Acteurs : Amber Heard, Michael Welch, Whitney Able
Date de sortie en France : 3 août 2010 (vidéo)
Genre : horreur
Synopsis :
Mandy Lane est si belle, si pure, si innocente... que tous les garçons la convoitent. Pour la séduire, une bande de copains l'invite dans un ranch pour y fêter la fin des classes. Au rendez-vous : sexe, drogues, alcool... Et un invité surprise, qui tente de mettre la main sur le plus convoité des trophées : Mandy Lane.
Avis :
Un groupe de jeunes étudiants (sportifs, beaux, cheerleaders...), dans un lieu isolé, où l'alcool coule à flot, où tout tourne autour du sexe,et rapidement confrontés à un mystérieux tueur : vous pensiez être devant un slasher ? Et pourtant, pas vraiment, car Mandy Lane va en fait s'amuser des codes propres au slasher pour mieux en jouer et nous offrir autre chose.
Tout d'abord, les jeunes adultes que nous allons suivre dans le film de Jonathan Levine (Warm bodies) ne sont pas juste là pour faire monter le bodycount, mais ont toutes une vraie personnalité, de vraies inquiétudes bref, sont de véritables adolescents, crédibles, auxquels on finit par s'attacher. Ensuite, l'identité du tueur est révélée très rapidement. Pas de suspense donc, mais plutôt une réflexion sur les motivations du meurtrier, et par extension sur les notions de harcèlement scolaire, de violence étudiante...
Ces éléments vont donner un film étonnamment cruel, puisqu'on va ressentir chacun des coups portés aux personnages, mais aussi la détresse de certains voyant arriver une mort soudaine et inévitable. On appréciera par ailleurs la violence des mises à mort, mais aussi la qualité de l'interprétation, de la sublime Amber Heard à la surprenante Whitney Able (Monsters).
Faux slasher, mais véritable perle, All the boys love Mandy Lane était une excellente surprise à l'époque de sa sortie : il est désormais un petit classique du genre, qui vieillit extrêmement bien grâce à une intelligence de chaque instant.
Titre : Saw 3 Réalisateur : Darren Lynn Bousman Acteurs : Tobin Bell, Shawnee Smith, Augus Macfadyen Date de sortie en France: 22 novembre 2006 Genre : horreur
Synopsis :
Le Tueur au puzzle a mystérieusement échappé à ceux qui pensaient le tenir.
Pendant
que la police se démène pour tenter de remettre la main dessus, le
génie criminel a décidé de reprendre son jeu terrifiant avec l'aide de
sa protégée, Amanda...
Le docteur Lynn Denlon et Jeff ne le savent pas encore, mais ils sont les nouveaux pions de la partie qui va commencer... Avis :
Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, Saw 3 marque le moment précis où la saga est partie en couilles, oubliant les scénarios tordus des deux premiers volets pour se concentrer sur une successions de scènes de boucherie gratuite. Autant dire que l'intérêt sera très limité.
Evidemment, on aura le droit aux révélations de fin de film, mais cette fois, on s'en fout un peu. D'abord parce qu'elles n'ont clairement pas l'impact des twists de Saw et Saw 2, ensuite parce qu'on se fout complètement des personnages, ni Jeff ni le docteur Denlon ne parvenant à nous tirer assez d'empathie pour que l'on s'inquiète ou souffre pour eux. Il faut dire que le parcours du premier n'est vraiment qu'un prétexte, pas toujours cohérent (le témoin et le coupable n'ont clairement aucune chance de s'en sortir, alors que le juge va juste passer un mauvais moment), et que l'aventure de la seconde manque cruellement d'enjeu.
Rien de bien intéressant donc. Difficile dans ces conditions de véritablement apprécier les différentes scènes de torture et de mise à mort, d'autant que, à l'exception de celle du chevalet, particulièrement terrible et qui fera grincer des dents. Pour le reste, ni l'opération de Jigsaw (les scènes "cliniques" ne m'ont jamais impressionné, ce qui se vérifiera de nouveau pour Saw 4), ni l'épreuve des cochons (bien que vraiment sale), ni celle de la douche froide (que j'avais complètement oubliée) ne me remueront les tripes.
Un scénario absent, des séquences de torture sans impact : Saw 3 sombre dans le torture porn de bas étage, concluant de la pire façon possible un trilogie qui aurait peut-être dû en rester là, et constituant avec le quatrième volet le niveau le plus bas de la saga...
Titre : La Jeune fille de l'eau (Lady in the water) Réalisateur : M. Night Shyamalan Acteurs : Paul Giamatti, Bryce Dallas Howard, Jeffrey Wright Date de sortie en France : 23 août 2006 Genre : drame, fantastique
Synopsis :
Cleveland Heep a tenté discrètement de se perdre à jamais dans les abysses de son vieil immeuble. Mais, cette nuit-là, il découvre dans le sous-sol de la piscine une jeune nymphe sortie d'un conte fantastique. La mystérieuse "narf" Story est poursuivie par des créatures maléfiques qui veulent l'empêcher de rejoindre son monde. Ses dons de voyance lui ont révélé l'avenir de chacun des occupants de l'immeuble, dont le sort et le salut sont étroitement liés aux siens. Pour regagner son univers, Story va devoir décrypter une série de codes avec l'aide de Cleveland... pour peu que celui-ci arrive à semer les démons qui le hantent. Le temps presse : d'ici la fin de la nuit, leur destin à tous sera scellé...
Avis :
J'ai longtemps hésité avant de regarder La Jeune fille de l'eau, tant celui-ci était précédé d'une mauvaise réputation. Adapté d'une de ses propres histoires, qu'il racontait à ses enfants, le film de M. Night Shyamalan met en scène une créature de l'eau, une nymphe, apparaissant près d'un immeuble, pour un conte assumant pleinement son innocence et sa naïveté.
Au milieu de personnages qui accepteront sans sourciller cette incursion fantastique dans leur quotidien, Story va faire la connaissance de Cleveland qui l'aidera à échapper aux dangers qui la menacent et à regagner son monde. Shyamalan installe ici une petite mythologie sympathique, dont on sent l'influence orientale, avec sa créature et les différents rôles de ceux qui l'aideront : un Gardien, qui protégera la jeune femme ; un Symboliste, chargé d'interpréter les signes que personne d'autre ne peut voir ; une Guilde et un Guérisseur.
Shyamalan fait ainsi faire naître de la magie chez des personnages d'une remarquable banalité, dans un parallèle souvent amusant qui lui permet également de démystifier totalement les mécanismes classiques des scénarios hollywoodiens et cassant ses propres codes, tournant en dérision ses propres tics de réalisation, notamment par le biais du personnage du critique cinéma, que le metteur en scène se fera un plaisir de présenter sur un jour plutôt antipathique.
Tout cela donne un film sympathique à regarder, si on accepte d'entrer entièrement dans cette histoire volontairement enfantine, et si on n'est pas trop regardant sur la capacité des personnages à accepter, sans aucune hésitation, l'irruption du merveilleux dans leur quotidien. Et s'il reste bien en-dessous des trois films précédents de M. Night Shyamalan, La Jeune fille de l'eau reste un agréable divertissement, dont la légèreté pourra autant être considérée comme une qualité que comme un défaut.
Titre : Wolf Creek Réalisateur : Greg McLean Acteurs : John Jarratt, Cassandra Magrath, Kestie Morassi Date de sortie en France : 9 août 2006 Genre : horreur, épouvante
Synopsis :
Trois jeunes randonneurs partent pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère causé par un météorite vieux de plusieurs milliers d'années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsque un autochtone leur propose de l'aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence...
Avis :
Les années 2000 ont marqué un certain tournant dans le cinéma d'horreur, avec un retour à des films crus, sans concession, sans humour, notamment dans le sous-genre si particulier du survival. Dans la lignée des remakes de La Colline a des yeux ou Massacre à la tronçonneuse, ou d'autres réussites telles que The Descent, Wolf Creek a été une des excellentes surprises, que l'on n'attendait pas forcément.
Réalisé par l'australien Greg McLean, à qui l'on devra plus tard l'excellent Solitaire, Wolf Creek prend le risque de nous présenter longuement ses personnages : pendant 50 minutes, nous apprendrons à connaître et à nous attacher au trio, interprété avec un naturel désarmant, mais nous aurons également l'occasion de découvrir l'outback australien, avec ses paysages magnifiques, mais aussi son isolement total, sans aucune trace de vie humaine. Subrepticement, le film bascule dans une atmosphère plus froide, jusqu'à l'apparition très réussie de Mick.
Dès lors, le film bascule dans une horreur retenue mais très efficace. N'espérez pas de débordements sanglants ou de scènes d'action : à l'image de ses modèles des années 70, Wolf Creek choisit de mettre l'accent sur une ambiance très tendue et sur l'horreur ressentie par les victimes face à un tueur implacable, qui connaît parfaitement le terrain et s'adonne à son petit passe-temps depuis de nombreuses années.
On ne reprochera finalement au film qu'une dernière partie un peu moins solide, avec quelques ficelles ou incohérences plus visibles. Le film de Greg McLean reste néanmoins l'un des meilleurs films d'horreur des années 2000, faisant naître une véritable empathie pour ses personnages pour mieux renforcer la tension de la seconde partie. Une vraie réussite, dont on espère qu'elle aura droit à la suite qu'elle mérite avec le prochain Wolf Creek 2.
Titre : Babel Réalisateur : Alejandro Gonzalez Iñarritu Acteurs : Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal Date de sortie en France : 15 novembre 2006 Genre : drame
Synopsis :
En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...
Avis :
Troisième volet d'une trilogie, après Amours chiennes et 21 grammes, Babel raconte donc le destin de quatre familles que rien, ou presque ne rapproche : Ahmed et Youssef sont deux enfants marocains ; Susan et Richard, un couple d'Américains ; Amélia, une nourrice mexicaine ; Chieko, une adolescente japonaise sourde... Quatre histoires pourtant liées, de façon plus ou moins évidentes, et toutes marquées par les préjugés et l'importance du regard de l'autre...
Avouons-le d'emblée : des quatre itinéraires, seuls les deux les plus étroitement liés, ceux des jeunes marocains et du couple américain, seront vraiment passionnants. On y ressent vraiment cette sensation de hasard malheureux, de petite maladresse aux terribles conséquences, mais aussi le choc des cultures, la force des a priori, le couple Pitt-Blanchett étant abandonné dans une village perdu au milieu de nulle part par des compagnons craignant d'être pris en otage par des terroristes...
A côté de ces deux histoires passionnantes et tragiques, celles se déroulant au Mexique (avec les deux enfants du couple américain) et au Japon (sans véritable lien avec les autres) manquent clairement d'impact. Les personnages sont beaucoup moins attachants, voire même totalement antipathiques, et on s'ennuie royalement à chacune de leurs apparitions malgré une interprétation de qualité : on retrouve notamment Gael Garcia Bernal (La Mauvaise éducation, No) ou Rinko Kikuchi (Pacific Rim, 47 ronin).
Ces passages allongent considérablement la durée d'un film qui devient ainsi pénible à suivre par moments. 2h15 inégales donc, dont on retiendra surtout tout ce qui se déroule au Maroc à travers deux histoires passionnantes et très fortes, tandis que tout le reste est bien moins réussi, et surtout relié à l'histoire du couple de façon très artificielle, comme si l'ajout avait été forcé...
Titre : 300 Réalisateur : Zack Snyder Acteurs : Gerard Butler, Rodrigo Santoro, Michael Fassbender Date de sortie en France : 21 mars 2007 Genre : péplum, historique
Synopsis :
La Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et
300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un
invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un
courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice
inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi
les premières pierres de la démocratie. Avis :
Adapté du "roman graphique" (une expression bien pompeuse et à la mode pour qualifier une simple bande-dessinée) de Frank Miller, 300 relate donc la célèbre bataille des Thermopyles, opposant l'immense armée de Xerxès Ier à 300 soldats spartiates (et leurs alliés, dont on se fout ici). Réalisé par Zack Snyder, alors connu pour son remake efficace de Zombie, L'Armée des morts, le film reprend un visuel semblable à celui qu'avait utilisé Robert Rodriguez pour Sin City.
Une orientation artistique qui est ici complètement loupée. En effet, en abusant des effets de style, des ralentis, accélérations, arrêts sur image sans grand intérêt aux plans-séquences grotesques, du recours systématique au numérique, 300 finit par ressembler à une production fauchée, pompeuse et tout simplement très laide. Mais ce ne sera pas l'unique défaut : le film de Zack Snyder va également sombrer dans le ridicule à cause d'un scénario digne d'un enfant jouant avec ses figurines, dialogues puérils et glorification du sacrifice à l'appui.
Hurlées avec une conviction effrayant par le faciès déformé de Gerard Butler (La Chute de la Maison Blanche), les répliques font vraiment sourire par leur bêtise sans limite, leur va-t-en guerre primitif et leurs valeurs sur lesquelles on préfèrera ne pas trop s'attarder, le sous-texte du film étant particulièrement nauséabond. Tout juste soulignerai-je cette espèce de fantasme spartiate, peuple courageux au physique avantageux, très loin de la laideur de leurs ennemis, de ceux qui s'opposent à leur combat, ou même de l'homosexualité pédophile de ces philosophes d'athéniens. Le comble revient à Xerxès, vaguement décrit comme un travesti de base, entre voix grave, maquillage, épilation et bijouterie ostentatoire.
Bref, 300 est le plus mauvais film à ce jour de Zack Snyder. Une espèce de bouillie numérique indigeste, qui déverse à l'écran un flot ininterrompu de laideurs et de conneries, et dont les rares passages mémorables sont noyés dans une masse insupportable. Et le pire, c'est qu'avec son succès public, le film a vu une suite débarquer sur nos écrans : 300, la naissance d'un Empire. Oh oui, j'en reparlerai sans doute sur ce blog...
Titre : Walk the Line Réalisateur : James Mangold Acteur : Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick Date de sortie en France : 15 février 2006 Genre : biopic, drame
Synopsis :
Né en 1932 dans un bled de l'Arkansas, John R. Cash voit son enfance
bouleversée lorsque son frère aîné meurt dans un accident dont il sera
injustement tenu responsable par leur père. À l'âge adulte, il se
fascine pour la musique et entreprend d'enregistrer sa première chanson
en 1955, malgré le peu d'encouragement de sa femme Vivian, qui ne voit
pas d'avenir dans ce métier.
Avis : Walk the Line retrace la vie, de son enfance à son célèbre concert dans la prison de Folsom, de l’un des artistes américains majeurs du vingtième siècle : Johnny Cash. Réalisé par James Mangold (Identity, Copland, 3h10 pour Yuma), il met en scène l’ascension de l’artiste, de ses premiers tubes à la célébrité, puis sa chute, rattrapé par les problèmes d’alcool, de drogues et de femmes, avant la renaissance, aux côtés de June Carter.
Accompagnés par les chansons des deux artistes, interprétées par Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon qui, choisis par Johnny Cash et June Carter en personne, ont pris des cours de chant pendant des mois, nous découvrons ainsi les coulisses des tournées de ces deux artistes, et la part d’ombre du chanteur, expiant la culpabilité de la mort de son frère, l’hostilité de son père et le manque de soutien de son épouse en brûlant la vie par les deux bouts. La descente aux Enfers est violente, la chute est terrible. La rédemption n’en sera que plus belle, dans un retournement de situation comme l’aiment tant les américains.
La vie de Johnny Cash se prêtait merveilleusement à une adaptation cinématographique, mais encore fallait-il un acteur convaincant dans le rôle du «Man in Black», capable d’interpréter la tendance à l’autodestruction du chanteur écorché vif, sa fragilité et sa colère contenue. Le défi sera largement réussi par Joaquin Phoenix, qui confirme tout son talent déjà vu dans Gladiator ou confirmé plus tard dansThe Master. A ses côtés, l’étonnante Reese Witherspoon, bien loin de ses rôles précédents (Sexe Intentions, La Revanche d’une blonde) et qui obtiendra même l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de la compagne de Cash, June Carter.
Quelques passages très intenses (les confrontations entre Johnny Cash et son père, les scènes dans la prison) achèvent de faire de ce Walk the Line un excellent film, porté par un splendide duo d’acteurs. Une oeuvre qui donne immédiatement envie de se plonger dans les disques de l’artiste américain, et notamment dans le live At Folsom Prison.