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vendredi 4 mars 2016

The Revenant


Titre :‭ ‬The Revenant
Réalisateur :‭ ‬Alejandro Gonzalez Iñarritu
Acteurs :‭ ‬Leonardo DiCaprio,‭ ‬Tom Hardy,‭ ‬Domhnall Gleeson
Date de sortie en France :‭ ‬26‭ ‬février‭ ‬2016
Genre :‭ ‬western,‭ ‬aventures

Synopsis :‭ 
Dans une Amérique profondément sauvage,‭ ‬le trappeur Hugh Glass est sévèrement blessé et laissé pour mort par un traître de son équipe,‭ ‬John Fitzgerald.‭ ‬Avec sa seule volonté pour unique arme,‭ ‬Glass doit affronter un environnement hostile,‭ ‬un hiver brutal et des tribus guerrières,‭ ‬dans une inexorable lutte pour sa survie,‭ ‬portée par un intense désir de vengeance.‭

Avis :
Le voilà donc, le film de la consécration pour Leonardo DiCaprio : après 3 nominations à l'Oscar du meilleur acteur, pour Aviator, Blood diamond et Le Loup de Wall Street (en plus de la nomination pour le meilleur rôle secondaire pour Gilbert Grape), l'acteur a enfin obtenu la statuette tant convoitée. Une récompense qui vient s'ajouter à l'Oscar du meilleur réalisateur obtenu, pour la seconde année consécutive (après Birdman), par Alejandro Gonzalez Iñarritu.


The Revenant s'inspire de l'histoire vraie de Hugh Glass, laissé pour mort après l'attaque d'un grizzly et qui parcourra 300 kilomètres en six semaines pour rejoindre la civilisation. Iñarritu va nous emmener dans l'Amérique sauvage du début du dix-neuvième siècle, dans le froid de l'hiver, dans des terres où le danger peut autant venir de la nature que de l'homme. A partir d'une histoire assez simple de vengeance et de survie, le réalisateur de Babel va nous offrir une épopée incroyablement intense.

D'une brutalité inouïe et d'un réalisme cru, The Revenant nous propose des scènes hallucinantes, comme l'attaque de l'ourse ou l'affrontement final, mais aussi un visuel magnifique, avec des paysages à couper le souffle. On est tout simplement transporté dans l'univers imaginé par Iñarritu, qui refuse toute concession, quitte à faire très mal, ou à se permettre quelques séquences oniriques superbes mais un peu gratuites. On relèvera aussi, évidemment, la qualité de l'interprétation : au-delà de l'immense performance de DiCaprio, on sera peut-être encore plus impressionné par Tom Hardy (Mad Max : fury road) particulièrement détestable.

On pardonnera facilement aux petites ficelles scénaristiques (Powaqa) : The Revenant est tout simplement une véritable expérience, d'une folle intensité, dont on ressort complètement lessivés. Une oeuvre à part, qui fera certainement date dans le cinéma, et dont l'audace a été justement récompensée par de multiples récompenses.

Note : 9.5/10


dimanche 17 janvier 2016

Invincible


Titre : Invincible (Unbroken)
Réalisateur : Angelina Jolie Pitt
Acteurs : Jack O'Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund
Date de sortie en France : 7 janvier 2015
Genre : guerre, biopic

Synopsis :
L'incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l'avion s'est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l'équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d'entre eux survécurent 47 jours durant, avant d'être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

Avis :
Avec son deuxième film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie choisit d'adapter le destin de Louis Zamperini, athlète et soldat américain fait prisonnier par les japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un destin formidable auquel le film ne rendra jamais vraiment service.


 Pas aidé par un Jack O'Connell ('71, Les Poings contre les murs) dont il s'agit de la plus mauvaise interprétation à ce jour, Invincible est finalement trop lisse, et ne décollera jamais. Angelina Jolie se contente d'exprimer son admiration pour un personnage qui n'abandonne jamais, même pris pour cible par son terrible tortionnaire. Le film réussit même un tour de force : on ne croit absolument pas à ce qu'il s'y passe, alors qu'il décrit assez fidèlement ce qu'ont vécu les personnages dans les camps japonais.

Il faut dire aussi qu'il n'y a aucun véritable temps fort : les personnages secondaires meurent sans qu'on s'en aperçoive, le héros subit sans jamais donner l'impression de véritablement souffrir, et Miyavi rassemble tous les clichés d'interprétation possibles pour incarner le terrible Mutsuhiro Watanabe. Entre l'interprétation sans relief et une réalisation quelconque, toutes les scènes et tous les personnages restent sur un même plan, refusant toute sympathie ou antipathie, privant le spectateur de toute émotion.

Bref, Invincible est du cinéma hollywoodien prémâché et consensuel, pour lequel Angelina Jolie ne prend aucun risque : en adaptant une histoire formidable, elle pensait peut-être que cela suffirait à faire un film formidable. Dommage...


Note : 3,5/10


vendredi 1 janvier 2016

Ex machina


Titre : Ex machina
Réalisateur : Alex Garland
Acteurs : Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac
Date de sortie en France : 3 juin 2015
Genre : science-fiction

Synopsis : 
À 26 ans, Caleb est un des plus brillants codeurs que compte BlueBook, plus important moteur de recherche Internet au monde. À ce titre, il remporte un séjour d’une semaine dans la résidence du grand patron à la montagne. Mais quand Caleb arrive dans la demeure isolée, il découvre qu’il va devoir participer à une expérience troublante  : interagir avec le représentant d’une nouvelle intelligence artificielle apparaissant sous les traits d’une très jolie femme robot prénommée Ava.

Avis : 
Scénariste pour Danny Boyle (28 jours plus tard, Sunshine), pour Dredd mais aussi pour le jeu vidéo (Enslaved : odyssey to the West, Devil May Cry), Alex Garland signe son premier film en tant que réalisateur avec Ex machina. Le point de départ de ce film de science-fiction est classique, et repose sur l'éternelle question de l'intelligence artificielle d'un robot.


Au sein de l'unique décor, assez oppressant, d'une demeure high-tech totalement hermétique au monde extérieur, Caleb doit déterminer si Ava dispose d'une véritable intelligence : peut-elle vraiment réfléchir par elle-même, développer ses propres réponses... faire preuve d'humour, de libre arbitre, de sensibilité artistique, peut-elle tomber amoureuse ? Autant de questions qui seront au centre de dialogues remarquablement écrits, avec une progression très réussie de ce que le personnage principal, ainsi que le spectateur, peuvent ressentir pour Ava.

On restera en revanche un peu sur notre faim en ce qui concerne Nathan (Oscar Isaac, vu dans Star Wars épisode VII ou dans Inside Llewyn Davis, est impressionnant), dont le caractère est malheureusement effleuré : manipulateur et génial, il semble constamment flirter avec la folie et entretient la paranoïa de son invité. Ex machina s'amuse d'ailleurs à balayer les grands thèmes de la science-fiction robotique, en jouant sur l'identité des différents protagonistes, mais aussi en s'écartant des enjeux scénaristiques trop évidents.

Ex machina restera donc comme une des bonnes surprises de 2015, un "petit" film de SF très réussi, qui remet au goût du jour le thème classique de l'intelligence artificielle et refuse les facilités scénaristiques. J'ai déjà hâte de découvrir les prochains travaux d'Alex Garland !

Note : 8/10




vendredi 18 décembre 2015

Star Wars : épisode VII - le Réveil de la Force


Titre : Star Wars : épisode VII - le Réveil de la Force (Star Wars : episode VII - the Force awakens)
Réalisateur : J.J. Abrams
Acteurs : Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac
Date de sortie en France : 16 décembre 2015
Genre : aventures, science-fiction

Synopsis : 
Plus de trente ans après la Bataille_d'Endor, la galaxie n'en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. Les membres de la Résistance menés par la générale Leia Organa combattent les nouveaux ennemis de la république, dirigés par le leader suprême Snoke. À ses côtés, le jeune Kylo Ren dirige les troupes du Premier Ordre. Dépassés, les résistants ont besoin de Luke Skywalker, le dernier Jedi. Mais celui-ci se cache depuis bien longtemps. La résistance envoie son meilleur pilote, Poe_Dameron sur Jakku pour récupérer une carte qui les mènera à Luke.

Avis : 
30 ans après Le Retour du Jedi, 10 ans après LaRevanche des Siths, voilà la troisième trilogie Star Wars ! Depuis, LucasFilm a été rachetée par The Walt Disney Company, et si Le Réveil de la Force est le premier volet de cette nouvelle saga, l'univers Star Wars sera également enrichi dans les années à venir par d'autres œuvres venant se greffer autour de la future ennéalogie : Gareth Edwards (Monsters, Godzilla(2015)) prépare son Rogue One pour 2016, et on parle de films centrés sur Han Solo, puis sur Boba Fett les années suivantes. Bref, on n'a pas fini de bouffer du Star Wars au cinéma, en espérant que cela ne devienne pas aussi rapidement indigeste que la saga Avengers.


 Il fallait pour cela repartir sur de bonnes bases : après la « prélogie » tant décriée par de nombreux fans, Le Réveil de la force était attendu au tournant, même si le nom de J.J. Abrams à la réalisation et au scénario était plutôt rassurant, notamment lorsque l'on voit son travail sur le reboot de Star Trek.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu' Abrams a beaucoup de respect pour la trilogie originale (plus que George Lucas, diront les mauvaises langues). Le problème, qui sera le principal défaut du film, est que ce respect le conduit régulièrement à être beaucoup trop sage, et à se contenter de reprendre les grandes lignes de l'épisode IV. Jugez plutôt : sur une planète désertique, une jeune femme va découvrir un droïde recherché par le Côté Obscur pour les plans qu'il contient. Cette jeune femme va être entraînée dans des aventures extraordinaires, découvrir la Force, rencontrer Han Solo et participer à la destruction d'une nouvelle Etoile de la Mort.


 Une forte impression de déjà-vu donc, d'autant que d'autres éléments sont directement tirés des autres épisodes (et pas seulement parce qu'on explore une planète de glace et une planète forestière). On ne fera cependant pas la fine bouche : certains clins d'oeil sont très bien amenés et réjouissants, et on appréciera vraiment d'entendre à nouveau certaines répliques et certains thèmes bien connus, ou de revoir certains personnages ou appareils. Il faut quand même reconnaître que certains passages perdent clairement de leur impact à cause de ce sentiment.

En revanche, visuellement, c'est un plaisir monstrueux ! Les décors sont fabuleux (la planète Jakku et ses épaves, par exemple), les scènes de batailles aériennes et de poursuites sont à couper le souffle, et on observe surtout le retour à une action plus brute, plus tangible que dans la prélogie, avec un recours moins systématique aux effets numériques, et des affrontements plus réalistes : ne plus voir de bonds de 10 mètres de haut dans un duel au sabre, ça change quand même pas mal de choses !


 Une vraie réussite à ce niveau là, mais aussi au niveau des nouveaux personnages : Rey, Finn, et même le droïde destiné à un public plus jeune, BB-8, sont attachants (bien plus que les insupportables Jar-Jar et Ewoks), et on a envie de savoir ce qu'il va leur arriver dans les épisodes suivants ! Seul vrai bémol : Kylo Ren, aussi charismatique et impressionnant avec son masque que fade à visage découvert. Si l'on sent que le personnage sera amené à évoluer dans le prochain volet, on peut regretter de le voir rapidement cantonné à un rôle de tocard pas spécialement dangereux, alors qu'il semble avoir une grande maîtrise de la Force...

Avec beaucoup de respect et un soin tout particulier apporté au visuel de son film, J.J. Abrams nous livre un premier épisode réussi, qui donne envie de découvrir le reste de la trilogie. Toutefois, en restant trop sage et en singeant de façon trop évidente ses aînés, le film ne parvient pas à nous faire ressentir des émotions. Cela suffit néanmoins à en faire l'un des meilleurs épisodes de la saga, et surtout le meilleur premier volet des trois trilogies, et de loin !


Note : 8/10



samedi 5 janvier 2013

Dredd





Titre : Dredd
Réalisateur : Pete Travis
Acteurs : Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey
Date de sortie en France : 11 février 2013 (DVD)
Genre : action, science-fiction

Synopsis :
Dans un avenir proche, les Etats-Unis ne sont plus qu’un immense désert irradié. Mega City One est une métropole tentaculaire rongée par le vice. La seule forme d’autorité restante est représentée par les juges, une police urbaine qui cumule toutes les fonctions : flic, juge et bourreau. Une nouvelle drogue se propage, la Slo-Mo, qui permet de percevoir la réalité au ralenti. Sa distribution est contrôlée par Ma-Ma, ancienne prostituée, devenue baronne de la drogue. Dredd, le juge ultime, va se voir assigner une mission dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y confronter. 

Avis : 
Soyons honnête, après la version mettant en scène Sylvester Stallone, on n'attendait pas grand chose de cette nouvelle adaptation du comic de John Wagner, et les premières minutes ne rassurent vraiment pas. Pourtant, très vite, le film va se concentrer sur un point unique : l'action. 

Sans aucune interruption, ça va mitrailler dans tous les sens tandis que Dredd et la recrue Anderson tentent de rejoindre le dernier étage d'un immeuble, à la façon d'un Piège de cristal ou du récent The Raid. Complètement décomplexé, le film va nous offrir de nombreux passages jubilatoires, où la monoexpressivité de Dredd (Karl Urban n'a pas le charisme de Stallone - ce qui était bien l'unique qualité de Judge Dredd - mais constitue une alternative plus que convaincante), ses répliques lapidaires et ses poses iconiques vont ponctuer des scènes violentes, parfois très gores, les corps explosant et étant démembrés par la folie meurtrière des adversaires. Et si le personnage incarné par Olivia Thirlby (Juno) semble d'abord uniquement destiné à apporter un peu de douceur, ça ne durera pas bien longtemps.

Dredd, c'est du spectacle bourrin et sans cervelle totalement assumé, qui se regarde avec un vrai plaisir grâce à son rythme effréné et sa violence jubilatoire. On voudrait presque une suite dans le même univers ! 

Note :  7/10


mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 2)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 13 juillet 2011
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
La quête de Harry Potter touche à sa fin. Le château de Poudlard s’apprête à accueillir le dernier affrontement entre sorciers. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui pourrait être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort. C’est ici que tout prend fin.

Avis :
Cette fois, nous y sommes. Après 10 ans de bons et loyaux services sur grand écran, Harry Potter tire sa révérence avec un huitième et dernier film devant enfin nous montrer le dernier face à face entre Lord Voldemort et le jeune sorcier à la cicatrice en forme d’éclair. Profitant d’un Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 fort réussi et d’une bande-annonce alléchante, cette seconde partie devait clore ces aventures de belle façon. Pourtant, mon principal sentiment en sortant de la salle, en plus de maudire les vacances scolaires, était celui d’une déception diffuse. Pas que le film soit mauvais, loin de là, mais il m’était difficile de ne pas attendre mieux de cette conclusion...

Le film reprend donc à la fin de la première partie : Lord Voldemort s’est emparé de la baguette de sureau, l’une des trois reliques de la mort qui doit le rendre encore plus puissant ; Harry Potter et ses amis viennent quant à eux d’enterrer l’elfe Dobby après s’être échappés du manoir des Malefoy, et doivent reprendre leur recherche des horcruxes. Ceux qui ont lu le roman le savent, il ne reste dès lors que deux événements centraux avant la fin de l’aventure, dont la bataille de Poudlard destinée à occuper une place importante dans le film...Une place si importante qu’on a l’impression que le réalisateur est pressé d’y arriver, ce qui rend toute la première partie plutôt laborieuse, manquant souvent de fluidité, peut-être à cause d’ellipses plus visibles que dans le film précédent.


Heureusement, cette première partie est marquée par la visite de la banque Gringotts, l’occasion de profiter d’une scène d’action très spectaculaire et bénéficiant d’impressionnants effets spéciaux. L’apéritif parfait pour le plat principal qui nous attend bientôt avec le retour à Poudlard, dont la bataille tant attendue, si elle débute assez tôt dans le film, ne sera pas si présente que ce que la bande-annonce semblait indiquer. Néanmoins, elle sera le cadre de passages épiques (la formidable préparation des défenses de l’école), rappelant à quelques occasions la démesure du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. Un côté épique qu’aurait encore pu renforcer la 3D, mais il n’en sera malheureusement rien : alors que le procédé aurait pu donner un résultat impressionnant, il ne sert ici strictement à rien (et pourtant, je suis plutôt bon public en ce qui concerne le relief), sinon à vous délester de quelques euros supplémentaires.

Autour de cette bataille spectaculaire, David Yates nous offre de nombreux passages émouvants, notamment avec le destin de certains personnages ou les révélations d’autres protagonistes (le passage de la Pensine reste un moment très fort). On notera également de nombreuses touches humoristiques, principalement grâce à Ron Weasley, mais aussi grâce à Minerva McGonagall. Mais surtout, ce dernier film est, comme l’était le livre, l’occasion de se remémorer l’ensemble de la saga grâce à quelques clins d’oeil : on rencontre ainsi quelques lutins des Cornouailles, on aperçoit brièvement le terrain de Quidditch, on retrouve plusieurs lieux familiers (Poudlard évidemment, Gringotts, la Chambre des secrets...) et quelques anciens visages.

Bref, on a parfois l’impression d’être entre deux feux : beaucoup de passages réussis, mais quelques déception, notamment lors d’une dernière partie qui, à trop vouloir nous offrir un ultime affrontement spectaculaire, ne réussit qu’à se prendre les pieds dans le tapis et vire même au ridicule. De quoi laisser un dernier goût amer en guise de conclusion, ce qui est franchement regrettable, d’autant qu’entre les scènes d’action épiques, l’émotion, l’humour, Harry Potter et les reliques de la mort partie 2, s’il reste un bon film, avait largement les arguments pour offrir au sorcier une sortie bien plus réussie.

Note : 6,5/10

mardi 30 novembre 2010

Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 1)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 24 novembre 2010
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
Harry, Ron et Hermione se sont lancés dans une périlleuse mission : retrouver et détruire les Horcruxes, le secret de l'immortalité du Seigneur des Ténèbres. Ayant laissé derrière eux Poudlard, l'Ordre du Phénix et leurs familles, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour accomplir leur quête. Pendant ce temps, la guerre a commencé et les Mangemorts prennent le contrôle du ministère de la Magie, puis de Poudlard. Tout opposant est pourchassé et arrêté, et la chasse aux Moldus est devenue monnaie courante. Pourtant, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'est toujours pas satisfait : l'Elu Harry Potter, la proie la plus dangereuse, est toujours hors de portée. Le seul espoir est alors qu'Harry et ses amis retrouvent les Horcruxes avant que le sorcier qui s'est lui-même attribué le titre de Lord ne s'attribue un pouvoir légendaire grâce à des objets légendaires, évoqués dans de vieux contes quasiment oubliés : les Reliques de la Mort. L'ultime bataille du monde des sorciers approche.

Avis :
Harry Potter...Voilà un nom qui provoque souvent bon nombre de réactions, de l'hystérie la plus totale au rejet le plus définitif, en passant par le désintérêt poli et la curiosité amusée. Un succès d'abord littéraire, initié en 1999 par Harry Potter à l'école des sorciers, premier livre d'une heptalogie devenue un véritable phénomène de société ; un succès ensuite cinématographique, une telle réussite ne pouvant être ignorée du monde du cinéma, qui s'empara donc logiquement du personnage dès 2001 pour ensuite adapter chaque épisode de la saga, avec à chaque fois un formidable engouement populaire, mais pas toujours critique, la faute bien souvent à une retranscription brouillonne, elliptique ou tout simplement trop enfantine, là où J.K. Rowling enfonçait son oeuvre dans une noirceur progressive. Une noirceur qui imprégnait les pages de "Harry Potter et les reliques de la Mort", l'ultime roman de la série (et qui devrait le rester selon l'auteure) enfin adapté au cinéma. Voilà maintenant dix ans que le sorcier à lunettes déambule sur nos écrans, et ses aventures touchent à leur fin.

Mais la fin, ça ne sera pas pour tout de suite. En effet, afin de donner à Harry Potter la sortie qu'il mérite, les producteurs ont décidé de rester un maximum fidèles au roman de Rowling...et se sont rapidement aperçus que la richesse et la densité de ce dernier, qui n'est pourtant pas le plus long de la saga, nécessitait une durée bien trop importante pour être limitée à un seul film. Si l'idée fut même rapidement évoquée de diviser le tout en trois, c'est finalement en deux parties qu'Harry Potter et les reliques de la Mort débarquera sur nos écrans : d'abord en novembre 2010 pour la première, qui nous intéresse ici ; puis en juillet 2011 pour la seconde. On notera d'ailleurs qu'il avait déjà été suggéré de scinder Harry Potter et la Coupe de Feu en deux, avant que l'idée ne soit abandonnée. Si cette scission pose évidemment la question de la volonté de profiter une dernière fois des Gallions durement gagnés des spectateurs Moldus, on ne peut néanmoins qu'apprécier la volonté de ne pas nous offrir une adaptation qui n'aurait été que l'ombre du roman, comme le fut Harry Potter et l'Ordre du Phénix par exemple, qui n'avait plus grand chose à voir avec l'oeuvre de Rowling (mais n'était pas pour autant désagréable).

Evidemment, un projet tel que la réalisation d'un double film en un va prendre énormément de temps : le tournage débute le 19 février 2009, pour s'achever le 12 juin 2010. Et évidemment, il faut également jongler avec les divers emplois du temps : Ralph Fiennes (Lord Voldemort), occupé par d'autres tournages, n'était pas toujours disponible, et il fallait également gérer l'entrée d'Emma Watson (Hermione Granger) à l'université, la jeune femme désirant poursuivre ses études. Il a également fallu tenir compte d'imprévus, comme la condamnation de Jamie Waylett (Vincent Crabbe) pour possession de drogue, nécessitant quelques arrangements scénaristiques, ou de façon plus cocasse la spectaculaire perte de poids de Harry Melling (Dudley Dursley), obligeant les maquilleurs à concevoir une combinaison pour donner l'apparence rondouillarde du personnage ! Enfin, il fallait trouver un réalisateur pour le film. Si Alfonso Cuaròn, déjà réalisateur de Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban a manifesté sa volonté de diriger le dernier volet, ainsi que Guillermo del Toro (déjà approché à l'époque du troisième volet) malheureusement retenu par la pré-production de The Hobbit, c'est finalement David Yates, réalisateur des deux épisodes précédents qui revient derrière la caméra, ayant l'avantage de bien connaître l'univers et l'équipe du film. Dernier point, alors que les deux moitiés du film devaient être diffusées en 3D mais, faute de temps, seul le second le sera. Apparemment, la Warner Bros. n'a pas voulu se retrouver une nouvelle fois face à la colère du public, qui avait vu d'un très mauvais oeil le report, pour raisons commerciales, du précédent volet Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé. On parle toutefois déjà d'une édition Blu-Ray permettant de visualiser la première partie en 3D.

Le sixième film se terminait de façon dramatique par la mort brutale de Dumbledore, tué par Severus Rogue. Avec sa mort, c'est le dernier rempart contre "Vous-savez-qui" et ses Mangemorts qui s'est effondré, faisant entrer le mode des sorciers dans les ténèbres. Un seul espoir, très maigre, subsiste : le Seigneur des Ténèbres a divisé son âme en plusieurs partie, l'abritant dans des objets maléfiques, les Horcruxes, afin de s'approcher de l'immortalité. Si l'on détruit ces fragments d'âme, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom sera enfin vulnérable. Cette quête est justement celle qui a été confiée à Harry Potter par Dumbledore avant son décès, ce dernier ne laissant que peu d'indices au jeune homme, qui sera aidé par ses camarades de toujours, Hermione Granger et Ron Wesley.
Une mission d'autant plus difficile que leur monde n'est plus sûr pour eux, Harry étant devenu "l'indésirable numéro 1" suite à la chute du Ministère, qui fait la chasse aux "nés-moldus", ces sorciers issus de familles de non-sorciers (et autrement qualifiés, de façon discriminatoire, de "sang de bourbe") dont fait partie Hermione ; quant à Ron, les Weasley ont toujours marqué une certaine affection pour les moldus et ont toujours soutenu Dumbledore, devenant ainsi des cibles pour les Mangemorts. C'est donc en fuite, disposant de très peu d'indices quant à leur mission que nous suivrons le trio dans la première partie de Harry Potter et les Reliques de la Mort.


Le roman de Rowling étant particulièrement sombre, l'une des attentes principales, en plus de l'éternel débat autour de la fidélité à l'oeuvre originale, était de retrouver cette atmosphère. Et dès les premières minutes, chargées en émotion, on sent que cet Harry Potter ne sera pas comme les autres. Une introduction qui donnera d'ailleurs déjà du grain à moudre à ceux souhaitant une fidélité totale au livre, puisqu'on y voit Hermione Granger utiliser le sortilège d'amnésie sur ses parents, un passage uniquement évoqué par J.K. Rowling mais dont l'impact est particulièrement fort, faisant de ce changement un choix vraiment judicieux, étoffant le personnage interprété par Emma Watson. Ce qui sera justement un aspect très plaisant du film : la plupart des modifications apportées à l'histoire originale, qui resteront assez discrètes, s'avèrent plutôt bien pensées et pertinentes. Ainsi, la scène de la fuite de(s) Potter de Privet Drive sera l'occasion d'une spectaculaire course-poursuite dans un environnement bien plus urbain que dans le livre. La principale exception à cette pertinence viendra d'un passage de danse assez incongru. Globalement, le transfert entre le roman et le film est effectué de façon très fidèle, la différence principale tenant au fait que le film enchaîne les événements de façon plus rapide, parfois même plus fluide, comme les passages assez longs dans le livre où le trio se contente de fuir de forêt en forêt. Bien entendu, tout n'est pas parfait, et on a parfois l'impression que certains passages-clé de l'histoire arrivent de façon assez brusque, et que le non lecteur pourra passer à côté de certains éléments. Mais rien de véritablement gênant, d'autant qu'il conviendra d'attendre la seconde partie pour se faire une idée plus précise de la version cinématographique de certains événements mis de côté ici.

Un Harry Potter pas comme les autres disais-je plus haut, ce qui se traduit notamment par un changement d'importance : alors que les autres films proposaient une introduction de 25 à 30 minutes après lesquelles les élèves arrivaient à Poudlard, l'école de sorciers, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie ne met jamais les pieds dans ledit établissement. Au contraire, le film nous emmène ici dans des lieux plus communs, accentuant le sentiment de solitude de Harry, Hermione et Ron abandonnés dans un monde qui n'est pas le leur, où ils n'ont que de rares repères (surtout Ron, étant issu d'une famille de sorciers) le danger pouvant surgir de partout. Si la magie est toujours très présente, elle se fait généralement moins spectaculaire, plus sobre : ce septième volet est celui de la confrontation constante au "monde réél" tel que nous le connaissons, ancrant ainsi l'histoire dans un cadre plus tangible. Jusque là, le monde Moldu se limitait quasiment à la maison des Dursley, la famille adoptive de Harry, et lorsqu'on voyait un élément "classique", il était généralement parasité par la présence d'éléments magiques : on découvrait Londres par le biais du Magicobus dans Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, la gare King's Cross cache le quai 9 ¾ et on survolait la campagne anglaise à bord d'une voiture volante dans Harry Potter et la Chambre des Secrets. Ici, le trio de retrouve dans Londres à pied, et les forêts qu'il traverse sont dépourvues de créatures imaginaires, contrairement à la Forêt Interdite de Poudlard.

Cette confrontation au réél devient d'autant plus évidente que dans le film met en avant un fait souvent écarté dans les films : les personnages peuvent être blessés, et certains peuvent même mourir. Certes, depuis Harry Potter et la Coupe de Feu, plusieurs personnages importants ont été tués, mais il faut bien avouer que le sortilège de mort, Avada Kedavra, est aussi efficace que non spectaculaire. De même, si Harry Potter a régulièrement été blessé dans les films précédents, et notamment dans son affrontement avec le Basilic de la Chambre des Secrets, tout ça n'est rien comparé à HP 7-1. Même si la violence graphique est atténuée par rapport au livre, il n'est plus rare de voir des personnages blessés, affaiblis physiquement et mentalement, arborant des blessures plus ou moins saignantes. Plus sombre car plus violent, le film est également plus sombre que ses prédécesseurs car...plus sombre. Là où les films précédents étaient souvent très colorés, très lumineux, même si la saga avait tendance à s'obscurcir dans les deux derniers épisodes, ce septième volet voit les couleurs devenir plus ternes, à dominante grise, le soleil étant généralement absent des sombres bâtiments dans lesquels les personnages évoluent, sous les arbres des forêts dans lesquelles ils se cachent, ou tout simplement au beau milieu de la nuit.

Plus sombre, le film l'est également dans son scénario, abordant quelques thèmes plus matures qu'à l'accoutumée. L'excursion au ministère met notamment l'accent sur l'eugénisme et le racisme du nouvel ordre établi, entendant clairement imposer sa domination aux moldus inférieurs et traquant ceux qui ne seraient pas "purs", au moyen d'arbres généalogiques, de tribunaux, de rafleurs et de liste de recensement. Pire, certains vont jusqu'à marquer la chair des "sang de bourbe", une pratique rappelant des heures sinistres de l'Histoire. Il est également question de foi, Harry suivant presque aveuglement les volontés de Dumbledore, se fiant à sa seule parole, ses compagnons se contentant alors de le suivre pensant qu'il détient la clé des mystères qui les entourent. Mais surtout, le scénario bouleverse l'ordre établi par les films précédents en offrant quelque chose de complètement nouveau. Si jusque là, les Harry Potter se contentaient d'un schéma assez classique encadré par les murs de Poudlard, nous sommes ici en présence d'une espèce de road movie, l'intrigue rebondissant continuellement de lieu en lieu avec une forme d'urgence liée à la fuite du groupe. Le parti-pris, conforme à l'oeuvre de Rowling, reste néanmoins assez osé, d'autant que la seconde partie s'annonce bien plus spectaculaire et rythmée. Pour éviter au maximum de gâcher le film à ceux qui liraient ces lignes sans l'avoir vu, je n'évoquerais d'ailleurs pas avant l'avant-dernier paragraphe le moment choisi par l'équipe du film pour effectuer la coupure entre les deux parties. Je vous avertirais de nouveau le moment venu.

Evidemment, Harry Potter ne serait pas Harry Potter sans Daniel Radcliffe et ses compagnons. J'avouerai ne jamais avoir été fan de l'acteur, que je trouve souvent irritant, quand il n'est pas monolithique, dans le rôle du sorcier, et avoir une large préférence pour Rupert Grint, que je trouve très bon dans le rôle de Ron Weasley, traduisant parfaitement la nonchalance caractéristique du personnage, néanmoins capable de se dépasser quand l'occasion se présente. De même, j'ai toujours beaucoup apprécié les prestations d'Alan Rickman (Severus Rogue), Evanna Lynch (Luna Lovegood, un de mes personnages préférés), Helena Bonham Parker (Bellatrix Lestrange) ou encore Tom Felton (Drago Malefoy). Mais ici, c'est surtout Emma Watson qui crève l'écran dans le rôle d'Hermione Granger. Si je l'ai toujours trouvée à l'aise avec le personnage décrit par J.K. Rowling, je trouve qu'elle atteint une dimension supplémentaire ici, s'accaparant totalement le personnage et réussissant à retranscrire parfaitement le passage d'adolescente à jeune femme du personnage, passant allégrement de l'une à l'autre en quelques secondes. Concernant la réalisation, David Yates, maintenant bien habitué à l'univers magique de la saga, nous donne quelques scènes particulièrement spectaculaires, ne se loupant véritablement que sur un des derniers passages d'action du film, quasiment illisible tant l'image remue et le montage est rapide. En revanche, il convient d'attribuer une mention spéciale à l'animation illustrant le conte des Reliques de la Mort, d'une exquise beauté.

Comme promis, je vais ici évoquer quelques moments importants du film, et quelques éléments de la seconde partie. Donc si vous n'avez pas vu le film et que vous voulez garder la surprise (surtout si vous n'avez pas lu le livre), je vous conseille de ne pas lire ce qui suit. Fidèle au roman, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie en reprend tous les éléments clés, de la poursuite initiale entre les clones de Harry et les Mangemorts à la destruction du premier Horcruxe en passant par le Ministère de la magie. On s'apercevra notamment que, même en divisant l'histoire en deux parties, la volonté de rester fidèle au livre reste limitée par la durée du film (environ 2h25 quand même), ce qui entraîne une impression de précipitation lors de certains passages, principalement lors de l'intrusion au Ministère. 2h25 pour caser tout ce qui se passe jusqu'à l'arrivée à la chaumière aux coquillages. Les connaisseurs auront donc noté qu'il ne restera, pour la seconde partie, que le passage à Gringotts et...la bataille de Poudlard, qui s'annonce donc dantesque ! Une perspective qui pourra rendre difficile l'attente jusqu'à l'été prochain...

Première moitié du septième volet des aventures du célèbre sorcier à la cicatrice à l'éclair, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 1ère partie réussit (enfin !) à rendre justice à l'oeuvre de J.K. Rowling, lui étant le plus fidèle possible tout en rendant généralement pertinentes ses ellipses et ses modifications. Arrivant enfin à maturité, la saga se pare ici d'atours plus sombres, plus adultes, dans un road movie alternant à merveille les passages spectaculaires et les moments plus intimistes, et constitue le tremplin idéal avant un final laissant entrevoir beaucoup de promesses, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 2ème partie devant enfin voir Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom affronter Celui-qui-a-survécu. Car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

Note : 8/10