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dimanche 15 février 2015

Délivre-nous du mal


Titre : Délivre-nous du mal (Deliver us from evil)
Réalisateur : Scott Derrickson
Acteurs : Eric Bana, Edgar Ramirez, Olivia Munn
Date de sortie en France : 3 septembre 2014
Genre : thriller, horreur

Synopsis : 
La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes qui menacent la ville et sa famille…

Avis : 
Avec L'Exorcisme d'Emily Rose, en 2005, Scott Derrickson avait réussi un film de possession sortant un peu de la masse des navets (Devil inside, Le Rite, Possédée, et la liste est encore longue) que le genre nous livre trop souvent ces dernières années. Certes imparfait, le film avait le mérite d'apporter une réflexion intéressante, bien que largement inaboutie, sur la confusion entre possession et maladie mentale. Avec Délivre-nous du mal, il va à nouveau se démarquer un peu du lot, ce qui n'empêchera pas son film d'être très moyen.


Ce mélange entre thriller policier et film d'épouvante très classique, va surtout s'avérer intéresser dans le premier aspect. L'enquête est intéressante, les lieux visités et les crimes découverts sont glauques, tout comme cette ambiance très sombres, avec ces nombreux passages nocturnes évoquant vaguement des films comme Seven. Eric Bana s'en sort d'ailleurs plutôt bien, dans un rôle auquel il est, c'est vrai, plutôt habitué.

Hélas, ces passages sont parasités par les passages fantastiques. Malgré un fort potentiel, comme lorsque la fille du personnage est menacée alors qu'elle est seule dans sa chambre, ou lors des recherches d'Eric Bana sur les scènes de crimes, Derrickson choisit la facilité et nous balance à la tronche un nombre incalculable de jump-scares pourris. Et, si on pouvait penser que le choix d'un homme adulte, ancien soldat, dans le rôle du possédé allait changer un peu la donne, il ne débouche que sur une séquence d'exorcisme d'une redoutable banalité...

Quelques bonnes idées et un aspect thriller intéressants, mais Délivre-nous du mal se plante lorsqu'il s'attaque à l'horreur, se vautrant dans la paresse que l'on voit trop souvent dans les films de possession... et dans les films de Scott Derrickson, qui semble avoir beaucoup de mal, malgré des films souvent sympathiques (Hellraiser V, Sinister), à vraiment convaincre à 100%...

Note : 5/10


mardi 11 février 2014

Du sang et des larmes


Titre : Du sang et des larmes (Lone survivor)
Réalisateur : Peter Berg
Acteurs : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch...
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : guerre

Synopsis : 
Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération "Red Wing", qui a pour but de localiser et éliminer le leader taliban Ahmad Shah. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.

Avis : 
  Engagez-vous, rengagez-vous qu'y disaient ! Si on avait encore un doute, Du sang et des larmes vient le dissiper : l'armée Américaine recrute. Si vous voulez être dans le camp des gentils, des courageux, des sauveurs de la veuve et de l'orphelin et si vous souhaitez aller apporter la liberté dans des contrées sauvages à grands coups d'opérations militaires, n'hésitez plus ! Le nouveau film de Peter Berg (Very bad things, Hancock) nous rappelle que le film de guerre américain est souvent synonyme de bonne grosse propagande éhontée.


Tenez, les deux premières scènes : on nous montre d'abord les Navy Seals à l'entraînement, bravant les difficultés et les humiliations grâce à leur courage et leur entraide ; puis on nous montre un groupe de Talibans exécutant un des leurs en le décapitant à la machette. Le décor est planté, et le fond ne variera pas d'un iota pour cette publicité de deux heures pour la Navy. Heureusement, à l'image de La Chute du Faucon Noir, le film va se montrer assez rythmé et intense pour que l'on puisse passer un bon moment.

Car l'aspect "David contre Goliath" fonctionne toujours, avec ces quatres soldats américains confrontés à des dizaines d'ennemis mieux armés et connaissant mieux le terrain. Très intense, très violent, le film ne nous épargne pas les blessures, très spectaculaires, des héros du film (en revanche, les ennemis meurent généralement dans une totale banalité). Impacts de balles, chutes vertigineuses, les soldats en voient de toutes les couleurs, mais parviendront néanmoins à faire preuve d'un étonnant héroïsme le moment venu.

Du sang et des larmes est donc le film de guerre américain classique, dont la morale nauséabonde est sans doute le moins bel hommage que l'on pourrait faire des soldats dont le sacrifice a inspiré le scénario. Violent, intense et nauséabond, ce qui remplit finalement exactement les attentes que l'on aurait pu avoir...

Note : 4,5/10


mercredi 17 avril 2013

La Chute du faucon noir


Titre : La Chute du faucon noir (Black hawk down)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Orlando Bloom, Tom Hardy, Ewen Bremner
Date de sortie en France : 20 février 2002
Genre : guerre

Synopsis : 
Le 3 octobre 1993, avec l'appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire. 


Avis : 
Si vous voulez voir de l'héroïsme béat, une bonne grosse dose de patriotisme, des gentils soldats américains dégommer par dizaines de méchants somaliens, le tout enrobé par une excellente réalisation, La Chute du faucon noir est fait pour vous !


Car le film de Ridley Scott, basé sur la bataille de Mogadiscio, est aussi réussi sur la forme que discutable sur le fond. Dans la lignée de ce qu'avait montré Steven Spielberg pour Il faut sauver le soldat Ryan, le réalisateur de Alien et de Blade Runner filme ses soldats au plus près, caméra à l'épaule, et mise sur le réalisme de ses situations, n'hésitant pas à montrer les blessures des soldats de manière frontale au spectateur. C'est très violent, très sanglant, surtout quand on tire sur un américain.
  
Le milicien somalien meurt quant à lui de façon bien moins spectaculaire, ce qui semble s'inscrire dans la volonté de donner aux victimes des Rangers un aspect anecdotique. Les méchants sont massacrés indifféremment, tandis que le gentil repartira courageusement au combat malgré ses blessures et sa fatigue, avec une bande sonore crachant des hymnes patriotiques. Un aspect assez indigeste, qui tranche donc avec la qualité du travail de Scott derrière la caméra. Les batailles sont intenses et certains scènes sont magnifiques (l'arrivée des hélicoptères au-dessus de Mogadiscio par exemple).

Bénéficiant enfin d'un casting impressionnant (Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Ewen Bremner, William Fichtner et les jeunes Orlando Bloom et Tom Hardy) est donc totalement réussi quand on ne s'attarde que sur la façon qu'a Scott de filmer la guerre. Cela se gâte en revanche dès que l'on se penche sur le fond du film...

Note : 6/10