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jeudi 26 mai 2022

Dark Water


Titre : Dark Water (Honogurai mizu no soko kara)
Réalisateur : Hideo Nakata
Acteurs : Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Mirei Oguchi
Date de sortie en France : 26 février 2003
Genre : épouvante, drame 
 
Synopsis : 
En instance de divorce, Yoshimi et sa fille de six ans Ikuko emménagent dans un immeuble vétuste de la banlieue de Tokyo. Alors qu’elles tentent de s’acclimater à leur nouvelle vie des phénomènes mystérieux se produisent. Qui est cette fillette en ciré jaune qui se promène dans les couloirs ? Pourquoi un petit sac pour enfant rouge ne cesse d’apparaître entre les mains d’Ikuko ? Quelle est l’origine de ces ruissellements qui s’étendent sur les murs et le plafond de leur appartement ? Une menace venue de l’au-delà va tenter de séparer la mère de sa fille. 
 
Avis : 
Après le succès de Ring, Hideo Nakata s'est rapidement retrouvé, un peu malgré lui, catalogué comme maître de l'épouvante. Pourtant, lui-même confesse volontiers n'avoir que peu d'intérêt pour le cinéma d'horreur, lui préférant plutôt le drame. Un goût que l'on retrouvait largement dans Ring et Ring 2, Sadako étant principalement décrite comme une victime, et qui va largement imprégner son chef d'oeuvre : le superbe Dark Water
 
 
Car avant d'être un redoutable film d'épouvante, Dark Water est avant tout un drame : celui d'une mère qui tente d'élever seule sa fille suite à son divorce. Yoshimi doit retrouver un logement convenable, chercher un travail, et rendre compte régulièrement de sa capacité à s'occuper correctement de sa fille. En somme, une situation particulièrement stressante pour une mère, que l'on renvoie sans cesse à son statut de faible femme : on n'hésite pas à lui cacher les vices de son nouvel appartement, à l'ignorer ostensiblement lorsqu'elle signale un problème, à lui mettre une formidable pression au moindre aléa. La réalisation de Nakata renforce d'ailleurs superbement ce sentiment d'infériorité imposé à Yoshimi en mettant systématiquement en avant les figures masculines qui sont en contact avec elle. 

L'épouvante va ainsi venir épouser les contours d'une peur bien plus terre à terre : celle de perdre la garde de son enfant, d'être totalement dépassée dans un environnement inconnu et hostile. Si l'eau est évidemment l'élément catalyseur des apparitions du spectre auquel est confronté la mère divorcée, elle vient en premier lieu renforcer le sentiment de solitude et d'égarement du personnage : son nouvel immeuble semble constamment arrosé par une pluie intense, et son propre appartement est envahi par un élément étranger, l'eau s'infiltrant du logement du dessus. 
 
 
C'est sans doute pour cela que Dark Water, s'il n'use pourtant pas de grands artifices pour effrayer le spectateur, est aussi efficace. Il part d'éléments tangibles, que chacun redoute, pour faire naître le fantastique, faisant également naître le doute sur l'état mental de Yoshimi : finalement, l'appartement inondé du dessus, qu'elle visite le temps d'une séquence impressionnante, n'est pas aussi dégradé lorsqu'elle y revient... avec des hommes. Et ce cartable rouge, qui la met dans tous ses états lorsqu'elle le voit, ce n'est qu'un banal cartable de jeune écolière, non ?

A l'image de l'eau qui s'infiltre, d'abord lentement, puis de plus en plus intensément, dans l'appartement de Yoshiki, l'angoisse progresse peu à peu chez le spectateur, à mesure que l'on découvre la nature de la menace... et du drame qui s'est joué dans cet immeuble. Et, si comme je le disais quelques lignes plus haut, Nakata n'use pas d'artifices démesurés, il nous offre quelques séquences mémorables et tétanisantes, comme ces passages dans l'ascenseur ou les visites à l'étage supérieur ou sur le toit. Et si le film fait peur, il va également réussir à nous tirer quelques larmes en fin de film. 

Ring était un classique immédiat. Dark Water est tout simplement le chef d'oeuvre de son réalisateur. Un drame horrifique prenant, intelligent, terrifiant et émouvant. Tout ce que ne sera pas son triste remake, à peine trois ans plus tard, réalisé par Walter Salles et avec Jennifer Connelly. 



 

vendredi 30 avril 2021

Irréversible (version originelle / inversion intégrale)


Titre : Irréversible
Réalisateur : Gaspar Noé
Acteurs : Vincent Cassel, Albert Dupontel, Monica Bellucci
Date de sortie en France : 24 mai 2002 (version originelle) / 26 août 2020 (inversion intégrale)
Genre : drame, rape & revenge 

Synopsis : 
Une jeune femme, Alex, se fait violer par un inconnu dans un tunnel. Son compagnon Marcus et son ex-petit ami Pierre décident de faire justice eux-mêmes.

Avis : 
Il avait été le grand choc du Festival de Cannes en 2002 : rape & revenge ultra-violent, bénéficiant de noms prestigieux au casting (Dupontel, Bellucci, Cassel), Irréversible de Gaspar Noé avait secoué pas mal de monde, tant pour son sujet que pour sa forme, avec de longs plans séquences, avec ces images tourbillonnantes, ses sons à basse fréquence, mais aussi son montage antéchronologique. Dix-huit ans plus tard, le film est ressorti en "inversion intégrale", remonté de façon chronologie, afin de nous faire appréhender de façon différente les événements. 


Le principal intérêt du montage original était de nous faire découvrir, après l'explosion de violence initiale, le caractère des différents personnages, et de permettre une certaine réflexion au spectateur sur l'aspect moral ou non de la vengeance. Cette réflexion était également renforcée par la révélation sur l'identité du violeur, mais aussi sur les scènes plus légères qui se succédaient jusqu'à la fin : à l'écran, c'est beau, mais dans l'esprit du spectateur, tout est perverti par le fait d'avoir déjà assisté au tragique destin des personnages. 

En "inversion originale", le film devient un vulgaire rape & revenge comme il en existe des dizaines. Long à démarrer, avec des personnages auxquels on n'accorde plus aucune sympathie (leurs défauts nous sautent bien plus aux yeux, de même que la faiblesse de l'écriture). Toute réflexion disparaît, laissant place au schéma habituel "exposition - viol - vengeance" du genre, qui a connu plus violent et plus radical - et donc, quelque part, plus réussi. Sans nier la force de la scène du viol, ou la violence de la séquence de l'extincteur, leur impact est bien moins fort dans ce sens, tout comme celui de la fameuse révélation. 

J'avais beaucoup aimé (autant que faire se peut) la version de base d'Irréversible, dont le montage faisait oublier les défauts. Défauts qui apparaissent soudain au grand jour avec le remontage chronologique, perdant une grande partie de la force et de l'impact du film juste pour expliciter de façon plus évidente les caractères des protagonistes. Le temps détruit tout, paraît-il : sans doute peut-on en dire autant d'un montage différent. 



dimanche 3 novembre 2019

Halloween Resurrection


Titre : Halloween Resurrection
Réalisateur : Rick Rosenthal
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Busta Rhymes, Ryan Merriman
Date de sortie en France : 30 octobre 2002
Genre : slasher

Synopsis : 
Un groupe de jeunes gens est sélectionné pour participer en direct à une émission de real TV. Ils doivent passer la nuit dans la maison d'enfance de Michael Myers. Les participants présument tous que ce jeu sera une simple partie de plaisir pouvant éventuellement leur apporter un peu de notoriété et de publicité gratuite.
Mais les choses vont vite tourner au cauchemar. Michael Myers est de retour. L'un après l'autre, les candidats disparaissent. Le but du jeu va vite consister à essayer de sortir vivant de la demeure.

Avis :
Parfois, on se demande vraiment comment producteurs et scénaristes peuvent avoir des idées aussi cons, et surtout comment cet amas de conneries peut se retrouver à l’écran. Avec Halloween : Resurrection, on a l’impression que tout le monde a tenté de battre un record, noyant une seule bonne idée (celle de la victime guidée par les téléspectateurs) sous des tonnes d’inepties. 


Déja, « Resurrection » de quoi ? De qui ? On nous apprend que Myers n’est pas mort, aucun personnage ne revient de l’au-delà, bref, aucune résurrection. Forcément, ça part mal. Ensuite, ce postulat de base : une émission de télé-réalité va être tournée dans l’ancienne maison des Myers. Qui a pu penser une seule seconde que c’était une bonne idée ? Qui a pu croire que coller un rappeur (Busta Rhymes) dans le rôle d’un producteur opportuniste fan de films de kung fu donnerait quelque chose de positif ?

C’est simple, Halloween Resurrection réussit l’exploit improbable de déloger Halloween de la place de pire film de la saga. Tout est raté : les personnages sont insupportables, et ont des réactions idiotes. Les incohérences se multiplient : la production a fouillé et aménagé toute la maison… mais n’a pas trouvé l’antre de Michael ; certains hurlements ne sont pas entendus d’une pièce à l’autre ; et surtout, alors qu’il y a de nombreuses caméras, personne ne voit Myers pendant une grande partie du film, même quand il tue les participants). Et puis merde, le procédé même de caméras qui donnent des images dégueulasses… ben ça donne des images dégueulasses.

Rien à sauver donc, sauf l'introduction, sur ce 8e volet de la saga qui, à défaut de résurrection, est parvenu à enterrer Myers… avant qu’il ne soit immanquablement ressuscité, par Rob Zombie d’abord, par David Gordon Green ensuite, qui ont tous deux fait table rase de ce qu’il y avait avant pour repartir de zéro. 

Note : 1/10 


mercredi 25 novembre 2015

Star Wars : Episode II - l'Attaque des Clones


Titre : Star Wars : Episode II - l'Attaque des Clones (Star Wars : Episode II - Attack of the clones)
Réalisateur : George Lucas
Acteurs : Ewan McGregor, Natalie Portman, Hayden Christensen
Date de sortie en France : 17 mai 2002
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Depuis le blocus de la planète Naboo par la Fédération du commerce, la République, gouvernée par le Chancelier Palpatine, connaît une véritable crise. Un groupe de dissidents, mené par le sombre Jedi comte Dooku, manifeste son mécontentement envers le fonctionnement du régime. Le Sénat et la population intergalactique se montrent pour leur part inquiets face à l'émergence d'une telle menace. Certains sénateurs demandent à ce que la République soit dotée d'une solide armée pour empêcher que la situation ne se détériore davantage. Parallèlement, Padmé Amidala, devenue sénatrice, est menacée par les séparatistes et échappe de justesse à un attentat. Le Padawan Anakin Skywalker est chargé de sa protection. Son maître, Obi-Wan Kenobi, part enquêter sur cette tentative de meurtre et découvre la constitution d'une mystérieuse armée de clones...

Avis : 
Après un Episode I décevant, la prélogie Star Wars passe la seconde avec un deuxième épisode plus sombre, plus mature, qui entre véritablement dans le vif du sujet, autant dans le cadre de cette nouvelle trilogie que dans celui de la saga dans son intégralité. On assiste ainsi aux premiers pas d'Anakin Skywalker vers le côté obscur.


Conscient de ses facultés exceptionnelles, Anakin est arrogant, désobéissant, adore prendre des risques, au grand dam de son maître, Obi-Wan. Une confiance en lui qui se double d'une forte émotivité, le jeune homme découvrant l'amour et le deuil dans ce second épisode où il devient un personnage torturé, parfaitement interprété par l'étonnant Hayden Christensen.

Conçu comme une grande épopée, L'Attaque des Clones va brasser de nombreux thèmes : le space-opera se double ici d'une romance, de complots, d'une intrigue politique passionnante, tout en installant clairement les éléments de la première trilogie, avec un Palpatine à l'influence grandissante, faisant progresser le côté obscur sur tous les fronts, la création des Stormtroopers, l'apparition de quelques personnages clés (le père de Boba Fett et surtout les premiers éléments faisant basculer Anakin vers le côté obscur.

Mais surtout, contrairement à l'Episode III, ces éléments ne sont pas uniquement là pour rattacher artificiellement les deux trilogies entre elles, mais s'articulent de façon fluide au reste de la saga. Ainsi, tout comme L'Empire contre-attaque à l'époque, le deuxième épisode est le meilleur de sa trilogie, avec une histoire plus travaillée, une ambiance plus sombre, davantage de maturité et quelques passages très réussis (l'affrontement gigantesque dans l'arène). On regrettera peut-être la place que prend l'histoire d'amour, et quelques éléments moins convaincants (l'affrontement bien mou avec le comte Dooku ou les bonds grotesques de Yoda...), mais L'Attaque des clones est une vraie réussite.

Note : 8/10




dimanche 26 juillet 2015

Harry Potter et la Chambre des secrets


Titre : Harry Potter et la Chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of secrets)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie en France : 4 décembre 2002
Genre : aventures, fantastique

Synopsis :
Alors que l'oncle Vernon, la tante Pétunia et son cousin Dudley reçoivent d'importants invités à dîner, Harry Potter est contraint de passer la soirée dans sa chambre. Dobby, un elfe, fait alors son apparition. Il lui annonce que de terribles dangers menacent l'école de Poudlard et qu'il ne doit pas y retourner en septembre. Harry refuse de le croire.
Mais sitôt la rentrée des classes effectuée, ce dernier entend une voix malveillante. Celle-ci lui dit que la redoutable et légendaire Chambre des secrets est à nouveau ouverte, permettant ainsi à l'héritier de Serpentard de semer le chaos à Poudlard. Les victimes, retrouvées pétrifiées par une force mystérieuse, se succèdent dans les couloirs de l'école, sans que les professeurs - pas même le populaire Gilderoy Lockhart - ne parviennent à endiguer la menace. Aidé de Ron et Hermione, Harry doit agir au plus vite pour sauver Poudlard.

Avis :
Deuxième volet des aventures de Harry Potter, La Chambre des secrets va, après un premier volet largement consacré à la présentation du monde des sorciers et de ses personnages phares, pouvoir enclencher la seconde et développer plus d’éléments, tout en mettant en avant certains événements qui, s’ils semblent presque anecdotique, se révéleront capitaux pour la suite.


 On découvre ainsi de nouveaux personnages, de nouveaux lieux, offrant une facette plus sombre d'un monde dont nous avions surtout vu les beaux côtés dans HP à l'école des sorciers. Avec les apparitions de Dobby, elfe – esclave, et de son maître Lucius Malfoy, on s'aperçoit que cet univers est fortement marqué par les idées de hiérarchie entre les races et les origines : un elfe de la maison, malgré ses pouvoirs, n'est ainsi qu'un domestique, et les sorciers nés de deux parents moldus, les « sang de bourbe », ne valent pas grand-chose aux yeux des sangs purs.

Un racisme qui sera au centre de l'intrigue de ce second volet, avec une menace constante sur la tête de certains élèves alors que nous en apprenons un peu plus sur Voldemort et sur la maison Serpentard. Nous découvrons également plusieurs nouvelles créatures, dont les redoutables Acromentules menées par Aragog, au cœur d'une étonnante course-poursuite qui glacera le sang des arachnophobes. Les scènes d'action sont par ailleurs plutôt réussies, malgré quelques effets numériques vieillissant, et l'enquête autour des attaques des élèves est très intéressante.


Un cran au-dessus du premier volet, HP et la Chambre des secrets continue à mettre en place les principaux éléments du monde imaginé par J.K Rowling, en présentant une face un peu plus sombre de l’univers des sorciers – qui annonce le très noir HP et le Prisonnier d’Azkaban. Magie, action et humour sont toujours présents, au profit d’un scénario intéressant mettant doucement en branle les mécanismes de la saga.

Note : 8/10


vendredi 6 juin 2014

Signes


Titre : Signes (Signes)
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs : Mel Gibson, Joaquin Phoenix, M. Night Shyamalan
Date de sortie en France : 16 octobre 2002
Genre : science-fiction, drame

Synopsis : 
A Bucks County, en Pennsylvanie. Après la perte de sa femme, Graham Hess a rendu sa charge de pasteur. Tout en s'occupant de sa ferme, il tente d'élever de son mieux ses deux enfants, Morgan et Bo. Son jeune frère Merrill, une ancienne gloire du base-ball, est revenu vivre avec lui pour l'aider. Un matin, la petite famille découvre l'apparition dans ses champs de gigantesques signes et cercles étranges.

Avis : 
Après les succès de Sixième sens et Incassable, M. Night Shyamalan s'intéresse au phénomène des crop-circles, ces figures géométriques gigantesques qui apparaissent mystérieusement dans des champs en l'espace d'une nuit. Des signes dont on ignore la signification et qui sont ouverts à toutes les interprétations... à l'image des événements que certains voient comme des signes du destin et qui nourrissent leur foi.


Car Signes est avant tout un film sur la foi, utilisant la toile de fond de l'invasion extraterrestre pour confronter le personnage interprété par Mel Gibson à ses doutes sur l'existence de Dieu. A l'exception des dernières minutes, M. Night Shyamalan se garde bien de donner une réponse, laissant le spectateur se faire sa propre opinion. Mais au-delà de cette thématique apparemment sujette à controverse (beaucoup de détracteurs du film concentrent leurs critiques sur cet unique aspect), Signes démontre également le talent du réalisateur d'origine indienne pour raconter une histoire forte.

Le film suit en effet une progression remarquable, commençant par d'infimes détails pour peu à peu confirmer l'hypothèse extraterrestre : de maigres indices d'abord, puis la confirmation progressive d'une présence menaçante autour de la ferme, et une crainte entretenue par les médias. Le film réserve même quelques moments assez effrayants, comme la visite nocturne du champ de maïs ou la séquence dans la cave.

Avec en prime un casting de qualité (une toute jeune Abigail Breslin et Joaquin Phoenix accompagnent Mel Gibson), Signes est à mes yeux le meilleur film de M. Night Shyamalan jusqu'à aujourd'hui. Une oeuvre forte, intense et au scénario abouti dont on ne regrettera que les dernières minutes et une tendance à tout nous montrer, là où on aurait peut-être préféré la suggestion...

Note : 8,5/10


samedi 3 mai 2014

Infernal affairs


Titre : Infernal affairs (Mou gaan dou)
Réalisateur : Alan Mak, Andrew Lau
Acteurs : Andy Lau, Tony Leung Chiu-Wai, Anthony Wong
Date de sortie en France : 1er septembre 2004
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Il y a dix ans, Yan et Ming étaient les deux meilleurs élèves de l'école de police. Yan a été sélectionné en secret par ses supérieurs pour devenir un agent infiltré dans les Triades. Ming est devenu un officier respecté mais qui a voué sa cause au parrain de la mafia. Aujourd'hui, ils sont chargés de découvrir le traître qui se cache dans leur camp. Mais ce qu'il ne savent pas encore, c'est qu'ils vont se traquer eux-mêmes !

Avis : 
Premier film d'une trilogie, dont le remake américain, Les Infiltrés, réalisé par Martin Scorsese, a remporté 4 Oscars, Infernal affairs raconte donc l'histoire croisée de deux taupes, deux infiltrés dans les camps opposés, et qui finiront par devoir enquêter l'un sur l'autre, tout en gérant les soupçons naissant autour d'eux.


Grâce à une excellente séquence où l'on découvre les deux hommes dans leurs doubles-rôles respectifs dans la même affaire (Yan communiquant les faits et gestes des truands à son supérieur pendant que Ming renseigne le parrain sur les manoeuvres policières) jusqu'à ce que chaque camp se rende compte que quelqu'un transmet les informations, on est rapidement pris dans l'intrigue, qui montera ensuite crescendo grâce à un scénario remarquablement ficelé.

Même s'il est hélas assez compliqué d'être surpris si on a vu le remake de Scorsese, on appréciera la progression de l'histoire et des deux personnages principaux, parfaitement interprétés, tous deux assaillis par le doute, s'attachant à leurs ennemis d'origine (le passage où Yan assiste à la mort d'un policier puis d'un truand, avec une même émotion, en est l'exemple parfait) tout en souhaitant revenir à une vie normale. Chaque transaction des Triades devient dès lors l'occasion d'un vrai suspense, d'une véritable intensité où chacun peut être découvert.

Porté par d'excellents acteurs, Infernal affairs est donc un très bon thriller policier, bénéficiant d'un scénario solide bien qu'assez prévisible. Un film passionnant dont je ne regrette finalement que la réalisation, souvent en-dessous du reste, très "hong-kongaise" et très stylisée, usant et abusant d'effets inutiles juste pour en abuser, ce qui est parfois fatiguant.

Note : 8/10


dimanche 20 avril 2014

Le Règne du feu


Titre : Le Règne du feu (Reign of fire)
Réalisateur : Rob Bowman
Acteurs : Matthew McConaughey, Christian Bale, Gerard Butler
Date de sortie en France : 21 août 2002
Genre : fantastique

Synopsis : 
A Londres, en 2008, le jeune Quinn accompagne sa mère sur un chantier. Celle-ci supervise la construction de tunnels pour le nouveau tracé du métro. Lors du creusement, une paroi s'effondre, révélant un gouffre à la profondeur illimitée. La mère de Quinn descend dans le tunnel, mais une immense colonne de feu s'échappe du trou et tue tous ceux qui se trouvent sur son passage. Resté à l'entrée de l'excavation, le garçon assiste, médusé, à ce tragique événement. Un dragon jaillit alors du tunnel. Vingt ans plus tard, les dragons règnent en maîtres sur une planète en ruines où chaque être humain ne représente pour eux qu'un mets de choix. Quinn est chargé de les éliminer et d'assurer la survie de sa petite communauté. Mais le combat semble perdu d'avance. Un jour, Van Zan, un militaire américain, fait son apparition et prétend connaître le moyen de tuer ces créatures cracheuses de feu.

Avis : 
Le Règne du feu est un film post-apocalyptique dans lequel la Terre a été dévastée par une invasion de dragons. Les villes brûlées, la population dévorée, les survivants se sont regroupés en petites factions, obligés de se cacher pour survivre et de creuser afin d'éviter de rencontrer les nouveaux maîtres de la surface. Nous suivrons donc le groupe mené par Christian Bale (The Dark Knight rises, Les Brasiers de la colère), tentant difficilement de s'organiser, jusqu'à l'arrivée d'une troupe américaine prétendant avoir la solution à la présence des dragons.


Menés par un Matthew McConaughey (Dallas buyers club, Mud) méconnaissable, crâne rasé, barbe en friche et le corps couvert de tatouages, ces soldats sont en effet capables de chasser et tuer les dragons en plein vol, dans des passages très spectaculaires. Mieux encore, ils ont découvert que toutes leurs victimes étaient des femelles, et vont donc en déduire qu'il leur suffira d'abattre l'unique mâle existant pour arrêter le règne des dragons, permettant une résolution facile du problème comme dans beaucoup trop de séries B mettant en scène une invasion monstrueuse (Mimic, Starship troopers...).

Au-delà de son scénario très basique, le film se suit avec un certain plaisir, l'univers mêlant paysages post-apocalyptique et ambiance moyenâgeuse (le château, les armes anachroniques et même, finalement, la présence de dragons) étant plutôt réussi, de même que les dragons, superbes et bénéficiant d'excellents effets spéciaux. Les personnages sont en revanche bien moins soignés, d'un Quinn incroyablement fade à un Van Zan monstrueusement caricatural.

Le Règne du feu est un bon divertissement d'action fantastique, mettant l'accent sur ses fabuleuses créatures et des scènes d'action très spectaculaires pour nous faire oublier une histoire et des personnages sans grand intérêt. Une bonne petite série B pour passer se reposer le cerveau le temps d'une soirée.

 Note : 6,5/10




mardi 17 septembre 2013

Dark water


Titre : Dark water (Honogurai mizu no soko kara)
Réalisateur : Hideo Nakata
Acteurs : Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Mirei Oguchi
Date de sortie en France : 26 février 2003
Genre : épouvante, drame

Synopsis : 
 Récemment divorcée, Yoshimi Matsubara décide d'emménager dans un nouvel appartement avec sa fille de 6 ans. Alors que son mari s'acharne à récupérer la garde de leur fille, Yoshimi perd progressivement pied dans un immeuble qui se révèle être insalubre mais qui devient surtout le théâtre d'événements étranges et effrayants.
A l'image de l'eau qui s'infiltre insidieusement partout, l'horreur s'installe inéluctablement dans le quotidien des deux héroïnes. Et la mort, sous les traits d'une petite fille en ciré jaune, semble chaque seconde un peu plus proche d'elles...

Avis : 
Après Ring et Ring 2, Hideo Nakata réalise en 2002 un nouveau film de fantômes : Dark water. Comme pour ses deux précédents succès, il adapte une nouvelle de Kôji Suzuki, L'eau flottante, et va ainsi mettre en scène une femme confronté au spectre d'une jeune fille aux cheveux sales. Et comme pour Ring, il va tenter de mêler épouvante et drame. Et comme pour Ring, il va livrer un film moyen.


Car s'il est un mélange de drame et d'épouvante, Dark water n'est convaincant ni dans l'un, ni dans l'autre. Le drame, amené avec une finesse toute pachydermique, nous fait donc suivre cette jeune femme récemment divorcée et qui lutte pour la garde de sa fille. Bon, évidemment, la pauvre femme est secouée par la situation, ce qui se traduit par une incapacité à régler un problème sans un homme, par une tendance à laisser sa fille disparaître et un goût douteux pour l'hystérie. Dark water serait une allégorie de la folie hallucinatoire qu'on ne verrait pas grande différence. La gamine serait sans doute bien mieux chez son père.

L'épouvante, quant à elle, n'existe que par le biais de la musique, dont on augmente progressivement le son pour faire peur au spectateur ! Un procédé qui a finalement pour effet d'agacer plus que d'effrayer, et va même désamorcer toute ambiance stressante, alors que certains passages, comme ces allers-retours sur le toit ou au dernier étage, ou cette trop courte visite de l'appartement inondé, avaient un potentiel formidable. Le comble est atteint par la révélation du visage du fantôme, d'un ridicule total.
 

Mélangez donc un drame banal et un film d'épouvante qui ne fait pas peur, et vous obtenez donc Dark water. Si la réalisation de Nakata reste soignée et ses actrices plutôt convaincantes (surtout la gamine, , le scénario pêche surtout par une facilité de tous les instants, n'oubliant jamais de souligner lourdement ce que le spectateur avait bien compris ou de multiplier les ficelles. Je préfère largement retourner voir Kaïro ou Shutter !
 

Note : 3,5/10


dimanche 7 juillet 2013

Monstres et Cie


Titre : Monstres & Cie (Monsters, Inc.)
Réalisateur : Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich
Acteurs : John Goodman, Billy Crystal, Steve Buscemi
Date de sortie en France : 20 mars 2002
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d'énergie provient des cris des enfants. Monstres & Cie est la plus grande usine de traitement de cris de la ville. Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l'usine, une équipe de monstres d'élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les enfants et récolter leurs hurlements.
Le Terreur d'élite le plus réputé de Monstres & Cie s'appelle Jacques Sullivan, alias Sulli. C'est un monstre cornu de 2m40 de haut à la fourrure bleu-vert tachetée de violet. Une nuit, alors qu'il se trouve à l'"Etage de la Terreur", il s'aperçoit qu'une porte de placard n'a pas été fermée correctement. Pour vérifier que tout est en place, il l'ouvre, permettant sans le vouloir à une petite fille de pénétrer dans son monde. 


Avis : 
Quatrième long-métrage des studios Pixar, après les deux premiers Toy story et 1001 pattes, Monstres & Cie met donc en avant...des monstres de cauchemars en tant que héros. Un choix étonnant, d'autant que les enfants sont perçus comme une menace et une source d'énergie, dont la peur est exploitée afin d'alimenter Monstropolis en énergie. Au milieu de ces travailleurs de la peur, nous suivrons Sully, l'énorme monstre bleu, et Bob Razowski (Mike Wazowski en v.o.), le petit cyclope vert, qui seront bientôt confrontés à leur pire crainte : une fillette.



Monstres & Cie joue avec bonheur avec les codes du film d'animation, et si tous les monstres ne seront évidemment pas bienveillants, la plupart sont terriblement attachants et terriblement drôles : Monstropolis est ainsi une ville fantastique remplie de créatures de toutes formes, tailles et couleurs. Visuellement, le film est une merveille, atteignant des sommets lors de la poursuite au coeur de l'usine, séquence vertigineuse où les décors se multiplient, où les détails sont innombrables et dont on sort avec un sourire béat sur le visage.

Maniant à merveille l'art du double-sens, le film fait également mouche au niveau de l'humour, pouvant séduire les plus jeunes comme les plus âgés, les gags les plus évidents (le running-gag de la chaussette) succédant aux jeux de mots plus subtils...ou pas. Le rythme ne faiblit pas une seconde, bénéficiant en plus d'un scénario étonnamment intelligent et mature, l'humour, l'action et l'émotion s'enchainant avec une remarquable fluidité.

S'il n'est pas mon Pixar préféré (hum...WALL-E ou Là-Haut ?), Monstres & Cie n'en reste pas moins une merveille du film d'animation à l'américaine, réussissant le pari de s'adresser autant aux enfants qu'aux adultes. Très drôle, touchant, superbe visuellement et mettant en scène des personnages vraiment attachants (même "Boo", la gamine, est attendrissante et amusante), voilà une vraie merveille que je ne me lasse pas de revoir, en attendant Monstres Academy.

Note : 9/10


 

mercredi 17 avril 2013

La Chute du faucon noir


Titre : La Chute du faucon noir (Black hawk down)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Orlando Bloom, Tom Hardy, Ewen Bremner
Date de sortie en France : 20 février 2002
Genre : guerre

Synopsis : 
Le 3 octobre 1993, avec l'appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire. 


Avis : 
Si vous voulez voir de l'héroïsme béat, une bonne grosse dose de patriotisme, des gentils soldats américains dégommer par dizaines de méchants somaliens, le tout enrobé par une excellente réalisation, La Chute du faucon noir est fait pour vous !


Car le film de Ridley Scott, basé sur la bataille de Mogadiscio, est aussi réussi sur la forme que discutable sur le fond. Dans la lignée de ce qu'avait montré Steven Spielberg pour Il faut sauver le soldat Ryan, le réalisateur de Alien et de Blade Runner filme ses soldats au plus près, caméra à l'épaule, et mise sur le réalisme de ses situations, n'hésitant pas à montrer les blessures des soldats de manière frontale au spectateur. C'est très violent, très sanglant, surtout quand on tire sur un américain.
  
Le milicien somalien meurt quant à lui de façon bien moins spectaculaire, ce qui semble s'inscrire dans la volonté de donner aux victimes des Rangers un aspect anecdotique. Les méchants sont massacrés indifféremment, tandis que le gentil repartira courageusement au combat malgré ses blessures et sa fatigue, avec une bande sonore crachant des hymnes patriotiques. Un aspect assez indigeste, qui tranche donc avec la qualité du travail de Scott derrière la caméra. Les batailles sont intenses et certains scènes sont magnifiques (l'arrivée des hélicoptères au-dessus de Mogadiscio par exemple).

Bénéficiant enfin d'un casting impressionnant (Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Ewen Bremner, William Fichtner et les jeunes Orlando Bloom et Tom Hardy) est donc totalement réussi quand on ne s'attarde que sur la façon qu'a Scott de filmer la guerre. Cela se gâte en revanche dès que l'on se penche sur le fond du film...

Note : 6/10