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jeudi 10 mars 2016

Spotlight


Titre :‭ ‬Spotlight
Réalisateur :‭ ‬Tom McCarthy
Acteurs :‭ ‬Michael Keaton,‭ ‬Mark Ruffalo,‭ ‬Rachel McAdams
Date de sortie en France :‭ ‬27‭ ‬janvier‭ ‬2016
Genre :‭ ‬thriller,‭ ‬drame

Synopsis :‭ 
Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe ‭– ‬couronnée par le prix Pulitzer‭ – ‬qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique.‭ ‬Une équipe de journalistes d’investigation,‭ ‬baptisée Spotlight,‭ ‬a enquêté pendant‭ ‬12‭ ‬mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde.‭ ‬L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses,‭ ‬juridiques et politiques les plus en vue de Boston,‭ ‬et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.‭

Avis :‭ 
Vainqueur surprise de l'Oscar du meilleur film‭ ‬2015,‭ ‬Spotlight‭ ‬retrace donc l'enquête d'un groupe de journalistes qui révélera l'un des plus grands scandales des années 2000. Un thème particulièrement tabou à l'époque, surtout dans une ville comme Boston où l'Eglise n'est jamais très éloignée du pouvoir en place.


Tom McCarthy va ainsi nous proposer un film d'enquête américain dans la lignée directe de ce que le genre a déjà proposé. On a ainsi largement l'impression d'avoir déjà vu le film, d'autant qu'il se repose entièrement sur son histoire, forcément forte, et sur son casting, impeccable, de Michael Birdman Keaton à Rachel McAdams (Passion, La Rage au ventre) en passant par Mark Ruffalo (Foxcatcher, Avengers : l'ère d'Ultron), Stanley Tucci (Lovely bones, Hunger games) ou encore Liev Schreiber (Scream, La 5ème vague).

Ce classicisme ne va pourtant pas nuire au film, bien au contraire : le thème est, évidemment, très fort, et l'enquête dont s'inspire Spotlight est assez exceptionnelle pour nous tenir en haleine. Ainsi, malgré une première partie un peu laborieuse, qui nous présente les personnages et la cellule Spotlight, l'évolution de l'affaire et les nombreux rebondissements nous tiennent en haleine, et on se surprend à être choqués devant l'ampleur du scandale (le décompte des coupables potentiels), devant le silence organisé dans les plus hautes sphères, devant la passivité et le laxisme de certains fonctionnaires.

Très classique mais très prenant, Spotlight remplit parfaitement son objectif en vulgarisant une enquête formidable (lauréate du prix Pullitzer en 2003), et en se concentrant sur un sujet toujours un peu tabou (même si l'affaire a permis à de nombreuses victimes de se faire reconnaître) et malheureusement toujours d'actualité. Peut-être pas de quoi mériter l'Oscar du meilleur film, mais une oeuvre remarquable de force et de fluidité.

Note : 9/10


lundi 4 janvier 2016

Foxcatcher


Titre : Foxcatcher
Réalisateur : Bennett Miller
Acteurs : Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 21 janvier 2015
Genre : drame, sportif

Synopsis :
Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement.

Avis : 
Après l'excellent Le Stratège, Bennett Miller enchaîne avec un autre drame en milieu sportif : Foxcatcher. La lutte succède ainsi au base-ball, avec l'histoire des frères Schultz et leur relation avec le richissime John E. du Pont... une relation qui aura une issue dramatique.


Il ne sera finalement que très peu question de sport dans le film : les séquences de lutte sont assez rapidement expédiées, autant lors des phases d'entraînement que de compétition. Ce qui intéresse Miller, c'est l'évolution psychologique de ses personnages. Si la relation entre les deux frères n'échappe pas toujours à la caricature, avec un rapport d'amour / haine assez banal renforcé par le jeu de gros nounours un peu bêta de Channing Tatum (White House down, Jupiter : le destin de l'Univers), le personnage de du Pont est la véritable attraction du film.

Steve Carell incarne à la perfection le riche héritier en quête de reconnaissance : envers sa mère, mais aussi envers ses pairs et envers le monde de la lutte, qui l'a toujours fasciné. L'acteur, plus habitué aux rôles comiques, donne énormément de profondeur au personnage, à ses frustrations (le désintérêt de sa mère, la complicité entre les deux frères), à une folie contenue qu'il tente de noyer dans des bribes artificielles de reconnaissance (surnoms farfelus, compétition sans enjeu, manipulation des médias...).

La prestation de l'acteur justifie à elle seule la vision d'un film qui, par ailleurs, se contente d'emprunter les sentiers battus. Bien loin du précédent film de Miller, Foxcatcher est finalement une déception, qui ne décolle que dans ses toutes dernières minutes après deux heures de retenue...

Note : 5/10


lundi 4 mai 2015

Avengers : l'ère d'Ultron


Titre : Avengers : l'ère d'Ultron (The Avengers : Age of Ultron)
Réalisateur : Joss Whedon
Acteurs : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 22 avril 2015
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.

Avis : 
Après la seconde vague de films consacrés aux super-héros (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, Captain America : le soldat de l'hiver), et porté par le succès phénoménal du premier volet, voici donc Avengers 2, toujours réalisé par Joss Whedon. Après la menace incarnée par Loki, c'est cette fois l'intelligence artificielle Ultron qui va se retourner contre Tony Stark et ses compagnons.

Le premier Avengers avait été plutôt décevant, la faute à un gros manque de rythme dans la première partie, la faute également à un gros manque d'ambition, Joss Whedon se contentant de nous balancer un film de super-héros sans aucune aspérité ni violence pour plaire au plus grand nombre. Avec L'ère d'Ultron, l'objectif reste le même, peut-être même encore renforcé par les résultats du premier : pendant plus de deux heures, ça va faire boum-boum et éviter soigneusement d'explorer les nombreuses pistes de réflexion ou d'émotion qu'aurait pu offrir le film.


Dommage, parce qu'entre Ultron ou les jumeaux, il y avait sans doute de quoi nous donner un peu de finesse. Le premier devient finalement méchant en une minute chrono, les seconds deviennent gentils le temps d'une image subliminale. N'espérez pas non plus voir les personnages principaux étoffés : on apprendra que Hawkeye, un peu mis en avant ici, a une famille, et Scarlett Johansson et Mark Ruffalo se tournent autour comme des personnages de sitcoms. Même les nombreuses tentatives d'humour tombent régulièrement à plat, même si l'on sourit quelquefois (le gag récurrent sur le poids du marteau de Thor, par exemple).

Il faudra donc se contenter de l'action, pas toujours lisible ni efficace (le plan-séquence de début est d'une incroyable laideur), mais qui permet de passer plus de deux heures sans trop s'ennuyer, sans se fatiguer et sans le sentiment de se souvenir du film dans quelques semaines. Avengers : l'ère d'Ultron est donc totalement conforme à ses promesses, celles d'un film pop-corn vite consommé et vite jeté. Cela suffira sans doute à faire péter le box-office, mais on aimerait quand même un peu plus d'audace - juste un peu !

Note : 6/10