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mercredi 16 octobre 2024

Nano Shark

 

Titre : Nano Shark
Réalisateur : Brett Kelly
Acteurs : 
Date de sortie en France : 
Genre :  requins, science-fiction

Synopsis : 
 Des scientifiques utilisent la nanotechnologie pour réduire un requin mortel à taille microscopique. Il est injecté dans la circulation sanguine d’une personne afin de guérir un trouble sanguin rare. Lorsque le requin commence à faire plus de mal que de bien, une équipe d’aventuriers entre dans le sang dans un sous-marin rétréci pour tenter de tuer (ou d’être tué) par le plus petit des grands blancs !
 
Avis : 
On peut reprocher beaucoup de choses à Brett Kelly (et on va le faire dans cette chronique), mais on ne peut pas lui enlever une qualité : celle d'avoir des idées qui donnent envie de voir ses films. Aussi, alors que la mode est plutôt au gigantisme (notamment dans son Kaiju Glam Metal Shark Attack), le réalisateur canadien va cette fois nous proposer un requin microscopique, dans une aventure lorgnant du côté du "Voyage fantastique" de Richard Fleischer ou de "L'Aventure intérieure" de Joe Dante. 
 

 
 
Une idée amusante donc, joliment illustrée par le détournement de la phrase culte des "Dents de la mer" : We're gonna need a smaller boat. Malheureusement, Brett Kelly va surtout réussir à en faire un tout petit film, n'ayant aucun véritable scénario à développer autour de cette idée. Nano Shark, c'est lent, très lent, c'est vide, très vide, et c'est un ressort volontaire destiné à être comique. Autant vous dire que votre patience risque d'être mise à rude épreuve si vous ne regardez pas le film en groupe.
 
En effet, le temps dédié à l'histoire est finalement très limité : on doit passer une vingtaine de minutes à suivre le mini-sous-marin affronter le mini-requin. Le reste consiste en des dialogues complètement idiots, et en des séquences de remplissage improbables et interminables. Plusieurs minutes seront ainsi consacrées à admirer des fesses sur la plage, à suivre l'accident amenant à la piqûre de la mauvaise fesse, à assister à l'achat d'une citronnade, à observer un personnage s'amuser avec des cotons-tiges devant son miroir, ou enfin à assister à un festin de hot dogs. 
 
 
Mais n'allez pas croire que les séquences consacrées au submersible et au requin remontent le niveau : d'une lenteur assez pachydermique, ces séquences sont peut-être les pires du film. Si on n'attend plus grand chose des effets spéciaux ou de l'interprétation, c'est surtout l'absence presque totale d'imagination qui pénalise ces passages. Tout juste retiendrons-nous la scène de la "femme torpille". 

Comme souvent, ce Brett Kelly fait penser à un pote ou à un oncle un peu lourd, qui lâche des caisses pendant un repas en vous donnant des coups de coude pour que vous ne loupiez surtout aucune miette de sa subtilité. On réservera donc ce Nano Shark aux fans irrécupérables de Brett Kelly (et je plaide coupable), de préférence en groupe (j'ai eu la chance de pouvoir découvrir le film en salle au dernier Paris Shark Week). Pour les autres, fuyez !



vendredi 23 août 2024

Trap

 

Titre : Trap
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs : Josh Hartnett, Ariel Donoghue, Saleka Shyamalan
Date de sortie en France : 7 août 2024
Genre : thriller

Synopsis : 
30 000 spectateurs. 300 policiers. Un tueur. 
Cooper, père de famille et tueur en série, se retrouve pris au piège par la police en plein cœur d’un concert. 
S’échappera-t-il ?
 
Avis : 
Spectateurs, il est temps de laisser votre sens de la logique et du crédible aux vestiaires : avec Trap, M. Night Shyamalan nous propose un thriller dont les péripéties ne seront dictées que par la chance, des coïncidences, de l'incompétence et une bonne dose d'interventions du scénariste aux moments les plus opportuns. Oubliez la virtuosité de Snake eyes, que vous aurez peut-être envie de revoir à la fin du film, et prenez plutôt vos manettes pour jouer aux derniers Hitman en mode facile. 
 
 
Car Trap, c'est le genre de film où personne ne voit jamais rien, et surtout pas ce qui se déroule sous son nez. C'est ce genre de film où, à deux secondes près, le protagoniste se fait remarquer ou attraper, à plusieurs reprises. C'est ce genre de film où le héros ne progresse à aucun moment grâce à ses talents, mais parce que la statistique de Chance de son arbre de compétence est réglée au maximum. Cela donne des séquences hallucinantes, où tout le monde révèle à Josh Hartnett ce qu'il sait, où tout le monde lui fait immédiatement confiance au détriment de toute logique. 
 
Et finalement, on s'amuse beaucoup de cette accumulation d'incohérences, qui évoque les films d'action les plus nanardesques avec leurs héros invulnérables. Et on devine que Josh Hartnett s'y amuse également beaucoup, lui qui n'aura à dégainer que deux visages différents pour survoler le film, entre le sourire forcé inspirant la confiance ou la mâchoire serrée et le regard noir pour rappeler que, quand même, c'est un méchant tueur en série. Deux expressions qui lui suffiront pour apporter bien plus de nuances que tous ses camarades de jeu, Saleka Shyamalan (la fille de) en tête. 
 
 
On regrettera presque que l'action ne se cantonne pas à la salle de concert, tant la seconde partie du film perd cet aspect ludique pour n'aboutir que trop lentement vers un dénouement convenu. Les rebondissements improbables ralentissent, laissant trop souvent la place à des tunnels de dialogues imbuvables et teintés de psychologie de comptoir. Tous les petits défauts qui m'avaient amusé dans la première partie sont peu à peu devenus pénibles, comme si Shyamalan avait du mal à abandonner son jouet et à conclure son histoire. Comme souvent...

Trap, c'est un peu le téléfilm du dimanche après-midi, avec ses péripéties incroyables et assez puériles, mais que l'on peut suivre avec un certain plaisir au second degré. Un plaisir qui manquait aux précédentes réalisation de Shyamalan (Old et Knock at the cabin), que le film a d'ailleurs rapidement dépassé en nombre de spectateurs en France.
 

 

samedi 17 août 2024

Alien : Romulus

 
Titre : Alien : Romulus
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux
Date de sortie en France : 14/08/2024
Genre : science-fiction, horreur
 
Synopsis : 
 Alors qu’il entreprend des fouilles dans une station spatiale abandonnée, un groupe de jeunes voyageurs se retrouve confronté à la forme de vie la plus terrifiante de l'univers…
 
Avis : 
La saga Alien fait partie de ces rares séries de films à conserver une aura relativement intacte, malgré des épisodes de plus en plus clivants au fil des années. Très clairement, depuis Aliens, le retour (il y a presque 40 ans...), le moins que l'on puisse dire, c'est que chaque film divise... ou fait quasiment l'unanimité contre lui, comme le dernier en date, Alien : Covenant. Pourtant, malgré ces échecs, malgré les projets avortés, malgré les crossovers médiocres, l'arrivée sur nos écran d'un nouveau film de la saga initiée par Ridley Scott reste un événement, surtout lorsqu'il est mis en scène par l'une des figures montantes du genre : Fede Alvarez, le réalisateur de Don't breathe - la maison des ténèbres et de Evil dead (2013).


Le réalisateur uruguayen va justement se raccrocher aux deux plus grands succès de la série, en situant son histoire entre Alien, le huitième passager et Aliens, le retour. Un choix chronologique qui va également avoir un impact direct sur l'identité de Alien : Romulus, ce dernier étant à bien des égards un "Alien 1.5" : la première partie, où les personnages parcourent une épave abandonnée et découvrent la menace, s'inspire clairement du film de Scott ; la seconde, plus musclée, évoque celui de Cameron. Et si quelques éléments rappellent Alien 3 ou Alien : la résurrection, Alvarez semble vouloir nous montrer qu'il aime et connaît ses classiques, quitte à parfois rester un peu sage. 

Car, même si l'on prend un véritable plaisir à retrouver les couloirs sombres typiques de la saga, si l'on adore replonger dans cette ambiance craspec et violente, si l'on retrouve plus de vagins et de pénis que dans une soirée organisée par DSK, si l'on apprécie de voir les facehuggers et les xénomorphes redevenir des menaces crédibles, si l'on frissonnera même un peu durant la première heure, il faut bien avouer que le film ne réserve que peu de surprises, et le spectateur averti aura systématiquement une longueur d'avance sur les personnages. Cet aspect sera même plus présent encore pour les amateurs de jeux vidéo, certains éléments rappelant Alien : Isolation
 

 Ce n'est certes pas un défaut rédhibitoire, mais Alien : Romulus ne propose finalement que très peu de nouvelles idées et, lorsqu'il le fait, c'est en jouant avec le réalisme (la gravité, par exemple, qui donne de superbes séquences sur lesquelles il ne faudra pas être trop pointilleux). De même, on pourra regretter les innombrables clins d'oeil du film à ses aînés... jusqu'à l'indigestion (certain plans, les répliques cultes des précédents films, le personnage de Rook). 

Renouant avec l'identité des premières heures de la saga, pour le meilleur comme pour l'un peu moins bon, Fede Alvarez nous en offre de façon presque inattendue son épisode le plus réussi depuis 1986. Et je dois bien l'avouer : ça fait bien longtemps que je n'avais pas eu envie de suivre de nouvelles aventures dans cet univers... tant qu'on laisse Ridley Scott loin de tout ça !



samedi 27 avril 2024

Godzilla X Kong : le nouvel Empire

 

Titre : Godzilla X Kong : le nouvel empire
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Dan Stevens
Date de sortie en France : 3 avril 2024
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Le tout-puissant Kong et le redoutable Godzilla unissent leurs forces contre une terrible menace encore secrète qui risque de les anéantir et qui met en danger la survie même de l’espèce humaine. 

Avis :
Cinquième film du MonsterVerse, Godzilla X Kong a la lourde mission de passer derrière le très, très moyen (pour être gentil) "Godzilla vs Kong", tout en étant inévitablement comparé au très, très bon "Godzilla Minus One". La bande-annonce, avec ses monstres sprintant comme des victimes de slashers et son déluge de numérique, ne laissait pas vraiment présager du meilleur. Verdict ? Ce "nouvel empire" ressemble beaucoup à tous les blockbusters que produit Hollywood depuis quelques années, pour le meilleur et surtout pour le pire. 


Suite aux événements de G vs K, Kong a emménagé dans la Terre creuse, et Godzilla est resté à la surface. Alors que le singe géant se lance dans une quête spirituelle profonde en recherchant ses semblables (inaugurant par la même occasion l'éternelle tendance des personnages à paraphraser ce que le spectateur avait parfaitement compris) entre deux bottages de cul de créatures étranges, le Roi des Monstres se tape de bonnes grosses siestes... entre deux bottages de cul de Titans. Bref, rien ne semblait les amener à se croiser de nouveaux sauf l'éternelle nouvelle menace, destinée à détruire le Monde et apparemment invulnérable. Rien de bien nouveau donc, et pourquoi pas finalement ?

 Malheureusement, Adam Wingard et ses scénaristes (oui, il y en a plusieurs) avaient envie de développer l'univers du MV, ainsi que leurs personnages. Si nous sommes enfin débarrassés de Kyle Chandler et Millie Bobby Brown, nous devrons encore subir Kaylee Hottle dans le rôle de la jeune sourd-muette (sauf quand elle oublie d'être sourde) et Brian Tyree Henry dans le rôle du podcaster complotiste qui filme tout sauf ce qui peut être intéressant et uniquement là pour apporter la caution "comique" (entendez par là qu'il s'agit du personnage secondaire classique des blockbusters de ces dernières années, peureux et un peu idiot). Ils sont ici rejoints par Dan Stevens ("Colossal", "Abigail") dans le rôle de l'insupportable Trapper, incapable d'effectuer une action sans être accompagné d'une musique assourdissante destinée à rendre l'ensemble "trop cool"... là encore, comme dans de trop nombreux blockbusters de ces dernières années. Ce dernier est d'ailleurs au centre de séquences tombées du ciel, comme lorsque Kong a besoin de soin. 

 

Le singe géant a une dent infectée ? Pas de problème, on a de quoi la remplacer. Kong s'est fait détruire le bras ? Pas de problème, un bras mécanique tombe du ciel. Kong a un des soucis d'érection ? Ah non tiens, le film n'est pas encore allé jusque là, même si on lui refile un fils adoptif. 

Ainsi, pendant environ une heure, on se contente de suivre les aventures de Kong, de Godzilla et du groupe d'humains, comme aux plus belles heures des Voyages au centre de la Terre ou d'un énième Monde perdu, jusqu'à ce que l'histoire ne démarre vraiment, avec la découverte d'un sous-sol sous le sous-sol, et d'un groupe de singes réduits en esclavage et n'attendant qu'Indiana Jones pour les sauver. Entre temps, quelques combats, plus ou moins réussis (le premier combat de Godzilla est expéditif mais très efficace), plus ou moins parasités par des ralentis débiles, plus ou moins tronqués (Kong contre le monstre du lac, Godzilla vs Tiamat), plus ou moins sabotés par cette volonté d'aller toujours plus loin dans l'action illisible. Un véritable gâchis, tant certaines créatures sont superbes et méritaient mieux, comme Tiamat ou Shimo. 

Bref, rien de nouveau pour ce Nouvel Empire, qui plaira sans doute aux fans de blockbusters insipides. Scénario basique, personnages humains sans grand intérêt, problèmes de cohérence, combat parfois spectaculaires et effets spéciaux généralement réussis si on n'est pas allergique aux fonds verts (9 fois le budget de l'oscarisé "Godzilla Minus One", par ailleurs). On ne change pas une formule qui gagne, et le fast-food hollywoodien nous offrira sans doute rapidement la suite. On parle d'ailleurs déjà d'une seconde saison de la sympathique série "Monarch : Legacy of Monsters", et de nouveaux films se concentrant (enfin !) sur de nouvelles créatures.



dimanche 31 décembre 2023

Horror in the high desert 2 : Minerva

 
Titre : Horror in the high desert 2 : Minerva
Réalisateur : Dutch Marich
Acteurs : Solveig Helene, Laurie Felix Bass, Suziey Block, Brooke Bradshaw, Marco Antonio Parra
Date de sortie en France : 2023 (VOD)
Genre : found footage
 
Synopsis : 
En 2018, plusieurs tragédies se déroulent dans le désert du nord-est du Nevada. Une femme est retrouvée morte et une autre disparaît sur le même tronçon d'une autoroute isolée. Ces événements pourraient-ils être liés à la tristement célèbre disparition, en 2017, du randonneur Gary Hinge ?

Avis : 
 Le final de Horror in the high desert annonçait une suite, dans laquelle les internautes tentaient de retrouver les lieux où avait disparu Gary Hinge. Pourtant, avec Horror in the high desert 2 : Minerva, Dutch Marich va s'éloigner de cette idée pour enrichir un peu son univers, avec deux autres affaires de disparitions mystérieuses dans le Nord-Est du Nevada. 
 

Il va en revanche reprendre le même procédé que pour le premier volet, avec ce faux documentaire composé d'images d'archives, d'interviews et d'images retrouvées, mais en le musclant un peu. Si l'on devait finalement attendre la dernière partie du premier film avant de frissonner, Minerva va se montrer un peu plus généreux en la matière, en disséminant les passages forts dans son film, suivant la logique selon laquelle une suite doit en faire plus. 

Cela va avoir deux conséquences : d'un côté, cela va rendre le film plus rythmé, avec quelques scènes mémorables (la visite du sous-sol) et des artifices d'angoisse plus tangibles ; de l'autre, cela va empiéter sur la caractérisation des personnages, qui seront bien moins développés que ne l'était Gary Hinge. On n'apprendra finalement pas grand chose de Minerva, et encore moins d'Ameliana. Autant dire que leurs destins respectifs nous toucheront beaucoup moins que celui du randonneur.
 
 
Mais encore une fois, la dernière partie va réussir à faire monter la tension, grâce à un travail formidable sur le son et l'image. Plus encore que pour le final du 1er volet, Dutch Marich joue sur l'invisible, sur les ombres, sur ce que l'on entend, sur ce que l'on croit avoir vu, et sur le sentiment de vulnérabilité totale du personnage tenant la caméra, qui ne voit à aucun moment ce que nous pensons avoir aperçu. Une vraie réussite à ce niveau là, encore une fois. 

On reste ainsi en terrain connu avec Horror in the high desert 2 : Minerva, qui reprend les ingrédients de son aîné, tout en le dopant légèrement. J'ai préféré le premier film, m'impliquant davantage dans l'histoire de son personnage, mais j'ai tout de même apprécié le sentiment constant de mystère autour du film, malgré des héroïnes dont je me foutais un peu. A voir cependant si le réalisateur ne se caricature pas par la suite : la saga semble devoir s'étirer sur 5 épisodes, et le final de ce deuxième volet semble annoncer, une nouvelle fois, des révélations sur l'étrange personnage croisé à la fin de Horror in the high desert
 
 



vendredi 29 décembre 2023

Horror in the high desert


Titre : Horror in the high desert
Réalisateur : Dutch Marich
Acteurs : Eric Mencis, Tonya Williams-Ogden, Errol Porter, David Morales, Suziey Block
Genre : found footage
Date de sortie en France : 15 février 2023 (VOD)
 
Synopsis : 
En juillet 2017, un randonneur expérimenté disparait dans le nord du Nevada. Après une recherche approfondie, il n'a jamais été localisé. À l'occasion du troisième anniversaire de sa disparition, des amis et proches se souviennent des événements et, pour la première fois, parlent de l'horrible conclusion de son destin.
 
Avis : 
Si l'univers du found footage regorge de navets fauchés et sans imagination, on tombe parfois grâce au bouche-à-oreilles sur des films plus efficaces et plus réussis. C'est le cas avec Horror in the high desert qui, malgré un budget que l'on devine rachitique, va jouer avec brio la carte du faux documentaire. 
 
 
Le film de Dutch Marich nous raconte ainsi l'histoire de Gary Hinges, jeune randonneur disparu dans des circonstances troublantes. Extraits de reportages télévisés, interviews des proches de la victimes et de détectives, contextualisation par une journaliste : Horror in the high desert joue la carte du réalisme, et y parvient plutôt bien. Les codes classiques de ce genre de reportage sont parfaitement repris (les noms des intervenants apparaissent, des bandeaux résument la situation), jusqu'à la promesse d'un dénouement mystérieux, et je dois bien avouer que ça fonctionne assez bien pour moi. Sans aller jusqu'à dire que j'ai fini par croire à un fait divers authentique, j'ai été pris par cette ambiance de documentaire et par l'histoire. Evidemment, cela ne pourra pas être le cas pour tout le monde, et je conçois totalement que l'on puisse rester totalement hermétique au concept... et donc de s'ennuyer à mourir. 

Car il ne se passe finalement pas grand chose dans Horror in the high desert, et c'est aussi ce qui peut faire sa force : l'enquête est finalement assez linéaire, la police n'a pas grand chose à se mettre sous la dent, et le seul élément "important" est la découverte du véhicule de Gary, déplacé par une personne dont les empreintes ne correspondent pas à celles du jeune homme. Là encore, cette absence de sensationnel renforce la crédibilité de l'ensemble, mais laissera de côté une partie du public... jusqu'à la découverte de l'ultime vidéo.
 

Car le disparu animait un blog sur internet en donnant des conseils sur la survie en pleine nature. On y apprend notamment qu'il avait découvert une étrange cabane dans les bois, et y avait ressenti quelque chose de maléfique avant de prendre la fuite. Harcelé par son public, qui remettait en cause son histoire, il a finalement décidé de retourner sur les lieux pour leur prouver ses dires... et n'en reviendra jamais. La dernière partie, consacrée au retour vers cette cabane, en pleine nuit, est d'une incroyable efficacité. On reprend ici les codes classiques du found footage, avec cette caméra portée, ces mouvements brusques, mais le jeu sur le son et les lumières est assez remarquables, nous laissant constamment tenter de deviner (ou d'imaginer) des formes dans la nuit. Un véritable moment de tension, qui peut évoquer la dernière partie du Projet Blair Witch, par exemple. 

A l'image du sympathique Lake Mungo, Horror in the high desert prend donc son temps pour développer son histoire, cherchant à donner vie au personnage de Gary Hinges et à nous impliquer émotionnellement pour rendre ce fait divers crédible. Cela fonctionnera selon la sensibilité de chacun, et a plutôt bien marché avec moi, jusqu'à la cerise sur le gâteau avec ce dénouement formidable. En ce qui me concerne, une bonne pioche dans l'univers peuplé de navets du found footage.



dimanche 5 novembre 2023

L'Exorciste - Dévotion

 
 
Titre : L'Exorciste - Dévotion (The Exorcist - Believer)
Réalisateur : David Gordon Green
Acteurs : Leslie Odom Jr, Ellen Burstyn, Ann Dowd
Date de sortie en France : 11 octobre 2023
Genre : horreur

Synopsis : 
Depuis que sa femme, enceinte, a perdu la vie au cours d’un séisme en Haïti douze ans plus tôt, Victor Fielding élève, seul, leur fille Angela. Un jour, Angela et son amie Katherine disparaissent dans les bois avant de refaire surface 72 heures plus tard sans le moindre souvenir de ce qui leur est arrivé... Dès lors, d’étranges événements s’enchaînent et Victor doit affronter de redoutables forces maléfiques. Désespéré et terrorisé, il sollicite la seule personne encore en vie qui ait jamais été témoin de pareils phénomènes: Chris MacNeil. 
 
Avis : 
Parmi les grands noms du cinéma d'horreur, L'Exorciste de William Friedkin bénéficie d'une place bien particulière. Souvent cité parmi les films les plus terrifiants, notamment grâce aux anecdotes entourant sa sortie en salles, il a, à l'image des Dents de la mer de Spielberg, dynamité un sous-genre du fantastique et été copié à d'innombrables occasions, sans jamais être égalé. Mieux encore, il a éclipsé toutes ses suites, de qualités certes variables, et on oublie souvent qu'il est le premier film d'une franchise composée de 6 films et d'une série télévisée, auxquels se sont frottés des réalisateurs tels que John Boorman (L'Exorciste 2 : l'hérétique), William Peter Blatty (L'Exorciste, la suite), Paul Schrader (Dominion : prequel to the exorcist) ou encore Renny Harlin (L'Exorciste : au commencement). Mieux encore, tout comme le film de Spielberg, L'Exorciste dispose d'une aura telle qu'il semble toujours impossible d'en proposer un remake. Autant dire que voir David Gordon Green débarquer sur la saga après avoir sauvagement violé Halloween, pour une nouvelle production Blumhouse laissait franchement perplexe. 
 

 
Il va d'ailleurs reprendre une recette similaire à celle de son Halloween, en proposant une suite directe au film originel, oubliant tout ce qui a été fait depuis, et en convoquant quelques illustres figures : Jamie Lee Curtis était revenue pour affronter Myers, Ellen Burstyn vient participer à la lutte contre le démon. Le premier problème, c'est que DGG n'a finalement que ça à proposer au spectateur : un titre d'une renommée qui le dépasse, et un personnage dont il ne sait pas quoi faire. Alors, pour compenser, il va se retrancher derrière ce que propose environ 99% du cinéma fantastique américain contemporain : il va essayer de doper son film pour n'offrir aucun temps mort, dans l'espoir que cette frénésie permette de faire oublier un scénario sans imagination, une absence totale de progression et de frisson, le tout en laissant la porte ouverte aux inévitables suites de ce qui est déjà prévu pour être une trilogie. 

On aurait pourtant pu croire que la possibilité d'étaler le scénario sur trois films permettrait d'étoffer l'histoire, d'approfondir les personnages, d'installer progressivement les enjeux. Il n'en sera rien. Dans L'Exorciste Dévotion, tout va très vite, trop vite. En quelques minutes, quand les parents retrouvent leurs filles après 3 jours d'absence, les personnages ont la certitude qu'elles sont possédées. Nous sommes loin de la progression remarquable du film de Friedkin, qui jonglait habilement entre l'explication médicale et l'explication surnaturelle, et réussissait ainsi à installer insidieusement l'angoisse chez le spectateur. Ici, aucune hésitation : les gamines sont possédées, et se mettent presque immédiatement à agir comme telles, en faisant joujou avec les lumières ou en gueulant des insanités dans une église, dans une scène particulièrement gênante alors qu'elle avait un fort potentiel. Résultat : on n'a pas peur pour les filles, et on ne s'identifie à personne. On attend juste impatiemment l'inévitable scène d'exorcisme pour enfin nous libérer de tout ça. 

Hélas, même de ce côté là, pas grand chose à sauver. Dommage, car l'idée de mêler plusieurs courants spirituels était prometteuse et pouvait offrir des passages originaux, mais David Gordon Green préfère une nouvelle fois se contenter du strict minimum. Pire encore, le film ne propose pas de conclusion satisfaisante, comme enfermé par son statut un peu bâtard de "premier film d'une future trilogie", destiné à laisser la conclusion ouverte pour la suite, tout en essayant de refermer le chapitre en cas d'échec. 

Bref, sans réelle surprise, cet Exorciste - Dévotion n'arrive ni à la cheville de son aîné, ni à celle de la plupart des plus mauvais film du genre. La combinaison BlumHouse - David Gordon Green a encore frappé, pour une nouvelle oeuvre balisée, sans surprise ni frisson. On espère juste que l'échec du film, tant sur le plan critique que financier, sonne le glas du projet de trilogie...



Sharksploitation

Titre : Sharksploitation
Réalisateur : 
Acteurs : 
Date de sortie en France : 
Genre : documentaire
 
Synopsis : 
Depuis quelques années, le genre du shark movie est particulièrement prolifique : entre les innombrables films à petit budget, les séries B efficaces, les pastiches et même les blockbusters, les requins sont partout sur nos écrans... Mais d'où vient le succès de ce genre si spécifique ? C'est la question à laquelle tente de répondre Sharksploitation
 
Avis : 
Le documentaire de Stephen Scarlata va ainsi remonter aux premières apparitions des requins au cinéma : ainsi, bien avant Les Dents de la mer, les requins apparaissent dans de nombreux films d'aventures, dès le début du vingtième siècle, où ils ne sont pas forcément perçus comme une menace mais parfois comme des entités divines et protectrices. Ce n'est qu'avec quelques faits divers que l'animal commence à être perçu comme un danger, et apparaît peu à peu comme antagoniste, notamment dans des films tels que Caine (qui sera renommé Shark ! après le décès d'un cascadeur pendant le film suite à un accident avec un requin) ou encore le James Bond Opération tonnerre
 
 
Par la suite, c'est évidemment le film culte de Spielberg qui fera du requin un monstre du cinéma, avec ses suites et ses plagiats, mais c'est surtout l'exploitation en vidéo (Nu Images puis The Asylum) et les chaînes télévisées (SyFy) qui va populariser le genre... et l'emmener vers des concepts toujours plus fous. Requins fantômes, hybrides, volants, se déplaçant sous terre, plus rien ne semble pouvoir arrêter le genre, quitte à se perdre dans une surenchère permanente. 

 Le documentaire nous décrit donc toute cette histoire, avec de nombreux extraits, de formidables anecdotes (la fameuse réplique de Shark Attack 3 Megalodon), en invitant quelques intervenants plus ou mois prestigieux : Roger Corman (She Gods of shark reef, Sharktopus), Joe Dante (Piranha), Joe Alves (Les Dents de la mer 3), Mark Polonia (Sharkula, Jurassic Shark 3 Seavenge, Sharkenstein), Chris Kentis (Open Water - en eaux profondes), Johannes Roberts (47 meters down), Anthony C. Ferrante (Sharknado), Andrew Traucki (The Reef), Mario Van Peebles (USS Indianapolis : men of courage), Misty Talley (Zombie shark, Summer shark attack) et bien d'autres viennent ainsi évoquer leurs oeuvres et leur rapport aux requins. 

Car le film se conclut en rappelant que tout ceci n'est que du cinéma, et que les requins, loin d'être les machines à dévorer de l'humain que l'on croise sur les écrans, sont en danger d'extinction. Un excellent documentaire donc, superbement documenté, qui plaira autant aux connaisseurs, qui en profiteront pour repérer les œuvres qu'ils auront ratées, qu'aux novices qui s'amuseront énormément de l'imagination des producteurs. 


++ : le documentaire a remporté les prix du Jury et du Public au Paris Shark Week 2023.

samedi 4 novembre 2023

Saw X

 
Titre : Saw X
Réalisateur : Kevin Greutert
Acteurs : Tobin Bell, Shawnee Smith, Synnove Macody Lund
Date de sortie en France : 25 octobre 2023
Genre : horreur

Synopsis : 
John Kramer, malade et désespéré, se rend au Mexique afin de subir une opération expérimentale capable de guérir son cancer, mais il découvre que tout ceci n’est qu’une escroquerie visant des malades vulnérables et affligés. Animé d'un nouveau but, le célèbre tueur en série retourne à son œuvre, et va prendre sa revanche sur ces escrocs dans un terrible « jeu » dont il a le secret, à travers des pièges toujours plus machiavéliques et ingénieux les uns que les autres. 

Avis : 
On ne l'attendait pas vraiment, mais il est de retour : Jigsaw, le célèbre tueur au puzzle, revient pour de nouvelles aventures, situées entre les deux premiers épisodes. C'est l'occasion de faire revenir des personnages emblématiques de la série, John Kramer et Amanda Young (ainsi qu'un troisième larron, pour une scène post-générique), ainsi que Kevin Greutert, réalisateurs des épisodes VI et VII
 
 
Sans surprise, ce dixième épisode ne révolutionnera pas la saga, se contentant d'en reprendre les ingrédients principaux : des pièges sadiques, et une histoire rocambolesque aux rebondissements difficilement plausibles. Et il faut bien avouer que, des deux côtés, le film se surpasse : passé le premier piège, qui illustre la plupart des affiches du film et qui est assez peu marquant, Saw X nous offre des épreuves assez coriaces, ponctuant un scénario difficilement crédible. 

La séquence de la scie Gigli est ainsi particulièrement marquante, même si l'on s'étonne forcément de ne pas voir la victime tourner de l'oeil. En revanche, l'épreuve du cerveau est assez grotesque, même si on imagine assez facilement que le scénariste ne doit pas considérer qu'il s'agit d'un organe vital. Le scénario, quant à lui, censé apporter un peu de substance au personnage de Jigsaw (en avait-il besoin ?) en fait un génie débile, capable d'imaginer des pièges incroyables mais parfois complètement con. 

Des pièges parfois très efficaces, un scénario constamment idiot : pas de doute, la saga Saw est de retour, et on peut imaginer que le concept, bien qu'il tourne en rond depuis maintenant 7 épisodes (depuis le navrant Saw III), accouche de nouveaux épisodes intermédiaires. Si je me suis laissé tenté par les échos étrangement positifs de ce dixième volet, pas certain que je me laisse encore avoir pour la suite...
 
 


mardi 13 juin 2023

All the boys love Mandy Lane

 
 
Titre : All the boys love Mandy Lane
Réalisateur : Jonathan Levine
Acteurs : Amber Heard, Michael Welch, Whitney Able
Date de sortie en France : 3 août 2010 (vidéo)
Genre : horreur

Synopsis :
Mandy Lane est si belle, si pure, si innocente... que tous les garçons la convoitent. Pour la séduire, une bande de copains l'invite dans un ranch pour y fêter la fin des classes. Au rendez-vous : sexe, drogues, alcool... Et un invité surprise, qui tente de mettre la main sur le plus convoité des trophées : Mandy Lane.  

Avis : 
Un groupe de jeunes étudiants (sportifs, beaux, cheerleaders...), dans un lieu isolé, où l'alcool coule à flot, où tout tourne autour du sexe, et rapidement confrontés à un mystérieux tueur : vous pensiez être devant un slasher ? Et pourtant, pas vraiment, car Mandy Lane va en fait s'amuser des codes propres au slasher pour mieux en jouer et nous offrir autre chose. 

Tout d'abord, les jeunes adultes que nous allons suivre dans le film de Jonathan Levine (Warm bodies) ne sont pas juste là pour faire monter le bodycount, mais ont toutes une vraie personnalité, de vraies inquiétudes bref, sont de véritables adolescents, crédibles, auxquels on finit par s'attacher. Ensuite, l'identité du tueur est révélée très rapidement. Pas de suspense donc, mais plutôt une réflexion sur les motivations du meurtrier, et par extension sur les notions de harcèlement scolaire, de violence étudiante...

Ces éléments vont donner un film étonnamment cruel, puisqu'on va ressentir chacun des coups portés aux personnages, mais aussi la détresse de certains voyant arriver une mort soudaine et inévitable. On appréciera par ailleurs la violence des mises à mort, mais aussi la qualité de l'interprétation, de la sublime Amber Heard à la surprenante Whitney Able (Monsters). 

Faux slasher, mais véritable perle, All the boys love Mandy Lane était une excellente surprise à l'époque de sa sortie : il est désormais un petit classique du genre, qui vieillit extrêmement bien grâce à une intelligence de chaque instant. 



dimanche 12 mars 2023

Scream 6

 
Titre : Scream 6
Réalisateur : Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett
Acteurs : Jenna Ortega, Melissa Barrera, Courteney Cox Arquette
Date de sortie en France : 8 mars 2023
Genre : horreur
 
Synopsis : 
 Après avoir frappé à trois reprises à Woodsboro, après avoir terrorisé le campus de Windsor et les studios d’Hollywood, Ghostface a décidé de sévir dans Big Apple, mais dans une ville aussi grande que New-York personne ne vous entendra crier… 
 
Avis : 
Comme la saga Vendredi 13 à l'époque, Scream prend la direction de New York, pour un sixième épisode destiné, une nouvelle fois, à nous surprendre en cassant certains codes. L'occasion, surtout, d'offrir un requel de Scream 2, dont il rejoue les grandes lignes. Attaques en public, apparitions et disparations surnaturelles, tueur s'inspirant des crimes passés, révélation finale similaire...
 
 
Autrement dit, le fan attentif de la saga n'aura aucune difficulté à repérer le / la / les tueur / tueuse / tueurs / tueuses, et sera rarement surpris. Le cadre New-yorkais n'est finalement utilisé que pour une ou deux séquences (l'introduction et le métro, deux scènes très réussies). Pour le reste, ça pourrait se dérouler une nouvelle fois à Woodsboro, dans une ville où personne n'utilise son téléphone pour appeler les secours. Cela donne un film étrange, qui tente de multiplier les fausses pistes tout en laissant traîner d'énormes ficelles. 

On est ainsi constamment en équilibre précaire entre le bon (les attaques de Ghostface) et le moins bon (impossible de croire à ce mémorial), jusqu'à un final virant dans le grotesque, entre révélations ridicules et des comédiens se trouvant soudain en roue libre et usant et abusant de grimaces et de répliques puériles. Pire encore, alors que le film s'amuse à prétendre que "personne n'est à l'abri", les personnages principaux n'auront jamais autant semblé intouchables... et les survivants, jamais aussi nombreux. 
 
Ainsi, si la saga remonte un peu la tête après un Scream assez insupportable, ce Scream 6 ne réinvente rien et se contente de suivre son cahier des charges, en compensant parfois par une vraie efficacité lors des attaques de Ghostface. Pas de quoi trembler ni se relever la nuit, ni attendre impatiemment l'inévitable Scream 7.




lundi 30 janvier 2023

The Deadly Spawn

 

Titre : The Deadly Spawn
Réalisateur : Douglas McKeown
Acteurs : Charles George Hildebrand, Tom DeFranco, Jean Tafler
Date de sortie en France : 
Genre : gore, science-fiction

Synopsis : 
Deux innocents campeurs trébuchent sur les restes d'une météorite et découvrent à leur insu que de monstrueuses et voraces créatures ont fait de l'autostop pour déjeuner sur notre planète. Après s'être réfugiés dans une maison isolée, les aliens se préparent à dévorer un buffet monstre : des adolescents ! 

Avis : 
Il suffit parfois de pas grand chose pour qu'un film devienne culte. Prenez The Deadly Spawn, par exemple, également connu chez nom sous le nom de La Chose (c'est d'ailleurs sous ce titre que j'ai découvert l'existence de ce film, quand je furetais dans la vidéothèque de mon oncle, avec une VHS ayant un visuel n'ayant rien à voir avec la créature du film !) : un film fauché (on parle d'environ 25 000 dollars), un réalisateur et des acteurs amateurs, pour une oeuvre qui aurait pu être rapidement oubliée s'il n'y avait un point mémorable : la fameuse Chose, justement. 
 

Le monstre extraterrestre de The Deadly Spawn est un modèle de simplicité : c'est tout simplement une gueule, remplie de dizaines de dents impressionnantes, sur un corps de ver. Pas besoin de plus, pour une créature dont l'unique raison d'être est de bouffer. Une créature animée avec les moyens du bord, mais dont l'aspect de pénis énorme et visqueux, doté de dents, est tout simplement formidable. 

Elle permet de contrebalancer les interminables séquences de remplissage, avec des acteurs débitant sans passion des tunnels de dialogues insipides : on n'attend en fait que la mise à mort des personnages, qui donnent lieu à des séquences bien gores, parfois bien sales (le visage déchiqueté en gros plan notamment) et bien jouissives (le dîner). 

Bref, on s'ennuie pas mal et trop souvent, mais on s'amuse aussi beaucoup par moments. Culte ? Certainement. Bon ? Certainement pas...



mardi 3 janvier 2023

Avatar : la voie de l'eau

 


Titre : Avatar : la voie de l'eau (Avatar :the way of water)
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 14 décembre 2022
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Jake Sully et Ney'tiri ont formé une famille et font tout pour rester aussi soudés que possible. Ils sont cependant contraints de quitter leur foyer et d'explorer les différentes régions encore mystérieuses de Pandora. Lorsqu'une ancienne menace refait surface, Jake va devoir mener une guerre difficile contre les humains.
 
Avis : 
Suite à l'immense succès d'Avatar en 2009, James Cameron a très rapidement évoqué l'idée de continuer à explorer l'histoire de Pandora, envisageant même tout une saga se prolongeant sur quatre suites. Pourtant, il aura fallu attendre 13 ans, et une multitude de reports, pour enfin voir débarquer une première suite qu'on n'attendait plus vraiment, avant d'enchaîner, en principe en 2024, suite le troisième volet, puis en cas de succès sur les quatrième et cinquième épisodes. Un succès qui semble d'ores et déjà au rendez-vous, le film continuant à cartonner au box-office américain. En France, il a même dépassé l'autre méga-blockbuster de l'année, Top Gun : Maverick après deux semaines d'exploitation. 
 
 
Bref, Avatar et James Cameron confirment leur statut de machines à faire du fric... ce qui n'est pas nécessairement gage de qualité. L'idée même d'une suite, treize ans après, était plutôt de nature à inquiéter, surtout à une époque où les producteurs ressuscitent des sagas qui auraient dû être enterrées, ou nous balancent des suites sorties de nulle part. Mais en sortant de La Voie de l'eau, le constat est simple : James Cameron a, une nouvelle fois, réussi son pari, et nous a une nouvelle fois emmené sur Pandora, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
Très clairement, si vous n'avez pas aimé Avatar, cette suite n'est pas faite pour vous. Car La Voie de l'eau est globalement le même film, puissance 10. Le même émerveillement, le même sentiment de visiter une planète qui existe réellement, la même euphorie dans la découverte, et le même scénario prétexte, les mêmes personnages un peu creux, les mêmes enjeux et les mêmes messages. James Cameron renoue avec l'idée même de magie du cinéma, celle qui préfère nous en mettre plein les yeux que plein le crâne... et ça fait un bien fou, comme il y a treize ans. 
 
 
Et ça tombe d'ailleurs plutôt bien : il s'est également déroulé un peu plus de 10 ans entre les événement d'Avatar et ceux de cette suite. Si les humains étaient repartis la queue entre les jambes de Pandora, ils sont bien décidés à revenir exploiter les formidables ressources de la planète... et à se venger des Na'vi, et surtout du traitre, Jake Sully. L'appât du gain, au détriment de toute logique, et dans l'irrespect le plus total de la faune, de la flore et des autochtones. On connaît la musique, on est en terrain connu, et on n'a finalement pas besoin de plus compliqué. 
 
On y ajoute une petite histoire de vengeance, avec le retour un peu tiré par les cheveux d'un personnage (enfin, de son clone), dans ce qui est sans doute l'unique erreur un peu gênante du film. Comme dans le premier volet, les antagonistes brillent par leur absence de consistance, et on ne peut même plus se raccrocher au charisme de Stephen Lang pour se rattraper aux branches. Et pourtant, ça fonctionne, notamment grâce à la grande nouveauté de cette suite : l'apparition d'un nouvel environnement et d'un nouveau peuple. 
 
 
Cameron délaisse ainsi les paysages de forêts pour nous mener au large, dans un clan Na'vi adapter à une vie aquatique : queue plus large, couleur plus claire, membres plus musclés... La famille de Jake Sully devra s'adapter à une nouvelle façon de vivre, à de nouvelles créatures, à un nouveau statut de réfugiés (hybrides, qui plus est). Et là encore, on va en prendre plein les yeux, dans des séquences à couper le souffle qui, si elles reprennent régulièrement celles du premier volet, n'en restent pas moins d'une efficacité folle, où les jeux avec les couleurs et les formes sont magnifiés par le mouvement constant des vagues, par une nature foisonnante et par l'effet miroir de l'eau. C'est une magie héritée directement de L'Etrange créature du lac noir, couplée à une euphorie proche de celle de Leonardo DiCaprio se penchant au dessus de la proue du Titanic. C'est pour cela que l'on se déplace au cinéma, tout simplement. 

On en vient à oublier les menus défauts évoqués plus haut : Avatar : la voie de l'eau est, comme son aîné, du grand spectacle simple et généreux, qui nous transporte ailleurs, nous fait rêver. Personnellement, j'ai déjà hâte de retourner sur Pandora pour le troisième volet.



samedi 26 novembre 2022

Ouija Shark 2

 
 
Titre : Ouija Shark 2
Réalisateur : John Migliore
Acteurs : John Migliore, Deborah Jayne Reilly Smith, Kylie Gough
Date de sortie en France : 17 septembre 2022 (Paris Shark Fest)
Genre : fantastique, comédie
 
Synopsis : 
Ouija Shark est de retour, et il est bien décidé à prendre sa revanche ! 
 
Avis : 
On parle parfois, notamment ces dernières années, de nanar volontaire, notamment lorsqu'on évoque les productions Asylum ou la saga Sharknado. Pourtant, si l'on considère un nanar comme un film qui nous fait rire à ses dépens, peut-on vraiment considérer comme tel un film qui nous fait volontairement rire, en installant une véritable complicité avec le spectateur, en jouant parfaitement de son caractère ridicule ? Pour moi, Ouija Shark 2 est ainsi une comédie, et sacrément bonne en plus. Alors oui, au risque de choquer un peu, je lui mets 5 étoiles. 
 
 
Ce ne sont évidemment pas les mêmes 5 étoiles que pour Les Dents de la mer ou The Thing. Beaucoup le trouveront sans doute lamentable, et tout simplement mauvais. Beaucoup s'interrogeront peut-être de l'influence de l'ambiance si particulière que l'on peut avoir dans le cadre d'un festival pour un tel film. Mais c'est la seule note possible pour un film qui m'a fait passer l'un des meilleurs moments en salle depuis très, très longtemps, et qui fait systématiquement mouche dans sa volonté de faire rire.

Ouija Shark 2 reprend là où le premier nous avait laissé : Anthony avait utilisé ses pouvoirs mystiques, et s'était sacrifié pour entraîner le Ouija Shark en Enfer. Ses proches tentent de trouver une solution afin de le faire revenir à la vie, tandis que le terrible Caldura entend bien utiliser le requin-ouija pour envahir le monde. Vous trouvez ce point de départ grotesque ? Vous n'avez encore rien vu. 

 


Car l'Enfer selon John Migliore (l'interprète de Nathan, qui réalise également cette suite) est difficile à décrire avec des mots : c'est un peu comme si les déserts de Dune étaient peuplés des pires rebuts de La Planète des singes, tout en empruntant gaiement des éléments à l'univers cinématographique Marvel ou à Star Wars. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, cela fonctionne parfaitement, chaque détail étant susceptible de nous faire éclater de rire. Et lorsque le grand méchant Caldura, entouré de ses... caldurettes, se lance dans la démonstration de ses pouvoirs ou de ses talents musicaux, accompagné par le Ouija shark dans sa lutte contre Nathan, on pense avoir dépassé depuis longtemps les limites du bon sens et du raisonnable. Mais c'était sans compter le dernier acte du film. 

Ce n'est pas vraiment une surprise, si vous avez vu l'affiche du film, ou son sous-titre : Ouija shark va trouver un adversaire à sa démesure, dans un final s'aventurant sur les terres du kaiju eiga, tout en renvoyant aux pires productions Asylum (Mega shark vs Crocosaurus, pour ne citer que le plus évident) : Ouija Shark va affronter... Tarot-Gator. Deux créatures gigantesques, qui vont se foutre sur la tronche au beau milieu d'une ville, tandis que Nathan et Caldura vont multiplier les boules d'énergie et les boucliers mystiques en parallèle. Un joyeux bordel, magnifié par des effets spéciaux superbement mauvais (Ouija shark est... une peluche) et un sens de l'à-propos franchement réjouissant, que ce soit dans les scènes de panique, les réactions de certains personnages (le journaliste, et surtout l'homme qui savoure les mésaventures de son ex), l'apparition furtive de Lloyd Kaufman, les transitions entre les scènes ou l'interprétation de chaque acteur. 

 


Difficile d'ailleurs de ne pas évoquer la performance de Deborah Jayne Reilly Smith, parfaite dans cette capacité presque surnaturelle à rester constamment monoexpressive ou à rendre chacune de ses actions terriblement fastidieuse, à l'image de son long, très long périple dans la forêt où chaque petite branche posée au sol devient un obstacle difficile à surmonter. 

Et le pire, c'est que tous ces éléments semblent, comme je l'ai dit en introduction, totalement volontaires, mais sans le cynisme qui accompagne par exemple la saga Sharknado. On sent chez John Migliore une volonté de s'amuser, de partager son délire avec les spectateurs, mais aussi un amour certain du cinéma (jusqu'à ici, de façon totalement inattendue, Le Septième Sceau !). Si le premier Ouija shark restait finalement assez sage, sa suite explose absolument tout sur son passage. Reste à savoir l'impact d'un tel film sur un spectateur le découvrant seul chez soi, alors qu'il est parfait sur grand écran, avec un public acquis à sa cause. 

 



samedi 5 novembre 2022

Le Jour du dauphin

 
Titre : Le Jour du dauphin (The Day of the dolphin)
Réalisateur : Mike Nichols
Acteurs : George C. Scott, Trish Van Devere, Paul Sorvino
Date de sortie en France :15 mars 1974
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Alors qu’il est sur le point de trouver un moyen de communiquer avec les dauphins, un biologiste ne soupçonne pas que sa découverte puisse être détournée à d’autres fins. 
 
Avis : 
Réalisé par Mike Nichols (Le Lauréat, Ce plaisir qu'on dit charnel...), Le Jour du Dauphin s'inspire du roman Un animal doué de raison de Robert Merle. Il nous propose de suivre les expériences du Dr. Jake Terrell, qui a élevé Alpha, un dauphin qu'il a recueilli tout bébé. Un véritable lien s'est créé entre l'homme et l'animal, un lien renforcé par le fait que Terrell a appris à "Pha" à... parler. 
 
 
Bien sûr, il s'agit surtout pour l'animal de comprendre ce que dit l'humain, mais il est également capable de prononcer quelques mots et de se faire comprendre. L'effet est, il faut bien le dire, assez ridicule la première fois, mais on finit par s'y faire, d'autant que le film n'en abuse pas, du moins dans sa première partie, consacrée aux études du biologiste et aux capacités de Pha, puis de Bea. L'ensemble est certes assez naïf, mais entre les images, superbes, et la musique, on est surtout là pour admirer les dauphins, quitte à se contenter d'un scénario ténu et prétexte. 
 
Un scénario léger qu'on vient presque à regretter lorsque le film bascule, sans vraiment prévenir, dans le film d'espionnage, avec des grands méchants voulant utiliser les requins comme des armes. Là encore, on nage en pleine naïveté, on se croirait sortis d'un épisode de la série Flipper, mais cela fonctionne beaucoup moins. Cela aboutira néanmoins sur un final émouvant ("Pha loves Pa"), conclusion parfaite d'un film finalement assez simple et bon enfant, ce qui fait aussi du bien !