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samedi 6 février 2016

Goodnight mommy


Titre : Goodnight mommy (Ich seh, ich seh)
Réalisateur : Veronika Franz, Severin Fiala
Acteurs : Susanne Wuest, Lukas Schwarz, Elias Schwarz
Date de sortie en France : 13 mai 2015
Genre : épouvante, drame

Synopsis : 
En plein été, dans une maison de campagne perdue au milieu des champs de maïs et des bois, des jumeaux de dix ans attendent le retour de leur mère. Lorsqu’elle revient à la maison, le visage entièrement bandé suite à une opération de chirurgie esthétique, les enfants mettent en doute son identité…

Avis : 
Si la qualités des oeuvres récompensées au Festival du film fantastique de Gérardmer semble plutôt aléatoire, on peut compter sur le Prix du public jeunes pour trouver ces dernières années une certaine constance dans la banale médiocrité. Ainsi, après les très moyens La Maison des ombres, Mamà et Mister Babadook, voilà Goodnight mommy, thriller horrifique venu tout droit d'Autriche.


Pourtant, le film s'annonçait très bien, avec un thème assez similaire à celui développé par M. Night Shyamalan dans The Visit : deux enfants confrontés à des événements qu'ils ne comprennent pas, et auxquels ils répondent avec leur imagination, sans que l'on sache dans un premier temps si leur perception des choses est juste, ou simplement le fruit des peurs irrationnelles du duo. Une première partie très réussie, avec quelques situations anxiogènes autour de la mère et un mystère très intéressant.

Hélas, tout cela est réduit en cendres par la seconde partie, qui évente rapidement le mystère avant de sombrer dans le torture-porn de bas étage. Rarement efficace (la colle sur les lèvres), cette dernière partie sombre définitivement dans la pire nullité avec la révélation du mystère final que l'on accueillera avec un bâillement d'ennui. Dommage, car le film possédait de nombreuses qualités, avec ce huis clos finalement plus oppressant lorsqu'il joue la carte du fantastique que lorsqu'il lorgne vers l'horreur.

Une première partie formidable, une seconde partie complètement loupée : Goodnight mommy avait le potentiel et les qualités pour devenir une oeuvre marquante du genre, mais préfère sombrer dans la facilité du torture-porn pour adolescent. Un vrai gâchis...

Note : 5/10


jeudi 9 janvier 2014

Paradis : espoir


Titre : Paradis : espoir (Paradies: Hoffnung)
Réalisateur : Ulrich Seidl
Acteurs : Melanie Lenz, Verena Lehbauer, Vivian Bartsch
Date de sortie en France : 24 avril 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Mélanie passe ses vacances d’été dans un centre d’amaigrissement très strict. Entre les activités sportives, les conseils nutritionnels, les batailles d’oreillers et les premières cigarettes, elle tombe sous le charme du directeur du centre, un médecin de 40 ans son aîné. Elle l’aime comme on aime la toute première fois et cherche désespérément à le séduire. Conscient que cet amour est impossible, il tente de lutter contre le sentiment de culpabilité qui l’envahit. Melanie avait imaginé son paradis bien différemment… 

Avis : 
Après Paradis : amour puis Paradis : foi, Ulrich Seidl conclut sa trilogie avec Paradis : espoir, sur une note un peu plus douce. Si le thème de la solitude reste au centre du film, avec cette jeune obèse abandonnée pour les vacances dans un centre d'amaigrissement tandis que sa mère part au Kénya et que sa tante prêche la parole de Jésus, mais la jeune fille est définitivement plus attachante que les deux autres femmes, et malgré l'aspect profondément anxiogène de sa relation avec le médecin du centre, le réalisateur ne sombrera jamais, ou presque, dans l'écoeurement qui caractérisait certains passages des deux précédents volets.


Pourtant, le centre d'amaigrissement est un lieu terriblement repoussant, avec ses professeurs bien décidés à se faire respecter, son couvre-feu, son absence d'intimité et l'unique possibilité de contacter l'extérieur une heure par jour. Une prison où l'emploi du temps se résume aux activités sportives et aux cours, et dont les rares bouffées d'oxygène viennent de la transgression des règles...et des passages chez le médecin. On assiste alors à une attirance qui semble réciproque, même si le médecin, bien plus âgé que l'adolescente, est conscient de l'impossibilité d'un tel rapprochement. On le sent ainsi tenté, puis immédiatement distant, ce qui perturbe énormément Mélanie, qui n'a jamais connu de tels sentiments.

Contrairement aux deux premiers volets, très austères, et malgré le cadre géographique très froid, Paradis : espoir est bien plus chaleureux que les précédents films de Seidl, principalement grâce à ces adolescents auxquels on s'attache rapidement, et dont les aspirations sont celles de leur jeunesse. On sourit ainsi régulièrement, mais on souffre également dans ces séances de sport semblant issues d'un entraînement militaire.

Ulrich Seidl finit donc sa trilogie Amour sur une note plutôt positive, avec une étrange douceur et une inattendue chaleur, là où les précédents volets ne laissaient de place qu'à la solitude et au désespoir. Et si le film reste une chronique d'une femme blessée par sa solitude, on a cette fois l'impression qu'il y a un peu...d'espoir.

Note : 7/10


mercredi 8 janvier 2014

Paradis : foi


Titre : Paradis : foi (Paradies : Glaube)
Réalisateur : Ulrich Seidl
Acteurs : Maria Hofstätter, Natalya Baranova, René Rupnik
Date de sortie en France : 24 avril 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Son Paradis, c'est Jésus. Anna Maria, une femme d'une cinquantaine d'années a décidé de consacrer ses vacances d'été à prêcher l'amour du Christ. Accompagnée de la statue de la Vierge, elle sillonne son voisinage. Mais sa vie bascule quand, après des années d'absence, son mari, musulman, revient d'Egypte... Une lutte intérieure s'engage alors pour Anna Maria entre son mariage et la Foi inconditionnelle qu'elle porte à Jésus.  

Avis : 
Après le volet Amour, qui réduisait à néant la puissance de son propos par des images particulièrement sordides, Ulrich Seidl s'intéresse avec le second volet de la trilogie à la Foi. Evidemment, pas la foi du petit enfant de choeur, mais celle d'une quinquagénaire fanatique, dont le but principal semble d'être d'imposer le catholicisme autour d'elle.  


Seidl nous décrit donc une femme extraordinairement seule, vouant à Jésus un véritable amour, allant jusqu'à s'infliger des châtiments corporels pour racheter les pêchés des étrangers qu'elle croise, et se réunissant avec un petit groupe pour chanter ses louanges. Une approche sectaire de sa foi, qui se prolonge dans le démarchage systématique du voisinage, statue de la Vierge dans les bras, afin de leur faire entendre raison. Cela donne des scènes étonnantes où le refus de tout argument contraire, de tout comportement considéré comme suspect fait de ces rencontres des échecs réguliers, ajoutant de manière parfois sombrement comique au pathétique d'Anna Maria.

Rien ne s'arrangera au retour de son mari, sinon que le film va plonger encore davantage dans les travers habituels du film (anti) religieux, poussant l'ascétisme de son héroïne au maximum et allant si loin dans la perversité que le film finit par faire ouvertement rire : le passage où pour se venger de son mari, qui a fait tomber tous ses objets religieux, elle lui confisque son fauteuil roulant, devient cruellement cocasse, dynamitant ainsi l'austérité du reste du film.

Avec un sujet plus intéressant et mieux traité malgré un jusqu'au boutisme un peu naïf, Paradis : foi se révèle donc bien plus réussi que Paradis : amour, parvenant cette fois à être cru sans aller dans le sordide. Rien de bien nouveau cependant dans la description des travers de la foi excessive et maladroite, ni dans le dessin de cette autre femme rendue folle par la solitude.

Note : 5/10

dimanche 25 août 2013

Paradis : amour


Titre : Paradis : amour (Paradis : Liebe)
Réalisateur : Ulrich Seidl
Acteurs : Margarete Tiesel, Peter Kazungu, Inge Maux
Date de sortie en France : 9 janvier 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Sur les plages du Kenya, on les appelle les « sugar mamas », ces Européennes grâce auxquelles, contre un peu d‘amour, les jeunes Africains assurent leur subsistance. Teresa, une Autrichienne quinquagénaire et mère d’une fille pubère, passe ses vacances dans ce paradis exotique. Elle recherche l’amour mais, passant d’un « beachboy » à l’autre et allant ainsi de déception en déception, elle doit bientôt se rendre à l’évidence : sur les plages du Kenya, l’amour est un produit qui se vend. 

Avis : 
 Premier volet de la trilogie Paradis, avant les chapitres Foi et Espoir, Amour est un film qui pourra difficilement laisser indifférent. Car au travers d'un thème déjà malsain, celui du tourisme sexuel, Ulrich Seidl va livrer un métrage d'une crudité et d'une cruauté assez déstabilisantes, repoussant même à plusieurs reprises les limites d'un mauvais goût parfaitement assumé.


Avec cette chronique autour de sa quinquagénaire venue combler son manque d'amour dans les bras de jeunes Kényans, Seidl semble dénoncer autant le comportement de ces "sugar mamas" dont l'attitude, entre esclavagisme et racisme, est souvent répugnante, que celui de ces "beachboy" qui ont parfaitement saisi la possibilité d'exploiter ces femmes fragiles et facilement manipulables. Mais il faut bien l'avouer : on a surtout l'impression qu'il cherche uniquement à créer le malaise chez le spectateur.

Tout y est cru, tout y est glauque, dans cette Afrique bien éloignée des cartes postales. La façon de filmer du réalisateur autrichien, proche du documentaire, donne un rendu étouffant, une ambiance particulièrement troublante, jusqu'à se demander quelle a été sa volonté. Car à un moment, le film dérape complètement, quand on exhibe et humilie un jeune Kényan entouré par quatre quinquagénaires allemandes bien décidées à le ramener à un statut d'animal. De dérangeant, le film devient soudain nauséabond, et si l'on devine bien là l'intention du réalisateur, il devient compliqué de trouver une légitimité à ce passage d'une violence inouïe.

Paradis : amour est ainsi un film plutôt vénéneux (notamment lorsque l'on sait que les africains sont interprétés par de véritables beachboys...), tentant de développer un postulat de base plutôt intéressant par le seul biais d'un voyeurisme qui devient peu à peu sordide, empêchant finalement toute réflexion. On retiendra néanmoins Margarete Tiesel, parfaite en quinquagénaire un peu perdue au milieu de tout ça et rapidement dépassée par sa propre naïveté. Paradis : amour frappe fort, mais sans doute pas au bon endroit...

Note : 3/10



mercredi 27 mars 2013

Des abeilles et des hommes


Titre : Des abeilles et des hommes (More than honey)
Réalisateur : Markus Imhoof
Avec : Charles Berling (narrateur)
Date de sortie en France : 20 février 2013
Genre : documentaire animalier

Synopsis :
Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.
Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.
Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. » 

Avis : 
Curieux documentaire que ce Des abeilles et des hommes : en sortant de la salle, on est assez perplexe quant au message que veut nous faire passer Markus Imhoff. C'est bien simple, son film ne parle pratiquement que d'argent, et même les personnages présentés au premier abord comme passionnés par les insectes n'y voient finalement qu'un produit comme un autre, la destruction d'une ruche n'étant vue que comme une perte de revenus.

Le titre français est ainsi particulièrement bien choisi : on voit pendant tout le film l'intervention constante de l'homme, manipulant les reines, exportant les abeilles, bombardant les plantes de fongicides ou contrôlant en permanence l'espèce. Un business important, aux moyens impressionnants, et présenté comme directement responsable de la disparition d'une énorme partie des abeilles depuis plusieurs années. C'est simple, à quelques exceptions près - tendant néanmoins à s'effacer à leur tour, comme les abeilles africanisées - les abeilles sont aujourd'hui totalement dépendantes de l'homme, unique rempart contre les maladies qu'il a lui-même causées.


Des abeilles elles-même, nous n'apprendrons ainsi pas grand chose de nouveau : elles récoltent le nectar, produisent du miel, dansent pour indiquer la direction des champs, et ont une reine. En fait, elles ne sont vraiment présentées que comme des biens, sauf quand on essaie de nous tirer une émotion en nous montrant, en gros plan, l'agonie de certaines ouvrières dévorées par un parasite ou aspergées de fongicide. Plus étrange encore, le métrage met tellement l'accent sur les producteurs qu'on finit par se demander si l'on ne doit pas plaindre davantage les hommes que les insectes. Quant aux conséquences possibles de leur éventuelle disparition, elles sont tout simplement survolées.

Imhoof montre ainsi beaucoup de choses, passe régulièrement du coq à l'âne (le fil rouge ne sert finalement à rien) et ne semble finalement rien vouloir démontrer. Cela donne un documentaire aussi agaçant que le comportement des apiculteurs, dont le message manque de clarté. On regrettera aussi les abeilles en numérique, uniquement destinées à illustrer lourdement le propos et à nous procurer quelques scènes d'action en volant aux côtés d'une abeille...

Note : 5/10