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vendredi 17 mars 2017

Logan


Titre : Logan
Réalisateur : James Mangold
Acteurs : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen
Date de sortie en France : 1er mars 2017
Genre : drame, super-héros

Synopsis : 
Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.
Avis : 
Jusqu'à présent, le personnage de Wolverine semblait un peu maudit. Condamné à surclasser le casting des aventures des X-Men, héros de deux films dérivés ratés, le héros si brillamment incarné par Hugh Jackman semblait devoir se contenter de déceptions cinématographiques. Mais ça, c'était avant Logan, qui vient enfin rendre justice au mutant au squelette recouvert d'adamantium, dans un film s'apparentant bien plus à un drame qu'à un film de super-héros.


Le film nous présente un Wolverine vieillissant, désabusé et malade, dans un futur proche où les mutants ont presque disparu. Il veille sur un Professeur X mourant et victime de crises menaçant de tuer tous ceux qui l'entourent, et survit au jour le jour, tentant de noyer sa souffrance dans l'alcool. Ce quotidien déprimant va être totalement chamboulé par l'apparition de Laura, jeune mutante poursuivie par de mystérieux hommes de main.

D'une durée de 2h15, le film de James Mangold (Copland, Walk the line) prend l'apparence d'un road-movie où les nombreuses scènes d'introspection du personnage principal, amené à réfléchir sur sa propre nature (de mutant, d'immortel, de mourant, de héros, de père et même de fils) aux côtés d'un Xavier volontiers philosophe et épicurien et d'une jeune fille entraînée dès sa naissance à être une arme de guerre, côtoient des séquences d'une impressionnante sauvagerie. Loin des scènes d'action édulcorées que l'on pouvait voir jusqu'alors dans la saga, Logan propose des mises à mort d'une violence inouïe, et parfois même d'une moralité douteuse, pour des affrontements qui montrent enfin pleinement la part d'animalité du Wolverine.

Ces deux aspects sont parfaitement dosés, les passages plus intimistes laissant respirer le spectateur et contrebalançant parfaitement les scènes d'action, et Hugh Jackman excelle dans les deux registres. Et si au final, on pourra regretter la progression très linéaire du film, ainsi que son côté prévisible, ou une dernière partie moins passionnante, on sort lessivés, et même assez émus, d'un spectacle aussi furieux et radical. La vie risque d'être difficile pour les X-Men sans Hugh Jackman...

Note : 8.5/10



mercredi 8 juin 2016

Eddie the Eagle


Titre : Eddie the Eagle
Réalisateur : Dexter Fletcher
Acteurs :‭ ‬Taron Edgerton,‭ ‬Hugh Jackman,‭ ‬Christopher Walken
Date de sortie en France :‭ ‬4‭ ‬mai‭ ‬2016
Genre :‭ ‬biopic,‭ ‬drame

Synopsis :‭ 
Eddie Edwards n’a jamais rien eu d’un athlète,‭ ‬bien au contraire.‭ ‬Pourtant,‭ ‬depuis qu’il est petit,‭ ‬il n’a qu’un seul rêve‭ ‬:‭ ‬participer aux Jeux Olympiques.‭ ‬Au fil des années,‭ ‬ni son piètre niveau sportif,‭ ‬ni le manque de soutien,‭ ‬ni les moqueries n’ont entamé sa volonté.‭ ‬Et c’est ainsi qu’en‭ ‬1988,‭ ‬celui qui n’a jamais lâché a réussi à se retrouver,‭ ‬on ne sait trop comment,‭ ‬aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary.‭ ‬Avec l’aide d’un entraîneur aussi atypique que lui,‭ ‬ce sauteur à ski pas comme les autres va secouer le monde du sport et conquérir le cœur du public en accomplissant une performance olympique aussi improbable qu’historique...‭

Avis :‭ 
Au rayon des perdants magnifiques,‭ ‬Eddie‭ '‬The Eagle‭' ‬Edwards mérite certainement la médaille d'or.‭ ‬Premier britannique à participer à l'épreuve de saut à skis aux Jeux Olympiques d'hiver,‭ ‬le sportif sera moins célèbre pour ses performances‭ (‬bon dernier aux deux épreuves de saut aux J.O de Calgary‭) ‬que pour son personnalité et sa persévérance face à l'adversité.‭ ‬Une personnalité qui méritait bien un film.


On pense évidemment à‭ ‬Rasta Rocket‭ (‬mais aussi au récent‭ ‬Good luck Algeria‭) ‬avec ce personnage d'abord moqué,‭ ‬puis célébré,‭ ‬symbole parfait de la maxime de Pierre de Coubertin.‭ ‬Forcément romancé,‭ ‬le film retrace l'histoire de ce sportif hors du commun avec une bonne humeur communicative,‭ ‬en revisitant le conflit avec ses parents‭ (‬qui souhaitent le voir effectuer une carrière plus classique‭)‬,‭ ‬l'hostilité de certains sportifs et du comité olympique britannique,‭ ‬mais aussi ses difficultés à maîtriser un sport aussi dangereux.

Cela donne quelques séquences convenues‭ (‬les premiers échecs,‭ ‬les humiliations,‭ ‬les succès‭) ‬mais efficaces,‭ ‬qui donnent de vrais frissons.‭ Le dernier saut est ainsi un modèle de dramaturgie,‭ ‬jouant avec les limites de la caricatures pour nous offrir,‭ ‬le temps d'un interminable ralenti,‭ ‬du suspense,‭ ‬de l'émotion,‭ ‬du rire et une certaine euphorie.‭

Profitant pleinement de la formidable histoire vraie dont il s'inspire,‭ ‬Eddie the Eagle est un vrai‭ ‬feel-good movie,‭ ‬qui dépasse la sensation de déjà-vue et sa relative banalité et parvient à nous émouvoir,‭ ‬grâce notamment à l'étonnant Taron Egerton‭ (‬Kingsman,‭ ‬Legend‭)‬,‭ ‬parfaitement épaulé par un Hugh Jackman‭ (‬Real Steel,‭ ‬Le Combat de l'Immortel) ‬qui surprend toujours là où on ne l'attendait pas forcément.

Note :‭ ‬7,5/10


vendredi 3 juin 2016

X Men : Apocalypse


Titre : X Men : Apocalypse
Réalisateur : Brian Singer
Acteurs : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence
Date de sortie en France : 18 mai 2016
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale.

Avis : 
Troisième volet de cette nouvelle saga X-Men, Apocalypse arrive un peu après la bataille. En effet, après Captain America : Civil war et Batman v Superman, sortis ces dernières semaines, nous infliger un nouveau film de super héros, avec un nouvel affrontement entre deux groupes opposés n'est pas le meilleur moyen de nous passionner, sauf si le film est une franche réussite. Hélas, le film de Bryan Singer en est très, très loin.


Entre un nouveau super vilain raté (j'aime beaucoup Oscar Le Réveil de la Force, Ex_machina Isaac, mais le costume ridicule et l'aspect messie de pacotille, franchement...), des enjeux flous (quoi ? la fin de l'humanité ? encore ?), des soucis de cohérence (En Sabah Nur veut regrouper les meilleurs mutants, mais ne s'entoure que de tocards, à l'exception de Magneto), une grosse impression de déjà-vu (Quicksilver refait la même scène que dans Days of future past), un visuel souvent laid (les manipulations magnétiques de Magneto), séquences prévisibles (oui, vous verrez Wolverine et oui, vous le verrez venir de loin) et l'impression finale que rien n'a avancé d'un pouce et qu'on a un peu été pris pour des cons, Apocalypse rassemble tout ce qui peut rendre un blockbuster insupportable.

Même les éléments qui avaient pu rendre sympathiques les deux volets précédents ont disparu : l'humour tombe à plat, les états d'âme de Magneto ne nous touchent plus, on ne rapproche plus les éléments du film d'événements historiques réels. En clair, on se fout un peu de ce qu'il se passe, puisque rien ne s'inscrit dans l'univers cinématographique - ou historique - que l'on connaît. On pourra à peine se rejeter sur certaines scènes d'action, comme l'arrivée de Quicksilver à l'école des mutants, efficace bien qu'un peu longue.


En gros, la seule chose que vous apprendrez, c'est pourquoi le professeur Xavier a perdu ses cheveux. Pour le reste, à l'exception du duo McAvoy - Fassbender, cette nouvelle génération manque cruellement de présence : Sophie Turner (Game of thrones) n'arrive pas à la cheville de Famke Janssen, Alexandra Shipp (NWA - Straight outta Compton) ne fait à aucune seconde oublier Halle Berry, et même Kodi Smit-McPhee dans le rôle de Nightcrawler et Tye Sheridan (Mud) dans celui de Cyclope font pâle figure à côté de leurs aînés pourtant déjà fades...

Après X-Men 3, après les deux Wolverine (X-Men origins et Le Destin de l'Immortel), voilà un nouveau raté de belle ampleur pour la saga X-Men au cinéma. Convenu, moche, sans ambition, le film de Brian Singer cumule tous les défauts possibles, pour un film d'action mou du genou. C'est bien la dernière fois qu'on me prendra à aller voir ça en salles...

Note : 3/10




mercredi 24 février 2016

Pan


Titre : Pan
Réalisateur : Joe Wright
Acteurs : Levi Miller, Hugh Jackman, Garrett Hedlund
Date de sortie en France : 21 octobre 2015
Genre : aventures

Synopsis : 
Proposant un nouveau regard sur l'origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s'attache à l'histoire d'un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Avis :
Maléfique, Cendrillon, Blanche-Neige et compagnie ne vous ont pas convaincus ? C'est pas grave, le filon est riche, et Hollywood bien décidé à réadapter tous les classiques de votre enfance. Cette fois, en attendant la suite de l'adaptation d'Alice au pays des merveilles, c'est Peter Pan qui y passe, avec une relecture nous dévoilant les origines du personnage, quand il n'était pas encore le chef des enfants perdus du Pays Imaginaire.


Comme pour les films précédents, la volonté est donc de mêler réel et magie, avec des personnages classiques plongés dans un univers fantastique. Sorti tout droit de chez Dickens, le jeune Peter vit dans un orphelinat londonien pendant la Seconde Guerre Mondiale. Confrontés à des responsables (forcément) méchantes et corrompues, il va rapidement être enlevé par Barbe-Noire et ses pirates, contre lesquels il devra se révolter. Bref, tout ça n'est qu'un prétexte banal à une aventure magique sans relief, uniquement destinée à reprendre les personnages clés de l'univers que l'on connaît et à les agencer pour en offrir, tant bien que mal, une préquelle.

Aux côtés de Peter, on retrouve donc le Capitaine Crochet, Mouche, Lily la tigresse, Clochette et le crocodile, dans un univers haut en couleurs, où les rares moments de poésie (Peter s'élevant dans l'espace) sont rapidement contrebalancés par des choix esthétiques douteux (les pirates, les reprises musicales). Au sommet de tout cela, Hugh Jackman fait ce qu'il peut dans la peau d'un Barbe-Noire aussi ridicule que menaçant. Pour le reste, aucune surprise, ni dans le déroulement de l'histoire, ni dans la capacité de Peter à voler.

S'il se suit sans déplaisir, Pan reste donc un blockbuster familial banal, uniquement destiné à attirer les fans de Peter Pan. Spectaculaire mais souvent laid, il ne convaincra sans doute que les plus jeunes, et ne peut en aucun cas concurrencer la version Disney de 1953...

Note : 5,5/10


mardi 7 avril 2015

Chappie


Titre : Chappie
Réalisateur : Neill Blomkamp
Acteurs : Sharlto Copley, Hugh Jackman, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 4 mars 2015
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.

Avis : 
Après District 9 et Elysium, et avant de réaliser le prochain Alien, Neill Blomkamp revient avec un nouveau film de SF : Chappie. Quelque part entre RoboCop et le Géant de fer, le réalisateur sud-africain nous invite ici à suivre un droïde doté d'une véritable intelligence artificielle. Problème, il faut absolument tout apprendre au robot, comme à un jeune enfant... et Chappie va en plus être kidnappé par un groupe de truands hauts en couleurs.


C'est une des forces de ce Chappie, qui ne va pas suivre les sentiers battus et éviter les lieux communs de ce genre de SF en se concentrant sur l'évolution de son droïde au sein d'un groupe inattendu, joyeuse déclinaison des gangsters kitsch que l'on rencontrait souvent dans les films des années 90. Bien sûr, il sera confronté à la frontière entre le bien et le mal, sera manipulé à son insu, découvrira l'amour, mais il va surtout reproduire le mode de vie de sa nouvelle famille.

Humour et tendresse seront ainsi les deux principaux éléments de la majeure partie du film, et si l'on ne s'étonne pas vraiment de s'attacher à ce Johnny 5 (Short circuit) des temps modernes, on va bizarrement se prendre d'affection pour sa famille d'adoption. Le film n'oublie cependant pas de nous livrer quelques redoutable scène d'action, où le style toujours aussi efficace de Blomkamp se marie à merveille avec ses références, de RoboCop toujours, avec cet affrontement contre le Moose, à Terminator.

On ne s'y trompera néanmoins pas : Chappie reste pour le moment le moins bon film de son réalisateur. Mais en attaquant son récit de SF sous un angle plutôt original, il nous livre un film extrêmement sympathique, avec des personnages très attachants au premier desquels Chappie, cette étrange créature aussi fragile qu'indestructible !

Note : 7/10


dimanche 22 juin 2014

X Men : days of future past


Titre : X Men : days of future past
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mai 2014
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

Avis : 
Après avoir réalisé les deux premiers volets de la saga, Bryan Singer revient à la réalisation pour ce X Men : days of future past destiné à faire le lien entre anciens et nouveaux épisodes, mais aussi à faire oublier un X Men : l'affrontement final qui, non content d'être très moyen, sacrifiait plusieurs personnages centraux. L'occasion ici de retrouver quelques mutants des premiers films, comme Tornade (Halle Berry), Kitty Pride (Ellen Page) ou Iceman, mais surtout les versions âgées du Professeur Xavier (Patrick Stewart) et de Magneto (Ian McKellen).


Dans les faits, cette réunion est surtout réalisée par le biais du personnage de Wolverine, qui aura l'occasion de retourner dans le passé avant de changer le futur. Sans réelle répercussion entre les deux époques, à l'exception du classique final où la situation dans le passé se dénoue à quelques instants du drame du futur, l'aventure de Logan va s'inscrire dans le prolongement de X Men : le commencement (minus quelques personnages, "décédés" entre les deux films) en mêlant les mutants à des événements de l'époque comme l'assassinat de JFK ou la guerre du Viêt Nam.

Si l'on excepte les incohérences obligatoires qu'entraîne ce genre de scénario, notamment avec la trilogie de base, et si l'on est pas trop regardant sur un futur bâclé, on passera un excellent moment dans ce X Men, qui multiplie les scènes spectaculaires et tire entièrement partie des pouvoirs de ses personnages (Vif-Argent et Magneto étant ainsi particulièrement mis en avant). Le tout avec la petite touche d'humour récurrente dans la saga (les répliques de Wolverine font souvent mouche) et des effets spéciaux impeccables.

Après les décevants derniers épisodes d'autres sagas (Iron Man 3, Thor : le monde des ténèbres, The Amazing Spider-man : le destin d'un héros), X Men : days of future past nous permet enfin de retrouver des super-héros au sommet de leur forme. Spectaculaire et divertissant, le film de Bryan Singer (Jack le chasseur de géants) en arrive presque à faire oublier ses gros défauts et ses frustrations pour s'imposer comme un des blockbusters de cette année.

Note : 7/10


dimanche 10 novembre 2013

Prisoners


Titre : Prisoners
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

Avis : 
  L'enlèvement, et particulièrement l'enlèvement d'enfants, est toujours un sujet privilégié au cinéma et à la télévision. Thème éminemment anxiogène, il est au centre de ce Prisoners, thriller dans lequel deux petites filles sont kidnappées. On suivra donc l'enquête pour les retrouver, menée par Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Zodiac), mais aussi l'évolution de l'un des pères de famille, interprété par Hugh Jackman (Wolverine, le combat de l'immortel), prêt à tout pour retrouver sa fille et son ravisseur.


Grâce à des acteurs très impliqué, parmi lesquels on retrouve également Terrence Howard (Dead man down, Le Majordome), Paul Dano (Little Miss Sunshine, There will be blood) ou Viola Davis (La Stratégie Ender, Trust), et une réalisation efficace, faisant aisément naître une tension et une atmosphère oppressante. Le film prend cependant une autre dimension lorsque le suspect principal est relâché : l'enquête est alors accompagnée d'une nouvelle intrigue, où le personnage interprété par Jackman cherche à se faire justice lui-même, convaincu que la police ne fait pas le nécessaire. 

Prisoners devient alors plus dur, plus violent, mais perd également en subtilité. Ce côté rentre-dedans semble même contaminer l'enquête policière, qui ne fonctionnera rapidement qu'à base de coïncidences, de hasards, ou de pistes sur lesquelles le spectateur un peu attentif aura une bonne longueur d'avance. Le film tente de reprendre un peu de profondeur en développant quelques intrigues secondaires, destinées à se rejoindre pour le final, mais manquant à leur tour de pertinence...

Finalement, le film de Denis Villeneuve est un très bon thriller, auquel il manque cependant un peu de profondeur. A force de dispersion et de facilités, Prisoners s'éloigne peu à peu de l'excellence, de nombreux détails venant gêner la cohérence d'un ensemble qui reste néanmoins très satisfaisant, nous scotchant à l'écran pendant 2h30 sans jamais nous ennuyer une seconde.

Note : 8/10


samedi 24 août 2013

Wolverine : le combat de l'immortel


Titre : Wolverine : le combat de l'immortel (The Wolverine)
Réalisateur : James Mangold
Acteurs : Hugh Jackman, Famke Janssen, Tao Okamoto
Date de sortie en France : 24 juillet 2013
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité.

Avis : 
 Mais que diable est allé faire James Mangold dans cette galère ? Comment le réalisateur des excellents Walk the line, 3h10 pour Yuma ou Copland a-t-il pu se laisser entraîner dans un nanar aussi spectaculaire ? Soyons honnête, ça partait pourtant bien : Mangold situe son histoire après X-Men : l'affrontement final, et nous montre un Wolverine torturé par le souvenir de Jean Grey et vivant loin de toute civilisation. Mais rapidement, il est rattrapé par son passé (qu'il n'a miraculeusement plus oublié ?) et doit se rendre au Japon. Là, il perd peu à peu son pouvoir de régénération et, après une première scène d'action très réussie, est contraint de s'enfuir avec Mariko, menacée par un immense complot familial.


Et à partir de là...plus rien. Le scénario veut mettre en avant ses personnages plutôt que l'action, qui se fera assez rare. Hélas, alors même que la souffrance physique ou la réflexion de Logan sur sa propre mortalité auraient pu donner quelque chose de très intéressant, le film se perd dans des rebondissements prévisibles, accumulant les poncifs et les ficelles pour livrer l'éternel complot familial que seule l'héroïne n'avait pas vu venir. Car le film ne s'encombre d'aucune finesse, au point de multiplier les incohérences : on a par exemple droit à une attaque de ninjas si mal coordonnée que les hommes de main ne réagissent à aucun moment en voyant leurs collègues se faire tuer en face d'eux !

On notera également qu'au Japon, on peut agresser et tuer librement quelqu'un dans une rue bondée sans que personne ne sourcille, et que les yakuzas et les ninjas peuvent disparaître d'un plan à l'autre du film quand le scénario n'a plus besoin d'eux. Mieux encore, on apprend que l'adamantium, le métal le plus résistant connu, ne vaut pas mieux qu'un katana et peut même être déchiré à mains nues...

Ainsi, alors que l'accent est clairement mis sur le scénario, ce Wolverine est finalement un échec total à ce niveau, se contentant de ficelles et de clichés laissant deviner facilement l'histoire au spectateur, et multipliant les incohérences et erreurs. Le personnage titre n'est finalement jamais développé, et l'action, très rare, et souvent ratée (l'affrontement entre Wolverine et les ninjas n'est qu'un pétard mouillé), voire même ridicule (le train)...A ce niveau, on en viendrait presque à reconsidérer l'épisode réalisé par Gavin Hood...

Note : 3/10



mercredi 19 juin 2013

My movie project


Titre : My movie project (Movie 43)
Réalisateurs : Peter Farrelly, James Gunn, Brett Ratner, etc...
Acteurs : Hugh Jackman, Kate Winslet, Naomi Watts...
Date de sortie en France : 19 juin 2013
Genre : comédie, sketches

Synopsis : 
Trois adolescents recherchent un film, Movie 43, inventé pour un Poisson d'Avril. Durant la recherche dans le Web profond, ils verront quatorze films interdits de diffusion dans certains pays.

Avis : 
Amateurs de mauvais goût, vous êtes ici en terrain conquis : Peter Farrelly, déjà connu pour des films pas toujours très subtils en compagnie de son frère Bobby (Dumb & dumber, Mary à tout prix), va vous offrir un film à sketches uniquement ciblé sur le dessous de la ceinture. Réunissant pour l'occasion une sacrée liste d'acteurs hollywoodiens (en vrac, Hugh Jackman, Kate Winslet, Halle Berry, Anna Faris, Naomi Watts, Richard Gere ou Emma Stone), il nous propose une anthologie de 14 segments, pour autant de réalisateurs (parmi lesquels James Gunn - Tromeo and Juliet, Horribilis, Super ; et Brett Ratner - X-Men : l'affrontement final).


Un homme atteint de couillo-mentonite (une horrible maladie déjà présente dans un épisode de South Park), une jeune femme qui demande à son fiancé de lui déféquer dessus, une adolescente confrontée à ses premières règles dans le salon d'un de ses camarades...Voilà quelques exemples de ce que vous trouverez dans ce Movie 43, dont certains sketches seront, comme souvent, bien plus réussis que les autres : on remarquera ainsi The Catch, qui nous montre donc Hugh Jackman (X-Men, Les Misérables) arborant une magnifique paire de testicules sur le cou alors qu'il dîne avec Kate Winslet (Titanic, The Reader) ; Homeschooled, segment assez glauque où Naomi Watts (Mulholland Drive, The Impossible) et Liev Schreiber (Scream) ont décidé de prendre en main l'éducation, autant intellectuelle et physique que...sexuelle de leur fils ; et Happy Birthday, un peu moins vulgaire que les autres, avec Johnny Knoxville (Jackass) et Sean William Scott (American Pie 1-2-3-4) face à des leprechauns.

D'autres segments sont au contraire sans grand intérêt, comme Super hero speed dating, où un Batman lubrique et un Robin timide tentent de draguer Loïs Lane (Uma Thurman) et Supergirl, ou Beezel, sketch interminable où un chat de cartoon tente d'évincer la nouvelle petite amie de son maître. On s'amusera en revanche des fausses publicités, qui constituent presque les passages les plus drôles du film, bien plus que le fil conducteur dont l'intérêt s'approche du néant.

C'était la promesse du film : réunir de grandes stars hollywoodiennes dans un film aussi trash que possible. De ce côté là, My movie project remplit parfaitement son contrat, allant toujours plus loin dans l'humour gras et vulgaire. Un parti pris qui finit forcément par lasser, d'autant que les segments sont très inégaux. Finalement, on risque surtout de n'en retenir que l'image des couilles pendant au cou de Hugh Jackman !

Note : 6,5/10


vendredi 5 avril 2013

Les Misérables


Titre : Les Misérables
Réalisateur : Tom Hooper
Avec : Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : musical, drame

Synopsis : 
Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d'amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l'affirmation intemporelle de la force inépuisable de l'âme humaine.
Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais. 

Avis : 
Si vous avez toujours rêvé de voir, pendant 150 minutes, des acteurs renommés pousser la chansonnette en étant filmés de face, Les Misérables de Tom Hooper, adaptation de la comédie musicale éponyme et du célèbre roman de Victor Hugo, est fait pour vous. En revanche, si vous voulez voir un bon film, passez vite votre chemin : le réalisateur australien, oscarisé pour Le Discours d'un roi, s'est apparemment dit qu'il pouvait se contenter des seules performances de ses acteurs - chanteurs pour réussir son film. Mauvaise pioche.

Les Misérables est un film musical : passons donc sur les nombreuses chansons, forcément inégales (à côté du fameux I dreamed a dream ou de Look down, la plupart des titres font vraiment pitié), ou sur le fait qu'on chante la plupart du temps pour ne rien dire. En revanche, cette manie insupportable qu'ont les personnages à fredonner la moindre de leur réplique, même pour dire la pire banalité, entraîne rapidement le film vers le grotesque, au point de croire, par moments, à une caricature du genre.


Gênant, mais pas autant que la réalisation de Tom Hooper : se contentant, de façon presque exclusive, de filmer ses acteurs de face et de près, il retire absolument tout impact à la plupart des chansons, et donc aux destins des personnages. Il refuse ainsi toute émotion, toute dimension épique et tout intérêt à l'histoire, et ni la déchéance de Fantine, ni la mort de Gavroche, ni les face-à-face entre Valjean et Javert n'ont l'impact qu'ils méritent. Pire, cette réalisation fainéante empêche de savourer l'interprétation d'un casting pourtant énorme : perdus face à cette caméra qui les scrute fixement pendant qu'ils chantent, ni Hugh Jackman, ni Anne Hathaway, ni surtout Russell Crowe n'évitent le surjeu.

On n'ose imaginer ce qu'auraient pu donner les mêmes scènes avec les mêmes acteurs, mais avec une réalisation un peu inspirée. En fait, l'unique scène à se démarquer est la présentation des Thénardier avec la chanson, pourtant médiocre, Master of the House, qui donne enfin lieu à une vraie chorégraphie dans laquelle Sacha Baron Cohen (Borat, Hugo Cabret) et Helena Bonham Carter (Fight Club) excellent.Le reste du film s'enchaîne sur un rythme monotone, sans aucune mise en valeur, l'affrontement à la barricade n'étant par exemple pas plus épique qu'une scène de baiser.

Les Misérables n'est donc au final que la juxtaposition de chansons toujours filmées de la même façon. Tom Hooper entraîne ses acteurs et l'histoire de Victor Hugo dans une mise en scène quelconque, ne provoquant que l'ennui. Dommage, quand on voit la formidable distribution ou l'immense potentiel du récit d'origine.

Note : 2/10