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jeudi 4 décembre 2014

Fury (2014)


Titre : Fury
Réalisateur : David Ayer
Acteurs : Brad Pitt, Shia LaBeouf, Logan Lerman
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : guerre

Synopsis : 
Avril 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, le sergent Don Collier commande un Char M4 Sherman et son équipage de 5 soldats de la 2e division blindée américaine pour une mission risquée derrière les lignes ennemies durant la campagne d'Allemagne.

Avis : 
Après les 2h15 de Fury, on peut légitimement se demander si le cinéma a encore quelque chose de nouveau sur la Seconde Guerre Mondiale. Car le film de David Ayer (End of watch, Sabotage), évidemment estampillé de l'étiquette "inspiré de faits réels", ressemble à s'y méprendre à de nombreux films du genre, de Il faut sauver le soldat Ryan, avec son jeune soldat qui découvre la guerre, à Le Bateau avec la vie de ce groupe allant au combat dans l'espace réduit d'une machine.


Pas si loin de son personnage de chasseur de nazis d'Inglourious basterds, Brad Pitt incarne donc un Sergent intraitable et courageux, prêt à tout pour tuer des allemands et qui prendra sous son aile le jeune Norman (Logan Lerman, Le Monde de Charlie, Noé, Percy Jackson : la mer des monstres), que rien ne prédestinait à rejoindre le front. On va donc avoir droit aux éternelles premières relations tendues avec le reste de l'équipe, à la découverte des horreurs de la guerre, aux difficultés rencontrées pour tuer le premier ennemi, jusqu'à devenir une "machine" dégommant du boche à la douzaine et étant enfin accepté par le groupe.

Une progression classique donc, que l'on retrouve également dans les diverses péripéties : le Fury échappe à plusieurs guet-apens, surmonte les obstacles coûtant la vie à de nombreuses autres unités, s'accorde même un moment de pause avant de s'offrir un affrontement totalement déséquilibré dans une éternelle relecture du siège de Fort Alamo où les cinq hommes, (Pitt, Lerman, Shia Nymphomaniac LaBeouf, Jon Walking Dead Bernthal et Michael Collision Peña) vont résister à des dizaines d'assaillants.

S'il reste prenant et efficace, Fury ne se démarque donc absolument pas de ses aînés, rappelant largement le chef d'oeuvre de Spielberg. Heureusement, l'interprétation est remarquable (notamment LaBeouf, étonnant !) et les scènes d'action très réussie. Cela suffit à passer un très bon moment, mais sans doute pas à se souvenir de Fury dans quelques mois...

Note : 6/10


samedi 17 mai 2014

Noé


Titre : Noé (Noah)
Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs : Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson
Date de sortie en France : 9 avril 2014
Genre : péplum, drame

Synopsis : 
Noé, un père de famille, reçoit un message de Dieu au cours d'un rêve : la Terre s'apprête à subir un déluge apocalyptique, car l'homme a corrompu le monde à force de violence et d'avidité. Il part alors avec sa femme et ses enfants sur le mont Ararat et entreprend la construction d'une arche monumentale pour mettre à l'abri toutes les espèces existantes de l'humanité. Il va ainsi accomplir son destin hors du commun, mais va se heurter à un seigneur de la guerre qui cherche à régner sur ce monde dévasté, et qui lance une armée entière contre lui...

Avis : 
Après plusieurs projets avortés (Superman, RoboCop, Wolverine), Darren Aronofsky s'attaque cette fois à une figure biblique avec Noé et l'histoire du Déluge. Un sujet forcément risqué, que le réalisateur de Black swan et de Pi va choisir de traiter de façon aussi réaliste que possible, s'attachant à en faire un drame historique plutôt qu'un divertissement fantastique à grand spectacle.


Prenant ainsi quelques libertés avec la mythologie, il va surtout mettre en avant la personnalité de Noé, au travers de ses faiblesses, de ses doutes et d'une famille souvent dépassée par le comportement du patriarche, le seul à penser détenir les clés de la volonté de Dieu, le seul à faire des rêves qu'il doit lui-même déchiffrer. On suivra ainsi Ila (Emma Watson), fille adoptive de Noé, incapable d'avoir des enfants ou Cham, qui s'inquiète de ne pas avoir de femme à emporter sur l'arche.

Le Déluge n'est ainsi que la toile de fond d'une aventure trop longue et pour laquelle on peine à se passionner. Si on apprécie le fait de voir un Noé torturé et très loin de la figure trop lisse que l'on pouvait craindre (des caractéristiques qu'incarne parfaitement Russell Crowe), le film manque clairement de rythme, la faute à des passages sans grand intérêt (l'armée ennemie), répétitifs (les arrivées d'animaux, qui seront d'ailleurs totalement laissés de côté le reste du temps), très manichéens ou à la symbolique un peu trop simple (comme souvent chez Aronofsky)...

Cela donne un film terriblement bancal, à l'image d'une interprétation très inégale (si Crowe est convaincant, Emma Watson et Jennifer Connelly rivalisent de surjeu), au point de difficilement comprendre le but poursuivi par Aronofsky avec ce film. Dommage, car l'épisode biblique pouvait donner lieu à un film dantesque, à l'image des péplums classiques, ou d'une étonnante puissance, à l'image de La Passion du Christ de Mel Gibson...

Note : 4/10




jeudi 5 septembre 2013

Percy Jackson : la mer des monstres


Titre : Percy Jackson : la mer des monstres (Percy Jackson: sea of monsters)
Réalisateur : Thor Freudenthal
Acteurs : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario
Date de sortie en France : 14 août 2013
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Percy Jackson ne sent pas vraiment l’âme d’un héros. Même s’il a déjà sauvé le monde, ce demi-dieu se demande si ce n’était pas tout simplement un coup de bol extraordinaire. Lorsqu’il découvre que son demi-frère est un monstre, il commence même à penser qu’être le fils de Poséidon est peut-être une malédiction. Mais il ne va pas avoir le temps de méditer sur le sujet car la barrière de protection divine qui protège le Camp des Sang-Mêlé est attaqué par une horde de monstres mythologiques, menaçant de détruire le sanctuaire des demi-dieux. Pour sauver leur seul refuge, Percy et sa bande doivent se lancer à la recherche de la légendaire Toison d’Or.

Avis : 
 Après un premier épisode plutôt moyen, Percy Jackson revient pour une aventure qui va légèrement corriger le tir : maintenant que l'univers mêlant mythologie grecque et jeunesse américaine contemporaine est installé, la saga choisit de se concentrer un peu plus sur l'aspect épique, mettant le jeune demi-dieu aux prises avec de nombreuses créatures, marchant directement dans les pas d'Hercule, d'Ulysse, de Persée ou de Jason.


Percy Jackson affrontera ainsi un taureau aux pieds d'airain, une manticore, le cyclope Polyphème, le monstre marin Charybde, ou encore le Titan Cronos dans sa quête pour retrouver la Toison d'or. Il rencontrera également la pythie de Delphes (qui étrangement, n'est pas en plein repas, alors qu'il est bien connu que la pythie vient en mangeant...), Hermès, devenu employé chez UPS, ou les trois Grées, conductrices d'un taxi largement pompé sur le magicobus d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban.

Bref, l'humour un peu lourd basé sur les anachronismes est bien là, accompagné comme il se doit par des jeux de mots très enfantins et des situations assez navrantes, notamment autour du nouveau personnage, le cyclope Tyson, demi-frère du demi-dieu Percy. On n'échappera pas non plus aux séquences émotion à deux balles, grosses comme des maisons (devinez donc comment se termineront les gentilles rivalités entre Tyson et Annabeth, ou entre Percy et Clarisse ?), ou aux errements scénaristiques étranges : les Dieux n'apparaissent pas, semblent bizarrement n'en avoir rien à foutre de la menace de Cronos, mais interviennent pour planter un arbre dans le cadavre encore frais d'une jeune fille héroïque...Avec un tel sens des priorités, ils pourraient presque présider la France !

Apparemment destinée à combler le vide laissé par la saga Harry Potter, la saga Percy Jackson n'en trouve toujours ni le charme ni la magie. Finalement plus enfantine que son modèle, elle accouche cette fois d'un épisode un peu plus réussi, grâce à un aspect épique et spectaculaire laissant un peu de côté les irritantes confrontations au monde réel, omniprésentes dans Le Voleur de foudre. Cela reste un divertissement principalement destiné aux enfants et ados, loin d'être aussi fédérateur que pouvait l'être le sorcier à lunettes, mais pas désagréable à regarder...

Note : 6/10


jeudi 24 janvier 2013

Le Monde de Charlie


Titre : Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower)
Réalisateur : Stephen Chbosky
Acteurs : Emma Watson, Logan Lerman, Ezra Miller
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui.

Avis : 
Réalisé par Stephen Chbosky, d'après son propre roman Pas Raccord, Le Monde de Charlie semble sur le papier être l'éternel récit initiatique mettant en scène un adolescent mal dans sa peau et rejeté par ses camarades. Et si le film ne réservera aucune surprise dans l'évolution de Charlie, qui trouve enfin des amis, la reconnaissance et l'amour, grâce à d'autres élèves un peu marginaux et le soutien d'un professeur bienveillant, Stephen Chbosky va y mettre tant de sincérité et de sensibilité que ce Perks of being a wallflower va fonctionner au-delà de ce à quoi l'on s'attendait.


Tout d'abord, il met en scène un trio d'acteur particulièrement attachants : Logan Lerman, déjà vu dans Percy Jackson : le voleur de foudre, Ezra Miller (We need to talk about Kevin), et surtout Emma Watson, dans son premier grand rôle après la saga Harry Potter. Ils apportent beaucoup de crédibilité et de fraicheur à leurs personnages, et constituent ainsi la grande force du film, dans la peau de personnages intéressants et très bien dessinés, placés au coeur de situations tantôt amusantes (l'incapacité de Charlie à se séparer de sa petite amie), tantôt dramatiques (l'homosexualité de Patrick).

Stephen Chbosky décrit ainsi autant de situations assez classiques pour des ados de cet âge, de la passion pour la musique (avec la chanson Heroes de David Bowie) ou le cinéma (The Rocky Horror Picture Show) à la découverte de l'amour, du sexe, de la drogue. Là où il va plus loin, c'est dans la profondeur qu'il donne à Charlie qui, en plus de ses centres d'intérêt considérés comme particuliers par ses camarades, est hanté par un événement de son enfance dont la révélation sera un moment extrêmement fort.

Le Monde de Charlie est donc une très bonne surprise sur l'adolescence,signée par un réalisateur qui cerne à merveille les états d'âme de ses héros dans un film aussi rafraichissant que déchirant.

Note : 7,5/10