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lundi 15 mars 2021

Possession


Titre : Possession

Réalisateur : Andrzej Zulawski

Acteurs : Isabelle Adjani, Sam Neill, Heinz Bennent

Date de sortie en France : 27 mai 1981

Genre : drame, horreur

Synopsis : 

Rentrant d'un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L'amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l'amant d'Anna, Heinrich. Lorsqu'elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu'Anna s'est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres. 

Avis : 

 Si la formule est largement galvaudée, difficile de ne pas l'utiliser ici : Possession, du Polonais Andrzej Zulawski, est un film qui ne peut laisser personne indifférent, pour le meilleur comme pour le pire. Richesse thématique, interprétation hystérique, violence et sexe, il réunit tous les ingrédients pour marquer durablement le spectateur, jusqu'à le laisser un peu hébété au terme des deux heures que dure le métrage. 


 Tout commence pourtant "normalement", avec un couple en pleine rupture. Cris, larmes, coups, voisine qui savoure les miettes, enfant perdu au milieu de la guerre entre ses parents, amant perché et finalement également trahi, nous sommes dans un drame dont l'étrangeté nous frappe peu à peu. Un étrange reflet d'un côté, les cauchemars enfantins de l'autre, les mensonges de l'amant (mais en sont-ils vraiment ?), puis le comportement du personnage incarné par Adjani, entre moments d'hystérie pure et séquences d'un calme relatif. L'explosion arrive très vite, mais n'est que le prélude à l'étrange, puis à l'horreur. 

 Une horreur viscérale, que je situe plus proche du Cronenberg des débuts (Chromosome 3, par exemple) que de Lovecraft, et qui s'illustre par une créature monstrueuse ou par les crises d'Isabelle Adjani, dont celle, tétanisante, du métro, qui répousse très loin les limites de la folie sur grand écran. Sam Neill n'est pas en reste, dans une folie qui semble plus retenue, qu'il exprime comme souvent par son regard ou son sourire... mais également de façon parfois plus frontale. 

 Evidemment, un film d'une telle richesse (Zulawski parle entre autres de couple, de sexe, de politique, de double, de murs, d'enfance...) ne peut être que clivant : certains citeront par exemple l'interprétation très théâtrale comme un défaut, là où elle achève selon moi d'emmener le film dans une étrangeté permanente. De mon côté, Possession est une oeuvre formidable, qui nous plonge très loin dans ses ténèbres (au sens figuré comme au sens propre), qui nous y noie et nous y étouffe même par moments, autant grâce à son extravagance qu'à son aspect terriblement fermé et froid.




jeudi 11 juillet 2019

Golden glove


Titre : Golden glove (Der Goldene Handschuh)
Réalisateur : Fatih Akin
Acteurs : Jonas Dassler, Margarete Tiesel, Hark Bohm 
Date de sortie en France : 26 juin 2019
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Hambourg, années 70. Au premier abord, Fritz Honka, n’est qu’un pitoyable loser. Cet homme à la gueule cassée traîne la nuit dans un bar miteux de son quartier, le « Gant d’or » (« GoldenGlove »), à la recherche de femmes seules. Les habitués ne soupçonnent pas que Honka, en apparence inoffensif, est un véritable monstre.

Avis : 
Inspiré de l'histoire vraie de Fritz Honka, Golden glove nous plonge dans le quotidien étouffant d'une certaine classe moyenne de l'Allemagne des années 70, mélange de précarité, d'alcoolisme au dernier degré, de réminiscence de la Seconde Guerre mondiale, de prostitution. Au milieu de l'improbable bande de piliers de bar du Goldene Handschuh, la tronche improbable de Fritz Honka, au strabisme monstrueux dissimulé derrière d'épaisses lunettes, au nez difforme, à la dentition cauchemardesque.


Cette ambiance poisseuse, on ne la quittera jamais : si le bar est glauque, l'appartement de Honka l'est encore plus. Exigu, sale, difficile d'accès, décoré avec le plus mauvais goût possible, on a presque l'impression de sentir les effluves nauséabondes de l'endroit, d'autant que celui-ci cache dans ses murs d'immondes secrets. Et si tout cela ne suffisait pas, l'endroit héberge un monstre, aussi effrayant que pitoyable, qu'on hésite presque à plaindre, parfois.

On ne respire donc jamais, passant du bar miteux à l'appartement dégueulasse au bar miteux, du quotidien déprimant de la bande de poivrots aux explosions de violence de Honka. Les rares moments de calmes, les rares éclairs de beauté sont voués à disparaître très rapidement ou à être souillés par l'esprit pervers de l'horrible tueur.

Il faut donc être prêt à souffrir pour supporter cette plongée de presque de deux heures dans cet enfer du quotidien doublé de l'enfer d'un tueur monstrueux. Porté par un Jonas Dassler impressionnant, Golden glove est un film dont on ne ressort pas indemne, et qui ne laissera personne indifférent.

Note : 8/10


lundi 13 juin 2016

Elle


Titre : Elle
Réalisateur : Paul Verhoeven
Acteurs : Isabelle Huppert, Laurent Laffite, Anne Consigny
Date de sortie en France : 25 mai 2016
Genre : thriller, comédie

Synopsis : 
Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d'une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s'installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Avis : 
Dix ans après Black book, le "hollandais violent", Paul Verhoeven, revient au cinéma avec l'adaptation du roman "Oh..." de Philippe Djian. Un retour un peu surprenant, avec un film français, et des acteurs que l'on n'attendait pas forcément devant sa caméra : Laurent Laffite, Virgine Effira, Vimala Pons... Un retour salué unanimement par la presse et un temps pressenti pour être récompensé à Cannes. On verra assez vite que tout ça n'est vraiment pas un gage de qualité.


Car avec Elle, Verhoeven signe une espèce de thriller comique parodiant un peu tout, de ses propres films au cinéma français en passant par la carrière de Huppert. On se retrouve ainsi avec tous les clichés possibles des films mettant en scène la haute société parisienne : la patronne cougar, objet des fantasmes d'un peu tout le monde et qui se tape le mari de sa meilleure amie ; son ex-mari, écrivain raté, qui se tape des étudiantes ; son fils un peu débile, employé chez Quick à Pigalle, souffre-douleur d'une petite amie qui porte l'enfant d'un de ses collègues ; sa mère hyper-cougar, entièrement refaite, affichant comme un trophée son nouveau boy-toy ; son père en prison pour avoir trucide l'ensemble de son voisinage quand elle était gamine ; sa voisine cul-béni et son mari, trader frustré et obsédé. Tout le monde est là donc, pour quelques passages parfois très drôles (le dîner de Noël) mais aussi vaguement gênants.

Gênant également, le fil rouge du récit, avec les viols subis par Michèle. C'est simple, si ces séquences font naître un certain malaise, on a souvent l'impression que Verhoeven a choisi ce sujet uniquement pour faire du transgressif facile. Le thème du viol, et par extension le comportement de ce personnage finissant par provoquer ses propres viols au fil d'une reconstruction psychologique cousue de fil blanc.

On ne sait donc pas trop quoi penser de ce nouveau Verhoeven. Il a le goût, l'odeur, l'aspect du téléfilm français moyen, bourré de clichés et prétentieux. Si on appréciera l'interprétation des acteurs (Laffite, absolument étonnant) et l'humour de certains passages, difficile d'accrocher à cet ensemble de parodies un peu nombriliste, d'autant qu'il multiplie les mauvaises idées (l'univers du jeu vidéo...) et tourne largement en rond, ne réservant comme surprises que le comportement idiot et difficilement crédible de certains personnages.

Note : 6/10


vendredi 6 mai 2016

Les Enquêtes du Département V : Délivrance


Titre : Les Enquêtes du Département V : Délivrance (Flaskepost fra P)
Réalisateur : Hans Petter Molland
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Pal Sverre Valheim Hagen
Date de sortie en France : 5 mai 2016 (en e-cinema)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé... L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?

Avis : 
Après Miséricorde et Profanation, le duo inspiré des romans de Jussi Adler-Olsen revient pour une troisième affaire, qui a de nouveau battu des records d'entrée au Danemark. Hans Petter Molland succède à Peter Norgaard à la réalisation, pour une histoire basée sur des enlèvements d'enfants au sein de communautés religieuses très fermées. Hélas, cette fois, on ressort du film avec un sentiment plutôt mitigé.


L'impression générale, en fait, est celle d'un survol très lointain du sujet. Alors que le sujet est assez formidable, avec cette plongée dans les obscurantismes religieux et leur culture du secret bien utilisés par le tueur en série (Pal Sverre Valheim Hagen, à qui l'on donnerait justement le bon Dieu sans confession), le film reste en surface. Cela vient peut-être des problèmes d'adaptation des deux premiers volets, qui délaissaient presque totalement les spécificités liées au personnage d'Assad et à son passé : d'une place centrale dans le roman, l'assistant musulman fait presque de la figuration dans un film pourtant centré sur la religion. Un peu dommage quand même...

Cette sensation de survol se retrouve également du côté de l'enquête : évidemment moins développée que dans le roman, elle manque clairement de liant, entre éléments rapidement balancés au placard (la bouteille à la mer est déchiffrée puis oubliée en un temps record) et solutions qui tombent du ciel.Les policiers ne font finalement aucune recherche, ou presque, et tout semble leur tomber sous le nez par hasard, là où les deux volets précédents parvenaient à offrir une intrigue et une enquête cohérente.

Après deux premiers volets très réussis, Délivrance est donc une petite déception. Si l'on retrouve avec un certain plaisir la saga, on ne pourra que regretter des choix scénaristiques trop faciles faisant souvent passer le film à côté de son sujet. Pour le reste, entre flash-backs réguliers, poussées de suspense (là aussi, souvent mal gérés, comme les scènes du train ou de l'hôpital) et mise en scène froide, nous restons en terrain connu, mais sans le désir de vite enchaîner sur le prochain opus...

Note : 6/10


mardi 4 août 2015

Der Samurai


Titre : Der Samurai
Réalisateur : Till Kleinert
Acteurs : Michel Diercks, Pit Bukowski, Uwe Preuss
Date de sortie en France : 15 juillet 2015
Genre : thriller, fantastique

Synopsis :


Jakob, jeune policier collet-monté, mène une vie terne dans l’Allemagne rurale. Un soir, il croise la route d’un travesti charismatique qui, armé d’un katana japonais, cultive un goût prononcé pour la décapitation. Jakob part alors à la recherche de ce samouraï fou, dans une course poursuite où s’installe une attirance réciproque.

Avis :
Avec son titre et son synopsis atypique, on peut dire que Der Samurai attise la curiosité ! Le film de Till Kleinert nous propose de suivre la poursuite entre un policier introverti, surnommé le « loup solitaire », et un étrange travesti armé d'un samouraï apparu peu de temps après un loup, le temps d'une nuit.


 Avec ce sujet aussi original que casse-gueule, le film va régulièrement osciller entre le fascinant et l'ennuyeux, avec autant de scènes réussies (la poursuite nocturne dans les bois, assez effrayante, et des mises à morts très violentes) que de passages moins inspirés, notamment dans une métaphore sans grande finesse sur la sexualité refoulée de Jakob ou sur son incapacité à faire face aux problèmes.

En revanche, le fameux samouraï est un personnage formidable, charismatique, aussi repoussant que troublant, clairement inspiré de l'imagerie manga japonaise. La culture nippone est d'ailleurs à l'honneur, le film citant plus ou moins ouvertement certaines œuvres, avec un personnage reprenant le surnom du célèbre Ogami Itto (le Loup Solitaire de la saga Baby Cart), une ambiance rappelant par moments Silent Hill, et quelques effets de caméras directement hérités de Kitamura.

Der Samurai est donc un film un peu déroutant, mêlant une multitude d'influences au service d'un film fascinant mais maladroit, jouissif tout autant qu'irritant. Mais le personnage complètement fou interprété par Pit Bukowski vaut à lui seul le détour !


Note : 6,5/10

jeudi 23 juillet 2015

Victoria


Titre : Victoria
Réalisateur : Sebastian Schipper
Acteurs : Laia Costa, Frederick Lau, Franz Rogowski
Date de sortie en France : 1er juillet 2015
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
5h42. Berlin. Sortie de boîte de nuit, Victoria, espagnole fraîchement débarquée, rencontre Sonne et son groupe de potes. Emportée par la fête et l'alcool, elle décide de les suivre dans leur virée nocturne. Elle réalise soudain que la soirée est en train de sérieusement déraper…

Avis : 
Récompensé à la Berlinale 2015 et au Festival international du film policier de Beaune, Victoria a surtout fait parler de lui pour son mode de réalisation : il s'agit un effet d'un seul et unique plan séquence de 2h15, le film ayant été tourné en temps réel et le metteur en scène ayant laissé les acteurs improviser la plupart de leurs dialogues. Et à l'écran, l'illusion est parfaite : on a l'impression de côtoyer le groupe grâce à une réalisation étonnamment fluide et des échanges très naturels entre des acteurs impressionnants.


 Seulement, la forme parvient difficilement à faire oublier qu'il ne se passe strictement rien pendant une heure, et que la seconde partie plus rythmée est consacrée à une histoire peu cohérente et empruntant les sentiers les plus communs du genre. Si les personnages sont sympathiques, et qu'on prend un vrai plaisir à les suivre dans leur épopée nocturne pendant les premières minutes, on finit par s'en lasser et à vraiment s'ennuyer, d'autant que le film est vraiment très long.

Alors même qu'elle est plus rythmée, la seconde partie semble même plus longue que la première, à l'exception de scènes très réussie comme la fusillade (que le mode de réalisation rend effectivement impressionnante), en raison de passage inutilement longs et d'événements banals et difficilement crédibles. On a presque l'impression que cette seconde partie n'a été ajoutée que pour inclure une histoire dramatique au film, ce qui ne fait que l'allonger artificiellement et finit par nous ennuyer.

Avec Victoria, la forme prend donc largement le pas sur le fond, et le mode de réalisation, certes impressionnant et parfois virtuose, ne parvient pas à cacher l'absence d'intérêt de l'histoire, malgré des acteurs impeccables. Le film aurait sans doute gagné à être écourté et à se concentrer davantage sur une vraie histoire, plutôt que de n'être qu'une belle et longue coquille vide...


Note : 5/10

samedi 21 mars 2015

Les Enquêtes du Département V : Miséricorde


Titre : Les Enquêtes du Département V : Miséricorde (Kvinden i buret)
Réalisateur : Mikkel Norgaard
Acteurs : Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Sonja Richter
Date de sortie en France : 27 mars 2015 (VOD)
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
Après une bavure qui coûte la vie à l’un de ses collègues et laisse son meilleur ami paralysé, l’inspecteur Carl Mørck a presque tout perdu. Mis sur la touche, privé du droit d’enquêter, il est chargé d’archiver les vieux dossiers du commissariat avec Hafez el Assad, l’assistant d’origine syrienne qui lui est imposé. Mais très vite, les deux policiers désobéissent à leur supérieur et rouvrent une enquête jamais résolue, la disparition mystérieuse d’une jeune politicienne prometteuse survenue cinq ans auparavant.  C’est la naissance du Département V et sa première enquête...

Avis : 
Le Département V est une saga littéraire écrite par le danois Jussi Adler-Olsen, dont les cinq premiers tomes ont été traduits en français. Premier volet de la série, Miséricorde va nous permettre de découvrir ledit département V, et ce duo de policiers mis au placard avec les vieux dossiers à archiver... qu'ils vont décider d'étudier de nouveau, plusieurs années plus tard.


Très clairement, de l'idée d'enquêter sur des situations du passé à la façon de mener l'enquête, l'influence de Millénium se fait ressentir : utilisation de (nombreux) flash-backs, capacité à donner une signification nouvelle à d'anciens indices, et même la réunion de deux personnes que tout oppose au début mais qui finiront par se montrer complémentaires, Miséricorde ne prétend clairement pas apporter quelque chose de nouveau au genre... mais va suivre le cahier des charges de façon très efficace.

L'enquête se révèle ainsi passionnante, grâce à un scénario intelligent et un mystère vraiment intéressant. La progression n'évite pas certaines facilités, mais l'ensemble est assez cohérent pour se prendre facilement au jeu, d'autant que le duo de policiers est vraiment attachant, avec deux personnages bien développés, avec une vraie personnalité et pas mal de crédibilité, notamment grâce à leurs défauts, soulevés avec une pointe d'humour plutôt efficace.

Si l'on pense parfois aussi à David Fincher, influence par ailleurs clairement revendiquée par Mikkel Norgaard, cette première enquête du Département V marche surtout sur les traces du Millénium, le film de Niels Arden Oplev, notamment dans cette impression de froideur typique des films scandinaves. Très classique donc, mais aussi et surtout très efficace, Miséricorde donne immédiatement envie de découvrir la suite, Profanation, et même de se pencher sur la saga littéraire dont les films s'inspirent !

Note : 7,5/10




lundi 22 décembre 2014

White God


Titre : White God (Fehér Isten)
Réalisateur : Kornel Mundruczó
Acteurs : Zsófia Psotta, Sándor Zsótér, Lili Horváth
Date de sortie en France : 3 décembre 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes.

Avis : 
Récompensé dans la sélection "Un certain regard" au Festival de Cannes 2014, White God est un des films les plus étonnants de cette fin d'année. A partir d'une histoire assez simple, sans doute plus adaptée, en apparence, à un format court, Kornel Mundruczó va magnifier le thème de l'animal dangereux pour nous livrer un film aussi fort et touchant qu'intelligent.


On va donc suivre Lili et son chien Hagen. Un duo qui semble devenu un poids pour les parents divorcés : dès le début, la mère et son nouveau petit ami les refilent à un père clairement incapable de s'occuper d'eux. Son appartement n'est pas adapté pour recevoir une adolescente, et encore moins un chien, d'autant qu'il devra payer une taxe pour conserver le bâtard sous ton toit : il est ainsi contraint d'abandonner l'animal, dans une scène déchirante qui nous rend forcément l'homme antipathique. Mais le film va s'attacher à approfondir le personnage, par petites touches, notamment en le présentant comme une victime de la crise économique n'ayant d'autre alternative.

Hélas, choix ou pas, l'abandon d'Hagen aura des conséquences dramatiques sur le chien. Le réalisateur nous propose ainsi de suivre l'animal comme un véritable personnage, l'innocence de l'animal étant peu à peu détruite (tout comme celle de la jeune fille), poursuivi par la fourrière puis entraîné pour participer à des combats... jusqu'à se révolter. Le chaos qui suivra sera incroyablement réussi, grâce notamment au choix d'utiliser de vrais chiens (environ 250), ce qui donne un impact tout particulier à ces passages.

Révoltant, le film nous met régulièrement mal à l'aise, autant dans les comportements des humains envers les animaux que lors de la vengeance, parfois aveugle, de la meute. White God est ainsi souvent cru et violent, évite au maximum le manichéisme tout en laissant une lueur d'espoir grâce au personnage de Lili, qui tentera de se relever après une lente chute. Une véritable réussite.

Note : 8,5/10


jeudi 27 novembre 2014

My sweet pepper land


Titre : My sweet pepper land
Réalisateur : Hiner Saleem
Acteurs : Golshifteh Farahani, Korkmaz Arslan, Suat Utsa
Date de sortie en France : 9 avril 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise...

Avis : 
Avez-vous déjà vu  un western kurde ? Ce sera chose faite avec My sweet pepper land, qui nous entraîne dans cette région toujours instable, en quête d'identité, dans le sillage de deux personnages dont les idéaux de liberté et de justice se heurtent aux traditions et à l'influence des clans, jusqu'aux inévitables explosions de violence, autant psychologiques que physiques.


Le film de Hiner Saleem est assez étonnant, mêlant les genres, alliant romance et drame jusqu'à un final directement inspiré des westerns occidentaux, le tout avec une certaine dose d'un humour inattendu et très particulier (la scène d'introduction est assez terrible). Pourtant, les thématiques sont assez classiques : la jeune femme, qui souhaite travailler mais est confrontée à cette société masculine qui ne tolère pas les moindres signes d'indépendance ; et l'ancien combattant, devenu policier pour suivre un certain sens de la justice, mais qui se heurte rapidement à l'influence du clan local.

Ce manque de surprise n'enlève rien à la puissance des thèmes évoqués, d'autant qu'ils bénéficient de l'interprétation de deux excellents acteurs : si Korkmaz Arslan est très convaincant dans le rôle de cet ancien combattant choisissant de ne pas se laisser impressionner par les menaces, c'est surtout la superbe Golshifteh Farahani qui retient l'attention, sublime d'intensité et de présence face aux hommes qui lui font face.

Classique sur le fond, My sweet pepper land réussit néanmoins à tirer le meilleur de décors magnifiques, d'acteurs extraordinaires et d'un mélange réussi des genres, jusqu'à un final qui rappelle les grandes heures d'un certain Clint Eastwood, avec son héros implacable défendeur des grandes causes. Une vraie réussite !

Note : 8/10


mercredi 6 août 2014

Diplomatie


Titre : Diplomatie
Réalisateur : Volker Schlöndorff
Acteurs : Niels Arestrup, André Dussollier
Date de sortie en France : 5 mars 2014
Genre : drame, historique

Synopsis : 
La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d'Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le général n'a jamais eu d'hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C'est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu'il gravit l'escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l'hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel ... - sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l'ordre de destruction.

Avis : 
Adapté de la pièce de théâtre du même nom, Diplomatie part d'un postulat de base très intéressant : à la veille de la défaite allemande, alors qu'Hitler a donné l'ordre de détruire Paris. Le consul suédois Nordling va alors tout faire pour convaincre le général Von Choltitz de ne pas obéir à cet ordre. Nous suivrons donc, le long d'un huis clos de plus d'une heure, les négociations entre les deux hommes.


L'échange des points de vue, entre le général inflexible, qui a toujours suivi les ordres et dont la famille est directement menacée en cas de désobéissance, et le consul qui tente de sauver Paris, sa population, ses merveilles architecturales et artistiques... Entièrement porté par le duo Arestrup (Un prophète, Quai d'Orsay) - Dussollier (Trois hommes et un couffin, La Belle et la Bête), impeccables, le film réussit à nous passionner simplement avec cette discussion dont les conséquences peuvent être terribles.

Le seul problème en fait, c'est l'impression que jamais les arguments du consul n'ont véritablement d'effet sur le comportement de l'officier nazi. Ce dernier semble en effet avoir ses propres raisons d'hésiter, et change d'avis sans que les arguments développés par le personnage interprété par Dussollier ne le touchent ou n'aient de rapport avec les raisons le poussant à changer d'avis. Cela donne un résultat très étrange ou on se dit que, finalement, le résultat aurait été le même avec ou sans la négociation...

Diplomatie reste néanmoins passionnant, montrant la guerre d'une autre façon différente, et insistant sur la nécessité de sauvegarder la patrimoine de l'humanité (un peu comme Monuments men dans un genre différent). On regrettera néanmoins le fait que cet échange semble par moments trop "facile", sans doute aussi parce que l'issue est connue avant même de regarder le film, mais le talent de Dussollier et surtout d'Arestrup permet de largement compenser ce défaut.

Note : 7/10


lundi 30 juin 2014

Le Bateau


Titre : Le Bateau (Das Boot)
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Acteurs : Jürgen Prochnow, Erwin Leder, Herbert Grönemeyer
Date de sortie en France : 17 février 1982
Genre : drame, guerre

Synopsis : 
Automne 1941. Deuxième Guerre Mondiale. Base de La Rochelle. A la veille de s'embarquer pour une mission de routine dans l'Atlantique Nord, l'équipage d'un sous-marin allemand fait la fête. Ils dansent, boivent, comme si demain n'existait pas. Pour eux, ce sera le cas. Car ce qu'ils ne peuvent pas savoir, c'est que sur 40.000 sous-mariniers allemands, seuls 10.000 retourneront chez eux...

Avis : 
Film monstre de Wolfgang Petersen, Das Boot nous entraîne donc, pendant plus de trois heures (pour la version director's cut) dans les entrailles d'un sous-marin de guerre allemand patrouillant dans l'Atlantique. Trois heures où nous nous retrouverons coincés dans un espace particulièrement réduit, au milieu des bruits et des odeurs et où la principale activité sera l'attente. Une attente longue et infernale, celle d'une routine ou de gestes répétés à l'infini, un enfer qui ne prendra fin que lorsqu'un autre enfer débutera : celui des affrontements et de la peur.


Wolfgang Petersen cherche donc tout d'abord à nous plonger dans le quotidien de ces sous-mariniers, et à nous faire ressentir cette ambiance étouffante qui pèse sur leurs épaules à chaque seconde, sans aucune possibilité d'y échapper. Il réussit à totalement nous immerger dans le sous-marin, jusqu'à bientôt partager la tension de ses occupants lorsqu'il sera la cible d'un bateau de guerre. En ne montrant presque rien, le réalisateur allemand renforce encore la puissance et la menace de cet ennemi dont la présence ne se manifestera souvent que par le son : celui des hélices se rapprochant, des explosions des grenades lancées à la mer, du sonar tentant de retrouver l'U-96, de l'eau qui s'infiltre, des sous-mariniers qui paniquent. Le son également du sous-marin soumis à la pression des fonds marins, à mesure que le capitaine fait descendre le bâtiment pour échapper aux ennemis.

Cette tension ne sera que rarement relâchée, pour de rares moments d'euphorie lorsque l'équipage est enfin hors de danger, ou lorsque l'U-Boot détruit enfin une cible... avant d'assister avec horreur à l'agonie de l'équipage d'un navire ennemi. Même une rencontre dans un cadre de rêve avec des officiers supérieurs ne pourra que renforcer l'impression que les sous-mariniers ne sont qu'une ressource sacrifiable que l'on envoie sans sourciller vers des missions suicide.

Incroyablement intense, même lorsque le film se borne à nous montrer l'ennui de ses personnages sans jamais sacrifier à un héroïsme malvenu ou des scènes d'action spectaculaire, et particulièrement étouffant, Das Boot est tout simplement l'un des plus grands film de guerre. L'un de ceux qui, en tout cas, nous montrent le mieux l'enfer psychologique vécu par les soldats et qui ne se limite pas à perdre des compagnons dans des gerbes de sang.

Note : 10/10


samedi 21 juin 2014

Maps to the stars


Titre : Maps to the stars
Réalisateur : David Cronenberg
Acteurs : Julianne Moore, Mia Wasikowska, Olivia Williams
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : drame

Synopsis : 
A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice. La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.

Avis : 
Et si l'on faisait brûler Hollywood ? Continuant dans son exploration froide et médicale de la société actuelle, après un Cosmopolis qui imaginait la chute du capitalisme, David Cronenberg s'attaque cette fois à la capitale mondiale du cinéma et lui plonge directement le nez dans sa merde : ado-stars insupportables, vedettes sur le déclin et prêtes à tout, gourous improbables, drogues, sexe, violence et esclavagisme moderne, bienvenue dans le monde merveilleux d'Hollywood !


Avec un cynisme horriblement réjouissant, le réalisateur nous présente ces personnages comme autant de monstres détestables, totalement irresponsables et uniquement centrés sur leur propre réussite. Il y parvient parfaitement, par le biais notamment de scènes très noires, comme la visite de Benjie à une fan à l'hôpital ou la célébration par Julianne Moore du décès d'un enfant qui lui ouvre enfin la voie vers le rôle qu'elle convoitait. Une galerie de freaks modernes au sein de laquelle Agatha débarque, le corps couvert de brûlure et le passé chargé.

Si elle semble d'abord être le personnage le plus sain, la jeune femme interprétée par la toujours aussi troublante Mia Wasikowska (Stoker, Only lovers left alive) sera le catalyseur qui réduira en cendres les derniers fragments de santé mentale de son entourage, mettant en lumière les aspects les plus extrêmes de ce star-system pourri par la jalousie, le culte de l'image et la volonté de tout contrôler. Au point d'ailleurs d'aller un peu trop loin, la caricature offerte par Cronenberg montrant ces limites dans une deuxième heure moins inspirée, dont le trait est trop appuyé.

S'il ne dissèque plus les corps, David Cronenberg utilise à présent sa caméra pour explorer cliniquement les mécanismes d'une société malade, s'attaquant ici avec une méchanceté longtemps réjouissante à Hollywood, rappelant même par moments le Mulholland Drive de David Lynch. Dommage cependant que ce pamphlet finisse par devenir insupportable, la faute à un manque total de retenue et à un scénario qui finit par se perdre dans sa gratuité...

Note : 7/10


jeudi 29 mai 2014

Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes


Titre : Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes (The Girl with the dragon tattoo)
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Daniel Craig, Noomi Rapace, Christopher Plummer
Date de sortie en France : 18 janvier 2012
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui. Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Avis : 
A peine 3 ans après la version de Niels Arden Oplev, David Fincher adapte à son tour le roman Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes. Exit Michael Nyqvist et Noomi Rapace, le réalisateur de Seven confie les rôles principaux à Daniel Craig (Skyfall) et à Rooney Mara (Effets secondaires) et va retravailler l'intrigue, s'inspirant autant du roman que du film précédent pour une oeuvre entre adaptation et remake.


Il apporte plus de rythme à la première partie, utilisant à merveille le décor de l'île et installant une atmosphère plus pesante, un suspense plus présent et un Mikael Blomkvist bien plus convaincant. Il s'attache également à rapprocher les rapports entre le journaliste et Lisbeth de ceux que l'on trouve dans le roman, avec une progression plus cohérente et subtile, notamment grâce à ses deux interprètes. Il convient d'ailleurs d'évoquer Rooney Mara qui, si elle ne fait pas oublier Noomi Rapace, incarne une Lisbeth à l'apparence plus fragile, plus réservée, dans une version différente mais tout aussi convaincante de la jeune femme.

On notera également le talent de Fincher pour développer son histoire, avec une mise en scène particulièrement efficace, parvenant à donner de l'intensité aux passages les plus calmes et donnant plus de liant à une enquête pourtant très simplifiée. Une réalisation soignée et élégante, jusqu'à ce générique d'introduction déjà culte, sur la reprise du Immigrant song par Trent Reznor.

David Fincher tire ainsi le meilleur du roman de Stieg Larsson, et fait même partie à mes yeux de ces rares adaptations meilleures que le support d'origine, grâce à une enquête prenante et bien plus fluide et des acteurs impeccables. Il surpasse également largement Millénium, le film, grâce à une réalisation bien plus soignée et des personnages mieux dessinés. Un excellent thriller, prenant et étouffant par moments, et une nouvelle réussite pour Fincher.

Note : 8,5/10




lundi 26 mai 2014

Millénium, le film


Titre : Millénium, le film (Män som hatar kvinnor)
Réalisateur : Niels Arden Oplev
Acteurs : Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre
Date de sortie en France : 13 mai 2009
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...

Avis : 
Millénium, le film est la première adaptation, avant celle de David Fincher, du premier volet de la trilogie écrite par Stieg Larsson. Une adaptation forcément compliquée, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes se concentrant souvent sur les pensées de Lisbeth Salander et de Mikael Blomkvist, sur leurs rapports et leur évolution très subtile, et finalement sur une enquête un peu particulière, au rythme assez lent et aux nombreuses redondances.


A l'écran, cela va donner une première heure sans rythme, où nous découvrirons les personnages et les premiers éléments liés à la disparition d'Harriet. Prenant quelques libertés avec l'oeuvre d'origine, le film peine surtout à retranscrire les liens entre Blomkvist et Lisbeth, et choisit même d'en livrer une approche différente : la complicité semble ainsi totalement artificielle, et on se retrouve devant une enquête menée par un duo classique dont on ne ressent jamais vraiment la différence ou la complémentarité.

En fait, on oublie vite l'enquête, peu intéressante dans sa première partie, et Mikael Blomkvist, même si Michael Nyqvist est assez convaincant, au profit du personnage de Lisbeth Salander. Parfaitement incarnée par Noomi Rapace, la jeune femme est fascinante et est finalement l'aspect le plus intéressant du film. Elle permet à l'enquête de rebondir de façon plus convaincante, et participe largement à une deuxième heure bien plus convaincante que la première.

Millénium, le film reste donc une adaptation moyenne d'un roman qui n'atteignait de toute façon que rarement des sommets. Basé sur une enquête souvent poussive, le film vaut surtout pour l'interprétation de Noomi Rapace (que l'on verra plus tard dans Prometheus par exemple), impressionnante en Lisbeth Salander et une deuxième heure plus rythmée, où les questions obtiennent enfin des réponses. Nous retrouverons le duo dans les deux adaptations suivantes de l'oeuvre de Larsson : La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La Reine dans le palais des courants d'air.

Note : 6,5/10


mercredi 9 avril 2014

The Grand Budapest Hotel

 

Titre : The Grand Budapest Hotel
Réalisateur : Wes Anderson
Acteurs : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Adrien Brody
Date de sortie en France : 26 février 2014
Genre : comédie

Synopsis : 
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Avis : 
Pour son huitième long-métrage, Wes Anderson nous emmène dans un pays imaginaire d'Europe centrale, au sein d'un hôtel prestigieux où officient monsieur Gustave, le concierge, et Zéro, le garçon d'étage. Le duo va se retrouver au beau milieu d'une histoire mêlant le vol d'une oeuvre d'art, un héritage convoité, la montée des extrémismes et l'idylle du jeune homme avec Agatha.


Avec l'éternelle élégance qui caractérise ses oeuvres, Wes Anderson va ainsi nous plonger au sein d'un tourbillon de couleurs et de saveurs, jonglant avec les genres et les univers dans une oeuvre dont l'ampleur grandit à chaque seconde. On suit ainsi avec un plaisir croissant les aventures des deux hommes, brillamment interprétés par Ralph Fiennes et Tony Revolori, dans un film au rythme infernal et dont l'humour rappelle les films d'Ernst Lubisch ou Buster Keaton.

Cet humour se retrouve jusque dans la réalisation d'Anderson, qui s'amuse avec des techniques classiques, utilisant plusieurs formats, insistants sur les champs-contrechamps, osant quelques ringardises volontaires, quelques clins d'oeil rafraichissants au profit de situations parfois saugrenues, dans un ensemble qui tient incroyablement bien la route et se révèle vraiment euphorisant. Ajoutez à tout cela une brochette formidables d'acteurs en pleine forme, et vous obtenez une des meilleures oeuvres de ces premiers mois de 2014.

The Grand Budapest Hotel est donc une succulente comédie, une mille-feuille réunissant de nombreux genres, de nombreux thèmes et devenant encore meilleur à chaque minute. A dévorer sans aucune modération (oui, j'ai bien conscience de la ringardise de la formule !).

Note : 9/10




jeudi 3 avril 2014

Only lovers left alive


Titre : Only lovers left alive
Réalisateur : Jim Jarmusch
Acteurs : Tilda Swinton, Tom Hiddleston, Mia Wasikowska
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : fantastique, drame

Synopsis :
Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Avis : 
 Réalisé par l'incomparable Jim Jarmusch (Dead man), Only lovers left alive est un film de vampires très particulier, préférant s'attacher à la psychologie de ses personnages principaux, Adam et Eve, plutôt que sur des débordements horrifiques ou une intrigue pour adolescents. Deux vampires centenaires, qui ont parcouru le monde, qui ont côtoyé les plus grands artistes, les plus grands scientifiques et vécu les plus grandes périodes de l'humanité.


D'un côté Eve donc, incarnée par la merveilleuse Tilda Swinton (We need to talk about Kevin, Snowpiercer), vivant dans la chaleur de Tanger, un vampire lumineux, de blanc vêtu, savourant encore son existence, aux côtés notamment de Christopher Marlowe. De l'autre Adam, interprété par Tom Hiddleston (Thor 2), incarnation du vampire ténébreux et cynique, préférant vivre éloigné de tout humain et cultivant mélancolie et érudition à travers sa passion pour la musique.

Le duo va exercer une étrange fascination sur le spectateur, permettant ainsi de passer outre la lenteur et le manque presque total d'événements pour mieux apprécier cet amour parfait, cette complicité silencieuse, cette complémentarité séculaire qui passe même au-delà de la présence physique. De fait, on est presque dérangé quand Ava, la soeur d'Eve, jouée par Mia Wasikowska (Stoker, Restless), vient bousculer ce rythme de sénateur, parasitant soudain le film comme elle perturbe le couple, à grands renforts de bruit, de bavardages, envahissant tout l'espace et violant les règles.

Fascinant, superbe visuellement, ultra-référentiel (le film se savoure sans doute encore plus si on a quelques notions en littérature, en musique, en cinéma et en sciences), Only lovers left alive ajoute enfin à cet ensemble très riche une petite dose d'humour bienvenue, jouant des codes vampiriques, s'amusant des rapports entre ces vampires qui ont tout vu et tout connu avec une société actuelle de "zombies". Et sans une dernière partie plus classique, aboutissant à une image finale trop grotesque pour ne pas être caricaturale, ce dernier film de Jim Jarmusch ne serait sans doute pas loin du chef d'oeuvre. Il n'en reste pas moins la preuve absolue que le vampire peut être une vraie figure romantique et dramatique au cinéma.

Note : 8,5/10


dimanche 16 mars 2014

Pompéi


Titre : Pompéi (Pompeii)
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Kit Harington, Emily Browning, Adewale Akinnuoye-Agbaje
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : péplum

Synopsis : 
En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps.

Avis : 
 Souvent rangé aux côtés des Roland Emmerich et Michael Bay dans la catégorie des réalisateurs de blockbusters d'action décérébrés, Paul W.S. Anderson, principalement connu pour ses adaptations foireuses de la saga de jeux vidéo Resident evil s'attaque cette fois à l'Histoire. Enfin, à l'histoire en fait, en prenant le cadre de la célèbre éruption du Vésuve en 79 pour nous livrer un mélange de sous-Gladiator et de Le Jour d'après.



Car Paul W.S. Anderson et ses scénaristes ont vu le film de Ridley Scott, et semblent bien décidés à vous le faire savoir. Thématique semblable, scènes clonées, personnages similaires, tout y passe, même la façon dont sont chorégraphiés et filmés les combats de gladiateurs. Le problème, c'est qu'Anderson n'a pas la maîtrise de son modèle... et que Kit Harington (Game of thrones, Silent Hill : révélation) n'a ni charisme ni talent, se contentant de cette même moue qu'il arbore dans la série. Le reste du casting n'est guère convaincant, d'une Carrie-Ann Moss (Matrix) qui confirme sa chute film après film à une Emily Browning toujours aussi mono-expressive que dans Sucker punch.

Si le scénario ne réserve aucune surprise, il remplit néanmoins son rôle principal : nous faire patienter jusqu'à l'éruption du Vésuve. Très spectaculaire, peut-être même parfois trop spectaculaire, la catastrophe est surtout l'occasion de mettre en scène cet héroïsme de pacotille et ce sens du sacrifice très hollywoodiens, alors que les débris tombent sur la ville avec plus ou moins d'intensité selon les besoins du scénario. Le temps semble même s'arrêter pour permettre aux personnages de se livrer à des duels ou des courses-poursuites.

Tout cela se regarde néanmoins sans ennui, le film contenant son lot de péripéties, mais on ne pourra s'empêcher de lever les yeux au ciel à certains moments. Pompéi constitue donc une nouvelle oeuvre moyenne dans la filmographie de Paul W.S. Anderson, dont la générosité ne compense pas la platitude...

Note : 3,5/10


samedi 8 mars 2014

La Belle et la Bête (Christophe Gans)


Titre : La Belle et la Bête
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier
Date de sortie en France : 12 février 2014
Genre : conte, fantastique

Synopsis : 
 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s'exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux, Belle, la plus jeune de ses filles. Lors d'un éprouvant voyage, le marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Elle se rend au Château...

Avis : 
Après une adaptation au cinéma d'un manga (Crying Freeman), d'un mystère historique (Le Pacte des loups) et d'un jeu vidéo (Silent Hill), Christophe Gans s'attaque au conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, La Belle et la Bête. Neuvième adaptation de l'histoire, après notamment les versions de Jean Cocteau et de Disney, et avant peut-être celle de Guillermo del Toro, le film de Gans va hélas se révéler très moyen.


Car malgré un budget conséquent, et visible à chaque instant, ce cru 2014 va surtout n'être qu'une belle coquille vide. Les décors sont ainsi exceptionnels, les effets spéciaux très réussis, mais cela ne permettra pas d'oublier une histoire très légère, sans surprise, et qui donne même le sentiment de comporter quelques zones d'ombre, comme s'il était nécessaire de connaître les adaptations précédentes de l'histoire pour véritablement suivre le film. On a ainsi l'impression d'être devant un film totalement destructuré, ou certains éléments ne sont pas développés (les chiens, meilleurs amis de Seydoux ?) ou débarquent sans crier gare (les géants ?). Que dire également de la relation entre Belle et la Bête, totalement délaissée et n'évoluant que par à-coups, sans aucune finesse.

Mais le pire vient sans doute du casting. Vincent Cassel est, comme souvent, à côté du personnage, et Léa Seydoux n'est clairement pas une Belle crédible. Quant aux seconds rôles, ânonnant leurs répliques avec l'application d'un enfant récitant un poème, ils tirent encore vers le bas un film déjà handicapé par la faiblesse de ses dialogues. Mention spéciale à Audrey Lamy, qui nous nous fait regretter dès les premières minutes de nous être installés dans la salle.

Cette nouvelle adaptation de La Belle et la Bête est donc un film très moyen, préférant en mettre plein les yeux plutôt que de livrer l'essence dramatique d'une histoire qui ne semble pas intéresser Gans. Aucune profondeur, aucune poésie, aucune beauté, le film sombre même dans une certaine vulgarité et se contente d'aligner sans aucune imagination ses séquences d'une platitude extrême.

Note : 3/10


mercredi 5 mars 2014

Nymphomaniac - volume I


Titre : Nymphomaniac - volume I
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, érotique

Synopsis : 
 La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
 C'est un film qui a beaucoup fait parler de lui bien avant sa sortie, autant pour sa campagne de publicité, avec ces affiches nous montrant le visage des acteurs en plein orgasme, que pour la durée phénoménale du premier montage du film : on parle d'une oeuvre d'environ 5h30, que Lars von Trier refuse de couper. C'est finalement le producteur qui sera chargé de remonter le film, l'amputant d'1h30 et l'exploitant au cinéma en deux parties de deux heures chacune, avec un texte nous informant au début du film que le montage, s'il a été accepté par le réalisateur danois, n'est pas son montage. 


Pour cette première partie, nous suivrons l'enfance et l'adolescence de Joe (Charlotte Gainsbourg, pour sa troisième collaboration avec von Trier après Antichrist et Melancholia), racontée par elle-même à Seligman (Stellan Skarsgard, pour la cinquième fois). De sa découverte de la sexualité aux jeux sexuels avec de nombreux partenaires, le témoignage est émaillé des commentaires du vieil homme dans des comparaisons souvent cocasses avec la pêche à la mouche ou le cantus firmus de Bach.

Aussi, étonnamment, ce sont ces passages à l'humour très particulier qui marquent et convainquent le plus. On retiendra ainsi l'extraordinaire séquence où Uma Thurman débarque avec ses enfants chez Joe pour y retrouver son mari. Un décalage bienvenu dans un film dramatique autrement assez poussif, et finalement assez banal malgré l'évidente volonté de choquer de Lars von Trier et l'excellence de l'interprétation. On finit ainsi par s'ennuyer, la démonstration étant assez classique, et les scènes de sexe ne ressemblant finalement qu'à du remplissage.

En attendant la seconde partie, qui semble bien plus crue et s'attarder sur les expériences extrêmes de la Joe adulte, cette première partie peine donc à réellement convaincre. On y retrouve ainsi les tics de Lars von Trier (l'introduction, où Führe mich de Rammstein explose soudain après quelques minutes de silence et de contemplation, nous résume presque sa carrière), au service d'un film dont les rares moments forts (le chapitre Delirium, en noir et blanc, est magnifique) sont un peu noyés dans deux heures souvent creuses...

Note : 6/10


jeudi 6 février 2014

L'Expérience


Titre : L'Expérience (Das Experiment)
Réalisateur : Oliver Hirschbiegel
Acteurs : Moritz Bleibtreu, Christian Berkel, Oliver Stokowski
Date de sortie en France : 21 mai 2003
Genre : thriller

Synopsis : 
Afin d'étudier scientifiquement le comportement humain,‭ ‬le professeur Thon enferme vingt volontaires,‭ ‬des hommes ordinaires,‭ ‬dans un univers carcéral.‭ ‬Huit d'entre eux sont désignés pour être les‭ "‬gardiens‭"‬,‭ ‬les douze autres étant les‭ "‬prisonniers‭"‬.‭ ‬La règle est simple‭ ‬:‭ ‬comme dans une vraie prison,‭ ‬les détenus doivent obéir aux gardiens qui sont chargés de faire régner l'ordre.

Avis : 
 Inspiré du roman Black Box,‭ ‬de Mario Giordano,‭ ‬s‭’‬appuyant lui-même sur l‭’‬expérience de Stanford,‭ ‬dans laquelle des étudiants avaient pris le rôle de prisonniers et de gardiens,‭ ‬Das Experiment est un thriller allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel,‭ ‬à qui l‭’‬on devra quelques années plus tard‭ "‬La Chute‭"‬.‭ ‬Il met donc en images une expérience bien particulière,‭ ‬destinée à‭ ‬observer le comportement d‭’‬individus placés dans le rôle de l‭’‬autorité ou soumis à cette autorité.‭ ‬Une étude qui,‭ ‬évidemment,‭ ‬va rapidement déraper.


Tout commence pourtant dans la bonne humeur,‭ ‬les gardiens et les prisonniers plaisantent,‭ ‬ne sont pas encore dans leur rôle.‭ ‬Mais très vite,‭ ‬notamment face au comportement de Tarek,‭ ‬prisonnier qui est en fait un journaliste infiltré à la recherche de sensationnel,‭ ‬l‭’‬autorité se fait plus présente,‭ ‬plus stricte...jusqu‭’‬à ce que certains gardiens‭ ‬ne prennent leur rôle un peu trop à coeur.‭ ‬C‭’‬est le cas de Berus,‭ ‬que l‭’‬on devine très réservé dans son quotidien,‭ ‬mais qui va voir dans son rôle de gardien l‭’‬occasion de se mettre en avant,‭ ‬utilisant l‭’‬humiliation comme principale arme pour contrôler les détenus.‭

Cette évolution va se traduire par des comportements de plus en plus abusifs envers les prisonniers,‭ ‬d‭’‬abord en les obligeant à dormir par terre,‭ ‬à se mettre nus,‭ ‬à être humiliés devant leurs camarades,‭ ‬puis en utilisant la violence physique.‭ ‬Tous les moyens sont bons pour mettre les faux détenus au pas,‭ ‬ces derniers étant alors condamnés à une soumission totale ou,‭ ‬pour Tarek,‭ ‬le leader du groupe,‭ ‬à des punitions toujours plus sévères.‭ ‬Ainsi,‭ ‬le film bascule peu à peu dans le cauchemar,‭ ‬dans la violence,‭ ‬et va réserver quelques moments nous mettant particulièrement mal à l‭’‬aise.‭ ‬On est ainsi scandalisés par certains traitements réservés aux faux détenus‭ (‬la boîte noire est une véritable horreur‭)‬,‭ ‬on est horrifiés par le comportement des meneurs du groupe des gardiens...tout en ayant de véritables réserves sur celui de Tarek,‭ ‬toujours apte à foutre le bordel,‭ ‬quitte à entraîner l‭’‬humiliation de tout son groupe,‭ ‬uniquement pour obtenir un scoop...

A l‭’‬image de‭ "‬La Vague‭"‬,‭ ‬Das Experiment est un film allemand très dur et particulièrement pessimiste quant à la nature humaine,‭ ‬comme un rappel que les dérives totalitaires ne sont jamais bien loin.‭ ‬Cela donne à cette oeuvre une puissance encore plus forte,‭ ‬renforçant davantage l‭’‬aspect horrifique et glauque de l‭’‬histoire et des images.

Note : 9/10