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jeudi 21 novembre 2013

Omar


Titre : Omar
Réalisateur : Hany Abu-Assad
Acteurs : Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany
Date de sortie en France : 16 octobre 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves et de ses deux amis d'enfance, Tarek et Amjad. Les trois garçons ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et sont prêts à passer à l'action. Leur première opération tourne mal.
Capturé par l'armée israélienne, Omar est conduit en prison. Relâché contre la promesse d'une trahison, Omar parviendra-t-il malgré tout à rester fidèle à ses amis, à la femme qu'il aime, à sa cause ?


Avis : 
Réalisé par Hany Abu-Assad, à qui l'on doit notamment Paradise now, Omar est un film palestinien. Prix spécial de la section Un certain regard au festival de Cannes 2013, il raconte donc l'histoire d'un jeune palestinien contraint de jouer un double rôle pour éviter d'être emprisonné par la police israélienne, et confronté à la suspicion de ses camarades qui savent qu'il y a une taupe dans le groupe.


S'il est séduisant, ce synopsis n'aboutira malheureusement jamais sur le film percutant que l'on pouvait attendre. Arrêté par l'armée israélienne, Omar sera relâché à deux reprises, après avoir participé à un assassinat puis tenté de piéger des soldats afin de les tuer. Certes torturé et menacé de mort, il sera dans les deux cas remis en liberté afin de livrer Tarek. Forcément, ces libérations le rendent suspect auprès de ses camarades, qui le suspectent d'être un traitre...ce qui n'aura aucune véritable conséquence sur son quotidien.

Omar donne ainsi l'impression de progresser sans vraiment tenir compte du statut de son personnage principal, jusqu'à une conclusion un peu grotesque. Il en sera de même pour l'histoire d'amour entre Omar et Nadia, dont l'évolution peinera à convaincre. Pourtant, on appréciera de voir ces jeunes palestiniens décrits autrement que comme des terroristes assoiffés de sang en puissance, d'autant que les acteurs sont vraiment convaincants, Adam Bakri en tête. 

On ressort donc un peu déçu de ce film palestinien, qui semble manquer le coche en oubliant certains de ses enjeux scénaristiques. Dommage, d'autant que les acteurs sont très bons, rendant leurs personnages très attachants, et que certaines scènes sont très fortes. 

Note : 6,5/10


samedi 29 juin 2013

Alata


Titre : Alata (Out in the dark)
Réalisateur : Michael Mayer
Acteurs : Nicholas Jacob, Michael Aloni, Jamil Khoury
Date de sortie en France : 22 mai 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Nimer, un étudiant palestinien réfugié clandestinement à Tel-Aviv, rêve d’une vie meilleure à l’étranger. Une nuit, il rencontre Roy, un jeune avocat israélien. Ils s’éprennent l’un de l’autre. Au fil de leur relation, Nimer est confronté aux réalités cruelles de la communauté palestinienne – qui rejette son identité – et de la société israélienne – qui ne reconnaît pas sa nationalité. Sur fond de lutte familiale, politique et sociale, Nimer doit choisir entre son désir d’ailleurs et son amour pour Roy. 

Avis : 
Alata ("obscurité" en hébreux) est donc l'histoire d'un jeune palestinien homosexuel, dont le frère Nabil est un activiste violent et homophobe, cachant des armes de guerre dans son garage et se chargeant de ceux qu'il considère comme des traitres. Déjà rejeté par une partie des siens parce qu'il étudie une fois par semaine chez l'ennemi, à Tel-Aviv, Nimer va en plus tomber amoureux d'un avocat israélien, et vivre dès lors sous la surveillance du Shin Bet, qui exige des renseignements sur Nabil en le menaçant de révéler son homosexualité, et de le faire passer pour un traitre, auprès de ses proches...


Le film mêle donc deux sujets sensibles, l'homophobie et la crise israélo-palestinienne, un peu comme La Parade le faisait avec les conflits entre ethnies de l'ex-Yougoslavie. Nimer est ainsi confronté au rejet des siens pour deux raisons : sa sexualité (qui "souille" sa famille"), et le fait qu'il étudie à Israël. Mais il est également soumis à la suspicion des israéliens en raison des activités de son frère, mais aussi de sa liaison avec un avocat du pays, la famille de ce dernier se demandant si cette union n'est pas uniquement destinée à obtenir des informations. Un sujet de base très fort donc, mais qui ne débouchera malheureusement que sur un film très moyen.

Car Alata va multiplier les ficelles scénaristiques, et va ainsi étouffer très vite la puissance de son propos. La relation entre Nimer et Roy est ainsi cousue de fil blanc, de même que les divers malheurs arrivant au jeune palestinien. On n'y croit pas une seconde tant le trait est forcé, malgré un acteur (Nicholas Jacob) vraiment attachant. Pire encore, le film de Michael Mayer donne l'impression d'enfiler les clichés comme des perles, de l'éternel homosexuel rondouillard et exubérant au dîner chez les parents du fiancé. Seule la violence des réactions de la famille palestinienne, contenant en substance toute la haine et l'intolérance de l'entourage du jeune homme, sortira du lot.

Dommage donc qu'à vouloir trop romancer son histoire, Alata sacrifie la puissance potentielle de son synopsis sur l'autel de gros clichés assez insupportables. Ni la perte d'identité de Nimer, ni l'homophobie, ni le racisme ne sont ainsi réellement traités, donnant à ce film un aspect terriblement frustrant...

Note : 3,5/10