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mercredi 16 octobre 2024

Nano Shark

 

Titre : Nano Shark
Réalisateur : Brett Kelly
Acteurs : 
Date de sortie en France : 
Genre :  requins, science-fiction

Synopsis : 
 Des scientifiques utilisent la nanotechnologie pour réduire un requin mortel à taille microscopique. Il est injecté dans la circulation sanguine d’une personne afin de guérir un trouble sanguin rare. Lorsque le requin commence à faire plus de mal que de bien, une équipe d’aventuriers entre dans le sang dans un sous-marin rétréci pour tenter de tuer (ou d’être tué) par le plus petit des grands blancs !
 
Avis : 
On peut reprocher beaucoup de choses à Brett Kelly (et on va le faire dans cette chronique), mais on ne peut pas lui enlever une qualité : celle d'avoir des idées qui donnent envie de voir ses films. Aussi, alors que la mode est plutôt au gigantisme (notamment dans son Kaiju Glam Metal Shark Attack), le réalisateur canadien va cette fois nous proposer un requin microscopique, dans une aventure lorgnant du côté du "Voyage fantastique" de Richard Fleischer ou de "L'Aventure intérieure" de Joe Dante. 
 

 
 
Une idée amusante donc, joliment illustrée par le détournement de la phrase culte des "Dents de la mer" : We're gonna need a smaller boat. Malheureusement, Brett Kelly va surtout réussir à en faire un tout petit film, n'ayant aucun véritable scénario à développer autour de cette idée. Nano Shark, c'est lent, très lent, c'est vide, très vide, et c'est un ressort volontaire destiné à être comique. Autant vous dire que votre patience risque d'être mise à rude épreuve si vous ne regardez pas le film en groupe.
 
En effet, le temps dédié à l'histoire est finalement très limité : on doit passer une vingtaine de minutes à suivre le mini-sous-marin affronter le mini-requin. Le reste consiste en des dialogues complètement idiots, et en des séquences de remplissage improbables et interminables. Plusieurs minutes seront ainsi consacrées à admirer des fesses sur la plage, à suivre l'accident amenant à la piqûre de la mauvaise fesse, à assister à l'achat d'une citronnade, à observer un personnage s'amuser avec des cotons-tiges devant son miroir, ou enfin à assister à un festin de hot dogs. 
 
 
Mais n'allez pas croire que les séquences consacrées au submersible et au requin remontent le niveau : d'une lenteur assez pachydermique, ces séquences sont peut-être les pires du film. Si on n'attend plus grand chose des effets spéciaux ou de l'interprétation, c'est surtout l'absence presque totale d'imagination qui pénalise ces passages. Tout juste retiendrons-nous la scène de la "femme torpille". 

Comme souvent, ce Brett Kelly fait penser à un pote ou à un oncle un peu lourd, qui lâche des caisses pendant un repas en vous donnant des coups de coude pour que vous ne loupiez surtout aucune miette de sa subtilité. On réservera donc ce Nano Shark aux fans irrécupérables de Brett Kelly (et je plaide coupable), de préférence en groupe (j'ai eu la chance de pouvoir découvrir le film en salle au dernier Paris Shark Week). Pour les autres, fuyez !



samedi 17 août 2024

Alien : Romulus

 
Titre : Alien : Romulus
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux
Date de sortie en France : 14/08/2024
Genre : science-fiction, horreur
 
Synopsis : 
 Alors qu’il entreprend des fouilles dans une station spatiale abandonnée, un groupe de jeunes voyageurs se retrouve confronté à la forme de vie la plus terrifiante de l'univers…
 
Avis : 
La saga Alien fait partie de ces rares séries de films à conserver une aura relativement intacte, malgré des épisodes de plus en plus clivants au fil des années. Très clairement, depuis Aliens, le retour (il y a presque 40 ans...), le moins que l'on puisse dire, c'est que chaque film divise... ou fait quasiment l'unanimité contre lui, comme le dernier en date, Alien : Covenant. Pourtant, malgré ces échecs, malgré les projets avortés, malgré les crossovers médiocres, l'arrivée sur nos écran d'un nouveau film de la saga initiée par Ridley Scott reste un événement, surtout lorsqu'il est mis en scène par l'une des figures montantes du genre : Fede Alvarez, le réalisateur de Don't breathe - la maison des ténèbres et de Evil dead (2013).


Le réalisateur uruguayen va justement se raccrocher aux deux plus grands succès de la série, en situant son histoire entre Alien, le huitième passager et Aliens, le retour. Un choix chronologique qui va également avoir un impact direct sur l'identité de Alien : Romulus, ce dernier étant à bien des égards un "Alien 1.5" : la première partie, où les personnages parcourent une épave abandonnée et découvrent la menace, s'inspire clairement du film de Scott ; la seconde, plus musclée, évoque celui de Cameron. Et si quelques éléments rappellent Alien 3 ou Alien : la résurrection, Alvarez semble vouloir nous montrer qu'il aime et connaît ses classiques, quitte à parfois rester un peu sage. 

Car, même si l'on prend un véritable plaisir à retrouver les couloirs sombres typiques de la saga, si l'on adore replonger dans cette ambiance craspec et violente, si l'on retrouve plus de vagins et de pénis que dans une soirée organisée par DSK, si l'on apprécie de voir les facehuggers et les xénomorphes redevenir des menaces crédibles, si l'on frissonnera même un peu durant la première heure, il faut bien avouer que le film ne réserve que peu de surprises, et le spectateur averti aura systématiquement une longueur d'avance sur les personnages. Cet aspect sera même plus présent encore pour les amateurs de jeux vidéo, certains éléments rappelant Alien : Isolation
 

 Ce n'est certes pas un défaut rédhibitoire, mais Alien : Romulus ne propose finalement que très peu de nouvelles idées et, lorsqu'il le fait, c'est en jouant avec le réalisme (la gravité, par exemple, qui donne de superbes séquences sur lesquelles il ne faudra pas être trop pointilleux). De même, on pourra regretter les innombrables clins d'oeil du film à ses aînés... jusqu'à l'indigestion (certain plans, les répliques cultes des précédents films, le personnage de Rook). 

Renouant avec l'identité des premières heures de la saga, pour le meilleur comme pour l'un peu moins bon, Fede Alvarez nous en offre de façon presque inattendue son épisode le plus réussi depuis 1986. Et je dois bien l'avouer : ça fait bien longtemps que je n'avais pas eu envie de suivre de nouvelles aventures dans cet univers... tant qu'on laisse Ridley Scott loin de tout ça !



samedi 27 avril 2024

Godzilla X Kong : le nouvel Empire

 

Titre : Godzilla X Kong : le nouvel empire
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Dan Stevens
Date de sortie en France : 3 avril 2024
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Le tout-puissant Kong et le redoutable Godzilla unissent leurs forces contre une terrible menace encore secrète qui risque de les anéantir et qui met en danger la survie même de l’espèce humaine. 

Avis :
Cinquième film du MonsterVerse, Godzilla X Kong a la lourde mission de passer derrière le très, très moyen (pour être gentil) "Godzilla vs Kong", tout en étant inévitablement comparé au très, très bon "Godzilla Minus One". La bande-annonce, avec ses monstres sprintant comme des victimes de slashers et son déluge de numérique, ne laissait pas vraiment présager du meilleur. Verdict ? Ce "nouvel empire" ressemble beaucoup à tous les blockbusters que produit Hollywood depuis quelques années, pour le meilleur et surtout pour le pire. 


Suite aux événements de G vs K, Kong a emménagé dans la Terre creuse, et Godzilla est resté à la surface. Alors que le singe géant se lance dans une quête spirituelle profonde en recherchant ses semblables (inaugurant par la même occasion l'éternelle tendance des personnages à paraphraser ce que le spectateur avait parfaitement compris) entre deux bottages de cul de créatures étranges, le Roi des Monstres se tape de bonnes grosses siestes... entre deux bottages de cul de Titans. Bref, rien ne semblait les amener à se croiser de nouveaux sauf l'éternelle nouvelle menace, destinée à détruire le Monde et apparemment invulnérable. Rien de bien nouveau donc, et pourquoi pas finalement ?

 Malheureusement, Adam Wingard et ses scénaristes (oui, il y en a plusieurs) avaient envie de développer l'univers du MV, ainsi que leurs personnages. Si nous sommes enfin débarrassés de Kyle Chandler et Millie Bobby Brown, nous devrons encore subir Kaylee Hottle dans le rôle de la jeune sourd-muette (sauf quand elle oublie d'être sourde) et Brian Tyree Henry dans le rôle du podcaster complotiste qui filme tout sauf ce qui peut être intéressant et uniquement là pour apporter la caution "comique" (entendez par là qu'il s'agit du personnage secondaire classique des blockbusters de ces dernières années, peureux et un peu idiot). Ils sont ici rejoints par Dan Stevens ("Colossal", "Abigail") dans le rôle de l'insupportable Trapper, incapable d'effectuer une action sans être accompagné d'une musique assourdissante destinée à rendre l'ensemble "trop cool"... là encore, comme dans de trop nombreux blockbusters de ces dernières années. Ce dernier est d'ailleurs au centre de séquences tombées du ciel, comme lorsque Kong a besoin de soin. 

 

Le singe géant a une dent infectée ? Pas de problème, on a de quoi la remplacer. Kong s'est fait détruire le bras ? Pas de problème, un bras mécanique tombe du ciel. Kong a un des soucis d'érection ? Ah non tiens, le film n'est pas encore allé jusque là, même si on lui refile un fils adoptif. 

Ainsi, pendant environ une heure, on se contente de suivre les aventures de Kong, de Godzilla et du groupe d'humains, comme aux plus belles heures des Voyages au centre de la Terre ou d'un énième Monde perdu, jusqu'à ce que l'histoire ne démarre vraiment, avec la découverte d'un sous-sol sous le sous-sol, et d'un groupe de singes réduits en esclavage et n'attendant qu'Indiana Jones pour les sauver. Entre temps, quelques combats, plus ou moins réussis (le premier combat de Godzilla est expéditif mais très efficace), plus ou moins parasités par des ralentis débiles, plus ou moins tronqués (Kong contre le monstre du lac, Godzilla vs Tiamat), plus ou moins sabotés par cette volonté d'aller toujours plus loin dans l'action illisible. Un véritable gâchis, tant certaines créatures sont superbes et méritaient mieux, comme Tiamat ou Shimo. 

Bref, rien de nouveau pour ce Nouvel Empire, qui plaira sans doute aux fans de blockbusters insipides. Scénario basique, personnages humains sans grand intérêt, problèmes de cohérence, combat parfois spectaculaires et effets spéciaux généralement réussis si on n'est pas allergique aux fonds verts (9 fois le budget de l'oscarisé "Godzilla Minus One", par ailleurs). On ne change pas une formule qui gagne, et le fast-food hollywoodien nous offrira sans doute rapidement la suite. On parle d'ailleurs déjà d'une seconde saison de la sympathique série "Monarch : Legacy of Monsters", et de nouveaux films se concentrant (enfin !) sur de nouvelles créatures.



mardi 21 février 2023

Shin Ultraman

 
Titre : Shin Ultraman
Réalisateur : Shinji Higuchi 
Acteurs : Takumi Saitoh, Masami Nagasawa, Hidetoshi Nishijima
Date de sortie en France : -
Genre : super sentai, science-fiction
 
Synopsis : 
Des kaiju toujours plus motivés attaquent le Japon, mais heureusement, la vigie Ultraman veille au grain. 
 
Avis : 
Découvrir Ultraman en 2022 avec Shin Ultraman, c'est le sentiment assez vertigineux de se trouver au pied d'un monument de la culture pop japonaise, un mastodonte né dans les années 60 et composé d'une multitude de séries et de films, dont l'immense majorité n'a jamais vraiment franchi nos frontières. En France, ce genre bien particulier est surtout connu par la série Bioman ou par la série... américaine Power Rangers, et est, à l'instar du kaiju eiga, souvent cibles de quolibets de la part d'un public préférant souvent le confort bien connu et reposant d'un énième slasher sans intérêt ou d'un film de zombie éclaté au sol, comme disent les jeunes. 
 
 
Je dois bien avouer que, moi-même, pourtant fan de Godzilla et compagnie, j'étais assez frileux à l'idée de découvrir le genre, ne sachant d'ailleurs pas par quel bout commencer, ayant tenté de visionner d'anciens épisodes de Kamen Raider ou de Ultra Q. C'est finalement grâce au PIFFF que j'ai pu découvrir enfin Ultraman, d'autant plus alléché par la promesse d'une relecture moderne du mythe, à l'image de ce que Shinji Higuchi et Hideaki Anno avaient proposé avec Shin Godzilla. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je suis ressorti assez circonspect de la séance, sans doute pas préparé à digérer un spectacle aussi généreux qu'hermétique. 
 
Car ce que l'on sent dès les premières minutes, c'est la volonté de Higuchi et Anno de se faire plaisir, mais aussi de faire plaisir au spectateur. Des scènes de destruction, des affrontements titanesques, des poses improbables, et un respect que l'on sent total envers l'univers d'Ultraman : j'ai clairement eu des étoiles plein les yeux pendant la première demi-heure. Le film va ensuite rapidement se calmer, et développer ses thématiques de façon un peu pachydermique. 
 
Ce n'était déjà pas l'aspect le plus original de Shin Godzilla, mais ce dernier fait office de modèle par rapport à Shin Ultraman sur la critique des institutions japonaises et de leur incapacité à affronter une crise imprévue. La lenteur des prises de décisions, les dirigeants noyés au milieu d'un nombre impressionnants de conseillers inutiles, les accords grotesques passés dans l'urgence, la volonté d'agir plutôt que de réfléchir : si le sentiment de lourdeur administrative imprègne parfaitement le film, c'est surtout le sentiment de déjà-vu qui prédomine. 
 
On ne se réveille finalement que grâce aux petites touches d'humour, très efficace, ou grâce (ou plutôt "à cause de") à la réalisation très particulière de Higuchi. Ce dernier opte en effet pour un découpage extrême de toutes les séquences de dialogues, adoptant des points de vue totalement fous. Le résultat, s'il dénote une véritable virtuosité technique, s'avère vraiment déroutant, sans doute en écho à la manière dont le public peut consommer l'information de nos jours. J'avoue avoir été totalement pris au dépourvu par ces séquences... et pourtant continue à y penser régulièrement ! 
 
Si Shin Godzilla constituait sans doute une porte d'entrée efficace pour découvrir le kaiju eiga, je ne suis pas certain que Shin Ultraman donne vraiment envie au profane de s'intéresser davantage au genre. Malgré une première partie formidable, le film de Shinji Higuchi se contente trop souvent de reprendre les thématiques de son aîné, tout en se montrant à mes yeux trop léger pour convaincre. Mais la curiosité l'emportera sans doute : je le reverrai certainement en essayant d'être mieux préparé !



lundi 30 janvier 2023

The Deadly Spawn

 

Titre : The Deadly Spawn
Réalisateur : Douglas McKeown
Acteurs : Charles George Hildebrand, Tom DeFranco, Jean Tafler
Date de sortie en France : 
Genre : gore, science-fiction

Synopsis : 
Deux innocents campeurs trébuchent sur les restes d'une météorite et découvrent à leur insu que de monstrueuses et voraces créatures ont fait de l'autostop pour déjeuner sur notre planète. Après s'être réfugiés dans une maison isolée, les aliens se préparent à dévorer un buffet monstre : des adolescents ! 

Avis : 
Il suffit parfois de pas grand chose pour qu'un film devienne culte. Prenez The Deadly Spawn, par exemple, également connu chez nom sous le nom de La Chose (c'est d'ailleurs sous ce titre que j'ai découvert l'existence de ce film, quand je furetais dans la vidéothèque de mon oncle, avec une VHS ayant un visuel n'ayant rien à voir avec la créature du film !) : un film fauché (on parle d'environ 25 000 dollars), un réalisateur et des acteurs amateurs, pour une oeuvre qui aurait pu être rapidement oubliée s'il n'y avait un point mémorable : la fameuse Chose, justement. 
 

Le monstre extraterrestre de The Deadly Spawn est un modèle de simplicité : c'est tout simplement une gueule, remplie de dizaines de dents impressionnantes, sur un corps de ver. Pas besoin de plus, pour une créature dont l'unique raison d'être est de bouffer. Une créature animée avec les moyens du bord, mais dont l'aspect de pénis énorme et visqueux, doté de dents, est tout simplement formidable. 

Elle permet de contrebalancer les interminables séquences de remplissage, avec des acteurs débitant sans passion des tunnels de dialogues insipides : on n'attend en fait que la mise à mort des personnages, qui donnent lieu à des séquences bien gores, parfois bien sales (le visage déchiqueté en gros plan notamment) et bien jouissives (le dîner). 

Bref, on s'ennuie pas mal et trop souvent, mais on s'amuse aussi beaucoup par moments. Culte ? Certainement. Bon ? Certainement pas...



mardi 3 janvier 2023

Avatar : la voie de l'eau

 


Titre : Avatar : la voie de l'eau (Avatar :the way of water)
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 14 décembre 2022
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Jake Sully et Ney'tiri ont formé une famille et font tout pour rester aussi soudés que possible. Ils sont cependant contraints de quitter leur foyer et d'explorer les différentes régions encore mystérieuses de Pandora. Lorsqu'une ancienne menace refait surface, Jake va devoir mener une guerre difficile contre les humains.
 
Avis : 
Suite à l'immense succès d'Avatar en 2009, James Cameron a très rapidement évoqué l'idée de continuer à explorer l'histoire de Pandora, envisageant même tout une saga se prolongeant sur quatre suites. Pourtant, il aura fallu attendre 13 ans, et une multitude de reports, pour enfin voir débarquer une première suite qu'on n'attendait plus vraiment, avant d'enchaîner, en principe en 2024, suite le troisième volet, puis en cas de succès sur les quatrième et cinquième épisodes. Un succès qui semble d'ores et déjà au rendez-vous, le film continuant à cartonner au box-office américain. En France, il a même dépassé l'autre méga-blockbuster de l'année, Top Gun : Maverick après deux semaines d'exploitation. 
 
 
Bref, Avatar et James Cameron confirment leur statut de machines à faire du fric... ce qui n'est pas nécessairement gage de qualité. L'idée même d'une suite, treize ans après, était plutôt de nature à inquiéter, surtout à une époque où les producteurs ressuscitent des sagas qui auraient dû être enterrées, ou nous balancent des suites sorties de nulle part. Mais en sortant de La Voie de l'eau, le constat est simple : James Cameron a, une nouvelle fois, réussi son pari, et nous a une nouvelle fois emmené sur Pandora, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
Très clairement, si vous n'avez pas aimé Avatar, cette suite n'est pas faite pour vous. Car La Voie de l'eau est globalement le même film, puissance 10. Le même émerveillement, le même sentiment de visiter une planète qui existe réellement, la même euphorie dans la découverte, et le même scénario prétexte, les mêmes personnages un peu creux, les mêmes enjeux et les mêmes messages. James Cameron renoue avec l'idée même de magie du cinéma, celle qui préfère nous en mettre plein les yeux que plein le crâne... et ça fait un bien fou, comme il y a treize ans. 
 
 
Et ça tombe d'ailleurs plutôt bien : il s'est également déroulé un peu plus de 10 ans entre les événement d'Avatar et ceux de cette suite. Si les humains étaient repartis la queue entre les jambes de Pandora, ils sont bien décidés à revenir exploiter les formidables ressources de la planète... et à se venger des Na'vi, et surtout du traitre, Jake Sully. L'appât du gain, au détriment de toute logique, et dans l'irrespect le plus total de la faune, de la flore et des autochtones. On connaît la musique, on est en terrain connu, et on n'a finalement pas besoin de plus compliqué. 
 
On y ajoute une petite histoire de vengeance, avec le retour un peu tiré par les cheveux d'un personnage (enfin, de son clone), dans ce qui est sans doute l'unique erreur un peu gênante du film. Comme dans le premier volet, les antagonistes brillent par leur absence de consistance, et on ne peut même plus se raccrocher au charisme de Stephen Lang pour se rattraper aux branches. Et pourtant, ça fonctionne, notamment grâce à la grande nouveauté de cette suite : l'apparition d'un nouvel environnement et d'un nouveau peuple. 
 
 
Cameron délaisse ainsi les paysages de forêts pour nous mener au large, dans un clan Na'vi adapter à une vie aquatique : queue plus large, couleur plus claire, membres plus musclés... La famille de Jake Sully devra s'adapter à une nouvelle façon de vivre, à de nouvelles créatures, à un nouveau statut de réfugiés (hybrides, qui plus est). Et là encore, on va en prendre plein les yeux, dans des séquences à couper le souffle qui, si elles reprennent régulièrement celles du premier volet, n'en restent pas moins d'une efficacité folle, où les jeux avec les couleurs et les formes sont magnifiés par le mouvement constant des vagues, par une nature foisonnante et par l'effet miroir de l'eau. C'est une magie héritée directement de L'Etrange créature du lac noir, couplée à une euphorie proche de celle de Leonardo DiCaprio se penchant au dessus de la proue du Titanic. C'est pour cela que l'on se déplace au cinéma, tout simplement. 

On en vient à oublier les menus défauts évoqués plus haut : Avatar : la voie de l'eau est, comme son aîné, du grand spectacle simple et généreux, qui nous transporte ailleurs, nous fait rêver. Personnellement, j'ai déjà hâte de retourner sur Pandora pour le troisième volet.



samedi 5 novembre 2022

Le Jour du dauphin

 
Titre : Le Jour du dauphin (The Day of the dolphin)
Réalisateur : Mike Nichols
Acteurs : George C. Scott, Trish Van Devere, Paul Sorvino
Date de sortie en France :15 mars 1974
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Alors qu’il est sur le point de trouver un moyen de communiquer avec les dauphins, un biologiste ne soupçonne pas que sa découverte puisse être détournée à d’autres fins. 
 
Avis : 
Réalisé par Mike Nichols (Le Lauréat, Ce plaisir qu'on dit charnel...), Le Jour du Dauphin s'inspire du roman Un animal doué de raison de Robert Merle. Il nous propose de suivre les expériences du Dr. Jake Terrell, qui a élevé Alpha, un dauphin qu'il a recueilli tout bébé. Un véritable lien s'est créé entre l'homme et l'animal, un lien renforcé par le fait que Terrell a appris à "Pha" à... parler. 
 
 
Bien sûr, il s'agit surtout pour l'animal de comprendre ce que dit l'humain, mais il est également capable de prononcer quelques mots et de se faire comprendre. L'effet est, il faut bien le dire, assez ridicule la première fois, mais on finit par s'y faire, d'autant que le film n'en abuse pas, du moins dans sa première partie, consacrée aux études du biologiste et aux capacités de Pha, puis de Bea. L'ensemble est certes assez naïf, mais entre les images, superbes, et la musique, on est surtout là pour admirer les dauphins, quitte à se contenter d'un scénario ténu et prétexte. 
 
Un scénario léger qu'on vient presque à regretter lorsque le film bascule, sans vraiment prévenir, dans le film d'espionnage, avec des grands méchants voulant utiliser les requins comme des armes. Là encore, on nage en pleine naïveté, on se croirait sortis d'un épisode de la série Flipper, mais cela fonctionne beaucoup moins. Cela aboutira néanmoins sur un final émouvant ("Pha loves Pa"), conclusion parfaite d'un film finalement assez simple et bon enfant, ce qui fait aussi du bien !



lundi 29 août 2022

Nope

Titre : Nope
Réalisateur : Jordan Peele
Acteurs : Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Steven Yeung
Date de sortie en France : 10 août 2022
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel. 
 
Avis : 
Je pense pouvoir affirmer sans trop de risques qu'après ses deux premiers films (Get out et Us), Jordan Peele est un réalisateur particulièrement clivant, génie pour les uns et surcôté pour les autres. De mon côté, j'ai trouvé à peu près les mêmes qualités et les mêmes défauts dans ces deux oeuvres : un point de départ très intriguant, une première moitié de film passionnante, une mise en scène très soignée... puis une seconde partie retombant comme un soufflet, et me laissant une impression finale assez mitigée. Autant dire que je n'avais aucune attente ni aucune appréhension avant d'aller voir Nope... mais aussi la chance d'avoir été largement épargné par la campagne promotionnelle française, révélant beaucoup trop d'éléments de l'intrigue. 


Car Nope, dans sa première partie, cherche largement à entretenir le mystère autour du phénomène se déroulant au-dessus du ranch Haywood. Dans une démarche citant de façon assez évidente les Rencontres du troisième type et Dents de la mer de Steven Spielberg, Peele joue sur l'invisible et sur les éléments extérieurs pour indiquer que la menace est présente : des chevaux en panique, bruits (terrifiants) de hurlements, un fanion semblant descendre d'un nuage, et des perturbations électromagnétiques. On ne devine ainsi que progressivement la nature du phénomène... avant de nous apercevoir, en même temps que les personnages, qu'il n'est pas ce qu'il semblait être. 

On se retrouve ainsi devant deux parties bien distinctes : la première, où l'on tente d'appréhender l'inconnu, et la seconde où cet inconnu est identifié, et où les personnages vont tenter de lui survivre... mais aussi de capitaliser dessus. Peele en profite alors pour nous livrer des séquences très impressionnantes (l'attaque du ranch), la seconde partie offrant le contrepoint spectaculaire de la première, plutôt lente et posée. 
 
 
Le réalisateur en profite également pour tourner en dérision la recherche permanente du buzz, de la séquence qui fera parler - et enrichira son auteur. Parfois de façon très évidente (le journaliste de TMZ), parfois de façon plus subtile avec le personnage de Jupe (incarné par Steven Yeung, que l'on connaît pour ses rôles dans Mayhem et surtout The Walking dead), ex-enfant star marqué par une expérience traumatisante, qu'il choisit désormais d'utiliser à son profit. On sent également toute l'importance du concept même d'image, autant dans la volonté d'immortaliser l'évènement que dans l'amour que porte le réalisateur pour son art, citant les travaux de Eadweard Muybridge, clamant sa préférence pour les effets spéciaux à l'ancienne, se passionnant pour ces petites mains oubliées ou rejetées par la machine holywoodienne.
 
A mes yeux, si le film semble diviser encore plus que les précédents, Nope réussit même là où Get out et Us échouaient : il va au bon de son concept, et propose une seconde partie très réussie, jusqu'à un final visuellement superbe (on sent que l'influence de l'animation japonaise, et principalement Evangelion, sur Peele, qui en profite aussi pour glisser un clin d'oeil à Akira). Un film que j'ai vraiment hâte de revoir, notamment pour mieux apprécier les moments où Peele se joue de nous, mais aussi parce qu'au-delà de la narration et du visuel du film, j'ai largement apprécié le duo Kaluuya (parfait dans le rôle de ce frère taciturne) - Palmer (rayonnante dans celui de la soeur extravertie). 



dimanche 7 août 2022

Prey

 
Titre : Prey
Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : Amber Midthunder, Dane DiLiegro, Dakota Beavers
Date de sortie en France : 5 août 2022 (Disney+)
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Il y a trois siècles sur le territoire des Comanches, Naru, une farouche et brillante guerrière, se fait désormais un devoir de protéger sa tribu dès qu’un danger la menace. Elle découvre que la proie qu’elle traque en ce moment n’est autre qu’un prédateur extraterrestre particulièrement évolué doté d’un arsenal de pointe des plus sophistiqués. Une confrontation aussi perverse que terrifiante s’engage bientôt entre les deux adversaires...  

Avis : 
Voici une saga dont on n'osait plus rien attendre : depuis sa première apparition en 1987, le Predator n'avait guère été à son avantage au cinéma, entre suites oubliables et crossovers sans grand intérêt. Aussi, l'annonce d'un nouvel épisode consacré au chasseur extraterrestre, sortant directement sur Hulu et Disney+, n'incitait pas vraiment à l'enthousiasme. Et pourtant, ce Prey est, à mes yeux, le meilleur épisode de la série après celui de John McTiernan. 
 

 
L'idée de ce Prey est née en 2016, avant que Dan Trachtenberg et le scénariste Partick Aison n'approchent en 2018 la production du très moyen The Predator. D'abord nommé "Skulls", le projet a longtemps essayé de masquer son appartenance à la saga, afin de surprendre les spectateurs. Mais, forcément, les réseaux sociaux sont entretemps passés par là, au grand désespoir de Trachtenberg.

Avec Prey, la saga revient aux sources, au propre comme au figuré. Le film de Dan Trachtenberg (à qui l'on doit également le très bon 10 Cloverfield lane) nous emmène dans l'Amérique sauvage du 18e siècle, aux côtés d'une tribu Comanche, confrontée à ce qui est peut-être le premier Predator à avoir foulé notre planète. Un retour aux environnements naturels donc, et à un équipement limité, ce qui va permettre de revenir aux fondamentaux de la saga : la chasse, la survie, l'astuce pour abattre un adversaire plus puissant et mieux équipé, et cette thématique constante du chasseur devenant le chassé. Prey, c'est Naru contre le Predator, dans un affrontement résonnant comme un rite de passage pour la jeune femme superbement interprétée par Amber Midthunder et destinée à rejoindre Ripley au Panthéon des femmes fortes du cinéma fantastique. 


Arc, hache, lances et connaissance du terrain pour l'une, équipement sophistiqué (mais toujours un peu primitif, comme le casque ou les armes de corps à corps), puissance, agilité et découverte des lieux pour le second : l'affrontement sera intense, avec quelques scènes d'action très réussies, et montera en puissance au fil du film, l'héroïne apprenant peu à peu à connaître son adversaire. Un adversaire qui redevient enfin le prédateur implacable qui avait donné tant de mal à Schwarzenegger et son équipe, se révélant même assez effrayant par moments.

Alors, évidemment, le film ne sera pas exempt de défauts, au premier rang desquels les effets spéciaux numériques, qui semblent trahir un certain manque de moyens, notamment lors de l'hommage un peu forcé à The Revenant. A titre personnel, j'ai également été gêné par les voyageurs francophones, qui n'apportent pas grand chose au récit (mais augmentent le bodycount et permettent de faire un clin d'oeil à Predator 2), et dont les dialogues sont souvent incompréhensibles...

Bref, Prey est une excellente surprise qui, en revenant à l'essentiel tout en développant sa propre identité, nous offre le meilleur volet de la saga depuis 1987. Violent, intense, le film aurait même mérité une sortie au cinéma, mais on peut comprendre que les volets précédents aient refroidi les producteurs. On parle déjà d'une suite, ce qui semble cohérent avec le générique de fin... mais franchement, est-ce bien nécessaire ?



samedi 11 juin 2022

Jurassic World : le monde d'après

Titre : Jurassic World : le monde d'après (Jurassic World Dominion)
Réalisateur : Colin Trevorrow
Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Sam Neill
Date de sortie en France : 9 juin 2022
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.
 
Avis : 
Nous y voilà donc, à cet ultime épisode de la trilogie Jurassic World, et sixième volet de la saga Jurassic Park. Un volet qui nous permet d'assister à plusieurs retour : après avoir laissé la main à Juan Antonio Bayona (L'Orphelinat, Quelques minutes après minuit) pour le second volet (Jurassic World : Fallen Kingdom), Colin Trevorrow revient boucler la trilogie qu'il a lui-même initiée. Dans ses cartons, les acteurs et personnages des deux premiers volets, bien sûr, mais aussi les héros du premier film : Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum dans les rôles de Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm, dans cette grande mode actuelle du retour aux sources / hommage que l'on voit trop souvent ces dernières années. 
 
 
C'est d'ailleurs l'élément le plus caractéristique de ce "Monde d'après" : il ressemble beaucoup... au monde d'avant. On y retrouve ainsi un nombre impressionnant de plans repris de la trilogie originale (le plan sur Ellie Sattler lorsqu'elle aperçoit le brachiosaure, les héros dissimulés derrière un véhicule retourné...), de clins d'oeil plus ou moins subtils et cohérents (la fausse bombe de rasage, qui prépare le retour d'un des dinosaures du premier film), d'idées (l'affrontement entre deux superprédateurs, repris de Jurassic Park III), piochant jusque dans la série La Colo du Crétacé, et reprenant même pour antagoniste principal l'un des personnages (très) secondaires de Jurassic Park (un personnage qui a bien plus d'importance chez Michael Crichton). Pour résumer, Jurassic World : le monde d'après est presque un film écolo tant il met l'accent sur le recyclage. 
 
Un recyclage d'autant plus évident qu'il n'apporte pas grand chose à ce que développait déjà Jurassic World : Fallen Kingdom. Les animaux préhistoriques sont devenus une menace pour l'écosystème contemporain et pour les humains, mais sont également une source de convoitise pour les braconniers. Exploitées, élevées pour devenir des armes, destinées à mourir dans des combats clandestins et même... consommées, les créatures ressuscitées subissent finalement les mêmes horreurs que nos créatures contemporaines. 
 
 
Rien de bien nouveau donc, mais cette thématique va permettre à Colin Trevorrow de développer une ambiance assez proche d'un... film d'espionnage. On entend presque les notes du thème de Mission : impossible, et la spectaculaire course poursuite dans les rues de La Valette rappelle les derniers James Bond... grands méchants stéréotypés et séquences grandiloquentes à l'appui (le crash d'avion...). Plus que dans un Jurassic Park / World, on semble parfois être devant une étrange fusion entre un 007 et un jeu Pokemon. James Bond vs Team Rocket, je présume ?

Ceci dit, le film va se montrer très généreux en ce qui concerne son argument principal : les animaux préhistoriques. On croise de nombreuses nouvelles espèces, et pas seulement des dinosaures (Atrociraptor, Pyroraptor, Quetzalcoatlus, Dimetrodon, Therizinosaurus, Dreadnoughtus...), on en retrouve de bien connues (Blue le vélociraptor, le T Rex, le Mosasaure, les Compsognathus...), et on découvre une nouvelle menace : le Giganotosaurus, le plus grand prédateur que la Terre ait jamais porté. Malheureusement, le superprédateur sera un peu sous-exploité, se contentant de n'être qu'une pâle copie du Spinosaure de JP3. Les séquences mettant en scène ces créatures sont cependant très nombreuses, quitte à faire du film une simple succession de scènes d'action, ce qui n'est pas forcément un défaut vu la qualité du scénario. 
 
 
On s'étonnera cependant de la qualité de certains effets spéciaux numériques, notamment en début du film : incrustations bâclées, contours flous, écrans bleus très visibles... On a l'impression que les 20 premières minutes du film ont été ajoutées au dernier moment, sans apporter le soin que l'on peut voir sur le reste du film. Etrange. On notera enfin que, pour prolonger le plaisir, on pourra se tourner vers le court-métrage Battle at Big Rock, ou dans le prologue disponible depuis quelques semaines montrant le Tyrannosaure s'inviter au drive-in.
 
Bref, beaucoup de déjà vu et de recyclage pour un Monde d'après qui n'aura jamais autant ressemblé à un patchwork de la saga. Reste un divertissement typiquement hollywoodien, très spectaculaire mais très con et lisse, où l'on ne tremblera jamais pour les héros et pendant lequel on risque de se surprendre à regarder sa montre. J'ai grandi avec la saga Jurassic Park, le film de Steven Spielberg étant le tout premier film que je suis allé voir au cinéma. Avec Jurassic World : le Monde d'après, j'ai désormais l'impression d'appartenir moi-même à la Préhistoire, et d'être trop vieux pour ces conneries...
 


mercredi 18 mai 2022

Mutronics

 
 
Titre : Mutronics (The Guyver)
Réalisateur : Screaming Mad George, Steve Wang
Acteurs : Jack Armstrong, Mark Hamill, Vivian Wu
Date de sortie en France : 
Genre : science-fiction, super-héros

Synopsis :
Los Angeles, années 1990 – Un jeune homme, Sean Barker, découvre accidentellement un étrange appareil, le Guyver. Cet artefact peut se transformer en armure, conférant à celui qui la possède des pouvoirs considérables. Le Guyver est activement recherché par les Zoanoids, des extraterrestres belliqueux. Avec l’aide de Mizuki, sa petite amie, et de Max Reed, un agent de la CIA, Barker devra affronter les Zoanoids...
 
Avis : 
 Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Predator, Les Griffes du cauchemar (Freddy 3), Le Cauchemar de Freddy, Silent night, deadly night 4 & 5, Progeny, et bien sûr Society : le CV de Screaming Mad George, spécialiste des effets spéciaux, est franchement bien rempli. Tout comme celui de Steve Wang, que l'on retrouve notamment sur Predator, lui aussi, mais également sur des films tels que The Monster Squad, Transmutations ou encore Gremlins 2. Ensemble, ils vont réaliser Mutronics, adaptation du manga Guyver, pour un film qui fleure bon les années 90, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
 
Si le manga de Yoshiki Takaya est apparemment assez sérieux, sombre et violent, Screaming Mad George et Steve Wang choisissent d'en prendre le contrepied total, peut-être inquiets de ne pas réussir à reproduire une ambiance sérieuse avec des monstres en latex. Résultat : un film d'action / SF totalement fou, d'une générosité franchement réjouissante, que l'on regarde entre sourire béat et moue dépitée, une oeuvre qui ne s'embarrasse ni du bon goût, ni d'un scénario cohérent, ni même de personnages intéressants.

Mais que sont ces défauts face à l'immense point fort du film : ses monstres ? Si l'on pourra certainement qualifier le film de nanar et le trouver ridicule, on pourra difficilement nier la qualité des costumes, avec des créatures qui ont une vraie personnalité (parfois trop, même). Et ça tombe bien, le film est particulièrement généreux avec ses Zoanoids, les montrant le plus possible dans sa seconde partie et multipliant les affrontements pour le plus grand plaisir du fan de tokusatsu que je suis. Bien sûr, on pourra regretter leurs séquences humoristico-ringardes, très typées années 90 (le bon gros personnage stéréotypé de Striker, juste là pour être le noir amusant de service, même après sa transformation), mais ça fait aussi partie de la douce folie du film, et je dois avouer que ça m'amuse assez. 
 
 
 
On s'amusera aussi de la présence de nombreuses tronches du cinéma fantastique de l'époque. On retrouve ainsi Mark Hamill (doit-on encore présenter le Luke Skywalker de la saga Star Wars ?), agent de la CIA moustachu dont la principale fonction est d'apparaître sur les supports promotionnels du film, quitte à faire croire au spectateur qu'il sera le fameux Guyver du film ; Michael Berryman (La Colline a des yeux, Une créature de rêve, Amazonia la jungle blanche...), qui en fait des tonnes ; Linnea Quigley (Le Retour des morts-vivants), dans une apparition en tant que... Scream Queen ; Jeffrey Combs (le fameux savant fou de Re-Animator), dans le rôle du Dr... East ; et surtout le formidable David Gale (le Dr. Hill de Re-Animator également), qui éclipse facilement le reste du casting en cabotinant comme si sa vie en dépendait !


Bref, Mutronics est un véritable plaisir coupable, le genre de bobines un peu folles et formidablement généreuses que ne pouvaient offrir que les années 90 : si vous êtes fans de monstres en latex qui se foutent sur la tronche pendant 40 minutes en faisant des bonds de 10 mètres, d'acteurs qui en font des tonnes, de bons gros clichés un peu honteux, de clins d'oeil un peu foireux, alors le film de Screaming Mad George et Steve Wang est fait pour vous !
 
 

EN PLUS : 

Disponible en BR chez Le Chat qui fume, en VOST et VF, et avec en bonus une présentation du film par l'inévitable et passionnant Julien Sévéon !

dimanche 13 février 2022

Moonfall


Titre : Moonfall
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : Patrick Wilson, Halle Berry, John Bradley-West
Date de sortie en France : 9 février 2022
Genre : science-fiction, catastrophe
 
Synopsis : 
Une mystérieuse force a propulsé la Lune hors de son orbite et la précipite vers la Terre. L’impact aura lieu dans quelques semaines, impliquant l’anéantissement de toute vie sur notre planète. Jo Fowler, ancienne astronaute qui travaille pour la NASA, est convaincue de détenir la solution pour tous nous sauver, mais seules deux personnes la croient : un astronaute qu’elle a connu autrefois, Brian Harper, et un théoricien du complot, K.C. Houseman. Ces trois improbables héros vont tenter une mission impossible dans l’espace… et découvrir que notre Lune n’est pas ce que nous croyons.
 
Avis : 
Il y a quelques années, Armageddon et Deep Impact menaçaient de détruire notre belle planète à coup de météorite géante. Le Jour d'après et 2012 imaginaient une fin du monde rythmée par les tsunamis, les séismes, les vagues de froid. Independence Day : Resurgence faisait débarquer un vaisseau extraterrestre plus grand que l'océan Atlantique pour nous botter les fesses. Vous pensiez qu'on ne pourrait pas aller plus loin ? Vous avez largement sous-estimé Roland Emmerich. Parce que cette fois, ce que le réalisateur allemand propose de nous balancer sur la tronche, c'est LA LUNE !  
 
 
Car, vous l'ignoriez peut-être, mais notre satellite artificiel n'est en fait pas si artificiel que ça : il s'agit en fait d'une mégastructure extraterrestre, conçue pour demeurer à distance de la Terre... mais qui, pour une raison inconnue, a changé de trajectoire et menace de nous percuter. Un prétexte idéal pour l'ami Roland, pour qui décrocher la Lune est surtout un beau prétexte pour faire ce qu'il préfère : foutre le bordel sur Terre. 

Si vous êtes allés voir le film en salles, c'est sans doute que vous connaissez, comme moi, la cuisine classique du petit teuton : des tsunamis géants (forcément, la Lune approchant vient augmenter les marées), des bombardements de météores, quelques petits séismes, et désormais des dérèglements de gravité (une formidable idée déjà exploitée dans ID2). On reconnaît la générosité totale, et presque puérile, du réalisateur, qui ne cherche qu'à nous en mettre plein la tronche, quitte à envoyer une navette spatiale taguée des mots "Screw the moon" à la rencontre du satellite en échappant à un tsunami et une pluie d'astéroïdes en n'ayant pas assez de carburant. 


On reconnaît également sa patte pour le traitement des personnages et des "rebondissements" scénaristiques. L'ancien héros devenu paria, mais qui redeviendra un héros, le geek complotiste qui avait finalement raison, le fils à problèmes, les familles recomposées / décomposées, les courses-poursuites et autres comptes à rebours... On connaît tout ça par coeur, et c'est malheureusement là où le film finit par lasser : à l'image de "Godzilla vs Kong", il donne beaucoup trop de place à des personnages et à des intrigues sans saveur ni surprise, et se perd en voulant mettre en place un faux suspense. 

Résultat, entre deux séquences catastrophes, on s'ennuie un peu, d'autant que les personnages ne sont guère attachants. Il faut dire aussi qu'entre Patrick Wilson ("Insidious", "Conjuring : les dossiers Warren"), Halle Berry ("Cloud Atlas", "Extant") ou John Bradley-West ("Game of thrones"), on est sur l'acteur mollasson de première classe. Reste le plaisir d'apercevoir quelques minutes Donald Sutherland, mais c'est mince. 


Bref, Moonfall est finalement un film assez... terre à terre. Un film Emmerichien assez classique (on n'aurait presque pas vu la différence si le film s'était appelé "Independence Day 3", où le curseur du synopsis est poussé à son extrême, et qui donne des situations et des séquences que l'on a souvent vues à l'identique chez le réalisateur. Pour le meilleur et (surtout) pour le pire, nous sommes en terrain connu, et si l'on pourra apprécier, avec un certain sens du second degré, l'exubérance grotesque de l'ensemble, on n'ira y chercher qu'un plaisir coupable. Ni plus, ni moins. 



samedi 9 octobre 2021

Dune (2021)

 

Titre : Dune
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Timothée Chalamet, Oscar Isaac, Zendaya
Date de sortie en France : 15 septembre 2021
Genre : science-fiction
 
Synopsis : 
L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…
 
Avis : 
lisse, adj.
Dont la surface est unie, polie, sans aspérités.
 
Si le Larousse cherche une illustration à cette définition, il n'aura pas à chercher bien loin : il suffira d'intégrer un lien vers le film le plus attendu de l'année, la nouvelle adaptation de Dune de Frank Herbert, par Denis Villeneuve. Car le film va soigneusement gommer tout ce qui pourrait dépasser (et qui pouvait, par exemple, faire le charme de certains éléments de la version de Lynch), afin d'offrir au plus grand nombre un bon petit blockbuster consensuel à sa mémère. 
 
 
On a ainsi l'impression d'être devant une succession de jolies images plus que devant un film. Profondeur de champ, construction des plans, rien à dire, visuellement tout y est, d'autant que les effets spéciaux sont irréprochables (mais c'est le cas pour tous les gros blockbusters, de nos jours). Les acteurs aussi, sont superbes : pas un poil de trop, pas une ride (à part, bien sûr, les méchants, qui sont forcément moches)... Mais du coup, impossible de s'attacher à eux, impossible même de les considérer comme des personnages : quand on voit Oscar Isaac à l'écran, on voit Oscar Isaac, pas Leto Atreides. Pareil pour Thimotée Chalamet, Rebecca Ferguson ou Jason Momoa. 

Forcément, dans de telles conditions, il devient compliqué de de ressentir une quelconque émotion : nous sommes face à des acteurs qui évoluent dans de jolis décors. C'est tout. Et ce ne sont pas ces tics de réalisation monstrueusement lourdingues qui vont arranger le constat : on ne compte plus les ralentis, les mêmes images montrées plusieurs fois, pour bien faire comprendre au spectateur (qui, c'est bien connu, est un peu con) qu'il s'agit d'une vision. Je pense que si on vire ces séquences où Zendaya se retourne au ralenti, on gagne environ une demi-heure de film. Le recours systématique à cet artifice en devient presque parodique, tout comme l'utilisation de la musique de Hans Zimmer, qui livre la partition la plus zimmerienne possible. Vous avez déjà vu les plans du film dans d'autres oeuvre ? Vous aurez encore davantage entendu sa musique, tant elle ne cherche qu'à rester dans les clous. Et quand elle soulignera inutilement une séquence, ou quand la voix féminine vous pourrira une nouvelle fois les oreilles pour souligner le côté mystique et fantastique des images, c'est contre vos tympans que viendront frotter lesdits clous. 
 
 
Alors oui, on s'ennuie peu, même si on connaît globalement déjà l'histoire. Tout est beau, tout est précis. Mais on ne ressent aucune émotion devant un blockbuster beaucoup trop calibré, où rien ne dépasse, pas même un grain de sable. Aucun émerveillement, aucune tension, aucune tristesse, aucune surprise, juste le cahier des charges pour plaire au plus grand nombre. Comme souvent chez Denis Villeneuve, finalement. Personnellement, ce n'est pas ce que je cherche quand je vais au cinéma, même lorsqu'il s'agit d'un blockbuster. 
 

 

mercredi 19 mai 2021

Godzilla vs Kong


Titre : Godzilla vs Kong
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Alexander Skarsgård, Kyle Chandler, Millie Bobby Brown
Date de sortie en France : 
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
À une époque où les monstres parcourent la Terre, et alors que l’humanité lutte pour son avenir, Godzilla et King Kong, les deux forces les plus puissantes de la nature, entrent en collision dans une bataille spectaculaire inédite. Alors que Monarch se lance dans une mission périlleuse en terrain inconnu, et qu’il découvre des indices sur les origines des Titans, un complot humain menace d’éradiquer ces créatures – qu’elles soient bonnes ou mauvaises – de la surface de la planète.

Avis : 
En 1962, pour son troisième film, Godzilla affrontait le monstre le plus emblématique du cinéma dans le bien nommé King Kong contre Godzilla. Soixante ans plus tard, c'est dans le cadre du MonsterVerse, où il apparaît également pour la troisième fois (après Godzilla (2014) et Godzilla II - Roi des monstres), que le Big G croise la route du Roi de Skull Island. Un affrontement que l'on aurait dû voir débarquer sur nos écrans en 2020, mais qui a ensuite été reporté en raison de la pandémie de Covid19, jusqu'à débarquer en France en VOD. A l'heure où j'écris ces lignes , aucune date de sortie n'est prévue sur nos grands écrans. Ce serait quand même dommage : même si beaucoup de monde l'a sans doute déjà vu, c'est typiquement le genre de spectacle qui se savoure pleinement plongé dans le noir, avec un écran de plusieurs mètres et une installation sonore de malade. 


Se focaliser sur les monstres, et laisser de côté les humains : voilà donc la recette idéale du film de monstres selon le réalisateur de Godzilla vs Kong, Adam Wingard. Une proposition alléchante, surtout après un Godzilla II - roi des monstres qui laissait beaucoup trop de place à ses personnages sans intérêt. Encore faut-il l'assumer. Et c'est là où le bât blesse : si Godzilla vs Kong remplit parfaitement sa promesse de spectaculaire, il se loupe complètement sur les personnages qui sont, une nouvelle fois, bien trop mis en avant pour ce qu'ils ont à apporter. 

On s'attendait donc à voir des monstres géants s'en foutre plein la tronche, et on ne sera pas déçus : il ne faudra que 10 minutes de films pour voir Godzilla détruire une zone industrielle et redécouvrir Kong sur son île. Les affrontements entre les deux icônes tiendront parfaitement leur promesse, notamment celui sur le porte-avion, bénéficiant d'effets spéciaux monstrueux et d'une mise en scène efficace. Tout juste pourra-ton regretter une physique fantaisiste par moments (ça bondit comme une gymnaste soviétique après 3 piqûres), ou une ville de Hong Kong où l'on ressent terriblement le côté artificiel du décor, mais ça envoie du lourd et, encore une fois, ça mériterait clairement d'être vu au cinéma. 

Martha...
WHY DID YOU SAY THAT NAME ???

Le problème, c'est que contrairement à ce que prétend Wingard, il y a des personnages, et ils prennent beaucoup, beaucoup trop de place. Pour rien. Au point de voir la saillie du réalisateur comme l'aveu d'un terrible échec : il y a une énorme différence entre ne pas vouloir développer ses personnages, et ne pas savoir le faire.  On va ainsi se farcir les caricatures que l'on retrouve beaucoup trop souvent dans les blockbusters de ces dernières années : le sidekick comique noir (complotiste de surcroît, c'est dans l'air du temps), le pote geek obèse et peu courageux (devinez qui va sauver la mise à tout le monde ?), Millie Bobby Brown qui n'est là que parce qu'elle est connue du grand public, la gamine sourde-muette (enfin, quand ça l'arrange) qui va apprendre la langue des signes à Kong, le méchant capitaliste tellement méchant que même sa fille est méchante (devinez qui va se faire tuer par sa propre ambition ?)... Dans un genre où les meilleurs films sont ceux qui parviennent à développer les personnages humains (Godzilla, King Kong et son remake par Jackson, les Gamera des années 90), il suffit pourtant de pas grand chose pour donner un peu d'intérêt ou d'enjeux : Kong : Skull island y parvient parfaitement par exemple. Mais même ce minimum semble inaccessible ici. 

Au final, Godzilla vs Kong n'offre pas exactement ce qu'on pouvait en attendre. Si on a bien du divertissement spectaculaire et sans prise de tête, le film donne une nouvelle fois trop de temps à des personnages sans intérêt et à un scénario complètement vide, contrairement à ce qu'annonçait Adam Wingard, malheureusement devenu le gentil yes-man à sa mémère. J'avoue ne pas forcément avoir hâte de le voir s'attaquer à la suite déjà prévue : Son of Kong