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samedi 11 mars 2017

Kong : Skull Island


Titre : Kong : Skull Island
Réalisateur : Jordan Vogt-Roberts
Acteurs : Tom Hiddlestone, Samuel L. Jackson, Brie Larson
Date de sortie en France : 8 mars 2017
Genre : action, aventures

Synopsis : 
Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…
 
Avis : 
Huitième film mettant en scène la huitième merveille du monde, Kong : Skull Island se démarque des autres en n'étant ni un remake, ni une suite, mais un reboot à part entière, principalement destiné à enrichir le "MonsterVerse" de Legendary Pictures, inauguré avec le Godzilla de Gareth Edwards en 2014. Première conséquence notable pour le primate : sa taille est largement revue à la hausse, en vue de préparer le futur Godzilla vs Kong prévu pour 2020, et le film revient à l'apparence bipède que l'on pouvait voir en 1933, plutôt que sur l'aspect plus réaliste de gorille de la version de Peter Jackson.
 
 
Au niveau de l'histoire, le changement le plus notable vient cette fois du fait que personne ne cherche à capturer Kong. Dans la plus pure tradition du film d'aventures explorant un monde perdu, Skull Island va amener les personnages d'un point A à un point B, dans un périple ponctué de rencontres plus ou moins désagréables. Car l'île n'est pas uniquement le foyer de Kong : elle abrite d'autres créatures monstrueuses, d'invertébrés gigantesques à d'immenses mammifères en passant par des monstres que l'on croirait issus de la Préhistoire. Et si cela ne suffisait pas, les explorateurs vont également réveiller les Crawlers, ennemis héréditaires de Kong particulièrement dangereux. 
 
Les affrontements sont ainsi très nombreux, entre hommes et créatures, mais aussi entre les monstres eux-mêmes. Chaque combat titanesque permet d'admirer des effets spéciaux impressionnants, mais aussi d'apprécier le travail de Jordan Vogt-Roberts au niveau de la perspective. Le réalisateur met en effet parfaitement en valeur la dimension démesurée de certaines créatures, même si cela entraîne toujours quelques problèmes de cohérence (on se demande vraiment comment les pilotes d'hélicoptères peuvent ne pas voir Kong avant qu'il ne surgisse sous leur nez). 


Bien évidemment, le singe géant s'offre la part du lion : terriblement impressionnant, il incarne parfaitement l'idée d'une divinité protectrice plutôt que d'un simple monstre géant. Il éclipse facilement le casting humain, même si on se surprend à s'attacher aux personnages, archétypes classiques mais efficaces du genre, menés par un Samuel L. Jackson qui cabotine juste ce qu'il faut dans la peau d'un personnage tout droit sorti d'Apocalypse Now.

Car si Kong reste un film de monstre, puisant davantage son inspiration dans le kaiju eiga (on retrouve même un combat entre Kong et une pieuvre géante, parallèle évident avec l'affrontement similaire du King Kong contre Godzilla de Ishirô Honda) ou le film d'animation japonais (on pensera notamment à Princesse Mononoke) que dans le monster movie américain, le fait de placer l'histoire dans les années 70 permet de citer directement les grands films sur la guerre du Viêt-Nam, mais aussi de reprendre une imagerie (les hélicoptères) et une bande sonore que l'on connaît presque par coeur (Creedence Clearwater Revival, Bowie, Black Sabbath). On regrettera simplement que le concept soit parfois envahissant, au point de ressembler par moment à une course à la séquence culte.

Rythmé et très spectaculaire, Kong : Skull Island est un excellent divertissement, réussissant en plus à conserver un certain équilibre entre le respect de l'oeuvre originale (plusieurs clins d'oeil, mais loin d'être envahissants) et la création d'un nouvel univers, là où le reboot de Godzilla se cassait justement les dents. S'il n'est évidemment pas exempt de défauts (le scénario prétexte, les personnages sans grand intérêt), il surpasse à mon avis aisément la version de Peter Jackson, et redonne surtout envie de se pencher sur les prochaines sorties du MonsterVerse de Legendary Pictures...

Note : 7/10


mercredi 27 avril 2016

Panic sur Florida Beach


Titre : Panic sur Florida Beach (Matinee)
Réalisateur : Joe Dante
Acteurs : John Goodman, Cathy Moriarty, Simon Fenton
Date de sortie en France : 28 juillet 1993
Genre : comédie

Synopsis : 
Key West, Floride, 1962. Alors que le monde est au bord de l'anéantissement nucleaire, Lawrence Woosley presente en premiere mondiale son nouveau film d'horreur. Les habitants de Key West, Gene et ses amis, s'apprêtent a vivre un samedi après-midi qu'ils n'oublieront pas.

Avis : 
Alimentée par la peur d'un conflit nucléaire avec le rival soviétique, la science-fiction américaine des années 50 est peuplée d'une multitude de monstres atomiques, du Monstre des temps perdus aux insectes géants (Beginning of the end, La Chose surgit des ténèbres) en passant par les êtres humains victimes de terribles mutations (L'Homme qui rétrécit, La Mouche noire). Une époque et tout un pan du cinéma fantastique auxquels va rendre hommage Joe Dante dans son Panic sur Florida Beach.


Le réalisateur de Gremlins va ainsi s'amuser, signant une parodie en forme de film dans le film avec l'inénarrable Mant, tournant en dérision la paranoïa de l'époque et les réactions absurdes qu'elle générait, se moquant clairement de la censure bien-pensante, mais aussi, et surtout, en mettant en scène le fils spirituel de William Castle (La Nuit de tous les mystères), avec tous ses gadgets destinés à faire frissonner le spectateur des années 60, et d'Alfred Hitchcock.

John Goodman (The Big Lebowski, 10 Cloverfield lane) est parfait dans le rôle du réalisateur loufoque, et contribue à insuffler une énergie folle à un film aussi généreux que drôle. Comble du plaisir, on peut retrouver en intégralité le fameux court-métrage Mant parmi les bonus du DVD, comme la continuation parfaite de ce divertissement terriblement réjouissant.

Note : 9/10




dimanche 3 avril 2016

10 Cloverfield Lane


Titre : 10 Cloverfield Lane
Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : John Goodman, Mary Elizabeth Winstead, John Gallager Jr.
Date de sortie en France : 16 mars 2016
Genre : thriller

Synopsis : 
Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d'abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu'il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d'envergure. En l'absence de certitude, elle décide de s'échapper...

Avis : 
Développé en secret, 10 Cloverfield Lane est arrivé en mars 2016 à la surprise générale. Toujours produit par J.J. Abrams, il ne constitue pas une suite à Cloverfield, mais s'inscrit selon le producteur dans le même univers, le même ton. Un lien ténu donc, pour un film qui aurait finalement gagné à ne pas être rattaché à son aîné, mais être totalement indépendant.


Mené par un John Goodman en très grande forme, 10 CL joue sur les apparences, les fausses impressions et la paranoïa, à partir d'un postulat de base assez simple : Howard protège-t-il Michelle et Emmett d'une véritable apocalypse, ou ses intentions sont elles moins louables ? Le scénario joue avec le spectateur et nous amène à constamment changer de point de vue, au fil des révélations, des surprises et des réactions des personnages, transformant certaines séquences légères en situations particulièrement anxiogènes.

Tout ceci serait parfait s'il n'y avait pas ce final, totalement saugrenu. La tension retombe brutalement, au profit d'un délire grotesque et interminable, qui n'a pas grand chose à faire là, sinon justifier le nom du film. Dommage, car le huis clos avec le trio d'acteurs talentueux était jusque là fort réussi, notamment dans la relation entre John Goodman (The Big Lebowski, Panic sur Florida Beach) et Mary Elizabeth Winstead (Scott Pilgrim).

Note : 8/10


dimanche 13 avril 2014

Monuments men


Titre : Monuments men (The Monuments men)
Réalisateur : George Clooney
Acteurs : George Clooney, Matt Damon, Bill Murray
Date de sortie en France : 12 mars 2014
Genre : guerre, aventures

Synopsis : 
En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

Avis : 
Inspiré du programme Monuments, Fine Arts, and Archives créé par le général Eisenhower, Monuments men nous raconte l'histoire d'un groupe d'hommes chargés de sauver les oeuvres d'art dérobées par les Nazis et empêcher leur destruction pendant la débâcle allemande.


L'idée de montrer cette face cachée de l'Histoire était forcément réjouissante, permettant d'appréhender la Seconde Guerre Mondiale d'une autre façon, loin du front. Réalisé par George Clooney (Les Marches du pouvoir), il met en scène l'acteur de Gravity aux côtés d'une belle brochette d'acteurs parmi lesquels Matt Damon (Elysium, Ma vie avec Liberace), John Goodman (The Big Lebowski, Flight), Bill Murray (SOS Fantômes, Lost in translation), Jean Dujardin (Möbius, Le Loup de Wall Street) et Cate Blanchett (Babel, Blue Jasmine). Hélas, malgré ce casting prestigieux et ce sujet intéressant, Monuments men ne va jamais décoller, restant très scolaire et très moyen.

Cherchant constamment son ton, oscillant entre film de guerre, aventures, drame historique ou comédie, le film se perd très vite dans une espèce d'auto-célébration de la bande à Clooney, à la façon de la trilogie Ocean's, sacrifiant toute profondeur sur l'autel d'un film hollywoodien jusqu'au bout des ongles, lisse, puritain et tentant grossièrement de jouer sur l'émotion lors de passages cousus de fil blanc (la découverte d'un panier de dents en or est l'exemple parfait de ce pathos facile et artificiel).

S'il se suit sans déplaisir, Monuments men reste un film très moyen, particulièrement basique, un monument à la gloire de ses acteurs, qu'on a d'ailleurs tous déjà vus plus inspirés. Malgré quelques touches d'humour réussies (l'accent français de Damon, les répliques répétées), une histoire intéressante et un fond historique passionnant, George Clooney ne livre qu'un énième film hollywoodien sans saveur, sans relief et sans accroc, qu'on oubliera plus vite qu'on ne l'aura vu...

Note : 4,5/10

samedi 14 décembre 2013

Inside Llewyn Davis


Titre : Inside Llewyn Davis
Réalisateur : Ethan & Joel Coen
Acteurs : Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake
Date de sortie en France : 6 novembre 2013
Genre : drame, musical

Synopsis : 
Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu'il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l'aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n'importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu'à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d'où il vient.

Avis : 
Nouveau film des frères Coen, Inside Llewyn Davis offre une tranche de vie d'un jeune chanteur dans le New York des années '60. A l'image de Frances Ha (mais en bien moins énergique), nous suivons donc un artiste vivant au jour le jour, se débrouillant comme il peut, squattant sur les canapés de ses connaissances et tentant vainement de vivre de sa musique. Bref, le Grand Prix du Jury du 66ème festival de Cannes nous plonge dans la banalité remarquable du parcours de Llewyn Davis.


Un seul problème, mais il est de taille : on s'en fout un peu. Oscar Isaac (Drive, Robin des bois) est attachant, sa musique sympathique, mais il faut bien avouer qu'on s'intéresse beaucoup plus aux autres personnages, de ce magnifique chat roux à la formidable Carey Mulligan (Drive, Gatsby le magnifique), en passant par un John Goodman qui vole la vedette à tout le monde le temps d'une trop courte apparition.

Inside Llewyn Davis correspond en fait à l'idée que je me fais la musique folk, et que l'on retrouve dans le film : une histoire plutôt banale, sans véritable temps fort, qui transporte doucement le spectateur du début à son final, avec un refrain consistant ici à la faculté qu'a l'artiste de trouver un canapé sur lequel passer la nuit. Ainsi, les diverses péripéties ne débouchent sur rien, ni les opportunités musicales de Llewyn Davis, ni la grossesse de Carey Mulligan. Tout cela est suspendu, le film terminant comme il a commencé, au milieu du quotidien sans relief du musicien, comme pour démontrer l'absence totale d'évolution, cette boucle perpétuelle que constituent sa vie et sa carrière.

Bref, pour la première fois, j'ai été déçu par un film des frères Coen. S'il ne manque pas d'intérêt, son aspect très linéaire, sans aucun moment fort, m'a régulièrement ennuyé, contrairement à un Frances Ha bien plus énergique, qu'on lui préfèrera largement.

Note : 6,5/10






dimanche 7 juillet 2013

Monstres et Cie


Titre : Monstres & Cie (Monsters, Inc.)
Réalisateur : Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich
Acteurs : John Goodman, Billy Crystal, Steve Buscemi
Date de sortie en France : 20 mars 2002
Genre : animation, comédie

Synopsis : 
Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d'énergie provient des cris des enfants. Monstres & Cie est la plus grande usine de traitement de cris de la ville. Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l'usine, une équipe de monstres d'élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les enfants et récolter leurs hurlements.
Le Terreur d'élite le plus réputé de Monstres & Cie s'appelle Jacques Sullivan, alias Sulli. C'est un monstre cornu de 2m40 de haut à la fourrure bleu-vert tachetée de violet. Une nuit, alors qu'il se trouve à l'"Etage de la Terreur", il s'aperçoit qu'une porte de placard n'a pas été fermée correctement. Pour vérifier que tout est en place, il l'ouvre, permettant sans le vouloir à une petite fille de pénétrer dans son monde. 


Avis : 
Quatrième long-métrage des studios Pixar, après les deux premiers Toy story et 1001 pattes, Monstres & Cie met donc en avant...des monstres de cauchemars en tant que héros. Un choix étonnant, d'autant que les enfants sont perçus comme une menace et une source d'énergie, dont la peur est exploitée afin d'alimenter Monstropolis en énergie. Au milieu de ces travailleurs de la peur, nous suivrons Sully, l'énorme monstre bleu, et Bob Razowski (Mike Wazowski en v.o.), le petit cyclope vert, qui seront bientôt confrontés à leur pire crainte : une fillette.



Monstres & Cie joue avec bonheur avec les codes du film d'animation, et si tous les monstres ne seront évidemment pas bienveillants, la plupart sont terriblement attachants et terriblement drôles : Monstropolis est ainsi une ville fantastique remplie de créatures de toutes formes, tailles et couleurs. Visuellement, le film est une merveille, atteignant des sommets lors de la poursuite au coeur de l'usine, séquence vertigineuse où les décors se multiplient, où les détails sont innombrables et dont on sort avec un sourire béat sur le visage.

Maniant à merveille l'art du double-sens, le film fait également mouche au niveau de l'humour, pouvant séduire les plus jeunes comme les plus âgés, les gags les plus évidents (le running-gag de la chaussette) succédant aux jeux de mots plus subtils...ou pas. Le rythme ne faiblit pas une seconde, bénéficiant en plus d'un scénario étonnamment intelligent et mature, l'humour, l'action et l'émotion s'enchainant avec une remarquable fluidité.

S'il n'est pas mon Pixar préféré (hum...WALL-E ou Là-Haut ?), Monstres & Cie n'en reste pas moins une merveille du film d'animation à l'américaine, réussissant le pari de s'adresser autant aux enfants qu'aux adultes. Très drôle, touchant, superbe visuellement et mettant en scène des personnages vraiment attachants (même "Boo", la gamine, est attendrissante et amusante), voilà une vraie merveille que je ne me lasse pas de revoir, en attendant Monstres Academy.

Note : 9/10