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jeudi 17 mai 2018

Ready player one


Titre: Ready player one
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn
Date de sortie en France : 28 mars 2018
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l'OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l'œuf de Pâques numérique qu'il a pris soin de dissimuler dans l'OASIS. L'appât du gain provoque une compétition planétaire.

Avis : 
Adaptation du roman Player one d'Ernest Cline, Ready player one marque le retour de Steven Spielberg à la science-fiction. Un retour forcément opportun, à une époque où les productions des années 80 et 90 sont revenues à la mode, autant sur petit (Stranger things) que sur grand écran (Super 8), et un retour forcément attendu, le réalisateur de Rencontres du troisième type étant généralement considéré comme l'un des maître de l'aventure familiale en milieu fantastique.


Le film nous plonge donc en 2045. En l'espace d'une unique séquence, Spielberg nous dépeint un univers réel chaotique, dans un bidonville me rappelant la ville de Megaton dans le jeu Fallout 3, où l'intimité ne semble plus exister, où les habitations de fortune communiquent entre elles, et dont l'unique échappatoire semble être l'OASIS, univers virtuel gigantesque où l'unique limite semble être celle de l'imagination - et du porte-monnaie. Un monde forcément addictif, qui engloutit le temps et l'argent des joueurs, même si le film choisira sciemment d'éviter de creuser ces thèmes, se contentant de les citer rapidement. Comme souvent chez Spielberg, la prime sera au pur divertissement.

Et il faut avouer que de ce côté-là, le film se montre particulièrement généreux. La première séquence de course est un véritable régal, montrant des véhicules aussi variés que la DeLorean de Retour vers la futur, la moto de Akira ou la Plymouth Fury de Christine slalomer entre le T-Rex de Jurassic Park ou King Kong, et l'ultime affrontement sera l'occasion de convoquer des centaines de personnages issus de la pop-culture, de Chucky au Géant de fer en passant le Masterchief ou les Battletoads. Le catalogue de références semble infini, se nourrissant du cinéma, de la télévision, du jeu vidéo, du jeu de plateau, du manga, du comics, brassant des oeuvres allant de Citizen Kane à la saga Vendredi 13, dans des clins d'oeil plus ou moins appuyés (Retour vers le futur ou Shining), de la citation la plus évidente au détail le plus discret. Un vrai régal pour le geek, sans doute beaucoup moins pour le profane qui risquera par moments l'indigestion.

Car cet étalage de référence ne parviendra pas vraiment à camoufler un scénario extrêmement linéaire, aux enjeux et au déroulement trop classiques. Pas de surprise, nous sommes bien chez Spielberg, et la gentille morale à deux sous n'est jamais bien loin, tandis que toute tentative pour explorer un peu des sujets plus sombres est évacuée en deux répliques. Cela empêche clairement Ready player one de s'élever au-delà d'un "simple" divertissement de grande qualité, qui en met plein les yeux et les oreilles pendant plus de deux heures, mais ne l'empêche pas d'être un excellent défouloir, que l'on aura sans doute envie de revoir !

Note : 8/10


vendredi 25 décembre 2015

Le Pont des espions


Titre : Le Pont des espions (The Bridge of spies)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd
Date de sortie en France : 2 décembre 2015
Genre : thriller, espionnage

Synopsis : 
James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. 

Avis :
Après la lutte contre l'esclavage (Amistad, Lincoln), la Première (Cheval de guerre) et la Seconde Guerre Mondiale, tant en Europe (Le Soldat Ryan, La Liste de Schindler) qu'en Asie (Empire du soleil), les attentats de Munich et leurs conséquences (Munich), Steven Spielberg continue de s'inspirer de l'Histoire : cette fois, il s'intéresse à la Guerre Froide, et au rôle de l'avocat James Donovan dans la libération d'espions américain et russe.


Avec Le Pont des espions, Spielberg nous offre un film d'espionnage à l'ancienne, entièrement basé sur des dialogues, des négociations, loin de la surenchère des sagas Mission : impossible ou James Bond. Cela donne un film feutré, grâce à des dialogues d'une rare qualité, et une interprétation impeccable : Tom Hanks est - évidemment - parfait, tout comme Mark Rylance dans le rôle de l'espion soviétique.

Le film apporte également une réflexion pertinente, en montrant les pressions exercées sur l'avocat pour ne pas défendre de façon totalement équitable l'accusé soviétique, mais simplement d'en donner l'impression. Un pression que l'on perçoit chez ses collègues et supérieurs, mais aussi auprès du grand public qui le considérera comme un traître à la nation. Ce sera hélas l'une des rares aspérités du film, qui fait du personnage de James Donovan un homme extrêmement lisse, qui ne recule devant rien et résiste à tous les obstacles sans sourciller, et qui n'évite pas toujours les pièges du pro-américanisme un peu grotesque, comme lors des parallèles entre les traitements des deux prisonniers, ou l'image de l'escalade du mur.

Le Pont des espions est donc un excellent film d'espionnage à l'ancienne, avec une vraie tension et un impressionnant suspense lors des scènes de négociation. On regrettera néanmoins quelques maladresses - celles que l'on retrouve souvent lorsqu'Hollywood évoque la Guerre Froide - qui empêcheront le film d'être un Spielberg majeur.

Note : 7,5/10


jeudi 30 juillet 2015

Poltergeist


Titre : Poltergeist
Réalisateur : Tobe Hooper
Acteurs : Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Heather O'Rourke
Date de sortie en France : 20 octobre 1982
Genre : épouvante, horreur

Synopsis :
L'heureuse famille Freeling mène une vie tranquille et prospère dans la petite ville de Cuesta Verde. Cependant, leur maison devient le théâtre d'étranges phénomènes quand des objets commencent à se déplacer et que le sol se met à trembler. Une nuit, la petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue.

Avis :
Alors que son (inévitable) remake est s6rti sur nos écrans, voici l'occasion de se pencher de nouveau sur Poltergeist, de Tobe Hooper et Steven Spielberg. Si la paternité du film fait toujours débat actuellement (on reconnaît d'ailleurs parfaitement la patte de l'un ou de l'autre à certains moments du film), Poltergeist reste l'un des meilleurs classiques de l'horreur et de l'épouvante des années 80.


Bien sûr, l'ensemble a pris quelques rides, mais le film profite d'une progression scénaristique particulièrement soignée, alternant fantastique familial, avec des manifestations initiales plutôt innocentes et quelques jeux de lumières très "Rencontres du troisième type", et horreur plus frontale, avec arrachage de visage et apparitions monstrueuses plus proches de ce que peut nous offrir le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse.

Le tout se met au service du mystère, passionnant, autour de la disparition de Carol Anne. Si je regrette que l'idée de la télévision soit finalement très peu exploitée, et que la révélation finale soit un peu trop classique, la recherche de la jeune fille, les différentes prises de contact avec l'autre monde et enfin le sauvetage nous tiennent en haleine jusqu'au bout. Bien entendu, tout n'est pas parfait, entre une interprétation parfois très moyenne et quelques effets spéciaux ratés, mais Poltergeist fait partie de ces films dont on se souvient des répliques et des scènes phares des années plus tard.

Dans la longue liste des films des années 80 qui ne nécessitaient aucune relecture (ni aucune suite...), Poltergeist de Tobe Hooper et Steven Spielberg est l'une des oeuvres les plus marquantes du genre horrifique, une réussite qui a très bien vieilli malgré quelques éléments devenus cocasses avec le temps (la médium, notamment), et qu'on revoit toujours avec le même plaisir. On ne pourra clairement pas en dire autant de son remake...

Note : 8,5/10


dimanche 6 juillet 2014

Les Goonies


Titre : Les Goonies (The Goonies)
Réalisateur : Richard Donner
Acteurs : Sean Astin, Josh Brolin, Corey Feldman
Date de sortie en France : 4 décembre 1985
Genre : aventures, comédie

Synopsis : 
Mikey et Brand Walsh appartiennent au club des Goonies et leur bande est en plein effervescence : la découverte providentielle d'une carte au trésor va leur permettre d'éviter que des promoteurs immobiliers ne rachètent la maison des parents Walsh. Mais les embûches sont nombreuses et redoutables jusqu'au fameux trésor et les valeureux Goonies vont s'en apercevoir à leurs dépends...

Avis : 
Film culte des années 80, Les Goonies fait partie de ces oeuvres qui ont bercé ma jeunesse et que je peux revoir tous les ans avec le même plaisir, étant même finalement incapable de zapper lorsque je tombe par hasard dessus à la télévision. Réalisé par Richard Donner (Superman, L'Arme fatale), sur un scénario de Chris Columbus (Harry Potter à l'école des sorciers), d'après une histoire de Steven Spielberg, Les Goonies est l'archétype du divertissement familial de cette époque.


Mélange d'aventures, d'action, de comédie, avec des éléments rappelant les saga James Bond ou Indiana Jones, ainsi que les films de pirates, le film parle à tous les publics, et son groupe de jeunes héros, qui évoque le Club des Ratés du Ça de Stephen King, permet une identification et un attachement aisés. C'est avec en plus une énergie communicative que le film progresse, enchaînant les passages forts et reprenant les moments classiques des genres qu'il revisite.

Sans aucun temps mort, Les Goonies réserve ainsi son lot de passages et de répliques cultes (la confession de Choco / Chunk), permettant d'excuser quelques éléments moins réussis (j'avoue trouver le Cinoque particulièrement agaçant depuis que je suis gamin...). La musique de Dave Grusin, ainsi que les interprétations de l'ensemble du casting, enfants et adultes, parmi lesquels on retrouve les jeunes Josh Brolin et Sean Astin, contribuent également à la qualité d'une oeuvre qui n'a toujours pas pris une ride et pourra toujours plaire au jeune public contemporain.

Les Goonies est donc le sommet du divertissement familial spielbergien des années 80. Un vrai bonheur pendant presque 2 heures, qui donne envie de redevenir enfant et d'accompagner cette bande dans leurs folles aventures, d'éviter les pièges et de trouver le trésor des pirates !

Note : 9/10






lundi 23 décembre 2013

Le Monde perdu : Jurassic Park


Titre : Le Monde perdu : Jurassic Park (The Lost World : Jurassic Park)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Jeff Goldblum, Julianne Moore, Pete Postlethwaite
Date de sortie en France : 22 octobre 1997
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Quatre ans après le terrible fiasco de son Jurassic Park, le milliardaire John Hammond rappelle le Dr Ian Malcolm pour l'informer de son nouveau projet. Sur une île déserte, voisine du parc, vivent en liberté des centaines de dinosaures de toutes tailles et de toutes espèces. Ce sont des descendants des animaux clônes en laboratoire. D'abord réticent, Ian se décide à rejoindre le docteur quand il apprend que sa fiancée fait partie de l'expédition scientifique. Il ignore qu'une autre expédition qui n'a pas les mêmes buts est également en route. 

Avis : 
4 ans après le succès de Jurassic Park, et après avoir entre-temps réalisé La Liste de Schindler, Steven Spielberg revient donner vie à ses dinosaures avec Le Monde perdu, suite du premier volet et adaptation du roman éponyme de Michael Crichton. Cette fois, les professeurs Grant (Sam Neill) et Sattler (Laura Dern) sont absents, laissant Jeff Goldblum endosser le rôle principal dans la peau de Ian Malcolm, aux côtés de Julianne Moore (Hannibal, The Big Lebowski), de Pete Postlethwaite (Usual suspects, The Town) et de Vince Vaughn (Serial noceurs).


S'il faisait parfaitement patienter le spectateur avant de lui révéler ses créatures dans Jurassic Park, Spielberg va cette fois nous présenter une nouvelle espèce (le Procompsognathus) dès l'introduction, et va multiplier le nombre de dinosaures - et le nombre d'espèces - et peupler cette nouvelle île d'un véritable écosystème : Pachycéphalosaures, Parasaurolophus et autres Stégosaures rejoignent donc les Tyrannosaures et Vélociraptors stars du premier opus. Une surenchère que l'on va retrouve dans le nombre des victimes...et dans leur façon de mourir.

Car Spielberg va en fait nous livrer une immense série B totalement décomplexée, avec un humour très présent, autant dans les répliques de Ian Malcolm ou les éléments plus subtils (le Tyrannosaure passant la douane ou mettant en déroute un véhicule de la fourrière) que dans l'aspect cartoonesque de certains passages. A ce titre, le célèbre passage du Tyrannosaure dans San Diego, clin d'oeil évident à King Kong ou au Monde Perdu de Conan Doyle et son adaptation par Harry O. Hoyt, en est l'illustration parfaite, pourchassant des femmes hurlant de peur en gros plan et dévorant le scénariste David Koepp dans un cri de douleur improbable.

Doté d'effets spéciaux toujours aussi parfaits, Le Monde perdu est donc une aventure de science-fiction très réussie, où Spielberg, bien conscient des attentes du public, joue la carte de la surenchère et de l'humour, quitte à en faire un peu trop et à s'éloigner de l'ambiance horrifique du roman éponyme de Michael Crichton. Sans doute le meilleur film de dinosaures après Jurassic Park !

Note : 8,5/10


samedi 11 mai 2013

Jurassic Park


Titre : Jurassic Park
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum
Date de sortie en France : 20 octobre 1993 ; 1er mai 2013 (version 3D)
Genre : aventures, fantastique, dinosaure

Synopsis : 
John Hammond, le PDG de la puissante compagnie InGen, parvient à donner vie à des dinosaures grâce au clonage et décide de les utiliser dans le cadre d’un parc d'attractions qu’il compte ouvrir sur une île. Avant l'ouverture, il fait visiter le parc à un groupe d'experts pour obtenir leur aval. Pendant la visite, une tempête éclate et un informaticien corrompu par une entreprise rivale en profite pour couper les systèmes de sécurité afin de voler des embryons de dinosaures. En l'absence de tout système de sécurité pendant plusieurs heures les sauriens sont alors livrés à eux-mêmes. 

Avis : 
 Il est parfois compliqué de parler d'un film de façon objective, surtout quand il s'agit du premier film que l'on a vu au cinéma, et qu'il fait depuis partie de vos films préférés. C'est le cas pour Jurassic Park, que j'avais vu au moment où, jeune garçon, j'étais fasciné par les dinosaures, poussant cette passion jusqu'à lire tout ce que je pouvais, notamment la revue Dinosaures - sur les traces des géants de la Préhistoire et diverses encyclopédies. Aussi, même si je revois le film régulièrement avec un plaisir intact, l'occasion de le revoir sur grand écran était trop belle.


Premier constat : la 3D ne sert strictement à rien. A l'exception de quelques effets de profondeur et de quelques personnages qui semblent étrangement sortis de l'arrière-plan, on ne remarque absolument pas la différence. Second constat : la magie opère toujours. Prenant le soin de présenter ses personnages et l'arrière-plan scientifique (certes bien moins développé que dans le roman de Michael Crichton), Spielberg nous fait patienter avant les festivités grâce à des apparitions régulières de dinosaures. La première rencontre avec le Brachiosaure puis avec le Tricératops restent ainsi des moments fabuleux, avant que les prédateurs n'entrent enfin en scène.

L'attaque du T-Rex est un passage d'une formidable intensité, et vaut presque à elle seule de se déplacer pour revoir le film au cinéma, afin de profiter de tout son impact visuel et sonore. Spielberg démontre une nouvelle fois son sens du spectaculaire, et on s'étonnera encore de la qualité des effets spéciaux, mélange d'animatroniques et images de synthèse, qui n'ont pris aucune ride en vingt ans et s'avèrent encore bien plus réussis que dans beaucoup de blockbusters récents. Les Vélociraptor, méconnus du grand public avant le film, assurent le spectacle pour la seconde partie, quand l'action passe des grands espaces de l'île aux couloirs étroits des bâtiments du parc.

Et si les dinosaures restent les stars de Jurassic Park, on notera quand même la qualité du casting, réunissant entre autres Sam Neill (Possession, La Leçon de piano), Jeff Goldblum (La Mouche, Independence Day), Laura Dern (Inland Empire, Sailor et Lula, The Master), Samuel L. Jackson (Pulp Fiction, Une journée en Enfer, Django unchained) ou encore Richard Attenborough (réalisateur de Chaplin et de Gandhi).

On pourra évidemment reprocher au film son scénario très linéaire ou s'agacer de la présence des deux enfants qui déclenchent catastrophe après catastrophe, mais le film alterne parfaitement les moments magiques et les scènes d'action d'anthologie, offrant un spectacle spectaculaire et familial comme Spielberg sait si bien le faire.

Note : 10/10


samedi 20 avril 2013

Duel


Titre : Duel
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Dennis Weaver
Date de sortie en France : 21 mars 1973
Genre : thriller

Synopsis : 
Sur une route californienne, un modeste employé de commerce se voit pris en chasse par un énorme camion. Une course-poursuite effrénée s'engage... 

Avis : 
En 1971, le jeune Steven Spielberg est encore un inconnu aux yeux du grand public. Ayant principalement oeuvré sur des séries, comme Columbo ou Night Gallery, il va connaître son premier grand succès avec un téléfilm diffusé dans le cadre des movie of the week end pour la chaîne de télévision ABC : Duel. Il adapte pour l'occasion une nouvelle de Richard Matheson, auteur notamment de Je suis une légende ou de L'Homme qui rétrécit, qui signera le scénario du téléfilm, et d'un budget de 375.000 dollars pour treize jours de tournage.

Dans un paysage désertique rappelant par moments l'atmosphère de certains westerns, Spielberg met en images une course-poursuite intense dans laquelle un camion-citerne Peterbilt 281 poursuit sans motif apparent David Mann (Dennis Weaver, repéré par le réalisateur dans La Soif du Mal d'Orson Welles) au volant de sa Plymouth Valiant. Rapidement, cette poursuite prend toutes les apparences d'une chasse entre le prédateur, ce camion imposant et rouillé, à l'aspect repoussant, et la proie blessée, cette voiture défectueuse avec laquelle il semble jouer. Une impression qui ancre le téléfilm dans le fantastique le plus pur, l'immense camion devenant un personnage à part entière.


Si l'on n'aperçoit que très rarement son conducteur (dont on ne verra que le bras ou les pieds), c'est surtout par son apparence et son comportement que le véhicule rappelle une créature malfaisante : recouvert de rouille, cabossé, il semble porter les stigmates (et les trophées, consistant en une collection de plaques d'immatriculation exhibées comme autant de scalps de ses victimes) d'affrontement passés, observe sa proie, fait semblant de la laisser échapper pour mieux la retrouver ensuite...Mieux encore : blessé, le monstre semblera même saigner et rugir. C'est un véritable Léviathan mécanique qui poursuit David Mann, cet homme ordinaire, marié et père de famille qui devra faire preuve de toute son ingéniosité et son courage pour lui échapper, dans une oeuvre qui évoque déjà le futur Les Dents de la mer.

Face au succès du téléfilm, Universal décidera de sortir le film à l'étranger, où le film bénéficiera parfois, comme en France où il remportera le Grand Prix du festival du film fantastique d'Avoriaz en 1973, d'une sortie en salles dans une version allongée de 16 minutes, Spielberg tournant des scènes supplémentaires afin de parvenir à un film d'1h30. 

Transcendant un sujet plutôt maigre, le réalisateur offre donc avec ce Duel une de ses oeuvres les plus remarquables, sans aucun temps mort et au suspense omniprésent, avec laquelle, avant même d'inspirer la peur des requins, il a poussé de nombreux automobilistes à frissonner en voyant un camion-citerne apparaître dans leur rétroviseur.

Note : 8/10




lundi 18 mars 2013

Lincoln

 

Titre : Lincoln
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Daniel Day-Lewis, Sally Field, Tommy Lee Jones, Joseph Gordon-Levitt
Date de sortie en France : 30 janvier 2013
Genre :  biopic, drame

Synopsis : 
Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Avis : 
Après trois films à grand spectacle et destinés à un large public (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne et Cheval de guerre), Steven Spielberg revient à une oeuvre inspirée de faits historiques. S'il a déjà réalisé plusieurs films ayant pour cadre la Seconde Guerre Mondiale (Il faut sauver le soldat Ryan, pour n'en citer qu'un), il s'intéresse cette fois à la Guerre de Sécession par le biais du seizième président des Etats-Unis : Abraham Lincoln. L'occasion surtout d'évoquer la lutte pour faire adopter le treizième amendement à la Constitution abolissant l'esclavage.

Spielberg choisit pour l'occasion une approche intimiste en s'intéressant à Lincoln lui-même, l'homme politique bien sûr, à la ténacité sans faille, mais aussi le mari et le père d'une famille marquée par la guerre. N'attendez donc pas de grandes scènes de bataille, on ne verra les champs de bataille que quelques secondes au début et à la fin du film. Tout se joue en coulisses, au moyen de longs débats souvent stériles à la Chambre des Représentants, de longues discussions entre Lincoln et son Cabinet, et de pressions pour convaincre les opposants à se prononcer en faveur de l'amendement afin d'obtenir le nombre de voix suffisant.

L'une des images récurrentes du film : la silhouette et / ou l'ombre de Lincoln, envahissant ou s'éloignant du cadre selon les besoins d'un symbolisme un peu primaire...

Si ce parti pris nous plonge effectivement au plus près du personnage, nous fait découvrir un homme friand d'anecdotes et d'expressions parfois obscures, et si cette approche nous permet d'apprécier à sa juste valeur l'énorme prestation de Daniel Day-Lewis, elle aura la fâcheuse conséquence d'alourdir profondément le rythme du récit, surtout si le spectateur maîtrise mal les deux grands axes historiques, d'autant que ceux-ci restent largement survolés - et parfois instrumentalisés pour les besoins du scénario. Cette lenteur, certainement voulue par Spielberg pour retranscrire l'avancée pénible des débats et la tension autour du vote et de la fin de la guerre, finit par nous perdre un peu jusqu'au vote final qui, alors que nous en connaissons le résultat, réussit à nous maintenir en haleine.

D'une durée de 2h30, ce Lincoln lasse à certains moments, l'accumulation de dialogues autour d'enjeux pas toujours évidents (mais toujours soutenus par l'envahissante et pompeuse musique de John Williams, qui s'autoparodie) prenant parfois le pas sur le portrait de ce personnage qui, s'il revêt une importance de premier ordre dans l'Histoire des Etats-Unis, peine à convaincre en tant que personnage de cinéma, malgré un interprète en état de grâce. Un grand film paraît-il, mais qui ne m'a guère passionné malgré un sujet très fort...

Note : 6,5/10

samedi 12 janvier 2013

Jurassic Park 4 prévu pour 2014 !



Depuis la sortie de Jurassic Park 3 en 2001, on ne compte plus les rumeurs selon lesquels un quatrième volet devait voir le jour. Pourtant, cette fois, ça semble sérieux : Jurassic Park 4 devrait, selon Universal, sortir au cinéma le 13 juin 2014 (un mois avant Le Hobbit : histoire d'un aller et retour, ça nous promet déjà un bel été !).

Selon les premières informations, le film serait produit par Steven Spielberg, selon un scénario de Rick Jaffa et Amanda Silver (à qui l'on doit déjà ceux de La Planète des singes : les origines et de sa future suite). Le réalisateur est encore inconnu, de même que les acteurs (certaines rumeurs évoquent déjà le retour de Laura Dern...).

Pour rappel, le premier volet de la saga ressort en 3D le 24 avril au cinéma.