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mardi 30 août 2022

The Reef

 

Titre : The Reef
Réalisateur : Andrew Traucki
Acteurs : 
Date de sortie en France : 21 juin 2011 (DVD)
Genre : horreur

Synopsis : 
Luke, Matt, Suzie et Kate embarquent sur le yacht de Warren et profitent du voyage pour s'attarder sur la plage d'une île déserte. Repartant en catastrophe alors que la marée descendante menace d'échouer le bateau, ils reprennent le large. Malheureusement, quelques heures plus tard, ils heurtent un récif coralien retournant l'embarcation, la destinant à couler à moyenne échéance. Le groupe décide alors de rejoindre une île à la nage, mais va rapidement rencontrer un terrible prédateur sur son chemin. 
 
Avis : 
Après le sympathique Black Water, Andrew Traucki récidive dans le domaine du survival animalier réaliste. Succédant au crocodile dans la mangrove du nord de l'Australie, c'est cette fois le grand requin blanc qui menace un groupe perdu en pleine mer. Une situation qui rappelle inévitablement Open Water - en eaux profondes, auquel le précédent film de Traucki pouvait déjà faire penser. Toutefois, The Reef va se réveler complètement différent du film de Chris Kentis, notamment par le biais d'une action un peu plus présente et d'un côté plus spectaculaire. 
 
"Inspiré de faits rééls", en l'occurrence l'histoire de Ray Boundy, seul survivant d'un incident similaire en 1983, The Reef va rapidement favoriser l'immersion du spectateur grâce à un choix difficile : faut-il rester sur l'épave qui risque de couler dans les prochaines heures pour attendre d'hypothétiques secours, ou faut-il tenter sa chance à la nage vers une île que l'on n'aperçoit pas, dans une eau peut-être infestée de requins ? Le réalisateur choisira de suivre le groupe essayant de rejoindre la terre ferme... et qui sera rapidement confronté à sa pire crainte. Si pendant quelques minutes le périple est peu intéressant, il devient assez vite rythmé par l'impression redondante qu'ont les personnages d'apercevoir quelque chose, ce que l'un d'entre eux, possédant l'unique paire de lunettes de plongée, s'empresse de vérifier à chaque fois... jusqu'à repérer une ombre bien sinistre rodant non loin. Ces quelques minutes durant lesquelles le requin tourne autour du groupe constituent à mon avis le meilleur passage du film. La tension est présente, le suspense progresse de façon très efficace et chaque coup d'oeil jeté sous l'eau est l'occasion de frémir en même temps que le groupe. 
 
Et lorsque l'animal attaque, c'est terriblement impressionnant, notamment grâce à des effets spéciaux très réussis, intégrant de véritables images de grand requin blanc à l'action pour un réalisme saisissant, rarement vu au cinéma. On regrettera néanmoins une certaine volonté de spectaculaire qui dessert parfois le film, notamment avec une utilisation trop évidente de la musique, insistant sur les passages dramatiques là où le silence et les bruits naturels auraient peut-être été plus efficaces. Dommage également que le film finisse par ressembler à n'importe quel film mettant en scène un animal tueur, celui-ci étant apparemment décidé à tuer l'intégralité du groupe tel le tueur d'un slasher basique... Enfin, s'il est toujours difficile d'imaginer ce qu'on ferait dans de telles circonstances, certains comportements risqueront de sembler peu probables au spectateur, comme celui menant à la première attaque...
 
Ces quelques bémols restent néanmoins des défauts bien trop faibles pour empecher The Reef d'être une réussite qui réussit, malgré un postulat semblable, à se démarquer d'Open Water en misant davantage sur l'action et le spectaculaire, au détriment de la psychologie des personnages. 
 

 

dimanche 24 mai 2015

Mad Max : Fury road


Titre : Mad Max : fury road
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult
Date de sorte en France : 14 mai 2015
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

Avis : 
Il aura donc fallu attendre 30 ans après le médiocre Max Max : au-delà du Dôme du tonnerre pour que le personnage interprété à l'époque par Mel Gibson revienne sur nos écrans. Trente ans d'annonces contradictoires, de retours manqués, de projets annulés pour qu'enfin débarque ce Mad Max : fury road, attendu comme le messie à une époque où le cinéma de genre est devenu bien trop sage, et où les remakes et relectures se succèdent sans aucune ambition. Mais ça, c'était avant que George Miller, bien loin d'Happy Feet ou de Babe 2, revienne à ses premières amours pour tout faire péter.


Peu de films peuvent se vanter d'avoir généré autant d'attentes que le quatrième volet de la saga consacrée au Road Warrior. Encore moins peuvent prétendre y avoir répondu, et ceux qui ont dépassé les espoirs les plus fous se comptent sur les doigts d'une main ayant imprudemment tenté de rattraper un boomerang au vol. Fury Road est de ces oeuvres là : tout ce que vous espériez est là, et même beaucoup plus. Suivant la maxime "too much is never enough", le film nous en fout plein les yeux et plein les oreilles pendant 2 heures, allant jusqu'à faire passer Max Max : le défi pour un film d'action plutôt calme et gentillet.

A l'image de ce second volet, Mad Max 4 transcende des éléments qui auraient pu faire sombrer le tout dans une ringardise insupportable : scénario réduit à sa plus simple expression, personnage principal on ne peut plus archétypal (que Miller ose d'ailleurs reléguer au second plan pendant un long moment), méchants aux looks improbables, clins d'oeil pas toujours très fins, ralentis et accélérations, répliques honteusement destinées à devenir cultes et une furieuse tendance à toujours en rajouter, quitte à nous balancer le dies irae de Verdi en pleine course-poursuite ou à insister lourdement sur la présence d'un char occupé par un guitariste infernal. Et franchement, tous ces ingrédients qui auraient pu provoquer l'indigestion se marient à merveille, tous ces petits défauts qui auraient été handicapants pour n'importe quel autre film deviennent autant de détails jubilatoires... et on en redemande.


Le film ne nous laisse ainsi aucun répit, et nous réserve des scènes de poursuite dans le désert interminables et absolument fabuleuses, avec des dizaines de véhicules, dont les occupants voltigent de véhicule en véhicule : je n'ai franchement pas le souvenir d'avoir déjà vu ça au cinéma, en tout cas pas dans Fast & furious 14, ni même dans les deux premiers Mad Max. Le sens du rythme de Miller fait des merveilles, les cascades et les décors naturels renforcent l'intensité de l'action, et le duo Hardy / Theron fonctionne parfaitement.

Bref, Mad Max : Fury road est LE film qu'on attendait... et qui parvient à nous offrir en se montrant encore plus furieux, encore plus intense que dans nos plus fous espoirs. Une oeuvre épique, une série B monstrueusement jouissive qui dynamite le cinéma actuel, que l'on a envie de revoir à peine sorti de la salle. On en vient même à redouter la (les ?) suite déjà annoncée, tant il risque d'être compliqué de passer après ce monument...

Note : 9,5/10


mercredi 13 mai 2015

Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre


Titre : Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre (Max Max beyond Thunderdome)
Réalisateur : George Ogilvie, George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Tina Turner, Frank Thring
Date de sortie en France : 25 septembre 1985
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Max, de retour, s'est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l'engage pour qu'il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N'ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d'où il ressurgit à la tête d'une troupe d'enfants pour faire exploser la Ville du Troc.

Avis : 
La frontière entre ringard et non-ringard est parfois très mince : Mad Max 2 réussissait à éviter le ridicule malgré de nombreux éléments qui auraient pu prêter à rire, d'un visuel proche du grotesque à une omniprésence des stéréotypes. Avec Max Max 3, il y a apparemment peu de différences... mais cela suffit à faire basculer le film du côté du nanar de haute volée.


La première moitié du film reprend l'aspect western post-apocalyptique, où Max devient cette fois un gladiateur devant lutter pour retrouver sa liberté. Les costumes sont aussi loufoques que dans le volet précédent... mais attirent cette fois le film dans le ridicule le plus total. De MasterBlaster à Entity, tous les personnages rivalisent de ringardise, jusqu'à Max lui-même, devenu l'ombre de lui-même. Mais ça, c'est encore la meilleure partie du film.

Car la seconde moitié va aller encore plus loin, faisant de Max une figure messianique grotesque chargé de sauver un groupe d'allumés en détruisant au passage la ville du vice. Après le film d'anticipation nihiliste, la série B d'action / science-fiction jouissive, voilà donc le gentil film d'aventures avec le gentil héros qui sauve des innocents enfants ! En plus d'être très conne, cette partie est souvent très moche, et à l'exception de la poursuite finale, qui reprend celle de Max Max le défi (mais en moins maîtrisée), il ne se passe pas grand chose.

Mad Max 3 expose donc toutes les frontières du ridicule que son prédécesseur parvenait à éviter. Si la première moitié du film parvient encore à donner le change, la suite se vautre dans le ridicule et le prosélytisme les plus gênants, flinguant le personnage de Max en le transformant en héros des enfants... Pas étonnant que la saga ait ensuite mis 30 ans à revenir !

Note : 3/10



mercredi 6 mai 2015

Mad Max 2 - le défi


Titre : Mad Max - le défi (Mad Max 2: The Road Warrior)
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Bruce Spence, Vernon Wells
Date de sortie en France : 11 août 1982
Genre : action

Synopsis : 
Dans un futur non défini, les réserves de pétrole sont épuisées et la violence règne sur le monde. Max, un ancien de la sécurité routière, se porte aux secours d'une communauté de fuyards aux prises avec des pirates de la route. La bataille se concentre autour d'une citerne de raffinerie.

Avis : 
Après un premier film très sombre, Mad Max revient dans une suite bien différente. Au menu : western post-apocalyptique, ambiance beaucoup plus légère, action plus présente pour une monstrueuse série B qui va tout emporter, flirtant souvent avec les limites de la ringardise sans jamais (ou si rarement) y tomber, contrairement à sa future suite, Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre.


L'histoire est très simple : il s'agit du siège d'une place fortifiée par des méchants brigands. Et quels brigands ! Adeptes de la tenue SM, tout en chaînes et en cuir, menés par un géant à moitié à poil portant un masque de hockey, leur vie semble se limiter à être violent et zoner sur leurs véhicules. Côté gentils, ce n'est pas bien plus original : aux côtés de Max, on trouvera le sidekick comique classique, le gamin sauvage et un groupe de gentils courageux.

Et pourtant, de façon assez miraculeuse, ça fonctionne parfaitement ! Placée dans une multitude de passages cultes (le boomerang, la poursuite finale), cette galerie de stéréotypes nous divertit parfaitement grâce au sens du rythme, du spectaculaire et l'humour de George Miller, couplé à un Mel Gibson passant soudainement du anti-héros à l'icône cinématographique, cynique - mais pas trop, égoïste - mais pas trop, individualiste - mais pas trop.

Bref, ce Mad Max 2 s'ouvre à un public bien plus large, abandonnant l'atmosphère pesante de l'original pour une ambiance plus série B, développant l'univers entraperçu dans Mad Max pour verser totalement dans un monde post-apocalyptique qui sera copié des dizaines de fois. Une réussite que l'on pouvait attendre vu la qualité du premier volet, mais qui se révèle pourtant étonnante vu le nombre d'éléments au fort potentiel de ringardise qui étaient réunis !

Note : 8/10



mercredi 29 avril 2015

Mad Max


Titre : Mad Max
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne
Date de sortie en France : 13 janvier 1982
Genre : action

Synopsis : 
Sur les autoroutes désertées d'une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent...

Avis : 
A quelques jours de la sortie de Mad Max : fury road, revenons sur la célèbre trilogie mettant en scène le tout jeune Mel Gibson dans le rôle de Max Rockatansky. Une trilogie initiée en 1979 donc, et prenant place dans un futur proche, dans un monde à l'agonie où ne persiste que la loi du plus fort, où criminels et forces de l'ordre s'affrontent dans des courses-poursuites ultra-violentes.


Mad Max, c'est avant tout un certain paradoxe : à partir d'une histoire ultra-linéaire à base de vengeances, George Miller va pourtant nous entraîner très loin, grâce à son ambiance unique et le soin apporté à la réalisation. Véritable western post-apocalyptique (une dimension que reprendra encore davantage Mad Max 2), le film nous offre quelques scènes d'action formidables, avec notamment l'une des plus belles poursuites automobiles du cinéma, au montage parfait.

D'autres scènes restent immanquablement gravées dans la mémoire du spectateur, comme la mort de la famille de Max, et on appréciera également l'art de la suggestion de Miller, évitant au maximum les images chocs au profit de l'imagination... ce qui n'empêchera pas le film d'être longtemps interdit en France. On adorera également l'attitude monolithique de Mel Gibson, parfait en anti-héros implacable.

Peut-être parfois un peu lent, et ne cherchant jamais à nous offrir une histoire complexe, Mad Max est une oeuvre sombre, violent et crue, à l'ambiance incomparable et à l'intensité formidable, principalement dans la dernière partie et dans les courses-poursuites. Une vraie réussite, que viendra confirmer la suite, Mad Max : le défi, aussi bis que jouissif.

Note : 8/10


lundi 25 août 2014

Wolf Creek 2


Titre : Wolf Creek 2
Réalisateur : Greg McLean
Acteurs : John Jarratt, Ryan Corr, Shannon Ashlynn
Date de sortie en France : ?
Genre : horreur

Synopsis : 
Un jeune couple de touristes allemands, Katarina Schmidt et Rutger Enqvist, font la traversée de l'Australie en auto-stop. Ils visitent le site du cratère de Wolf Creek. N'ayant pas réussit à trouver de voiture pour les emmener ils décident de dormir sur place dans leur tente.

Avis : 
Après l'excellent Wolf Creek, on avait été plutôt satisfaits de ne pas voir débarquer une suite, Greg McLean nous proposant même le très bon Solitaire avec son crocodile tueur. Huit ans après le premier volet, le réalisateur australien choisit cependant de revenir prendre des nouvelles de Mick Taylor, le psychopathe traquant les touristes perdus dans l'outback australien.


Dès les premières minutes, Wolf Creek 2 annonce la couleur. Oubliez la longue période d'exposition du premier volet, cette suite suivra le destin de nombreuses autres avant elle : celle de la surenchère un peu idiote, celle qui nous fait comprendre que le réalisateur, conscient de ne pouvoir retrouver la qualité de son modèle, va céder aux sirènes du film d'horreur bourrin, en soignant davantage ses mises à mort et son bodycount que son ambiance.

Oubliez donc toute tension : Mick devient un sous-Freddy Krueger raciste et stéréotypé, et ne représente plus vraiment une menace froide et implacable comme dans le premier volet. En fait, il devient même le héros du film, se contentant de zigouiller des victimes à la chaîne sans sourciller avant la traque constituant la seconde partie du film. Evidemment, le personnage est haut en couleurs et parfaitement interprété, ce qui permet de jouer sur ses sautes d'humeur et sa fausse bonhomie, mais on perd clairement ce qui faisait le sel du personnage.

A force de jouer la carte de la décontraction, McLean finit même par se perdre dans ses propres hommages (de Duel à Hitcher en passant par Mad Max) et ne nous offre cette fois qu'un film d'horreur lambda, qu'on appréciera sans doute comme un film pop-corn pour son rythme et sa générosité, mais qu'on oubliera certainement bien plus rapidement que son aîné. Comme beaucoup de suites, donc...

Note : 5/10


mercredi 13 août 2014

Mister Babadook


Titre : Mister Babadook (The Babadook)
Réalisateur : Jennifer Kent
Acteurs : Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall
Date de sortie en France : 30 juillet 2014
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations...

Avis : 
On va finir par se demander si obtenir une récompense au Festival international du film fantastique de Gérardmer n'est pas en train de devenir le gage le plus évident de la médiocrité du cinéma d'horreur actuel. Tenez, ces dernières années, on a quand même vu des oeuvres très moyennes, comme Mamà, Midnight meat train ou encore Babycall obtenir des prix. Et ce n'est pas avec Mister Babadook, à côté duquel les films précités font figure de chef d'oeuvre, qui va changer cette impression.


Le film de Jennifer Kent n'est en effet rien d'autre qu'un film d'épouvante très banal, aux thématiques éculées et qui ne profite à aucun moment d'un boogeyman pourtant prometteur. Car le Babadook, croquemitaine renvoyant aux peurs enfantines du noir, du monstre se cachant sous le lit ou dans le placard, créature d'ombres que l'on croit parfois apercevoir du coin de l'oeil, ne sera ici qu'un vulgaire pantin grotesque, jamais véritablement menaçant. Le film ne fait peur à aucun moment malgré un réel potentiel, et pire encore : il fait rire à ses dépens.

Et ce n'est certainement pas ce symbolisme à deux balles, faisant du monstre l'incarnation de cette cellule familiale au bord de l'explosion (rangez d'urgence votre détecteur de clichés, il risque d'exploser), qui va arranger les choses. Ajoutez enfin une réalisation d'une banalité navrante, nous dévoilant largement les ficelles que l'on retrouvera quelques minutes plus tard, et vous avez l'exemple typique du film d'épouvante paresseux de ces dernières années.

Allez, je vais être généreux et sauver les scènes où la famille découvre le livre du Babadook, et cette volonté de ne pas se cacher derrière les agaçants jump-scares que nous livrent trop souvent les films de genre ces derniers temps. Mais c'est bien peu, surtout pour prétendre à des récompenses et des critiques aussi positives... jusqu'à s'interroger sur leur honnêteté...

Note : 1,5/10


jeudi 10 juillet 2014

The Rover


Titre : The Rover
Réalisateur : David Michôd
Acteurs : Guy Pearce, Robert Pattinson, Scoot McNairy
Date de sortie en France : 4 juin 2014
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue…

Avis : 
The Rover peut être considéré comme un western australien futuriste : à l'ouest américain se substitue l'outback australien dystopique, avec son désert aride, sa chaleur sèche et étouffante, ses minuscules villages déserts et sa violence omniprésente. Dans ce cadre rappelant notamment Mad Max, Guy Pearce (Memento, Prometheus, Iron Man 3) est presque un homme sans nom, dont on ignorera longtemps l'histoire et qui ne semble motivé que par une chose : récupérer sa voiture volée.


Sur sa route, il rencontrera Robert Pattinson (Maps to the stars), bien loin de la saga Twilight, frère de l'un des voleurs et simple d'esprit, aussi naïf et crédule que craintif. Au programme du trajet, plusieurs rencontres avec les personnages singuliers de la région, et ce dénominateur commun : la violence, souvent aveugle et sans limite. Une absence de limite qui caractérise d'ailleurs le personnage principal, que rien ne semble pouvoir arrêter.

Malgré cette ambiance étouffante et souvent très noire, The Rover peine à passionner. En plus d'un rythme très lent, mais adapté à la situation, le jusqu'au-boutisme du film finit par lasser : les personnages progressent de façon très linéaire et Pearce et Pattison se contentent finalement d'une interprétation aussi classique qu'artificielle, n'apportant aucun souffle à des personnages pourtant intéressant.

On finit ainsi par s'ennuyer devant un film qui ne fait qu'enfiler les clichés, sans jamais être vraiment intense. Dommage, car ces paysages arides et cette histoire de vengeance semblaient prometteurs, mais seront noyés sous une lourdeur parfois indigeste, notamment quand Robert Michôd (Animal Kingdom) se la joue auteur...

Note : 4/10


Edge of tomorrow


Titre : Edge of tomorrow
Réalisateur : Doug Liman
Acteurs : Tom Cruise, Emily Blunt, Bill Paxton
Date de sortie en France : 4 juin 2014
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Dans un futur proche, des hordes d'extraterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles : aucune armée au monde n'a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n'a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l'espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment...

Avis : 
"Vivre. Mourir. Recommencer" : l'accroche présente sur l'affiche du nouveau film de Doug Liman (La Mémoire dans la peau, Mr. et Mrs. Smith) fait immédiatement penser certains jeux vidéo, dans lesquels la mort de notre avatar n'est jamais très grave et nous fait simplement recommencer au checkpoint croisé quelques minutes plus tôt, nous donnant l'occasion d'immédiatement retenter notre chance. Un principe au centre de Edge of tomorrow, film de science-fiction opérant un mélange improbable entre Un jour sans fin et Starship Troopers.


Inspiré du roman All you need is kill de Hiroshi Sakurazaka (également adapté en manga), Edge of tomorrow met en effet en scène un soldat qui, à chaque fois qu'il décédera, reviendra à son point de départ. Un soldat sans expérience, balancé au beau milieu de la mêlée sans avoir jamais combattu, sans même savoir comment utiliser son équipement, et qui devra apprendre sur le tas, progresser grâce à ses échecs et tirer les leçons de ses erreurs, pour parfois en commettre de nouvelles : le parallèle avec le jeu vidéo est évident, mais ne sera pas l'unique caractéristique du film.

Car cet éternel recommencement va surtout permettre de voir évoluer le personnage interprété par Tom Cruise. A peine sorti du décevant Oblivion, l'acteur se retrouve ici dans la peau d'un officier antipathique et arrogant, prêt à tout pour éviter de se retrouver au front. Un personnage que l'on prendra un véritable plaisir à voir se faire massacrer à de nombreuses reprises, dans des passages parfois très amusants. Mais un personnage dont on appréciera également l'évolution, quand celui-ci comprend les possibilités offertes par son "pouvoir" et les enjeux de ses actions.


Il sera pour cela épaulé par Emily Blunt (Looper, L'Agence), héroïne guerrière et figure de proue de la propagande militariste, pour un duo qui fonctionne étonnamment bien, en évitant notamment d'en faire l'éternel couple hollywoodien en devenir. Au contraire, le film insiste sur les différences de ressenti entre les deux personnages, Cruise s'attachant peu à peu à une partenaire qu'il voit mourir chaque jour et Blunt ne comprenant pas cet attachement, étant constamment confrontée à un inconnu.

Le duo ne se fera par ailleurs par prier pour dégommer de l'extraterrestre (les "mimics") à la pelle, évoluant au milieu d'un immense champ de bataille évoquant le débarquement de Normandie (l'action du film se déroule en France) dans leurs exosquelettes et avec des armes bien bourrines, de la mitrailleuse à la gigantesque épée, dans des passages évoquant aussi bien la trilogie Matrix que le récent Elysium. Et même lorsque le fait de pouvoir mourir sans aucune conséquence menace d'enlever tout enjeu au film, le scénario se renouvelle suffisamment pour donner un nouveau souffle au film.

Edge of tomorrow est donc un blockbuster que je n'attendais pas vraiment, dépassant le statut de "simple" film d'action / SF comme on en voit régulièrement pour offrir un divertissement très bien ficelé et très spectaculaire, porté par un couple Tom Cruise / Emily Blunt en excellente forme. On ne regrettera finalement qu'un final un peu trop convenu, pour l'un des films qui s'impose comme l'une des meilleures réussites du genre en 2014.

Note : 8,5/10

mercredi 4 juin 2014

Wolf Creek


Titre : Wolf Creek
Réalisateur : Greg McLean
Acteurs : John Jarratt, Cassandra Magrath, Kestie Morassi
Date de sortie en France : 9 août 2006
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Trois jeunes randonneurs partent pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère causé par un météorite vieux de plusieurs milliers d'années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsque un autochtone leur propose de l'aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence...

Avis : 
Les années 2000 ont marqué un certain tournant dans le cinéma d'horreur, avec un retour à des films crus, sans concession, sans humour, notamment dans le sous-genre si particulier du survival. Dans la lignée des remakes de La Colline a des yeux ou Massacre à la tronçonneuse, ou d'autres réussites telles que The Descent, Wolf Creek a été une des excellentes surprises, que l'on n'attendait pas forcément.


Réalisé par l'australien Greg McLean, à qui l'on devra plus tard l'excellent Solitaire, Wolf Creek prend le risque de nous présenter longuement ses personnages : pendant 50 minutes, nous apprendrons à connaître et à nous attacher au trio, interprété avec un naturel désarmant, mais nous aurons également l'occasion de découvrir l'outback australien, avec ses paysages magnifiques, mais aussi son isolement total, sans aucune trace de vie humaine. Subrepticement, le film bascule dans une atmosphère plus froide, jusqu'à l'apparition très réussie de Mick.

Dès lors, le film bascule dans une horreur retenue mais très efficace. N'espérez pas de débordements sanglants ou de scènes d'action : à l'image de ses modèles des années 70, Wolf Creek choisit de mettre l'accent sur une ambiance très tendue et sur l'horreur ressentie par les victimes face à un tueur implacable, qui connaît parfaitement le terrain et s'adonne à son petit passe-temps depuis de nombreuses années.

On ne reprochera finalement au film qu'une dernière partie un peu moins solide, avec quelques ficelles ou incohérences plus visibles. Le film de Greg McLean reste néanmoins l'un des meilleurs films d'horreur des années 2000, faisant naître une véritable empathie pour ses personnages pour mieux renforcer la tension de la seconde partie. Une vraie réussite, dont on espère qu'elle aura droit à la suite qu'elle mérite avec le prochain Wolf Creek 2.

Note : 9/10


samedi 5 avril 2014

La Grande aventure Lego


Titre : La Grande aventure Lego (The Lego movie)
Réalisateur : Phil Lord, Chris Miller
Acteurs : Chris Pratt, Will Ferrell, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l'on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d'autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d'état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n'est absolument pas prêt à relever un tel défi !

Avis : 
 Depuis quelque temps, la marque Lego envahit nos écrans : sur consoles de jeux d'abord, ou après avoir proposé de très sympathiques relectures de grandes sagas cinématographiques (Indiana Jones, Harry Potter ou encore Le Seigneur des anneaux), elle s'est récemment lancée dans une aventure inédite avec Lego City Undercover ; en DVD ensuite, avec des mini-séries et de nouvelles adaptations de ces univers (Lego Batman, le film : unité des superhéros). C'est tout naturellement que les personnages jaunes et les briques de construction débarquent enfin sur grand écran, avec une aventure totalement inédite.


Sans surprise, nous allons retrouver l'humour et les délires visuels caractéristiques des oeuvres Lego. Constructions loufoques, univers décalés, personnages issus de films, références au catalogue de jeu et au cinéma, et surtout omniprésence des briques de construction (tout, ou presque, est en Lego), le tout au service de situations forcément improbables et d'un scénario faisant la part belle à l'action insensée : on en a vraiment pour notre argent à ce niveau là.

Mais là où le film va surprendre, c'est avec son double degré de lecture : au-delà du film d'animation pour enfant, La Grande aventure Lego va ainsi citer directement George Orwell dans sa description d'un univers dictatorial où tout le monde est surveillé, où chacun doit se fondre dans la masse (et quoi de plus idéal pour cela que le visage classique des personnages Lego), respecter les instructions à la lettre... Le film devient ainsi une célébration de la liberté et de l'imagination, offrant une profondeur assez inattendue.

Si l'on attendait un film d'animation sympathique, The Lego movie va donc plus loin encore en conjuguant le divertissement familial à des thèmes plus matures et particulièrement cohérents avec l'univers Lego. Un vrai plaisir aussi drôle qu'intelligent, et qui donne presque envie de se relancer dans la constructions d'oeuvres improbables avec les célèbres briques !

Note : 8/10


mercredi 11 septembre 2013

Perfect mothers


Titre : Perfect mothers (Adore)
Réalisatrice : Anne Fontaine
Acteurs : Naomi Watts, Robin Wright, Xavier Samuel
Date de sortie en France : 3 avril 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Inséparables depuis le premier âge, Lil et Roz vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle.

Avis : 
Il est assez difficile de comprendre où Anne Fontaine a voulu en venir avec ce film. Reprenant le thème très à la mode de la couguar, elle va ici le mêler à quelque chose de plus malsain, avec des relations proches de l'inceste, mais sans jamais prendre position ni même sembler consciente des sujets présents dans son film.


Dans Perfect mothers, nous avons donc deux femmes qui sont amies depuis leur enfance, et dont les fils sont unis comme des frères. Mais que voulez-vous : comme ils sont bien foutus et trop cool sur leurs planches de surf, les femmes décident de céder à leurs avances, la beauté semblant dans le film légitimer l'inceste. D'ailleurs, si les deux jeunes adultes sont des apollons, les deux femmes ne sont pas en reste, Naomi Watts et Robin Wright étant évidemment magnifiques.

Les personnages eux-même semblent se contrefoutre de la situation, chacun s'envoyant en l'air au vu et au su de l'autre. Le doute des aînées se limitera à "faudra arrêter quand même", quelques minutes avant de céder sans résistance devant cet étalage de chair fraiche. Les jeunes, quant à eux, ne parleront jamais de cette double-relation étrange, se contentant de se battre sans qu'on sache pourquoi, avant de redevenir les deux meilleurs amis du monde. En fait, la grande majorité des dialogues des deux acteurs se limitent  à "moi vouloir baiser toi".

Perfect mothers est ainsi d'une incroyable idiotie, Anne Fontaine se contentant de suivre des ficelles scénaristiques énormes pour faire progresser son histoire. Il se dégage en plus du film un aspect assez malsain, entre cette obsession pour la beauté physique, cette absence totale de réflexion sur l'inceste et l'adultère, ou même ces passages aux limites de l'homophobie.

Note : 1,5/10


mercredi 21 août 2013

Moi, moche et méchant 2


Titre : Moi, moche et méchant 2 (Despicable me 2)
Réalisateur : Chris Renaud, Pierre Coffin
Acteurs : Steve Carell, Kristen Wiig, Russell Brand
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Ayant abandonné la super-criminalité et mis de côté ses activités funestes pour se consacrer à la paternité et élever Margo, Édith et Agnès, Gru, et avec lui, le Professeur Néfario et les Minions, doivent se trouver de nouvelles occupations. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle vie tranquille de père de famille, une organisation ultrasecrète, menant une lutte acharnée contre le Mal à l’échelle planétaire, vient frapper à sa porte. Soudain, c’est à Gru, et à sa nouvelle coéquipière Lucy, que revient la responsabilité de résoudre une série de méfaits spectaculaires. Après tout, qui mieux que l’ex plus méchant méchant de tous les temps, pourrait attraper celui qui rivalise pour lui voler la place qu’il occupait encore récemment.

Avis : 
 Après un premier volet sympathique mais loin d'être formidable, Gru et ses Minions remettent le couvert pour un second épisode : devenu un gentil, père de trois petites filles, Gru est chargé d'épauler Lucy pour retrouver un virus redoutable transformant son hôte en créature féroce et mauve. Une base qui va permettre d'offrir une suite bien plus réussie, plus rythmée et plus drôle.


Moi, moche et méchant 2 va ainsi jouer des codes des films d'espionnage de façon bien plus convaincante que le premier volet. Les personnages sont bien plus réussis (El Macho est un antagoniste bien plus passionnant que le fade Vector), les gags mieux amenés, et même Gru devient un personnage attachant. Entre deux clins d'oeil au cinéma (même Alien, le huitième passager ou L'Invasion des profanateurs de sépultures sont cités), à la télévision (ce Minion échappé de La Croisière s'amuse) ou à la photographie (le célèbre Lunch atop a skycraper), les gags et les scènes épiques s'enchaînent de façon très fluide, sans aucun temps mort.

Mais bien sûr, les Minions se paient encore la part du lion : encore plus présents que dans le premier film, ils continuent à nous faire rire à de nombreuses reprises, entre leurs gaffes, leur enthousiasme décalé, leurs déguisements ou leur langage. Ils sont d'ailleurs au centre même du scénario, le fameux virus les transformant en Minions mauves, petits monstres grimaçants aux cheveux hirsutes.

Bien plus réussi que le premier volet, Moi, moche et méchant 2 est donc une excellente surprise. Pastiche souvent hilarant des films d'espionnage, fourmillant de détails et de références, le film fait souvent mouche, et cette fois le mérite n'en revient pas uniquement aux Minions. Même s'il faut bien avouer que, sans eux, le film tournerait sans doute rapidement en rond...

Note : 8/10


jeudi 18 juillet 2013

Lake Mungo


Titre : Lake Mungo
Réalisateur : Joel Anderson
Acteurs : Talia Zucker, Rosie Traynor, David Pledger
Date de sortie en France : prochainement
Genre : épouvante, drame, thriller

Synopsis : 
En Australie, lors d’une sortie familiale au bord d’un lac, Alice Palmer, une adolescente de 16 ans, disparaît mystérieusement. Peu de temps après l’enterrement de la jeune fille, finalement retrouvée noyée, les membres de sa famille (ses parents et son frère) commencent à remarquer qu’il se passe des choses bizarres autour d’eux et ressentent, dans leur maison, comme une présence semblant vouloir communiquer avec eux.

Avis : 
Il est souvent assez difficile de faire le tri parmi toutes les oeuvres issues de la mode du found-footage et du mockumentary, ces fausses bandes retrouvées ou ces faux reportages qui inondent les cinémas et les catalogues vidéo depuis quelques années. Pourtant, à côté d'oeuvres médioces comme Paranormal activity ou Devil inside, on tombe parfois sur de bonnes surprises, comme le récent The Bay ou ce Lake Mungo, toujours inédit en France.


Le film prend la forme d'un faux reportage, avec images d'archives et témoignages, rappelant ces séries sur le paranormal ou ces enquêtes sur les "histoires les plus effrayantes". On nous présente ainsi quelques photographies ou semble apparaître la silhouette d'Alice, puis des vidéos où la jeune fille semble bien présente dans la maison. Des effets simples mais diablement efficaces, nous mettant réellement mal à l'aise.

Puis soudain, le film change de direction, et rappelle que nous sommes avant tout face à un drame, et face au deuil que vit une famille dont chaque membre réagit différemment. Ils témoignent ainsi des moments difficiles qu'ils endurent, mais aussi de la part d'ombre qui entourait la jeune fille disparue, et qui se révèle peu à peu par de nouveaux éléments. Le film d'angoisse laisse alors la place au drame et au thriller, avec quelques touches de surnaturel.

En nous prenant totalement à contre-pied à mi-film, Lake Mungo adjoint ainsi à une première partie très prenante et véritablement angoissante une seconde partie plus intelligente, mais aussi un peu moins prenante. Le film nous réserve néanmoins quelques passages tétanisants en fin de métrage, malgré quelques longueurs dues à des intervenants pas toujours passionnants. Reste une excellente surprise, bien meilleure que la plupart des found-footages que l'on peut voir au cinéma...

Note : 8/10


dimanche 30 juin 2013

Moi, moche et méchant


Titre : Moi, moche et méchant (Despicable me)
Réalisateur : Chris Renaud, Pierre Coffin
Acteurs : Steve Carell, Jason Segel, Russell Brand 
Date de sortie en France : 6 octobre 2010
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Dans un charmant quartier résidentiel délimité par des clôtures de bois blanc et orné de rosiers fleurissants se dresse une bâtisse noire entourée d’une pelouse en friche. Cette façade sinistre cache un secret : Gru, un méchant vilain, entouré d’une myriade de sous-fifres et armé jusqu’aux dents, qui, à l’insu du voisinage, complote le plus gros casse de tous les temps : voler la lune (Oui, la lune !)...

Avis : 
Enorme succès de l'année 2010, Moi, moche et méchant (on ne remerciera jamais assez les responsables de ce titre français à côté de la plaque...) nous invite à suivre le quotidien d'un...méchant très méchant : Gru. Un personnage qui aime répandre le mal autour de lui, quitte à offrir un ballon à un enfant pour le crever juste après, et un voleur ambitieux. Confronté à un nouvel adversaire dans la hiérarchie des super-méchants, le jeune Vector, Gru décide de frapper fort et de dérober la Lune, mais doit pour cela récupérer le Pistoréducteur qui peut tout miniaturiser.


Il faut bien l'avouer, ce Gru n'est pas le personnage le plus réussi des films d'animation américains récents. A vrai dire, il est même plutôt ennuyeux, et sa maladresse chronique finit par agacer assez rapidement. Un anti-héros sans relief, dont l'adversaire, le jeune Vector, sera d'ailleurs tout aussi fade. Heureusement, les personnages secondaires seront autrement plus réjouissant, du trio de fillettes à l'armée de Minions, véritables héros du film, dans un registre équivalent à celui de Scrat dans L'Âge de glace.

L'histoire ne réservera pas beaucoup de surprise, les scènes amusantes amenant sur quelques passages émotion, pour une progression entièrement balisée. Au contact des trois gamines, qu'il utilise d'abord comme leurre façon à Vector, Gru s'adoucit, et devient de plus en plus gentil, et finira par triompher de son rival assez aisément. Et si le film pastichera gentiment les films d'espionnage, il n'aura finalement pas grand chose d'extraordinaire à offrir.

Moi, moche et méchant est finalement un film agréable et divertissant, mais n'atteint à aucun moment la cheville des meilleurs films d'animation américains de ces dix dernières années, la faute à un scénario plutôt léger et un héros sans grande envergure. Restent néanmoins les Minions, cousins éloignés des Lapins Crétins, dont la moindre apparition est un régal et qui constituent finalement l'intérêt principal du film.

Note : 6/10


vendredi 28 juin 2013

Iron sky


Titre : Iron sky
Réalisateur : Timo Vuorensola
Acteurs : Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby
Date de sortie en France : 18 février 2013 (DVD)
Genre : science-fiction, comédie

Synopsis : 
Depuis 70 ans, ils nous observent. Dans l’ombre de la face cachée de la lune, les Nazis se préparent à l’attaque finale. En 2018, le mal absolu renaît... cette fois-ci, la guerre contre l’envahisseur sera totale. 

Avis : 
Des Nazis cachés sur la Lune depuis la Seconde Guerre Mondiale ? Voilà une idée de base qui a le mérite d'attirer l'attention. Une attention que le film a désespérément recherchée, les très nombreuses publicités, sur de nombreux supports, accompagnant sa sortie en février 2013, directement en DVD et Blu-Ray. Une attention qui peut se révéler à double tranchant, beaucoup de films récents ayant déjà tenté de tout miser sur un synopsis et / ou un titre accrocheur, dans la lignée de la vague grindhouse relancée par Tarantino et Rodriguez.


De fait, Iron sky va être l'exemple parfait du film qui ne sait pas trop quoi faire de son concept : entre science-fiction pure et dure, satire politique ou parodie à l'humour grotesque, il ne choisira jamais et tentera même de lier tous ces aspects, ne faisant que trop rarement mouche. Dommage, car les premières minutes sont plutôt prometteuses, en dehors d'acteurs en roue libre parmi lesquels on retrouve Udo Kier, avec un certain cynisme tournant en dérision le lavage de cerveau de ces nouveaux Nazis.

On retrouvera cet aspect satirique dans le détournement de la géopolitique actuelle ou le parallèle entre le capitalisme américain et le nazisme, avec la présidente (très proche physiquement de Sarah Palin) prête à tout pour être réélue, quitte à causer une nouvelle guerre mondiale ou reprendre les arguments du 4ème Reich. Ces éléments intéressants resteront néanmoins marginaux par rapport à l'humour plus lourd, et finiront par se perdre au sein d'un scénario très poussif, dont les multiples enjeux sans grand intérêt (le Noir qui devient Blanc, la lutte pour être le Führer, l'insupportable bras droit de la présidente, l'histoire d'amour naissante...) finissent par agacer.

Doté d'effets spéciaux très réussis, et bénéficiant de scènes de combats spatiaux spectaculaires, Iron sky ne parvient néanmoins pas à dépasser la gentille folie de son concept, et finit par s'y perdre en hésitant entre une approche sérieuse et un aspect délirant qui finit par l'emporter, mais sans atteindre le spectateur. On finit donc par s'ennuyer en attendant le final, explosif, mais qui intervient malheureusement beaucoup trop tard...

Note : 3,5/10



dimanche 26 mai 2013

Gatsby le magnifique


Titre : Gatsby le magnifique
Réalisateur : Baz Luhrmann
Acteurs : Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan
Date de sortie en France : 15 mai 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.  

Avis : 
Après deux excellents films (Roméo + Juliette, Moulin Rouge !), Baz Luhrmann avait déçu avec un Australia bien moins réussi. Aussi, pour l'énième adaptation du roman de F. Scott Fitzgerald, le réalisateur australien était attendu, d'autant que l'univers du New York des années 20 devait lui permettre d'exploiter au mieux son style si particulier, comme il l'avait notamment fait avec le Paris de 1900. Pour l'occasion, il s'entoure de Leonardo DiCaprio (Django Unchained, Inception), de Tobey Maguire (la trilogie Spiderman de Sam Raimi) et de Carey Mulligan (Drive, Shame).


Luhrmann va ainsi nous plonger dans l'Amérique des "roaring twenties" et, dès les premières minutes, nous prouve qu'il a retrouvé son art de la mise en scène, avec ses visuels si particuliers, ses plongées entre les immeubles de New York, et surtout sa capacité à donner une ampleur exceptionnelle à ses fêtes et ses débordements : on retrouve le meilleur du réalisateur lorsqu'on assiste aux soirées chez Gatsby, prétexte à des chants, des danses, au rythme de sons hip-hop remis au goût du jour par le rappeur-producteur Jay-Z, et qui donnent l'occasion de plans superbes et virtuoses.

L'Australien se posera peu à peu quand son scénario se mettra en place, jusqu'à se faire discret lorsqu'enfin, on rencontre Gatsby. On l'accompagnera dès lors dans ses sorties, dans une débauche de luxe dont l'apparente légèreté cache en fait quelques zones d'ombre : qui est Gatsby, et comment est-il devenu aussi riche ? Et en se concentrant sur une histoire d'amour très compliquée, le film va peu à peu révéler la seconde nature de ses personnages, jamais aussi brillants ou aussi sombres qu'il n'y paraît. Tout cela restera effleuré, et malgré la qualité du casting, DiCaprio et Joel Edgerton en tête, on finira par régulièrement regarder sa montre.

Car du haut des ses 2h20, Gatsby le magnifique est bien trop long au regard de ce qu'il a à raconter. L'histoire d'amour reste assez classique, le mystère autour de Gatsby n'en est un que pour les personnages et, même sans connaître le roman ou les précédentes versions filmées, on voit tout arriver à l'avance. Bref, le nouveau film de Baz Luhrmann est un bel écrin, qui rappelle que l'australien est un excellent réalisateur, capable de nous offrir quelques scènes à couper le souffle, comme une confrontation à 5 dans l'exiguïté d'une chambre à la chaleur insupportable. Dommage que tout ça enrobe surtout du vide...

Note : 7/10