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samedi 27 août 2022

Lords of chaos

 
Titre : Lords of chaos
Réalisateur : Jonas Akerlund
Acteurs : Rory Culkin, Emory Cohen, Jack Kilmer
Date de sortie en France : 19 juin 2019 (VOD)
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Dans le climat beaucoup trop apaisé de la Norvège des années 1990, Euronymous fonde le groupe Mayhem et devient l’épicentre de la nouvelle scène black métal norvégienne. Sa rencontre avec Varg Vikernes, l’homme derrière le projet musical Burzum, va précipiter les membres de son cercle dans une surenchère criminelle. 
 
Avis : 
Entre réalité et fantasmes, Lords of chaos retrace les premières années du mythique groupe de black metal norvégien Mayhem, en suivant principalement son leader, Euronymous, dans un film dont l'atmosphère oscille constamment entre noirceur et moquerie. 


Car il y a constamment le sentiment d'être devant un groupe de pieds-nickelés lorsqu'on suit les membres du groupe. Euronymous et ses camarades ne sont clairement pas présentés comme des lumières, tout comme Varg plus tard, et entre leur amateurisme, leurs moeurs de métalleux de supermarché (prenant des poses un peu ridicules avec des armes blanches) et leurs discours sans queue ni tête (parfois même interrompus de façon improbables, comme lorsqu'il s'agit d'aller récupérer un kebab au comptoir au beau milieu d'un long monologue contre le métal commercial), on peine à prendre au sérieux tout ce beau monde. On peut comprendre que le projet ait été plutôt mal accueilli dans le milieu du black metal...

Mais cet aspect est régulièrement contrebalancé par la violence du film. Car en plus d'être cons, les personnages s'entraînent mutuellement dans un concours de bites pour savoir qui est le plus "true". Alors on brûle des églises, et on finit par tuer, dans des séquences mises en scène de façon extrêmement froide. La scène du suicide de Dead est ainsi assez dure, même s'il y a toujours dans l'air cette espèce de distanciation un peu moqueuse, et le meurtre de Euronymous suit à peu près le même schéma. 

Au final, j'ai trouvé le film passionnant, vulgarisant de façon efficace l'histoire de Mayhem pour en faire un thriller aussi efficace... que drôle, alors qu'il montre des événements particulièrement sombres. Et si on ne parle finalement presque jamais de musique, c'est surtout cette jeunesse désoeuvrée et prête à tout pour qu'on parle d'elle que l'on garde en mémoire, avec le sentiment que rien n'a vraiment changé depuis...



samedi 19 janvier 2019

First man - le premier homme sur la Lune


Titre : First man - le premier homme sur la Lune (First man)
Réalisateur : Damien Chazelle
Acteurs : Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke
Date de sortie en France : 17 octobre 2018
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale. 
 
Avis : 
La conquête de l'espace reste un des sujets les plus fascinants. Aussi, à l'idée d'un biopic sur le tout premier homme à avoir foulé la Lune, réalisé par le talentueux Damien Chazelle (La la land, Whiplash), on pouvait décemment avoir quelques attentes. Hélas, en s'attardant sur le personnage finalement le moins passionnant de cette aventure, First man va finalement tout avoir du pétard mouillé.
 
 
Difficile de dire si le personnage interprété par Gosling est fidèle à l'homme qu'était Armstrong, mais on va se retrouver à suivre un homme sans relief, horriblement taciturne, aux démons convenus (la perte de sa fille ne donne lieu qu'à quelques caprices dignes de telenovellas) et au parcours bien trop elliptique pour convaincre. Ce premier homme sur la Lune semble surtout être dans la Lune, et à ce titre, le choix de Gosling pour l'interpréter est sans doute idéal, tant l'éternel moue mutique de l'acteur (Only God forgives, Blade runner 2049) s'inscrit dans cette volonté de montrer Armstrong comme un mormon dépressif atteint de paralysie faciale, dont la femme est une pimbêche et le fils un sale garnement. 

On aurait aimer se rattraper sur les séquences d'entraînement, sur les différentes étapes de la conquête spatiale, mais en dehors de la première sortie sur la Lune, superbe, on se heurte à des séquences illisibles (la mission Gemini) et à une grandiloquence insupportable (la musique lors de l'approche de notre satellite). Ces quelques minutes d'exploration de la Lune seront merveilleuses, mais perdues au milieu d'un film trop long, trop lisse, trop... hollywoodien sans doute.

Armstrong semble subir autant que nous ce film curieux, anti-célébration ultime d'un héros et d'une aventure qui auraient sans doute mérité mieux. Mais peut-être est-ce justement trop réaliste : la conquête de la Lune était sans doute une longue histoire, souvent chiante et trop rarement jouissive...

Note : 3/10




lundi 28 mai 2018

Le 15h17 pour Paris


Titre : Le 15h17 pour Paris (The 15:17 to Paris)
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Spencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos
Date de sortie en France : 7 février 2018
Genre : drame

Synopsis : 
Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu'un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s'attache à leur parcours et revient sur la série d'événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d'une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers … 

Avis : 
Avec Le 15h17 pour Paris, Clint Eastwood continue à explorer sa thématique du citoyen ordinaire capable de se dépasser pour faire face à des situations exceptionnelles. Ici, il nous présente les trois héros américains qui ont permis de faire échouer la tentative d'attentat du Thalys en août 2015, en se concentrant sur les parcours des jeunes hommes.



Seulement, rapidement, la volonté de montrer que des hommes ordinaires sont capables d'actes exceptionnels se transforme en une brochette de clichés bien patriotiques, d'une affligeante banalité. Culte des armes, importance de la religion, sentiment général de supériorité... Ces trois héros, interprétés par les véritables protagonistes de l'affaire (Stone, Sadler et Skarlatos ne sont pas des acteurs... et c'est flagrant), deviennent ainsi très vite antipathiques, d'autant que leurs parcours ne présentent aucun intérêt.

Le film se contente ainsi de suivre les vacances des ces énergumènes, touristes un peu mous du bulbe, et quelques étapes de la formation militaire (et des échecs) de Spencer Stone. Et clairement, on s'en moque, tant le film reprend sans imagination les pérégrinations habituelles de jeunes américains visitant des pays avec pour unique but de faire des selfies dans des endroits dont ils n'ont rien à foutre.

Finalement, seule la reconstitution de l'attaque sera véritablement réussie, brève et intense, avec le sentiment que les "acteurs" revenaient enfin dans leur élément. Quelques minutes superbes, malheureusement suivies par de trop longues minutes de célébrations, avec la reconstitution ratée de la remise de la Légion d'Honneur (le mélange entre images d'archives et images tournées pour l'occasion donne un résultat vraiment bancal), pour ce qui est peut-être le plus mauvais film réalisé par Clint Eastwood.

Note : 2/10


dimanche 1 avril 2018

Borg / McEnroe


Titre : Borg / McEnroe (Borg vs. McEnroe)
Réalisateur : Janus Metz Pedersen
Acteurs : Sverrir Gudnason, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgaard
Date de sortie en France : 8 novembre 2017
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
BORG/McENROE est un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C’est l’histoire de deux hommes qui ont changé la face du tennis et sont entrés dans la légende, mais aussi du prix qu’ils ont eu à payer. 
 
Avis : 
Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le tennis, la finale du tournoi de Wimbledon de 1980 entre Björn Borg et John McEnroe est souvent considérée comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire. De sa symbolique (l'expérimenté Borg, déjà vainqueur 4 fois d'affilée du tournoi, réputé pour son calme inaltérable et son jeu métronomique d'un côté, le jeune et fantasque McEnroe de l'autre, principalement connu pour ses coups de gueule et son jeu basé sur la prise de risques) à son déroulement (le tie-break du 4e set est un monument de suspense), le match fait figure d'affrontement légendaire, et c'est assez logiquement que le cinéma se concentre enfin dessus.
 
 
Hélas, le film ne sera jamais à la hauteur de l'événement. S'il parvient assez facilement à mettre en avant les différences entre les deux hommes, grâce aux performances de Shia LaBeouf et Sverrir Gudnason, ni les partis-pris scénaristiques, ni la réinterprétation du match ne pourront convaincre le spectateur. On n'échappera ainsi pas aux tentatives maladroites d'explication de la psychologie des deux champions (enfin, surtout de Borg, celle de McEnroe étant beaucoup plus rapidement expédiée) par le biais d'anecdotes de leur enfance, pour un résultat d'une étonnante banalité.
 
Mais, pire que ça, c'est le fameux match, qui aurait dû être le sommet du film, qui va être le moment le plus pénible. Si l'on ressent une partie de la dramaturgie du match grâce à une retranscription fidèle des événements, la réalisation calamiteuse empêche de distinguer le moindre échange, le moindre point, et donne le sentiment étrange de vouloir à tout prix ignorer l'aspect sportif. Ralentis, zooms, effets superflus... tout y passe, et si on pourra apprécier de voir le film se centrer sur les réactions des deux adversaires, on restera clairement sur notre faim.
 
S'il profite parfaitement de la dimension épique de l'affrontement, Borg/Mc Enroe reste un objet cinématographique décevant, la faute à quelques partis pris franchement discutables. Dommage, parce qu'avec un tel sujet, et de tels acteurs, il y avait vraiment quelque chose de formidable à offrir au spectateur.
 
Note : 4/10
 
 

vendredi 18 novembre 2016

Tu ne tueras point


Titre : Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge)
Réalisateur : Mel Gibson
Acteurs : Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer
Date de sortie en France : 9 novembre 2016
Genre : guerre, biopic

Synopsis : 
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.  

Avis : 
Qu'on aime ou pas le réalisateur Mel Gibson, on ne pourra jamais lui reprocher d'y aller de main morte. De Braveheart à Apocalypto, violence extrême et thématiques discutables sont le fil rouge de sa carrière derrière la caméra... et Tu ne tueras point ne va pas déroger à la règle. Car si on sortira lessivé par une seconde heure terriblement forte, les motifs d'insatisfaction seront nombreux.

Passées les réminiscences inévitables de Full metal jacket lors de la formation des jeunes soldats, après une histoire d'amour particulièrement nunuche, Gibson va donc développer le sujet de son film, à savoir la participation à la guerre d'un jeune homme qui ne peut tenir une arme. Seul avec ses convictions face à l'ordre établi, Desmond va douter, se rebeller, mais ne craquera jamais, comme investi d'une mission divine. On pourra facilement reprocher au film son prosélytisme, même s'il entre parfaitement dans la description du héros du film, et on comprendra que l'histoire vraie de Desmond Doss ait pu inspirer Mel Gibson.

En dehors de ces défauts, Tu ne tueras point réserve quelques séquences formidables lorsque les batailles font rage. Le premier assaut sur Hacksaw Ridge est un moment de pure folie, d'une intensité folle, d'une violence inouïe, qui ferait presque passer Le Soldat Ryan pour un Disney. De même, toute la dernière partie, où Doss sauve un à un ses camarades blessés, est un modèle d'efficacité, de tension et d'émotion.

S'il peine parfois à s'émanciper de ses modèles, et si l'aspect prêchi-prêcha pourra par moments agacer, Tu ne tueras point est, au moins dans sa seconde partie, un formidable film de guerre, qui confirme le talent de Mel Gibson pour mettre en images des séquences dantesques, qui resteront sans doute longtemps dans les mémoires.

Note : 8/10



jeudi 14 avril 2016

The Danish girl


Titre : The Danish girl (Danish girl)
Réalisateur : Tom Hooper
Acteurs : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Mathias Schoenaerts
Date de sortie en France : 20 janvier 2016
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
The Danish Girl retrace la remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

Avis : 
Attention,‭ ‬attention :‭ ‬l'un des réalisateurs les plus emblématiques du cinéma hollywoodien lisse et convenu est de retour.‭ ‬Après un‭ ‬Discours du roi sans aspérité,‭ ‬après des‭ ‬Misérables pénibles à digérer,‭ ‬Tom Hooper s'attaque à l'histoire vraie‭ – ‬mais forcément corrigée afin de rentrer dans le moule‭ – ‬de Lili Elbe,‭ ‬première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle.


Le thème est fort,‭ ‬le personnage historique formidable,‭ ‬mais l'ensemble va donc passer à la moulinette pour offrir une vision aseptisée,‭ ‬et souvent gênante,‭ ‬de l'ambiguïté du personnage et de sa lutte.‭ ‬Dans le film Einar Wegener n'est finalement présenté que comme une homme aimant se travestir,‭ ‬et n'agissant que par caprices,‭ ‬plutôt qu'une personne souffrant véritablement de sa condition.‭ ‬Impossible dans ces conditions de s'attacher au personnage,‭ ‬de souffrir pour lui,‭ ‬de comprendre con combat,‭ ‬puisqu'il n'apparaît finalement que comme un clone d'Ed Wood et de ses penchants pour la lingerie féminine.

Ce sentiment d'approche stéréotypée se retrouve dans l'interprétation d'Eddie Redmayne‭ (Une merveilleuse histoire du temps,‭ Jupiter,‭ ‬le destin de l'Univers‭)‬.‭ ‬Si l'acteur prête à merveille son physique particulier et l'impression de fragilité qu'il dégage aux premiers doutes du personnage,‭ ‬il se contente ensuite de minauder grossièrement,‭ ‬ajoutant à l'ensemble une touche caricaturale franchement déplaisante.‭ ‬On appréciera en revanche la prestation d'Alicia Vikander‭ (Ex_machina‭)‬,‭ ‬parfaite dans le rôle de l'épouse d'Einar d'abord fascinée par ce qu'elle considère comme un jeu,‭ ‬puis peu à peu laissée sur la touche par un personnage également décrit comme égoïste.

Bref,‭ ‬le destin de Lili Elbe aurait dû donner une œuvre forte et poignante.‭ ‬Mais à force de caricature et de conformisme,‭ ‬Tom Hooper se contente une nouvelle fois d'effleurer son sujet,‭ ‬uniquement habité par la volonté de ringardiser son sujet pour l'offrir au plus grand nombre...‭ ‬jusqu'à en devenir par moments abject.

Note :‭ ‬3/10


mardi 22 mars 2016

Free love


Titre : Free love (Freeheld)
Réalisateur : Peter Sollett
Acteurs : Julianne Moore, Ellen Page, Michael Shannon
Date de sortie en France : 10 février 2016
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Années 2000. Laurel, est une brillante inspecteur du New Jersey. Sa vie bascule le jour où elle rencontre la jeune Stacie. Leur nouvelle vie s’effondre quand Laurel découvre qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Laurel a un dernier souhait : elle veut que sa pension revienne à la femme qu’elle aime, mais la hiérarchie policière refuse catégoriquement. Laurel et Stacie vont se battre jusqu’au bout pour faire triompher leurs droits.

Avis : 
Free love revient sur l'histoire vraie de Laurel Hester, et son combat pour faire reconnaître les droits de sa partenaire Stacie Lee Andree après son décès : en effet, alors que les époux et épouses des policiers bénéficient d'une pension à la mort d'un officier, cette disposition n'était pas prévue pour les partenaires civils. Atteinte d'un cancer du poumon, l'inspectrice qui a donné passé sa vie au service de la communauté va donc tout faire pour obtenir les mêmes droits que les autres.


L'histoire, très forte, a déjà donné lieu à un documentaire en 2007, récompensé par l'Oscar du meilleur court métrage documentaire (Freeheld). Adaptée pour le cinéma, elle met en scène Ellen Page (Juno, Inception) et Julianne Moore dans un nouveau rôle de femme confrontée à la maladie après Still Alice. Si leur interprétation est convaincante, on pourra quand même regretter l'aspect un peu caricatural du couple, tout comme celui de Michael Shannon (Man of steel, The Iceman) dans le rôle du collègue flic, ou de Steve Carell (Foxcatcher, The Big short) dans celui, néanmoins jubilatoire, du militant juif et homosexuel sans filtre.

Même si l'ensemble reste composé de gros clichés, l'ensemble fonctionne parfaitement : l'injustice de la situation nous scandalise, et on est touchés par le destin de Laurel, mais aussi par cette histoire vraie qui dépassait le simple statut du conjoint après le décès de son partenaire civil. On assiste ainsi aux débats entre les différentes parties, aux arguments parfois insensés, aux réactions des proches, et à l'emballement de la machine médiatique qui finira par faire plier le jury.

Beaucoup de bons sentiments, beaucoup de gros clichés dans ce film inspiré d'une histoire réelle, mais il faut bien avouer que ça fonctionne plutôt bien. Free love est néanmoins un nouvel exemple du film dont la principale qualité est de raconter une histoire vraie à qui il emprunte sa puissance émotionnelle...

Note : 6.5/10


samedi 20 février 2016

Steve Jobs


Titre : Steve Jobs
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Date de sortie en France : 3 février 2016
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Avis : 
Alors que sa vie a déjà fait l'objet d'un film en 2013 (Jobs, avec Ashton Kutcher), Steve Jobs se retrouve une nouvelle fois dans les salles de cinéma en ce début 2016 pour un nouveau projet biographique, réalisé cette fois par Danny Boyle (Trainspotting, Trance). Adapté du livre éponyme de Walter Isaacson, et scénarisé par Aaron Sorkin (à qui l'on doit également les scenarii des formidables Social Network et Le Stratège), Steve Jobs va adopter une structure bien particulière, en revenant sur les minutes précédant les lancements du Macintosh, du NeXT Computer et de l'iMac.


Le film imagine ainsi, en temps réels, les échanges entre Jobs et ses proches (sa responsable marketing, ses anciens associés, sa fille), mais aussi la préparation minutieuse de chacune de ces conférences, où tout doit être réglé au millimètre et à la seconde près, jusqu'à l'éclairage ou la tenue vestimentaire... et sans aucun droit à l'erreur. Dans le rôle titre, Michael Fassbender (12 years a slave, Prometheus) interprète un homme ne tolérant aucun échec, aussi pointilleux que tyrannique, aussi visionnaire qu'antipathique. Un personnage complexe donc, que l'on se surprend à apprécier lors des rares séquences où l'armure se fend, même quand il se comporte comme le pire salaud avec Joanna Hoffman et Steve Wozniak (impeccables Kate Winslet et Steve Rogen).

Boyle donne par ailleurs à l'ensemble des airs d'opéra (un aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans la bande musicale), déplaçant sa caméra et ses personnages comme au milieu d'un ballet et insufflant une énergie étonnante à un film pourtant uniquement composé de dialogues entre les protagonistes. Chaque rencontre devient une séquence forte, chaque présentation face au public traduit parfaitement l'ambiance impatiente qu'il y régnait.

Danny Boyle nous offre donc un biopic bien particulier avec son Steve Jobs, qui retranscrit à merveille le caractère du personnage, mais aussi la tension des minutes précédant les conférences. Une réussite, bien plus convaincante que le Jobs de Joshua Michael Stern.

Note : 9/10


dimanche 17 janvier 2016

Invincible


Titre : Invincible (Unbroken)
Réalisateur : Angelina Jolie Pitt
Acteurs : Jack O'Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : guerre, biopic

Synopsis :
L'incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l'avion s'est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l'équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d'entre eux survécurent 47 jours durant, avant d'être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

Avis :
Avec son deuxième film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie choisit d'adapter le destin de Louis Zamperini, athlète et soldat américain fait prisonnier par les japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un destin formidable auquel le film ne rendra jamais vraiment service.


 Pas aidé par un Jack O'Connell ('71, Les Poings contre les murs) dont il s'agit de la plus mauvaise interprétation à ce jour, Invincible est finalement trop lisse, et ne décollera jamais. Angelina Jolie se contente d'exprimer son admiration pour un personnage qui n'abandonne jamais, même pris pour cible par son terrible tortionnaire. Le film réussit même un tour de force : on ne croit absolument pas à ce qu'il s'y passe, alors qu'il décrit assez fidèlement ce qu'ont vécu les personnages dans les camps japonais.

Il faut dire aussi qu'il n'y a aucun véritable temps fort : les personnages secondaires meurent sans qu'on s'en aperçoive, le héros subit sans jamais donner l'impression de véritablement souffrir, et Miyavi rassemble tous les clichés d'interprétation possibles pour incarner le terrible Mutsuhiro Watanabe. Entre l'interprétation sans relief et une réalisation quelconque, toutes les scènes et tous les personnages restent sur un même plan, refusant toute sympathie ou antipathie, privant le spectateur de toute émotion.

Bref, Invincible est du cinéma hollywoodien prémâché et consensuel, pour lequel Angelina Jolie ne prend aucun risque : en adaptant une histoire formidable, elle pensait peut-être que cela suffirait à faire un film formidable. Dommage...


Note : 3,5/10


lundi 28 décembre 2015

The Walk - Rêver plus haut


Titre : The Walk - Rêver plus haut (The Walk)
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Ben Kingsley, Charlotte Le Bon
Date de sortie en France : 28 octobre 2015
Genre : biopic, aventures

Synopsis : 
Biopic sur le funambule français Philippe Petit, célèbre pour avoir joint en 1974 les deux tours du World Trade Center sur un fil, suspendu au-dessus du vide.

Avis : 
Réalisé par Robert Zemeckis (Flight, Forrest Gump), The Walk retrace donc l'histoire d'une des plus étonnantes prouesses du vingtième siècle : la traversée par Philippe Petit de l'espace situé entre les tours jumelles du World Trade Center sur un fil, à plus de 400 mètres du haut. Le film revient brièvement sur les jeunes années du funambule, avant de se concentrer sur le projet et sa préparation, avant de mettre en images la traversée proprement dite.


Traitée comme la préparation de l'attaque d'une banque, la préparation du "coup" va nous permettre de redécouvrir le World Trade Center, mais aussi d'apprécier le personnage de Philippe Petit, tour à tour enthousiaste, primesautier, inquiet, jusqu'aux limites de la folie paranoïaque. Impeccablement interprété par Joseph Gordon-Levitt (Don Jon, Inception), le personnage est passionnant et attachant, et est l'un des gros points forts du film.

L'autre élément remarquable du film est évidemment la traversée. Ou plutôt les traversées, le personnage multipliant les allers-retours sur son fil entre les deux tours, enchaînant les prouesses, s'allongeant, s'agenouillant, saluant la foule située à plusieurs centaines de mètres en contrebas. Au cinéma et en 3D, la séquence est à couper le souffle, et restitue à merveille le sentiment de vertige que l'on pourrait ressentir à cette hauteur. Une séquence étonnante et d'une efficacité totale.

The Walk est donc une nouvelle réussite pour Robert Zemeckis, qui parvient )à mettre en scène un personnage très attachant dans des séquences très réussies. On n'échappera pas à certains clichés sur le Paris bohème du vingtième siècle, mais ce n'est qu'un détail devant un film qui scotche le spectateur sur son siège... à 400 mètres au-dessus des rues de Manhattan, entre deux tours auxquelles le réalisateur offre un hommage aussi sobre qu'indispensable.

Note : 8.5/10


samedi 26 décembre 2015

Love & mercy : la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys


Titre : Love & mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys (Love & Mercy)
Réalisateur : Bill Pohlad
Acteurs : Paul Dano, Juohn Cusack, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 1er juillet 2015
Genre : biopic, musical, drame

Synopsis :
Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Avis :
Dans le genre si codifié du biopic musical, Love & Mercy est venu cette année apporter une bonne dose d'originalité : en effet, en choisissant de s'écarter du développement chronologique convenu pour brosse en parallèle deux périodes de la vie de Brian Wilson, Bill Pohlad va nous offrir une œuvre bien plus riche, avec des parties se faisant constamment écho.


 D'un côté, un Brian Wilson jeune, au sommet de son succès, mais déjà rongé par l'incompréhension de ses proches et une folie qui prend peu à peu de l'importance. De l'autre, un Brian Wilson âgé, fatigué par des années de maladie mentale et de contrôle par un psychologue vampire. A l'euphorie créative de la première partie répond le drame feutré lié à la schizophrénie paranoïaque.

Love & Mercy nous propose ainsi d'étudier le processus de création de Brian Wilson à l'époque des Beach Boys, avec son sens du détail, ses originalités parfois mal perçues : on assiste à la naissance de certains grands succès du groupe d'une façon beaucoup plus précise que dans de nombreux biopics musicaux. Si le film nous épargne les années de déchéance morbide du chanteur / créateur, l'évocation de ses relations avec le docteur Landy est à glacer le sang, tandis que sa rencontre avec Melinda Ledbetter apporter une vraie bouffée d'oxygène.

Porté par un Paul Dano (Twelve years a slave, Youth) et un John Cusack (2012, Maps to the stars) impressionnants, Love & Mercy est une réussite incroyable, qui parvient à évoquer le génie créatif (n'ayons pas peur des mots) d'un artiste tout comme sa part d'ombres. Et il donne envie de se pencher de nouveau sur la musique des Beach Boys et de Brian Wilson, qui rythme le film et lui donne par moments une énergie folle.


Note : 8,5/10


vendredi 25 décembre 2015

Le Pont des espions


Titre : Le Pont des espions (The Bridge of spies)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd
Date de sortie en France : 2 décembre 2015
Genre : thriller, espionnage

Synopsis : 
James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. 

Avis :
Après la lutte contre l'esclavage (Amistad, Lincoln), la Première (Cheval de guerre) et la Seconde Guerre Mondiale, tant en Europe (Le Soldat Ryan, La Liste de Schindler) qu'en Asie (Empire du soleil), les attentats de Munich et leurs conséquences (Munich), Steven Spielberg continue de s'inspirer de l'Histoire : cette fois, il s'intéresse à la Guerre Froide, et au rôle de l'avocat James Donovan dans la libération d'espions américain et russe.


Avec Le Pont des espions, Spielberg nous offre un film d'espionnage à l'ancienne, entièrement basé sur des dialogues, des négociations, loin de la surenchère des sagas Mission : impossible ou James Bond. Cela donne un film feutré, grâce à des dialogues d'une rare qualité, et une interprétation impeccable : Tom Hanks est - évidemment - parfait, tout comme Mark Rylance dans le rôle de l'espion soviétique.

Le film apporte également une réflexion pertinente, en montrant les pressions exercées sur l'avocat pour ne pas défendre de façon totalement équitable l'accusé soviétique, mais simplement d'en donner l'impression. Un pression que l'on perçoit chez ses collègues et supérieurs, mais aussi auprès du grand public qui le considérera comme un traître à la nation. Ce sera hélas l'une des rares aspérités du film, qui fait du personnage de James Donovan un homme extrêmement lisse, qui ne recule devant rien et résiste à tous les obstacles sans sourciller, et qui n'évite pas toujours les pièges du pro-américanisme un peu grotesque, comme lors des parallèles entre les traitements des deux prisonniers, ou l'image de l'escalade du mur.

Le Pont des espions est donc un excellent film d'espionnage à l'ancienne, avec une vraie tension et un impressionnant suspense lors des scènes de négociation. On regrettera néanmoins quelques maladresses - celles que l'on retrouve souvent lorsqu'Hollywood évoque la Guerre Froide - qui empêcheront le film d'être un Spielberg majeur.

Note : 7,5/10


mercredi 23 décembre 2015

Strictly criminal


Titre : Strictly criminal (Black mass)
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch
Date de sortie en France : 25 novembre 2015
Genre : policier, thriller

Synopsis :
Le quartier de South Boston dans les années 70. L'agent du FBI John Connolly convainc le caïd irlandais James "Whitey" Bulger de collaborer avec l'agence fédérale afin d'éliminer un ennemi commun : la mafia italienne. Le film retrace l'histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré et permis à Whitey d'échapper à la justice, de consolider son pouvoir et de s'imposer comme l'un des malfrats les plus redoutables de Boston et les plus puissants des États-Unis.

Avis :
Son arrestation en 2011 a mis fin à la cavale de l'un des plus célèbres criminels américains du vingtième siècle : meurtres, racket, trafic de drogues... James Bulger a régné sur Boston, bien aidé par son alliance avec l'agent John Connolly. Un sujet parfait pour un film ? Pas totalement...


 Car Strictly criminal se révèle extrêmement décevant. A trop vouloir détailler les rouages de l'ascension de « Whitey », il ne parvient pas totalement à retranscrire la menace qu'il pouvait représenter. Evidemment, on verra le truand assassiner froidement plusieurs personnes, mais on ne tremble pas vraiment devant un personnage qui semble finalement moins détestable que l'agent Connolly... ou les collègues pourtant irréprochables de ce dernier.

Dommage, car dans le rôle principal, Johnny Depp est éblouissant. Sous un maquillage impressionnant, il retranscrit à merveille la folie contenue du personnage, et semble constamment sur le point d'exploser. Il éclipse sans difficulté le reste du casting, pourtant prestigieux, de Joel Edgerton (Warrior, Exodus) à Benedict Cumberbatch (Star Trek into darkness, Imitation game) en passant par Kevin Bacon  (Hollow man), Corey Stoll (Ant-Man, The Strain), Dakota Johnson (50nuances de Grey), Peter Sarsgard, Juno Temple (Horns), Jesse Plemons (The Program, Breaking bad) ou encore Rory Cochrane (Argo).

Stritcly criminal  ne décolle donc jamais, et reste un film policier très moyen, uniquement éclairé par l'impressionnante performance d'un Johnny Depp  qu'on n'attendait pas si menaçant. De quoi lancer une nouvelle carrière dans des rôles plus sombres ?


Note : 4/10


lundi 14 décembre 2015

La Danza de la realidad


Titre : La Danza de la realidad
Réalisateur : Alejandro Jodorowsky
Avec : Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Jeremias Herskovits
Date de sortie en France : 4 septembre 2013
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Né au Chili en 1929, dans la petite ville de Tocopilla, où le film a été tourné, Alejandro Jodorowsky fut confronté à une éducation très dure et violente, au sein d’une famille déracinée. Bien que les faits et les personnages soient réels, la fiction dépasse la réalité dans un univers poétique où le réalisateur réinvente sa famille et notamment le parcours de son père jusqu’à la rédemption, réconciliation d’un homme et de son enfance.

Avis : 
A 84 ans, et plus de vingt ans après son dernier film, Alejandro Jodorowsky est revenu en 2013 avec La Danza de la realidad, pour une oeuvre autobiographique sans pareille. Entre réel et fantasme, le réalisateur chilien retrace une partie de sa vie, de celle de ses parents, mais aussi de son pays à l'époque de la première présidence de Carlos Ibañez del Campo.


Comme d'habitude, le film de Jodorowsky ne ressemble à aucun autre, et brasse des thèmes aussi divers et riche que l'antisémitisme, le communisme, le nazisme, avec d'innombrables personnages hauts en couleurs, comme ces mineurs handicapés, ces clowns, ce président amoureux de son cheval ou, évidemment, les parents de Jodorowsky : le père, bien décidé à faire oublier, par courage, ses origines juive et ukrainienne, et qui élèvera le petit Alejandro de façon très autoritaire ; et la mère, ne s'exprimant qu'en chantant.

Le tragique et le comique se mêlent sans cesse, avec quelques séquences d'une sublime poésie (le chant des estropiés) et d'autres incroyablement violentes (les tortures infligées à Jaime). Mais surtout, Jodorowsky ne s'impose aucune limite, et nous offre une oeuvre d'une richesse visuelle et sonore infinie, qui s'essouffle à peine dans sa seconde partie plus centrée sur la déchéance du père d'Alejandro, ou lors de monologues moins frappants que les images.

Il n'y a que Jodorowsky qui pouvait nous offrir un film aussi fou, aussi libre. S'il n'atteint pas les sommets de El Topo ou Santa Sangre, La Danza de la realidad reste une oeuvre à part, baroque et débridée, et on en viendrait presque à croire que le petit Alejandro a bien vécu toutes ces péripéties !

Note : 8.5/10




lundi 19 octobre 2015

N.W.A : Straight outta Compton


Titre : N.W.A. - Straight outta Compton
Réalisateur : F. Gary Gray
Acteurs : O'Shea Jackson Jr., Corey Hawkins, Jason Mitchell
Date de sortie en France : 16 septembre 2015
Genre : biopic, musical, drame

Synopsis :
En 1987, cinq jeunes hommes exprimaient leur frustration et leur colère pour dénoncer les conditions de vie de l'endroit le plus dangereux de l’Amérique avec l'arme la plus puissante qu'ils possédaient : leur musique. Voici la véritable histoire de ces rebelles, armés uniquement de leur parole, de leur démarche assurée et de leur talent brut, qui ont résisté aux autorités qui les opprimaient. Ils ont ainsi formé le groupe de rappeur des N.W.A. en dénonçant la réalité de leur quartier. Leur voix a alors déclenché une révolution sociale qui résonne encore aujourd'hui.

Avis :
Comme son titre l'indique, NWA – Straight outta Compton revient sur la carrière de l'un des plus fameux groupe de rap américain, qui a popularisé le gangsta rap et inspiré tout un pan de la musique. A travers l'histoire, forcément romancée, du groupe, c'est l'histoire du gangsta rap des années 90 qui va s'écrire, avec des artistes tels que Ice Cube, Dr Dre, Eazy E, MC Ren, mais aussi Snoop Dogg ou 2Pac.


Rien de bien nouveau dans la description du quotidien de ces jeunes noirs confrontés à la pauvreté, à la violence et aux brutalités policières, et qui traduiront tous ces éléments dans leur musique. En revanche, le film devient terriblement accrocheur dès qu'il place ses personnages dans leur art, autant dans l'écriture, dans l'enregistrement que dans les séquences de concert, formidables. On sera ainsi véritablement pris aux tripes lors de l'interprétation de Fuck tha police, ou en découvrant le No vaseline d'Ice Cube où il démonte méthodiquement ses anciens camarades.

Même si l'on connaît un peu l'histoire du groupe et des personnages qui graviteront autour, la mayonnaise prend parfaitement devant les différentes difficultés du groupe, notamment avec l'apparition de Suge Knight ou les problèmes de santé de E. Mais surtout, on replonge avec un véritable plaisir dans les musiques de l'époque, de Straight outta Compton à Nuthin' but a G thang en passant par Hail Mary ou The BoyZ N the hood, qui donnent envie de se replonger dans les classiques du gangsta rap.

On ne s'ennuie pas une seconde devant ce long biopic qui retrace parfaitement les grandes étapes des carrières des membres du groupe N.W.A. Si le film reste en surface en ce qui concerne la place des jeunes afro-américains dans la société américaine, l'aspect biopic est suffisamment réussi, avec de nombreux passages marquants, pour faire de Straight outta Compton une réussite, dans la lignée de 8 mile il y a quelques années.


Note : 8/10


jeudi 17 septembre 2015

Miss Hokusai


Titre : Miss Hokusai (Sarusuberi : miss Hokusai)
Réalisateur : Keiichi Hara
Acteurs : Yutaka Matsushige, Anne Watanabe, Kumiko Aso
Date de sortie en France : 2 septembre 2015
Genre : animation, biopic

Synopsis :
En 1814, Hokusai est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’Edo, enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le "fou du dessin", comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

Avis :
Miss Hokusai nous propose de redécouvrir la vie du célèbre maître Hokusai (à qui l'on doit notamment Les Trente-six vues du Mont Fuji et La Grande vague de Kanagawa) à travers les yeux de sa fille, O-Ei, qui aurait participé à la création de plusieurs des œuvres de son père. 


 Si le film ne nous apprendra finalement pas grand chose sur l'artiste, il va se révéler intéressant dans sa description de l'univers de ces artistes japonais, fortement influencés par les superstitions : ces passages où s'invite le fantastique seront d'ailleurs les plus réussis du film avec leurs dimensions poétique et dantesque.

On sera en revanche moins convaincu par le portrait de la jeune femme, avec plusieurs pistes restant en suspens (sa vie amoureuse, notamment, sa participation à l'oeuvre de son père, son évolution artistique...). La jeune femme est finalement plutôt fade et banale, ne faisant qu'acte de présence tout au long du film où elle se contente d'accompagner les autres personnages. Cette impression est renforcée par le dessin, plutôt inégal : l'ensemble est parfois très moche, surtout au niveau de l'animation de O-Ei, alors que les passages oniriques sont bien plus réussis.

On reste donc un peu sur notre faim avec Miss Hokusai, qui n'explore pas vraiment ses thèmes et n'apprend finalement rien sur Hokusai, ni sur sa fille, ni sur son œuvre. On est très loin des grandes réussites de l'animation japonaise de ces dernières années...

Note : 4,5/10


mercredi 24 juin 2015

Imitation game


Titre : Imitation game (The Imitation game)
Réalisateur : Morten Tyldum
Acteurs : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode
Date de sortie en France : 28 janvier 2015
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Avis : 
C'est l'histoire d'un homme qui a eu un rôle majeur dans la Seconde Guerre Mondiale, mais dont le rôle est longtemps resté secret. Un homme qui aura permis de raccourcir la guerre de deux ans, et donc d'épargner des millions de vies en décryptant les messages nazis. Avec Imitation game, Morten Tyldum nous fait découvrir Alan Turing, principalement à travers ses travaux pour décrypter l'Enigma, mais aussi en revenant sur certains événements de sa jeunesse, puis sur son homosexualité.


Le film s'attarde donc sur les réflexions et les différentes étapes du décryptage par Turing et son équipe, nous présentant un personnage brillant mais incapable de gérer les relations avec ses collègues. Dans le rôle du mathématicien, Benedict Cumberbatch (Sherlock, Star Trek into darkness) est comme toujours impeccable, même si son personnage et son interprétation rappellent fortement le Sheldon Cooper de The Big bang theory.

Même si l'on sait parfaitement comment l'enquête va se finir, l'intérêt pour le personnage et le scénario parviennent à nous tenir en haleine : le suspense reste très présent, les révélations intéressantes, les démonstrations passionnantes. En fait, toute la partie concernant Enigma est de loin la meilleure du film, tandis que les révélations sur l'enfance, l'interrogatoire après les faits ou même la question de l'homosexualité de Turing, qui semble presque emmerder les scénaristes, sont bien moins réussies.

Prenant et intelligent, Imitation game doit beaucoup à son interprète principal, mais aussi à un scénario qui profite pleinement de la dramaturgie des événements historiques dont il s'inspire. On regrettera néanmoins que tous les ajouts effectués autour de ce film soient bien moins convaincants, ou que le film n'évite pas toujours la caricature pour son personnage principal, mais cela n'empêche pas l'ensemble d'être très réussi.

Note : 8/10


jeudi 16 avril 2015

Big eyes


Titre : Big eyes
Réalisateur : Tim Burton
Acteurs : Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston
Date de sortie en France : 18 mars 2015
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret.

Avis : 
Avec Big eyes, Tim Burton choisit d'adapter une histoire bien plus classique que celles qu'il traite habituellement, loin des vampires de Dark shadows ou des zombies de Frankenweenie. Il s'inspire de l'histoire vraie de Walter et Margaret Keane, et de ce qui reste encore aujourd'hui l'une des plus grandes impostures de l'art, ou comment Walter Keane a prétendu pendant des années être l'auteur des toiles de sa femme.


Le film se penche ainsi sur le rapport entre l'artiste et son oeuvre, mais aussi sur la course à la reconnaissance et à l'argent : ainsi, si Margaret vit comme un déchirement l'impossibilité de revendiquer ses toiles, elle est également consciente que le talent de son mari pour les affaires est une des raisons principales de leur succès... et sera donc constamment tiraillé entre ces deux sentiments opposés. Ce n'est que lorsqu'elle prendra pleinement conscience des mensonges de Walter et de son caractère qu'elle choisira enfin de s'en émanciper, chose impensable dans l'Amérique de la moitié du vingtième siècle.

Si l'on devine ce qui a pu attirer Burton dans les fameux tableaux "Big Eyes", il faut en revanche reconnaître que le film ne porte que très rarement sa marque. Aucun freak, aucune situation macable, Big eyes est un film très classique, se contentant de suivre de façon assez balisée une histoire certes intéressante mais trop balisée. Il faudra en fait souvent se contenter du talent de l'inimitable Christoph Waltz (Inglourious basterds, Django unchained), lors de l'excellente scène de procès qui vient conclure le film par exemple.

C'est donc un Tim Burton qui ressemble à tout sauf à un Tim Burton... ce qui ne sera d'ailleurs ni un défaut, ni une qualité. Le réalisateur choisit classicisme et sobriété pour cette histoire étonnante, s'appuyant sur un très bon duo d'acteurs pour un film agréable à suivre mais finalement assez quelconque...

Note : 7/10



samedi 4 avril 2015

Une merveilleuse histoire du temps


Titre : Une merveilleuse histoire du temps (The Theory of everything)
Réalisateur : James Marsh
Acteurs : Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior
Date de sortie en France : 21 janvier 2015
Genre : drame, romance, biopic

Synopsis : 
1963, en Angleterre, Stephen, brillant étudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, entend bien donner une réponse simple et efficace au mystère de la création de l’univers. De nouveaux horizons s’ouvrent quand il tombe amoureux d’une étudiante en art, Jane Wilde. Mais le jeune homme, alors dans la fleur de l’âge, se heurte à un diagnostic implacable : une dystrophie neuromusculaire plus connue sous le nom de maladie de Charcot va s’attaquer à ses membres, sa motricité, et son élocution, et finira par le tuer en l’espace de deux ans.Grâce à l’amour indéfectible, le courage et la résolution de Jane, qu’il épouse contre toute attente, ils entament tous les deux un nouveau combat afin de repousser l’inéluctable. Jane l’encourage à terminer son doctorat, et alors qu’ils commencent une vie de famille, Stephen, doctorat en poche va s’attaquer aux recherches sur ce qu’il a de plus précieux : le temps.

Avis : 
Un merveilleuse histoire du temps raconte la vie d'un des plus grands esprits de notre époque : Stephen Hawking. De sa rencontre avec Jane Wilde à aujourd'hui, le film de James Marsh (Shadow dancer) va nous faire suivre la vie privée du physicien parallèlement à la construction de certaines de ses théories, avec comme fil rouge la détérioration de sa santé et son combat contre la maladie.


Avec beaucoup de sobriété, le film va ainsi développer le destin hors du commun du scientifique, évoquant comment la progression de son handicap va influencer sa vie quotidienne, sa façon de travailler mais aussi l'évolution de son couple. Cela donne un personnage fascinant et complexe, dont les traits d'esprit et l'humour ne parviennent pas toujours à cacher la détresse. Un personnage magnifiquement interprété par Eddie Redmayne (Les Misérables, Jupiter : le destin de l'Univers), absolument bluffant de ressemblance, et par ailleurs récompensé par l'Oscar du meilleur acteur 2015.

Au-delà du drame et de cette superbe histoire d'amour rendue impossible par la maladie, Une merveilleuse histoire du temps parvient également à rendre accessibles les diverses théories présentées dans le film. Tout comme Stephen Hawking dans ses ouvrages, le film choisit de vulgariser le propos et de rendre accessibles les réflexions au grand public, évitant ainsi de longues explications trop floues et permettant de suivre parfaitement cet autre aspect majeur du personnage.

Très classique sur la forme, Une merveilleuse histoire du temps est une oeuvre très forte, très touchante, sur un personnage hors du commun. Porté par un exceptionnel Eddie Redmayne, le film de James Marsh est une magnifique biographie, avec une histoire d'amour très réussie et un drame particulièrement poignant. Une vraie réussite !

Note : 9/10


samedi 7 mars 2015

American sniper


Titre : American sniper
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes
Date de sortie en France: 18 février 2015
Genre : biopic, guerre, drame

Synopsis : 
Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Avis : 
Après plusieurs biopics peu convaincants (Invictus, J.Edgar, Jersey boys), Clint Eastwood remet le couvert en s'intéressant cette fois à Chris Kyle, sniper américain réputé comme le plus meurtrier de l'histoire. Un sujet intéressant, que le réalisateur choisit de traiter selon deux angles parallèles : celui de ses missions sur le terrain, et celui de ses retours aux Etats-Unis, au sein de sa famille.


Hélas, Eastwood va passer un peu à côté de son sujet. S'il maîtrise parfaitement les scènes d'affrontement, le suspense lié à la guerre (comme cette formidable séquence, qui illustrait la bande-annonce, où il doit décider s'il abat ou non un enfant et sa mère pendant sa première mission), il va être bien moins convaincant lorsqu'il s'agira d'évoquer l'état psychologique de son héros lorsqu'il est chez lui. 

Ni les rapports avec sa famille, ni son statut de "héros" ne semblent véritablement évoluer, et on sent Eastwood beaucoup plus impliqué dans la description de la vie militaire du soldat, avec son éternelle fibre patriotique parfois indigeste. C'est d'autant plus regrettable que Bradley Cooper (Happiness Therapy, Very bad trip) est impeccable dans le rôle du soldat, traduisant mieux que le reste du film les dilemmes des soldats.

Bref, American sniper est en partie raté : si les scènes de guerre sont très intenses et particulièrement réussies, on ne peut pas en dire autant de la description des conséquences psychologiques ou des difficultés à retrouver une vie normale après le conflit. Le film reste néanmoins le meilleur de Clint Eastwood depuis Gran Torino, grâce notamment à un Bradley Cooper très impressionnant.

Note : 6,5/10