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dimanche 1 avril 2018

Borg / McEnroe


Titre : Borg / McEnroe (Borg vs. McEnroe)
Réalisateur : Janus Metz Pedersen
Acteurs : Sverrir Gudnason, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgaard
Date de sortie en France : 8 novembre 2017
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
BORG/McENROE est un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C’est l’histoire de deux hommes qui ont changé la face du tennis et sont entrés dans la légende, mais aussi du prix qu’ils ont eu à payer. 
 
Avis : 
Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le tennis, la finale du tournoi de Wimbledon de 1980 entre Björn Borg et John McEnroe est souvent considérée comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire. De sa symbolique (l'expérimenté Borg, déjà vainqueur 4 fois d'affilée du tournoi, réputé pour son calme inaltérable et son jeu métronomique d'un côté, le jeune et fantasque McEnroe de l'autre, principalement connu pour ses coups de gueule et son jeu basé sur la prise de risques) à son déroulement (le tie-break du 4e set est un monument de suspense), le match fait figure d'affrontement légendaire, et c'est assez logiquement que le cinéma se concentre enfin dessus.
 
 
Hélas, le film ne sera jamais à la hauteur de l'événement. S'il parvient assez facilement à mettre en avant les différences entre les deux hommes, grâce aux performances de Shia LaBeouf et Sverrir Gudnason, ni les partis-pris scénaristiques, ni la réinterprétation du match ne pourront convaincre le spectateur. On n'échappera ainsi pas aux tentatives maladroites d'explication de la psychologie des deux champions (enfin, surtout de Borg, celle de McEnroe étant beaucoup plus rapidement expédiée) par le biais d'anecdotes de leur enfance, pour un résultat d'une étonnante banalité.
 
Mais, pire que ça, c'est le fameux match, qui aurait dû être le sommet du film, qui va être le moment le plus pénible. Si l'on ressent une partie de la dramaturgie du match grâce à une retranscription fidèle des événements, la réalisation calamiteuse empêche de distinguer le moindre échange, le moindre point, et donne le sentiment étrange de vouloir à tout prix ignorer l'aspect sportif. Ralentis, zooms, effets superflus... tout y passe, et si on pourra apprécier de voir le film se centrer sur les réactions des deux adversaires, on restera clairement sur notre faim.
 
S'il profite parfaitement de la dimension épique de l'affrontement, Borg/Mc Enroe reste un objet cinématographique décevant, la faute à quelques partis pris franchement discutables. Dommage, parce qu'avec un tel sujet, et de tels acteurs, il y avait vraiment quelque chose de formidable à offrir au spectateur.
 
Note : 4/10
 
 

lundi 25 janvier 2016

Creed - l'héritage de Rocky Balboa


Titre : Creed – l'héritage de Rocky Balboa (Creed)
Réalisateur : Ryan Coogler
Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson
Date de sortie en France : 13 janvier 2016
Genre : drame, sportif

Synopsis :

Adonis Johnson n'a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d'être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D'abord réticent, l'ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Avis : 
 Revenu en grâce lors du sixième volet de la saga, Rocky Balboa se retire enfin du ring pour ce spin-off. Tant mieux, quand on voit ce que ça donnait dans Match retour. Cette fois, l'Etalon Italien va se contenter de devenir le mentor du fils de son plus fameux adversaire : Apollo Creed. 


Nouveau retour aux sources pour la saga donc, qui va emprunter les sentiers déjà usés par les épisodes précédents. Le jeune Creed se voit offrir une chance pour le titre alors qu'il n'est encore qu'un boxeur de seconde zone (Rocky), sera confronté à la maladie d'un proche (Rocky II : la revanche), devra revenir aux sources du noble art afin d'oublier ses privilèges (Rocky III : l'oeil du tigre), avant d'aller affronter son adversaire dans un environnement hostile (Rocky IV). Ca fait quand même beaucoup, surtout que les références visuelles et sonores sont aussi très nombreuses.

Le film perd ainsi en spontanéité, mais se rattrape du côté de l'intensité, avec des combats encore plus impressionnants que dans le récent La Rage au ventre : au menu, un affrontement phénoménal en plan-séquence, et une guerre totale lors du duel de fin de métrage. Une intensité que l'on retrouve également chez Stallone, parfait dans le rôle du vieux mentor, et un peu moins chez Michael B. Jordan (Fruitvale Station, Les 4 fantastiques), convaincant mais parfois un peu fade.

Beaucoup de déjà-vu, mais aussi beaucoup d'intensité et quelques séquences d'anthologie : si j'osais une comparaison un peu acrobatique, je rapprocherais ce septième volet de la saga Rocky à un autre septième volet sorti il y a quelques semaines : Le Réveil de la Force. Quelques défauts, mais l'essentiel est là : les scènes d'affrontements sont formidables, et l'émotion bien présente. 

Note : 7.5/10




vendredi 22 janvier 2016

Red army


Titre : Red Army
Réalisateur : Gabe Polsky
Acteurs : Scotty Bowman, Slavia Fetisov, Viacheslav "Slava" Fetisov
Date de sortie en France : 25 février 2015
Genre : documentaire

Synopsis : 
RED ARMY retrace le destin croisé de l’Union Soviétique et de l’équipe de hockey sur glace surnommée « l’Armée Rouge » : une dynastie unique dans l’histoire du sport. L’ancien capitaine de l’équipe Slava Fetisov revient sur son parcours hors du commun : d’abord adulé en héros national, il sera bientôt condamné comme ennemi politique. La « Red Army » est au coeur de l’histoire sociale, culturelle et politique de son pays : comme l’URSS, elle connaît la grandeur puis la décadence, avant d’être secouée par les bouleversements de la Russie contemporaine. Red Army raconte l’histoire extraordinaire de la Guerre Froide menée sur la glace, et la vie d’un homme qui a tenu tête au système soviétique.

Avis : 
Red Army est un documentaire retraçant l'histoire de l'équipe soviétique de hockey sur glace à l'époque de la Guerre Froide. Entre discipline de fer et instrument de propagande, l'équipe emmenée par Viacheslav "Slava" Fetisov va devenir un symbole du modèle de vie en URSS face aux équipes nord-américaines.


D'un côté, la Red Army, entièrement tournée vers le collectif, avec une préparation froide, méthodique, au détriment de la vie familiale, avec pour but unique de promouvoir l'URSS... et de l'enrichir. De l'autre, l'équipe Américaine et la NHL, le professionnalisme, le star-system où le physique prime sur la technique : chaque match entre les deux équipes devient un affrontement entre deux mondes, notamment lorsque l'outsider américain renverse l'ogre soviétique, meilleure équipe du monde, lors du tournoi final des Jeux Olympiques d'hiver de 1980.

Entre images d'archives et interviews avec les membres de l'équipe de l'époque (par ailleurs par toujours commodes), nous découvrons également le personnage de "Slava" Fetisov, qui sera le premier à remettre en question le système entourant l'équipe, de l'entraîneur à la solde du pouvoir Viktor Tikhonov à l'impossibilité de rejoindre la ligue nord-américaine. Et quand enfin l'autorisation leur sera donnée, ils devront reverser une énorme partie de leur salaire à l'Union, et seront confrontés au racisme... avant de triompher avec les Red Wings de Détroit.

Passionnant, ce parallèle entre le hockey sur glace et la géopolitique soviétique en pleine guerre froide nous montre à quel point le sport peut devenir un instrument de propagande, et comment les plus doués peuvent devenir, bien malgré eux, des symboles. Avec enfin ce sous-entendu à peine voilé : avec la présence d'hommes aux plus hautes fonctions d'hommes ayant été façonnés par cette époque (dont Fetisov), on est très loin d'en avoir fini avec ces instrumentalisations.

Note : 8.5/10


lundi 4 janvier 2016

Foxcatcher


Titre : Foxcatcher
Réalisateur : Bennett Miller
Acteurs : Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 21 janvier 2015
Genre : drame, sportif

Synopsis :
Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement.

Avis : 
Après l'excellent Le Stratège, Bennett Miller enchaîne avec un autre drame en milieu sportif : Foxcatcher. La lutte succède ainsi au base-ball, avec l'histoire des frères Schultz et leur relation avec le richissime John E. du Pont... une relation qui aura une issue dramatique.


Il ne sera finalement que très peu question de sport dans le film : les séquences de lutte sont assez rapidement expédiées, autant lors des phases d'entraînement que de compétition. Ce qui intéresse Miller, c'est l'évolution psychologique de ses personnages. Si la relation entre les deux frères n'échappe pas toujours à la caricature, avec un rapport d'amour / haine assez banal renforcé par le jeu de gros nounours un peu bêta de Channing Tatum (White House down, Jupiter : le destin de l'Univers), le personnage de du Pont est la véritable attraction du film.

Steve Carell incarne à la perfection le riche héritier en quête de reconnaissance : envers sa mère, mais aussi envers ses pairs et envers le monde de la lutte, qui l'a toujours fasciné. L'acteur, plus habitué aux rôles comiques, donne énormément de profondeur au personnage, à ses frustrations (le désintérêt de sa mère, la complicité entre les deux frères), à une folie contenue qu'il tente de noyer dans des bribes artificielles de reconnaissance (surnoms farfelus, compétition sans enjeu, manipulation des médias...).

La prestation de l'acteur justifie à elle seule la vision d'un film qui, par ailleurs, se contente d'emprunter les sentiers battus. Bien loin du précédent film de Miller, Foxcatcher est finalement une déception, qui ne décolle que dans ses toutes dernières minutes après deux heures de retenue...

Note : 5/10


vendredi 2 octobre 2015

The Program


Titre : The Program
Réalisateur : Stephen Frears
Acteurs : Ben Foster, Chris O'Dowd, Guillaume Canet
Date de sortie en France : 16 septembre 2015
Genre : biopic, drame

Synopsis :
Découvrez toute la vérité sur le plus grand scandale de l’Histoire du sport : le démantèlement du programme de dopage qui a fait de Lance Armstrong une légende. De la gloire à l'humiliation, The Program retrace le parcours de la star du Tour de France.

Avis :
La victoire contre la maladie, puis la renaissance sportive, avant la chute : le parcours de Lance Armstrong, la plus grande star du cyclisme contemporain et le cerveau du plus grand programme organisé de dopage de l'histoire de son sport, se prêtait parfaitement à un biopic. Un sujet en or, qui va permettre à lui seul de susciter l'intérêt pour un film qui va cependant rester en surface et étrangement passer sous silence de nombreux aspects de l'histoire.


 Il conviendra d'abord de connaître un minimum le sujet afin de mieux appréhender certains éléments, comme les intimidations envers Filippo Simeoni et Christophe Bassons, ou plus important encore : l'aspect sportif des tours de France des années Armstrong, qui passe totalement aux oubliettes, entraînant avec lui l'une des facettes les plus passionnantes du champion déchu. Le tricheur était en effet un sacré perfectionniste, qui ne laissait pas grand chose au hasard, et qui n'a certainement pas gagné uniquement grâce au dopage – par ailleurs largement généralisé à l'époque, autre point uniquement effleuré par le film au détour d'une réplique ou des sourires en coin des autres coureurs entraperçus.

C'est d'ailleurs l'un des plus gros problèmes du film : à vouloir résumer et illustrer l'affaire Armstrong, Stephen Frears (The Queen, Philomena) choisit d'en garder qu'une partie des éléments, occultant délibérément des points essentiels, effaçant totalement le rôle des journalistes français, gommant totalement la richesse de la personnalité, riche de paradoxe, de l'Américain. Et si le fait de développer l'histoire à la façon d'un thriller suffit à nous tenir en haleine, ces énormes ellipses nous font parfois perdre le fil. Dommage, car le cynisme de certaines situations est vraiment marquant (notamment la banalité du dopage pour ces hommes), bien que souvent contrarié par quelques éléments un peu grotesques (le Dr. Ferrari caricaturé en savant fou...).


Frears se casse donc un peu les dents sur un sujet en or, qui finit par le dépasser. La richesse de l'univers n'est finalement qu'effleurée, bien que cela suffise à nous donner un thriller sportif intéressant – mais qui ne pourra véritablement plaire ni aux novices, perdus par des éléments trop implicites, ni aux connaisseurs, qui savent déjà ce que montre le film, et même beaucoup plus. On retiendra finalement surtout la prestation de Ben Foster, même si la ressemblance physique ne fait pas toujours oublier le déficit de charisme par rapport au modèle...

Note : 6/10


samedi 15 août 2015

La Rage au ventre


Titre : La Rage au ventre (Southpaw)
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Whitaker
Date de sortie en France : 22 juillet 2015
Genre : drame, sportif

Synopsis : 
Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

Avis : 
Avec La Rage au ventre, le réalisateur ajoute une nouvelle entrée dans sa filmographie dédiée au film de mâles : après son super-flic sauvant à lui seul les Etats-Unis dans La Chute de la Maison Blanche et son vigilante invincible dans Equalizer, il nous offre ici un grand classique de la culture américaine : le film de boxe. Tellement classique d'ailleurs que, malgré son intensité et son efficacité, le film va avoir des difficultés à nous faire oublier les oeuvres phares du genre, et notamment la saga Rocky.


Un boxeur au sommet, mais qui contrôle mal ses émotions, gère mal son entourage et son argent, et va finir par tout perdre avant de revenir aux sources pour retrouver les sommets : la trajectoire de Billy Hope est assez classique, mais va néanmoins être extrêmement prenante, grâce à l'interprétation de Jake Gyllenhaal (Night call, Enemy). L'acteur, qui a effectué un travail physique impressionnant, parvient encore à nous surprendre, insufflant à son personnage une intensité, une rage et une détresse à couper le souffle.

Ces éléments se retrouvent autant dans les passages dramatiques et plus intimistes, où le personnage est confronté à l'incompréhension et la colère de sa fille qu'il n'est plus en mesure d'élever correctement, que dans les séquences de combat, parfaitement filmées et dont on ressent les impacts à travers l'écran. Le aspects dramatique et sportif du film se contrebalancent très bien, et apportent à l'ensemble une certaine finesse (enfin, tout est relatif, évidemment) que l'on ne retrouvait pas dans les précédents films du réalisateur.

Peu de surprise donc avec La Rage au ventre, qui emprunte allègrement à la saga Rocky pour développer son histoire. Mais Antoine Fuqua nous livre une merveille d'efficacité et de fureur, à travers des combats monstrueux et un Jake Gyllenhaal impressionnant, qui nous montre une nouvelle fois qu'il sait absolument tout faire.

Note : 8/10


dimanche 26 octobre 2014

De toutes nos forces


Titre : De toutes nos forces
Réalisateur : Nils Tavernier
Acteurs : Jacques Gamblin, Alexandra Lamy, Fabien Héraud
Date de sortie en France : 26 mars 2014
Genre : drame, sport

Synopsis : 
Comme tous les adolescents, Julien rêve d’aventures et de sensations fortes. Mais lorsqu’on vit dans un fauteuil roulant, ces rêves-là sont difficilement réalisables. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui au triathlon « Ironman » de Nice: une des épreuves sportives les plus difficiles qui soit. Autour d’eux, c’est toute une famille qui va se reconstruire pour tenter d’aller au bout de cet incroyable exploit.

Avis : 
Inspiré de l'histoire vraie de la Team Hoyt, De toutes nos forces nous parle donc d'un adolescent handicapé et coincé dans un fauteuil roulant. Entretenant des liens tendus avec son père, souvent absent ou distant, notamment depuis qu'il a perdu son emploi, le jeune homme souhaite grandir, devenir un peu plus indépendant... et resserrer les liens avec son père en participant avec lui à un Ironman, une épreuve combinant natation, cyclisme et marathon.


Le film exploite donc des thèmes très forts, du handicap physique au dépassement de soi, et avait ainsi tout pour prendre le spectateur aux tripes avec une histoire simple mais efficace. Hélas, si le potentiel sympathie est présent, et si l'émotion nous submerge parfois sans prévenir, on reste sur notre faim avec un film qui se laisse finalement trop porter par son sujet et multiplie les maladresses.

Il n'y a aucune surprise par exemple, avec une progression très classique qui amoindrit nettement l'impact de la dernière partie consacrée à l'épreuve sportive, dont les moments forts deviennent très vite quelconques. Mais pire que tout, le film nous dépeint le jeune Julien comme un adolescent souvent exécrable, n'hésitant pas à faire des caprices, fuguer ou même être violent pour obtenir ce qu'il veut, devenant ainsi rapidement antipathique. On finit presque par se dire qu'il ne mérite pas tous les efforts consentis par ses proches...

De toutes nos forces ne parvient donc pas véritablement à exploiter une histoire très forte, et se tire même une balle dans le pied en présentant Julien comme un adolescent insupportable. Cela est d'autant plus dommage que Jacques Gamblin et Alexandra Lamy sont d'une remarquable finesse dans leurs rôles de parents abîmés par le handicap de leur fils...

Note : 4/10


lundi 7 avril 2014

Match retour


Titre : Match retour (Grudge match)
Réalisateur : Peter Segal
Acteurs : Robert De Niro, Sylvester Stallone, Kevin Hart
Date de sortie en France : 22 janvier 2014
Genre : drame, sportif, comédie

Synopsis : 
Henry "Razor" Sharp et Billy "The Kid" McDonnen sont deux boxeurs de Pittsburgh propulsés sous le feu des projecteurs grâce à leur rivalité ancestrale. Chacun a eu l'occasion de battre son adversaire à l'époque de sa gloire, mais en 1983, alors qu'ils s'apprêtaient à disputer un troisième match décisif, Razor a soudain annoncé qu'il arrêtait la boxe : sans explication, il a ainsi brutalement mis fin à leur carrière à tous les deux.
Trente ans plus tard, le promoteur de boxe Dante Slate Jr., y voyant une occasion de gagner beaucoup d'argent, leur fait une offre irrésistible : monter sur le ring pour obtenir leur revanche une bonne fois pour toutes.

Avis : 
Stallone semble décidément bien décidé à montrer que non, il n'est pas has-been et a encore de beaux restes... Seulement, à force d'empiler les projets qui se ressemblent tous, à base de retour d'anciennes légendes, Stallone montre surtout qu'il est trop vieux pour toutes ces conneries et n'offre plus que des films allant du gros navet prétentieux (Du plomb dans la tête) au film d'action très moyen.


Avec Match retour, Sly reprend les gants, et est cette fois accompagné de Robert De Niro. Evidemment, une telle réunion sur un ring rappelle deux des personnages les plus remarquables de leurs carrières respectives : Rocky pour l'un, Jack La Motta (Raging Bull) pour l'autre. Des personnages auxquels le film va d'ailleurs faire référence, en tournant en dérision certains passages tels que la chambre froide ou le one-man show.

Pour le reste, le film va être horriblement banal. Les rivaux qui se détestent mais apprennent peu à peu à se respecter, les personnages qui découvrent des éléments cachés de leur passé, et qui révèlent - et dépassent ! - leurs faiblesses. Et au passage, ils vont évidemment réussir à se dépasser physiquement, à faire taire les sceptiques bref, à redevenir des héros. Le tout sur fond de comédie américaine souvent lourde (Kevin Hart est insupportable).

Bref, Match retour la perte de vitesse de Stallone, qui entraîne ici De Niro dans une comédie dramatique sportive pachydermique. Rarement amusante, rarement touchante et rarement intense, l'oeuvre de Peter Segal donne une nouvelle fois envie de voir Sylvester Stallone prendre enfin sa retraite...

Note : 3/10


samedi 7 décembre 2013

En solitaire


Titre : En solitaire
Réalisateur : Christophe Offenstein
Acteurs : François Cluzet, Virginie Efira, Guillaume Canet
Date de sortie en France : 6 novembre 2013
Genre : drame, sportif

Synopsis :  

Yann Kermadec voit son rêve se réaliser quand il remplace au pied levé, son ami Franck Drevil, au départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. Habité par une farouche volonté de gagner, alors qu'il est en pleine course, la découverte à son bord d'un jeune passager va tout remettre en cause.

Avis : 
 En solitaire est l'exemple parfait du film parasité par la volonté d'apporter une pointe d'originalité à une histoire qui aurait pu être bien plus forte sans cela. En sortant du film, on a ainsi cette impression de passer à côté d'une oeuvre qui aurait pu être formidable, nous prendre aux tripes et nous émerveiller, et on se prend à imaginer ce qu'aurait donné le film s'il s'était contenté de suivre le tour du monde en solitaire de François Cluzet, acteur idéal pour ce genre de rôle. Hélas, il y a ce passager clandestin.


A l'image du personnage interprété par François Cluzet (11.6, Intouchables), les scénaristes semblent ne pas savoir quoi faire de ce personnage secondaire. Alors on le relègue d'abord au fond de la cabine, on envisage de le débarquer aussi vite que possible...A vrai dire, on aurait même aimé qu'il soit envoyé par dessus bord, puisqu'il n'amène pas grand chose. Oh, bien entendu, il va y avoir une évolution dans les relations entre les deux personnages, Cluzet s'adoucissant peu à peu avant un horrible happy-end, mais le tout sonne quand même particulièrement creux.

L'aspect navigation s'efface ainsi peu à peu face à un drame bien trop convenu, qui oublie même de développer certaines pistes qu'il fait naître (le manque de nourriture passe rapidement à la trappe, tout comme la maladie de Mano Ixa). On essaye bien de donner un peu de souffle à tout ça avec quelques péripéties pendant la course ou chez les proches de Yann Kermadec, mais rien à faire, malgré quelques sublimes séquences de navigation, la sauce ne prend que rarement.

On aurait donc préféré que ce En solitaire se fasse...en solitaire. Car en s'encombrant de cette histoire de garçon clandestin, le film de Christophe Offenstein est peu à peu tiré vers le bas, empoisonnant la qualité des scènes de navigation et amoindrissant l'impact de certains passages. Dommage, d'autant que Cluzet est comme souvent impressionnant...

Note : 5/10


samedi 16 novembre 2013

Turbo


Titre : Turbo
Réalisateur : David Soren
Acteurs : Ryan Reynolds, Samuel L. Jackson, Maya Rudolph
Date de sortie en France : 16 octobre 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Turbo est un escargot qui n’a qu’un seul rêve en tête : être incroyablement rapide ! Son obsession pour la vitesse l’a rendu quelque peu impopulaire chez les siens, où lenteur et prudence sont de rigueur. Mais il est hors de question pour lui de se conformer. C’est alors que se produit un étrange accident qui lui donne soudainement le pouvoir de foncer à toute vitesse. Il s’embarque alors dans une aventure extraordinaire pour accomplir son invraisemblable destinée : courir contre le plus grand champion de course automobile, Guy La Gagne. Avec l’aide d’une équipe d’escargots aussi rusés que stylés, l’ultime outsider Turbo mettra tout son cœur – et sa coquille, pour prouver qu’aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit.

Avis : 
 Produit par les studios DreamWorks Animation, Turbo raconte donc une histoire semblable à celle de Planes, sortie quelques jours auparavant. L'histoire d'un personnage souhaitant participer à des courses alors que rien ne l'y destinait avait donné un résultat très moyen avec le film de Klay Hall, manquant cruellement d'imagination et d'énergie. Le film de David Soren (Joyeux Noël Madagascar) va heureusement se montrer bien plus réussi.


Turbo ne manque ainsi pas d'humour, notamment dans sa description du groupe d'escargots au quotidien bien réglé, au point d'à peine réagir quand l'un des leurs se fait, comme chaque jour, emporter par un oiseau. Seul Théo se démarque du lot, avec ses rêves de vitesse inspiré par les 500 miles d'Indianapolis et son champion, le pilote Guy Gagné. Après un accident qui le verra contaminé par du protoxyde d'azote, Theo devient soudain extrêmement rapide, et si cela provoque quelques inconvénients hilarants (l'escargot devient une vraie voiture ambulante, avec phares et radio), cela va lui permettre d'accomplir enfin son rêve.

Si on n'échappe pas aux éléments classiques du genre, avec le méchant souhaitant barrer la route de Turbo par tous les moyens ou les personnages secondaires joyeusement siphonnés, le film se révèle assez drôle et spectaculaire pour divertir, assumant totalement l'aspect loufoque de son synopsis (un escargot qui va faire la course avec de vrais pilotes à Indianapolis !). Très rythmé, le film sait aussi être touchant, grâce à une agréable simplicité qui fait mouche.

S'il reste surtout destiné aux enfants, Turbo est un film d'animation qui pourra plaire à tout le monde, grâce à une action et un humour très présents. Bien plus réussi que Planes malgré une histoire très semblable, il reste néanmoins bien moins abouti que les derniers films de DreamWorks (Les Croods, Les 5 légendes) mais se regarde avec un plaisir certain.

Note : 7/10




mardi 5 novembre 2013

Planes


Titre : Planes
Réalisateur : Klay Hall
Acteurs : Dane Cook, Priyanka Chopra, Julia Louis-Dreyfus
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Chaque jour, alors qu’il pulvérise des traitements agricoles sur les récoltes, le petit avion de ferme Dusty se prend à rêver qu’il pourrait voler en compétition au milieu des avions les plus rapides au monde. Seulement voilà, il n’a pas vraiment le gabarit d’un champion, et en plus, il est sujet au vertige ! Comme il n’est pas du genre à renoncer, Dusty fait appel à Skipper, un as de l’aéronavale, pour l’aider à se qualifier lors des éliminatoires du Grand Rallye du Tour du Ciel et ainsi défier sur son terrain Ripslinger, le redoutable tenant du titre. Et c’est au-dessus du monde de CARS, avec l’aide d’une hilarante flottille de casse-cou volants venus des quatre coins de la planète, que Dusty va déployer ses ailes pour relever, sous les yeux des spectateurs du monde entier, le plus grand défi de sa vie...

Avis : 
  Spin-off de la franchise Cars de Pixar, Planes s'intéresse donc, comme son nom l'indique, aux avions survolant le monde de Flash McQueen. On retrouve donc logiquement le même design, avec ces véhicules vivants, mais aussi un thème similaire, celui d'un personnage rêvant de gagner une course prestigieuse. Seulement Dusty a deux handicaps de taille : il n'est qu'un avion d'épandage, et a le vertige. Pas l'idéal quand il s'agit de se confronter à des avions de course expérimentés et bien décidés à ne pas se laisser vaincre par le débutant.


Clairement destiné aux plus jeunes, Planes va donc recycler les thèmes classiques du courage, du dépassement de soi, avec des personnages que l'on connait parfaitement, du vieux professeur au rival sans foi ni loi en passant par les amis fidèles et les concurrents séduits par le coeur de l'outsider. Dans ce David contre Goliath aérien, on retrouve donc tous les passages obligés, des coups bas du favori, qui se révèle rapidement être une ordure prête à tout pour gagner, quitte à acheter les autres participants ou à mettre Dusty en danger.

Tout cela manque donc singulièrement d'originalité, mais également de rythme : les phases de course, qui occupent pratiquement tout le film, sont assez molles et linéaires, ponctuées de rares passages spectaculaires. Bref, Planes est un film d'animation très léger, et très loin des productions Pixar ou DreamWorks, comme Turbo, sorti une semaine plus tard et sur un thème très similaire, et qui s'avère bien plus réussi. 

Note : 3,5/10


 

mercredi 30 octobre 2013

Rush


Titre : Rush
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs : Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde
Date de sortie en France : 25 septembre 2013
Genre : sportif, drame

Synopsis : 
 Situé durant l'âge d'or de la Formule 1, retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l'histoire du sport ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari.

Avis : 
 Réalisé par Ron Howard (Un homme d'exception, Apollo 13), Rush raconte donc la rivalité entre deux pilotes de Formule 1 pendant les années 70 : l'Autrichien Niki Lauda et le Britannique James Hunt . Deux sportifs que tout oppose : le beau James Hunt est un trompe-la-mort aux allures de surfeur, multiplie les conquêtes féminines, adore les projecteurs, aime faire la fête ; Niki Lauda a un physique plus ingrat (il sera d'ailleurs surnommé "le rat" par son rival), et est beaucoup plus sérieux, professionnel, froid et calculateur, jusqu'à être appelé "l'ordinateur" par les médias.


Rush va d'ailleurs surtout se concentrer sur les coulisses des courses, sur les relations entre les deux pilotes, entre dédain et respect, mais aussi sur les relations entre Hunt et Lauda et leurs entourages respectifs. L'occasion de montrer, grâce notamment à deux interprètes se glissant parfaitement dans la peau des deux hommes (Chris Thor Hemsworth et surtout Daniel Inglourious Basterds Brühl, impressionnant en Niki Lauda), les parts d'ombres et de lumières des pilotes, leurs doutes et leurs forces, empêchant de véritablement prendre parti pour l'un ou l'autre.

Bien sûr, l'aspect sportif n'est pas totalement occulté : les courtes scènes de course mettent l'accent sur les tournants importants de la saison 1976 de F1, et notamment le terrible accident de Niki Lauda au Nürburgrin dont il sortira grièvement brûlé. Des passages très intenses, reconstituant parfaitement le bruit assourdissant et le danger des courses, et nous mettant dans la peau des pilotes, notamment lorsqu'ils évoluent sous la pluie ou frôlent les autres concurrents.

Rush est donc un excellent drame sportif nous replongeant dans une des plus grandes rivalités de la course automobile. Aussi spectaculaire que touchant, le film de Ron Howard, bénéficiant des conseils de Niki Lauda, consultant pour le film, est une vraie réussite, portée par deux acteurs en grande forme.

Note : 8/10



mardi 24 septembre 2013

Les Petits princes


Titre : Les Petits princes
Réalisateur : Vianney Lebasque
Acteurs : Paul Bartel, Reda Kateb, Eddy Mitchell
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : drame

Synopsis : 
JB, jeune prodige de 16 ans, est le dernier à intégrer le centre de formation où évoluent les plus grands espoirs du ballon rond. Entre l'amitié, la compétition, les rivalités et son attirance pour Lila, une jeune fille passionnée de street art, JB va devoir se battre malgré le lourd secret qui pourrait l'empêcher d'atteindre son rêve. 

Avis : 
 Le football inspire les scénaristes et les réalisateurs ces derniers mois : après le lamentable Les Seigneurs et le sympathique mais inabouti Comme un lion, c'est cette fois Les Petits princes qui débarque, avec son jeune surdoué obligé de falsifier ses ordonnances médicales afin de réaliser son rêve : jouer au football au plus haut niveau.


Pourtant, ce thème du mensonge n'apparaît que comme le fil rouge de ce récit initiatique où la progression de JB sera confrontée à bien d'autres obstacles : les tensions se multiplient avec son père, agriculteur, et ses camarades, soudés entre eux et bien décidés à ne rien laisser passer au nouveau, petit blanc qui débarque de sa campagne. Humilié, trahi, abandonné, il devra se battre pour trouver sa place, et y parviendra grâce à un mentor interprété par l'excellent Reda Kateb (Un prophète).

Il faudra également mater la rebellion de l'adolescence, l'envie de rejoindre Lila plutôt que de se coucher bien sagement pour être en forme le lendemain : si le parcours de JB reste classique, l'ombre de sa maladie venant régulièrement contrebalancer ses réussites, Vianney Lebasque le met en images avec simplicité et efficacité, évitant les gros clichés avec un bel enthousiasme, le tout jusqu'à de très belles scènes de matchs, parfaitement claires et assez épiques.

Les Petits princes est donc une très bonne surprise, dans un exercice pourtant périlleux. Evitant de sombrer dans le larmoyant, il tire le maximum de son jeune interprète (Paul Bartel, étonnant de naturel) pour livrer une très belle histoire sur le dépassement de soi et le refus du destin.

Note : 7/10


  

lundi 16 septembre 2013

Jappeloup


Titre : Jappeloup
Réalisateur : Christian Duguay
Acteurs : Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil
Date de sortie en France : 13 mars 2013
Genre : drame, sportif, biopic

Synopsis : 
Au début des années 80, abandonnant une carrière d’avocat prometteuse, Pierre Durand se consacre corps et âme à sa passion, le saut d’obstacle. Soutenu par son père, il mise tout sur un jeune cheval auquel personne ne croit vraiment : Jappeloup. Trop petit, trop caractériel, trop imprévisible, il a de nombreux défauts mais une détente et des aptitudes remarquables. De compétition en compétition, le duo progresse et s’impose dans le monde de l’équitation. Mais les JO de Los Angeles sont un terrible échec et Pierre prend alors conscience de ses faiblesses. Avec l’aide de Nadia, sa femme, et de Raphaëlle, la groom du cheval, Pierre va regagner la confiance de Jappeloup et construire une relation qui va les mener aux JO de Séoul en 1988.

Avis : 
Inspiré de la véritable histoire de Jappeloup de Luze et de son cavalier Pierre Durand, Jappeloup est l'exemple typique du film qui, s'il est impeccable sur la forme, ne dégage absolument rien. Peut-être parce que l'équitation ne me fait rien ressentir du tout. Peut-être surtout parce que le film est cousu de fil blanc, aussi prévisible que peut l'être n'importe quel film basé sur le sport.
 

Oh, on me dira sans doute que "c'est tiré d'une histoire vraie", et je dois bien avouer que l'histoire réelle de Jappeloup de Suze est effectivement extraordinaire. Seulement je ne suis pas venu voir un documentaire alignant mollement les poncifs : je suis venu voir un film, avec ce que cela peut impliquer de travail sur l'histoire. Car hélas, on ne sera jamais surpris, et donc jamais véritablement émerveillé ou déçu par les succès ou les échecs du cheval et de son cavalier - que l'on pourra même trouver particulièrement antipathique. En fait, on finit même par s'en foutre royalement.

Jappeloup en devient ainsi très vite une belle coquille vide, dont l'aspect épique tombe immanquablement à plat, dont la relation entre l'homme et l'animal n'entraîne qu'un ennui poli, et dont l'éternel thème du dépassement de soi et de la ténacité n'est que la cerise sur un gâteau particulièrement indigeste de banalités.

Très loin d'être un mauvais film, Jappeloup est hélas aussi rapidement (enfin, il dure plus de 2heures quand même, ce qui n'est pas un détail) vu qu'oublié. La faute à un aspect terriblement fade et convenu, ne parvenant jamais à reconstituer en matière filmique la puissance de l'histoire dont il s'inspire...

Note : 3,5/10




dimanche 14 juillet 2013

La Grande boucle


Titre : La Grande boucle
Réalisateur : Laurent Tuel
Acteurs : Clovis Cornillac, Bouli Lanners, Ary Abittan
Date de sortie en France : 12 juin 2013
Genre : drame, comédie, sportif

Synopsis : 
Licencié par son patron et quitté par sa femme, il part faire la Grande Boucle avec un jour d’avance sur les pros. D’abord seul, il est vite rejoint par d’autres, inspirés par son défi. Les obstacles sont nombreux mais la rumeur de son exploit se répand. Les médias s’enflamment, les passants l’acclament, le Maillot Jaune du Tour enrage. François doit être stoppé !

Avis : 
C'est l'été, le Tour de France est parti depuis quelques jours, c'est le moment idéal pour voir La Grande boucle, comédie dramatique sans prétention autour de la célèbre épreuve sportive. Clovis Cornillac est donc François, un passionné de cyclisme qui abandonna la compétition lors de la naissance de son fils. Viré du magasin de sports où il travaillait, quitté par sa femme qui lui reproche de ne pas être assez présent, François va choisir de parcourir les étapes du Tour de France un jour avant les professionnels, et va être rapidement accompagné d'une troupe de personnages singuliers.


La Grande boucle va ainsi rendre hommages aux acteurs du cyclisme, à ceux qui, dans la lumière ou dans l'ombre, font de cet événement l'un des plus populaires de l'année : directeurs sportifs, sponsors, caravane, spectateurs, personnels préparant le parcours...Dans une ambiance bon enfant, le film profite au maximum du capital sympathie du Tour, et se repose en grande partie dessus pour développer un scénario sans aucune surprise, mais réservera quelques beaux moments.

Il se paie même le luxe de recevoir quelques invités de prestige, comme Nelson Monfort, s'amusant de son image, Bernard Hinault ou Laurent Jalabert (accusé depuis de dopage lors des années 90, mauvais timing). Il n'oubliera pas d'aborder également quelques questions plus sombres, comme le dopage ou les magouilles pouvant entourer le cyclisme professionnel, la versatilité du public ou l'énorme différence entre cyclisme amateur et professionnel.

Evidemment, La Grande boucle reste bourré de défauts, accumulant les clichés et déroulant un scénario horriblement classique et prévisible. Pourtant, cela fonctionne, grâce à une bonne humeur communicative et une jolie simplicité, et un côté populaire rappelant le Tour de France et ses valeurs de dépassement de soi, de solidarité. Une jolie comédie dramatique qu'on oubliera sans doute rapidement, mais qui reste vraiment sympathique.

Note : 6/10



mercredi 3 juillet 2013

Les Reines du ring


Titre : Les Reines du ring
Réalisateur : Jean-Marc Rudnicki
Acteurs : Marilou Berry, Nathalie Baye, André Dussolier
Date de sortie en France : 3 juillet 2013
Genre : comédie, sport

Synopsis : 
Rose, 30 ans, n’a qu’une idée en tête : renouer avec Mickaël, son fils de 11 ans dont elle a été séparée pendant plusieurs années. Lorsqu’elle découvre la passion de Mickaël, Rose pense avoir trouvé le moyen de briser la glace : elle va monter une équipe de catch avec ses trois collègues caissières. 

Avis : 
La mode du catch est de retour en France depuis quelques années, et il était étonnant que le cinéma hexagonal ne se soit pas encore emparé du sujet. C'est (enfin ?) chose faite avec Les Reines du ring, comédie légère tournant autour du sport-spectacle, largement inspirée par ce que peut offrir la WWE outre-Atlantique, avec ses catcheuses pas forcément douées sur le ring mais incarnant des personnages hauts en couleurs.


L'histoire est assez classique, et n'est finalement qu'un prétexte à voir ces caissières apprendre à catcher. On enchaîne donc de façon assez basique les petites phases d'entraînement, les doutes et les tensions entre les filles, tout en suivant les conséquences de cette nouvelle activité sur leur vie quotidienne. Tout cela reste largement en surface, et même assez inutile, et clairement destiné à remplir les 90 minutes du film en tentant vainement d'apporter un peu de profondeur aux personnages. Mais il faut bien l'avouer, on s'en fout un peu...

Le film a néanmoins le grand mérite de ne pas oublier que le catch reste avant tout du divertissement, et que les coups sont simulés. On regrettera néanmoins l'absence de tout avertissement sur le danger de pratiquer sans entraînement ou entre copains. Le combat final est ainsi un moment sympathique, assez drôle et spectaculaire pour finir en beauté le film. On saluera d'ailleurs les apparitions rapides de catcheurs de la WWE (The Miz, CM Punk) et des commentateurs français Christophe Agius et Philippe Chereau.

Les Reines du ring reste donc une comédie sympathique, qui fait parfois sourire et est plutôt rythmée, mais reste très légère, greffant ses gags autour d'un fil rouge particulièrement fin, de personnages sans grand intérêt et traités de façon très inégale (Corinne Masiero semble uniquement là pour faire rire avec son accent). Vite vu et vite oublié donc...

Note : 5/10


mercredi 20 février 2013

Comme un lion


Titre : Comme un lion
Réalisateur : Samuel Collardey
Acteurs : Marc Barbé, Mytri Attal, Anne Coesens
Date de sortie en France : 9 janvier 2013
Genre : drame, sport

Synopsis : 
Mitri a 15 ans et vit dans un village au Sénégal. Comme tous les jeunes de son âge, il joue au foot en rêvant du Barça et de Chelsea. Lorsqu’un agent recruteur le repère, Mitri croit en sa chance. Mais pour partir à l’assaut des grands clubs européens, il faut payer. La famille se cotise et s’endette pour l’aider. Une fois à Paris, tout s’écroule : Mitri se retrouve abandonné sans un sou en poche, et ne peut imaginer affronter la honte du retour au village. Une odyssée faite de débrouilles commence alors. Mais son rêve de foot le rattrapera au coin d’une rencontre.

Avis : 
Il n'y a pas si longtemps, j'évoquais sur ce blog le très mauvais Les Seigneurs, comédie au ras des pâquerettes ayant pour cadre le football. Aussi, à l'idée de voir un nouveau film tournant autour de ce sport et de ses coulisses, j'étais assez inquiet, malgré un point de départ bien plus intéressant : le trafic de jeunes Africains à qui l'on fait miroiter un avenir un or, tout en leur extorquant leurs ressources, avant de les abandonner à leur destin, seuls à des milliers de kilomètres de chez eux. Une histoire d'autant plus terrible que les rumeurs de telles actions ne sont pas si rares que ça.

La victime est donc ici Mitri, gamin sénégalais qui débarque donc en France sans un sou, sans logement, sans contact. Le rêve français qu'on lui a vendu s'efface pour une réalité bien plus cruelle. Pourtant, rapidement, le jeune garçon va rencontrer des personnes bien intentionnées qui vont l'aider, et même passer outre son manque de reconnaissance et son comportement parfois négatif. Son culot l'aidera également quand, à la manière d'un Olivier Atton de la série Olive & Tom, il convaincra un entraîneur local de l'intégrer à son équipe après avoir dribblé tous les joueurs, en jeans et en baskets, alors qu'on avait refusé de lui donner une licence pour jouer.


Et c'est un peu le problème du film : il choisit la facilité, et les épreuves que rencontre Mitri sont rapidement oubliées grâce à la bienveillance de son nouvel entourage et un destin tout tracé. Ses coéquipiers jaloux n'hésitent à aucun moment à lui faire des passes, il est invité au mariage d'inconnus, on lui pardonne de piquer de l'argent, et son individualisme sur le terrain n'est jamais puni. Il devient dès lors difficile de s'émouvoir du passé de son entraîneur / mentor, de ses états d'âme, d'autant que sa fausse naïveté le rend finalement assez antipathique.

En revanche, on saluera la réalisation de Samuel Collardey, notamment pour les matchs de football, parfaitement lisibles et même assez intenses. Un bon point venant relever le niveau d'un film qui débutait parfaitement mais qui, en choisissant un développement un peu trop positif, finit par décevoir un peu.

Note : 6/10


dimanche 3 février 2013

Les Seigneurs


Titre : Les Seigneurs
Réalisateur : Olivier Dahan
Acteurs : José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Omar Sy
Date de sortie en France : 26 septembre 2012
Genre : comédie, sport

Synopsis : 
Patrick Orbéra, la cinquantaine, est une ancienne gloire du football qui a totalement raté sa reconversion. Sans emploi, alcoolique et ruiné, il n’a même plus le droit de voir sa fille Laura. Contraint par un juge de retrouver un emploi stable, il n’a d’autre choix que de partir sur une petite île bretonne, pour entraîner l’équipe de foot locale. Si ils gagnent les 3 prochains matchs, ils réuniront assez d’argent pour sauver la conserverie de l’île, placée en redressement judiciaire, et qui emploie la moitié des habitants. Patrick Orbéra est immédiatement confronté à un obstacle majeur : transformer des pêcheurs en footballeurs quasi-professionnels. Il décide alors de faire appel à ses anciens coéquipiers pour l’aider à hisser le petit club breton parmi les grands… 

Avis : 
Il ne faut parfois pas chercher bien loin pour trouver les raisons de la mauvaise réputation du cinéma comique français ces dernières années. Avec Les Seigneurs (les seigneurs de quoi ?), on a un condensé parfait de ce qui handicape la comédie grand public : un scénario écrit par un gosse de 10 ans, un casting misant plus sur la renommée que sur le talent, un thème à la mode et une prétention à toute épreuve.

A l'affiche, quelques "stars" du cinéma français populaire : José Garcia, enfermé depuis quelques années dans des comédies sans grand intérêt (Le Mac, La Vérité si je mens ! 3) ; Omar Sy, tout auréolé du succès de Intouchables ; JoeyStarr, subitement devenu un grand acteur depuis Polisse ; enfin, Gad Elmaleh, Frank Dubosc et Ramzy, dont les qualités d'acteurs sont autant à démontrer que les qualités humoristiques. Bref, le film mise clairement sur la popularité de ces humoristes pour attirer le public, mais oublie totalement de raconter une histoire ou de faire intéragir ces têtes d'affiche entre elles.


Car le scénario est d'une rare maigreur, se contentant d'enchaîner quelques gags et oubliant tout enjeu. Pire encore, on oublie rapidement de nombreux éléments qui n'auront aucune importance : la maladie du personnage d'Omar Sy ? le côté tyrannique de sa femme ? Oubliés. Les rapports houleux entre JoeyStarr et Ramzy ? Perdus dans le script. Les problèmes d'alcool et de drogue ? Ce n'était pas bien grave. Affichant un jeunisme parfois nauséabond (azy, ya un joueur qui s'appelle Le Penis tavu, on va le surnommer Le Pen, c'tro drole sa race quoi !), Les Seigneurs ne s'embarrasse à aucun moment de logique ou de continuité, bien conscient que son unique argument est sa brochette de "vedettes" pour ados.

Et le foot dans tout ça ? On se contentera de quelques matchs horriblement filmés, particulièrement mous, et complètement irréalistes. Le budget étant apparemment englouti dans le salaire des Garcia et compagnie, on n'a même plus assez pour des effets visuels ou des figurants crédibles (il faut voir les joueurs de l'OM, apparemment recrutés au MacDo du coin). Et comme en plus le film semble hésiter entre l'aspect épique de ses matchs et l'aspect comique, il ne fait jamais ni l'un ni l'autre et se contente de gags ratés (Ramzy qui rate toutes ces occasions, c'est tellement drôle !!!).

Les Seigneurs, c'est donc le fond du fond de l'humour français. Espèce d'hymne à la gloire d'humoristes sans aucun talent d'interprétation, le film est tout simplement affligeant de médiocrité à tous les niveaux, de la réalisation calamiteuse au scénario enfantin. Un navet, un vrai !

Note : 1/10