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samedi 27 avril 2024

Godzilla X Kong : le nouvel Empire

 

Titre : Godzilla X Kong : le nouvel empire
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Dan Stevens
Date de sortie en France : 3 avril 2024
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Le tout-puissant Kong et le redoutable Godzilla unissent leurs forces contre une terrible menace encore secrète qui risque de les anéantir et qui met en danger la survie même de l’espèce humaine. 

Avis :
Cinquième film du MonsterVerse, Godzilla X Kong a la lourde mission de passer derrière le très, très moyen (pour être gentil) "Godzilla vs Kong", tout en étant inévitablement comparé au très, très bon "Godzilla Minus One". La bande-annonce, avec ses monstres sprintant comme des victimes de slashers et son déluge de numérique, ne laissait pas vraiment présager du meilleur. Verdict ? Ce "nouvel empire" ressemble beaucoup à tous les blockbusters que produit Hollywood depuis quelques années, pour le meilleur et surtout pour le pire. 


Suite aux événements de G vs K, Kong a emménagé dans la Terre creuse, et Godzilla est resté à la surface. Alors que le singe géant se lance dans une quête spirituelle profonde en recherchant ses semblables (inaugurant par la même occasion l'éternelle tendance des personnages à paraphraser ce que le spectateur avait parfaitement compris) entre deux bottages de cul de créatures étranges, le Roi des Monstres se tape de bonnes grosses siestes... entre deux bottages de cul de Titans. Bref, rien ne semblait les amener à se croiser de nouveaux sauf l'éternelle nouvelle menace, destinée à détruire le Monde et apparemment invulnérable. Rien de bien nouveau donc, et pourquoi pas finalement ?

 Malheureusement, Adam Wingard et ses scénaristes (oui, il y en a plusieurs) avaient envie de développer l'univers du MV, ainsi que leurs personnages. Si nous sommes enfin débarrassés de Kyle Chandler et Millie Bobby Brown, nous devrons encore subir Kaylee Hottle dans le rôle de la jeune sourd-muette (sauf quand elle oublie d'être sourde) et Brian Tyree Henry dans le rôle du podcaster complotiste qui filme tout sauf ce qui peut être intéressant et uniquement là pour apporter la caution "comique" (entendez par là qu'il s'agit du personnage secondaire classique des blockbusters de ces dernières années, peureux et un peu idiot). Ils sont ici rejoints par Dan Stevens ("Colossal", "Abigail") dans le rôle de l'insupportable Trapper, incapable d'effectuer une action sans être accompagné d'une musique assourdissante destinée à rendre l'ensemble "trop cool"... là encore, comme dans de trop nombreux blockbusters de ces dernières années. Ce dernier est d'ailleurs au centre de séquences tombées du ciel, comme lorsque Kong a besoin de soin. 

 

Le singe géant a une dent infectée ? Pas de problème, on a de quoi la remplacer. Kong s'est fait détruire le bras ? Pas de problème, un bras mécanique tombe du ciel. Kong a un des soucis d'érection ? Ah non tiens, le film n'est pas encore allé jusque là, même si on lui refile un fils adoptif. 

Ainsi, pendant environ une heure, on se contente de suivre les aventures de Kong, de Godzilla et du groupe d'humains, comme aux plus belles heures des Voyages au centre de la Terre ou d'un énième Monde perdu, jusqu'à ce que l'histoire ne démarre vraiment, avec la découverte d'un sous-sol sous le sous-sol, et d'un groupe de singes réduits en esclavage et n'attendant qu'Indiana Jones pour les sauver. Entre temps, quelques combats, plus ou moins réussis (le premier combat de Godzilla est expéditif mais très efficace), plus ou moins parasités par des ralentis débiles, plus ou moins tronqués (Kong contre le monstre du lac, Godzilla vs Tiamat), plus ou moins sabotés par cette volonté d'aller toujours plus loin dans l'action illisible. Un véritable gâchis, tant certaines créatures sont superbes et méritaient mieux, comme Tiamat ou Shimo. 

Bref, rien de nouveau pour ce Nouvel Empire, qui plaira sans doute aux fans de blockbusters insipides. Scénario basique, personnages humains sans grand intérêt, problèmes de cohérence, combat parfois spectaculaires et effets spéciaux généralement réussis si on n'est pas allergique aux fonds verts (9 fois le budget de l'oscarisé "Godzilla Minus One", par ailleurs). On ne change pas une formule qui gagne, et le fast-food hollywoodien nous offrira sans doute rapidement la suite. On parle d'ailleurs déjà d'une seconde saison de la sympathique série "Monarch : Legacy of Monsters", et de nouveaux films se concentrant (enfin !) sur de nouvelles créatures.



samedi 18 février 2023

Projet Wolf Hunting

 

Titre : Projet Wolf Hunting (Neugdaesanyang)
Réalisateur : Kim Hong-seon
Acteurs : Seo In-guk, Jang Dong-yoon, Jung So-min
Date de sortie en France : 15 février 2023
Genre : action, fantastique

Synopsis : 
Alors qu'ils sont transférés depuis les Philippines vers la Corée du Sud par un navire cargo, plusieurs dangereux criminels provoquent une violente émeute jusqu'à ce qu'un monstre non identifié sorte de son sommeil... 
 
Avis : 
Sans doute tracté par des locomotives telles que Bong Joon-ho (Parasite, Memories of murder), Park Chan-wook (Old boy, Mademoiselle, Decision to leave) ou Na Hong-jin (The Chaser, The Strangers), le cinéma sud-coréen s'est fait une belle place dans nos salles de cinéma et sur nos écrans de télévision. Le problème, c'est qu'alors qu'avant, seuls les meilleurs films nous parvenaient, cette mode permet désormais à des oeuvres très moyennes (la série Squid Game) voire mauvaises, comme ce Projet Wolf Hunting
 

 

PWH est un film d'action bourrin complètement con, qui bifurque à mi-chemin vers le nanar horrifique. Cela semble lui assurer un certain succès public, certains spectateurs se contentant volontiers de l'extrême violence du film (et pourquoi pas, finalement ?), mais j'avoue que, de mon côté, le film ne m'a amusé qu'une demi-heure avant de profondément m'ennuyer. Alors oui, évidemment, le film n'usurpe pas sa réputation : il est très, très violent et, dès que l'ensemble se met en marche, ça n'arrête plus une seconde. Mais bordel, qu'est-ce que c'est con ! 

Car on est quand même devant l'opération policière la plus mal foutue du monde, qui ne vérifie ni l'identité de l'équipage, ni ce que transporte le bateau, le tout avec une surveillance minimale et une équipe de vétérans qui respire l'amateurisme jusqu'à laisser totalement sans surveillance sa fine cargaison de prisonniers. Bon, à vrai dire, c'est sans doute une équipe de suicidaires, étant donné qu'aucun ne réagit face à des menaces armées. Côté prisonniers, la brochette habituelle, avec le leader charismatique qui en fait des tonnes pour bien montrer qu'il est cinglé (bordel, cette interprétation) et les sous-fifres habituels. Et quand le film bascule vers l'horreur, avec une créature bourrine qui ferait passer Jason Voorhees pour un tueur chétif, c'est encore pire : on enchaîne des mises à mort violentes, gores et répétitives de personnages dont l'instinct de survie était apparemment livré en option, entre deux révélations crétines délivrées par des acteurs en roue libre.

J'ai même fini par lutter contre le sommeil dans la dernière demi-heure, tant le combo action bourrine - gore crétin est lassant. Peu d'intérêt donc en ce qui me concerne, et surtout pas la "nouvelle bombe du cinéma coréen" que certains laissent entrevoir...



dimanche 7 août 2022

Prey

 
Titre : Prey
Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : Amber Midthunder, Dane DiLiegro, Dakota Beavers
Date de sortie en France : 5 août 2022 (Disney+)
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Il y a trois siècles sur le territoire des Comanches, Naru, une farouche et brillante guerrière, se fait désormais un devoir de protéger sa tribu dès qu’un danger la menace. Elle découvre que la proie qu’elle traque en ce moment n’est autre qu’un prédateur extraterrestre particulièrement évolué doté d’un arsenal de pointe des plus sophistiqués. Une confrontation aussi perverse que terrifiante s’engage bientôt entre les deux adversaires...  

Avis : 
Voici une saga dont on n'osait plus rien attendre : depuis sa première apparition en 1987, le Predator n'avait guère été à son avantage au cinéma, entre suites oubliables et crossovers sans grand intérêt. Aussi, l'annonce d'un nouvel épisode consacré au chasseur extraterrestre, sortant directement sur Hulu et Disney+, n'incitait pas vraiment à l'enthousiasme. Et pourtant, ce Prey est, à mes yeux, le meilleur épisode de la série après celui de John McTiernan. 
 

 
L'idée de ce Prey est née en 2016, avant que Dan Trachtenberg et le scénariste Partick Aison n'approchent en 2018 la production du très moyen The Predator. D'abord nommé "Skulls", le projet a longtemps essayé de masquer son appartenance à la saga, afin de surprendre les spectateurs. Mais, forcément, les réseaux sociaux sont entretemps passés par là, au grand désespoir de Trachtenberg.

Avec Prey, la saga revient aux sources, au propre comme au figuré. Le film de Dan Trachtenberg (à qui l'on doit également le très bon 10 Cloverfield lane) nous emmène dans l'Amérique sauvage du 18e siècle, aux côtés d'une tribu Comanche, confrontée à ce qui est peut-être le premier Predator à avoir foulé notre planète. Un retour aux environnements naturels donc, et à un équipement limité, ce qui va permettre de revenir aux fondamentaux de la saga : la chasse, la survie, l'astuce pour abattre un adversaire plus puissant et mieux équipé, et cette thématique constante du chasseur devenant le chassé. Prey, c'est Naru contre le Predator, dans un affrontement résonnant comme un rite de passage pour la jeune femme superbement interprétée par Amber Midthunder et destinée à rejoindre Ripley au Panthéon des femmes fortes du cinéma fantastique. 


Arc, hache, lances et connaissance du terrain pour l'une, équipement sophistiqué (mais toujours un peu primitif, comme le casque ou les armes de corps à corps), puissance, agilité et découverte des lieux pour le second : l'affrontement sera intense, avec quelques scènes d'action très réussies, et montera en puissance au fil du film, l'héroïne apprenant peu à peu à connaître son adversaire. Un adversaire qui redevient enfin le prédateur implacable qui avait donné tant de mal à Schwarzenegger et son équipe, se révélant même assez effrayant par moments.

Alors, évidemment, le film ne sera pas exempt de défauts, au premier rang desquels les effets spéciaux numériques, qui semblent trahir un certain manque de moyens, notamment lors de l'hommage un peu forcé à The Revenant. A titre personnel, j'ai également été gêné par les voyageurs francophones, qui n'apportent pas grand chose au récit (mais augmentent le bodycount et permettent de faire un clin d'oeil à Predator 2), et dont les dialogues sont souvent incompréhensibles...

Bref, Prey est une excellente surprise qui, en revenant à l'essentiel tout en développant sa propre identité, nous offre le meilleur volet de la saga depuis 1987. Violent, intense, le film aurait même mérité une sortie au cinéma, mais on peut comprendre que les volets précédents aient refroidi les producteurs. On parle déjà d'une suite, ce qui semble cohérent avec le générique de fin... mais franchement, est-ce bien nécessaire ?



dimanche 19 juin 2022

L'Autoroute de l'Enfer

 
Titre : L'Autoroute de l'Enfer (Highway to Hell)
Réalisateur : Ate de Jong
Acteurs : Patrick Bergin, Chad Lowe, Kristy Swanson
Date de sortie en France : 
Genre : horreur, action
 
Synopsis : 
Décidés à se marier malgré l'opposition de leurs familles, Charlie et Rachel se rendent à Las Vegas. Mais la rencontre avec le sergent Bedlam, sorte de flic zombie, bouleverse leurs plans lorsque celui-ci enlève la jeune fille et disparaît. Charlie découvre que pour retrouver sa fiancée, il doit se rendre en enfer.
 
Avis : 
Tout le monde connaît le mythe d’Orphée, descendu aux Enfers pour sauver sa bien aimée Eurydice. Mais saviez-vous qu’il y était allé en voiture, afin de retrouver l’élue de son coeur à grands renforts de courses-poursuites et de fusillages ? C’est pourtant ce que nous raconte L’Autoroute de l’Enfer, relecture rock’n roll du mythe façon années 90. 
 

On suit donc les aventures d’un jeune homme, dont la fiancée a été enlevée par un flic démoniaque. Un flic charismatique, au look mémorable, dont le visage est couvert d’inscriptions, gravées à même la peau (façon Livres de Sang de Clive Barker), aborant de remarquables lunettes de soleil, utilisant des menottes vivantes et un pistolet bien particulier. Un formidable personnage, qui aurait sans doute pu devenir un boogeyman récurrent si le film n’avait pas été un flop commercial.

Un personnage qui fait en fait office de « boss » récurrent, dans un film qui semble finalement construit comme un jeu vidéo : le scénario mince et linéaire n’est en fait qu’un prétexte pour des séquences d’action ou des rencontres avec des personnages improbables (on croise notamment Hitler, Cléopatre ou Attila – interprété par le jeune Ben Stiller !). Résultat : on s’amuse assez avec le film, généreux malgré un manque flagrant de moyens.

Le clou du spectacle est évidemment dans la course-poursuite finale, terriblement fun. Et c’est d’ailleurs l’adjectif, très 90s, qui me semble le plus adéquat pour cette Autoroute de l’Enfer : un divertissement sans prétention, que l’on regarde avec un sourire entendu, sans spécialement prêter attention aux nombreux défauts.
 
 


samedi 11 juin 2022

Jurassic World : le monde d'après

Titre : Jurassic World : le monde d'après (Jurassic World Dominion)
Réalisateur : Colin Trevorrow
Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Sam Neill
Date de sortie en France : 9 juin 2022
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.
 
Avis : 
Nous y voilà donc, à cet ultime épisode de la trilogie Jurassic World, et sixième volet de la saga Jurassic Park. Un volet qui nous permet d'assister à plusieurs retour : après avoir laissé la main à Juan Antonio Bayona (L'Orphelinat, Quelques minutes après minuit) pour le second volet (Jurassic World : Fallen Kingdom), Colin Trevorrow revient boucler la trilogie qu'il a lui-même initiée. Dans ses cartons, les acteurs et personnages des deux premiers volets, bien sûr, mais aussi les héros du premier film : Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum dans les rôles de Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm, dans cette grande mode actuelle du retour aux sources / hommage que l'on voit trop souvent ces dernières années. 
 
 
C'est d'ailleurs l'élément le plus caractéristique de ce "Monde d'après" : il ressemble beaucoup... au monde d'avant. On y retrouve ainsi un nombre impressionnant de plans repris de la trilogie originale (le plan sur Ellie Sattler lorsqu'elle aperçoit le brachiosaure, les héros dissimulés derrière un véhicule retourné...), de clins d'oeil plus ou moins subtils et cohérents (la fausse bombe de rasage, qui prépare le retour d'un des dinosaures du premier film), d'idées (l'affrontement entre deux superprédateurs, repris de Jurassic Park III), piochant jusque dans la série La Colo du Crétacé, et reprenant même pour antagoniste principal l'un des personnages (très) secondaires de Jurassic Park (un personnage qui a bien plus d'importance chez Michael Crichton). Pour résumer, Jurassic World : le monde d'après est presque un film écolo tant il met l'accent sur le recyclage. 
 
Un recyclage d'autant plus évident qu'il n'apporte pas grand chose à ce que développait déjà Jurassic World : Fallen Kingdom. Les animaux préhistoriques sont devenus une menace pour l'écosystème contemporain et pour les humains, mais sont également une source de convoitise pour les braconniers. Exploitées, élevées pour devenir des armes, destinées à mourir dans des combats clandestins et même... consommées, les créatures ressuscitées subissent finalement les mêmes horreurs que nos créatures contemporaines. 
 
 
Rien de bien nouveau donc, mais cette thématique va permettre à Colin Trevorrow de développer une ambiance assez proche d'un... film d'espionnage. On entend presque les notes du thème de Mission : impossible, et la spectaculaire course poursuite dans les rues de La Valette rappelle les derniers James Bond... grands méchants stéréotypés et séquences grandiloquentes à l'appui (le crash d'avion...). Plus que dans un Jurassic Park / World, on semble parfois être devant une étrange fusion entre un 007 et un jeu Pokemon. James Bond vs Team Rocket, je présume ?

Ceci dit, le film va se montrer très généreux en ce qui concerne son argument principal : les animaux préhistoriques. On croise de nombreuses nouvelles espèces, et pas seulement des dinosaures (Atrociraptor, Pyroraptor, Quetzalcoatlus, Dimetrodon, Therizinosaurus, Dreadnoughtus...), on en retrouve de bien connues (Blue le vélociraptor, le T Rex, le Mosasaure, les Compsognathus...), et on découvre une nouvelle menace : le Giganotosaurus, le plus grand prédateur que la Terre ait jamais porté. Malheureusement, le superprédateur sera un peu sous-exploité, se contentant de n'être qu'une pâle copie du Spinosaure de JP3. Les séquences mettant en scène ces créatures sont cependant très nombreuses, quitte à faire du film une simple succession de scènes d'action, ce qui n'est pas forcément un défaut vu la qualité du scénario. 
 
 
On s'étonnera cependant de la qualité de certains effets spéciaux numériques, notamment en début du film : incrustations bâclées, contours flous, écrans bleus très visibles... On a l'impression que les 20 premières minutes du film ont été ajoutées au dernier moment, sans apporter le soin que l'on peut voir sur le reste du film. Etrange. On notera enfin que, pour prolonger le plaisir, on pourra se tourner vers le court-métrage Battle at Big Rock, ou dans le prologue disponible depuis quelques semaines montrant le Tyrannosaure s'inviter au drive-in.
 
Bref, beaucoup de déjà vu et de recyclage pour un Monde d'après qui n'aura jamais autant ressemblé à un patchwork de la saga. Reste un divertissement typiquement hollywoodien, très spectaculaire mais très con et lisse, où l'on ne tremblera jamais pour les héros et pendant lequel on risque de se surprendre à regarder sa montre. J'ai grandi avec la saga Jurassic Park, le film de Steven Spielberg étant le tout premier film que je suis allé voir au cinéma. Avec Jurassic World : le Monde d'après, j'ai désormais l'impression d'appartenir moi-même à la Préhistoire, et d'être trop vieux pour ces conneries...
 


mercredi 18 mai 2022

Mutronics

 
 
Titre : Mutronics (The Guyver)
Réalisateur : Screaming Mad George, Steve Wang
Acteurs : Jack Armstrong, Mark Hamill, Vivian Wu
Date de sortie en France : 
Genre : science-fiction, super-héros

Synopsis :
Los Angeles, années 1990 – Un jeune homme, Sean Barker, découvre accidentellement un étrange appareil, le Guyver. Cet artefact peut se transformer en armure, conférant à celui qui la possède des pouvoirs considérables. Le Guyver est activement recherché par les Zoanoids, des extraterrestres belliqueux. Avec l’aide de Mizuki, sa petite amie, et de Max Reed, un agent de la CIA, Barker devra affronter les Zoanoids...
 
Avis : 
 Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Predator, Les Griffes du cauchemar (Freddy 3), Le Cauchemar de Freddy, Silent night, deadly night 4 & 5, Progeny, et bien sûr Society : le CV de Screaming Mad George, spécialiste des effets spéciaux, est franchement bien rempli. Tout comme celui de Steve Wang, que l'on retrouve notamment sur Predator, lui aussi, mais également sur des films tels que The Monster Squad, Transmutations ou encore Gremlins 2. Ensemble, ils vont réaliser Mutronics, adaptation du manga Guyver, pour un film qui fleure bon les années 90, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
 
Si le manga de Yoshiki Takaya est apparemment assez sérieux, sombre et violent, Screaming Mad George et Steve Wang choisissent d'en prendre le contrepied total, peut-être inquiets de ne pas réussir à reproduire une ambiance sérieuse avec des monstres en latex. Résultat : un film d'action / SF totalement fou, d'une générosité franchement réjouissante, que l'on regarde entre sourire béat et moue dépitée, une oeuvre qui ne s'embarrasse ni du bon goût, ni d'un scénario cohérent, ni même de personnages intéressants.

Mais que sont ces défauts face à l'immense point fort du film : ses monstres ? Si l'on pourra certainement qualifier le film de nanar et le trouver ridicule, on pourra difficilement nier la qualité des costumes, avec des créatures qui ont une vraie personnalité (parfois trop, même). Et ça tombe bien, le film est particulièrement généreux avec ses Zoanoids, les montrant le plus possible dans sa seconde partie et multipliant les affrontements pour le plus grand plaisir du fan de tokusatsu que je suis. Bien sûr, on pourra regretter leurs séquences humoristico-ringardes, très typées années 90 (le bon gros personnage stéréotypé de Striker, juste là pour être le noir amusant de service, même après sa transformation), mais ça fait aussi partie de la douce folie du film, et je dois avouer que ça m'amuse assez. 
 
 
 
On s'amusera aussi de la présence de nombreuses tronches du cinéma fantastique de l'époque. On retrouve ainsi Mark Hamill (doit-on encore présenter le Luke Skywalker de la saga Star Wars ?), agent de la CIA moustachu dont la principale fonction est d'apparaître sur les supports promotionnels du film, quitte à faire croire au spectateur qu'il sera le fameux Guyver du film ; Michael Berryman (La Colline a des yeux, Une créature de rêve, Amazonia la jungle blanche...), qui en fait des tonnes ; Linnea Quigley (Le Retour des morts-vivants), dans une apparition en tant que... Scream Queen ; Jeffrey Combs (le fameux savant fou de Re-Animator), dans le rôle du Dr... East ; et surtout le formidable David Gale (le Dr. Hill de Re-Animator également), qui éclipse facilement le reste du casting en cabotinant comme si sa vie en dépendait !


Bref, Mutronics est un véritable plaisir coupable, le genre de bobines un peu folles et formidablement généreuses que ne pouvaient offrir que les années 90 : si vous êtes fans de monstres en latex qui se foutent sur la tronche pendant 40 minutes en faisant des bonds de 10 mètres, d'acteurs qui en font des tonnes, de bons gros clichés un peu honteux, de clins d'oeil un peu foireux, alors le film de Screaming Mad George et Steve Wang est fait pour vous !
 
 

EN PLUS : 

Disponible en BR chez Le Chat qui fume, en VOST et VF, et avec en bonus une présentation du film par l'inévitable et passionnant Julien Sévéon !

mardi 17 mai 2022

The Northman

 
Titre : The Northman
Réalisateur : Robert Eggers
Acteurs : Alexander Skarsgard, Anya Taylor-Joy, Nicolas Kidman
Date de sortie en France : 11 mai 2022
Genre : drame, action

Synopsis : 
Le jeune prince Amleth vient tout juste de devenir un homme quand son père est brutalement assassiné par son oncle qui s'empare alors de la mère du garçon. Amleth fuit son royaume insulaire en barque, en jurant de se venger. Deux décennies plus tard, Amleth est devenu un berserkr, un guerrier viking capable d'entrer dans une fureur bestiale, qui pille et met à feu, avec ses frères berserkir, des villages slaves jusqu'à ce qu'une devineresse lui rappelle son vœu de venger son père, de secourir sa mère et de tuer son oncle. Il embarque alors sur un bateau pour l'Islande et entre, avec l'aide d'Olga, une jeune Slave prise comme esclave, dans la ferme de son oncle, en se faisant lui aussi passer pour un esclave, avec l'intention d'y perpétrer sa vengeance. 
 
Avis :  
Après les excellents The Witch et The Lighthouse, Robert Eggers revient avec un budget plus conséquent pour une énième relecture du mythe d'Hamlet (ou de la légende scandinave d'Amleth). Une histoire de vengeance exercée par des guerriers barbus grognant à moitié à poil, sur fond de folklore scandinave, dans laquelle on cherchera désespérément un peu d'originalité. 
 

Car le Viking est à la mode depuis quelques années, de la série Vikings au jeu Assassin's Creed Valhalla (déjà souvent similaires), et on commence à faire le tour de la question. Aussi, quand le roi Aurvandill se fait trahir par son frère (si vous n'avez pas compris, à son physique, que ce personnage était méchant...), obligeant le fils à se venger, personne ne sera surpris. Sauf peut-être les scénaristes, qui semblent estimer que c'est encore trop compliqué, et nous rappellent plusieurs fois que le personnage principal est en quête de vengeance. 

Et c'est bien dommage, car en dehors de ce scénario rachitique (et de ses très grosses ficelles...), on ne peut que saluer la mise en scène de Robert Eggers, qui nous offre quelques séquences d'une formidable intensité, notamment avec quelques plan-séquences à couper le souffle, ou les scènes fantasmagoriques. Visuellement, tant dans la réalisation que dans la reconstitution, c'est à couper le souffle. On ne pourra malheureusement pas en dire autant de Alexander Skarsgard, dont le charisme est, dans le film, proportionnel à la longueur des poils, ou de Nicole Kidman. En revanche, j'aurais adoré voir plus longtemps Willem Dafoe !

Petite déception donc que ce Northman, qui souffre sans doute d'arriver après la bataille et de ne rien offrir de nouveau. Un blockbuster finalement assez classique, que l'on suivra sans ennui (ce qui est presque un défaut, notamment à côté d'un Valhalla rising bien plus exigeant... et plus réussi) mais sans passion. Allez, on espère que Eggers se reprendra sur le remake de Nosferatu, où son sens de l'image et de la mise en scène peut faire des merveilles ! 



dimanche 24 octobre 2021

Le Grand tournoi


Titre : Le Grand tournoi (The Quest)
Réalisateur : Jean-Claude Van Damme
Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Roger Moore, James Remar
Date de sortie en France : 24 juillet 1996
Genre : arts martiaux, aventures

Synopsis : 
En 1925, Christophe Dubois, acrobate de rue, est le leader d'un groupe d'orphelins qui vivent de rapine. Leur dernière prise, une mallette remplie d'argent dérobée à un gangster, va bouleverser sa vie. Retrouvé par les trafiquants, Christophe s'enfuit et se cache dans les cales d'un cargo en partance pour l'Extrême-Orient. Découvert par l'équipage, il est enchainé puis libéré par des pirates qui écument les côtes chinoises. Lord Dobbs, leur chef, remarque l'extraordinaire aptitude de Christophe au combat et décide d'un faire un champion de combats clandestins.
 
Avis : 
 Le Grand tournoi est la première réalisation de Jean-Claude Van Damme, à une époque où ses films commencent à rencontrer moins de succès. Souhaitant sans doute rester en terrain connu et exploiter une recette qui a fait ses preuves, il reprend l’idée d’un tournoi auquel le personnage principal n’était à l’origine pas voué à participer. On pense évidemment à Tous les coups sont permis ou Kickboxer, le tout dans une ambiance bien particulière. 


Car le film prend place en 1925, dans une île perdue au large du Siam, donnant à l’ensemble un côté film d’aventures au charme un peu désuet mais appréciable. Un charme renforcé par la présence de Roger Moore, qui apporte son flegme tout britannique à un personnage de vieille fripouille à qui l’on donnerait pourtant le bon Dieu sans confession. Mais si l’ancien James Bond tire largement la couverture à lui, on est surtout là pour les combats.

Et il faut bien avouer que ceux-ci sont particulièrement prenants. Les affrontements opposent des combattants d’origines diverses, et on prend un vrai plaisir à voir s’opposer des styles radicalement différents, du sumo à la boxe thaï en passant par la boxe ou la capoeira. Mention spéciale pour le combattant chinois, d’une vivacité impressionnante et qui mime des mouvements d’animaux. Finalement, seul le grand méchant du film, combattant Mongol interprété par l’impressionnant Abdel Qissi (l’adversaire final de Full contact) nous laissera sur notre faim, ne dégageant pas grand-chose, notamment lors du dernier duel, interminable.

Entre film d’aventures et film d’arts martiaux, la première réalisation de JCVD ne manque pas de défauts mais se suit sans déplaisir grâce à son ambiance et à la présence de Roger Moore. Du bon petit film d’action à l’ancienne, soigné, sans esbroufe ni prétention. 



samedi 24 juillet 2021

Mortal Kombat (2021)

 


Titre : Mortal Kombat
Réalisateur : Simon McQuoid
Acteurs : Joe Taslim, Josh Lawson, Lewis Tan
Date de sortie en France : 
Genre : action, arts martiaux

Synopsis : 
Lorsque les plus grands champions de la Terre sont appelés à combattre les ennemis de l'Autre Monde, ils doivent découvrir leurs véritables pouvoirs pour sauver notre planète de l'annihilation totale.

Avis : 
Le Mortal Kombat de Paul W.S. Anderson est souvent considéré comme l'une des meilleures adaptations de jeux vidéo, en assumant pleinement un côté rentre-dedans parfaitement adapté à la transposition d'un jeu de combat où le scénario était secondaire. On peut d'ailleurs s'étonner qu'une oeuvre avec une trame aussi mince ait depuis inspiré une suite (Mortal Kombat : Destruction finale), des séries (MK Conquest, Les Gardiens du royaume), un spin-of (Scorpion's revenge), et donc un reboot en 2021. 


Ce reboot a su faire parler de lui ces dernières semaines en dévoilant quelques scènes très violentes, dans l'esprit direct du jeu vidéo et de ses fameuses fatalities. Une promesse de fidélité à l'oeuvre de base, à l'heure où les scénaristes utilisent trop souvent le titre des jeux vidéo pour en faire quelque chose de complètement différent. Une promesse qui n'empêchera pas le film d'être vraiment moyen, souffrant même largement de la comparaison avec le film de 1995. 

A l'opposé de l'aspect décomplexé du film de Paul W.S. Anderson, ce reboot choisit une voie plus sérieuse, voire même réaliste. Les personnages ont des états d'âme, un passé, et devront apprendre à utiliser leurs pouvoirs. Malheureusement, on s'en fout. C'est un film avec des ennemis provenant d'une dimension parallèle, où un type avale des âmes au petit déjeuner, où un autre maîtrise la glace : le réalisme, on le laisse à l'entrée. On s'en fout d'autant plus qu'on est devant une galerie de personnages lisses et sans charisme, même si j'ai apprécié le fait d'avoir un combattant inédit et créé pour le film. Là encore, la comparaison est cruelle : Liu Kang, Raiden, Shang Tsung ou Goro ne dégagent absolument rien. Un constat qui ne serait pas si grave si les combats, censés être le coeur même de ce type de film, étaient réussis. 

ça doit être pratique pour lire la nuit...

Hélas, une nouvelle fois, on reste sur notre faim. En dehors des quelques débordements graphiques, de l'introduction et de l'affrontement final, on n'aura à se mettre sous la dent que des micro-affrontements vite et mal torchés, un peu gâchés par un recours trop fréquent aux effets numériques. A aucun moment les ennemis n'apparaissent comme des menaces, d'autant qu'ils finissent par se faire botter le cul par des héros qui n'ont jamais l'étoffe de combattants confirmés... 

Bref, on aurait aimé s'amuser davantage devant ce film, qui se prend malheureusement un peu trop au sérieux (franchement, ces personnages qui prononcent les gimmicks des jeux, quelle idée de merde... n'est pas Scott Pilgrim qui veut...) au lieu d'offrir le divertissement décérébré qu'on attendait. On l'oubliera sans doute bien plus vite que le film de 1995...



jeudi 29 avril 2021

Mortal Kombat


Titre : Mortal Kombat
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Christophe Lambert, Robin Shou, Linden Ashby
Date de sortie en France : 25 octobre 1995
Genre : fantastique, arts martiaux

Synopsis : 
Lord Rayden fait équipe avec un guerrier, un maître en arts martiaux et une belle détective pour remporter le tournoi Mortal Kombat. S'ils échouent, ce sera la fin de l'Humanité.

Avis : 
Si les adaptations de jeux vidéo débarquent régulièrement sur nos écrans de cinéma, ça n'a pas toujours été le cas. Mais au début des années 90, trois licences vont connaître, coup sur coup, les joies du cinéma : Super Mario Bros. en 1993, Street Fighter en 1994, et Mortal Kombat, qui nous intéresse ici, en 1995. Si les deux premiers restent surtout dans les mémoires pour leur absolue médiocrité (j'ai néanmoins une certaine sympathie pour le second...), le troisième est souvent cité comme exemple des moins pires adaptations.  A l'heure où une nouvelle version arrive sur les écrans, il est temps de se replonger sur le film de Paul W.S. Anderson - qui flinguera plus tard d'autres licences vidéoludiques avec les adaptations médiocres de Resident Evil  ou Alien vs Predator


Mortal Kombat étant à l'origine un jeu de baston, principalement réputé pour sa violence graphique, on ne s'attardera évidemment pas sur le scénario. L'histoire n'est qu'un prétexte aux combats, et on appréciera en fait ce côté joyeusement rentre-dedans : on caractérise vite fait le héros via un drame, on présente les personnages secondaires de façon purement formelle, on nous balance un enjeu trop gros pour être vrai... et on met l'accent sur LA star du film, Christophe Lambert, en totale roue libre dans le rôle de Raiden, et dont le rire alimente encore, 25 ans plus tard, de nombreuses conversations sur internet. Et, de façon presque incroyable, alors que tout ça ne devrait pas fonctionner : ça fonctionne. 

Les personnages bénéficient d'un charisme certain, et les combats s'enchaînent à un bon rythme et avec une certaine efficacité, entrecoupés de répliques parfaitement péremptoires. On appréciera ainsi l'affrontement entre Johnny Cage et Goro, contre Scorpion ou le duel final entre Liu Kang et Shang-Tsung. Pourtant, on est loin des sommets des arts martiaux, l'ensemble n'est pas toujours bien chorégraphié et ne se donne pas forcément la peine d'essayer, et on ne retrouve à aucun moment les débordements sanglants des jeux. Mais, encore une fois, ça fonctionne. 

Bien sûr, impossible également de ne pas souligner la musique, et son thème devenu culte. Mortal Kombat est ainsi l'exemple typique du film qui ne devrait pas fonctionner tant il est bourré de défauts, mais qui est finalement assez efficace pour bénéficier d'une certaine indulgence. Quelques éléments ont bien entendu pas mal vieilli depuis (Reptile), mais le film demeure un divertissement assez agréable, sans doute grâce à une certaine naïveté et une sincérité trop rarement présentes dans le genre. 



mercredi 20 novembre 2019

Rambo : last blood


Titre : Rambo : last blood
Réalisateur : Adrian Grunberg
Acteurs : Sylvester Stallone, Yvette Monreal, Adriana Barraza
Date de sortie en France : 25 septembre 2019
Genre : action

Synopsis : 
Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.

Avis : 
A la fin du quatrième volet, John Rambo rentrait enfin chez lui, dans ce qui semblait être une conclusion parfaite pour la saga. Pourtant, afin de faire encore un peu d’argent sur le dos du personnage, Stallone et sa clique décident de remettre le couvert. Cette fois encore, c’est promis, c’est le dernier volet – même si le final laisse quand même la place pour d’autres aventures.


Finie l’Asie du Sud-Est, finis les soviétiques : cette fois, Rambo s’est posé tranquillement dans son ranch, fait du cheval avec un grand sourire, évoque ses démons intérieurs avec sa nouvelle famille sortie de nulle part. Et même s’il s’amuse à creuser des galeries sous sa propriété, l’ancien béret vert est devenu un gentil papy gâteau (gâteux?) avec la jeune Gabrielle, qu’il a élevée comme sa propre fille. Sauf que celle-ci va se faire enlever pour un cartel mexicain, qui va la droguer et la prostituer. Du coup, Rambo pas content va tuer tout le cartel.

Ce n’est pas du Shakespeare, mais depuis Rambo 2, on a l’habitude d’avoir un scénario prétexte, uniquement destiné à nous offrir des séquences d’anthologie où Rambo massacre ses ennemis grâce à ses talents de guerrier. Seulement, ce Last Blood rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Dans la foulée pachydermique d’un Stallone de plus en plus pataud et inexpressif. Ce ne serait pas un défaut si l’acteur ne cherchait pas régulièrement à jouer la carte dramatique et émotionnelle, mais il se loupe tellement qu’on n’a même plus l’impression de voir Rambo, mais plutôt Rocky Balboa ou Stallone lui-même.

Ainsi, on se fout complètement de ces nouveaux personnages qu’on nous balance à la tronche sans autre forme de procès, les grands méchants sont complètement transparents, et les tentatives pour faire croire que Rambo est encore torturé par son passé échouent lamentablement. Il ne restera finalement que la séquence finale pour apporter enfin un peu d’intérêt et d’énergie au film… Espérons que cette fois, le personnage prenne enfin sa retraite, même s’il méritait sans doute un autre départ…

Note : 2/10



lundi 17 juin 2019

John Wick Parabellum


Titre : John Wick Parabellum (John Wick Chapter 3 - Parabellum)
Réalisateur : Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Halle Berry, Laurence Fishburne
Date de sortie en France : 22 mai 2019
Genre : action

Synopsis : 
John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. "Excommunié", tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.

Avis : 
On ne change pas une recette qui fonctionne : pour ce troisième volet, John Wick est de nouveau confronté à des dizaines d'ennemis, qu'il va éliminer lors d'interminables et spectaculaires affrontements. Cette fois, sa tête étant mise à prix, ce sont les assassins qui vont venir à lui, et aucun lieu n'est plus sûr, d'autant que la Grande Table est bien décidée à lui faire payer son crime, et à punir ceux qui lui porteront assistance.


Gunfights qui rappellent les meilleurs John Woo, combats au corps à corps particulièrement brutaux, poursuites démentes : John Wick place la barre toujours plus haut, notamment lors de la première demi-heure ou du siège du Continental, tout en parvenant à constamment se renouveler. On voyage un peu, on explore de nouveaux lieux d'affrontements (l'écurie !), on croise de nouveaux personnages hauts en couleur (quel plaisir de revoir Mark Dacascos !), le tout avec une petite pointe d'humour qui ne sera jamais envahissante.

Le film s'applique également à enrichir son univers, en détaillant encore davantage le fonctionnement de la Grande Table et de ses rituels (l'adjudicatrice et ses différentes punitions, les changements de statut des membres, le Grand Maître), mais aussi en laissant d'autres indices sur le passé de John Wick. Mieux encore : la fin nous promet un nouvel épisode, avec la perspective d'une guerre encore plus impitoyable.

John Wick, toujours porté par un Keanu Reeves impérial, confirme donc son statut de nouvelle figure phare du film d'action, en poussant toujours plus loin, toujours plus fort, en offrant de nouvelles séquences complétement folles, de nouvelles idées furieuses, de nouveaux éléments de fond aussi convenus que jouissifs. Bref, on en redemande !

Note : 8/10

jeudi 30 mai 2019

Godzilla II - Roi des monstres


 Titre : Godzilla II - Roi des monstres (Godzilla: King of monsters)
Réalisateur : Michael Dougherty
Acteurs : Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown
Date de sortie en France : 29 mai 2019
Genre : action, catastrophe

Synopsis : 
L'agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. Alors qu'elles cherchent toutes à dominer la planète, l'avenir même de l'humanité est en jeu…  

Avis : 
Godzilla vs King Ghidorah vs Mothra vs Rodan. On pourrait se croire à l'âge d'or du kaiju eiga, quand le plus célèbre monstre de l'archipel japonais affrontait sans faiblir d'innombrables créatures. Pourtant, nous ne sommes pas ici au Japon, mais bien devant un film américain, avec le troisième volet du MonsterVerse, la saga imaginée par Legendary Pictures autour de Godzilla (rebooté dans le bien nommé Godzilla en 2014) et King Kong (également rebooté avec Kong : Skull Island). Et en attendant le nouvel affrontement entre les deux légendes, déjà prévu pour 2020, Godzilla va se faire la main sur quelques sous-fifres.


Le principal défaut du film de Gareth Edwards était d'être bien trop sage, presque trop respectueux de ses modèles. Skull Island offrait quant à lui le plaisir presque coupable d'un film décomplexé. J'espérais sincèrement que Godzilla II - Roi des monstres (ai-je vraiment besoin de préciser que je trouve ce titre horriblement laid ?) suivrait plutôt la voie emprunté par le singe géant, un affrontement entre monstres titanesques s'accordant mal, à mes yeux, avec un film trop sérieux. Pas de bol, le film de Michael Dougherty (Trick'r treat, Krampus) va vouloir jouer la carte du "dramatique" (oui, avec des guillemets) et du "réaliste" (avec encore plus de guillemets), en nous récitant la gamme du blockbuster américain sans imagination, avec ses personnages creux, son humour de collégien ("Ghidorah, ça ressemble à gonorrhée" LOL) et son scénario brouillon.

On a ainsi la gentille petite famille américaine, déchirée par un drame lors de la dernière apparition de Godzilla : le papa est très colère, a sombré dans l'alcool et souhaite la mort de tous les monstres ; la maman est tristoune, mais a choisi de se tourner vers la recherche pour mieux comprendre les monstres ; la fille ne sait pas trop où se situer, et se contente d'errer avec la même expression pendant deux heures (pour ceux qui se poseraient la question, Millie Bobby Brown n'a pas pris de cours d'interprétation depuis Strangers things). Ajoutez à tout ça un méchant terroriste écologique qui estime que la meilleure façon d'éviter la destruction de la planète, c'est de détruire la planète, et vous êtes en terrain parfaitement connu. Aucune surprise, aucun rebondissement, de la rédemption, du sacrifice, de la bravoure, du sauvetage à l'ultime seconde : on se demande comment fait le film pour passer autant de temps avec des personnages aussi lisses, mais il le fait. Bref, au niveau des personnages, c'est un gros raté qui prend beaucoup trop de place.


Heureusement, il y a les monstres, et le film se montre particulièrement généreux à ce niveau. On retrouve donc les camarades de jeu les plus habituels de Godzilla, à savoir King Ghidorah, Mothra et Rodan. Et quelques rapides apparitions d'autres Titans, qui prouvent s'il le fallait encore que les japonais sont quand-même autrement plus créatifs que les américains quand il s'agit d'imaginer un monstre. On imagine sans peine les millions de dollars ingurgités par la production pour faire vivre ces créatures et, si on peut admirer des effets spéciaux souvent irréprochables, j'avoue rester un peu sur ma faim quant aux apparences des créatures. L'un des paradoxes du kaiju eiga est de faire quelque chose de cohérent sans vraiment chercher le réalisme à tout prix. Ici, on a le paradoxe inverse : à vouloir faire trop crédible, le film perd souvent toute vraisemblance. Alors oui, Rodan qui sort de son volcan, King Ghidorah qui sort de sa prison de glace, cela donne des images superbes... mais on n'y croit pas une seconde.

Sans doute bien conscient de ces limites, le réalisateur choisit généralement de nous placer au plus près de l'action. A côté de ces satanés personnages dont on se contrefout, en fait. Le résultat est double : on assiste ainsi à des combats souvent illisibles, mais dont la proximité renforce l'intensité et le caractère chaotique. Souvent un peu frustrant, le procédé prend enfin toute son ampleur lors du combat final, particulièrement réussi. En fait, l'élément le plus réussi des Titans est la façon avec laquelle ils ont été intégrés aux mythes et croyances classiques.


On s'étonnera aussi de l'étrange maladie des scénaristes, apparemment atteints de ce que je qualifierais d'un "Tourette de référence" : à intervalles réguliers, sans prévenir, sans réelle cohérence, on nous balance un clin d'oeil visuel, une musique, une phrase destinée à faire vibrer le fan de la saga japonaise dans une espèce de gros renvoi incongru. Un peu comme si on venait vous roter à la tronche des pâtes à la crème fraiche et aux lardons en espérant vous faire voyager en Italie. Je ne suis vraiment pas fan du Godzilla de 2014, mais Edwards, en plus de savoir filmer les affrontements entre monstres, parvenait à intégrer subtilement ses coups de coude complices.

Des personnages inintéressants et trop présents, des monstres présents mais qui nous laissent sur notre faim, un scénario sans imagination (l'Orca, quelle idée grotesque...) et une réalisation quelconque : Godzilla II - Roi des monstres est un blockbuster navrant, alors qu'il aurait pu offrir un formidable spectacle. On préférera largement revoir Pacific Rim, supérieur à tous les niveaux, ou bien sûr les meilleurs films japonais du genre.

Note : 3/10


lundi 14 mai 2018

Rampage - hors de contrôle


Titre : Rampage - hors de contrôle (Rampage)
Réalisateur : Brad Peyton
Acteurs : Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Âkerman
Date de sortie en France : 2 mai 2018
Genre : catastrophe, action

Synopsis : 
Primatologue de profession, David Okoye a plus de mal à nouer des liens avec ses semblables qu'avec les singes. Pas étonnant qu'il se soit pris d'affection pour George, adorable gorille d'une intelligence hors du commun, dont il s'occupe depuis sa naissance. Mais suite à une expérience génétique catastrophique, George se métamorphose en monstre incontrôlable. Et il n'est pas le seul puisque d'autres animaux se transforment en prédateurs enragés aux quatre coins du pays, détruisant tout sur leur passage. Okoye décide alors de travailler d'arrache-pied avec une généticienne pour mettre au point un antidote. Pourront-ils à temps empêcher la planète d'être ravagée ?  

Avis : 
Et si Dwayne « The Rock » Johnson était devenu un concept à lui tout seul ? A l'image d'un Stallone ou d'un Schwarzenegger de la grande époque, l'ancien catcheur semble en effet pouvoir porter sur ses larges épaules n'importe quel concept de film, du remake d'un classique du film d'aventures familial (Jumanji : bienvenue dans la jungle) à la transposition sur grand écran d'une série ringarde (Baywatch). Finalement, qui d'autre aurait pu se retrouver à la tête de l'adaptation, forcément démesurée, du jeu vidéo Rampage ?


Le principe du jeu était simple : trois monstres lâchés dans une ville, qu'ils devaient réduire en ruines. Le scénario du film ne sera pas beaucoup plus compliqué, n'ajoutant à ce point de départ qu'un couple de méchants scientifiques et un gentil héros au sourire désarmant, à l'humour ravageur, au charisme dévastateur, plus à l'aise avec son ami King-kongien qu'avec ses semblables. L'acteur portera ainsi le film en attendant que les monstres se décident enfin à retravailler le paysage de Chicago.

Heureusement, cette attente sera récompensée, les trois animaux géants s'en donnant à coeur joie parmi les gratte-ciels, dégommant du militaire comme aux plus belles heures des films de monstres des années 50 ou du kaiju eiga, le tout en laissant le cerveau du spectateur dans un état de repos plutôt appréciable. Quelques saillies de Dwayne Johnson, un peu de comique de situation, quelques péripéties jubilatoires viendront ponctuer l'ensemble, ajoutant à l'idiotie, rédhibitoire ou non selon ce que le spectateur était venu chercher, d'une œuvre qui brille surtout par son aspect bourrin.

Bref, Rampage est une nouvelle ode à la gloire de The Rock, le seul actuellement capable de nous vendre un personnage primatologue et ancien militaire, le seul à pouvoir piquer des sprints en portant des armes lourdes après s'être fait tirer dessus, le seul à qui l'on peut pardonner une idiotie de tous les instants, pourvu que ce soit divertissant. Et c'est justement ce que j'attendais de ce Rampage – hors de contrôle : qu'il fasse tout péter, sauf mon cerveau.

Note : 6,5/10


samedi 16 septembre 2017

Power Rangers


Titre : Power Rangers (Saban's Power Rangers)
Réalisateur : Dean Israelite
Acteurs : Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott
Date de sortie en France : 5 avril 2017
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…
Avis : 
Aaaaah, les Power Rangers. Toute une partie de mon enfance, avec cette série américaine inspirée des super sentai japonais (Ultraman, Bioman) que personne n'avouait vraiment regarder, la faute à un degré de ringardise très élevé, même selon les critères des années 90. Autant dire que personne n'attendait vraiment une nouvelle adaptation cinématographique de cette série à rallonge (plus de 800 épisodes et deux films), et encore moins l'idée d'une saga de 7 films, revue largement à la baisse depuis les résultats très moyens au box-office.



Les Power Rangers, ce sont des ados combattant les forces du mal dans des armures colorées, puis dans des machines à allures d'animaux (les Zords) pouvant s'assembler en un robot géant (le Megazord). La structure des épisodes était généralement toujours la même (enfin, pour ceux que j'ai vus, et n'imaginez pas que j'allais me retaper 850 épisodes pour vérifier), les gentils bottant le cul des méchants d'abord au corps à corps, puis dans leurs véhicules lorsque l'ennemi était transformé en monstre géant, avant de lui donner le coup de grâce à l'aide du Megazord, laissant le chef adverse jurer qu'il reviendra se venger. Le film va évidemment suivre cette structure, mais s'appliquera d'abord à présenter les héros, archétypes classiques des ados un peu paumés que rien ne destinait à sauver le monde.

Rien de bien transcendant dans cette première partie, qui rappelle vaguement Chronicle (mais en moins bien) avec ces ados sans relief et qu'on a déjà vus des dizaines de fois, à l'évolution classique, dans un script aux enjeux et au déroulement sans surprise. Les amateurs de la série apprécieront néanmoins le personnage de Rita Repulsa, méchante caricaturale et vaguement idiote, mais assez fidèle à l'image qu'elle renvoyait à l'époque, grâce notamment à l'interprétation tout en exagération de Elizabeth Banks. Les nouveaux costumes risquent en revanche de partager beaucoup plus, franchement moches et très éloignés de ceux de la saga de base. On ne les verra heureusement que peu de temps, le final du film préférant donner la part belle aux affrontements entre les Zords et Goldar, pour des passages assez spectaculaires.

On attendait une catastrophe avec cette adaptation cinéma d'une série ringarde : on n'en passe pas loin, mais on passe néanmoins un agréable moment devant un film qui assume son second degré et sa spontanéité, et qui est bien conscient qu'il n'inventera pas la poudre. Rien de bien exceptionnel, ni de remarquable, surtout comparé aux blockbusters de ces 20 dernières années, mais sans doute un futur plaisir coupable.

Note : 2,5/10

 

dimanche 20 août 2017

La Tour Sombre


Titre : La Tour Sombre (The Dark Tower)
Réalisateur : Nikolaj Arcel
Acteurs : Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor
Date de sortie en France : 9 août 2017
Genre : aventures, science-fiction

Synopsis : 
Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…
Avis : 
Pour ce troisième trimestre 2017, Stephen King est à l'honneur sur les écrans. En effet, outre les séries télévisées (The Mist et Mr. Mercedes), ce sont surtout les deux adaptations destinées à se succéder sur grand écran qui ont fait naître les attentes et les craintes des fans de l'auteur : CA, qui sortira en septembre, et La Tour Sombre, qui fera l'objet de cette chronique.


Plusieurs fois annoncée depuis pratiquement 10 ans, l'adaptation de la saga titanesque est passée entre les mains de J.J. Abrams (Lost, les disparus, Star Wars VII) ou de Ron Howard (Backdraft, Apollo 13, Rush), a vu les noms les plus prestigieux avancés pour incarner Roland de Gilead (Viggo Mortensen, Javier Bardem, Russell Crowe...), et a vu son format même constamment évoluer, d'une série de films classique à un mélange entre films et série. Un bon gros bordel, directement lié à la frilosité de producteurs effrayés de voir une saga réputée inadaptable ne pas trouver son public, et qui ne pouvait déboucher que sur un résultat idiot : on refile le bébé à un réalisateur peu expérimenté, on fait un bon choix bien raciste pour le rôle principal, et on va attendre de voir ce que donne le film pour savoir si on lance une série et / ou une suite. Conséquence prévisible : La Tour Sombre est une (très) mauvaise adaptation doublée d'un (très) mauvais film.

Pour ceux qui se poseraient la question, sachez d'abord que le film ne se contente pas d'adapter le premier volet de la saga littéraire (Le Pistolero), mais va au contraire piocher dans pratiquement toute la saga pour développer sa propre histoire. Ne vous attendez donc pas à voir Roland poursuivre pendant des mois l'Homme en noir dans le désert, et ne soyez pas surpris si vous ne retrouver pas l'ambiance de western post-apocalyptique du premier livre : La Tour Sombre sera une histoire assez classique de vengeance, principalement située dans le New York contemporain, où l'univers imaginé par l'auteur de Shining ne sera qu'effleuré. Pour qui a lu la saga, le résultat est assez étrange, et donne l'impression que le scénariste s'est contenté de lire quelques pages au hasard et de les incorporer sans logique dans son récit. Pour le profane, tout cela sera sans doute bien nébuleux, malgré quelques explications bien appuyées.


On ne retrouve ainsi quasiment rien de l'univers de la Tour Sombre, fait de magie, de technologies oubliées, de violence et d'apprentissage. Lorsque Roland débarque à New York, son dépaysement ne va pas plus loin que celui d'Arnold Schwarzenegger dans Last Action Hero. Lorsque Jake débarque dans l'Entre-Deux-Mondes, il semble déjà en connaître toutes les coutumes. Pire encore, l'aspect fantasy passe totalement à la trappe, au profit d'un univers beaucoup plus classique, uniquement peuplé de deux ou trois créatures monstrueuses. Dans le film de Nikolaj Arcel, tout ou presque se passe donc à New York, avec un Pistolero qui a perdu toute sa dimension mystique et un Homme en Noir de carnaval.

Si le choix d'Idris Elba (Prometheus, Pacific Rim) reste toujours un mystère pour incarner un héros sorti tout droit des western de Sergio Leone, celui de Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe) semblait beaucoup plus cohérent tant l'apparence, le charisme et même la voix de l'acteur semblaient coller à l'image que l'on pouvait se faire de Randall Flagg. Pourtant, si le premier s'en sort à peu près dans la peau d'un héros sans grand intérêt ni relief, le Texan va entraîner le film dans le ridicule le plus total en cabotinant à outrance dans des passages suscitant une véritable gène.


Même visuellement, le film n'impressionnera personne : plus proche d'un épisode de série des années 90 (coucou, Stargate SG-1 !) que d'un blockbuster, le film se contente d'être le plus lisse et le plus aseptisé possible afin de remplir le cahier des charges de l'adaptation hollywoodienne de base, effets spéciaux au rabais et clins d'oeil ringards à l'auteur de Chistine inclus. On en vient à sérieusement se demander si le film a coûté plus cher que les légendaires 19$ qu'aurait demandés Stephen King pour céder les droits des livres. Un Stephen King qui sera d'ailleurs, apparemment, le seul à être convaincu par cette adaptation qui ne comblera ni les fans du livre, ni les novices. Un raté intégral, qui ne dure heureusement que quatre-vint-dix minutes.

Note : 2/10