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mardi 30 mars 2021

Les Révoltés de l'An 2000

 


Titre : Les Révoltés de l'an 2000 (Quién puede matar a un niño ?)
Réalisateur : Narciso Ibañez Serrador
Acteurs : Lewis Fiander, Prunella Ransome, Luis Ciges
Date de sortie en France : 2 février 1977
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Un couple d’Anglais, Tom et Evelyn, débarque dans la station balnéaire de Benavis pendant les festivités d’été. Préférant fuir la foule, ils prévoient de partir le lendemain pour la petite île d’Almanzora. Dans ce lieu ignoré des touristes, les Anglais auront tout à loisir de se reposer pendant leurs deux semaines de vacances, en particulier Evelyn qui est enceinte. Mais à leur arrivée, ils découvrent un village totalement abandonné de ses habitants. Bientôt, des enfants au comportement étrange font leur apparition. Et s’ils avaient quelque chose à voir avec la disparition de la population adulte ?

Avis : 
Qui voudrait tuer un enfant ? Telle est la question posée par Narciso Ibañez Serrador dans ce classique, inspiré du roman El juego de los niños (« le jeu des enfants ») de Juan José Plans. Une question récurrente dans le cinéma de genre, de La Nuit des morts-vivants à The Children : malgré toutes les horreurs dont ils sont capables, quel adulte serait capable de tuer un enfant, parfois même un des siens, pour se protéger lui-même ?



Les Révoltés de l’An 2000 (curieux titre français) développe ainsi un thème particulièrement sombre (les premières minutes, à base d’images documentaires montrant les enfants victimes des guerres, mettent directement dans l’ambiance)... dans un environnement éclatant de luminosité. C’est l’été, il fait beau, il fait chaud. On est loin de l’ambiance feutrée de certains châteaux de films gothiques et des soirées étudiantes de beaucoup de slashers. On entend même des enfants rire et jouer...

Car le réalisateur de La Résidence joue constamment sur ce décalage entre innocence et horreur. La violence surgit souvent sans prévenir, la menace prend la forme d’un sourire, de larmes ou de chants, les jeux les plus enfantins sont détournés de façon atroce. Même ce qui devrait être le plus grand bonheur d’une femme est perverti, détruisant définitivement le peu d’espoir que l’on pouvait avoir pour le couple. Le spectateur est ainsi constamment sorti de sa zone de confort, et constamment confronté au dilemme moral qui est au centre du film, jusqu’à un final particulièrement ironique.

N’ayons pas peur des mots : Quién puede matar a un niño est un véritable bijou, aussi noir que solaire, aussi intelligent que glaçant. Une perle indispensable.



mercredi 28 novembre 2018

Cold skin


Titre : Cold skin
Réalisateur : Xavier Gens
Acteurs : David Oakes, Ray Stevenson, Aura Garrido
Date de sortie en France : 
Genre : fantastique

Synopsis : 
Dans les années vingt, un officier météorologique de l'armée est envoyé sur une île en Antarctique pour étudier les climats. Celui-ci y fait la rencontre d'un vieux gardien de phare russe. Lors de la première nuit, l'officier se fait attaquer par d'étranges créatures...

Avis :
Finalement, tout arrive : avec Cold skin, j'ai enfin aimé un film de Xavier Gens ! Je n'en avais certes pas vu énormément, mais après le massacre Hitman, le grotesque Frontière(s) et l'insipide The Divide, je n'avais pas franchement envie de creuser davantage dans la filmographie du réalisateur français. J'ai bien fait d'insister un peu, car Cold skin s'est révélé être un excellent film.


Dès les premières secondes, on est happés par une histoire sur laquelle plane l'ombre de Lovecraft : l'Antarctique et ses secrets, le début du vingtième siècle, et cette sensation de solitude et de lieu propice à la folie, c'est à peine si l'on serait surpris d'apercevoir le mirage d'une cité cyclopéenne perdue derrière d'immenses montagnes noires. La suite le confirme d'ailleurs : si le film n'adapte pas directement l'auteur de Providence mais l'espagnol Albert Sanchez Pinol, l'influence de l'auteur de L'Appel de Cthulhu est évidente. A ceci près qu'ici, on entrera très rapidement dans le vif du sujet : les créatures humanoïdes attaquent le héros dès la première nuit, et le métrage, étrangement très rythmé, va être ponctué de nombreuses séquences d'action.

Si je dis que le film est étrangement très rythmé, c'est parce qu'on a le sentiment qu'il n'y a aucun temps mort, alors que le film ménage quelques séquences plus calmes, plus douces (jusqu'à faire de l'oeil au Leviathan de Zviaguintsev), parvenant à faire naître étrangeté et fascination là où Del Toro, pour un sujet vaguement similaire, s'était planté avec La Forme de l'eau. Doux et musclé à la fois, en somme, et magnifié par des paysages sublimes, un jeu sur les lumières superbe (les scènes d'attaques nocturnes sont des moments incroyablement forts) et un duo d'acteurs tout simplement parfait.

On se demande vraiment pourquoi le film n'a, pour le moment, pas eu le droit à une véritable sortie en France : Cold skin est de loin le meilleur film de son réalisateur, que je ne connaissais pas aussi doué. J'ai presque hâte de voir ses autres films maintenant..

Note : 8/10


mercredi 18 octobre 2017

Que Dios nos perdone


Titre : Que Dios nos perdone
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Acteurs : Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira
Date de sortie en France : 9 août 2017
Genre : policier

Synopsis : 
 Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…

Avis : 
Après l'excellent La Isla minima, le cinéma espagnol nous propose un nouveau thriller policier sur fond de politique. La campagne d'une Espagne post-franquiste des années 80 d'un côté, la capitale madrilène au beau milieu de la crise économique de l'autre, pour deux enquêtes mettant en scène un duo que tout semble opposer, grand classique du genre.



Classique, mais pourtant extrêmement efficace. La chaleur madrilène, les meurtres particulièrement glauques (des femmes âgées violées, torturées et tuées), la personnalité des deux enquêteurs... tout participe à faire de ce Que Dios nos perdone un film à l'ambiance pesante, qui nous enfonce dans une noirceur de plus en plus prégnante. Même les rares éléments qui semblaient apporter un peu d'oxygène finissent par voler en éclat, comme la personnalité de Velarde(l'excellent Antonio de la Torre, vu notamment dans Balada Triste ou... La Isla minima), que l'on pense bien plus équilibré que son collègue, mais se qui se révèle presque pire.

On appréciera également le fait que le film laisse quelques zones d'ombre, comme les motivations profondes du tueur ou certaines mésaventures arrivant au duo de policiers en dehors de ce qu'on voit à l'écran. Et surtout, le film n'hésite pas à nous prendre totalement au dépourvu, notamment dans son final. Seul petit bémol, le sentiment que certains événements sont trop précipités, comme tombant du ciel, ce qui nuit un peu au réalisme d'une enquête pourtant passionnante.

Que Dios nos perdone est donc une nouvelle réussite pour le cinéma policier espagnol. Intelligent et glauque, bénéficiant d'un duo d'acteurs principaux impeccables, il restera sans doute comme l'un des films marquants de cette année 2017.

Note : 8/10


jeudi 6 août 2015

La Isla minima


Titre : La Isla minima
Réalisateur : Alberto Rodriguez
Acteurs : Raùl Arévalo, Javier Gutiérrez, Antonio de la Torre
Date de sortie en France : 15 juillet 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis :
Deux flics que tout oppose, dans l'Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d'Andalousie  pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu'à l'absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

Avis : 
En voyant la bande-annonce, on s'attendait presque à entendre les premières notes du thème de la série True detective. Avec son duo d'enquêteurs que tout oppose, ses meurtres d'adolescents aux lourds secrets, ses lieux éloignés de tout et propices aux mystères, le film d'Alberto Rodriguez ressemble ainsi à s'y méprendre à la série interprétée par Woody Harrelson et Matthew McConaughey, ou même à Twin Peaks. Ce qui n'enlèvera rien à ses qualités.


 Car si le film met un peu de temps à démarrer, reprenant les éternelles bases du genre, on se retrouve peu à peu pris dans l'ambiance de cette Espagne des années 80, d'autant que l'enquête progresse de façon cohérente et tangible, loin de certains thrillers se contentant d'éléments tombant du ciel pour progresser. On regrettera peut-être le fait que certains éléments disparaissent sans trop d'explication, ou que la solution devienne évidente assez vite, mais cela n'empêche pas le film d'être particulièrement prenant.

Dommage aussi que les relations entre les deux policiers ne soient pas plus développées, notamment en ce qui concerne leur passé. En revanche, on appréciera la qualité des rôles secondaires, qui apportent vraiment quelque chose à l'histoire. Au niveau de la réalisation, j'avoue avoir trouvé assez agaçante et tape-à-l'oeil cette manie inutile de filmer les paysages du ciel. L'effet est certes réussi les premières fois, mais finit par devenir redondant en se répétant trop souvent.


La Isla minima compense donc son manque relatif d'originalité par une enquête très prenante et une ambiance très réussie. On aurait presque aimé que le film aille un peu plus loin dans la description de son duo d'enquêteurs, mais cela n'empêche pas le film d'Alberto Rodriguez d'être une  réussite.

Note : 7/10


dimanche 1 février 2015

Les Nouveaux sauvages


Titre : Les Nouveaux sauvages (Relatos salvajes)
Réalisateur : Damià Szifron
Acteurs : Ricardo Darin, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia
Date de sortie en France : 14 janvier 2015
Genre : comédie, drame

Synopsis : 
L'inégalité, l'injustice et l'exigence auxquelles nous expose le monde où l'on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

Avis : 
Vous n'avez jamais rêvé de péter les plombs ? De vous venger, sans aucune retenue, d'une crasse ou d'une injustice ? C'est ce fantasme que vont réaliser les personnages centraux des Nouveaux sauvages, film argentino-espagnol produit par Pedro Almodovar. Six segments d'une vingtaine de minutes, nous montrant les réactions extrêmes d'individus normaux placés face à des situations qui les dépassent.


On suivra donc la vengeance d'un pilote d'avion, l'altercation entre deux conducteurs, la colère d'une employée confrontée à un client qui a détruit la vie de sa famille, le pétage de plomb d'un homme dont la voiture a été enlevée par la fourrière, les manipulations d'un riche homme d'affaires pour tenter de courir l'homicide involontaire qu'a commis son fils et un mariage complètement fou : des situations qui nous mettent souvent face à nos propres défauts (El mas fuerte et Bombita nous parlent ainsi directement), et dont l'humour souvent très méchant est particulièrement efficace.

Bien entendu, les sketchs sont un peu inégaux : de mon côté, j'avoue avoir adoré les trois premiers et le dernier, mais m'être un peu plus ennuyé devant Bombita et La Propuesta, qui tournent un peu en rond malgré quelques passages hilarants. En revanche, la progression du premier sketch, Pasternak, est un modèle du genre, et le joyeux jusqu'au-boutisme de El mas fuerte en fait un passage extrêmement drôle.

Si certains passages sont moins réussis que les autres, Les Nouveaux sauvages reste néanmoins une comédie piquante, un petit défouloir qui nous permet de nous faire péter les plombs par procuration. Si vous voulez une bonne grosse dose d'humour noir et méchant, n'hésitez pas !

Note : 7,5/10


lundi 12 janvier 2015

Exodus : Gods and Kings


Titre : Exodus : Gods and Kings
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Christian Bale, Joel Edgerton, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 24 décembre 2014
Genre : péplum

Synopsis : 
L’histoire d’un homme qui osa braver la puissance de tout un empire. Ridley Scott nous offre une nouvelle vision de l’histoire de Moïse, leader insoumis qui défia le pharaon Ramsès, entraînant 600 000 esclaves dans un périple grandiose pour fuir l’Egypte et échapper au terrible cycle des dix plaies.

Avis : 
Après plusieurs échecs successifs (Prometheus, Cartel), Ridley Scott se tourne cette fois vers un genre à la mode, celui du péplum "réaliste", soucieux de combiner la puissance d'un mythe ou d'une légende à un cadre plausible, traitant le sujet selon un angle plus historique que fantastique. Après Noé de Darren Aronofsky, c'est donc cette fois Moïse qui ressuscite sur nos écrans, près de soixante ans après le chef d'oeuvre de Cecil B. DeMille, Les Dix Commandements.

Difficile d'ailleurs de ne pas penser à l'opposition entre Charlton Heston et Yul Brynner, surtout quand leurs remplaçants ne possèdent pas le centième de leur charisme. On peut même évoquer de vraies erreurs de casting, tant Christian Bale (The Dark Knight rises, American bluff, Les Brasiers de la colère) et Joel Edgerton (Warrior, Gatsby le magnifique) peinent à convaincre dans les rôles respectifs de Moïse et de Ramsès II, même si le second assume plutôt bien l'aspect hautain et lâche du pharaon, et devient même très bon lorsqu'il sombre dans la folie vengeresse.

On appréciera néanmoins de voir un Moïse plus nuancé, qui n'accepte pas aveuglément les décisions d'un Dieu n'hésitant pas à faire souffrir des innocents pour en libérer d'autres. Mais l'approche "réaliste" du film se remarque surtout lors des 10 plaies d'Egypte, qui ont pour beaucoup une explication rationnelle (les grenouilles, les insectes, la maladie), ou la très attendue traversée de la mer Rouge, qui reste marquée par une touche de fantastique mais est très loin de la superbe exubérance visuelle du film de DeMille.

Je m'attendais un peu à une catastrophe, surtout après avoir vu l'affiche et la bande-annonce. Pourtant, malgré des choix d'interprètes très discutables, Exodus est une relecture plutôt convaincante du mythe, avec quelques passages très spectaculaires. A défaut d'être aussi mémorable que Les Dix commandements, il constitue un bon péplum, surtout dans les passages mettant en avant les plaies d'Egypte ou l'Exode.

Note : 6,5/10


lundi 24 novembre 2014

[.Rec] 4 - Apocalypse


Titre : [.Rec] 4 - Apocalypse ([.REC] 4)
Réalisateur : Jaume Balaguero
Acteurs : Manuela Velasco, Paco Manzanedo, Héctor Colomé
Date de sortie en France : 12 novembre 2014
Genre : horreur

Synopsis : 
Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

Avis : 
Quatrième volet de la saga, [.Rec] 4 - Apocalypse marque le retour de Jaume Balaguero derrière la caméra après un volet (très) décevant signé de son compère Paco Plaza. Un [.Rec] 3 - Genesis qui marquait néanmoins une évolution majeure dans la saga, avec l'abandon du "found footage" caractéristique des deux premiers films, et que le réalisateur de Darkness et de Malveillance ne va pas réutiliser dans ce quatrième épisode. Cela n'empêchera pas ce [.Rec 4] d'être complètement raté.


Plus digne d'une suite destinée au marché de la vidéo qu'à une oeuvre méritant une sortie en salles, Rec 4 se déroule... sur un bateau. Un environnement qui change totalement de l'immeuble de Barcelone, mais qui pouvait bénéficier d'une configuration bien spécifique, entre isolement total en pleine mer et couloirs exigus. Hélas, rien de tout cela ne sera exploité, et cette vulgaire histoire d'infectés / possédés / zombies aurait finalement pu se dérouler n'importe où : des pannes récurrentes ? une tempête qui approche ? on s'en fout, ça ne donnera rien.

Cela ne fait de toute façon que couronner les errances d'un scénario dont les uniques surprises viennent des éléments tombant du ciel ou des grossières incohérences. On a en fait l'impression que ce Rec 4 ne cherche qu'à multiplier les scènes choc après une longue exposition plutôt calme. Mais un autre problème se pose alors : Balaguero réussit le petit exploit de rendre la moindre séquence d'action ou d'horreur encore plus illisible que dans le plus pourri des found-footages ! Une véritable performance, qui devrait permettre aux pharmaciens de vendre du Doliprane par palettes.

Il est finalement assez compliqué de sauver des éléments de ce naufrage (et imaginez donc qu'avec ce splendide parallèle, j'exploite mieux l'élément marin que le film !). Allez, Manuela Velasco est toujours aussi mignonne, et j'ai trouvé le personnage de Nick plutôt sympathique, apportant une touche de décontraction là où le reste du film est finalement beaucoup trop sérieux, alors que le scénario aurait sans doute mérité un second degré plus appuyé...

Si l'échec du troisième volet pouvait s'expliquer par la présence du maillon faible du duo derrière la caméra, la nullité de ce quatrième volet, aux manettes duquel se trouve un réalisateur bien plus intéressant, surprend vraiment. Et si je n'ai jamais véritablement apprécié les autres films de la saga, pas même le 1, rien ne pouvait préparer à un tel fiasco, pas même la liste des catastrophes qui envahissent les écrans depuis plusieurs mois. Une liste encore un peu plus longue donc avec ce [.Rec] 4...

Note : 2/10


mercredi 3 septembre 2014

Enemy


Titre : Enemy
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon
Date de sortie en France : 27 août 2014
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Adam, un professeur divorcé, mène une vie tranquille avec sa fiancée Mary. Il découvre son double parfait en la personne d'Anthony, un acteur qui habite avec son ex-femme, près de chez lui. Adam commence à observer son double, avec l'intention de maintenir une certaine distance, mais très vite la vie des deux couples s'entremêle, au point de les précipiter dans une lutte à l'issue tragique, dans laquelle seul l'un des deux couples survivra...

Avis : 
Enemy est l'adaptation par Denis Villeneuve (à qui l'on doit notamment Prisoners, réalisé après mais sorti au cinéma avant Enemy) du roman L'Autre comme moi de José Saramago. Il met en scène Jake Gyllenhaal dans un double rôle principal, une double identité derrière laquelle se cache une réalité que nous découvrirons pendant le film.


Enfin, quand je dis "pendant le film", le spectateur un minimum attentif aura tout découvert au bout de 20 minutes. Comme pour Prisoners, Denis Villeneuve insiste tellement sur ses indices qu'il est compliqué de ne pas les remarquer : il suffira d'écouter le premier monologue de Jake Gyllenhaal pour se faire une idée de l'intrigue, et le reste du film ne fera que décliner ces pistes pendant une heure. Et comme si cela ne suffisait pas, le réalisateur canadien va en plus nous offrir une symbolique assez lourde à base de miroirs, d'araignées et de clés.

Heureusement, il reste le talent de Jake Gyllenhaal, très convaincant dans ces deux rôles, permettant au film de garder un réel intérêt alors même que le mystère a disparu. On se plaît presque à reconstituer un puzzle trop simple juste parce qu'on s'intéresse vraiment à l'acteur. Il faut avouer également que la réalisation de Villeneuve compense en partie la faiblesse de son scénario, même si l'omniprésente teinte jaune participe à la lourdeur symbolique de l'ensemble.

Pas désagréable, Enemy n'échappe cependant pas à une forte impression de déjà-vu, développant sans grande imagination le thème du double à grands renforts d'indices traînant partout et de symboles trop évidents. Dommage, car le sujet était intriguant...

Note : 6/10


mardi 11 février 2014

Cartel


Titre : Cartel (The Counselor)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Javier Bardem, Cameron Diaz...
Date de sortie en France : 13 novembre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Avis : 
 Scénarisé par Cormac McCarthy, auteur notamment des romans No country for old men et La Route, et réalisé par Ridley Scott, Cartel nous plonge dans le monde du trafic de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Nous allons ainsi suivre Michael Fassbender, pour sa deuxième collaboration avec Scott après Prometheus, rapidement confronté à la cruelle réalité d'un cartel tout-puissant ne pardonnant aucune erreur, même hypothétique.


Avec un tel sujet et un tel casting - aux côtés de Fassbender, on retrouve quand même Javier Bardem (No country for old men, Skyfall), Penelope Cruz (Ouvre les yeux, Vicky Christina Barcelona), Brad Pitt (Fight Club, World war Z) ou encore Cameron Diaz -on ne pouvait qu'avoir de fortes attentes. Pourtant, très rapidement, on va s'apercevoir que nous sommes devant un thriller bavard, aux enjeux flous et sans aucun souffle. En fait, en dehors de la noirceur due au scénario de McCarthy, qui insiste sur le contraste entre l'innocence du personnage de Cruz et l'horreur des événements qui vont marquer son fiancé, il n'y a pas grand chose à sauver.

On attend ainsi pendant 1h30 que le film démarre, en n'ayant finalement que les anecdotes sexuelles de Javier Bardem à se mettre sous la dent. Et même à ce moment là, Cartel ne décolle pas, se contentant de dérouler paresseusement son histoire, se contentant d'aligner les dialogues sans grand intérêt et nous menant sans jamais changer de rythme jusqu'à un final plutôt réussi, mais qui arrive bien trop tard. Il faut plus de deux heures avant de trouver un passage prenant.

Bref, Cartel est une vraie déception, un thriller mou et sans enjeu nous tirant trop rarement d'un véritable ennui malgré une histoire qui avait un véritable potentiel et un casting impressionnant. On se demande néanmoins si les acteurs étaient conscients des limites de leurs dialogues et de leurs personnages, tant ceux-ci sonnent creux et donnent uniquement l'impression de réciter leurs répliques sans y croire. On se demande également si on doit encore attendre mieux de la part de Ridley Scott, dont les belles années semblent décidément bien loin...

Note : 2,5/10


dimanche 2 février 2014

Blancanieves


Titre : Blancanieves
Réalisateur : Pablo Berger
Acteurs : Maribel Verdù, Macarena Garcìa, Daniel Giménez-Cacho
Date de sortie en France : 23 janvier 2013
Genre : drame, conte

Synopsis : 
Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves". C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable… 

Avis : 
Blancanieves est une nouvelle adaptation de Blanche Neige, le célèbre conte des frères Grimm ayant déjà donné lieu à de nombreuses transposition à l'écran, de la version de Disney aux films réalisés par Tarsem Singh et par Rupert Sanders. Ici, Pablo Verger choisit de situer l'action dans l'Espagne des années 20, et d'enlever toute trace de fantastique, offrant une approche purement dramatique, tout en y apportant une bonne dose de cynisme et d'humour noir.


La pauvre Carmen a ainsi un destin particulièrement noir : sa mère meurt en couches le soir même où son père, après un accident de tauromachie, se retrouve paralysé. Peu de temps après, c'est la gentille grand mère de l'enfant qui décède, la laissant seule face à la nouvelle épouse de son père, une jeune femme magnifique mais tyrannique, qui empêche le père et la fille de se voir et n'hésitera pas à assassiner son mari et à torturer psychologiquement sa belle-fille, jusqu'à l'épisode classique où cette dernière parvient à s'enfuir après une tentative de meurtre.

Bref, ça ne rigole pas, même si la rencontre avec les nains sera l'occasion de donner un peu plus de légèreté au film. Ces derniers sont en effet toreros, et vont recruter Carmen, qu'ils surnommeront donc Blanche Neige. Une ambiance qui tranchera avec la mélancolie et le cynisme de la dernière partie, avec la scène de la pomme, la superbe vengeance des nains et cette fin terrible, très loin des happy-end auxquels Hollywood nous a habitués.

Blancanieves prend également le parti d'être muet et en noir et blanc, ajoutant encore à la tristesse de l'ensemble du film, porté par de superbes actrices (Maribel Y tu Mama tambien / Le Labyrinthe de Pan Verdù et Macarenà Garcìa). Un très beau film donc, une belle surprise, qui revient à la cruauté des contes originels avec une belle-mère vraiment horrible et une fin particulièrement noire...

Note : 8,5


vendredi 29 novembre 2013

Les Amants passagers


Titre : Les Amants passagers (Los amantes pasajeros)
Réalisateur : Pedro Almodovar
Acteurs : Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo
Date de sortie en France : 27 mars 2013
Genre : comédie

Synopsis : 
Une panne technique met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península. Les pilotes s'efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards sont des personnages atypiques et baroques, qui, face au danger, tentent d'oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. La vie dans les nuages est aussi compliquée que sur terre, pour les mêmes raisons, qui se résument à deux mots : "sexe" et "mort". 

Avis : 
 Mais qu'est-il donc passé par la tête d'Almodovar ? Après avoir soigneusement évité le film au moment de sa sortie au cinéma, largement refroidi par une bande-annonce gênante, j'ai cédé à la curiosité, appréciant généralement le cinéma du réalisateur espagnol, et notamment Talons aiguilles, Parle avec elle ou le récent La Piel que habito. Bien mal m'en a pris, tant cette nouvelle comédie est ratée.


C'est bien simple, le film réunit tout ce qu'il y a de plus lourdingue dans l'humour. A l'image d'un American pie ou d'un de ses ersatz (oui, la comparaison est violente pour un Almodovar), l'humour ne tourne qu'autour du sexe et de l'alcool. Le personnel de l'avion est entièrement gay (sauf les hôtesses, qui ont heureusement été endormie et n'apparaîtront donc jamais ou presque), les passagers sont tous tordus (de l'icône sado-masochiste au tueur à gage), et les gags tourneront donc intégralement autour de leur besoin d'évacuer la tension d'une hypothétique mort imminente en forniquant et en buvant. 

C'est le plus souvent lamentable, et à l'exception d'une ou deux répliques ou situations qui font mouche, quand elles ne tombent pas du ciel, on est en permanence plus atterré qu'hilare devant une comédie qui, à l'image de son avion, ne vole jamais bien haut et tourne constamment en rond. Bref, Les Amants passagers est une comédie à l'humour d'adolescent un peu attardé, qui s'écrase sous le poids de sa propre lourdeur et constitue un véritable faux pas dans la filmographie de Pedro Almodovar...

Note : 2/10

dimanche 8 septembre 2013

Tad l'explorateur : à la recherche de la cité perdue


Titre : Tad l'explorateur : à la recherche de la cité perdue (Las Aventuras de Tadeo Jones)
Réalisateur : Enrique Gato
Acteurs : Oscar Barberàn, Belinda, Jose Mota
Date de sortie en France : 17 avril 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Suite à un quiproquo, Tad, ouvrier distrait, est pris par erreur pour un célèbre archéologue et envoyé en mission au Pérou. Avec l’aide de Jeff, son chien fidèle, d’un professeur intrépide, d’un perroquet muet et d’une charmante jeune femme, il tentera de défendre la Cité Perdue des Incas contre l’assaut d’une redoutable bande de chasseurs de trésors… 

Avis : 
Après avoir mis en scène le personnage dans deux courts-métrages d'animation (Tadeo Jones en 2006, Tadeo Jones et le sous-sol maudit en 2007), le réalisateur Enrique Gato décide de lui faire franchir le pas du long métrage. Après 4 années de travail, son équipe composée de 300 personnes achève Tad l'explorateur : à la recherche de la cité perdue, qui sera sélectionné en compétition officielle au festival international du film d'animation d'Annecy.



Le film affiche d'entrée la couleur : Tad, Tadeo Jones en version originale, est évidemment très inspiré d'Indiana Jones, jusqu'à porter le même chapeau. Mais au-delà du héros interprété par Harrison Ford, c'est à l'ensemble des médias d'aventures que se réfère le film, de la saga Tomb Raider, avec sa camarade sosie de Lara Croft, à Allan Quatermain, de Tintin à La Momie, le tout dans une aventure que n'aurait sans doute pas renié James Bond.


Au-delà de ces nombreuses références, Tad l'explorateur reste un film d'aventures très classique et très sage, clairement destiné à un public jeune. Les méchants sont ainsi un peu bêtes et maladroit, le héros est un gentil naïf qui finira par emballer l'héroïne, et on retrouve quelques personnages secondaires classiques, de l'autochtone stéréotypés aux animaux amusants. Les péripéties s'enchaînent sans surprises, à un rythme régulier, les rares impasses se dressant face aux personnages étant rapidement contournées.


Tad l'explorateur : à la recherche de la cité perdue est donc un film d'animation dans la moyenne, assez sympathique pour passer un bon moment mais loin d'être extraordinaire, d'autant que l'animation n'est pas toujours réussie. On est évidemment très loin de ce que l'animation peut parfois nous réserver...


Note : 6/10



lundi 26 août 2013

Dracula (Dario Argento)


Titre : Dracula (Dracula 3D)
Réalisateur : Dario Argento
Acteurs : Rutger Hauer, Asia Argento, Thomas Kretschmann
Date de sortie en France : 
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Transylvanie, 1893. Jonathan Harker, jeune bibliothécaire, arrive dans le village de Passo Borgo afin de travailler pour le Comte Dracula, un noble du lieu. Confronté à la personnalité mystérieuse de son hôte, Jonathan ne tarde pas à découvrir la vraie nature du Comte et le danger qu’il représente, notamment pour sa femme, Mina. Alors que les morts violentes s’accumulent, seul Abraham Van Helsing, qui a déjà croisé la route de Dracula, semble à même de pouvoir l’empêcher de poursuivre son sinistre dessein. 

Avis : 
Alors qu'on le pense au fond du trou depuis des années, l'ancien maître de l'horreur Dario Argento nous prouvait qu'il pouvait encore creuser et repousser les limites de la nullité : Card player, Mother of tears, Giallo, autant de navets consternants qui laissaient imaginer la mort artistique définitive du réalisateur italien. Pourtant, il revient une nouvelle fois en 2013 pour une énième adaptation du Dracula de Bram Stoker.


Il n'y avait guère de suspense : ce Dracula est une nouvelle oeuvre navrante, une nouvelle pierre à l'édifice de la médiocrité de l'auteur des Frissons de l'angoisse. Pourtant, on y discerne cette fois une espèce de générosité presque naïve, un retour à une esthétique un peu plus soignée, qui font de ce film de vampires un métrage moins nullissime que prévu. 

En grattant bien, en passant outre l'interprétation grotesque de l'ensemble du casting (on a l'habitude pour Asia Argento, mais voir Rutger Hauer jouer aussi mal est presque douloureux), les erreurs de montage ou ces passages hallucinants (la mante géante !), on trouve même quelques qualités à ce film d'Argento, ce qui n'était pas arrivé depuis presque 10 ans !

On appréciera ainsi le rythme plutôt soutenu du film, les décors plutôt réussis, et une relative fidélité au roman de Bram Stoker. Van Helsing est ainsi bien loin du clown qu'il était devenu dans le Bram Stoker's Dracula de Coppola, même si la facilité avec laquelle il vainc ses ennemis est souvent risible. Quelques qualités qui, en plus de l'amusement provoqué par de nombreux passages grotesques, font passer un moment presque agréable devant ce Dario Argento's Dracula.

Note : 3/10


vendredi 7 juin 2013

La Neuvième porte


Titre : La Neuvième porte (The Ninth gate)
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Johnny Depp, Frank Langella, Emmanuelle Seigner
Date de sortie en France : 25 août 1999
Genre : fantastique, thriller

Synopsis : 
Dean Corso est un chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés. Sa réputation lui vaut d'être engagé par un éminent bibliophile, féru de démonologie, Boris Balkan, qui lui demande de traquer les deux derniers exemplaires du légendaire manuel d'invocation satanique, "les Neuf Portes du royaume des ombres". Corso relève le défi. De New York à Tolède, de Paris à Cintra, il s'enfonce dans un labyrinthe semé de pièges et de tentations. Il va peu à peu décrypter les énigmes du livre maudit et découvrir le véritable enjeu de sa mission. 

Avis : 
 Trente ans après Rosemary's baby, Roman Polanski revient taquiner le Diable avec cette adaptation du roman d'Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas. Il met pour l'occasion en scène Johnny Depp (Pirates des Caraïbes, Sleepy Hollow) dans le rôle de Dean Corso, au milieu d'une enquête qui dépassera finalement les frontières du surnaturel.
 

Polanski va installer une ambiance très réussie pendant la plus grande partie du film, l'atmosphère se faisant plus pesante, plus menaçante à mesure que les recherches et les découvertes de Corso progressent. Dans ce puzzle démoniaque éparpillé entre plusieurs pays, les rencontres improbables se multiplient, de ce duo de bibliothécaires espagnols à cette secrétaire parisienne au physique d'armoire à glaces. Pendant 1h30, le réalisateur nous fait d'ailleurs participer à cette chasse, nous faisant découvrir les mystères en même temps que le personnage interprété par Depp...pour finalement nous abandonner, sans crier gare.

En effet, toute cette enquête s'accélère brusquement, et laisse le spectateur sur le côté, contraint d'assister à un dénouement devenant aussi obscur que grotesque. Car si Polanski flirtait jusque là agréablement avec le surnaturel, n'apportant que quelques touches un peu risibles (ah, Emmanuelle Seigner qui plane pour rejoindre Johnny Depp avant de rosser quelques agresseurs dans un affrontement ridicule !), il décide finalement de verser dans le grand-guignolesque, à grand renfort de secte attardée, de second couteau impayable et de grand gourou illuminé.

Cette dernière partie gâche vraiment le plaisir ressenti jusque là, avec cette progression intéressante de l'intrigue et la découverte progressive du mystère contenu dans les livres. Et si chacune des apparitions de Seigner résonne comme autant d'alertes annonçant que le film risque de sombrer dans la médiocrité, rien ne nous préparait à ce dernier acte complètement bâclé...Dommage.

Note : 7/10


mercredi 15 mai 2013

Mamà


Titre : Mamà
Réalisateur : Andres Muschietti
Acteurs : Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier
Date de sortie en France : 15 mai 2013
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

Avis : 
 Produit par Guillermo del Toro, Mamà a obtenu un immense succès au festival du film fantastique de Gérardmer 2013, obtenant le Grand prix du jury, le prix du public et le prix du jury jeunes. Si de telles récompenses ne sont pas forcément gage de qualité (on se rappelle par exemple de Babycall ou de Midnight meat train), la présence en tête d'affiche de Jessica Chastain, formidable actrice que l'on a pu voir récemment dans les non moins formidables Take Shelter et Zero Dark Thirty, semblait de nature à rassurer.

 

Hélas, à l'image d'une autre production de Del Toro récompensée à Gérardmer, L'Orphelinat, Mamà va très rapidement montrer ses limites, après une mise en place pourtant réussie, ruinant au passage les espoirs nés des premières minutes. Car l'introduction, très réussie, laissait la place à une atmosphère angoissante, par le biais notamment d'une scène superbe, où l'on nous révèle subtilement la présence de l'entité dans la chambre, jouant avec une des gamines. Hélas, quelques secondes plus tard, la magie disparaît avec deux jump-scares grotesques, plongeant dans le défaut récurrent des films d'épouvante de ces dernières années : la paresse.

La promesse de peur s'étant envolée, on s'agace rapidement des effets éculés que tente de nous servir le réalisateur Andres Muschietti. Des effets rendus d'autant plus abscons que l'on tente de nous surprendre tout en nous révélant immédiatement la nature de la menace. La surprise sera d'autant plus absente que le film se contente de reprendre les poncifs du cinéma d'épouvante de ces dernières années. On pense ainsi, par exemple, à Fragile, à L'Orphelinat, à La Dame en noir ou même à Dark Water. On a ainsi toujours une longueur d'avance sur le film, devinant bien à l'avance les motivations de Mamà. 

C'est d'autant plus frustrant que le film est remarquablement emballé, l'esthétique ayant bénéficié d'un soin tout particulier, tout comme les personnages des jeunes filles revenues à l'état sauvage tout simplement saisissante. On ne peut pas en dire autant de la fameuse Mamà, complètement ratée et prêtant presque plus à sourire qu'à frissonner, rappelant même les apparitions numériques au rabais du très mauvais Grave Encounters...

Mamà n'est finalement pas désagréable, grâce à des qualités indéniables de réalisation et d'interprétation. Néanmoins, à se reposer sur les clichés et les mécanismes paresseux que l'on n'a que bien trop vus pour tenter vainement de faire sursauter, Andres Muschietti finit par frustrer et par agacer, condamnant son film à un oubli rapide. Peut-être que s'il avait été réalisé 15 ans plus tôt...

Note : 5/10



mardi 30 avril 2013

The Impossible


Titre : The Impossible (Lo Imposible)
Réalisateur : Juan Antonio Bayona
Acteurs : Naomi Watts, Ewan McGregor, Tom Holland
Date de sortie en France : 21 novembre 2012
Genre : drame, catastrophe

Synopsis : 
L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie. 

Avis : 
Après le très moyen Au-delà de Clint Eastwood, The Impossible revient à son tour sur le tsunami qui a frappé les côtés Thaïlandaises en 2004. Inspiré de l'histoire vraie de María Belón, une espagnole séparée de sa famille par le drame mais qui a fini par les retrouver, le film est réalisé par Juan Antonio Bayona, à qui l'on doit déjà L'Orphelinat, film fantastique dont l'esthétique soignée ne faisait pas oublier le scénario horriblement classique. Un classicisme qui se transforme ici en banalité, tant The Impossible s'acharne à rassembler les poncifs les plus horribles du cinéma.


Le film tente vainement de nous extirper des larmes, à grand renfort de surjeu (Naomi Watts et Ewan McGregor n'ont jamais aussi mal joué...), de musique mielleuse et de ficelles scénaristiques grotesques. Les personnages se ratent parfois d'un cheveu, sont de véritables héros, dans une vision horriblement artificielle du drame. Artificielle et surtout irritante, tant le drame finit par être minimisé au profit d'une vision fantasmée de l'humanité, où tout le monde est gentil, tout le monde est solidaire, même si cela doit réduire ses chances de retrouver sa famille. Un seul homme refusera de prêter son téléphone, et sera pour la peine présenté comme un méchant, d'autant que le prochain sacrifiera sa batterie pour offrir généreusement deux appels à Ewan McGregor !

A vouloir réunir les pires clichés du cinéma pour exploiter un drame catastrophique, The Impossible dépasse même le statut de simple mauvais film pour devenir assez nauséabond. Il véhicule ainsi une vision fortement déplaisante des faits et des valeurs discutables, mettant en scène de véritables héros incroyablement hollywoodiens (alors même que le film est espagnol), absolument sans reproche (le petit garçon se détournant en voyant la poitrine nue de sa mère) et dont le destin reste la seule chose importante, peu importe si des dizaines de personnes meurent sur leur chemin, jusqu'à un happy end indigeste. Le pire film de 2012 en ce qui me concerne...

Note : 0/10