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dimanche 13 octobre 2024

The Last Breath

 
Titre : The Last Breath
Réalisateur : Joachim Hedén
Acteurs : Jack Parr, Julian Sands, Alexander Arnold
Date de sortie en France : 15 septembre 2024 (Paris Shark Week)
Genre : shark movie
 
Synopsis : 
 Un groupe d'anciens amis d'université se réunissent lors d'un voyage de plongée sous-marine dans les Caraïbes pour explorer l'épave d'un cuirassé de la Seconde Guerre mondiale et se retrouvent piégés dans le sous-marin rouillé, entourés de requins ..
 
Avis : 
Un groupe de plongeurs, une épave inexplorée, des requins... Le point de départ de "The Last breath" ressemble beaucoup à celui de son cousin égyptien, "Mako". Il faut bien avouer que la rencontre entre deux univers anxiogènes par nature (les requins d'un côté, une épave abandonnée de l'autre) est alléchante, d'autant que le réalisateur, Joachim Hedén, est un spécialiste des films en milieu aquatique (Breaking surface, The Dive). 
 

 Dans l'univers du shark movie, la proposition de Joachim Hedén n'est pas banale. Le genre est en effet surtout représenté ces dernières années par des nanars plus ou moins volontaires, ou des navets, et les rares tentatives de faire une œuvre sérieuse prennent généralement la forme de films de survie ("The Reef", "47 meters down"). Le thriller aquatique semble même plutôt réservé aux crocodiles, comme dans le "Crawl" d'Alexandre Aja.
 
Dans cette optique sérieuse, Hedén nous présente un groupe de personnages plus (Sam, Noah ou Levi, interprété par le regretté Julian Sands dont il s'agit du dernier rôle) ou moins attachants (on adorera détester Brett). Sans rien révolutionner dans les archétypes classiques du groupe de victimes désignées (on devinera d'ailleurs assez rapidement qui seront les survivants potentiels, voire même l'ordre des attaques), le réalisateur parvient à créer une bande assez cohérente et crédible, et la première partie, dédiée à la présentation des personnages et des enjeux, est plutôt réussie, assez en tout cas pour identifier facilement chacun d'entre eux lorsqu'ils seront en combinaisons de plongée avec masques lors de l'exploration de l'épave.  
 
 
Là encore, le premier contact est réussi. Entre les couloirs étroits et les nombreux niveaux, on devine un bâtiment immense où il ne peut être que facile de se perdre. Hélas, cette sensation va rapidement disparaître, à peu près au moment où les requins font leur apparition. On a soudainement le sentiment que l'épave se limite à un couloir et à 2 ou 3 pièces, que l'on parcourt dans un sens puis dans l'autre entre deux attaques. Le décor est si mal exploité qu'il en devient anecdotique, ce qui se ressent cruellement au niveau du suspense.  

On ne se perd plus, on n'a pas vraiment d'inquiétude pour les personnages pour lesquels l'air vient à manquer, puisqu'on a le sentiment qu'il suffit d'une dizaine de secondes pour traverser le navire et remonter à la surface. De même, la tension baisse au fil des minutes, à mesure que le film bascule vers le spectaculaire un peu nanardesque, provoquant même parfois le rire. 

The Last Breath demeure néanmoins dans le haut du panier des productions "sérieuses" du genre de ces dernières années, bien au-dessus du similaire "Mako". Malheureusement, il... s'essouffle en cours de route, jusqu'à une dernière partie reléguant aux oubliettes toutes les qualités présentes jusque-là. Joachim Hedén prouve néanmoins qu'il est toujours possible faire un film de requins sérieux et de qualité, et on aimerait le revoir se frotter au genre à l'avenir pour transformer l'essai.
 
 

samedi 9 octobre 2021

Dune (2021)

 

Titre : Dune
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Timothée Chalamet, Oscar Isaac, Zendaya
Date de sortie en France : 15 septembre 2021
Genre : science-fiction
 
Synopsis : 
L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…
 
Avis : 
lisse, adj.
Dont la surface est unie, polie, sans aspérités.
 
Si le Larousse cherche une illustration à cette définition, il n'aura pas à chercher bien loin : il suffira d'intégrer un lien vers le film le plus attendu de l'année, la nouvelle adaptation de Dune de Frank Herbert, par Denis Villeneuve. Car le film va soigneusement gommer tout ce qui pourrait dépasser (et qui pouvait, par exemple, faire le charme de certains éléments de la version de Lynch), afin d'offrir au plus grand nombre un bon petit blockbuster consensuel à sa mémère. 
 
 
On a ainsi l'impression d'être devant une succession de jolies images plus que devant un film. Profondeur de champ, construction des plans, rien à dire, visuellement tout y est, d'autant que les effets spéciaux sont irréprochables (mais c'est le cas pour tous les gros blockbusters, de nos jours). Les acteurs aussi, sont superbes : pas un poil de trop, pas une ride (à part, bien sûr, les méchants, qui sont forcément moches)... Mais du coup, impossible de s'attacher à eux, impossible même de les considérer comme des personnages : quand on voit Oscar Isaac à l'écran, on voit Oscar Isaac, pas Leto Atreides. Pareil pour Thimotée Chalamet, Rebecca Ferguson ou Jason Momoa. 

Forcément, dans de telles conditions, il devient compliqué de de ressentir une quelconque émotion : nous sommes face à des acteurs qui évoluent dans de jolis décors. C'est tout. Et ce ne sont pas ces tics de réalisation monstrueusement lourdingues qui vont arranger le constat : on ne compte plus les ralentis, les mêmes images montrées plusieurs fois, pour bien faire comprendre au spectateur (qui, c'est bien connu, est un peu con) qu'il s'agit d'une vision. Je pense que si on vire ces séquences où Zendaya se retourne au ralenti, on gagne environ une demi-heure de film. Le recours systématique à cet artifice en devient presque parodique, tout comme l'utilisation de la musique de Hans Zimmer, qui livre la partition la plus zimmerienne possible. Vous avez déjà vu les plans du film dans d'autres oeuvre ? Vous aurez encore davantage entendu sa musique, tant elle ne cherche qu'à rester dans les clous. Et quand elle soulignera inutilement une séquence, ou quand la voix féminine vous pourrira une nouvelle fois les oreilles pour souligner le côté mystique et fantastique des images, c'est contre vos tympans que viendront frotter lesdits clous. 
 
 
Alors oui, on s'ennuie peu, même si on connaît globalement déjà l'histoire. Tout est beau, tout est précis. Mais on ne ressent aucune émotion devant un blockbuster beaucoup trop calibré, où rien ne dépasse, pas même un grain de sable. Aucun émerveillement, aucune tension, aucune tristesse, aucune surprise, juste le cahier des charges pour plaire au plus grand nombre. Comme souvent chez Denis Villeneuve, finalement. Personnellement, ce n'est pas ce que je cherche quand je vais au cinéma, même lorsqu'il s'agit d'un blockbuster. 
 

 

samedi 26 décembre 2020

Deranged


 Titre :
Deranged

Réalisateur : Jeff Gillen, Alan Ormsby

Acteurs : Roberts Blossom, Cosette Lee, Leslie Carlson

Date de sortie en France : 

Genre : horreur, drame

 

Synopsis :

Un fermier psychopathe conserve le corps empaillé de sa mère et tue d'autres femmes pour lui tenir compagnie.

 

Avis : 

Psychose, Massacre à la tronçonneuse, Maniac, Le Silence des agneaux, La Maison des 1000 morts  Parmi les innombrables tueurs en série qu’ont connus les Etats-Unis, Ed Gein est sans doute celui qui a le plus enflammé les imaginations et inspiré les auteurs. Et pour cause : entre meurtres et nécrophilie, le voleur de cadavres est surtout célèbre pour son goût pour la décoration et les costumes à base de peau humaine, et pour l’influence dévastatrice de sa mère.



  En 1974, la même année que le film de Tobe Hopper, Jeff Gillen et Alan Ormsby (scénariste de l’excellent Le Mort vivant la même année) réalisent Deranged, adaptation relativement fidèle de l’histoire d’Ed Gein. Un film qui mérite clairement d’être davantage connu. Roberts Blossom, que l’on a verra plus tard dans Rencontres du troisième type, Christine ou encore… Maman, j’ai raté l’avion y incarne Ezra Cobb, un fermier du Midwest qui vient de perdre sa mère… ce qui va le conduire à la folie.

 

Présenté comme un faux documentaire (un journaliste ponctue régulièrement le film de ses observations et explications, ce qui permet de jouer avec les ellipses mais aussi de préparer aux scènes chocs), le film nous fait donc suivre ce pauvre vieux Ezra Cobb, que l’on prend un peu en pitié au début. On sent bien l’influence de sa mère sur son comportement, les difficultés qui en découlent, et on compatit à la folie qui s’empare peu à peu d’un homme assez pathétique. Pour mieux être horrifié par la suite.

 

Car Roberts Blossom livre une prestation totalement sidérante dans le rôle du tueur, qui passe peu à peu du fermier benêt au psychopathe cauchemardesque. Culminant dans d’impressionnantes séquences d’horreur pures ou de macabre, Deranged met véritablement mal à l’aise, impression encore renforcée par une espèce d’humour noir très présent. Un excellent film, trop souvent oublié parmi les perles du cinéma horrifique.

 


 

lundi 6 juillet 2020

Le Monstre du train




Titre : Le Monstre du train (Terror train)
Réalisateur : Roger Spottiswoode
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Ben Johnson, Hart Bochner
Date de sortie en France : 17 juin 1981
Genre : slasher

Synopsis :
Une fraternité d'étudiants universitaires décident de se faire une soirée costumée pendant un voyage en train. Mais un tueur s'est infiltré dans le train, les tuant un par un et récupérant les costumes de ses victimes...

Avis :
Dans le marathon de films d’horreur de Jamie Lee Curtis au début des années 80, il y a clairement du bon (Fog, pour mon préféré) et du moins bon (Le Bal de l’horreur). Parmi le bon, on a ce Monstre du train, slasher comme souvent très classique, mais bourré de bonnes idées.

Côté classique, c’est comme toujours ce groupe d’étudiants, le cadre d’une fête, une histoire de vengeance… On est en terrain archi-connu, d’autant qu’on connaît dès le départ l’identité du tueur. Les bonnes idées, c’est le décor du train, plutôt bien exploité, et ce tueur qui profite de la soirée costumée pour changer de masque à chaque victime et, ainsi, pouvoir s’approcher de ses proies sans difficulté. Une idée d’autant plus séduisante que chacun des masques est très réussi et a une véritable personnalité.


Autre motif de satisfaction, assez inattendu : la révélation finale. Alors même que l’on sait, tout comme les personnages d’ailleurs, qui est l’assassin, le film parvient à nous surprendre totalement, s’assurant même un second visionnage. Ces bons points font presque oublier les défauts du film, dont le principal reste, à mes yeux, un problème de rythme : on passe, comme souvent, trop de temps à suivre les déambulations des étudiants, ou les tours de magie de David Copperfield en pleine promo, ou les hésitations d’un chef de train (Ben Johnson, vu dans des classiques comme Rio Grande ou La Horde sauvage) aux réactions peu crédibles.


Le Monstre du train fait ainsi partie du haut du panier parmi les slashers classiques des années 80, grâce à quelques excellentes idées, qui contrebalancent les défauts habituels des slashers. Encore une sympathique découverte que je dois à Rimini Editions !




jeudi 21 mai 2015

La Dame en noir


Titre : La Dame en noir (The Woman in black)
Réalisateur : James Watkins
Acteurs : Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer
Date de sortie en France : 14 mars 2012
Genre : épouvante, fantastique

Synopsis : 
Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…

Avis : 
Sorti en 2012, La Dame en noir attisait avant même son arrivée en salle la curiosité pour deux raisons : d'une part, la promesse de revenir aux sources de la Hammer, pas celle du néanmoins réussi Laisse-moi entrer (remake de l’encore plus réussi Morse), mais celle des mystères camouflés par la brume, du fantastique ancré dans l’Angleterre classique ; et d'autre part la présence en tête d'affiche de Daniel Radcliffe, pour son premier rôle post-Harry Potter.


Dès son introduction, le film de James Watkins (Eden Lake) réussit à nous intriguer et, nonobstant une histoire assez classique, va nous passionner jusqu’au bout, notamment grâce à des moments forts relançant constamment l’intérêt du film. Mais c’est surtout par une autre de ses qualités que le film convainc réellement : son ambiance. Oubliez toutes les foires au jump-scare grotesque de la plupart des films d’angoisse de ces dernières années pour savourer enfin une oeuvre qui prend le temps de doser ses effets sans les amplifier artificiellement en faisant exploser le son, qui ne fait ici qu’accompagner les diverses manifestations surnaturelles, un peu à la manière d’un Kaïro.

Des manifestations souvent subtiles, en arrière plan, dans un coin de l’écran, qui donnent aux visites de la maison abandonnée au milieu d’un paysage magnifique autant d’occasions de véritablement frissonner. Un sentiment d’autant plus présent que l’on n’y a que peu de moments de répit, le personnage d’Arthur Kipps semblant constamment surveillé, épié par la fameuse dame en noir. On n’évitera certes pas quelques sursauts, mais ils ne viennent que ponctuer de remarquables mises en situation. Seul véritable bémol à ce niveau, le fantôme, assez raté quand on le voit enfin de près.

 Enfin, difficile de ne pas évoquer la musique, très réussie, de Marco Beltrami, qui souligne à merveille les passages les plus effrayants, ou cette atmosphère gothique particulièrement réussie, entre costumes d’époque, villageois mystérieux, ce côté un peu distingué dans son approche du fantastique, et cette brume qui emprisonne par moments Daniel Radcliffe comme elle pouvait le faire avec Johnny Depp dans une autre oeuvre renvoyant aux classiques de la Hammer, Sleepy Hollow.

 La Dame en noir tient donc toutes ses promesses, et James Watkins nous offre une oeuvre fantastique particulièrement réussie, brillant hommage aux éléments qui ont fait le succès de la Hammer. Si Daniel Radcliffe réussit rapidement à nous faire oublier son précédent rôle, le film parvient quant à lui à surprendre en installant une ambiance vraiment inquiétante, ce qui est trop rare ces dernières années, en osant prendre son temps pour doser ses effets angoissants.

Note : 7,5/10



dimanche 29 mars 2015

John Wick


Titre : John Wick
Réalisateur : David Leitch, Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Michael Nyqvist, Willem Dafoe
Date de sortie en France : 29 octobre 2014
Genre : action

Synopsis : 
Depuis la mort de sa femme bien-aimée, John Wick passe ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste, s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy…

Avis : 
Sorti le même mois que le Equalizer de Antoine Fuqua, John Wick raconte également le combat d'un homme seul contre l'ensemble de la mafia local, exécutant sans sourciller des dizaines de sbires dans l'unique but de se venger. Comme souvent dans ce genre de film, on apprend que le héros est un surdoué de la mise à mort : ici, John Wick est l'ancien tueur ultime de la mafia russe, celui que tout le monde redoute, et qu'l vaut mieux ne pas énerver...


Evidemment, voler sa voiture et tuer son chien, ce n'était pas la chose à faire : à partir de cet instant, John Wick sort de sa retraite, et va nous offrir exactement ce qu'on attendait : un film d'action sans aucun complexe et bourrin, avec un héros invincible et capable de coller une balle dans le crâne de dix assaillants tout en perdant des litres de sang. Dans le rôle de ce tueur implacable, Keanu Reeves est impeccable, massacrant du quidam tout en restant impassible : son absence presque totale d'expression fait merveille, et n'avait en fait plus fait mouche à ce point depuis... Matrix !

L'acteur est ainsi le véritable pivot d'un film entièrement consacré à sa gloire, délaissant, sans que ce soit un défaut, le scénario ou la cohérence. On s'amuse même de cet aspect rentre-dedans, que l'on retrouve jusque dans les interprétations de Michael Nyqvist (Millénium, le film), Willem Dafoe (4h44 dernier jour sur Terre) ou Alfie Allen (Game of thrones).

Bref, John Wick remplit parfaitement son office de film d'action bourrin et décérébré, avec des séquences jubilatoires et un Keanu Reeves dans un rôle qui lui va comme un gant. C'est finalement tout ce qu'on voulait voir !

Note : 7/10




lundi 2 mars 2015

Captives


Titre : Captives (The Captives)
Réalisateur : Atom Egoyan
Acteurs : Ryan Reynolds, Scott Speedman, Rosario Dawson
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Huit ans après la disparition de Cassandra, quelques indices troublants semblent indiquer qu'elle est toujours vivante. La police, ses parents et Cassandra elle-même, vont essayer d'élucider le mystère de sa disparition.

Avis : 
Lorsque le cinéma traite de thème aussi forts que ceux de la pédophilie ou de l'enlèvement d'enfants, il le fait souvent à travers plusieurs pistes, nous permettant de suivre l'enquête policière par exemple, ainsi que le désarroi de la famille, voire de la victime (on se souvient notamment du terrible Trust de David Schwimmer). Avec Captives, Atom Egoyan va faire un peu tout ça... pour ne réussir à livrer qu'un film bancal, aux objectifs flous.


Nous suivrons donc l'enlèvement de la jeune Cassandra, les premières déclarations de la famille à la police, l'enquête, puis les rebondissement huit ans plus tard avec l'étrange relation née entre l'enfant kidnappée et son ravisseur, le tout selon une narration éclatée et non chronologique - que rien ne viendra vraiment justifier. Aucun thème n'est ainsi vraiment mis en avant, et on finit par se détacher complètement du drame, qui ne nous paraît finalement plus si horrible.

Le film n'est par ailleurs pas beaucoup aidé par son casting : Ryan Reynolds (Buried, RIPD) est toujours aussi insipide, Rosario Dawson (Sin City, Trance) n'apporte absolument rien... Mais tout ça n'est rien à côté de la performance de Kevin Durand (Resident Evil : Retribution, The Strain, Fruitvale station): l'acteur en fait des tonnes, cabotine pendant tout le film, au service d'un personnage aussi grotesque qu'improbable. A lui seul, il fait sombrer le film dans le ridicule...

Bref, si tout cela partait plutôt bien, grâce notamment à un sujet fort, Captives ne sait jamais comment développer son sujet et finit par se vautrer dans une accumulation d'idées grotesques, multipliant les ficelles (l'enquête n'avance que par des coïncidences ou des trouvailles miraculeuses) et mettant en scène une brochette d'acteurs vraiment médiocres...

Note : 3/10


vendredi 6 février 2015

Discopath


Titre : Discopath
Réalisateur : Renaud Gauthier
Acteurs : Jérémie Earp-Lavergne, Sandrine Bisson, Ivan Freud
Date de sortie en France : 3 février 2015
Genre : épouvante, thriller

Synopsis : 
Dans les années 1970, un jeune New-Yorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier lorsqu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières, Duane Lewis devient malgré lui un dangereux serial killer en exil à Montréal.

Avis : 
Il suffit parfois d’un synopsis de quelques lignes pour éveiller l’intérêt : avec la promesse de ce mélange aussi étrange qu’irrésistible entre musique disco et film d’horreur, Discopath a tout pour attirer le spectateur amateur de concepts un peu loufoques. Avec toutefois ce léger doute : le premier long-métrage de Renaud Gauthier saura-t-il être à la hauteur de son synopsis ? Pas vraiment.


Sans doute trop occupé à citer d’autres réalisateurs (Brian De Palma, notamment) et à piocher ses idées dans les classiques du giallo ou du slasher, Gauthier semble régulièrement oublier de développer son propre film, ou même de lui donner un fil rouge consistant. Malgré un synopsis laissant imaginer un film ouvertement parodique et bon enfant, il hésite malheureusement trop longtemps entre le pastiche et le thriller sérieux, donnant une œuvre bancale ne sachant jamais sur quel pied danser. Ce qui, quand même, est un comble pour un film centré sur le disco.

 Ainsi, à l’exception de sa dernière partie, qui verse (enfin !) dans un second degré réjouissant, Discopath change trop souvent de ton, et nous offre un mélange entre passages humoristiques et séquences plus glauques, parfois dans une même scène. Résultat : on ne sait jamais comment appréhender le film. Autre problème, l’incapacité qu’a Renaud Gauthier à concrétiser ses bonnes idées et ses passages s’annonçant pourtant excellents : ni le meurtre de deux jeunes filles dans leur chambre, ni celui d’une danseuse dans une boîte disco ne tiennent leur promesse, et on se demande si le canadien n’a pas en fait décidé de volontairement nous décevoir de manière récurrente.

Pourtant, certains passages font mouche, comme ces dernières minutes où le film s’emballe enfin, assume son aspect loufoque avec une course-poursuite sur fond de Kiss et des répliques plus réjouissantes. Un peu tard néanmoins pour un slasher bancal, ne réussissant que trop rarement à se hisser à la hauteur d’un synopsis pourtant prometteur et ne versant que trop timidement dans l'humour noir qui aurait pu en faire une oeuvre vraiment folle…

Note : 3,5/10




mercredi 3 septembre 2014

Enemy


Titre : Enemy
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon
Date de sortie en France : 27 août 2014
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Adam, un professeur divorcé, mène une vie tranquille avec sa fiancée Mary. Il découvre son double parfait en la personne d'Anthony, un acteur qui habite avec son ex-femme, près de chez lui. Adam commence à observer son double, avec l'intention de maintenir une certaine distance, mais très vite la vie des deux couples s'entremêle, au point de les précipiter dans une lutte à l'issue tragique, dans laquelle seul l'un des deux couples survivra...

Avis : 
Enemy est l'adaptation par Denis Villeneuve (à qui l'on doit notamment Prisoners, réalisé après mais sorti au cinéma avant Enemy) du roman L'Autre comme moi de José Saramago. Il met en scène Jake Gyllenhaal dans un double rôle principal, une double identité derrière laquelle se cache une réalité que nous découvrirons pendant le film.


Enfin, quand je dis "pendant le film", le spectateur un minimum attentif aura tout découvert au bout de 20 minutes. Comme pour Prisoners, Denis Villeneuve insiste tellement sur ses indices qu'il est compliqué de ne pas les remarquer : il suffira d'écouter le premier monologue de Jake Gyllenhaal pour se faire une idée de l'intrigue, et le reste du film ne fera que décliner ces pistes pendant une heure. Et comme si cela ne suffisait pas, le réalisateur canadien va en plus nous offrir une symbolique assez lourde à base de miroirs, d'araignées et de clés.

Heureusement, il reste le talent de Jake Gyllenhaal, très convaincant dans ces deux rôles, permettant au film de garder un réel intérêt alors même que le mystère a disparu. On se plaît presque à reconstituer un puzzle trop simple juste parce qu'on s'intéresse vraiment à l'acteur. Il faut avouer également que la réalisation de Villeneuve compense en partie la faiblesse de son scénario, même si l'omniprésente teinte jaune participe à la lourdeur symbolique de l'ensemble.

Pas désagréable, Enemy n'échappe cependant pas à une forte impression de déjà-vu, développant sans grande imagination le thème du double à grands renforts d'indices traînant partout et de symboles trop évidents. Dommage, car le sujet était intriguant...

Note : 6/10


samedi 21 juin 2014

Maps to the stars


Titre : Maps to the stars
Réalisateur : David Cronenberg
Acteurs : Julianne Moore, Mia Wasikowska, Olivia Williams
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : drame

Synopsis : 
A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice. La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.

Avis : 
Et si l'on faisait brûler Hollywood ? Continuant dans son exploration froide et médicale de la société actuelle, après un Cosmopolis qui imaginait la chute du capitalisme, David Cronenberg s'attaque cette fois à la capitale mondiale du cinéma et lui plonge directement le nez dans sa merde : ado-stars insupportables, vedettes sur le déclin et prêtes à tout, gourous improbables, drogues, sexe, violence et esclavagisme moderne, bienvenue dans le monde merveilleux d'Hollywood !


Avec un cynisme horriblement réjouissant, le réalisateur nous présente ces personnages comme autant de monstres détestables, totalement irresponsables et uniquement centrés sur leur propre réussite. Il y parvient parfaitement, par le biais notamment de scènes très noires, comme la visite de Benjie à une fan à l'hôpital ou la célébration par Julianne Moore du décès d'un enfant qui lui ouvre enfin la voie vers le rôle qu'elle convoitait. Une galerie de freaks modernes au sein de laquelle Agatha débarque, le corps couvert de brûlure et le passé chargé.

Si elle semble d'abord être le personnage le plus sain, la jeune femme interprétée par la toujours aussi troublante Mia Wasikowska (Stoker, Only lovers left alive) sera le catalyseur qui réduira en cendres les derniers fragments de santé mentale de son entourage, mettant en lumière les aspects les plus extrêmes de ce star-system pourri par la jalousie, le culte de l'image et la volonté de tout contrôler. Au point d'ailleurs d'aller un peu trop loin, la caricature offerte par Cronenberg montrant ces limites dans une deuxième heure moins inspirée, dont le trait est trop appuyé.

S'il ne dissèque plus les corps, David Cronenberg utilise à présent sa caméra pour explorer cliniquement les mécanismes d'une société malade, s'attaquant ici avec une méchanceté longtemps réjouissante à Hollywood, rappelant même par moments le Mulholland Drive de David Lynch. Dommage cependant que ce pamphlet finisse par devenir insupportable, la faute à un manque total de retenue et à un scénario qui finit par se perdre dans sa gratuité...

Note : 7/10


jeudi 12 juin 2014

Black Christmas


Titre : Black Christmas
Réalisateur : Bob Clark
Acteurs : Margot Kidder, Olivia Hussey, Keir Dullea
Date de sortie en France : 1er janvier 2012 (DVD)
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Des jeunes femmes faisant parties d'une confrérie universitaire passent les vacances de Noël ensemble. Le groupe reçoit d'étranges appels téléphoniques, les jeunes femmes, qui semblent au départ s'en amuser, ne se doutent pas une seconde que les appels sont passés de l'intérieur de la maison...

Avis : 
Quelques années après La Baie Sanglante de Mario Bava, qui mêlait des ingrédients de giallo avec des codes qui seront la signature du slasher, et quelques années avant Halloween de John Carpenter, sortait en 1974 un film précurseur du slasher: Black Christmas. Ce dernier vient en effet poser certains éléments qui deviendront récurrents dans le genre: une maison isolée, un tueur mystérieux...


Ainsi, en regardant le film, il est très difficile de ne pas penser à Halloween, avec le cadre d'une fête et une introduction en vue subjective, ou à Terreur sur la ligne (puis plus tard Scream) pour l'utilisation d'un téléphone au centre de l'intrigue. Avec le film de Carpenter, Black Christmas partage aussi la particularité de ne pas miser sur le sanglant, mais plutôt sur le brutal, avec des mises à mort soudaines et rapides. Ce qui n'empêche pas Clark de livrer un meurtre magnifique, aux accents giallesques, rappelant les grandes heures de Dario Argento, ou La Résidence, de Serrador.

Black Christmas est surtout un film à l'ambiance particulière, souvent glauque ou macabre. Le tueur est un véritable cinglé, dont les motivations et l'identité restent mystérieuses, qui met en scène les cadavres de façon dérangeante...et effraie aussi, dans des séquences téléphoniques vraiment réussies. Une ambiance qui reste glauque jusqu'au bout, même quand le film utilise par moments l'humour, notamment par le biais de personnages hauts en couleur (énorme Margot Kidder !). Jusqu'au bout donc, et une fin que je trouve particulièrement glaciale.

Un film injustement méconnu, même à l'époque de sa sortie (il n'est pas sorti au cinéma en France), resté dans l'ombre des futurs Halloween et Vendredi 13, il est revenu au goût du jour avec son remake, puis une première édition française en dvd il y a quelques mois. L'occasion donc de (re)découvrir ce film précurseur du slasher, qui est parmi les tous meilleurs de ce genre.

Note : 9/10


dimanche 16 mars 2014

Pompéi


Titre : Pompéi (Pompeii)
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Kit Harington, Emily Browning, Adewale Akinnuoye-Agbaje
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : péplum

Synopsis : 
En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps.

Avis : 
 Souvent rangé aux côtés des Roland Emmerich et Michael Bay dans la catégorie des réalisateurs de blockbusters d'action décérébrés, Paul W.S. Anderson, principalement connu pour ses adaptations foireuses de la saga de jeux vidéo Resident evil s'attaque cette fois à l'Histoire. Enfin, à l'histoire en fait, en prenant le cadre de la célèbre éruption du Vésuve en 79 pour nous livrer un mélange de sous-Gladiator et de Le Jour d'après.



Car Paul W.S. Anderson et ses scénaristes ont vu le film de Ridley Scott, et semblent bien décidés à vous le faire savoir. Thématique semblable, scènes clonées, personnages similaires, tout y passe, même la façon dont sont chorégraphiés et filmés les combats de gladiateurs. Le problème, c'est qu'Anderson n'a pas la maîtrise de son modèle... et que Kit Harington (Game of thrones, Silent Hill : révélation) n'a ni charisme ni talent, se contentant de cette même moue qu'il arbore dans la série. Le reste du casting n'est guère convaincant, d'une Carrie-Ann Moss (Matrix) qui confirme sa chute film après film à une Emily Browning toujours aussi mono-expressive que dans Sucker punch.

Si le scénario ne réserve aucune surprise, il remplit néanmoins son rôle principal : nous faire patienter jusqu'à l'éruption du Vésuve. Très spectaculaire, peut-être même parfois trop spectaculaire, la catastrophe est surtout l'occasion de mettre en scène cet héroïsme de pacotille et ce sens du sacrifice très hollywoodiens, alors que les débris tombent sur la ville avec plus ou moins d'intensité selon les besoins du scénario. Le temps semble même s'arrêter pour permettre aux personnages de se livrer à des duels ou des courses-poursuites.

Tout cela se regarde néanmoins sans ennui, le film contenant son lot de péripéties, mais on ne pourra s'empêcher de lever les yeux au ciel à certains moments. Pompéi constitue donc une nouvelle oeuvre moyenne dans la filmographie de Paul W.S. Anderson, dont la générosité ne compense pas la platitude...

Note : 3,5/10


samedi 25 janvier 2014

Antiviral


Titre : Antiviral
Réalisateur : Brandon Cronenberg
Acteurs : Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcolm McDowell
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : science-fiction, thriller

Synopsis : 
La communion des fans avec leurs idoles ne connait plus de limites. Syd March est employé d’une clinique spécialisée dans la vente et l’injection de virus ayant infecté des célébrités. Mais il vend aussi ces échantillons, pour son propre compte, à de puissantes organisations criminelles. Sa méthode pour déjouer les contrôles de la clinique : s’injecter les virus à lui-même... Mais ce procédé va s’avérer doublement dangereux : porteur du germe mortel ayant contaminé la star Hannah Geist, Syd devient une cible pour les collectionneurs...   

Avis : 
Antiviral est le premier long métrage réalisé par Brandon Cronenberg, le fils du célèbre David Cronenberg. Et le moins que l'on puisse dire en lisant le synopsis, puis en voyant le film, c'est que le rejeton est bien le fils de son père : Antiviral ressemble énormément, dans sa thématique comme dans son visuel, aux premières oeuvres du canadien marquées par le concept de "nouvelle chair". 


Ambiance très froide et clinique décors épurés, personnages secondaires désincarnés, chair meurtrie et fantasmée, on n'est en effet pas très loin des Rage, Crash, Videodrome ou même La Mouche, d'autant que le film de Brandon Cronenberg a pour thème central la maladie et sa transmission, mais aussi une forme de dépendance et de domination sadomasochiste au travers d'une certaine forme de cannibalisme. Bref, sur le papier, Antiviral est particulièrement intriguant, et cela va se vérifier dans une première partie développant à merveille son idée de base merveilleusement dérangeante.

Seulement le film va peu à peu s'enfermer dans un certain hermétisme. Si on apprécie le fait que le réalisateur ne cherche jamais la facilité, nous mettant constamment mal à l'aise avec son ambiance très froide ou ses débordements peu ragoutants, il finit hélas par intellectualiser de plus en plus son propos, jusqu'à écouter ses personnages déblatérer des monologues nombrilistes et sans grand intérêt. De fait, on finit par se détacher peu à peu du film dans une seconde partie bien plus pénible à suivre qu'à regarder.

Le premier film de Brandon Cronenberg est donc une semi-réussite : marchant clairement dans les pas de so père, il signe une oeuvre souvent dérangeante mais dont le synopsis glaçant finit par se perdre dans des discussions sans fin. Notons enfin la qualité de l'interprétation de Caleb Landry Jones (X-Men : le commencement, Byzantium), aussi parfait dans le cynisme du commerçant de virus qu'inquiétant lorsqu'il est infecté.

Note : 6,5/10