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vendredi 26 juin 2015

A la poursuite de demain


Titre : A la poursuite de demain (Tomorrowland)
Réalisateur : Brad Bird
Acteurs : George Clooney, Hugh Laurie, Britt Robertson
Date de sortie en France : 20 mai 2015
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune... Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !

Avis : 
On a parfois l'impression que Disney se fout un peu de ses productions, les lançant sans grande conviction, et avec une campagne promotionnelle très limitée. Ainsi, on avait très peu entendu parler de ce Tomorrowland, pourtant réalisé par l'excellent Brad Bird (Les Indestructibles, Ratatouille, Mission : impossible : protocole fantôme), avec George Clooney (Gravity, Monuments men...). Un traitement qui appelle un peu celui réservé à John Carter ou à Lone Ranger : c'est sûr que quand on produit des monstres de rentabilité comme les Avengers ou les futurs Star Wars, on n'a pas sans doute pas besoin de s'emmerder à mettre en avant les autres productions. Dommage.


Dommage oui, car A la poursuite de demain méritait une bien meilleure exposition. A l'image des précédents films de Brad Bird, il est en effet d'une incroyable générosité, brassant avec intelligence et humour des thèmes d'actualité, le tout avec un magnifique univers visuel lors des passages à Tomorrowland ou lors de passages très réussis, comme l'affrontement dans la boutique de produits dérivés ou le siège de la maison où se terre George Clooney.

Les relations entre les personnages sont également très réussies, avec des échanges vifs et jubilatoires entre Clooney, Robertson et Raffey Cassidy, ancant encore davantage le film dans le divertissement familial qui semble issu des meilleures oeuvres que le genre avait à offrir dans les années 80. Brad Bird renoue ainsi avec une science-fiction intelligente et généreuse, faussement naïve, et réimplante une certaine magie  (le film cite d'ailleurs ouvertement Jules Verne, George Méliès ou Nikola Tesla) que le film d'aventures semble avoir perdu ces dernières années, à l'exception de quelques films comme Hugo Cabret.

Passée une première partie un peu longue, A la poursuite de demain se révèle être un film d'aventures et de science-fiction enthousiasmant et intelligent comme on n'en fait plus assez, et une passerelle étonnante entre l'univers Disney et celui de Brad Bird. On ne regrettera en fait que quelques touches de manichéisme un peu malvenues (pourquoi faire de Hugh Laurie un méchant ?), mais ne boudons pas notre plaisir devant cette oeuvre riche, drôle et touchante que l'on adorera sans doute revoir en famille.

Note : 8/10


dimanche 13 avril 2014

Monuments men


Titre : Monuments men (The Monuments men)
Réalisateur : George Clooney
Acteurs : George Clooney, Matt Damon, Bill Murray
Date de sortie en France : 12 mars 2014
Genre : guerre, aventures

Synopsis : 
En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

Avis : 
Inspiré du programme Monuments, Fine Arts, and Archives créé par le général Eisenhower, Monuments men nous raconte l'histoire d'un groupe d'hommes chargés de sauver les oeuvres d'art dérobées par les Nazis et empêcher leur destruction pendant la débâcle allemande.


L'idée de montrer cette face cachée de l'Histoire était forcément réjouissante, permettant d'appréhender la Seconde Guerre Mondiale d'une autre façon, loin du front. Réalisé par George Clooney (Les Marches du pouvoir), il met en scène l'acteur de Gravity aux côtés d'une belle brochette d'acteurs parmi lesquels Matt Damon (Elysium, Ma vie avec Liberace), John Goodman (The Big Lebowski, Flight), Bill Murray (SOS Fantômes, Lost in translation), Jean Dujardin (Möbius, Le Loup de Wall Street) et Cate Blanchett (Babel, Blue Jasmine). Hélas, malgré ce casting prestigieux et ce sujet intéressant, Monuments men ne va jamais décoller, restant très scolaire et très moyen.

Cherchant constamment son ton, oscillant entre film de guerre, aventures, drame historique ou comédie, le film se perd très vite dans une espèce d'auto-célébration de la bande à Clooney, à la façon de la trilogie Ocean's, sacrifiant toute profondeur sur l'autel d'un film hollywoodien jusqu'au bout des ongles, lisse, puritain et tentant grossièrement de jouer sur l'émotion lors de passages cousus de fil blanc (la découverte d'un panier de dents en or est l'exemple parfait de ce pathos facile et artificiel).

S'il se suit sans déplaisir, Monuments men reste un film très moyen, particulièrement basique, un monument à la gloire de ses acteurs, qu'on a d'ailleurs tous déjà vus plus inspirés. Malgré quelques touches d'humour réussies (l'accent français de Damon, les répliques répétées), une histoire intéressante et un fond historique passionnant, George Clooney ne livre qu'un énième film hollywoodien sans saveur, sans relief et sans accroc, qu'on oubliera plus vite qu'on ne l'aura vu...

Note : 4,5/10

jeudi 24 octobre 2013

Gravity


Titre : Gravity
Réalisateur : Alfonso Cuarón
Acteurs : Sandra Bullock, George Clooney
Date de sortie en France : 23 octobre 2013
Genre : catastrophe

Synopsis : 
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.

Avis : 
 On n'entend parler que de lui depuis plusieurs semaines : Gravity a donc débarqué sur nos écrans de cinéma, précédé d'une réputation formidable en faisant l'un des meilleurs films de l'année, voire même la meilleure oeuvre de science-fiction depuis des années. Mieux encore, c'est aux références ultimes que certains articles nous renvoient, allant jusqu'à citer 2001, l'odyssée de l'espace ou le Solaris de Tarkovsky ! Evidemment, face à des qualificatifs aussi dithyrambiques, le risque d'ête déçu est démultiplié. Alors, Gravity est-il la bombe annoncée ? Ou un énième pétard mouillé ?


De mon point de vue, la réponse est claire : Gravity est une extraordinaire réussite, le genre de film qu'on ne voit que trop rarement sur un écran de cinéma, une explosion visuelle et sonore, nous plongeant totalement dans ce lieu inhospitalier pour l'homme qu'est l'espace. Une immensité déserte, sans oxygène, sans pesanteur, où le son ne se propage pas, et où travaillent donc les personnages interprétés par George Clooney et Sandra Bullock. Le temps d'une introduction prenant la forme d'un ébouriffant plan-séquence, Alfonso Cuarón (qui nous avait déjà livré d'exceptionnels passages utilisant cette technique dans Les Fils de l'homme) nous présente ses deux héros, mais aussi son décor si particulier, aussi beau que dangereux, jusqu'à l'accident qui fera basculer Gravity dans le film catastrophe.

On se retrouve dès lors dans un véritable grand huit, multipliant les menaces et les comptes à rebours (le manque de pression, le manque d'oxygène) entre deux séquences de destruction à couper le souffle. Très spectaculaire, Gravity nous en met plein les yeux, réussissant l'improbable pari de mêler le grand spectacle à une volonté de réalisme constant : les déplacements dans le vide, l'absence de pesanteur, et même ce silence parfois assourdissant, tant d'éléments parfaitement retranscrits si l'on en croit les déclarations de spécialistes de l'espace. Et pour ne rien gâcher, le réalisateur de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban parvient à développer assez ses personnages pour que l'on s'y attache.



On se sent ainsi vraiment concernés par le destin des deux personnages, notamment quand ils semblent perdus, livrés à eux-mêmes, seuls dans l'immensité vide de l'espace. Une impression renforcée par la réalisation d'Alfonso Cuarón, qui multiplie les points de vue, utilisant par exemple le point de vue subjectif pour nous mettre dans la peau d'un astronaute propulsé en vrille par un choc, filmant en gros plan les visages de ses acteurs, amplifiant les bruits de respiration et les battements de coeur, ou insistant sur la difficulté à distinguer certains éléments dans l'ombre de la Terre. Tous ces éléments renforcent la sensation d'immersion, également favorisée par une utilisation pertinente de la 3D, sans doute la meilleure avec Avatar et L'Odyssée de Pi.

 Gravity remplit donc toutes ses promesses et s'impose donc comme une des oeuvres majeures de 2013. Entre film catastrophe et science-fiction, le film nous entraîne dans l'espace comme jamais on ne l'avait été au cinéma : spectaculaire tout en restant intelligent, réaliste et même par moments poétiques, le nouveau film d'Alfonso Cuarón est tout simplement un grand film, dont on ressort bouche bée.

Note : 9/10