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jeudi 9 juin 2016

The Door


Titre :‭ ‬The Door‭ (‬The Other side of the door‭)
Réalisateur :‭ ‬Johannes Roberts
Acteurs :‭ ‬Sarah Wayne Callies,‭ ‬Jeremy Sisto,‭ ‬Suchitra Pillai-Malik
Date de sortie en France :‭ ‬1er juin‭ ‬2016
Genre :‭ ‬épouvante,‭ ‬drame

Synopsis :‭ 
Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu'à ce qu'un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils.‭ ‬La mère,‭ ‬inconsolable,‭ ‬apprend qu'un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu.‭ ‬Elle voyage alors jusqu'à un ancien temple,‭ ‬où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts.‭ ‬Mais quand elle désobéit à l'avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte,‭ ‬elle bouleverse alors l'équilibre entre les deux mondes.‭

Avis :‭ 
Se rendre au cinéma pour voir un film d'épouvante récent est devenu une véritable épreuve.‭ ‬Entre de trop rares bonnes surprises‭ (‬j'ai beaucoup aimé‭ ‬It follows,‭ ‬par exemple‭)‬,‭ ‬il faut quand même se farcir toute une brochette d'oeuvres plus ou moins mauvaises,‭ ‬d'autant plus difficiles à trier que certaines sont mystérieusement accueillies de façon positive‭ (‬je ne comprends toujours pas le succès de‭ ‬Conjuring ou de‭ Mister Babadook‭)‬.‭ ‬Alors quand‭ ‬The Door arrive,‭ ‬avec en tête d'affiche l'une des actrices les plus irritantes de ces dernières années‭ (‬Sarah Wayne Callies,‭ ‬qui a donné des envies de baffes aux fans de‭ ‬Prison Break et de‭ ‬The Walking dead‭) ‬et une réputation désastreuse,‭ ‬c'est à reculons que l'on décide de se déplacer quand même...


Produit par Alexandre Aja,‭ ‬ce qui n'est pas vraiment un gage de qualité,‭ ‬The Door nous propose‭ ‬de suivre une famille américaine installée en Inde,‭ ‬avec la possibilité,‭ ‬comme l'avait fait le remake de‭ ‬The Grudge il y a quelques années,‭ ‬d'évoquer les thèmes du dépaysement,‭ ‬du choc des cultures,‭ ‬de la confrontation entre le rationnel occidental et les superstitions locales.‭ ‬Hélas,‭ ‬si nous aurons droit à quelques éléments issus du folklore indien‭ (‬les Aghoris,‭ ‬l'idée de réincarnation...‭)‬,‭ ‬le film choisit d'ignorer tout cela,‭ ‬se contentant d'aligner paresseusement les idées empruntées ailleurs.

On retrouve ainsi un peu de cinéma d'épouvante américain‭ (‬de‭ ‬Simetierre à‭ ‬L'Exorciste‭)‬,‭ ‬un peu d'européen ou de japonais‭ (‬le fantastique naissant avec le drame familial rappelle‭ ‬L'Orphelinat ou‭ Dark Water,‭ ‬et le démon lorgne clairement du côté de Sadako et de Kayako‭)‬,‭ ‬pour un résultat sans imagination ni identité.‭ ‬The Door aligne les clichés,‭ ‬multiplie les jump-scares...‭ ‬et enfonce toutes les portes ouvertes.‭ ‬Oui,‭ ‬le fantôme jouera à cache-cache,‭ ‬fera bouger quelques objets,‭ ‬s'essaiera à la musique,‭ ‬tandis que le démon se contentera de faire peur à l'héroïne,‭ ‬le tout sous l'oeil méfiant de la domestique,‭ ‬qui après avoir expliqué à Sarah Wayne Callies comment communiquer avec son fils décédé,‭ ‬lui reprochera d'avoir ouvert la porte :‭ ‬mais tu t'attendais à quoi,‭ ‬connasse ‭? ‬Tu pensais que ta gentille patronne occidentale suicidaire,‭ ‬qui n'en a rien à foutre de tes croyances,‭ ‬obéirait bien gentiment à une instruction formulée du bout des lèvres et résisterait à l'envie d'ouvrir la porte au fils dont elle se sent responsable du décès ‭? ‬Alors que tu ne l'as absolument pas prévenu des conséquences ‭? ‬Alors que la porte en question est l'unique issue du temple ‭?


Trop banal et stéréotypé pour faire peur, le film se plante également sur l'aspect dramatique : à aucun moment on ne ressent de la peine pour cette mère qui a perdu son fils et se sent coupable de l'avoir abandonné. Là encore, on nage en plein déjà vu et au milieu des clichés, un peu comme dans Babadook. Il faut dire aussi que le choix de Sarah Wayne Callies dans le rôle est une monumentale erreur, le spectateur ne pouvant à aucun moment s'identifier à l'actrice qu'il a si souvent détestée par le passé, quand bien même son interprétation n'est pas totalement honteuse.

Je ne pourrai donc que vous conseiller d'éviter ce film, nouvelle entrée sans saveur dans la longue liste des films d'épouvante contemporain aussi vite oubliés que vus. Dommage, car il y avait sans doute de belles possibilités avec l'aspect dramatique couplé à l'aspect fantastique, ou avec le folklore indien...

Note : 2/10


mardi 14 juillet 2015

Masaan


Titre : Masaan
Réalisateur : Neeraj Ghaywan
Acteurs : Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra
Date de sortie en France : 24 juin 2015
Genre :  drame

Synopsis : 
Bénarès, la cité sainte au bord du Gange, punit cruellement ceux qui jouent avec les traditions morales. Deepak, un jeune homme issu des quartiers pauvres, tombe éperdument amoureux d'une jeune fille qui n’est pas de la même caste que lui. Devi, une étudiante à la dérive, vit torturée par un sentiment de culpabilité suite à la disparition de son premier amant. Pathak, père de Devi, victime de la corruption policière, perd son sens moral pour de l’argent, et Jhonta, un jeune garçon, cherche une famille. Des personnages en quête d'un avenir meilleur, écartelés entre le tourbillon de la modernité et la fidélité aux traditions, dont les parcours vont bientôt se croiser...

Avis : 
Avec Masaan, Neeraj Ghaywan nous propose de suivre trois histoires plus ou moins imbriquées entre elles, trois drames illustrant les injustices et inégalités en Inde : place de la femme, police corrompue et relations inter-castes impossibles sont au programme... comme d'habitude lorsqu'on est en présence d'une oeuvre indienne finalement...


Car on a évidemment l'impression d'avoir déjà vu tout cela, et la volonté de rassembler trois histoires renforce encore ce sentiment en ne développant correctement aucune d'elle, jouant au contraire au maximum sur de grosses ficelles pour faire avancer les différents récits (la conclusion de l'histoire entre Deepak et l'élue de son coeur est franchement ridicule...) et s'appuyant sur des raccourcis scénaristiques grossiers pour relier l'ensemble (notamment la façon dont l'histoire de Deepak va se répercuter sur celle de Pathak).

Tout ceci est d'autant plus regrettable que, bien que classiques, les trois histoires démarraient plutôt bien, grâce notamment à des personnages attachants. Mais ce triple drame social indien finit rapidement par tourner en rond et être rattrapé par la banalité de ses thèmes, et le film n'étonne jamais. Masaan perd donc très vite tout son potentiel immersif et émouvant, et ne donne pas l'occasion d'être scandalisé par les éléments qu'il entend pourtant dénoncer...

Cela donne une oeuvre loin d'être mauvaise, mais qui ne souffle ni le chaud ni le froid et se contente malheureusement de rester en surface, sacrifiant chacune des trois histoires qui auraient peut-être mérité chacune un long métrage davantage développé et travaillé...

Note : 5/10




lundi 16 juin 2014

Ugly


Titre : Ugly
Réalisateur : Anurag Kashyap
Acteurs : Ronit Roy, Tejaswini Kolhapure, Rahul Bhat
Date de sortie en France : 28 mai 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
Rahul et Shalini, les parents de Kali, 10 ans, sont divorcés. La fillette vit désormais avec sa mère et son beau-père, Shoumik, responsable d’une brigade de la police de Bombai. Un samedi, alors que Kali passe la journée avec son père Rahul, elle disparaît.

Avis : 
"Inspiré d'une histoire vraie", Ugly est un thriller indien dans lequel la disparition d'une fillette va nous plonger dans une vision particulièrement pessimiste de l'Inde dans ce qu'elle a de plus sombre, entre misère, corruption, violence, appât du gain et explosion de la cellule familiale. Le kidnapping sera ainsi le point de départ et le fil rouge d'une chronique sociale crue du pays, à travers de nombreux personnages essayant de tirer leur épingle du jeu, quitte à écraser les autres au passage.


Le film multiplie ainsi les fausses pistes, tente constamment de lancer le spectateur vers de nouveaux suspects, développant le passé des personnages, leurs motivations et leurs zones d'ombre, quitte à parfois nous perdre dans des sous-intrigues moins pertinentes ou des relations entre personnages ayant presque trop de liens les uns avec les autres. Cela fait perdre un peu de clarté à un scénario qui ne manque heureusement pas d'excellentes idées.

On savourera ainsi ces scènes un peu irréelles où Rahul est interrogé par des policiers qui semblent clairement s'en foutre, ou le fait que plusieurs personnes tentent de récupérer une rançon sans même avoir kidnappé la jeune fille. Quelques bouffées d'air frais dans un film autrement très sombre et glauque, et au cynisme impresionnant, rappelant les meilleurs thriller sud-coréens de ces dernières années (Memories of murder, The Chaser...).

A l'exception du nombre trop élevé de personnages, qui risque de perdre par moments le spectateur, Ugly est donc une franche réussite, un thriller noir et passionnant jouant autant avec nos nerfs qu'avec nos attentes jusqu'à sa formidable conclusion. A noter enfin qu'il vous faudra peut-être vous munir de boules Quiès, le film étant très, très bruyant (à moins que cela ne vienne du projectionniste ?).

Note : 8/10