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vendredi 3 février 2017

Premier contact


Titre : Premier contact (Arrival)
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker
Date de sortie en France : 7 décembre 2016
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.

Avis :
"Pourquoi sont-ils ici ?". Si elle semble primordiale, la question posée par l'affiche du nouveau film de Denis Villeneuve est pourtant généralement réduite à peau de chagrin, le temps pour les envahisseurs de montrer leur hostilité ou pour les autres de manifester leur bonne volonté. Avec Premier contact, adapté de la nouvelle L'Histoire de ta vie de Ted Chiang, le réalisateur de Prisoners et de Sicario va au contraire se concentrer sur ce premier lien entre humains et extraterrestres.



Un premier contact forcément compliqué à réaliser : le film choisit en effet d'abandonner les aliens classiques, trop humanoïdes, pour des créatures lovecraftiennes, tentaculaires, sans yeux, sans bouche, avec des technologies et des comportements mystérieux. On pense un peu au final de Rencontres du troisième type, en beaucoup plus approfondi, dans cette étude des sons et des images transmis par les "heptapodes", dans des séquences absolument magnifiques.

On pense également au Météore de la nuit lorsque l'ignorance cède peu à peu la place à la peur et à la suspicion : il suffira d'interprétations sensiblement différentes pour déclencher une réaction en chaîne et mettre notre planète au bord d'un conflit interplanétaire. Une thématique forte, qui sera néanmoins gâchée par l'éternelle tendance de Denis Villeneuve à bâcler ses fins de film. Si on pourra pardonner l'impression d'extrême facilité avec laquelle les scientifiques déchiffrent le langage alien, on aura beaucoup plus de mal avec l'énorme ficelle finale même si elle reste cohérente avec le récit.

Premier contact a donc l'immense mérite de proposer un vrai film de science-fiction sortant des sentiers battus, même si le sujet n'est pas nouveau, et proposant une vraie réflexion au spectateur.On saluera évidemment les performances de Amy Adams (Her, Big eyes), très touchante, et de Jeremy Renner, dans ce qui restera comme l'un des meilleurs films du genre de 2017 malgré les défauts caractéristiques de son réalisateur...

Note : 7.5/10


mercredi 18 janvier 2017

Assassin's creed


Titre : Assassin's creed
Réalisateur : Justin Kurzel
Acteurs : Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons
Date de sortie en France : 21 décembre 2016
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne du XVe siècle. Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers.

Avis : 
S'il existe une malédiction liée aux adaptations de jeux vidéo (j'en reparlerai sans doute très rapidement, avec la sortie prochaine du dernier volet de Resident Evil), Assassin's Creed semblait devoir être l'Elu, celui qui devait enfin réconcilier les deux médias. Les signaux semblaient en effet être au vert, notamment en raison de l'implication très précoce de Michael Fassbender (12 years a slave, Steve Jobs). Mais voilà, quand le matériau de base consiste en une série de jeux dont les mécanismes sont usés jusqu'à la corde et qui ne brille plus depuis longtemps par son scénario, on ne peut clairement pas faire de miracles...



Assassin's Creed est donc l'adaptation de la saga vidéoludique du même nom, dans laquelle des personnages sont amenés à revivre certains épisodes de la vie de leurs ancêtres. Les différents jeux nous proposent ainsi de visiter de nombreux lieux remarquables, de la Terre Sainte au temps des Croisades à Londres en pleine Révolution Industrielle, en passant par l'Italie de la Renaissance ou le Nouveau Monde au seuil de la Révolution Américaine. Le film nous fera quant à lui découvrir une nouvelle destination, nous plongeant au temps de l'Inquisition espagnole, à l'époque où Aguilar, l'ancêtre de Callum Lynch, poursuit l'éternel combat entre les Assassins et les Templiers.

Pour les joueurs, rien de bien nouveau, d'autant que le film suit, globalement, les traces du premier jeu sorti en 2007. Pour les néophytes, il faudra certainement s'accrocher un peu plus : apparemment convaincus que tout le monde connaît les jeux sur le bout des doigts, les scénaristes ne tentent à aucun moment d'éclaircir le principe de l'Animus, ni même de développer de quelconques enjeux, ni encore moins de donner un peu de substances à des personnages terriblement lisses.



Si Ubisoft ne fait ainsi rien pour intéresser spectateur lamdba, qui trouvera sans doute l'ensemble bien linéaire, il va en revanche tenter de ferrer le joueur à l'aide d'innombrables références et clins d'oeil, reprenant les éléments visuels et narratifs des jeux. Hélas, il va lamentablement se vautrer sur l'un des points les plus remarquables de la série : les acrobaties. Dans les jeux, chaque poursuite sur un toit, chaque saut de la foi, chaque mur escaladé est un moment spectaculaire, notamment grâce à la fluidité des mouvements et de la réalisation. Dans le film, ce sera une torture de chaque instant, rendue illisible par un montage bien trop rapide.

Justin Kurzel peut bien essayer de donner le change avec cet aigle qui survole des décors numériques à plusieurs reprises : sa réalisation ne rend absolument pas hommage à l'univers qu'il tente d'adapter. Face à un tel fiasco, on espère que la suite annoncée par les derniers instants du film ne verra pas le jour...

Note : 3/10


vendredi 6 janvier 2017

Dans le noir


Titre : Dans le noir (Lights out)
Réalisateur : David F. Sandberg
Acteurs : Teresa Palmer, Maria Bello, Billy Burke
Date de sortie en France : 24 août 2016
Genre : épouvante

Synopsis : 
Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c'est au tour de son petit frère Martin d'être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Avis : 
En 2013, David F. Sandberg faisait sensation avec Lights out, un court-métrage d'épouvante plutôt efficace, grâce à une idée de départ formidable, et malgré un scénario bâclé et une chute loupée. Afin de capitaliser le plus vite possible sur ce succès, le court-métrage est rapidement devenu un long, toujours réalisé par Sandberg. Problème : personne n'a pensé à se pencher sur le scénario, et l'excellente idée de base s'est transformée en gimmick sans intérêt.


En fait, je conseillerais à ceux qui voudraient voir le film de se contenter du court-métrage, ou de s'arrêter après l'introduction. Après ces quelques minutes, Dans le noir tourne immédiatement en rond, se contentant de répéter les mêmes apparitions, de multiplier les jump-scares comme n'importe quel ersatz de Paranormal Activity, en remplissant le tout avec un scénario prétexte et des personnages sans intérêt.

On ne pourra en fait se rabattre que sur quelques idées amusantes, comme l'utilisation d'objets du quotidien pour produire de la lumière et faire fuir l'entité maléfique. C'est évidemment bien trop faible pour retenir l'attention du spectateur, et ce sera surtout l'unique façon de jouer sur la peur du noir, clairement sous-exploitée par David F. Sandberg.

Pour le reste, avec son final discutable, son absence presque totale de frissons et son scénario vraisemblablement écrit... dans le noir, Lights out est un nouveau film d'épouvante très moyen, comme il en sort actuellement tous les mois...

Note : 3.5/10

vendredi 30 décembre 2016

Rogue One : a Star Wars story


Titre : Rogue One : a Star Wars story
Réalisateur : Gareth Edwards
Acteurs : Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn
Date de sortie en France : 14 décembre 2016
Genre : space opera

Synopsis : 
 Alors que l'Étoile de la mort, l'arme absolue de l'Empire galactique pour inspirer la peur aux systèmes insoumis, est en construction, l'Alliance rebelle, qui en a appris l'existence, vole les plans secrets pour y trouver une faille.

Avis : 
Puisqu'il faut bien nous faire patienter avant la sortie de l'Episode VIII, Disney est fier de nous présenter le premier volet de ses Star Wars stories, ces films dérivés de la saga et centrés sur certains événements ou certains personnages. Avant la jeunesse de Han Solo, c'est un chapitre précédent directement l'Episode IV qui nous est proposé : celui du vol des plans de l'Etoile de la mort par les Rebelles, les fameux plans que confiera plus tard la princesse Léia à R2-D2 avant de l'envoyer sur Tatooine avec C-3PO.


Un point de départ intéressant, mais qui ne laissera finalement la place qu'à un film terriblement linéaire. Est-ce la faute à un enjeu déjà éventé ? A un scénariste principalement connu pour avoir réalisé American Pie et Twilight, chapitre II ? A un réalisateur apparemment perdu dès qu'il est à la tête d'un gros budget ? Toujours est-il que ce Rogue One n'est remarquable que pour l'ennui qu'il génère, jusqu'à devenir à mes yeux le pire Star Wars jamais sorti au cinéma.

C'est simple, le film échoue dans tout ce qu'il tente de faire. De personnages sans aucun intérêt, auxquels on ne s'attache jamais (on finit même par se réjouir de la mort de certains...) à une histoire sans intérêt, en passant par des acteurs qui en font des caisses (Forest Whitaker repousse ses propres limites), un humour qui tombe à plat et du fan-service aussi lourd que grotesque (les apparitions de Dark Vador), Rogue One finit même par devenir insupportable, malgré des qualités esthétiques indéniables et un certain sens du spectacle... directement hérité du travail de J.J. Abrams.

Demi-déception donc pour ce spin-off, dont je n'attendais pourtant pas grand chose. Sous-produit typique de la saga, comme ont pu l'être à l'époque les aventures des Ewoks, il brille par son absence totale d'imagination et d'ambition, évitant même soigneusement de développer les rares thématiques intéressantes (le côté sombre de la Rébellion ou de Saw Guerrera, évacués d'un revers de la main). Allez, je retourne plutôt revoir Le Réveil de la Force !

Note : 2/10


lundi 21 novembre 2016

Le Client


Titre : Le Client (Forushande)
Réalisateur : Asghar Farhadi
Acteurs : Taraneh Alidoosti, Shahab Hosseini, Babak Karimi
Date de sortie en France : 9 novembre 2016
Genre : drame

Synopsis : 
Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d'importants travaux menaçant l'immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple.

Avis : 
Après une pause en France avec le décevant Le Passé, Asghar Farhadi retrouve l'Iran et plusieurs de ses acteurs fétiches (Taraneh Alidoosti et Shahab Hosseini sont tous deux apparus dans A propos d'Elly, l'actrice ayant également joué dans Les Enfants de Belle Ville et La Fête du feu, et l'acteur dans Une séparation) pour Le Client. Un film qui reprend plusieurs de ses thèmes de prédilection, mais qui confirmera également le manque d'inspiration dont l'iranien semble faire preuve depuis 2010.


La place de la femme dans la société iranienne, la culture du secret, les commérages, l'importance de l'apparence... Farhadi reprend tous ses grands thèmes, rappelant parfois certaines de ses précédentes réalisations, et faisant régulièrement preuve d'un manque flagrant de finesse (en tout cas, si l'on en croit certains journalistes : l'immeuble qui s'écroule au début du film serait ainsi une métaphore de la société iranienne... j'espère vraiment que ce n'est pas le cas). Une grosse impression de déjà-vu donc, d'autant que, si le sujet de départ du film nous intrigue, les trop nombreuses digressions finissent par nous lasser.

Heureusement, les deux acteurs principaux sont une nouvelle fois formidables, et incarnent à merveille les doutes et hésitations de leurs personnages. Difficile de ne pas s'identifier à Shahab Hosseini, partagé entre la volonté de vengeance et celle de respecter la volonté de sa femme d'oublier l'affaire. Dommage que le final sonne un peu faux et cruellement moralisateur, terminant Le Client sur une mauvaise note alors que la confrontation avec l'agresseur, repoussant jusque là le manichéisme et les facilités scénaristiques, donnait enfin du souffle au film.

Après Une séparation et Le Passé, nouvelle déception de la part d'Asghar Farhadi, qui se contente trop souvent de s'autociter et en oublie, au moins pendant la première heure, de traiter son sujet. Le Client est néanmoins sauvé par ses interprètes et une seconde partie bien plus prenante, mais on attend clairement mieux de la part du réalisateur iranien.

Note : 6.5/10


vendredi 18 novembre 2016

Tu ne tueras point


Titre : Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge)
Réalisateur : Mel Gibson
Acteurs : Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer
Date de sortie en France : 9 novembre 2016
Genre : guerre, biopic

Synopsis : 
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.  

Avis : 
Qu'on aime ou pas le réalisateur Mel Gibson, on ne pourra jamais lui reprocher d'y aller de main morte. De Braveheart à Apocalypto, violence extrême et thématiques discutables sont le fil rouge de sa carrière derrière la caméra... et Tu ne tueras point ne va pas déroger à la règle. Car si on sortira lessivé par une seconde heure terriblement forte, les motifs d'insatisfaction seront nombreux.

Passées les réminiscences inévitables de Full metal jacket lors de la formation des jeunes soldats, après une histoire d'amour particulièrement nunuche, Gibson va donc développer le sujet de son film, à savoir la participation à la guerre d'un jeune homme qui ne peut tenir une arme. Seul avec ses convictions face à l'ordre établi, Desmond va douter, se rebeller, mais ne craquera jamais, comme investi d'une mission divine. On pourra facilement reprocher au film son prosélytisme, même s'il entre parfaitement dans la description du héros du film, et on comprendra que l'histoire vraie de Desmond Doss ait pu inspirer Mel Gibson.

En dehors de ces défauts, Tu ne tueras point réserve quelques séquences formidables lorsque les batailles font rage. Le premier assaut sur Hacksaw Ridge est un moment de pure folie, d'une intensité folle, d'une violence inouïe, qui ferait presque passer Le Soldat Ryan pour un Disney. De même, toute la dernière partie, où Doss sauve un à un ses camarades blessés, est un modèle d'efficacité, de tension et d'émotion.

S'il peine parfois à s'émanciper de ses modèles, et si l'aspect prêchi-prêcha pourra par moments agacer, Tu ne tueras point est, au moins dans sa seconde partie, un formidable film de guerre, qui confirme le talent de Mel Gibson pour mettre en images des séquences dantesques, qui resteront sans doute longtemps dans les mémoires.

Note : 8/10



lundi 14 novembre 2016

Mademoiselle


Titre : Mademoiselle (Agassi)
Réalisateur : Park Chan-wook
Acteurs : Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Jung-woo Ha
Date de sortie en France : 2 novembre 2016
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Avis : 
Après un intermède réussi aux Etats-Unis avec le sublime Stoker, Park Chan-wook revient dans son pays d'origine pour son nouveau film, entre drame social, romance, thriller et érotisme. Avec Mademoiselle, il imagine donc le plan machiavélique d'un escroc tentant de tromper une riche héritière grâce à une voleuse se faisant passer pour une nouvelle servante... mais au jeu des apparences, des faux-semblants, des non-dits, celui qui sera victime de la machination ne sera pas forcément celui ou celle qu'on pense.


Aussi beau visuellement (certains passages sont superbement chorégraphiés, comme l'enchaînement entre la fuite du manoir et le mariage) que scénaristiquement tortueux, Mademoiselle est une oeuvre folle, peut-être celle de la maturité d'un réalisateur qui semble reprendre des éléments de tous ses films précédents (une vengeance très élaborée à la Old Boy, une ambiance rappelant le gothique de Stoker, quelques éléments envoyant à JSA ou à Thirst...) pour les assembler dans un ensemble d'une fluidité folle à tous les niveaux.

Les rebondissements se multiplient avec virtuosité, servis par un trio d'acteurs exceptionnels, parmi lesquels on retrouve Ha Jeong-woo (The Chaser, The Murderer). Mais c'est surtout la relation entre les deux femmes, aussi sensuelle que crue (on lorgne plus du côté de L'Empire des sens que du lamentable La Vie d'Adèle), qui retient l'attention, comme l'élément perturbateur d'un jeu de pistes qui semblait pourtant si bien huilé.

Superbement réalisé, magnifiquement interprété, très intelligent, raffiné et pervers, troublant et fascinant, Mademoiselle confirme une nouvelle fois l'immense talent de Park Chan-wook, qui nous offre un des meilleurs films de l'année. A voir absolument !

Note : 9/10


mardi 8 novembre 2016

Jack Reacher : never go back


Titre : Jack Reacher : never go back
Réalisateur : Edward Zwick
Acteurs : Tom Cruise, Cobie Smulders, Robert Knepper
Date de sortie en France : 19 octobre 2016
Genre : action

Synopsis : 
Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l'innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d'État.

Avis : 
4 ans après un premier volet très réussi, Tom Cruise est de retour dans la peau de Jack Reacher pour une nouvelle enquête au sein de l'armée américaine. Cette fois, c'est pour sauver une collègue qu'il sait irréprochable, et qu'il aurait bien aimé inviter à dîner, mais aussi pour protéger une jeune femme (peut-être sa fille ?), et pour laver son nom de tout soupçon après la mort d'une des personnes chargées de l'enquête.



On pourrait croire que ça fait beaucoup de sujets pour un seul film. Malheureusement (ou heureusement, cela dépend du point de vue), cela ne se traduira que d'une seule et unique façon à l'écran : Tom Cruise et Cobie Smulders courent dans un sens, affrontent quelques malfrats, font une petite pause, courent dans un autre sens, affrontent quelques autres malfrats interchangeables, etc., etc.

Le même schéma se répète ainsi plusieurs fois, parfois au mépris de toute cohérence (Tom Cruise s'évade tranquillement d'une prison militaire, tabasse des agents dans un avion sans que personne ne remarque rien...), uniquement ponctué par les affrontements récurrents avec le grand-grand méchant (Patrick Heusinger, dans un rôle presque identique à celui de Jai Courney dans le premier volet) et les relations avec la jeune Samantha.

Très linéaire donc, mais toujours aussi efficace, avec un Tom Cruise qui assure toujours autant dans le rôle de ce justicier qui démonte du loubard par paquets de 12, Jack Reacher : never go back est loin d'être aussi réussi que le premier film, mais reste assez rythmé pour se suivre sans problème, avec la possibilité de reposer son cerveau pendant près de deux heures.

Note : 6.5/10


lundi 24 octobre 2016

Don't breathe - la maison des ténèbres


Titre : Don't breathe - la maison des ténèbres (Don't breathe)
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette
Date de sortie en France : 5 octobre 2016
Genre : thriller

Synopsis : 
Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus dangereuse que ce à quoi ils s’attendaient…

Avis : 
Décidément, le pauvre Fede Alvarez semble être abonné aux accroches promotionnelles foireuses. Après le "vivez l'expérience cinématographique la plus terrifiante" de son Evil Dead, dont le but n'était certainement pas de faire peur, voici le "le meilleur film d'horreur américain des 20 dernières années". Utilisé à toutes les sauces, le slogan donne déjà naturellement envie de fuir le film plutôt que de lui donner une chance : il suffit de voir tous les navets qualifiés de meilleur film de ces vingt dernières années. Mais quand, en plus, il est utilisé pour promouvoir un film qui n'est même pas un film d'horreur, on nage dans les eaux profondes de l'idiotie la plus complète...


Bref, pour son second long-métrage, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez signe un thriller, inversant pour l'occasion les codes du home invasion : alors que le genre met généralement en scène un foyer envahi par des étrangers malintentionnés (on pense par exemple au récent You're next), Don't breathe imagine que les intrus tombent sur un propriétaire beaucoup plus dangereux qu'ils ne l'imaginaient. Ici, un trio de cambrioleurs décide de s'attaquer à un ancien militaire aveugle, qui vit seul dans une maison isolée. Facile, sur le papier.

Mais voilà, le vétéran est resté terriblement efficace lorsqu'il s'agit de se défendre, d'autant qu'il a un lourd secret à garder. Cela donne des séquences terriblement efficaces, où Stephen Lang (Avatar) incarne une menace particulièrement angoissante malgré son handicap, à l'affût du moindre bruit pouvant trahir les intrus, les plongeant dans le noir afin de mieux les désorienter. Hélas, le film finit par être rattrapé par les défauts assez classiques du genre : la révélation du secret du propriétaire tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et les personnages multiplient soudain tous les clichés possibles, refusant d'appeler la police, revenant sur leurs pas ou hésitant à achever leurs adversaires. Un peu frustrant.

Quelques moments de tension,un antagoniste très impressionnant, mais quelques gros défauts dans le dernier tiers : c'est assez pour faire de Don't breathe un petit thriller sympathique, bien meilleur que ne le laissait craindre cette accroche ringarde. Et c'est assez pour donner envie de continuer à suivre la carrière de Fede Alvarez, peut-être pour une adaptation de Dante's Inferno, de Monsterpocalypse ou d'Incognito ?

Note : 7/10




lundi 26 septembre 2016

Blair Witch


Titre : Blair Witch
Réalisateur : Adam Wingard
Avec : Brandon Scott, Callie Hernandez, Valorie Curry
Date de sortie en France: 21 septembre 2016
Genre : épouvante

Synopsis : 
  James et un groupe d'amis décident de s'aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d'élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s'estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu'ils s'enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu'ils pouvaient imaginer...

Avis : 
On s'en souvient encore : en 1999, un premier film fabriqué avec des bouts de ficelles devenait un véritable phénomène. Culte pour certains, arnaque pour les autres, Le Projet Blair Witch a bouleversé (pour le pire, diront beaucoup d'amateurs) le paysage du cinéma d'épouvante en popularisant le found footage, engendrant une monstrueuse descendance et quelques trop rares réussites. Après une suite en forme de thriller psychologique (bourrée de défauts, mais que j'aime assez), la saga revient là où elle est née, avec de fausses bandes découvertes en pleine forêt.



17 ans plus tard, nous voilà donc replongés dans les bois de Black Hills, avec un groupe suivant les traces de la sorcière de Blair et du trio disparu en 1994. Pas d'inquiétude, vous ne serez pas dépaysés : Adam Wingard, le réalisateur de You're next, va d'abord se contenter de nous offrir un Projet Blair Witch 2.0. Camping dans les bois, groupe qui se perd rapidement, figurines fabriquées avec des branches, cairns à l'entrée des tentes, tout y est, jusqu'à la visite finale dans la cabane perdue au milieu de la forêt.

Pourtant, on aura moins le sentiment d'être dans l'univers de Blair Witch que devant... un Paranormal activity forestier. En effet, oubliez ici la progression (très) lente du premier volet, oubliez toute subtilité, oubliez le mystère planant autour de la mort d'Heather : vous n'aurez que quelques minutes à patienter pour vous apercevoir qu'il y a bien une entité maléfique dans la forêt, que celle-ci n'est pas contente qu'on vienne encore se promener sur son territoire et qu'elle préfère maintenant déraciner des arbres et massacrer ses victimes de façon spectaculaire plutôt que de les attirer gentiment dans sa cave.


Dans une espèce de course à la surenchère qui ne colle absolument pas avec l'univers du film, on se retrouve donc avec des manifestations beaucoup plus violentes, avec une multiplication de jump-scares foirés, avec beaucoup plus de violence... Bref, avec tout ce qui fait la pauvreté du cinéma d'épouvante actuel. Les rares bonnes idées (les différentes phases temporelles, par exemple) ne sont pas développées, les personnages sont d'une connerie sans nom (on a rarement vu une telle volonté d'aller se promener seul...), et comble du comble, toute cette avalanche de moyens nuit considérablement au réalisme du film, largement dépassé dans cet exercice par la sobriété de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez.

Je n'ai jamais été fan du Projet Blair Witch (je lui préfère même sa suite, petit thriller psychologique pourtant bourré de défauts), mais il avait le mérite de proposer quelque chose de cohérent et de relativement novateur. Blair Witch n'est quant à lui qu'un énième found footage sans grand intérêt, sans frisson ni ambition, qu'on oubliera beaucoup plus vite que son modèle...

Note : 2/10

dimanche 18 septembre 2016

Independence Day : resurgence


Titre : Independence Day : Resurgence
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : Jeff Goldblum, Liam Hemsworth, Bill Pullman
Date de sortie en France : 20 juillet 2016
Genre : science-fiction

Synopsis : 
 Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l'extinction.

Avis : 
Il y a donc (déjà !) vingt ans que les Américains sauvaient le Monde d'un envahisseur extraterrestre invincible. Deux décennies durant lesquelles Roland Emmerich aura tout fait exploser, du parc de Yellowstone à la Maison Blanche, deux décennies où il aura balancé un monstre géant au beau milieu de New York et foutu le bordel en pleine préhistoire, avant d'enfin revenir pour un film que l'on n'osait pas (plus ?) attendre : la suite, maintes fois annoncée puis annulée, de l'inénarrable Independence Day.


Car après s'être pris une grosse branlée en 1996, les aliens ne sont pas contents et sont bien décidés à se venger, et à pomper les ressources de notre bonne vieille Terre. Les américains, pendant ce temps-là, ont appris à utiliser la technologie extraterrestre, et en a profité pour reproduire les armes de destruction massive et pour faire de la Lune un avant-poste militaire über-mega-balèze. Hélas, ils n'avaient pas prévu que le nouveau vaisseau amiral extraterrestre serait over-giga-ultra-titanesque-de-la-mort, qu'ils contourneraient notre satellite naturel plus facilement qu'une Ligne Maginot et qu'ils nous infligeraient une blitzkrieg à base d'antigravité.

Vous l'aurez compris, le goût de Roland Emmerich pour la démesure est toujours intact, et peut-être même encore plus présent qu'avant. Il ne pourra s'empêcher de jouer avec tout ce qu'il trouve, de détruire des villes (goodbye, London), d'engager des dizaines d'appareils dans des joutes aériennes insensées ou, plus discrètement, de coller un portrait de Will Smith entre Washington et Lincoln à la Maison Blanche. En allant voir ID:R, vous vouliez sans doute voir tout ça, et il faut quand même avouer qu'on en aura généralement pour son argent, même si au milieu de tous les blockbusters de ces dernières années, rien ne permet véritablement de sortir le film du lot.



D'autant qu'en plus, Emmerich veut trop en mettre et finit par nous perdre : un semblant de scénario introduisant une nouvelle puissance extraterrestre, des clins d'oeil au précédent opus, notamment avec le retour d'anciens personnages, et enfin des emprunts à des classiques - ou pas - du genre, le film semblant parfois puiser son inspiration parmi les autres films du réalisateur ou chez certains de ses camarades mal aimés - j'avoue par exemple avoir pensé au final de Alien vs Predator...

On navigue entre gros effets spéciaux, grosses ficelles et incohérences dans un Independence Day : Resurgence qui ne tient finalement pas toutes ses promesses. Alors qu'on attendait un blockbuster idiot mais assez bourrin pour être mémorable, le nouveau Roland Emmerich se noie dans la masse, ne proposant qu'un film ni plus spectaculaire, ni plus con que la moyenne des blockbusters sortis cet été... et qu'on oubliera sans doute bien plus vite que son aîné, en attendant le troisième volet (en forme de space-opera ?) de ce qui semble immanquablement devoir être une trilogie. 

Note : 2.5/10






jeudi 25 août 2016

Suicide Squad


Titre : Suicide Squad
Réalisateur : David Ayer
Acteurs : Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Date de sortie en France : 3 août 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
 C'est tellement jouissif d'être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Avis : 
Regroupez les pires crapules possibles dans une alliance aussi improbable que fragile. Enrobez le tout de musiques cultes, et arrosez l'ensemble avec quelques répliques et poses bien badass : non, vous n'êtes pas devant Les Gardiens de la Galaxie, mais devant Suicide Squad, la réponse trop grand-public de DC à la réussite des films Marvel et à l'échec relatif de Batman v Superman. Au menu donc, des grands méchants édulcorés pour plaire au plus grand nombre, et un film qui essaye un peu trop d'être coooool pour son propre bien.


L'ensemble du film est parfaitement résumé dans les premières minutes où les principaux "méchants" sont présentés : effets visuels ringards, avec des ralentis et des zooms dans tous les sens, des textes incrustés à l'écran, un bon gros hit musical en fond sonore, le tout terriblement lisse. Et ce sera comme ça pendant deux heures : les soit-disant méchants ne sont finalement que des petites frappes, qui ne se rebellent jamais et ne sont jamais menaçants.

Symboles parfaits de cette tendance : Deadshot, incarné par un Will Smith qui fait du Will Smith, devient un pur héros classique, bon père de famille et toujours enclin à protéger ses amis, et Harley Quinn, uniquement là pour ses fesses, est juste vaguement exubérante. Ne parlons pas de Jared Leto, qui interprète un gangster aussi cliché que possible (poses de tueurs, rires de cinglé préfabriqué) que l'on peine à reconnaître comme le Joker.

Evidemment, on s'amusera parfois pendant le film, mais son absence totale d'enjeu (le scénario se limite à "on crée une équipe de méchant pour affronter une menace), d'évolution et d'ambition, couplée à une ringardise de tous les moments, rend ce nouveau film DC profondément indigeste - même s'il se murmure que tout cela serait dû à un remontage de dernière minute alors que la version d'origine était bien plus sombre. S'ils voulaient se tirer une balle dans le pied avant les nombreuses adaptations prévues pour les années à venir, c'est réussi...

Note : 3/10




mardi 23 août 2016

Le Monde de Dory


Titre : Le Monde de Dory (Finding Dory)
Réalisateur : Andrew Stanton, Angus MacLane
Acteurs : Ellen DeGeneres, Albert Brooks, Idris Elba
Date de sortie en France : 22 juin 2016
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
 Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?

Avis : 
Avec cette suite du Monde de Némo, Pixar donne la parole à l'un des personnages secondaires les plus remarquables de son univers : Dory, le poisson amnésique. Principal ressort humoristique du premier volet, avec ses troubles de la mémoire à court terme, celle qui traversait l'océan avec Marin à la poursuite de Nemo devient donc l'héroïne de cette suite, où elle va tenter de retrouver sa famille.


Premier tour de force du film, ce ressort comique va être immédiatement retourné pour devenir un élément dramatique : l'amnésie de Dory n'est pas forcément drôle, surtout pour ses parents, qui tentent de lui apprendre à la surmonter... et surtout quand ça la sépare de sa famille. Ce second volet va beaucoup jouer sur l'émotion et la nostalgie, avec de nombreux flash-backs illustrant la jeunesse du poisson chirurgien.

Pour autant, le film n'oublie pas de reprendre les ingrédients de son aîné : l'humour est toujours présent, malgré quelques lourdeurs (les animaux débiles, ça me met un peu mal à l'aise), tout comme l'aventure. On traverse une nouvelle fois l'océan, on rencontre des créatures fantastiques (le calmar géant) et à fortes personnalités (le poulpe), même si l'aventure se concentre rapidement sur le Marineland.

On passe donc, à nouveau, un excellent moment devant ce nouveau Pixar, qui constitue une suite très réussie au Monde de Nemo. On appréciera notamment la mise en avant de Dory au centre d'un film qui joue à merveille la carte de l'émotion. Alors oui, c'est parfois un peu facile, parfois un peu grossier, mais quel plaisir !

Note : 8.5/10


dimanche 21 août 2016

Dernier train pour Busan


Titre : Dernier train pour Busan (Busanhaeng)
Réalisateur : Sang-ho Yeon
Avec : Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Yu-mi Jeong
Date de sortie en France : 17 août 2016
Genre : action, horreur

Synopsis : 
 Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...

Avis : 
Avec plus de 10 millions d'entrée en Corée du Sud, et un accueil très positif au dernier festival de Cannes, Dernier train pour Busan semblait devoir être LA sensation ciné de ce mois d'août. Premier film live réalisé par Sang-ho Yeon (King of pigs, The Fake et le préquel à Dernier train pour Busan, Seoul Station), il imagine la fuite en train d'un groupe de voyageurs confrontés à une soudaine épidémie transformant les victimes en monstres sanguinaires.


Parfois présenté comme un mélange entre Snowpiercer (alors que l'unique point commun est le fait de situer l'action dans un train : doit-on pour autant le comparer à Unstoppable de Tony Scott ?) et World War Z (pour le côté "blockbuster avec des zombies), Dernier train pour Busan est surtout le résultat d'un mélange assez improbable de tous les clichés possibles, relevé d'une bonne pincée d'incohérences et de ficelles.

Le père qui travaille trop (et qui, en plus, est à la solde du méchant capitalisme, forcément responsable de la catastrophe) ; sa jeune fille qui lui en veut parce qu'il n'est pas assez présent ni attentionné (mais, évidemment, face à l'horreur de la situation, ils vont se retrouver) ; le membre de la classe ouvrière, forcément un peu rustre et vulgaire, mais avec un coeur gros comme ça ; le patron d'une grande société, impitoyable et prêt à tout pour sauver sa peau au détriment de celle des autres ; le groupe de sportifs directement issus d'un manga ; et une flopée de personnages invisibles et incapables d'agir ou de réfléchir... Une telle collection de stéréotypes interdit d'emblée tout lecture sociale du film tant il semble avoir été inspiré par la dissertation économique d'un collégien moyen.


Sur le fond, c'est donc complètement raté, mais sur la forme, ce n'est pas forcément plus glorieux. Incapable de tirer parti de l'espace confiné de son train, Sang-ho Yeon s'arrange pour nous en faire sortir plusieurs fois (ce qui correspond d'ailleurs aux passages les plus efficaces du film), et se contente de répéter les mêmes situations pour progresser de voiture en voiture. Une progression pas si compliquée finalement, puisque les zombies sont incapables d'ouvrir des portes, ne peuvent pas attaquer s'ils ne voient pas leur proie ou lorsque le train passe sous un tunnel, et ne réagissent au son que lorsque ça arrange le scénariste. Heureusement, les survivants sont souvent assez idiot pour faire le plus de bordel possible, et assez aveugles et sourds pour ne jamais remarquer de suspect, afin de réduire progressivement le nombre de personnages, par ailleurs un peu trop enclins au sacrifice.

Tout cela rend souvent le film involontairement drôle (et encore, je n'ai pas parlé des spasmes dignes des gymnastes des Jeux Olympiques qui animent les zombies lorsqu'ils se réveillent), et empêche toute surprise, toute tension ou toute émotion. Pourtant, on ne pourra pas nier l'efficacité de certains passages, notamment lorsque le film assume son aspect série B. Ces séquences, particulièrement jouissives, sont les plus maîtrisées de ce Dernier train pour Busan, film de zombies finalement bien banal et sans envergure, qui constitue un blockbuster d'action divertissant mais creux... comme nombre de ses cousins nord-américains.

Note : 4/10



mercredi 17 août 2016

Instinct de survie - the shallows


Titre : Instinct de survie - the shallows (The Shallows)
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Acteurs : Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas
Date de sortie en France : 17 août 2016
Genre : thriller

Synopsis : 
 Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

Avis : 
Depuis quelques années, les requins font tout, sauf des trucs de requins. Ils se promènent dans des tornades (Sharknado et ses suites), copulent avec des pieuvres (Sharktopus et ses suites), mesurent plusieurs dizaines de mètres (Mega Shark contre Giant Octopus... et ses suites), ou évoluent tranquillement dans le sable (Sand sharks) ou la neige (Snow sharks), quand ils n'ont pas carrément deux ou trois têtes (je vous laisse deviner les titres). Avec The Shallows, Jaume Collet-Serra semblait vouloir nous offrir un film plus crédible, dans la lignée des Open water - en eaux profondes ou The Reef.


 Nancy est une jeune américaine blonde aux mensurations de rêve, venue retrouver une plage paumée où sa mère avait été photographiée lorsqu'elle était enceinte. Mais attention : Nancy n'est pas qu'une bombe. Elle a suivi des études de médecine, s'intéresse à la nature et aux êtres humains (plus que son amie qui préfère se saouler et s'envoyer les autochtones), et a récemment perdu sa mère après une longue lutte contre le cancer. Bref, vous pouvez déjà ranger votre grille de bingo-clichés : ils y sont tous, expédiés en 5 minutes d'exposition avant que le réalisateur d'Esther ne décide de se concentrer sur ce qui nous intéresse le plus : la plastique de Blake Lively.

Filmée sous tous les angles et au ralenti lorsqu'elle se change sur la plage et enfile sa combinaison de surf, l'actrice semble très longtemps être davantage l'héroïne d'un téléfilm érotique basique (allez, on l'appellera The Swallows...) que d'un thriller horrifique avec un requin affamé. D'autant qu'après la partie présentation, après la partie glamour sur la plage, on a droit à une séquence de surf façon MTV, avec musique pop et (encore) des ralentis dans tous les sens. Dire qu'on attend alors impatiemment que le requin vienne s'en prendre à la naïade n'est qu'un euphémisme.



Petit problème : Jaume Collet-Serra ne sait pas vraiment ce qu'il doit faire avec son requin. Il a son idée de base (la jeune femme bloquée sur son ilot et menacée par le squale), mais comment la développer ? Doit-il rester dans un registre réaliste, façon 127 heures, ou dériver vers la série B ? Il va finalement naviguer entre deux eaux, ne choisissant jamais vraiment : d'un côté, il va tenter d'imaginer un comportement cohérent pour son requin et des conséquences crédibles de l'attaque sur l'héroïne, mais va de l'autre nous décrire un monstre redoutablement intelligent, gourmand et même rancunier, qui va multiplier les mises à morts de personnages ne participant au film que pour se faire bouffer. Le réalisateur pousse même le vice jusqu'à un inévitable et improbable clin d'oeil aux Dents de la mer qui fait finalement basculer le film vers le nanar dans sa dernière partie.

Si vous voulez mater les fesses de Blake Lively, Instinct de survie est fait pour vous. Si vous voulez un film de requin ne sachant jamais sur quel pied danser malgré quelques moments de tension et des effets spéciaux réussis, c'est également pour vous. Si vous n'avez pas envie de slalomer entre les clichés et les ficelles, sans parler des incohérences (c'est quand même un peu idiot, lorsque le ressort principal du film est de savoir quand la marée finira par recouvrir l'ilot, de se planter aussi souvent sur sa taille...), je vous conseillerai plutôt d'éviter le film, qui ne tient finalement aucune de ses promesses...

Note : 4/10


samedi 30 juillet 2016

The Wave


Titre :‭ ‬The Wave‭ (‬Bølgen‭)
Réalisateur :‭ ‬Roar Uthaug
Acteurs‭ ‬:‭ ‬Kristoffer Joner,‭ ‬Thomas Bo Larsen,‭ ‬Aen Dahl Torp
Date de sortie en France :‭ ‬27‭ ‬juillet‭ ‬2016
Genre :‭ ‬catastrophe

Synopsis :‭
Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite,‭ ‬Kristian,‭ ‬scientifique,‭ ‬s’apprête à quitter la région avec sa famille.‭ ‬Quand un pan de montagne se détache et provoque un Tsunami,‭ ‬il doit retrouver les membres de sa famille et échapper à la vague dévastatrice.‭ ‬Le compte à rebours est lancé...‭

Avis :‭ 
Le‭ ‬7‭ ‬avril‭ ‬1934,‭ ‬un glissement de terrain au Norddalsfjord provoqua un immense tsunami,‭ ‬tuant‭ ‬40‭ ‬personnes sur les rives du fjord.‭ ‬Réalisé par Roar Uthaug‭ (‬Cold prey‭)‬,‭ ‬The Wave s'inspire de cet événement pour nous offrir un film catastrophe aussi prenant que banal.


Le film reprend ainsi tous les ingrédients classiques du genre.‭ ‬Le personnage principal est un scientifique qui remarque avant tout le monde les indices annonciateurs de la catastrophe.‭ ‬Evidemment,‭ ‬personne ne l'écoute,‭ ‬surtout que la saison touristique vient de débuter.‭ ‬C'est dommage,‭ ‬parce qu'il est apparemment le seul à savoir interpréter correctement les données que son centre recueille,‭ ‬et semble en plus posséder une espèce de lien télépathique avec la montagne.

En dehors de cet aspect très américanisant,‭ ‬The Wave‭ ‬se révèle néanmoins très efficace.‭ ‬La catastrophe décrite est assez nouvelle pour le spectateur,‭ ‬et la progression des indices se fait donc dans une certaine fraîcheur,‭ ‬sans verser dans le sensationnalisme.‭ ‬De même,‭ ‬la scène du tsunami est très impressionnante alors qu'elle ne dure que quelques secondes.‭ ‬Enfin,‭ ‬on appréciera de voir l'évolution des survivants dans un environnement restant hostile‭ (‬un hôtel noyé sous les eaux‭)‬,‭ ‬où les pires instincts humains refont surface.

On regrettera donc l'aspect très classique de l'histoire,‭ ‬jusqu'à un final insupportable,‭ ‬qui viennent atténuer la réussite de ce film catastrophe norvégien.‭ ‬Reste néanmoins un divertissement de qualité,‭ ‬qui remplit parfaitement son quota de spectaculaire et d'héroïsme.

Note :‭ ‬6,5/10


mercredi 20 juillet 2016

Conjuring 2 : le cas Enfield


Titre : Conjuring 2 : le cas Enfield (The Conjuring 2: the Enfield poltergeist)
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Vera Farmiga, Patrick Wilson, Frances O'Connor
Date de sortie en France : 29 juin 2016
Genre : épouvante

Synopsis : 
Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s'agira d'une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…

Avis : 
En voilà que j'ai bien failli ne pas aller voir au cinéma. Pas fan du premier volet, que je trouvais plutôt moyen et absolument pas effrayant, refroidi par les comptes-rendus de chaos rencontrés lors de certaines séances et dans certaines salles, j'avais préféré utiliser ma carte illimitée pour aller voir des films plus intéressants. Puis, finalement, je me suis laissé tardivement tenter, dans des conditions royales (seul dans la salle !).


Après l'histoire de la famille Perron, James Wan s'intéresse ici aux deux plus célèbres enquêtes du couple Warren : Amityville, le temps d'une introduction à l'ambiance très réussie, puis le poltergeist d'Enfield, célèbre pour la couverture médiatique et les nombreux documents enregistrés à l'époque (on appréciera d'ailleurs d'en entendre et d'en voir certains pendant le générique de fin). Une nouvelle enquête donc, mais une structure similaire à celle du premier épisode, avec une première partie consacrée aux manifestations paranormales, et une seconde moitié s'articulant autour des interrogations des Warren.

Deux parties distinctes, mais un problème commun : l'énorme impression de déjà-vu. Pour les séquences où le poltergeist fait des siennes, le soucis vient du fait que James Wan ne connaît qu'une seule et unique recette pour tenter de faire frissonner le spectateur. Tout d'abord, un des personnages semble constater une situation anormale. Rapidement, il a la confirmation de l'étrangeté, ce qui se traduit à l'écran par un mouvement de caméra bien appuyé, accompagné d'une musique effrayante. On ne sait jamais, le spectateur est idiot, il pourrait très bien ne pas avoir remarqué que le camion de pompier a été relancé vers le jeune garçon, par exemple. Puis on s'approche peu à peu du visage du personnage, la musique cesse... On change de perspective et BIM ! JUMP-SCARE DE BOURRIN DANS TA FACE !


Déjà peu efficace en soit, le procédé a en plus l'immense désavantage d'être utilisé systématiquement par Wan depuis le premier Insidious. Résultat : alors que le réalisateur est parfaitement capable d'installer une vraie ambiance, il choisit, pour une raison inconnue, de la saborder dès qu'il le peut pour se contenter de jump-scares ratés. Ainsi, comme Insidious, comme Conjuring : les dossiers Warren, comme Insidious : chapitre 2, Conjuring 2 ne fait pas peur, alors qu'il y avait un potentiel formidable.

On doit donc se farcir une bonne heure d'un film d'épouvante qu'on a déjà vu (ce serait pas mal aussi d'oublier un peu Poltergeist un jour, James...) avant l'arrivée de Ed et Lorraine Warren qui viennent enfin donner un second souffle au film. Certes, il n'y aura là non plus pas beaucoup d'originalité ni de surprises, mais l'enquête fonctionne plutôt bien, on se prend au jeu, et même si l'on connaît le fin mot de l'histoire, l'opposition entre faits surnaturels avérés et canular est bien amenée, et répond agréablement aux doutes émis pendant la véritable affaire.

Une première partie sans saveur, en forme de film d'épouvante ne faisant jamais peur, et une seconde plus prenante concentrée sur l'enquête des Warren et la lutte contre l'entité démoniaque : Le Cas Enfield se révèle finalement aussi moyen que Les Dossiers Warren, avec exactement les mêmes qualités (oui, James Wan sait manier une caméra, même s'il se regarde parfois filmer et cède trop souvent à la facilité) et les mêmes défauts que son aîné. Vraiment pas de quoi s'exciter dans les salles de cinéma, donc...

Note : 4.5/10


dimanche 17 juillet 2016

The Strangers


Titre : The Strangers (Goksung)
Réalisateur : Na Hong-Jin
Acteurs : Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee
Date de sortie en France : 6 juillet 2016
Genre : thriller, épouvante

Synopsis : 
La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi , un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel…

Avis : 
Pour son troisième film après les excellents The Chaser et The Murderer, Na Hong-jin délaisse les environnements urbains pour nous plonger au sein d'un petit village coréen perdu en pleine campagne, sous une pluie qui semble éternelle. Un cadre particulier, où rumeurs, supertitions et préjugés se côtoient, et où Jong-goo, policier nonchalant et désabusé, va être amené à enquêter sur une étrange série de meurtre coïncidant avec l'arrivée d'un mystérieux ermite japonais, bouc-émissaire parfait pour la population locale.


Tout semble pourtant si simple au début : on explique rapidement que les crimes ont été commis par des villageois devenus fous après l'ingestion de champignons toxiques. Pourtant... Pourtant, il y a ces témoignages accusant l'étranger d'être un démon avide de chair fraiche. Il y a ces apparitions soudaines, puis ces disparitions. Il y a enfin la petite Hyo-jin, touchée à son tour par l'étrange mal : et si tout cela avait une explication surnaturelle et non rationnelle ?

Un thème classique, mais brillamment développé par le réalisateur coréen, qui va s'attacher à balayer nos certitudes, qui va nous forcer à revoir plusieurs fois notre copie sur l'origine des crimes et sur leur auteur grâce à une progression millimétrée.Tout comme le policier, l'idée d'une explication surnaturelle nous amuse d'abord, surtout lorsqu'elle prend les traits d'un vieux japonais nu aux yeux rouges. Mais The Strangers réussit à rend crédible l'irrationnel, et nous plonge peu à peu dans un Enfer mêlant adroitement réel et irréel, et qui trouvera son point d'orgue lors d'une étourdissante séquence d'exorcisme dont l'intensité laissera le spectateur sur le carreau.


Face à la menace qui pèse sur sa famille, le policier qui était jusqu'alors plutôt attachant, ne rechignant pas à arriver en retard au travail pour passer quelques minutes de plus avec sa fille, supportant sans broncher les remarques de ses collègues, devient un de ces flics instables que l'on rencontre régulièrement dans les thrillers sud-coréens, n'hésitant plus à menacer verbalement ou physiquement quiconque semble représenter un danger pour ses proches. Il faut saluer l'interprétation de Kwak Do-won, impeccable dans le rôle de ce flic ordinaire confronté à une situation extraordinaire, mais aussi celle de la jeune Kim Hwan Hee, absolument terrifiante.

Quelque part entre L'Exorciste et Memories of murder, Na Hong-jin brise les frontières entre thriller et épouvante, joue avec les codes (les personnages archétypaux du policier, de l'étranger, du shaman ou de la jeune femme mystérieuse) et nous offre une nouvelle plongée les plus sombres recoins de l'âme humaine. Une perle de nihilisme de 2h30, dont on ressort lessivés, mais aussi avec le sentiment de ne rien avoir vu d'aussi puissant dans le cinéma horrifique depuis pas mal d'années...

Note : 9.5/10


lundi 11 juillet 2016

A war


Titre : A war (Kriegen)
Réalisateur : Tobias Lindholm
Acteurs : Pilou Asbaek, Tuva Novotny, Dar Salim
Date de sortie en France : 1er juin 2016
Genre : guerre, drame, thriller

Synopsis : 
Le commandant Claus M. Pedersen et ses hommes sont affectés dans une province d’Afghanistan, tandis qu’au Danemark, sa femme, Maria, tente de faire face au quotidien et d’élever seule leurs trois enfants. Au cours d’une mission de routine, les soldats sont la cible d’une grave attaque. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille…

Avis : 
La vie d'un soldat envoyé au Moyen-Orient, et les conséquences des combats sur sa vie quotidienne lors de son retour au pays : le nouveau film de Tobias Lindholm (R, Hijacking) présente une thématique assez proche du American sniper de Clint Eastwood. Avec une subtilité supplémentaire : A war va en effet s'interroger sur la responsabilité des soldats, parfois prêts à tout pour accomplir leur mission ou protéger leurs alliés.


Le film se divise donc en deux parties parallèles : d'abord celle où l'on suit le quotidien des soldats danois en Afghanistan, au contact des populations locales, entre volonté de conciliation et tentatives d'obtenir des informations sur les talibans. Avec une superbe économie de moyens (on ne verra jamais les ennemis), Lindholm parvient à nous immerger parfaitement au sein du groupe de soldats, dont nous partagerons les doutes, les blessures, mais aussi les rares moments de satisfactions.

La seconde nous ramène au Danemark : après avoir constaté les conséquences de l'absence de Pedersen sur sa famille restée au pays, nous assistons aux effets de son retour ainsi qu'à son procès. C'est cette ultime partie qui sera la plus faible du film : si l'on appréciera l'ambiguïté qui ressort de l'audience, on regrettera l'aspect un peu caricatural de certains éléments, comme la représentante de l'accusation, présentée comme particulièrement détestable alors que son raisonnement est plutôt compréhensible.

Nouvelle réussite pour Tobias Lindholm donc, qui réussit là où Clint Eastwood avait échoué. On ressent parfaitement les dilemmes moraux imposés aux soldats, et on appréhende bien mieux leur humanité, avec leurs qualités et leurs défauts. On saluera également, une nouvelle fois, la performance de Pilou Asbaek (l'acteur fétiche de Lindholm, également vu dans Lucy et dans Profanation), parfait dans le rôle de ce commandant coincé entre sa mission, ses soldats, son devoir de protection, sa moralité et sa famille.

Note : 8/10


dimanche 10 juillet 2016

Amis publics


Titre : Amis publics
Réalisateur : Edouard Pluvieux
Acteurs : Kev Adams, Vincent Elbaz, Paul Bartel
Date de sortie en France : 17 février 2016
Genre : comédie dramatique

Synopsis : 
Afin de réaliser le rêve de son jeune frère malade, Léo et leurs meilleurs potes organisent un faux braquage… mais le jour J, ils se trompent de banque. Le faux braquage devient un vrai hold-up. Commence alors l’aventure extraordinaire des Amis Publics !

Avis : 
Les yeux (photoshoppés) semblent fixer l'horizon, voire l'avenir. Le sourire a disparu. Un simple regard sur l'affiche d'Amis publics nous livre l'information suivante : Kev Adams, le post-ado comique pour pré-ado, n'est plus un simple humoriste. C'est un Acteur, et il compte bien nous le prouver dans cette gentille petite comédie dramatique qu'il a coproduite.


A la suite d'un concours de circonstances, un petit groupe de losers cambriole malencontreusement une banque. Et comme les flics sont, évidemment, des incapables abrutis fans de gangsters, que l'opinion publique leur est favorable et qu'ils ont trouvé une cause à défendre, ils vont continuer ces braquage, armés de pistolet en plastique et d'une bonne dose de culot. Bon, soyons honnête, si tout ça n'est qu'un prétexte, que le message est d'un populisme navrant, que les ficelles sont grosses comme des séquoias et que les gags sont particulièrement éculés, on pouvait s'attendre à pire.

Il se dégage ainsi du film une certaine énergie, plutôt communicative. Certaines répliques font mouche, on sourit régulièrement, on parvient même à oublier la connerie du film, notamment grâce à la prestation de Paul Bartel (Les Petits princes) ou des seconds rôles. Quant à Kev Adams, s'il est moins insupportable qu'à l'accoutumée, cette espèce d'ode à sa générosité, son humour et sa coolitude finissent assez vite par lasser.

Pas beaucoup d'intérêt donc dans cette comédie dramatique sans ambition ni imagination, mais pas d'arnaque non plus : on ne passe pas un mauvais moment malgré des défauts omniprésents et un Kev Adams qui, s'il tente de faire profil bas, agacera le spectateur dès qu'il ouvrira la bouche pour vanner un de ses camarades. On préfèrera néanmoins largement le voir dans un rôle comme celui-ci plutôt que dans ses "comédies" insupportables.

Note : 3.5/10