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mercredi 3 juin 2015

Maggie


Titre : Maggie
Réalisateur : Henry Hobson
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson
Date de sortie en France : 27 mai 2015
Genre : drame

Synopsis : 
Alors qu'une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu'elle a été contaminée, elle s'enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s'il lui faut affronter les forces de police...

Avis : 
Si vous déjà vu le film, vous le savez déjà, mais rappelons-le quand même pour ceux qui n'ont pas eu cette... chance : le synopsis que vous venez de lire n'est PAS celui de Maggie. L'auteur de ce court résumé, dont l'incompétence laisse penser qu'il est également responsable de l'immonde affiche, s'est sans doute dit que ça fonctionnerait mieux si on promettait aux fans de Schwarzy un peu d'action. Affirmons-le donc une bonne fois pour toute : il n'y a pas d'action dans Maggie. Pas un gramme. Ce qui n'est pas nécessairement un défaut, au contraire même, lorsque l'aspect dramatique est réussi. Ici, c'est un défaut.


La promesse d'une variation dramatique sur le thème - par ailleurs usé jusqu'à la corde - du zombie était en fait plus alléchante que l'idée d'un énième film bourrin-concon où les morts-vivants ne serviraient que de chair à canon. Hélas, au fil d'une progression sans originalité ni enjeu, le film ne propose qu'un drame raté dans lequel Arnold Schwarzenegger se contente d'attendre passivement que sa fille fasse quelque chose.

Pire encore, Maggie semble n'avoir pour unique ambition que la réunion des différents clichés du genre, et nous refuse purement et simplement tout embryon de commencement de naissance de tension en nous annonçant chaque événement plusieurs fois avant qu'il n'arrive (le renard) et en éliminant les éléments potentiellement horrifiques quelques minutes après leur apparition (on n'allait quand même pas laisser un zombie dans la même maison que des enfants !). Et comme la métamorphose d'Abigail Breslin, aussi bien physique (avec un maquillage que l'on qualifiera d'aléatoire) que psychologique, ne propose rien de nouveau, on s'emmerde royalement.


Et si on s'ennuie autant, c'est surtout parce qu'on se désintéresse totalement du destin des personnages. Abigail Breslin (The Call, Little Miss sunshine, Bienvenue à Zombieland) peut bien devenir une zombie et se faire exploser le caisson, ça n'aura pour conséquence que de rayer de l'écran ses deux uniques expressions faciales (sourire niais ou vague déprime), Arnold peut bien se faire bouffer par sa fille, ses répliques et son interprétation sont déjà caractéristiques d'un électroencéphalogramme plat. Dommage, parce qu'on avait enfin l'occasion de le voir ailleurs que dans les films d'action décérébrés qu'il enchaîne depuis le succès d'Expendables (Sabotage, Evasion...).

Bref, Maggie, c'est très mauvais. A aucun moment le film d'Henry Hobson ne parvient à exploiter un thème pourtant intéressant, et se contente de recycler sans imagination ni ambition les éléments que l'on peut voir dans tous les films centrés sur la maladie, horrifique ou non. Quitte à rester dans l'évocation dramatique de la transformation en zombie, on préférera largement revoir "Moi zombie : chronique de la douleur" d'Andrew Parkinson...

Note : 2/10


mercredi 27 mars 2013

Des abeilles et des hommes


Titre : Des abeilles et des hommes (More than honey)
Réalisateur : Markus Imhoof
Avec : Charles Berling (narrateur)
Date de sortie en France : 20 février 2013
Genre : documentaire animalier

Synopsis :
Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.
Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.
Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. » 

Avis : 
Curieux documentaire que ce Des abeilles et des hommes : en sortant de la salle, on est assez perplexe quant au message que veut nous faire passer Markus Imhoff. C'est bien simple, son film ne parle pratiquement que d'argent, et même les personnages présentés au premier abord comme passionnés par les insectes n'y voient finalement qu'un produit comme un autre, la destruction d'une ruche n'étant vue que comme une perte de revenus.

Le titre français est ainsi particulièrement bien choisi : on voit pendant tout le film l'intervention constante de l'homme, manipulant les reines, exportant les abeilles, bombardant les plantes de fongicides ou contrôlant en permanence l'espèce. Un business important, aux moyens impressionnants, et présenté comme directement responsable de la disparition d'une énorme partie des abeilles depuis plusieurs années. C'est simple, à quelques exceptions près - tendant néanmoins à s'effacer à leur tour, comme les abeilles africanisées - les abeilles sont aujourd'hui totalement dépendantes de l'homme, unique rempart contre les maladies qu'il a lui-même causées.


Des abeilles elles-même, nous n'apprendrons ainsi pas grand chose de nouveau : elles récoltent le nectar, produisent du miel, dansent pour indiquer la direction des champs, et ont une reine. En fait, elles ne sont vraiment présentées que comme des biens, sauf quand on essaie de nous tirer une émotion en nous montrant, en gros plan, l'agonie de certaines ouvrières dévorées par un parasite ou aspergées de fongicide. Plus étrange encore, le métrage met tellement l'accent sur les producteurs qu'on finit par se demander si l'on ne doit pas plaindre davantage les hommes que les insectes. Quant aux conséquences possibles de leur éventuelle disparition, elles sont tout simplement survolées.

Imhoof montre ainsi beaucoup de choses, passe régulièrement du coq à l'âne (le fil rouge ne sert finalement à rien) et ne semble finalement rien vouloir démontrer. Cela donne un documentaire aussi agaçant que le comportement des apiculteurs, dont le message manque de clarté. On regrettera aussi les abeilles en numérique, uniquement destinées à illustrer lourdement le propos et à nous procurer quelques scènes d'action en volant aux côtés d'une abeille...

Note : 5/10