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dimanche 11 juillet 2021

The Wicker man

 

Titre : The Wicker man
Réalisateur : Robin Hardy
Acteurs : Christopher Lee, Edward Woodward, Ingrid Pitt
Date de sortie : 1973
Genre : thriller

Synopsis : 
La veille du 1er mai, un policier du continent vient enquêter sur la disparition d'une fillette sur un îlot écossais. Il se heurte à l'hostilité et au mutisme de ses habitants...

Avis : 
C'est une oeuvre qui aura longtemps été oubliée dans nos contrées, avant d'être peu à peu redécouverte grâce à quelques passionnés tels que Jean-Pierre Dionnet et de devenir un classique, inspirant quelques films récents tels que Midsommar ou The VVitch... et même d'avoir droit à son remake avec l'inénarrable Nicolas Cage. Cette oeuvre, c'est The Wicker man, présent dans la liste des 100 meilleurs films britanniques du British Films Institute et considéré par Christopher Lee comme le meilleur film de sa carrière. 


S'il commence comme une enquête policière assez classique, le film de Robin Hardy va peu à peu brouiller les pistes, et nous emmener comme le sergent Howie dans un univers où les frontières sont floues, où l'on aura constamment l'impression que tout peut arriver, très loin de nos certitudes : celles d'homme de loi et de foi de Howie, celles d'amateurs de cinéma finalement peu habitués à vraiment sortir des sentiers battus du spectateur. En découle un film véritablement unique et particulièrement intelligent. 

Cette intelligence se retrouve d'ailleurs dans la confrontation entre les idées de Howie, chrétien dévot, et les habitants de l'île, adeptes de rites païens. L'intolérance horrifiée de l'un contre la condescendante cruauté des autres : le choc entre les deux mondes donnera des scènes formidables où le policier est confronté à tout ce qui incarne le pêché (notamment le sexe, avec ces villageois aux moeurs libérés, cette célébration de la nudité, ces symboles expliqués aux plus jeunes) et la tentation, comme la célèbre scène où Britt Ekland tente de le séduire. Le tout jusqu'à un final terriblement amoral et subversif, qui achève de faire de ce Wicker man une oeuvre culte, unique et indispensable. 



samedi 31 août 2019

Memories of murder


Titre : Memories of murder (Salinui chueok)
Réalisateur : Bong Joon-ho
Acteurs : Song Kang-Oh, Kim Sang-kyung, Hie bong Hyeon
Date de sortie en France : 23 juin 2004
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour. Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...
Avis : 
Deuxième film de Bong Joon-ho, Memories of murder fait partie de ces classiques qui ont permis de mettre le cinéma sud-coréen en avant dans les années 200, aux côtés des Na Hong-jin (The Chaser, The Strangers) et Park Chan-wook. Précédé de l'horripilante mention "inspiré d'une histoire vraie", le film va nous entraîner à la poursuite d'un tueur en série insaisissable, au beau milieu de la campagne Coréenne que rien ne pouvait préparer à ça.


Le film commence presque comme une parodie, en nous montrant les difficultés que rencontrent les policiers, face à des crimes qui les dépassent, face à des procédés qu'ils n'ont pas l'habitude d'utiliser, face à une population tantôt insouciante, tantôt hostile. On s'amuse presque de voir les enquêteurs incapables de relever ou d'exploiter le moindre indice... jusqu'à ce que cette incompétence prenne à son tour le caractère d'une parodie, de justice cette fois : falsification de preuves, intimidations de suspects, aveux arrachés par la force, tout est bon pour dénicher un coupable pour donner une impression d'efficacité. Jusqu'à finalement se mettre la population à dos et négliger des éléments importants.

Et si l'on pense que l'arrivée d'un détective de la capitale va permettre de faire avancer les choses, on en sera pour nos frais. S'il remet un peu d'ordre et de méthode dans l'enquête, quitte à entrer en conflit avec les policiers locaux, il va peu à peu être à son tour dépassé par les événements et sombrer dans les travers de ses collègues. Bref, malgré des rebondissements et des découvertes régulières, on aura surtout l'impression que les recherches tournent en rond, et les déductions ne mènent finalement pas à grand chose.

Memories of murder est ainsi de plus en plus sombre, et réussit même à nous placer aux côtés du duo de policier (dont le formidable Song Kang-Oh), et questionne en fin de métrage notre rapport à l'éthique, notre perception du bien et du mal. Un véritable tour de force, magnifié par quelques séquences formidables, teintées d'humour noir. Un incontournable du genre.

Note : 9/10


 

mercredi 18 octobre 2017

Que Dios nos perdone


Titre : Que Dios nos perdone
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Acteurs : Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira
Date de sortie en France : 9 août 2017
Genre : policier

Synopsis : 
 Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…

Avis : 
Après l'excellent La Isla minima, le cinéma espagnol nous propose un nouveau thriller policier sur fond de politique. La campagne d'une Espagne post-franquiste des années 80 d'un côté, la capitale madrilène au beau milieu de la crise économique de l'autre, pour deux enquêtes mettant en scène un duo que tout semble opposer, grand classique du genre.



Classique, mais pourtant extrêmement efficace. La chaleur madrilène, les meurtres particulièrement glauques (des femmes âgées violées, torturées et tuées), la personnalité des deux enquêteurs... tout participe à faire de ce Que Dios nos perdone un film à l'ambiance pesante, qui nous enfonce dans une noirceur de plus en plus prégnante. Même les rares éléments qui semblaient apporter un peu d'oxygène finissent par voler en éclat, comme la personnalité de Velarde(l'excellent Antonio de la Torre, vu notamment dans Balada Triste ou... La Isla minima), que l'on pense bien plus équilibré que son collègue, mais se qui se révèle presque pire.

On appréciera également le fait que le film laisse quelques zones d'ombre, comme les motivations profondes du tueur ou certaines mésaventures arrivant au duo de policiers en dehors de ce qu'on voit à l'écran. Et surtout, le film n'hésite pas à nous prendre totalement au dépourvu, notamment dans son final. Seul petit bémol, le sentiment que certains événements sont trop précipités, comme tombant du ciel, ce qui nuit un peu au réalisme d'une enquête pourtant passionnante.

Que Dios nos perdone est donc une nouvelle réussite pour le cinéma policier espagnol. Intelligent et glauque, bénéficiant d'un duo d'acteurs principaux impeccables, il restera sans doute comme l'un des films marquants de cette année 2017.

Note : 8/10


vendredi 6 mai 2016

Les Enquêtes du Département V : Délivrance


Titre : Les Enquêtes du Département V : Délivrance (Flaskepost fra P)
Réalisateur : Hans Petter Molland
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pal Sverre Valheim Hagen
Date de sortie en France : 5 mai 2016 (en e-cinema)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé... L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?

Avis : 
Après Miséricorde et Profanation, le duo inspiré des romans de Jussi Adler-Olsen revient pour une troisième affaire, qui a de nouveau battu des records d'entrée au Danemark. Hans Petter Molland succède à Peter Norgaard à la réalisation, pour une histoire basée sur des enlèvements d'enfants au sein de communautés religieuses très fermées. Hélas, cette fois, on ressort du film avec un sentiment plutôt mitigé.


L'impression générale, en fait, est celle d'un survol très lointain du sujet. Alors que le sujet est assez formidable, avec cette plongée dans les obscurantismes religieux et leur culture du secret bien utilisés par le tueur en série (Pal Sverre Valheim Hagen, à qui l'on donnerait justement le bon Dieu sans confession), le film reste en surface. Cela vient peut-être des problèmes d'adaptation des deux premiers volets, qui délaissaient presque totalement les spécificités liées au personnage d'Assad et à son passé : d'une place centrale dans le roman, l'assistant musulman fait presque de la figuration dans un film pourtant centré sur la religion. Un peu dommage quand même...

Cette sensation de survol se retrouve également du côté de l'enquête : évidemment moins développée que dans le roman, elle manque clairement de liant, entre éléments rapidement balancés au placard (la bouteille à la mer est déchiffrée puis oubliée en un temps record) et solutions qui tombent du ciel.Les policiers ne font finalement aucune recherche, ou presque, et tout semble leur tomber sous le nez par hasard, là où les deux volets précédents parvenaient à offrir une intrigue et une enquête cohérente.

Après deux premiers volets très réussis, Délivrance est donc une petite déception. Si l'on retrouve avec un certain plaisir la saga, on ne pourra que regretter des choix scénaristiques trop faciles faisant souvent passer le film à côté de son sujet. Pour le reste, entre flash-backs réguliers, poussées de suspense (là aussi, souvent mal gérés, comme les scènes du train ou de l'hôpital) et mise en scène froide, nous restons en terrain connu, mais sans le désir de vite enchaîner sur le prochain opus...

Note : 6/10


lundi 11 janvier 2016

Sicario


Titre : Sicario
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin
Date de sortie en France : 7 octobre 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis :
La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Avis :
Si Prisoners et Enemy, les deux précédents films de Denis Villeneuve, étaient plutôt réussis, ils souffraient tous les deux d'un défaut assez important : celui de tenir un peu trop le spectateur par la main, de tout lui expliquer, d'insister sur certains détails destinés à devenir important, ce qui rendait ces deux œuvres parfois agaçantes. Avec Sicario, film musclé sur la lutte contre le trafic de drogues à la frontière mexicaine, le réalisateur canadien va corriger ce défaut : il va même nous laisser volontairement dans le flou en laissant de côté pas mal de détails.


 Sicario nous prouve une nouvelle fois tout le talent de Villeneuve derrière une caméra : il fait naître une incroyable tension lors de certaines séquences (l'introduction, la traversée de la frontière, le souterrain...), nous plongeant au plus près de l'action et nous faisant ressentir l'horreur et la peur des personnages. Il s'entoure par ailleurs d'acteurs brillants : Emily Blunt (Edge of tomorrow), Benicio del Toro (Che, Paradise lost) et Josh Brolin (Everest, Oldboy) sont impressionnants dans leurs rôles respectifs, et démontrent une nouvelle fois leur talent ainsi que le don de Villeneuve pour la direction d'acteurs.

Cet aspect étouffant ne parvient malheureusement pas à camoufler un discours plus que convenu, malgré son efficacité. Le thème des limites morales de la lutte contre le crime est d'un classicisme absolu, et ce n'est pas Sicario qui y apportera quelque chose de nouveau, d'autant qu'il évite bien soigneusement de se mouiller en sortant de son chapeau une banale histoire de vengeance en fin de film. On aurait en fait presque préféré que le film se concentre sur l'ambiance morbide de la découverte de la maison de l'introduction plutôt que sur une histoire de cartels que l'on connaît par cœur.

La forme l'emporte donc finalement sur le fond sur ce Sicario. Les scènes spectaculaires sont une franche réussite, parmi les plus efficaces de ces dernières années, mais à côté de ça, on rangera quand même son frein en attendant un peu plus de consistance...


Note : 7/10


samedi 2 janvier 2016

Antigang


Titre : Antigang
Réalisateur : Benjamin Rocher
Acteurs : Jean Réno, Alban Lenoir, Caterina Murino
Date de sortie en France : 19 août 2015
Genre : policier, action

Synopsis : 
Serge Buren est un flic de légende, entouré d’une bande de jeunes flics aux méthodes peu conventionnelles. Qu’importe qu’ils utilisent des battes de baseball ou « oublient » le règlement au cours d’arrestations spectaculaires, les résultats sont au rendez-vous ! C’est alors qu’un groupe de braqueurs meurtriers entre en scène, dévalisant avec une facilité déconcertante banques et bijouteries de la capitale, à coup d’armes de guerre et de scénarios imparables. Face à tant d’ingéniosité et de brutalité, Buren et son unité se retrouvent confrontés à une situation délicate : leurs méthodes expéditives suffiront-elles à arrêter ces criminels autrement plus machiavéliques ?

Avis : 
Après les très moyens La Horde et Goal of the dead, Benjamin Rocher abandonne enfin le film d'horreur au profit du film policier, toujours très en vogue dans l'hexagone. Mais cette fois, loin du sérieux habituel de ce genre de production (36 quai des orfèvres, L'Affaire SK-1), le réalisateur va nous proposer un film plus décontracté, dans la lignée de ses films précédents et de modèles américains tels que Rush hour ou Bad boys.


Egalement inspiré du Heat de Michael Mann, Antigang nous fait donc suivre une équipe de flics aux méthodes chocs, qui ne s'embarrassent ni de procédure ni de finesse quand il s'agit de coffret les criminels... ce qui ne plaît évidemment pas à leur hiérarchie... sauf quand cela se révélera être l'unique moyen d'arrêter une bande particulièrement bien organisée. Rien de bien nouveau donc.

Mais cela n'empêche pas certaines séquences d'être très efficaces : la décontraction d'Alban Lenoir (Un français) lors des affrontements fait mouche, et la course-poursuite autour de la Bibliothèque Nationale de France est superbe. On appréciera également de revoir Jean Réno en tête d'affiche, dans un rôle classique mais qui lui convient parfaitement.

Loin d'être irréprochable, avec son histoire très très conne et l'impression constante de déjà-vu, Antigang parvient néanmoins à se démarquer grâce à son ambiance détendue et quelques séquences très énergiques. Presque inespéré quand on avait vu les précédents film de Benjamin Rocher...

Note : 6.5/10


mercredi 23 décembre 2015

Strictly criminal


Titre : Strictly criminal (Black mass)
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch
Date de sortie en France : 25 novembre 2015
Genre : policier, thriller

Synopsis :
Le quartier de South Boston dans les années 70. L'agent du FBI John Connolly convainc le caïd irlandais James "Whitey" Bulger de collaborer avec l'agence fédérale afin d'éliminer un ennemi commun : la mafia italienne. Le film retrace l'histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré et permis à Whitey d'échapper à la justice, de consolider son pouvoir et de s'imposer comme l'un des malfrats les plus redoutables de Boston et les plus puissants des États-Unis.

Avis :
Son arrestation en 2011 a mis fin à la cavale de l'un des plus célèbres criminels américains du vingtième siècle : meurtres, racket, trafic de drogues... James Bulger a régné sur Boston, bien aidé par son alliance avec l'agent John Connolly. Un sujet parfait pour un film ? Pas totalement...


 Car Strictly criminal se révèle extrêmement décevant. A trop vouloir détailler les rouages de l'ascension de « Whitey », il ne parvient pas totalement à retranscrire la menace qu'il pouvait représenter. Evidemment, on verra le truand assassiner froidement plusieurs personnes, mais on ne tremble pas vraiment devant un personnage qui semble finalement moins détestable que l'agent Connolly... ou les collègues pourtant irréprochables de ce dernier.

Dommage, car dans le rôle principal, Johnny Depp est éblouissant. Sous un maquillage impressionnant, il retranscrit à merveille la folie contenue du personnage, et semble constamment sur le point d'exploser. Il éclipse sans difficulté le reste du casting, pourtant prestigieux, de Joel Edgerton (Warrior, Exodus) à Benedict Cumberbatch (Star Trek into darkness, Imitation game) en passant par Kevin Bacon  (Hollow man), Corey Stoll (Ant-Man, The Strain), Dakota Johnson (50nuances de Grey), Peter Sarsgard, Juno Temple (Horns), Jesse Plemons (The Program, Breaking bad) ou encore Rory Cochrane (Argo).

Stritcly criminal  ne décolle donc jamais, et reste un film policier très moyen, uniquement éclairé par l'impressionnante performance d'un Johnny Depp  qu'on n'attendait pas si menaçant. De quoi lancer une nouvelle carrière dans des rôles plus sombres ?


Note : 4/10


jeudi 6 août 2015

La Isla minima


Titre : La Isla minima
Réalisateur : Alberto Rodriguez
Acteurs : Raùl Arévalo, Javier Gutiérrez, Antonio de la Torre
Date de sortie en France : 15 juillet 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis :
Deux flics que tout oppose, dans l'Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d'Andalousie  pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu'à l'absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

Avis : 
En voyant la bande-annonce, on s'attendait presque à entendre les premières notes du thème de la série True detective. Avec son duo d'enquêteurs que tout oppose, ses meurtres d'adolescents aux lourds secrets, ses lieux éloignés de tout et propices aux mystères, le film d'Alberto Rodriguez ressemble ainsi à s'y méprendre à la série interprétée par Woody Harrelson et Matthew McConaughey, ou même à Twin Peaks. Ce qui n'enlèvera rien à ses qualités.


 Car si le film met un peu de temps à démarrer, reprenant les éternelles bases du genre, on se retrouve peu à peu pris dans l'ambiance de cette Espagne des années 80, d'autant que l'enquête progresse de façon cohérente et tangible, loin de certains thrillers se contentant d'éléments tombant du ciel pour progresser. On regrettera peut-être le fait que certains éléments disparaissent sans trop d'explication, ou que la solution devienne évidente assez vite, mais cela n'empêche pas le film d'être particulièrement prenant.

Dommage aussi que les relations entre les deux policiers ne soient pas plus développées, notamment en ce qui concerne leur passé. En revanche, on appréciera la qualité des rôles secondaires, qui apportent vraiment quelque chose à l'histoire. Au niveau de la réalisation, j'avoue avoir trouvé assez agaçante et tape-à-l'oeil cette manie inutile de filmer les paysages du ciel. L'effet est certes réussi les premières fois, mais finit par devenir redondant en se répétant trop souvent.


La Isla minima compense donc son manque relatif d'originalité par une enquête très prenante et une ambiance très réussie. On aurait presque aimé que le film aille un peu plus loin dans la description de son duo d'enquêteurs, mais cela n'empêche pas le film d'Alberto Rodriguez d'être une  réussite.

Note : 7/10


dimanche 5 juillet 2015

La prochaine fois je viserai le coeur


Titre : La prochaine fois je viserai le coeur
Réalisateur : Cédric Anger
Acteurs : Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
Date de sortie en France : 12 novembre 2014
Genre : policier

Synopsis : 
Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Avis : 
"Inspiré de l'histoire vraie" du meurtrier Alain Lamarre, La prochaine fois je viserai le coeur nous fait donc suivre un gendarme tueur en série, interprété par un Guillaume Canet (Jappeloup, En solitaire) très loin de ses rôles habituels. Un assassin qui nous suivons au plus près, dans son quotidien, dans son travail... et dans ses crimes. Avec apparemment la volonté d'empiler le plus de clichés possibles.


Cela démarre pourtant bien, avec cette séquence où Guillaume Canet suit longuement une jeune femme avant de l'agresser. Hélas, alors que tout semblait indiquer que cet événement aurait une importance pour la suite, la victime semblant reconnaître le gendarme qui vient l'interroger à l'hôpital, l'épisode sera rapidement oublié, et le film s'enfoncera progressivement dans un classicisme assez agaçant, notamment dans la description de son meurtrier.

Car le gendarme assassin est, évidemment, une personne réservée, qui pratique la flagellation, qui est incapable d'avoir une relation avec une femme, qui est incompris par ses proches et ses collègues. Tous les clichés y passent, et font perdre toute leur force aux scènes de meurtres, pourtant réussies. L'interprétation de Guillaume Canet suit le même mouvement, sombrant peu à peu dans l'absence totale de nuances, flingué par un personnage mal écrit et dont la crédibilité s'efface à chaque seconde.

On attendait donc un peu mieux de ce film policier hélas balisé et se contentant de suivre le cahier des charges et la liste des idées les plus éculées du genre. La prochaine fois, je regarderai autre chose...

Note : 4/10




jeudi 4 juin 2015

L'Affaire SK1


Titre : L'Affaire SK1
Réalisateur : Frédéric Tellier
Acteurs : Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française.

Avis : 
L'Affaire SK1 reprend l'histoire de la traque et du procès du tristement célèbre "tueur de l'Est parisien" : Guy Georges. Une enquête qui durera près de 10 ans, 10 ans de meurtres sauvages, d'erreurs , de fausses pistes, de guerres entre les services, avant un procès qui ne fera qu'effleurer les motivations du monstre.


Fréderic Tellier nous offre ici un film percutant, dans la grande tradition des films policiers français. L'enquête est passionnante, centrée sur l'obsession de l'inspecteur Magne et les moments forts de la traque, comme ce portrait-robot inexplicablement raté ou les moments où le tueur parvient presque miraculeusement à passer entre les mailles du filets. Et si Raphaël Personnaz (Marius, Fanny) est très convaincant dans un rôle assez classique, les passages consacrés au procès permettent d'apprécier l'interprétation d'Adama Niane dans la peau d'un Guy Georges bien plus charismatique que le modèle, nous glaçant notamment le sang lors de sa confession.

L'Affaire SK1 réussit par ailleurs à évoquer les horreurs commises par le tueur en série sans jamais verser dans le voyeurisme, mais sans non plus éviter quelques images chocs montrant les cadavres des victimes. Et même si l'on connait dès le départ l'identité du meurtrier, cela n'enlève pas grand chose au suspense, même si on sait que certains interrogatoires ne donneront rien. En revanche, cela renforce encore l'impression d'injustice quand Guy Georges est relâché après avoir été interrogé. Les passages au tribunal sont hélas bien moins fortes pour la plupart, sauf quand l'assassin se trahit enfin, emporté par ses pulsions meurtrières.

Sans artifice, L'Affaire SK1 nous replonge donc parfaitement dans l'interminable traque au tueur de l'Est parisien, et montre qu'on peut reprendre de façon convaincante un horrible fait divers, contrairement à 24 jours par exemple. Une enquête passionnante, ponctuée de moments forts, où l'on redécouvre certains éléments ayant permis à ce tueur pourtant loin d'être un génie d'échapper à la police pendant de nombreuses années. On regrettera néanmoins que l'aspect psychologique du tueur ou du personnage interprété par Personnaz reste très léger, mais il n'entame pas l'efficacité de l'oeuvre de Fréderic Tellier.

Note : 8/10



jeudi 26 mars 2015

Les Enquêtes du Département V : Profanation


Titre : Les Enquêtes du Département V : Profanation (Fasandræberne)
Réalisateur : Mikkel Norgaard
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pilou Asbæk
Date de sortie en France : 8 avril 2015
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
En 1987, un double-meurtre défraye la chronique. Malgré les soupçons qui pèsent sur un groupe de pensionnaires d’un internat, la police classe l’affaire, faute de preuve… Jusqu'à l'intervention, plus de 20 ans après, du Département V : l’inspecteur Carl Mørck, et Assad, son assistant d’origine syrienne, spécialisés dans les crimes non résolus.Ensemble, ils rouvrent l’affaire qui les amène à enquêter sur trois des notables les plus puissants du Danemark.

Avis : 
Après Miséricorde, le Département V revient pour une deuxième enquête, toujours inspirée des romans de Jussi Adler-Olsen et toujours réalisée par Mikkel Norgaard. Cette fois, ce n'est pas une disparition qui va retenir l'attention des deux policiers, mais une affaire de meurtres et de viol non élucidés depuis vingt ans, pour une enquête encore plus difficile et plus sombre que la précédente.


J'avais beaucoup aimé le premier épisode de cette nouvelle saga cinématographique : j'ai encore davantage apprécié Profanation. Tout d'abord, le scénario est encore mieux ficelé, assemblant peu à peu les nombreuses pièces d'un puzzle très bien agencé, et réussissant paradoxalement à maintenir le mystère et le suspense tout en nous révélant assez rapidement l'identité du tueur. On s'intéresse dès lors à l'enquête en elle-même, mais aussi aux circonstances ayant entraîné les meurtres, pour découvrir plusieurs portraits de personnages assez glaçants.

Profanation est également plus violent que le premier volet, et plus sombre, notamment autour du destin de Kimmie, loin des personnages féminins parfois lisses que l'on retrouve souvent dans le genre. Tout comme pour le premier volet, on retrouve les influences de Millénium, le film et de David Fincher, notamment dans l'évolution de l'inspecteur Carl Mørck, qui évoque parfois le Brad Pitt de Seven. On regrettera néanmoins que son coéquipier, Assad, reste la plupart du temps en retrait et ne participe presque jamais à l'enquête, se contentant de suivre sans prendre d'initiative.

Bénéficiant en plus d'un casting impeccable (on retrouve d'ailleurs Pilou Asbæk, déjà vu dans les excellents R et Hijacking - et dans l'immonde Lucy de Luc Besson, personne n'étant parfait) et d'une réalisation toujours aussi sobre et soignée, Profanation est donc à mes yeux encore plus réussi que Miséricorde, en grande partie grâce à un scénario remarquable qui nous plonge entièrement dans une enquête passionnante et sans temps mort. Il est presque frustrant de devoir maintenant attendre le troisième volet, dont le tournage va bientôt commencer !

Note : 8,5/10


samedi 21 mars 2015

Les Enquêtes du Département V : Miséricorde


Titre : Les Enquêtes du Département V : Miséricorde (Kvinden i buret)
Réalisateur : Mikkel Norgaard
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Sonja Richter
Date de sortie en France : 27 mars 2015 (VOD)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Après une bavure qui coûte la vie à l’un de ses collègues et laisse son meilleur ami paralysé, l’inspecteur Carl Mørck a presque tout perdu. Mis sur la touche, privé du droit d’enquêter, il est chargé d’archiver les vieux dossiers du commissariat avec Hafez el Assad, l’assistant d’origine syrienne qui lui est imposé. Mais très vite, les deux policiers désobéissent à leur supérieur et rouvrent une enquête jamais résolue, la disparition mystérieuse d’une jeune politicienne prometteuse survenue cinq ans auparavant.  C’est la naissance du Département V et sa première enquête...

Avis : 
Le Département V est une saga littéraire écrite par le danois Jussi Adler-Olsen, dont les cinq premiers tomes ont été traduits en français. Premier volet de la série, Miséricorde va nous permettre de découvrir ledit département V, et ce duo de policiers mis au placard avec les vieux dossiers à archiver... qu'ils vont décider d'étudier de nouveau, plusieurs années plus tard.


Très clairement, de l'idée d'enquêter sur des situations du passé à la façon de mener l'enquête, l'influence de Millénium se fait ressentir : utilisation de (nombreux) flash-backs, capacité à donner une signification nouvelle à d'anciens indices, et même la réunion de deux personnes que tout oppose au début mais qui finiront par se montrer complémentaires, Miséricorde ne prétend clairement pas apporter quelque chose de nouveau au genre... mais va suivre le cahier des charges de façon très efficace.

L'enquête se révèle ainsi passionnante, grâce à un scénario intelligent et un mystère vraiment intéressant. La progression n'évite pas certaines facilités, mais l'ensemble est assez cohérent pour se prendre facilement au jeu, d'autant que le duo de policiers est vraiment attachant, avec deux personnages bien développés, avec une vraie personnalité et pas mal de crédibilité, notamment grâce à leurs défauts, soulevés avec une pointe d'humour plutôt efficace.

Si l'on pense parfois aussi à David Fincher, influence par ailleurs clairement revendiquée par Mikkel Norgaard, cette première enquête du Département V marche surtout sur les traces du Millénium, le film de Niels Arden Oplev, notamment dans cette impression de froideur typique des films scandinaves. Très classique donc, mais aussi et surtout très efficace, Miséricorde donne immédiatement envie de découvrir la suite, Profanation, et même de se pencher sur la saga littéraire dont les films s'inspirent !

Note : 7,5/10




jeudi 11 décembre 2014

La French


Titre : La French
Réalisateur : Cédric Jimenez
Acteurs : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Benoît Magimel
Date de sortie en France : 3 décembre 2014
Genre : policier, drame

Synopsis : 
Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

Avis : 
La French nous entraîne dans le Marseille de la fin des années 70, à une époque où la cité phocéenne était la capitale mondiale du trafic d'héroïne, dominée par la French Connection. Cédric Jimenez choisit de se concentrer sur la rivalité entre le juge Michel, figure de proue de la lutte contre la mafia, et Zampa, le parrain local que la police n'a jamais pu approcher.


Le film s'intéresse ainsi aux deux personnages, à leurs motivations, leurs réactions face aux victoires et aux échecs. Un parti-pris qui sera reproché par la famille de Pierre Michel (enfin, seulement les éléments montrant le juge sous un jour négatif, étrangement), mais qui donne une dimension humaine, plus proche du drame que du simple film polar à la française. Cet aspect est le véritable point fort du film, d'autant plus qu'il est porté par l'impeccable duo Dujardin - Lellouche, très convaincants dans leurs rôles respectifs.

Ils dominent en fait assez facilement un film qui, pour le reste, demeure très classique et reste dans les sentiers battus. On ne sort jamais du film de mafia assez classique avec l'affrontement entre deux personnalités hors-normes mais toujours très archétypales. Il n'y a ainsi que très peu de moments vraiment forts ou mémorables, à l'exception du final. Même le face à face entre les deux hommes, mis en avant dans la bande-annonce, tombe un peu à plat.

Malgré un sujet un or, une reconstitution admirable et un duo d'acteurs au top, La French ne dépasse pas le simple statut de bon polar à la française, très classique mais efficace. Insuffisant hélas pour se frotter aux autres grands films mettant en scène la mafia ou même cet épisode de l'histoire criminelle de Marseille comme le French Connection de William Friedkin.

Note : 7/10




vendredi 7 novembre 2014

Gone girl


Titre : Gone girl
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris
Date de sortie en France : 8 octobre 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Avis : 
Quand viendra l'heure du bilan de l'année 2014, David Fincher aura sans doute, une nouvelle fois, une place dans les classements répertoriant les meilleurs films de l'année. Car avec Gone girl, adaptation du best-seller de Gillian Flynn, il livre l'une des oeuvres les plus abouties d'une carrière pourtant jonchées de bijoux. Un thriller machiavélique, où le réalisateur de Seven s'amuse avec les apparences et joue avec le spectateur comme il sait si bien le faire.


Bénéficiant d'un scénario particulièrement intelligent, Gone girl nous ballade ainsi totalement, nous entraînant sur certaines pistes pour mieux nous surprendre ensuite, jouant parfaitement sur nos a priori, sur les clichés habituels du genre, mais aussi sur l'interprétation d'un Ben Affleck dont la démarche pataude est merveilleusement exploitée pour développer un personnage tour à tour antipathique et victime. Rosamund Pike (Jack Reacher, Le Dernier pub avant la fin du monde) n'est pas en reste, offrant quelques moments de frissons par le seul biais d'un regard.

Fincher en profite pour égratigner largement les médias, n'hésitant pas à utiliser leur influence pour détruire la réputation d'une personne sur la base d'une simple rumeur, d'une simple photo sortie de son contexte. Gone girl joue ainsi beaucoup sur les apparences, sur les réactions de ses personnages emportés par une situation qui les dépasse et ne réagissant ni comme ils le devraient, ni comme le public attend qu'ils ne le fassent.

Ajoutez à tout cela une bande sonore formidable, signée Trent Reznor et Atticus Ross, et vous avez ici l'un des meilleurs films de ces dernières années, et une nouvelle réussite dans la filmographie de David Fincher. A voir d'urgence si ce n'est déjà fait !

Note : 9,5.10


mercredi 10 septembre 2014

Colt 45


Titre : Colt 45
Réalisateur : Fabrice du Welz
Acteurs : Ymanol Perset, Gérard Lanvin, Joeystarr
Date de sortie en France : 6 août 2014
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Armurier et instructeur de tir à la Police Nationale, Vincent Milès est expert en tir de combat. À seulement 25 ans, ses compétences sont enviées par les élites du monde entier mais dans la plus grande incompréhension de la part de ses collègues, Vincent refuse obstinément d’intégrer une brigade de terrain.

Avis : 
Après Calvaire et Vinyan, et en attendant Alléluia, Fabrice du Welz nous livre avec Colt 45 un thriller policier français classique mais très efficace. Il nous propose de suivre Vincent (Ymanol Perset, étonnant de justesse), jeune policier expert en tir mais refusant d'aller sur le terrain, préférant conserver son poste d'armurier. Mais la rencontre avec Milo Cardena (Joeystarr, dans son registre habituel) va tout faire basculer.


A partir d'une histoire assez simple, du Welz va nous livrer un thriller nerveux, rythmé par les doutes et les erreurs de son jeune personnage principal, mais aussi par les rivalités entre les différentes polices et les diverses manipulations dont sera victime Vincent. Rien de bien nouveau donc, mais cela n'empêche pas le film d'être très efficace, notamment grâce à un rythme soutenu et quelques scènes d'action intenses à défaut d'être toujours lisibles.

Autre petit bémol, un scénario qui n'évite pas toujours les (grosses) ficelles et ne réserve que peu de surprises, mais livre finalement exactement ce qu'il promettait, jusqu'à un final attendu versant dans le vigilante violent et jouissif sans pour autant justifier les actions du personnage, les contrebalançant même avec une révélation finale empreinte de cynisme.

Rien de nouveau donc avec ce Colt 45, bien plus classique que les oeuvres précédentes de Fabrice du Welz, mais un thriller policier efficace avec sa dose d'action, son enquête rondement menée et ses personnages marquants : c'est finalement tout ce qu'on demandait à ce film, qui remplit donc parfaitement ses promesses malgré quelques maladresses.

Note : 7/10


lundi 28 juillet 2014

La Chambre bleue


Titre : La Chambre bleue
Réalisateur : Mathieu Amalric
Acteurs : Mathieu Amalric, Léa Drucker, Stéphanie Cléau
Date de sortie en France : 16 mai 2014
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
- Dis- moi Julien, si je devenais libre,  tu te rendrais libre aussi ?
- Tu dis ?...
Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour. Du moins l’homme semble le croire. Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. « La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »

Avis : 
Adaptation du roman de Georges Simenon, La Chambre bleue est un thriller policier bien particulier : en effet, le film de Mathieu Amalric (La Vénus à la fourrure, The Grand Budapest Hotel) va suivre une structure et un développement bien particuliers en choisissant d'éclater sa chronologie, au risque de perdre le spectateur, en mêlant de nombreuses scènes d'interrogatoire et des passages montrant rétrospectivement la réalité des faits.


endant une bonne partie du film, nous ne saurons ainsi pas de quel crime est accusé le personnage principal, le film restant volontairement nébuleux sur les enjeux, à l'image d'un thriller hitchcockien. Amalric choisit d'ailleurs de se concentrer sur l'aspect sensitif de son film, insistant sur le son, l'image ou même le toucher. Cela donne une oeuvre assez particulière, expérimentale, ne se livrant que par petites touches... jusqu'à provoquer l'ennui.

Car à force de lenteur, à force de non-dits et de redondances (les interrogatoires se ressemblent tous, et ne font qu'avancer très lentement l'histoire), le film finit par perdre tout intérêt et ressemble peu à peu à une simple démonstration technique, où l'intrigue s'épaissit et se dévoile en même temps dans une indifférence totale, et où l'on ne pourra pas voir tous les indices nécessaires à la compréhension de l'affaire.

En fait, le constat est assez particulier : La Chambre bleue est un film qui nécessite sans doute d'être revu pour être totalement compris... mais en aura-t-on vraiment envie ? Personnellement, non, alors même que j'aime beaucoup Mathieu Amalric...

Note : 3,5/10


dimanche 18 mai 2014

Le Crime était presque parfait


Titre : Le Crime était presque parfait (Dial M for murder)
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Acteurs : Ray Milland, Grace Kelly, Robert Cummings
Date de sortie en France : 2 février 1955
Genre : policier

Synopsis : 
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers. Craignant que sa femme le quitte et le laisse sans le sou, Tony fait appel au capitaine Lesgate et le charge d'assassiner Margot en échange d'une grosse somme d'argent.

Avis : 
Adapté d'une pièce à théâtre à succès signée Frederick Knott, Le Crime était presque parfait est l'un des films les plus connus d'Alfred Hitchcock. Première collaboration du réalisateur avec l'actrice Grace Kelly, il met en scène la tentative de meurtre de cette dernière par son mari, bien décidé à réussir le crime parfait. Evidemment, tout ne se passera pas comme il l'avait prévu.


On assiste ainsi à un film très drôle, très ludique, où l'on s'amuse d'abord de tous les ratés venant gâcher un plan qui semblait parfaitement huilé, avant d'entrer totalement dans une enquête dans laquelle Hitchcock joue parfaitement avec nous : il attire notre attention sur des éléments secondaires, sur des indices et des situations évidentes pour mieux nous détourner des véritables points d'intérêt.

L'enquête rebondit ainsi en permanence, entre l'imagination de Tony Wendice, les investigations de l'extraordinaire Hubbard et les soupçons de Mark Halliday. Et si, à titre personnel, j'aurais préféré voir le film se terminer un peu plus tôt, sur une mauvaise note (pas de surprise, hélas), on passe un excellent moment devant un film dont la qualité première est le scénario, à peut-être une ou deux ficelles près, malgré un suspense moins présent que dans beaucoup d'autres Hitchcock.

On regrettera également une réalisation un peu moins soignée que dans ses autres films, ainsi qu'une interprétation parfois très limite (Grace Kelly, franchement...). Mais Le Crime était presque parfait n'en est pas moins un excellent Hitchcock, extrêmement prenant et amusant à suivre grâce à un scénario très réussi. Pour moi qui ne suis pas un fervent admirateur des films du réalisateur, cela donne vraiment envie de se replonger dans sa filmographie !

Note : 8,5/10


samedi 3 mai 2014

Infernal affairs


Titre : Infernal affairs (Mou gaan dou)
Réalisateur : Alan Mak, Andrew Lau
Acteurs : Andy Lau, Tony Leung Chiu-Wai, Anthony Wong
Date de sortie en France : 1er septembre 2004
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Il y a dix ans, Yan et Ming étaient les deux meilleurs élèves de l'école de police. Yan a été sélectionné en secret par ses supérieurs pour devenir un agent infiltré dans les Triades. Ming est devenu un officier respecté mais qui a voué sa cause au parrain de la mafia. Aujourd'hui, ils sont chargés de découvrir le traître qui se cache dans leur camp. Mais ce qu'il ne savent pas encore, c'est qu'ils vont se traquer eux-mêmes !

Avis : 
Premier film d'une trilogie, dont le remake américain, Les Infiltrés, réalisé par Martin Scorsese, a remporté 4 Oscars, Infernal affairs raconte donc l'histoire croisée de deux taupes, deux infiltrés dans les camps opposés, et qui finiront par devoir enquêter l'un sur l'autre, tout en gérant les soupçons naissant autour d'eux.


Grâce à une excellente séquence où l'on découvre les deux hommes dans leurs doubles-rôles respectifs dans la même affaire (Yan communiquant les faits et gestes des truands à son supérieur pendant que Ming renseigne le parrain sur les manoeuvres policières) jusqu'à ce que chaque camp se rende compte que quelqu'un transmet les informations, on est rapidement pris dans l'intrigue, qui montera ensuite crescendo grâce à un scénario remarquablement ficelé.

Même s'il est hélas assez compliqué d'être surpris si on a vu le remake de Scorsese, on appréciera la progression de l'histoire et des deux personnages principaux, parfaitement interprétés, tous deux assaillis par le doute, s'attachant à leurs ennemis d'origine (le passage où Yan assiste à la mort d'un policier puis d'un truand, avec une même émotion, en est l'exemple parfait) tout en souhaitant revenir à une vie normale. Chaque transaction des Triades devient dès lors l'occasion d'un vrai suspense, d'une véritable intensité où chacun peut être découvert.

Porté par d'excellents acteurs, Infernal affairs est donc un très bon thriller policier, bénéficiant d'un scénario solide bien qu'assez prévisible. Un film passionnant dont je ne regrette finalement que la réalisation, souvent en-dessous du reste, très "hong-kongaise" et très stylisée, usant et abusant d'effets inutiles juste pour en abuser, ce qui est parfois fatiguant.

Note : 8/10


jeudi 20 mars 2014

Seven


Titre : Seven
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Brad Pitt, Morgan Freeman, Kevin Spacey
Date de sortie en France : 31 janvier 1996
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept péchés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère. 

Avis : 
 Second film de David Fincher, Seven met en scène Brad Pitt (World war Z, Cartel) et Morgan Freeman (Oblivion, La Chute de la Maison Blanche) dans le rôle de deux flics que tout oppose (Freeman, policier méthodique, blasé et proche de la retraite ; Pitt, jeune loup fonceur) lancés dans une enquête sordide, à la poursuite d'un tueur s'inspirant des péchés capitaux pour assassiner ses victimes.


Seven est d'abord remarquable par son ambiance très sombre : des couleurs très ternes, une pluie permanente, des décors particulièrement glauques et des victimes horriblement assassinées : Fincher nous plonge dans un univers cauchemardesque et étouffant, encore renforcé par un scénario très malin. Car ce jeu de piste macabre est très bien ficelé, les indices s'enchaînant à la perfection jusqu'à un final formidable.

Et si le film est parfois prévisible, ou dépasse les limites de la crédibilité, il se suit avec un plaisir toujours intact à chaque fois, grâce au duo Freeman / Pitt dont les rapports évoluent parfaitement, mais aussi grâce à l'interprétation extraordinaire de Kevin Spacey, dont l'apparition dans la dernière partie du film permet de relancer l'intérêt de l'histoire et de l'amener vers une conclusion très forte, au nihilisme glaçant.

Seven est l'un des meilleurs thrillers policiers que l'on ait vus au cinéma, consacrant définitivement Brad Pitt et lançant véritablement la carrière de David Fincher. Une ambiance formidable, un scénario intelligent et un sens du détail impressionnant, et un trio d'acteurs au sommet, pour un véritable bijou.

Note : 9/10


jeudi 4 juillet 2013

La Marque des anges - Miserere


Titre : La Marque des anges - Miserere
Réalisateur : Sylvain White
Acteurs : Gérard Depardieu, JoeyStarr, Héléna Noguerra
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
A Paris, Lionel Kasdan, commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu'aucun témoin n'ait apparemment assisté à la scène. De son côté, Frank Salek, un agent d'Interpol menacé d'être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d'une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d'enfants. Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan. Mais plus l'enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale... 

Avis : 
Attention, pétard mouillé ! Adaptation de Miserere de Jean-Christophe Grangé (également auteur de Les Rivières pourpres), le film de Sylvain White va en effet, malgré un casting prestigieux (Depardieu, JoeyStarr, Lhermitte parmi les seconds rôles) et une base intéressante, se révéler très décevant, la faute à un scénario multipliant les ficelles et les ellipses et à une intrigue qui va peu à peu s'enfoncer dans le grotesque.
 

Pourtant, le duo Depardieu (toujours étonnant de naturel) / JoeyStarr (toujours dans le même rôle depuis quelques films), était assez prometteur, et si les deux s'en sortent plutôt bien (on ne pourra pas en dire autant d'Héléna Noguerra, sans aucune crédibilité en agent d'Interpol), malgré des personnages très limités, ils ne peuvent pas grand chose face à une enquête sans inspiration.

En fait, le mot "enquête" n'est pas vraiment adapté : le duo n'aura jamais à chercher quelque indice que ce soit, tout leur tombant miraculeusement entre les mains, que ce soit par un appel opportun, par un personnage secondaire qui les aiguille directement sur la bonne piste ou tout simplement par des hasards et des coïncidences. L'énormité des ficelles scénaristiques se conjugue en plus à des éléments tout simplement oubliés en court de route, comme ce groupe de gamins tueurs, qui disparaîtront mystérieusement, ou une touche de fantastique, par le biais d'un rêve de Depardieu, tout simplement abandonnée sans autre explication.

Ajoutez à cela des sous-intrigues gratuites et sans grand intérêt, comme cette sombre histoire de vengeance sur fond de nazisme, faisant peu à peu basculer le film vers un final ridicule : La Marque des anges - Miserere n'est finalement qu'un petit thriller policier plutôt idiot, handicapé par une réalisation peu inspirée, et uniquement sauvé par la présence de ses têtes d'affiche.

Note : 3,5/10