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samedi 26 décembre 2015

Love & mercy : la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys


Titre : Love & mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys (Love & Mercy)
Réalisateur : Bill Pohlad
Acteurs : Paul Dano, Juohn Cusack, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 1er juillet 2015
Genre : biopic, musical, drame

Synopsis :
Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Avis :
Dans le genre si codifié du biopic musical, Love & Mercy est venu cette année apporter une bonne dose d'originalité : en effet, en choisissant de s'écarter du développement chronologique convenu pour brosse en parallèle deux périodes de la vie de Brian Wilson, Bill Pohlad va nous offrir une œuvre bien plus riche, avec des parties se faisant constamment écho.


 D'un côté, un Brian Wilson jeune, au sommet de son succès, mais déjà rongé par l'incompréhension de ses proches et une folie qui prend peu à peu de l'importance. De l'autre, un Brian Wilson âgé, fatigué par des années de maladie mentale et de contrôle par un psychologue vampire. A l'euphorie créative de la première partie répond le drame feutré lié à la schizophrénie paranoïaque.

Love & Mercy nous propose ainsi d'étudier le processus de création de Brian Wilson à l'époque des Beach Boys, avec son sens du détail, ses originalités parfois mal perçues : on assiste à la naissance de certains grands succès du groupe d'une façon beaucoup plus précise que dans de nombreux biopics musicaux. Si le film nous épargne les années de déchéance morbide du chanteur / créateur, l'évocation de ses relations avec le docteur Landy est à glacer le sang, tandis que sa rencontre avec Melinda Ledbetter apporter une vraie bouffée d'oxygène.

Porté par un Paul Dano (Twelve years a slave, Youth) et un John Cusack (2012, Maps to the stars) impressionnants, Love & Mercy est une réussite incroyable, qui parvient à évoquer le génie créatif (n'ayons pas peur des mots) d'un artiste tout comme sa part d'ombres. Et il donne envie de se pencher de nouveau sur la musique des Beach Boys et de Brian Wilson, qui rythme le film et lui donne par moments une énergie folle.


Note : 8,5/10


lundi 19 octobre 2015

N.W.A : Straight outta Compton


Titre : N.W.A. - Straight outta Compton
Réalisateur : F. Gary Gray
Acteurs : O'Shea Jackson Jr., Corey Hawkins, Jason Mitchell
Date de sortie en France : 16 septembre 2015
Genre : biopic, musical, drame

Synopsis :
En 1987, cinq jeunes hommes exprimaient leur frustration et leur colère pour dénoncer les conditions de vie de l'endroit le plus dangereux de l’Amérique avec l'arme la plus puissante qu'ils possédaient : leur musique. Voici la véritable histoire de ces rebelles, armés uniquement de leur parole, de leur démarche assurée et de leur talent brut, qui ont résisté aux autorités qui les opprimaient. Ils ont ainsi formé le groupe de rappeur des N.W.A. en dénonçant la réalité de leur quartier. Leur voix a alors déclenché une révolution sociale qui résonne encore aujourd'hui.

Avis :
Comme son titre l'indique, NWA – Straight outta Compton revient sur la carrière de l'un des plus fameux groupe de rap américain, qui a popularisé le gangsta rap et inspiré tout un pan de la musique. A travers l'histoire, forcément romancée, du groupe, c'est l'histoire du gangsta rap des années 90 qui va s'écrire, avec des artistes tels que Ice Cube, Dr Dre, Eazy E, MC Ren, mais aussi Snoop Dogg ou 2Pac.


Rien de bien nouveau dans la description du quotidien de ces jeunes noirs confrontés à la pauvreté, à la violence et aux brutalités policières, et qui traduiront tous ces éléments dans leur musique. En revanche, le film devient terriblement accrocheur dès qu'il place ses personnages dans leur art, autant dans l'écriture, dans l'enregistrement que dans les séquences de concert, formidables. On sera ainsi véritablement pris aux tripes lors de l'interprétation de Fuck tha police, ou en découvrant le No vaseline d'Ice Cube où il démonte méthodiquement ses anciens camarades.

Même si l'on connaît un peu l'histoire du groupe et des personnages qui graviteront autour, la mayonnaise prend parfaitement devant les différentes difficultés du groupe, notamment avec l'apparition de Suge Knight ou les problèmes de santé de E. Mais surtout, on replonge avec un véritable plaisir dans les musiques de l'époque, de Straight outta Compton à Nuthin' but a G thang en passant par Hail Mary ou The BoyZ N the hood, qui donnent envie de se replonger dans les classiques du gangsta rap.

On ne s'ennuie pas une seconde devant ce long biopic qui retrace parfaitement les grandes étapes des carrières des membres du groupe N.W.A. Si le film reste en surface en ce qui concerne la place des jeunes afro-américains dans la société américaine, l'aspect biopic est suffisamment réussi, avec de nombreux passages marquants, pour faire de Straight outta Compton une réussite, dans la lignée de 8 mile il y a quelques années.


Note : 8/10


mardi 10 février 2015

La Famille Bélier


Titre : La Famille Bélier
Réalisateur : Eric Lartigau
Acteurs : Louane Emera, Karin Viard, François Damiens
Date de sortie en France : 17 décembre 2014
Genre : comédie, drame

Synopsis : 
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à  ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l’éloignement de sa famille et un passage inévitable à l’âge adulte.

Avis : 
Il suffit parfois de peu de choses, d'un peu de spontanéité et de tendresse pour réussir un excellent film : avec une histoire plutôt simple, sans artifices, La Famille Bélier parvient à nous toucher grâce à une simplicité remarquable, en nous proposant de suivre le parcours de la jeune Paula, seule entendante dans une famille de sourds et qui se découvre un don pour la musique.


Tout en douceur, l'humour fait mouche, jouant des situations mettant en opposition la famille Bélier et leurs interlocuteurs, tout en réservant de belles séquences d'émotion, sans jamais en faire trop. Résultat : quelques passages extraordinairement émouvants, notamment lorsque la jeune Paula (Louane Emera, découverte dans l'émission The Voice, parfaite de naturel dans la peau de l'adolescente - bien plus crédible qu'Adèle Exarchopoulos dans La Vie d'Adèle par exemple) chante pour sa famille, réussissant à nous toucher en chantant du... Michel Sardou.

Cette simplicité se retrouve également dans les performances de Karin Viard (Polisse) et surtout de François Damiens, d'une tendresse et d'une retenue insoupçonnées dans le rôle du père de famille. Et si, évidemment, le film ne réserve aucune surprise et se contente de développer des bons sentiments sans jamais rien proposer de neuf, il le fait de façon impeccable.

Bref, La Famille Bélier est un très joli film qui fait un bien fou, et qui parvient à nous faire sourire et à nous toucher sans jamais en faire trop, en laissant se dérouler une histoire simple mais efficace. Une très belle réussite !

Note : 8/10


jeudi 5 février 2015

Whiplash


Titre : Whiplash
Réalisateur : Damien Chazelle
Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons, Paul Reiser
Date de sortie en France : 24 décembre 2014
Genre : drame, musical

Synopsis : 
Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

Avis : 
C'est l'excellente surprise de l'année, un film dont on n'avait pratiquement pas entendu avant sa sortie et qui fait depuis l'unanimité. Deuxième long métrage de Damien Chazelle, Whiplash nous propose donc de suivre l'évolution d'un jeune batteur ambitieux confronté à un professeur intraitable. Un thème finalement assez classique, mais qui va donner un film d'une étonnante intensité.


A l'image de Black swan de Darren Aronofsky, Damien Chazelle va effectuer un parallèle entre art et souffrance physique, nous montrant les conséquences physiques de la pratique exagérée de la batterie, mais aussi les conséquences psychologiques d'une pression permanente, d'une immense soif de réussir et de progresser. Dans le rôle du jeune batteur, Miles Teller (Projet XDivergente) est étonnant, traduisant parfaitement les souffrances du musicien... mais ce n'est rien en comparaison de la performance de J.K. Simmons.

Autoritaire, manipulateur, prêt à absolument tout pour faire progresser ses élèves, l'acteur principalement connu pour ses rôles dans la série Oz, Juno ou Spiderman rappelle le personnage interprété par R. Lee Ermey dans Full metal jacket, et insuffle au film une ambiance particulière, accentuant encore le côté anxiogène qui caractérise parfois cette course à la réussite. Cela se traduit notamment par l'ambiguïté du personnage, dont on ne sait jamais vraiment s'il tente effectivement de pousser ses élèves à bout pour révéler leur talent ou s'il se plait à les torturer.

Whiplash est donc l'un des tous meilleurs films de 2014, une oeuvre prenante et intense, qui transcende une histoire de base assez simple grâce à un duo d'acteurs impressionnants, Simmons trouvant ici le rôle de sa vie.

Note : 9/10


mercredi 19 novembre 2014

Jersey boys


Titre : Jersey boys
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : John Lloyd Young, Eric Bergen, Vincent Piazza
Date de sortie en France : 18 juin 2014
Genre : biopic, musical

Synopsis : 
Quatre garçons du New Jersey, issus d'un milieu modeste, montent le groupe "The Four Seasons" qui deviendra mythique dans les années 60. Leurs épreuves et leurs triomphes sont ponctués par les tubes emblématiques de toute une génération qui sont repris aujourd'hui par les fans de la comédie musicale…

Avis : 
Pour son 34ème film en tant que réalisateur, l'inusable Clint Eastwood s'intéresse à la carrière du groupe The Four Seasons, et plus principalement à l'évolution du leader, Frankie Valli, dont nous suivrons les premiers pas, puis la consécration dans les années 60, avant d'aborder le déclin. Une trajectoire finalement assez classique, qui ne parviendra que rarement à nous passionner.


Il faut dire que le quatuor manque terriblement d'intérêt et de charisme, et que le principal personnage n'attire guère la sympathie. On peine même à comprendre le succès du groupe, tant les passages musicaux et les grandes étapes de leur carrière paraissent fades, notamment en face d'autres biographies d'artistes comme Walk the line ou Ray.

Même les liens de certains membres avec la mafia ne débouchent sur rien, et le fil rouge montrant les excès d'un des membres ne débouche que sur son éviction dans une scène sans aucun impact. On a finalement l'impression d'être face à un documentaire paresseux et trop sage, ne décollant jamais, et ne nous touchant pas, même lors des pires drames que rencontrent les Four Seasons.

Jersey boys est donc un pétard mouillé, une erreur de parcours dans la filmographie d'un réalisateur qui semble hélas sur le déclin depuis quelques films (Invictus, Au-delà, J. Edgar). Espérons qu'il se rattrape et remette un peu d'intensité et d'envie dans son prochain film, American sniper.

Note : 3,5/10


dimanche 23 février 2014

Jack et la mécanique du coeur


Titre : Jack et la mécanique du coeur
Réalisateur : Mathias Malzieu, Stéphane Berla
Acteurs : Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade
Date de sortie en France : 5 février 2014
Genre : animation, aventures, musical

Synopsis : 
Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois: premièrement ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles.

Avis : 
 Après le roman, après l'album de son groupe Dionysos, La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu devient enfin un film. Produit par la société de Luc Besson, Jack et la mécanique du coeur est donc un film d'animation, rythmé par les musiques de Dionysos et par les voix de Mathias Malzieu, d'Olivia Ruiz, de Grand Corps Malade ou encore de Jean Rochefort.



Pendant 1h30, nous allons voyager dans un univers rappelant Tim Burton, entre poésie et macabre, avec des personnages souvent inquiétants, souvent marginaux, plongés dans des décors évoquant autant l'expressionnisme allemand que le surréalisme (la maison de Madeleine, perchée au bord de la falaise, est fantastique), tout en rendant hommage à Freaks, la monstreuse parade et à Georges Méliès ! Dans ce déluge de références réjouissantes, qui n'étouffent jamais le film, nous suivrons donc Jack, le personnage au coeur mécanique, et Miss Acacia, jeune chanteuse espagnole dont le corps se couvre d'épines lorsqu'elle est contrariée.

Les ambiances sont également très variées, du gentil conte aux passages plutôt inquiétants, des formidables séquences de rêves à des passages particulièrement touchants. Bref, ce Jack et la mécanique du coeur est un excellent film d'animation, très inventif, qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans l'univers de Mathias Malzieu en se réécoutant les musiques du film après le générique !

Note : 8/10


samedi 14 décembre 2013

Inside Llewyn Davis


Titre : Inside Llewyn Davis
Réalisateur : Ethan & Joel Coen
Acteurs : Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake
Date de sortie en France : 6 novembre 2013
Genre : drame, musical

Synopsis : 
Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu'il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l'aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n'importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu'à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d'où il vient.

Avis : 
Nouveau film des frères Coen, Inside Llewyn Davis offre une tranche de vie d'un jeune chanteur dans le New York des années '60. A l'image de Frances Ha (mais en bien moins énergique), nous suivons donc un artiste vivant au jour le jour, se débrouillant comme il peut, squattant sur les canapés de ses connaissances et tentant vainement de vivre de sa musique. Bref, le Grand Prix du Jury du 66ème festival de Cannes nous plonge dans la banalité remarquable du parcours de Llewyn Davis.


Un seul problème, mais il est de taille : on s'en fout un peu. Oscar Isaac (Drive, Robin des bois) est attachant, sa musique sympathique, mais il faut bien avouer qu'on s'intéresse beaucoup plus aux autres personnages, de ce magnifique chat roux à la formidable Carey Mulligan (Drive, Gatsby le magnifique), en passant par un John Goodman qui vole la vedette à tout le monde le temps d'une trop courte apparition.

Inside Llewyn Davis correspond en fait à l'idée que je me fais la musique folk, et que l'on retrouve dans le film : une histoire plutôt banale, sans véritable temps fort, qui transporte doucement le spectateur du début à son final, avec un refrain consistant ici à la faculté qu'a l'artiste de trouver un canapé sur lequel passer la nuit. Ainsi, les diverses péripéties ne débouchent sur rien, ni les opportunités musicales de Llewyn Davis, ni la grossesse de Carey Mulligan. Tout cela est suspendu, le film terminant comme il a commencé, au milieu du quotidien sans relief du musicien, comme pour démontrer l'absence totale d'évolution, cette boucle perpétuelle que constituent sa vie et sa carrière.

Bref, pour la première fois, j'ai été déçu par un film des frères Coen. S'il ne manque pas d'intérêt, son aspect très linéaire, sans aucun moment fort, m'a régulièrement ennuyé, contrairement à un Frances Ha bien plus énergique, qu'on lui préfèrera largement.

Note : 6,5/10






lundi 8 avril 2013

Le Magasin des suicides


Titre : Le Magasin des suicides
Réalisateur : Patrice Leconte
Acteurs : Bernard Alane, Isabelle Spade, Kacey Mottet Klein
Date de sortie en France : 26 septembre 2012
Genre : animation, comédie, musical

Synopsis : 
Imaginez une ville où les gens n’ont plus goût à rien, au point que la boutique la plus florissante est celle où on vend poisons et cordes pour se pendre. Mais la patronne vient d’accoucher d’un enfant qui est la joie de vivre incarnée. Au magasin des suicides, le ver est dans le fruit…

Avis : 
Roi de la comédie populaire française (certes, pas seulement, mais son nom reste avant tout associé à celui des Bronzés), Patrice Leconte se tourne pour la première fois vers le film d'animation avec cette adaptation du roman de Jean Teulé : Le Magasin des suicides. Un sujet réjouissant, sans doute propice à une bonne dose de cynisme, d'humour noir, et à un univers visuel travaillé. Hélas, comme le confierait Thorin à Bilbon à la fin de Le Hobbit : un voyage inattendu, "I've never been so wrong"...

Car le film se révèle très vite insupportable. Dès la première chanson, horripilante, on se demande un peu ce qu'on fait devant ce film. Le cynisme est absent, l'humour noir s'est suicidé, les paroles sont nulles, les musiques aussi. Et rapidement, cette chanson prend le pas sur tout le reste. Impossible de véritablement apprécier les dessins et l'univers, très sombre, de cette ville au bord de l'euthanasie. L'unique qualité du film se retrouve enterrée sous les notes les plus stupides que l'on ait entendues depuis bien longtemps, d'autant qu'on aura toujours l'impression d'entendre la même chose !


Ca ne s'arrange pas avec le scénario, que l'on devine rapidement prétexte à ces homicides auditifs bien trop fréquents. Le film ne réserve aucun moment intéressant, et le potentiel même de la fameuse boutique où se vendent les moyens les plus variés de mettre fin à ses jours est totalement ruiné. Le design, jusqu'alors réussi, rend son dernier souffle avec la famille Tuvache, complètement ratée malgré une vaine tentative de rappeler le Raul Julia de La Famille Addams avec le père de famille. On retrouve également l'ombre, omniprésente, d'un Tim Burton des débuts, mais qui aurait oublié tout côté subversif, toute imagination, tout talent. "C'est un film que Tim Burton aurait pu réaliser en animation ou, mieux, en prises de vue réelles", selon Patrice Leconte. Non Patrice, même dans ses oeuvres les moins réussies, Tim Burton n'est jamais tombé aussi bas.

Le film ne dure qu'1h25, mais le film ne développant qu'une idée unique, qu'un seul fil rouge, il semble s'éterniser, s'éterniser, au point d'effectivement envisager l'Enfer comme une alternative réjouissante et moins pénible. Bref, Le Magasin des suicides, s'il n'est pas totalement raté, réussit à faire oublier ses rares qualités en les reléguant très loin derrière ses omniprésents défauts. Et c'est bien dommage, parce qu'avec un peu d'efforts, il y avait sans doute quelque chose à tirer d'un univers avec autant de potentiel...

Note : 2/10


vendredi 5 avril 2013

Les Misérables


Titre : Les Misérables
Réalisateur : Tom Hooper
Avec : Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : musical, drame

Synopsis : 
Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d'amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l'affirmation intemporelle de la force inépuisable de l'âme humaine.
Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais. 

Avis : 
Si vous avez toujours rêvé de voir, pendant 150 minutes, des acteurs renommés pousser la chansonnette en étant filmés de face, Les Misérables de Tom Hooper, adaptation de la comédie musicale éponyme et du célèbre roman de Victor Hugo, est fait pour vous. En revanche, si vous voulez voir un bon film, passez vite votre chemin : le réalisateur australien, oscarisé pour Le Discours d'un roi, s'est apparemment dit qu'il pouvait se contenter des seules performances de ses acteurs - chanteurs pour réussir son film. Mauvaise pioche.

Les Misérables est un film musical : passons donc sur les nombreuses chansons, forcément inégales (à côté du fameux I dreamed a dream ou de Look down, la plupart des titres font vraiment pitié), ou sur le fait qu'on chante la plupart du temps pour ne rien dire. En revanche, cette manie insupportable qu'ont les personnages à fredonner la moindre de leur réplique, même pour dire la pire banalité, entraîne rapidement le film vers le grotesque, au point de croire, par moments, à une caricature du genre.


Gênant, mais pas autant que la réalisation de Tom Hooper : se contentant, de façon presque exclusive, de filmer ses acteurs de face et de près, il retire absolument tout impact à la plupart des chansons, et donc aux destins des personnages. Il refuse ainsi toute émotion, toute dimension épique et tout intérêt à l'histoire, et ni la déchéance de Fantine, ni la mort de Gavroche, ni les face-à-face entre Valjean et Javert n'ont l'impact qu'ils méritent. Pire, cette réalisation fainéante empêche de savourer l'interprétation d'un casting pourtant énorme : perdus face à cette caméra qui les scrute fixement pendant qu'ils chantent, ni Hugh Jackman, ni Anne Hathaway, ni surtout Russell Crowe n'évitent le surjeu.

On n'ose imaginer ce qu'auraient pu donner les mêmes scènes avec les mêmes acteurs, mais avec une réalisation un peu inspirée. En fait, l'unique scène à se démarquer est la présentation des Thénardier avec la chanson, pourtant médiocre, Master of the House, qui donne enfin lieu à une vraie chorégraphie dans laquelle Sacha Baron Cohen (Borat, Hugo Cabret) et Helena Bonham Carter (Fight Club) excellent.Le reste du film s'enchaîne sur un rythme monotone, sans aucune mise en valeur, l'affrontement à la barricade n'étant par exemple pas plus épique qu'une scène de baiser.

Les Misérables n'est donc au final que la juxtaposition de chansons toujours filmées de la même façon. Tom Hooper entraîne ses acteurs et l'histoire de Victor Hugo dans une mise en scène quelconque, ne provoquant que l'ennui. Dommage, quand on voit la formidable distribution ou l'immense potentiel du récit d'origine.

Note : 2/10


mardi 12 mars 2013

Walk the Line


Titre : Walk the Line
Réalisateur : James Mangold
Acteur : Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick
Date de sortie en France : 15 février 2006
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Né en 1932 dans un bled de l'Arkansas, John R. Cash voit son enfance bouleversée lorsque son frère aîné meurt dans un accident dont il sera injustement tenu responsable par leur père. À l'âge adulte, il se fascine pour la musique et entreprend d'enregistrer sa première chanson en 1955, malgré le peu d'encouragement de sa femme Vivian, qui ne voit pas d'avenir dans ce métier.

Avis : 
Walk the Line retrace la vie, de son enfance à son célèbre concert dans la prison de Folsom, de l’un des artistes américains majeurs du vingtième siècle : Johnny Cash. Réalisé par James Mangold (Identity, Copland, 3h10 pour Yuma), il met en scène l’ascension de l’artiste, de ses premiers tubes à la célébrité, puis sa chute, rattrapé par les problèmes d’alcool, de drogues et de femmes, avant la renaissance, aux côtés de June Carter.


Accompagnés par les chansons des deux artistes, interprétées par Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon qui, choisis par Johnny Cash et June Carter en personne, ont pris des cours de chant pendant des mois, nous découvrons ainsi les coulisses des tournées de ces deux artistes, et la part d’ombre du chanteur, expiant la culpabilité de la mort de son frère, l’hostilité de son père et le manque de soutien de son épouse en brûlant la vie par les deux bouts. La descente aux Enfers est violente, la chute est terrible. La rédemption n’en sera que plus belle, dans un retournement de situation comme l’aiment tant les américains.

La vie de Johnny Cash se prêtait merveilleusement à une adaptation cinématographique, mais encore fallait-il un acteur convaincant dans le rôle du «Man in Black», capable d’interpréter la tendance à l’autodestruction du chanteur écorché vif, sa fragilité et sa colère contenue. Le défi sera largement réussi par Joaquin Phoenix, qui confirme tout son talent déjà vu dans Gladiator ou confirmé plus tard dans The Master. A ses côtés, l’étonnante Reese Witherspoon, bien loin de ses rôles précédents (Sexe Intentions, La Revanche d’une blonde) et qui obtiendra même l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de la compagne de Cash, June Carter.

Quelques passages très intenses (les confrontations entre Johnny Cash et son père, les scènes dans la prison) achèvent de faire de ce Walk the Line un excellent film, porté par un splendide duo d’acteurs. Une oeuvre qui donne immédiatement envie de se plonger dans les disques de l’artiste américain, et notamment dans le live At Folsom Prison.

Note :
8/10