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lundi 14 novembre 2016

Mademoiselle


Titre : Mademoiselle (Agassi)
Réalisateur : Park Chan-wook
Acteurs : Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Jung-woo Ha
Date de sortie en France : 2 novembre 2016
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Avis : 
Après un intermède réussi aux Etats-Unis avec le sublime Stoker, Park Chan-wook revient dans son pays d'origine pour son nouveau film, entre drame social, romance, thriller et érotisme. Avec Mademoiselle, il imagine donc le plan machiavélique d'un escroc tentant de tromper une riche héritière grâce à une voleuse se faisant passer pour une nouvelle servante... mais au jeu des apparences, des faux-semblants, des non-dits, celui qui sera victime de la machination ne sera pas forcément celui ou celle qu'on pense.


Aussi beau visuellement (certains passages sont superbement chorégraphiés, comme l'enchaînement entre la fuite du manoir et le mariage) que scénaristiquement tortueux, Mademoiselle est une oeuvre folle, peut-être celle de la maturité d'un réalisateur qui semble reprendre des éléments de tous ses films précédents (une vengeance très élaborée à la Old Boy, une ambiance rappelant le gothique de Stoker, quelques éléments envoyant à JSA ou à Thirst...) pour les assembler dans un ensemble d'une fluidité folle à tous les niveaux.

Les rebondissements se multiplient avec virtuosité, servis par un trio d'acteurs exceptionnels, parmi lesquels on retrouve Ha Jeong-woo (The Chaser, The Murderer). Mais c'est surtout la relation entre les deux femmes, aussi sensuelle que crue (on lorgne plus du côté de L'Empire des sens que du lamentable La Vie d'Adèle), qui retient l'attention, comme l'élément perturbateur d'un jeu de pistes qui semblait pourtant si bien huilé.

Superbement réalisé, magnifiquement interprété, très intelligent, raffiné et pervers, troublant et fascinant, Mademoiselle confirme une nouvelle fois l'immense talent de Park Chan-wook, qui nous offre un des meilleurs films de l'année. A voir absolument !

Note : 9/10


dimanche 14 juin 2015

Trois souvenirs de ma jeunesse


Titre : Trois souvenirs de ma jeunesse
Réalisateur : Arnaud Desplechin
Acteurs : Quentin Dolmaire, Lou Roy Lecollinet, Mathieu Amalric
Date de sortie en France : 20 mai 2015
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, « un cœur fanatique ».

Avis : 
Trois souvenirs de ma jeunesse est une préquelle de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), et nous raconte donc la jeunesse de Paul Dédalus autour de trois souvenirs. Enfin, plus exactement, autour d'un épisode de son passé et de deux courtes anecdotes qui n'apporteront rien à l'histoire, alors même que le second souvenir, se déroulant en URSS, est le meilleur moment du film. On va donc se concentrer sur l'histoire d'amour entre Paul et Esther, pour notre plus grand malheur.


Car le film va mettre en images les pires adolescents du genre, en nous les présentant comme des bavards prétentieux et insupportables, des têtes à claques incapables de s'exprimer autrement qu'avec des dialogues trop écrits. On ne sait pas trop quel était l'objectif recherché, mais voir ces jeunes roubaisiens s'exprimer de cette façon semble presque moqueur en plus d'être irritant.

L'histoire d'amour en elle-même ne débouche que sur du vent, et si l'on peut d'abord être touchés par le désespoir d'Esther, son comportement de salope paumée et chiante la rend vite aussi antipathique que son compagnon ou leurs conquêtes. Résultat, on s'emmerde royalement devant une histoire qu'on n'aurait clairement pas aimé vivre, devant des personnages qui nous rappellent les pires camarades de nos jeunesses, devant les plus gros clichés possibles sur le nord ou l'Europe de l'Est.

Bref, au bout de deux heures interminables, on a clairement l'impression d'avoir perdu notre temps et de s'être fait avoir sur la marchandise. Soyons tout de même honnêtes : Desplechin nous annonce rapidement la couleur avec le passage de l'enfance de Paul, quand il est confronté à sa mère cinglée dans une scène aussi ridicule que gênante qui aurait dû suffire à nous faire quitter la salle, et à ainsi moins souffrir...

Note : 1,5/10


samedi 11 avril 2015

La Légende de Manolo


Titre : La Légende de Manolo (The Book of life)
Réalisateur : Jorge R. Gutierrez
Acteurs : Diego Luna, Zoe Saldana, Channing Tatum
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : animation, romance

Synopsis : 
Depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts. Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.

Avis : 
Produit par Guillermo del Toro, La Légende de Manolo est un film d'animation mêlant de façon étonnante coutumes mexicaines et... mythologie grecque. En effet, si l'action se déroule dans un village mexicain, et évoque la Fête des Morts, l'histoire rappelle forcément certaines légendes de la Grèce Antique, avec cette intervention des Dieux dans les affaires humaines et les épreuves traversées par le héros afin de conquérir sa bien aimée.


Pour en profiter totalement, il faudra néanmoins faire abstraction de caractères aux looks assez particuliers, tout en angles et, pour le dire franchement, plutôt laids. Mais on oublie assez vite cet élément grâce à un univers par ailleurs très coloré et très vivant, notamment lorsque Manolo arrive en Enfer. Tout cela dynamise largement un film, permettant d'oublier un scénario assez classique bien qu'efficace.

Peu de surprises en effet, le film s'adressant en priorité aux enfants, avec une gentille histoire d'amour et une rivalité à l'issue prévisible, ou encore l'attaque de grands méchants brigands dans la dernière partie. La Légende de Manolo joue la carte de la simplicité, et le fait plutôt bien, avec en prime une morale sympathique sans être trop niaise.

Bref, The Book of life est un film d'animation très sympathique, grâce à un mélange étonnant entre aventures inspirées de la mythologie grecque et un visuel issu du folklore mexicain. Cela donne un film clairement destiné aux enfants, mais au sous-texte assez riche pour être regardé sans déplaisir par les adultes !

Note : 7/10




samedi 4 avril 2015

Une merveilleuse histoire du temps


Titre : Une merveilleuse histoire du temps (The Theory of everything)
Réalisateur : James Marsh
Acteurs : Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior
Date de sortie en France : 21 janvier 2015
Genre : drame, romance, biopic

Synopsis : 
1963, en Angleterre, Stephen, brillant étudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, entend bien donner une réponse simple et efficace au mystère de la création de l’univers. De nouveaux horizons s’ouvrent quand il tombe amoureux d’une étudiante en art, Jane Wilde. Mais le jeune homme, alors dans la fleur de l’âge, se heurte à un diagnostic implacable : une dystrophie neuromusculaire plus connue sous le nom de maladie de Charcot va s’attaquer à ses membres, sa motricité, et son élocution, et finira par le tuer en l’espace de deux ans.Grâce à l’amour indéfectible, le courage et la résolution de Jane, qu’il épouse contre toute attente, ils entament tous les deux un nouveau combat afin de repousser l’inéluctable. Jane l’encourage à terminer son doctorat, et alors qu’ils commencent une vie de famille, Stephen, doctorat en poche va s’attaquer aux recherches sur ce qu’il a de plus précieux : le temps.

Avis : 
Un merveilleuse histoire du temps raconte la vie d'un des plus grands esprits de notre époque : Stephen Hawking. De sa rencontre avec Jane Wilde à aujourd'hui, le film de James Marsh (Shadow dancer) va nous faire suivre la vie privée du physicien parallèlement à la construction de certaines de ses théories, avec comme fil rouge la détérioration de sa santé et son combat contre la maladie.


Avec beaucoup de sobriété, le film va ainsi développer le destin hors du commun du scientifique, évoquant comment la progression de son handicap va influencer sa vie quotidienne, sa façon de travailler mais aussi l'évolution de son couple. Cela donne un personnage fascinant et complexe, dont les traits d'esprit et l'humour ne parviennent pas toujours à cacher la détresse. Un personnage magnifiquement interprété par Eddie Redmayne (Les Misérables, Jupiter : le destin de l'Univers), absolument bluffant de ressemblance, et par ailleurs récompensé par l'Oscar du meilleur acteur 2015.

Au-delà du drame et de cette superbe histoire d'amour rendue impossible par la maladie, Une merveilleuse histoire du temps parvient également à rendre accessibles les diverses théories présentées dans le film. Tout comme Stephen Hawking dans ses ouvrages, le film choisit de vulgariser le propos et de rendre accessibles les réflexions au grand public, évitant ainsi de longues explications trop floues et permettant de suivre parfaitement cet autre aspect majeur du personnage.

Très classique sur la forme, Une merveilleuse histoire du temps est une oeuvre très forte, très touchante, sur un personnage hors du commun. Porté par un exceptionnel Eddie Redmayne, le film de James Marsh est une magnifique biographie, avec une histoire d'amour très réussie et un drame particulièrement poignant. Une vraie réussite !

Note : 9/10


jeudi 12 mars 2015

Cinquante nuances de Grey


Titre : 50 nuances de Grey (50 shades of Grey)
Réalisateur : Sam Taylor-Johnson
Acteurs : Jamie Dorman, Dakota Johnson, Jennifer Ehle
Date de sortie en France : 11 février 2015
Genre : érotique, romance

Synopsis : 
L'histoire d'une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans.

Avis : 
C'est la sortie événement de ce début d'année, le film dont on a entendu parler pendant des semaines : que vaut donc ce 50 shades of Grey ? Bon, évidemment, on ne pouvait pas en attendre grand chose : le film de Sam Taylor-Johnson (l'épouse-cougar de Aaron Kick-ass / Godzilla (2015) Taylor-Johnson) est l'adaptation du déjà très mauvais best-seller signé E.L. James, dont il ne pouvait dès le départ pas reprendre le côté très explicite.


Et sans surprise, c'est très mauvais. Banale romance entre deux personnes que tout oppose mais qui vont peu à peu avoir une influence l'un sur l'autre, 50 nuances tente de donner le change par son aspect vaguement sulfureux (bon, ce sera du SM très très gentil dans le film), essayant en vain de nous détourner de sa mièvrerie ambiance et d'un ramassis de clichés assez navrants, voire nauséabonds, dans lequel l'homme peut tout demander à la femme, pourvu qu'il lui offre une voiture et une promenade en hélicoptère.

Si on s'attendait à ne pas retrouver le côté très cru des scènes de sexe et des passages sadomasochistes du livre, on est néanmoins surpris par le raté incroyable côté casting : beau, charismatique et intimidant dans le livre, Christian Grey devient un légume sans personnalité ni magnétisme, interprété sans aucun relief par un Jamie Dorman (les séries Once upon a time et The Fall) qui nous avait habitué à bien mieux. Si Dakota Johnson (Need for speed) s'en sort un peu mieux, se battant pour surnager dans un rôle écrit à la truelle, l'interprétation reste au ras de pâquerettes. On appréciera seulement l'absence quasi totale des personnages secondaires, encore plus mauvais que les principaux.

On ne s'attardera pas sur un scénario faisant la part belle aux raccourcis et aux ficelles, enfonçant ce 50 shades of Grey dans la médiocrité annoncée et redoutée. La plus belle réussite du film est finalement d'aborder le masochisme de façon originale, en amenant le spectateur à souffrir volontairement en s'infligeant comme punition la vision d'une oeuvre dont il connaissait à l'avance la nullité...

Note : 2/10


mercredi 11 mars 2015

Samba


Titre : Samba
Réalisateur : Eric Toledano, Olivier Nakache
Acteurs : Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim
Date de sortie en France : 15 octobre 2014
Genre : romance, drame

Synopsis : 
Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d'obtenir ses papiers, alors qu'elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu'au jour où leurs destins se croisent... Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d'imagination qu'eux ?

Avis : 
Après le raz de marée Intouchables, le duo Eric Toledano / Olivier Nakache revient, toujours avec Omar Sy dans les valises, pour un drame sentimental sur fond d'immigration et d'intégration. Un film rempli de bons sentiments, tout comme leur oeuvre précédente... mais bien moins réussie.


En effet, là où le côté très "politiquement correct" du modèle s'effaçait peu à peu face à la bonne humeur du film et devenait étonnamment digeste, Samba va suivre la trajectoire inverse, nous livrant une histoire bien moins touchante et un fond beaucoup plus discutable. A trop vouloir faire de Samba le gentil noir de service, victime de la grande et méchante et trop injuste et raciste administration française, le film sombre tête la première dans la caricature et rend le personnage antipathique.

L'histoire d'amour avec Charlotte Gainsbourg, certes impeccable dans un rôle taillé pour elle, n'arrangera rien, gentille petite déclinaison sur le thème de l'amour impossible sans aucune surprise ni saveur. Aucune des péripéties ne vient vraiment troublr le rythme de sénateur du film, malgré les efforts désespérés de Tahar Rahim (Le Passé, Grand central) ou de Izïa Higelin.

On ne retrouve donc à aucun moment le charme d'Intouchables. Trop paresseux, trop politiquement correct, le film de Toledano et Nakache ne décolle jamais et se contente d'aligner les clichés pour avancer.

Note : 3/10


jeudi 26 février 2015

A girl walks home alone at night


Titre : A girl walks home alone at night
Réalisatrice : Ana Lily Amirpour
Acteurs : Sheila Vand, Arash Marandi, Marshall Manesh
Date de sortie en France : 14 janvier 2015
Genre : épouvante, romance

Synopsis : 
Dans la ville étrange de Bad City, lieu de tous les vices où suintent la mort et la solitude, les habitants n’imaginent pas qu’un vampire les surveille. Mais quand l’amour entre en jeu, la passion rouge sang éclate…

Synopsis : 
Si les vampires sont à la mode depuis quelques années, il faut bien avouer qu'on ne s'attendait pas du tout à les voir débarquer au milieu d'un film iranien en noir et blanc. Avec A girl walks home alone at night, Ana Lily Amirpour s'empare du mythe pour une oeuvre aussi soignée que déstabilisante.


Car la principale qualité du film est d'être esthétiquement sublime, avec un noir et blanc parfaitement adapté au thème et des jeux sur les ombres : il parvient ainsi à faire naître un climat très particulier, parfois même effrayant lorsque la vampire suit ses proies. Autre point fort du film, son aspect parodique, tournant en dérision certains codes du genre comme l'éternelle histoire d'amour.

Hélas, cela n'empêche pas le film d'avoir un vrai problème de rythme : en dehors des apparitions de la vampire, on s'ennuie très souvent, et le film finit par devenir un peu pénible à suivre. L'esthétique, si elle rappelle l'expressionnisme allemand, prend largement le pas sur la narration, avec une histoire presque inexistante et, pour le dire franchement, un peu chiante.

Sentiment mitigé donc en sortant d'une des rares salles diffusant A girl walks home alone at night : visuellement superbe, le film déçoit en revanche au niveau du scénario, sans grand intérêt et au rythme soporifique. Reste une tentative originale et intéressante, qui a l'immense mérite de sortir des sentiers battus malgré ses défauts.

Note : 6,5/10


jeudi 27 novembre 2014

My sweet pepper land


Titre : My sweet pepper land
Réalisateur : Hiner Saleem
Acteurs : Golshifteh Farahani, Korkmaz Arslan, Suat Utsa
Date de sortie en France : 9 avril 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise...

Avis : 
Avez-vous déjà vu  un western kurde ? Ce sera chose faite avec My sweet pepper land, qui nous entraîne dans cette région toujours instable, en quête d'identité, dans le sillage de deux personnages dont les idéaux de liberté et de justice se heurtent aux traditions et à l'influence des clans, jusqu'aux inévitables explosions de violence, autant psychologiques que physiques.


Le film de Hiner Saleem est assez étonnant, mêlant les genres, alliant romance et drame jusqu'à un final directement inspiré des westerns occidentaux, le tout avec une certaine dose d'un humour inattendu et très particulier (la scène d'introduction est assez terrible). Pourtant, les thématiques sont assez classiques : la jeune femme, qui souhaite travailler mais est confrontée à cette société masculine qui ne tolère pas les moindres signes d'indépendance ; et l'ancien combattant, devenu policier pour suivre un certain sens de la justice, mais qui se heurte rapidement à l'influence du clan local.

Ce manque de surprise n'enlève rien à la puissance des thèmes évoqués, d'autant qu'ils bénéficient de l'interprétation de deux excellents acteurs : si Korkmaz Arslan est très convaincant dans le rôle de cet ancien combattant choisissant de ne pas se laisser impressionner par les menaces, c'est surtout la superbe Golshifteh Farahani qui retient l'attention, sublime d'intensité et de présence face aux hommes qui lui font face.

Classique sur le fond, My sweet pepper land réussit néanmoins à tirer le meilleur de décors magnifiques, d'acteurs extraordinaires et d'un mélange réussi des genres, jusqu'à un final qui rappelle les grandes heures d'un certain Clint Eastwood, avec son héros implacable défendeur des grandes causes. Une vraie réussite !

Note : 8/10


dimanche 23 novembre 2014

Magic in the moonlight


Titre : Magic in the moonlight
Réalisateur : Woody Allen
Acteurs : Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : comédie, romance

Synopsis : 
Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Avis : 
Je n'ai jamais été un grand fan de Woody Allen, et ce n'est pas avec ce Magic in the moonlight, énième variation autour de la comédie romantique, que cela risque de changer. J'y retrouve en fait tout ce qui m'a toujours gêné chez le réalisateur, et qui m'empêche apparemment d'exploser de rire en même temps que les salles parisiennes devant certains gags ou certaines saillies usées jusqu'à la corde.


Avec ce nouveau film, Woody Allen réunit une nouvelle fois un très bon casting, avec un couple Colin Firth (Le Discours d'un Roi, A single man) / Emma Stone (Bienvenue à Zombieland, Gangster squad) forcément impeccable. Mais comme d'habitude, le réalisateur va se contenter d'une histoire d'une banalité absolue, aux rebondissement prévisibles et aux ficelles aisément décelables, comme dans un mauvais numéro de magie.

Evidemment, au milieu de tout ça, quelques scènes sortent du lot, quelques répliques et dialogues font mouche, et on ne s'ennuie que très peu, mais tout cela me semble quand même bien pauvre, bien convenu, et très loin de ce que les comédies romantiques peuvent offrir de meilleur, de plus drôle ou de plus touchant. Une impression récurrente avec les films de Woody Allen donc...

S'il est loin d'être désagréable, ce nouveau film du réalisateur de Manhattan reste dans la moyenne des oeuvres que j'ai pu voir de lui : rien de bien exceptionnel, malgré un casting au capital sympathie indéniable et quelques fulgurances perdue au milieu d'un ramassis de banalités.

Note : 5,5/10


dimanche 28 septembre 2014

Princess Bride


Titre : Princess Bride (The Princess Bride)
Réalisateur : Rob Reiner
Acteurs : Cary Elwes, Robin Wright, Christopher Guest
Date de sortie en France : 9 mars 1988
Genre : fantasy, aventures

Synopsis : 
Que peut bien faire un petit garçon cloué au lit par la grippe, condamné à écouter les conseils des grands et même de subir un grand-père rabat-joie, au lieu d'aller faire les quatre cents coups avec ses copains ? Et voilà en plus que le papy se met en tête de lire à haute voix un conte de fée aux antipodes de Superman et de Rambo ! Au Moyen-Age, dans le pays imaginaire de Florin, la belle Bouton d'Or se languit après le départ de son bien-aimé Westley, parti chercher fortune et qu'elle croit mort. Cinq ans plus tard, elle accepte d'épouser le prince Humperdinck pour qui elle n'éprouve aucun amour. Mais peu avant son mariage, elle est enlevée par trois bandits et entraînée dans une aventure mouvementée au cours de laquelle elle retrouvera sa raison de vivre...

Avis : 
Inspiré du livre éponyme de William Goldman, Princess Bride est un classique du film d'aventures fantastiques des années 1980. Réalisé par Rob Reiner, à qui l'on doit également les excellents Spiral Tap, Misery ou encore Stand by me et Quand Harry rencontre Sally, il nous entraîne dans un univers féerique peuplé de créatures fantastiques, d'être difformes, de princes et de princesses.


L'histoire est assez classique : il s'agit d'une histoire d'amour impossible entre une princesse et un valet, qui devront vivre milles aventures afin d'être enfin réunis. Une simplicité qui se retrouve dans le monde imaginé par Goldman et Reiner, aux décors naturels et aux monstres assez discrets, mettant principalement l'accent sur des personnages très réussis : outre Westley (incarné par Cary Elwes, que l'on retrouvera dans Sacré Robin des bois, Twister ou encore Saw) et la princesse (Robin Wright, Forrest Gump, Le Congrès), on appréciera surtout le trio de brigand composé du gentil géant à la force titanesque, de l'escrimeur espagnol au sens de l'honneur et de la justice surdimensionné et de l'intellectuel fourbe et cruel.

Princess Bride ne laisse aucun répit au spectateur, très vite happé dans ce monde imaginaire très réussi, grâce à de nombreux rebondissements, un humour omniprésent n'hésitant pas à jouer avec certains codes de la fantasy ou d'autres genres comme le film de capes et d'épées et réservant de nombreux passages forts, comme les duels à l'épée ou la machine de torture, le tout autour d'une histoire d'amour qui évite facilement la niaiserie et s'amuse même de son côté fleur bleue.

Classique des années 80 et de la fantasy, Princess Bride est donc à la fois drôle, touchant, spectaculaire et intense, donnant un divertissement familial de très haut niveau qu'on l'on appréciera de voir et de revoir !

Note : 9/10


jeudi 3 avril 2014

Only lovers left alive


Titre : Only lovers left alive
Réalisateur : Jim Jarmusch
Acteurs : Tilda Swinton, Tom Hiddleston, Mia Wasikowska
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : fantastique, drame

Synopsis :
Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Avis : 
 Réalisé par l'incomparable Jim Jarmusch (Dead man), Only lovers left alive est un film de vampires très particulier, préférant s'attacher à la psychologie de ses personnages principaux, Adam et Eve, plutôt que sur des débordements horrifiques ou une intrigue pour adolescents. Deux vampires centenaires, qui ont parcouru le monde, qui ont côtoyé les plus grands artistes, les plus grands scientifiques et vécu les plus grandes périodes de l'humanité.


D'un côté Eve donc, incarnée par la merveilleuse Tilda Swinton (We need to talk about Kevin, Snowpiercer), vivant dans la chaleur de Tanger, un vampire lumineux, de blanc vêtu, savourant encore son existence, aux côtés notamment de Christopher Marlowe. De l'autre Adam, interprété par Tom Hiddleston (Thor 2), incarnation du vampire ténébreux et cynique, préférant vivre éloigné de tout humain et cultivant mélancolie et érudition à travers sa passion pour la musique.

Le duo va exercer une étrange fascination sur le spectateur, permettant ainsi de passer outre la lenteur et le manque presque total d'événements pour mieux apprécier cet amour parfait, cette complicité silencieuse, cette complémentarité séculaire qui passe même au-delà de la présence physique. De fait, on est presque dérangé quand Ava, la soeur d'Eve, jouée par Mia Wasikowska (Stoker, Restless), vient bousculer ce rythme de sénateur, parasitant soudain le film comme elle perturbe le couple, à grands renforts de bruit, de bavardages, envahissant tout l'espace et violant les règles.

Fascinant, superbe visuellement, ultra-référentiel (le film se savoure sans doute encore plus si on a quelques notions en littérature, en musique, en cinéma et en sciences), Only lovers left alive ajoute enfin à cet ensemble très riche une petite dose d'humour bienvenue, jouant des codes vampiriques, s'amusant des rapports entre ces vampires qui ont tout vu et tout connu avec une société actuelle de "zombies". Et sans une dernière partie plus classique, aboutissant à une image finale trop grotesque pour ne pas être caricaturale, ce dernier film de Jim Jarmusch ne serait sans doute pas loin du chef d'oeuvre. Il n'en reste pas moins la preuve absolue que le vampire peut être une vraie figure romantique et dramatique au cinéma.

Note : 8,5/10


lundi 31 mars 2014

Real


Titre : Real (Riaru : Kanzen naru kubinagaryû no hi)
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Takeru Sato, Haruka Ayase, Jô Odagiri
Date de sortie en France : 26 mars 2014
Genre : fantastique, drame

Synopsis : 
Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d'autant qu'ils s'aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l'inconscient de sa compagne. Mais le système l'envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Avis : 
Adapté du roman A Perfect Day for Plesiosaur de Rokurô Inui, Real raconte l'histoire d'un homme confronté au coma de son épouse. Par un procédé rappelant un peu Inception ou Paprika, il a l'opportunité de pénétrer son esprit, afin d'essayer de la guérir. Mais très vite, il va remarquer que ces incursions ne sont pas sans conséquences pour lui-même...


Pendant une première heure très intéressante, Kurosawa tire parfaitement parti de son sujet, nous intrigue et parvient même à nous inquiéter lorsqu'il nous fait pénétrer dans l'appartement de Atsumi, théâtre d'événements étranges, la jeune femme pouvant donner vie à ses dessins. L'occasion de glisser par moments dans l'horreur et l'épouvante, entre une pièce inondée rappelant Dark water ou des personnages désincarnés directement issus de Kaïro...

C'est avec un premier retournement de situation que le film va peu à peu perdre son intérêt. Si le thriller et l'enquête restent assez prenants, encore qu'assez prévisibles, Real s'enfonce dans le film romantique niais, enchaîne les rebondissements sans saveur avant de se vautrer dans un final grotesque, à peine digne d'une série B fantastique et pendant lequel on se demande ce qui a bien pu passer par la tête de Kurosawa. D'autant que l'on retrouve l'un des défauts récurrents du réalisateur, avec un acteur principal qui ne dégage pas grand chose et qui semble horriblement mal dirigé. 

Après les excellents Tokyo sonata et Shokuzai, difficile de ne pas être déçu devant ce nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, très inégal, qui gâche une idée de base et une première partie prometteuse en tombant dans le romantisme niais et le fantastique d'opérette, tout en nous servant les thématiques classiques du cinéma japonais, de l'attachement aux racines et au passé à la question écologique...

Note : 5/10

 

vendredi 21 mars 2014

Her


Titre : Her
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs : Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Date de sortie en France : 19 mars 2014
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Avis : 
Récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original, Her raconte l'histoire d'amour entre un homme et un système d'exploitation informatique. Prenant place dans un futur proche, le film nous décrit une société individualiste, où les rapports entre personnes sont réduites au minimum et où toutes les interactions passent par le virtuel, omniprésent, et où même les lettres d'amour sont rédigées par des inconnus. Chaque individu passe ainsi le temps scotché à des appareils électroniques, ayant accès à toutes les informations dont il a besoin... 


Dans cet avenir qui ne semble pas si lointain, et fait parfois penser à la série Black mirror, les rapports humains sont biaisés par la possibilité d'enquêter à loisir sur l'autre, par la capacité à assouvir le moindre de ses fantasmes en quelques secondes... Des rapports factices finalement, qui n'entraînent finalement qu'une solitude plus grande encore, au point de pouvoir tomber amoureux d'un programme virtuel sans que cela ne choque personne. 

Car Samantha (dont la voix est celle de Scarlett Johansson, remarquable dans ce rôle où on ne la voit pas une seconde) a tout pour plaire : intelligente, drôle, à l'écoute, elle évolue selon la personnalité de son correspondant. Ici Theo, marqué par sa rupture récente et sensible, particulièrement réceptif à l' "attention" que lui porte le programme, oubliant même rapidement qu'il ne s'agit que d'une suite de codes, à la personnalité et aux sentiments simulés. 

La relation a ainsi une issue inéluctable, à mesure que certains détails rappellent à Theo la nature virtuelle de son amour, dans des passages aussi drôles que cruels (le pique-nique, l'intervention d'une inconnue), porté par la simplicité d'un Joaquin Phoenix étonnant. Her fait ainsi mouche en développant avec intelligence et douceur un thème devenu assez classique, dont l'aspect science-fiction s'efface peu à peu pour nous livrer une certaine idée de la société actuelle et de ses dérives.

Note : 9/10


vendredi 24 janvier 2014

Don Jon


Titre : Don Jon
Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt
Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore
Date de sortie en France : 25 décembre 2013
Genre : comédie, romance

Synopsis : 
Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Avis : 
 Pour son premier film en tant que réalisateur, Joseph Gordon-Levitt (Inception, The Dark Knight rises, Looper...) choisit de se mettre en scène dans une comédie romantique. Mais une comédie romantique bien particulière puisque Jon, le héros, est accroc au porno et ne parvient pas à retrouver la même excitation dans ses - nombreuses - relations réelles. L'occasion de savourer de nombreuses scènes cocasses, où l'on assiste à la routine quotidienne du séducteur, mais aussi à ses déboires, jusqu'à sa rencontre avec Scarlett Johansson (Lost in translation, Match point).


Cette dernière est quant à elle folle de comédies romantiques à l'eau de rose. Entre les deux, le choc est donc immense, mais Gordon-Levitt s'amuse à montrer l'aspect pernicieux des deux genres de films, véhiculant deux visions erronées et fantasmées de l'amour qu'il est impossible de retrouver dans la réalité. Et c'est finalement la rencontre avec un troisième personnage, interprété par Julianne Moore (Carrie, la vengeance, Le Monde perdu : Jurassic Park) qui va permettre à Jon de mûrir.

Le film évite à merveille les pièges de la comédie romantique hollywoodienne, y ajoutant une savoureuse touche un peu trash sans pourtant tomber dans les travers de la comédie d'ados à la American pie. Et si le trait est parfois très appuyé, on s'amuse autant avec Jon qu'à ses dépens, ce personnage de méta-beauf vulgaire et pas très malin devenant peu à peu attachant tandis que la femme fatale se montre de plus en plus repoussante.

S'il n'évite pas toujours la lourdeur, Don Jon constitue donc un premier essai réussi pour Joseph Gordon-Levitt. Une comédie romantique audacieuse et fraiche qui tranche radicalement avec les films habituels du genre.

Note : 7/10

samedi 4 janvier 2014

Ghost


Titre : Ghost
Réalisateur : Jerry Zucker
Acteurs : Patrick Swayze, Demi Moore, Whoopi Goldberg
Date de sortie en France : 7 novembre 1990
Genre : romance, fantastique

Synopsis : 
Sam Wheat, cadre dans une banque d'affaires new-yorkaise, et Molly Jensen, sculpteur, s'aiment. Mais tout bascule lorsque Sam Wheat est agressé dans la rue et abattu. A sa grande surprise, il devient un fantôme et réussit à communiquer avec une voyante hystérique. Il tente alors d'entrer en contact avec sa femme et découvre qui a voulu le tuer. 

Avis : 
 Enorme succès à sa sortie, Ghost jouit encore aujourd'hui auprès du grand public d'une formidable réputation. La célèbre scène de la poterie reste ainsi l'un des plus connues, et le couple formé par Demi Moore et Patrick Swayze est l'un des plus glamours. Hélas, si le film est depuis devenu un classique, il souffre d'un nombre conséquent de défauts et vieillit plutôt mal.


Il faut d'abord avouer que si Demi Moore est bien mignonne, elle et Patrick Swayze ne livrent pas une interprétation très convaincante. L'acteur a ainsi tendance à surjouer, notamment lorsqu'il est en colère, et le couple peine à convaincre. Second défaut plutôt gênant, les effets spéciaux : ces derniers ont en effet pris un très sérieux coup de vieux, et font en fait penser à de vieilles cinématiques de jeux vidéos. Comme en plus, ils sont très nombreux, cela donne à Ghost un aspect très ringard...

Une ringardise accentuée par un scénario assez classique, offrant une vision assez naïve de la vie après la mort et se limite à un manichéisme un peu puéril. Heureusement, le film laisse une certaine place à l'humour, par le biais du personnage de Whoopi Goldberg, qui réussit l'exploit assez rare de ne pas être irritante. Un humour bienvenu, compensant joliment la mièvrerie de l'ensemble, calibré pour plaire au plus grand nombre et pour arracher quelques larmes à la gent féminine.

Bref, Ghost est un film fantastique plutôt léger, se contentant d'une romance assez niaise ponctuée de notes humoristiques plutôt sympathiques. Pas de quoi se relever la nuit donc, même si les 120 minutes passent assez rapidement...

Note : 5,5/10


samedi 26 octobre 2013

La Vie d'Adèle : chapitres 1 & 2


Titre : La Vie d'Adèle : chapitres 1 & 2
Réalisateur : Abdellatif Kechiche
Acteurs : Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...


Avis : 
Palme d'Or au Festival de Cannes 2013, La Vie d'Adèle est tiré du roman graphique Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Il raconte quelques années de la vie d'Adèle, de son adolescence à l'âge adulte, marquées par son histoire d'amour avec Emma. Un film autant marqué par l'accueil unanime de la presse que par les déclarations de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sur les conditions de tournage, et la colère d'Abdellatif Kechiche en réaction à ces critiques.


Des critiques, on aurait d'ailleurs pu (dû ?) en voir bien plus à l'égard de ce film d'une durée exagérée (3h de film, dont une qui n'a plus rien à raconter, ça fait beaucoup) et qui ne traite finalement son sujet qu'en surface, comme s'il ne souhaitait montrer que le côté divertissant de l'homosexualité (en gros, le sexe) et oublier le reste, faisant même purement et simplement disparaître certains personnages pour ne pas parasiter le film avec un peu de réflexion. Globalement, c'est avec tout un système de ficelles et de facilités que le film progresse, se contentant bien souvent d'aligner les clichés (l'opposition entre la famille aisée, buvant du grand vin, se régalant de fruits de mer, amateurs d'art et ouverts d'esprit, et la famille de prolétaires dévorant ses spaghettis-bolo tout en étalant sa beaufitude l'illustre parfaitement).

Et comme conscient des limites de sa narration et de son univers, Kechiche va multiplier les (longues) scènes de sexe, comme autant d'étreintes bestiales dont on extirpera difficilement de l'amour. Et si le début du film, quand Adèle est encore lycéenne, reste assez frais et sympathique, La Vie d'Adèle devient peu à peu une coquille vide, d'une remarquable banalité, se perdant totalement dans une dernière partie loupée, peu aidée par une Adèle Exarchopoulos manquant totalement de crédibilité en adulte, ressemblant surtout à une gamine coincée dans les vêtements de sa mère.

Il est assez étonnant de ne lire quasiment que du bien d'un film aussi moyen que La Vie d'Adèle. S'il n'est pas foncièrement désagréable, au moins pendant 2heures, il est d'une banalité et d'une platitude lassante qui en font une oeuvre finalement assez puérile. Et ce n'est certainement pas les scènes de sexe, très crues, qui viendront donner du crédit au film, malgré la qualité de l'interprétation des deux actrices.

Note : 3/10




jeudi 10 octobre 2013

Grand central


Titre : Grand central
Réalisatrice : Rebecca Zlotowski
Acteurs : Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet
Date de sortie en France : 28 août 2013
Genre : romance, drame

Synopsis : 
De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace.

Avis : 
 Très librement inspiré du livre La Centrale d'Elisabeth Filhol, Grand central met donc en scène deux des jeunes acteurs français les plus intéressants du moment, Tahar Rahim (Un prophète, Le Passé) et Léa Seydoux (Les Adieux à la Reine, La Vie d'Adèle), pour une histoire d'amour compliquée dans un cadre très particulier : celui d'une centrale nucléaire, où travaillent le mari de Karole et Gary, qui deviendra rapidement son amant.


Ainsi, à l'histoire assez classique de la jeune femme adultère qui trompe son mari avec un homme plus jeune et plus séduisant répond sans cesse l'environnement, anxiogène par nature, du lieu de travail, où chaque mouvement peut être dramatique, où la confiance entre équipiers doit être maximale, et où la radioactivité s'infiltre constamment, comme un poison contre lequel on ne peut lutter...tout comme la jalousie. Le parallèle est ainsi (trop) évident, laissant craindre à chaque instant une issue fatale, rendant surtout chaque passage au milieu des radiations assez pesant.

Hélas, si les acteurs donnent tout ce qu'ils ont, l'ensemble manque clairement de souffle et s'avère quand même assez répétitif, d'autant que la réalisatrice ne semble pas vouloir aller au bout de ses idées, nous offrant un final vraiment raté, comme une espèce de contre-pied de tout ce qu'on a vu jusque là.  Les personnages secondaires sont souvent rapidement abandonnés alors qu'ils apportaient toute la profondeur du film, de la débrouillardise et l'insouciance peu à peu éteinte des plus jeunes à la lassitude des plus anciens.

On reste donc un peu sur notre faim avec ce Grand central, qui vaut donc surtout pour la prestation de son duo de héros et pour la centrale nucléaire, véritable personnage à part entière plutôt qu'une simple toile de fond, donnant au film quelques passages anxiogènes, mais au service d'une thématique assez scolaire...

Note : 6,5/10


mardi 1 octobre 2013

Ma vie avec Liberace


Titre : Ma vie avec Liberace (Behind the candelabra)
Réalisateur : Steven Soderbergh
Acteurs : Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd
Date de sortie en France : 18 septembre 2013
Genre : drame, biopic, romance

Synopsis : 
Durant l'été 1977, le jeune Scott Thorson entre dans la loge du célèbre pianiste Liberace... Malgré leur différence d'âge et leurs origines sociales opposées, les deux hommes entament une liaison secrète. Cette relation, souvent orageuse, va durer cinq ans...

Avis : 
Voilà donc le dernier film de Steven Soderbergh avant sa retraite. Quelques mois après le thriller Effets secondaires, il se penche sur plusieurs années de la vie du célèbre artiste Liberace, roi du show-business à Las Vegas pendant plusieurs décennies, et sa relation cachée avec Scott Thorson jeune apollon qu'il prendra sous son aile...et qu'il emprisonnera dans une prison dorée.


Michael Douglas est impressionnant dans le rôle de ce monstre sacré, de ce vampire qui semble avoir besoin d'aspirer la jeunesse de Matt Damon, semblant renaître à son contact, s'offrant une seconde jeunesse avec la chirurgie esthétique, et sculptant son homme-objet selon son bon vouloir, comme un enfant peut jouer avec une poupée, jusqu'à en déformer le visage avant de l'abandonner, sur un caprice ou parce qu'il a remarqué un nouveau modèle, moins usé.

On assiste ainsi à la descente progressive aux enfers du jeune Scott, véritable marionnettes entre les doigts du showman et de son imprésario. Soderbergh nous met aux prises avec un monde particulièrement kitsch, entièrement soumis à la tyrannie de l'apparence, jusqu'à faire froid dans le dos (le sourire de Douglas est aussi effrayant que les visages déformés par la chirurgie), offrant avec cette figure phare du divertissement un parallèle évident avec le cinéma d'aujourd'hui, ses paillettes et son paraître, ses mensonges et ses manipulations.

Pourtant, aussi intéressante que soit l'histoire, aussi inspirés que soient Douglas et Damon, il manque un peu de liant dans ce Ma vie avec Liberace : on a souvent l'impression d'assister à une succession de scènes, ce qui donne un aspect assez décousu à l'ensemble, et peine à retranscrire l'évolution des personnages. Un petit bémol qui n'enlève pas grand chose à la qualité de ce dernier film de Soderbergh, décidément en forme depuis qu'il a annoncé sa retraite.

Note : 7,5/10


lundi 2 septembre 2013

Marius


Titre : Marius
Réalisateur : Daniel Auteuil
Acteurs : Raphaël Personnaz, Victoire Belezy, Daniel Auteuil
Date de sortie en France : 10 juillet 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Dans le Vieux-Port de Marseille, César tient le bar de la Marine, avec son fils Marius. Cependant, le jeune homme rêve d'embarquer sur l'un des bateaux, qui passent devant le bar, pour partir vers des pays lointains. Fanny, une jeune et jolie marchande de coquillages, est secrètement amoureuse de Marius depuis des années. Ce dernier est lui épris de la jeune femme, mais n'a jamais su lui avouer.

Avis : 
Je n'ai jamais lu l'oeuvre de Pagnol, ni vu une quelconque de ses adaptations. C'est donc avec ce premier volet de la trilogie marseillaise réalisée par Daniel Auteuil (Fanny est sorti le même jour que Marius, et César devrait sortir en 2014) que je découvre l'histoire. Une histoire par ailleurs assez classique d'amours contrariées entre deux jeunes adultes que tout doit réunir, mais que la vie sépare.


Le principal attrait du film est évidemment cette ambiance marseillaise, avec ces personnages aussi hauts en couleur que leur façon de s'exprimer. Il faut beau, il faut chaud, tout le monde est bien gentil, et on se laisse prendre par cette ambiance mélodramatique avec un réel plaisir, d'autant que Daniel Auteuil, avec une réalisation très classique, semble vouloir nous bercer dans un rythme régulier, sans changement de rythme. On s'amuse également à retrouver des tirades et des répliques connues, comme le verre à quatre tiers ou le célèbre "tu me fends le coeur".

En fait, l'unique ombre au tableau vient de l'interprétation : si tous les acteurs ne sont pas aussi irritants que Marie-Anne Chazel, on peine à être convaincu par Marius, interprété par un Raphaël Personnaz qui ne semble jamais vraiment touché par ce qui se passe. On sera en revanche un peu plus charmé par Victoire Belezy, qui incarne une bien charmante Fanny, et Daniel Auteuil saura parfaitement nous amuser en César.

Bref, Marius est un film particulièrement agréable, sans aucun temps mort, et dont on ressort avec l'envie de rapidement voir la suite, voire même les précédentes adaptations. Ou tout simplement d'aller voir la mer, qu'on voit danser...

Note : 7,5/10




samedi 29 juin 2013

Alata


Titre : Alata (Out in the dark)
Réalisateur : Michael Mayer
Acteurs : Nicholas Jacob, Michael Aloni, Jamil Khoury
Date de sortie en France : 22 mai 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Nimer, un étudiant palestinien réfugié clandestinement à Tel-Aviv, rêve d’une vie meilleure à l’étranger. Une nuit, il rencontre Roy, un jeune avocat israélien. Ils s’éprennent l’un de l’autre. Au fil de leur relation, Nimer est confronté aux réalités cruelles de la communauté palestinienne – qui rejette son identité – et de la société israélienne – qui ne reconnaît pas sa nationalité. Sur fond de lutte familiale, politique et sociale, Nimer doit choisir entre son désir d’ailleurs et son amour pour Roy. 

Avis : 
Alata ("obscurité" en hébreux) est donc l'histoire d'un jeune palestinien homosexuel, dont le frère Nabil est un activiste violent et homophobe, cachant des armes de guerre dans son garage et se chargeant de ceux qu'il considère comme des traitres. Déjà rejeté par une partie des siens parce qu'il étudie une fois par semaine chez l'ennemi, à Tel-Aviv, Nimer va en plus tomber amoureux d'un avocat israélien, et vivre dès lors sous la surveillance du Shin Bet, qui exige des renseignements sur Nabil en le menaçant de révéler son homosexualité, et de le faire passer pour un traitre, auprès de ses proches...


Le film mêle donc deux sujets sensibles, l'homophobie et la crise israélo-palestinienne, un peu comme La Parade le faisait avec les conflits entre ethnies de l'ex-Yougoslavie. Nimer est ainsi confronté au rejet des siens pour deux raisons : sa sexualité (qui "souille" sa famille"), et le fait qu'il étudie à Israël. Mais il est également soumis à la suspicion des israéliens en raison des activités de son frère, mais aussi de sa liaison avec un avocat du pays, la famille de ce dernier se demandant si cette union n'est pas uniquement destinée à obtenir des informations. Un sujet de base très fort donc, mais qui ne débouchera malheureusement que sur un film très moyen.

Car Alata va multiplier les ficelles scénaristiques, et va ainsi étouffer très vite la puissance de son propos. La relation entre Nimer et Roy est ainsi cousue de fil blanc, de même que les divers malheurs arrivant au jeune palestinien. On n'y croit pas une seconde tant le trait est forcé, malgré un acteur (Nicholas Jacob) vraiment attachant. Pire encore, le film de Michael Mayer donne l'impression d'enfiler les clichés comme des perles, de l'éternel homosexuel rondouillard et exubérant au dîner chez les parents du fiancé. Seule la violence des réactions de la famille palestinienne, contenant en substance toute la haine et l'intolérance de l'entourage du jeune homme, sortira du lot.

Dommage donc qu'à vouloir trop romancer son histoire, Alata sacrifie la puissance potentielle de son synopsis sur l'autel de gros clichés assez insupportables. Ni la perte d'identité de Nimer, ni l'homophobie, ni le racisme ne sont ainsi réellement traités, donnant à ce film un aspect terriblement frustrant...

Note : 3,5/10