le sujet est assez formidable, avec cette plongée dans les obscurantismes religieux et leur culture du secret bien utilisés par le tueur en série (Pal Sverre Valheim Hagen, à qui l'on donnerait justement le bon Dieu sans confession), le film reste en surface. Cela vient peut-être des problèmes d'adaptation des deux premiers volets, qui délaissaient presque totalement les spécificités liées au personnage d'Assad et à son passé : d'une place centrale dans le roman, l'assistant musulman fait presque de la figuration dans un film pourtant centré sur la religion. Un peu dommage quand même...

Cette sensation de survol se retrouve également du côté de l'enquête : évidemment moins développée que dans le roman, elle manque clairement de liant, entre éléments rapidement balancés au placard (la bouteille à la mer est déchiffrée puis oubliée en un temps record) et solutions qui tombent du ciel.Les policiers ne font finalement aucune recherche, ou presque, et tout semble leur tomber sous le nez par hasard, là où les deux volets précédents parvenaient à offrir une intrigue et une enquête cohérente.

Après deux premiers volets très réussis, Délivrance est donc une petite déception. Si l'on retrouve avec un certain plaisir la saga, on ne pourra que regretter des choix scénaristiques trop faciles faisant souvent passer le film à côté de son sujet. Pour le reste, entre flash-backs réguliers, poussées de suspense (là aussi, souvent mal gérés, comme les scènes du train ou de l'hôpital) et mise en scène froide, nous restons en terrain connu, mais sans le désir de vite enchaîner sur le prochain opus...

Note : 6/10


jeudi 26 mars 2015

Les Enquêtes du Département V : Profanation


Titre : Les Enquêtes du Département V : Profanation (Fasandræberne)
Réalisateur : Mikkel Norgaard
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pilou Asbæk
Date de sortie en France : 8 avril 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
En 1987, un double-meurtre défraye la chronique. Malgré les soupçons qui pèsent sur un groupe de pensionnaires d’un internat, la police classe l’affaire, faute de preuve… Jusqu'à l'intervention, plus de 20 ans après, du Département V : l’inspecteur Carl Mørck, et Assad, son assistant d’origine syrienne, spécialisés dans les crimes non résolus.Ensemble, ils rouvrent l’affaire qui les amène à enquêter sur trois des notables les plus puissants du Danemark.

Avis : 
Après Miséricorde, le Département V revient pour une deuxième enquête, toujours inspirée des romans de Jussi Adler-Olsen et toujours réalisée par Mikkel Norgaard. Cette fois, ce n'est pas une disparition qui va retenir l'attention des deux policiers, mais une affaire de meurtres et de viol non élucidés depuis vingt ans, pour une enquête encore plus difficile et plus sombre que la précédente.


J'avais beaucoup aimé le premier épisode de cette nouvelle saga cinématographique : j'ai encore davantage apprécié Profanation. Tout d'abord, le scénario est encore mieux ficelé, assemblant peu à peu les nombreuses pièces d'un puzzle très bien agencé, et réussissant paradoxalement à maintenir le mystère et le suspense tout en nous révélant assez rapidement l'identité du tueur. On s'intéresse dès lors à l'enquête en elle-même, mais aussi aux circonstances ayant entraîné les meurtres, pour découvrir plusieurs portraits de personnages assez glaçants.

Profanation est également plus violent que le premier volet, et plus sombre, notamment autour du destin de Kimmie, loin des personnages féminins parfois lisses que l'on retrouve souvent dans le genre. Tout comme pour le premier volet, on retrouve les influences de Millénium, le film et de David Fincher, notamment dans l'évolution de l'inspecteur Carl Mørck, qui évoque parfois le Brad Pitt de Seven. On regrettera néanmoins que son coéquipier, Assad, reste la plupart du temps en retrait et ne participe presque jamais à l'enquête, se contentant de suivre sans prendre d'initiative.

Bénéficiant en plus d'un casting impeccable (on retrouve d'ailleurs Pilou Asbæk, déjà vu dans les excellents R et Hijacking - et dans l'immonde Lucy de Luc Besson, personne n'étant parfait) et d'une réalisation toujours aussi sobre et soignée, Profanation est donc à mes yeux encore plus réussi que Miséricorde, en grande partie grâce à un scénario remarquable qui nous plonge entièrement dans une enquête passionnante et sans temps mort. Il est presque frustrant de devoir maintenant attendre le troisième volet, dont le tournage va bientôt commencer !

Note : 8,5/10


samedi 21 mars 2015

Les Enquêtes du Département V : Miséricorde


Titre : Les Enquêtes du Département V : Miséricorde (Kvinden i buret)
Réalisateur : Mikkel Norgaard
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Sonja Richter
Date de sortie en France : 27 mars 2015 (VOD)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Après une bavure qui coûte la vie à l’un de ses collègues et laisse son meilleur ami paralysé, l’inspecteur Carl Mørck a presque tout perdu. Mis sur la touche, privé du droit d’enquêter, il est chargé d’archiver les vieux dossiers du commissariat avec Hafez el Assad, l’assistant d’origine syrienne qui lui est imposé. Mais très vite, les deux policiers désobéissent à leur supérieur et rouvrent une enquête jamais résolue, la disparition mystérieuse d’une jeune politicienne prometteuse survenue cinq ans auparavant.  C’est la naissance du Département V et sa première enquête...

Avis : 
Le Département V est une saga littéraire écrite par le danois Jussi Adler-Olsen, dont les cinq premiers tomes ont été traduits en français. Premier volet de la série, Miséricorde va nous permettre de découvrir ledit département V, et ce duo de policiers mis au placard avec les vieux dossiers à archiver... qu'ils vont décider d'étudier de nouveau, plusieurs années plus tard.


Très clairement, de l'idée d'enquêter sur des situations du passé à la façon de mener l'enquête, l'influence de Millénium se fait ressentir : utilisation de (nombreux) flash-backs, capacité à donner une signification nouvelle à d'anciens indices, et même la réunion de deux personnes que tout oppose au début mais qui finiront par se montrer complémentaires, Miséricorde ne prétend clairement pas apporter quelque chose de nouveau au genre... mais va suivre le cahier des charges de façon très efficace.

L'enquête se révèle ainsi passionnante, grâce à un scénario intelligent et un mystère vraiment intéressant. La progression n'évite pas certaines facilités, mais l'ensemble est assez cohérent pour se prendre facilement au jeu, d'autant que le duo de policiers est vraiment attachant, avec deux personnages bien développés, avec une vraie personnalité et pas mal de crédibilité, notamment grâce à leurs défauts, soulevés avec une pointe d'humour plutôt efficace.

Si l'on pense parfois aussi à David Fincher, influence par ailleurs clairement revendiquée par Mikkel Norgaard, cette première enquête du Département V marche surtout sur les traces du Millénium, le film de Niels Arden Oplev, notamment dans cette impression de froideur typique des films scandinaves. Très classique donc, mais aussi et surtout très efficace, Miséricorde donne immédiatement envie de découvrir la suite, Profanation, et même de se pencher sur la saga littéraire dont les films s'inspirent !

Note : 7,5/10




mardi 16 septembre 2014

The Salvation


Titre : The Salvation
Réalisateur : Kristian Levring
Acteurs : Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan
Date de sortie en France : 27 août 2014
Genre : western

Synopsis : 
1870, Amérique. Lorsque John tue le meurtrier de sa famille, il déclenche la fureur du chef de gang, Delarue. Trahi par sa communauté, lâche et corrompue, le paisible pionnier doit alors traquer seul les hors-la-loi.

Avis : 
Avec The Salvation, Kritian Levring s'écarte des principes de sobriété du Dogme danois initié par Lars von Trier et Thomas Vinterberg (et selon les règles duquel il aura réalisé Le Roi est vivant) pour nous proposer un western aussi classique sur le fond que travaillé sur la forme. L'histoire est presque banale, celle de la vengeance d'un homme peu bavard contre un groupe de malfaiteurs.


Evidemment, Mads Mikkelsen (La Chasse, Michael Kohlhaas) est parfait dans un rôle rappelant notamment celui de Clint Eastwood dans Josey Wales, hors la loi, et Kristian Levring s'applique à rendre hommage aux grands noms du western, de John Ford à Sergio Leone, par le biais de références très nombreuses, jusqu'à parfois frôler l'overdose. Le film est également remarquable par son esthétique, chaque plan étant incroyablement travaillé, et la photographie de Jens Schlosser donne à certaines scènes une atmosphère particulière, à la limite du fantastique.

Des éléments plutôt soignés donc, à la différence de certains personnages : comme souvent, Eva Green (300 : la naissance d'un Empire) brille par sa médiocrité dans un rôle particulièrement caricatural, et on se demande un peu ce qu'est venu faire Eric Cantona dans le film. De maigres défauts, qui s'ajoutent donc à ce classicisme qui pourra sans doute en frustrer certains, pour un western classique mais efficace, avec quelques fulgurances visuelles et un Mads Mikkelsen parfait dans un rôle qui lui va comme un gant.

Note : 7/10


lundi 26 mai 2014

Millénium, le film


Titre : Millénium, le film (Män som hatar kvinnor)
Réalisateur : Niels Arden Oplev
Acteurs : Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre
Date de sortie en France : 13 mai 2009
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...

Avis : 
Millénium, le film est la première adaptation, avant celle de David Fincher, du premier volet de la trilogie écrite par Stieg Larsson. Une adaptation forcément compliquée, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes se concentrant souvent sur les pensées de Lisbeth Salander et de Mikael Blomkvist, sur leurs rapports et leur évolution très subtile, et finalement sur une enquête un peu particulière, au rythme assez lent et aux nombreuses redondances.


A l'écran, cela va donner une première heure sans rythme, où nous découvrirons les personnages et les premiers éléments liés à la disparition d'Harriet. Prenant quelques libertés avec l'oeuvre d'origine, le film peine surtout à retranscrire les liens entre Blomkvist et Lisbeth, et choisit même d'en livrer une approche différente : la complicité semble ainsi totalement artificielle, et on se retrouve devant une enquête menée par un duo classique dont on ne ressent jamais vraiment la différence ou la complémentarité.

En fait, on oublie vite l'enquête, peu intéressante dans sa première partie, et Mikael Blomkvist, même si Michael Nyqvist est assez convaincant, au profit du personnage de Lisbeth Salander. Parfaitement incarnée par Noomi Rapace, la jeune femme est fascinante et est finalement l'aspect le plus intéressant du film. Elle permet à l'enquête de rebondir de façon plus convaincante, et participe largement à une deuxième heure bien plus convaincante que la première.

Millénium, le film reste donc une adaptation moyenne d'un roman qui n'atteignait de toute façon que rarement des sommets. Basé sur une enquête souvent poussive, le film vaut surtout pour l'interprétation de Noomi Rapace (que l'on verra plus tard dans Prometheus par exemple), impressionnante en Lisbeth Salander et une deuxième heure plus rythmée, où les questions obtiennent enfin des réponses. Nous retrouverons le duo dans les deux adaptations suivantes de l'oeuvre de Larsson : La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La Reine dans le palais des courants d'air.

Note : 6,5/10


samedi 5 avril 2014

La Grande aventure Lego


Titre : La Grande aventure Lego (The Lego movie)
Réalisateur : Phil Lord, Chris Miller
Acteurs : Chris Pratt, Will Ferrell, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l'on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d'autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d'état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n'est absolument pas prêt à relever un tel défi !

Avis : 
 Depuis quelque temps, la marque Lego envahit nos écrans : sur consoles de jeux d'abord, ou après avoir proposé de très sympathiques relectures de grandes sagas cinématographiques (Indiana Jones, Harry Potter ou encore Le Seigneur des anneaux), elle s'est récemment lancée dans une aventure inédite avec Lego City Undercover ; en DVD ensuite, avec des mini-séries et de nouvelles adaptations de ces univers (Lego Batman, le film : unité des superhéros). C'est tout naturellement que les personnages jaunes et les briques de construction débarquent enfin sur grand écran, avec une aventure totalement inédite.


Sans surprise, nous allons retrouver l'humour et les délires visuels caractéristiques des oeuvres Lego. Constructions loufoques, univers décalés, personnages issus de films, références au catalogue de jeu et au cinéma, et surtout omniprésence des briques de construction (tout, ou presque, est en Lego), le tout au service de situations forcément improbables et d'un scénario faisant la part belle à l'action insensée : on en a vraiment pour notre argent à ce niveau là.

Mais là où le film va surprendre, c'est avec son double degré de lecture : au-delà du film d'animation pour enfant, La Grande aventure Lego va ainsi citer directement George Orwell dans sa description d'un univers dictatorial où tout le monde est surveillé, où chacun doit se fondre dans la masse (et quoi de plus idéal pour cela que le visage classique des personnages Lego), respecter les instructions à la lettre... Le film devient ainsi une célébration de la liberté et de l'imagination, offrant une profondeur assez inattendue.

Si l'on attendait un film d'animation sympathique, The Lego movie va donc plus loin encore en conjuguant le divertissement familial à des thèmes plus matures et particulièrement cohérents avec l'univers Lego. Un vrai plaisir aussi drôle qu'intelligent, et qui donne presque envie de se relancer dans la constructions d'oeuvres improbables avec les célèbres briques !

Note : 8/10


vendredi 14 mars 2014

Nymphomaniac - volume II


Titre : Nymphomaniac - volume II
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Willem Dafoe
Date de sortie en France : 29 janvier 2014
Genre : érotique, drame

Synopsis : 
La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
Après un volume I un peu décevant car finalement trop léger, ce volume II de la version remontée de Nymphomaniac reprend là où nous en étions restés : la jeune Joe ne parvient plus à ressentir de plaisir sexuel. Elle va dès lors tenter de multiplier les expériences sexuelles, se dirigeant peu à peu vers des pratiques extrêmes, du ménage à trois avec deux inconnus au masochisme le plus violent.


Le film prend donc un virage plus glauque, plus cru, notamment lors des passages chez K... mais reste toujours étrangement cocasse, comme pendant la scène avec les deux noirs où von Trier s'amuse à placer les deux sexes en érection au premier plan, devant Charlotte Gainsbourg, où dans les éternelles comparaisons farfelues de Seligman. Le réalisateur danois en profite pour faire dans l'auto-citation, avec une scène rappelant fortement Antichrist, un film qui présente d'ailleurs de nombreuses similitudes avec ce Nymphomaniac, notamment dans cet échange analytique aux frontières du réel entre deux personnages que tout oppose.

Hélas, le film finit par perdre tout son intérêt lorsque le voyage érotique de Joe s'achève. Le dernier chapitre semble ainsi tomber comme un cheveu sur la soupe, et n'a finalement d'autre intérêt que de légitimer le fil rouge entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgard. Le rythme change, le thème change, et l'intérêt retombe peu à peu dans ce chapitre plus classique, aux allures de thriller.

Au final, ce voyage sexuel ressemble surtout à un pétard mouillé. On saura plus tard si le remontage et la censure du mastodonte de Lars von Trier en est la cause, mais ni la relation entre Joe et Seligman, ni le parcours de la femme interprétée par Charlotte Gainsbourg, ne sont d'un formidable intérêt. On appréciera en revanche cet humour très particulier, où le réalisateur danois s'amuse de comparaisons et de plans très osés, quitte à donner dans la provocation un peu trop facile.

Note : 
6/10

mercredi 5 mars 2014

Nymphomaniac - volume I


Titre : Nymphomaniac - volume I
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, érotique

Synopsis : 
 La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
 C'est un film qui a beaucoup fait parler de lui bien avant sa sortie, autant pour sa campagne de publicité, avec ces affiches nous montrant le visage des acteurs en plein orgasme, que pour la durée phénoménale du premier montage du film : on parle d'une oeuvre d'environ 5h30, que Lars von Trier refuse de couper. C'est finalement le producteur qui sera chargé de remonter le film, l'amputant d'1h30 et l'exploitant au cinéma en deux parties de deux heures chacune, avec un texte nous informant au début du film que le montage, s'il a été accepté par le réalisateur danois, n'est pas son montage. 


Pour cette première partie, nous suivrons l'enfance et l'adolescence de Joe (Charlotte Gainsbourg, pour sa troisième collaboration avec von Trier après Antichrist et Melancholia), racontée par elle-même à Seligman (Stellan Skarsgard, pour la cinquième fois). De sa découverte de la sexualité aux jeux sexuels avec de nombreux partenaires, le témoignage est émaillé des commentaires du vieil homme dans des comparaisons souvent cocasses avec la pêche à la mouche ou le cantus firmus de Bach.

Aussi, étonnamment, ce sont ces passages à l'humour très particulier qui marquent et convainquent le plus. On retiendra ainsi l'extraordinaire séquence où Uma Thurman débarque avec ses enfants chez Joe pour y retrouver son mari. Un décalage bienvenu dans un film dramatique autrement assez poussif, et finalement assez banal malgré l'évidente volonté de choquer de Lars von Trier et l'excellence de l'interprétation. On finit ainsi par s'ennuyer, la démonstration étant assez classique, et les scènes de sexe ne ressemblant finalement qu'à du remplissage.

En attendant la seconde partie, qui semble bien plus crue et s'attarder sur les expériences extrêmes de la Joe adulte, cette première partie peine donc à réellement convaincre. On y retrouve ainsi les tics de Lars von Trier (l'introduction, où Führe mich de Rammstein explose soudain après quelques minutes de silence et de contemplation, nous résume presque sa carrière), au service d'un film dont les rares moments forts (le chapitre Delirium, en noir et blanc, est magnifique) sont un peu noyés dans deux heures souvent creuses...

Note : 6/10


vendredi 14 février 2014

R


Titre : R
Réalisateur : Tobias Lindholm, Michael Noer
Acteurs : Pilou Asbæk, Dulfi Al-Jabouri, Roland Møller
Date de sortie en France : 15 janvier 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir.

Avis : 
Datant de 2010, R est le premier long métrage de Tobias Lindholm (réalisé avec Michael Noer), à qui l'on doit déjà ces derniers mois Hijacking et le scénario de La Chasse. Profitant peut-être du succès de ces deux derniers films, et appartenant au genre si particulier du "film de prison", R sort donc sur nos écrans en ce début d'année 2014.


R, c'est donc Rune, le personnage principal, mais aussi Rachid. Deux jeunes adultes découvrant l'univers carcéral et confrontés à sa dure réalité, où le nouveau et le faible sont des cibles faciles pour les vétérans, et doivent rentrer dans leurs bonnes grâces afin de survivre. Deux prisonniers appartenant à deux ailes différentes, les danois étant séparés des arabes, mais se liant d'amitié en travaillant ensemble aux cuisines et en découvrant ensemble le moyen de grimper dans la hiérarchie carcérale. 

On pense fortement à Un prophète de Jacques Audiard dans le parcours de ces deux prisonniers, passant des sales besognes à un business qui leur ouvre davantage de portes...mais ne le rend pas intouchables. Car la prison reste un lieu dangereux, où l'on peut facilement être trahi, passé à tabac ou pire encore. Lindholm et Noer réussissent à parfaitement retranscrire l'atmosphère anxiogène des lieux, grâce à un rythme très lent, mais aussi un réalisme clinique lors des scènes les plus violentes, autant au niveau visuel que sonore.

Bref, R est un excellent film de prison, qui confirme à rebours tout le bien que l'on pensait de Tobias Lindholm (mais aussi de l'acteur Pilou Asbæk, impeccable) depuis Hijacking. Très cru, très sombre, il donne de l'univers carcéral une description très dure, implacable où les règles de vie entre détenus finissent toujours par rattraper le plus faible, même lorsqu'il pense enfin avoir trouvé sa place. 

Note : 8,5/10


lundi 4 novembre 2013

Northwest


Titre : Northwest (Nordvest)
Réalisateur : Michael Noer
Acteurs : Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Roland Mølle
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
 Nordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague. Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier. Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage. Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

Avis : 
 Un thriller danois mettant en scène des petites frappes : le parallèle avec Pusher, de l'illustre Nicolas Winding Refn, est inévitable. D'ailleurs, Northwest ressemble à de nombreux égards à son aîné, avec cette réalisation austère, cette ambiance froide et cette histoire de jeune délinquant dépassé par le monde qui l'entoure. Casper n'est ainsi qu'un sous-fifre, le plus bas échelon de la hiérarchie, celui qui s'acquitte des tâches ingrates et n'est jamais récompensé autant qu'il aimerait l'être. Un vulgaire homme de main, comme Copenhague en compte des dizaines.


 Un jeune homme qui va donc être entraîné, par ses rêves de grandeur, dans une spirale de violence qui ira crescendo : des petits cambriolages à la drogue, jusqu'à des débordements de violence. Comme pour Pusher, l'histoire est assez classique. Mais en se concentrant sur l'unique point de vue de Casper, brillamment interprété par Gustav Dyekjaer Giese, Northwest fait mouche, montrant sa volonté d'évoluer dans la hiérarchie des truands, mais nous confrontant également à ses doutes et faiblesses, le poussant à entraîner son jeune frère avec lui.

Le film de Michael Noer semble ainsi suivre une trajectoire prédéfinie, faisant glisser ses personnages le long d'une progression inéluctable vers la violence. Et si l'on peine à s'attacher aux deux frères, certaines scènes très brutales viennent ponctuer le récit, achevant d'en faire une oeuvre glaciale bien que trop classique pour véritablement remporter une totale adhésion. Reste une oeuvre prometteuse, plus réussie à mon sens que le Pusher de Refn, qui donne envie de revoir le réalisateur et le duo d'acteurs dans le futur.

Note : 7,5/10



mercredi 10 juillet 2013

Hijacking


Titre : Hijacking (Kapringen)
Réalisateur : Tobias Lindholm
Acteurs : Pilou Asbæk, Søren Malling, Dar Salim
Date de sortie en France : 10 juillet 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
En plein océan Indien, le navire danois "MV Rosen" est pris d’assaut par des pirates somaliens qui retiennent en otage l’équipage et réclament une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes restés à bord, Mikkel, le cuisinier, marié et père d’une petite fille. Prisonnier et affaibli, il se retrouve au cœur d’une négociation entre Peter, le PDG de la compagnie du cargo et les pirates. Pour l’armateur, sauver ses hommes est un devoir. Mais le sang-froid et les millions suffiront-ils à ramener tous ses marins dans leur famille ? 

Avis : 
Hijacking est un film danois qui, s'il ne s'inspire pas d'une histoire vraie en particulier, s'inspire d'un phénomène devenu récurrent dans l'océan Indien. Tobias Lindholm, notamment scénariste pour La Chasse de Thomas Vinterberg, va ainsi nous plonger au coeur d'une prise d'otages par des pirates somaliens, et aux négociations, à des milliers de kilomètres de là, pour tenter d'obtenir leur libération. 


On alterne ainsi entre la vie sur le bateau, avec ses prisonniers et ses pirates, et celle dans les bureaux de la compagnie, où le PDG tente, épaulé par un négociateur, d'engager la conversation avec les ravisseurs. Ce double point de vue permet de constamment rebondir sur les différents événements : le découragement des prisonniers fait écho à la volonté des négociateurs de ne pas céder au chantage, tandis que ces derniers sont perpétuellement dans le doute concernant la situation des otages. Chaque partie bénéficie ainsi du suspense de l'autre, et chaque action a des répercussions sur ce qu'il se passe à l'autre bout du monde.

On s'attache ainsi rapidement à Mikkel, qui personnifie l'ensemble de l'équipe, mais aussi à Peter, le patron, qui semble d'abord intraitable et impassible mais se montre rapidement très concerné par la survie de ses employés. Le film nous offre ainsi quelques magnifiques moments d'euphorie, de joie simple et de communion entre les prisonniers et les pirates lors d'une pêche miraculeuse ou d'une fête improvisée...mais contrebalance constamment ces moments avec la réalité terrible de la prise d'otage, et de la menace permanente que ceux-ci représentent même quand ils semblent plus humains.

Hijacking est donc un film très fort, avec un suspense omniprésent, et porté par un Pilou Asbæk impressionnant d'intensité. Une vraie réussite, parfois glaçante et étouffante, le spectateur étant tellement pris par le huis-clos qu'il va, à l'instar des personnages, prendre de vraies bouffées d'air quand l'action ira brièvement sur le pont du bateau. 

Note : 8/10
  
 

jeudi 20 juin 2013

Only God forgives


Titre : Only God forgives
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs : Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm
Date de sortie en France : 22 mai 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.
Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. 


Avis : 
Jusqu'à présent, le cinéma de Nicolas Winding Refn m'a toujours laissé de marbre : Drive n'avait pas été la claque annoncée, j'avais trouvé Valhalla Rising plutôt vain, Bronson sans grand intérêt et sa trilogie Pusher franchement anecdotique. Pourtant, il faut bien l'avouer, la controverse née lors du passage à Cannes de ce Only God forgives, où il fut hué, a attisé ma curiosité, malgré la présence en tête d'affiche d'un acteur qui commence sérieusement à m'agacer, Ryan Gosling (The Place beyond the pines, Gangster squad) et ses éternels rôles d'homme mystérieux, inexpressif et mutique.


Et cette fois, ma curiosité a été amplement récompensée : Only God forgives est une véritable claque, une impressionnante descente aux Enfers filmée de main de maître par Refn et interprétée à la perfection par une Kristin Scott Thomas détestable et un Vithaya Pansringarm impresionnant de charisme. Le réalisateur danois nous plonge dans un Bangkok entre western asiatique et onirisme, alternant réglages de compte d'une violence extrême et visites fantasmagoriques dans ce que la ville fait de plus sombre. 

Il fait ainsi naître un véritable malaise en enfermant ses personnages au milieu de couloirs étroits, entre les montants d'une porte ou d'une fenêtre...Ils y apparaissent ainsi un peu trop présents, presque comme des éléments extérieurs au décor auquel ils semblent ne pas appartenir, dans un cadre qui devient plus haut que large, tel un miroir ou un poster, ou tout simplement une entrée vers une autre réalité. Cette utilisation des décors, aux couleurs chaudes (les bordels baignent dans des lumières rouge, orange et jaune), à l'atmosphère irréelle, n'est d'ailleurs pas sans rappeler Stanley Kubrick, Gaspar Noé ou même David Lynch, et renforce l'aspect profondément anxiogène de OGF. Refn parsème de plus ces murs d'éléments mythologiques et fantastiques, les dragons et autres monstres observant et jugeant ainsi en permanence des personnages totalement étrangers aux notions de Bien ou de Mal.


Des personnages qui semblent eux-mêmes étrangers à notre monde, de la mère gorgonesque, incestueuse et castratrice, humiliant constamment son fils, à ce policier omnipotent et omniscient, véritable Dieu d'une Justice radicale et invincible. Vithaya Pansringarm crève d'ailleurs l'écran dans ce rôle, dévorant littéralement Ryan Gosling dans une interprétation toute en mutisme et en intensité, dégageant malgré un physique classique un étonnant charisme. 

Bref, oublié mon ennui devant ses oeuvres précédentes : Only God forgives me réconcilie immédiatement avec Nicolas Winding Refn, et me donne même envie de me replonger dans sa filmographie. Une oeuvre furieuse et destabilisante, un voyage dans un horrible Labyrinthe qui, s'il cache bien un monstre en son sein, ne nous offre aucune Ariane pour en sortir.

Note : 9,5/10