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dimanche 20 août 2017

La Tour Sombre


Titre : La Tour Sombre (The Dark Tower)
Réalisateur : Nikolaj Arcel
Acteurs : Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor
Date de sortie en France : 9 août 2017
Genre : aventures, science-fiction

Synopsis : 
Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…
Avis : 
Pour ce troisième trimestre 2017, Stephen King est à l'honneur sur les écrans. En effet, outre les séries télévisées (The Mist et Mr. Mercedes), ce sont surtout les deux adaptations destinées à se succéder sur grand écran qui ont fait naître les attentes et les craintes des fans de l'auteur : CA, qui sortira en septembre, et La Tour Sombre, qui fera l'objet de cette chronique.


Plusieurs fois annoncée depuis pratiquement 10 ans, l'adaptation de la saga titanesque est passée entre les mains de J.J. Abrams (Lost, les disparus, Star Wars VII) ou de Ron Howard (Backdraft, Apollo 13, Rush), a vu les noms les plus prestigieux avancés pour incarner Roland de Gilead (Viggo Mortensen, Javier Bardem, Russell Crowe...), et a vu son format même constamment évoluer, d'une série de films classique à un mélange entre films et série. Un bon gros bordel, directement lié à la frilosité de producteurs effrayés de voir une saga réputée inadaptable ne pas trouver son public, et qui ne pouvait déboucher que sur un résultat idiot : on refile le bébé à un réalisateur peu expérimenté, on fait un bon choix bien raciste pour le rôle principal, et on va attendre de voir ce que donne le film pour savoir si on lance une série et / ou une suite. Conséquence prévisible : La Tour Sombre est une (très) mauvaise adaptation doublée d'un (très) mauvais film.

Pour ceux qui se poseraient la question, sachez d'abord que le film ne se contente pas d'adapter le premier volet de la saga littéraire (Le Pistolero), mais va au contraire piocher dans pratiquement toute la saga pour développer sa propre histoire. Ne vous attendez donc pas à voir Roland poursuivre pendant des mois l'Homme en noir dans le désert, et ne soyez pas surpris si vous ne retrouver pas l'ambiance de western post-apocalyptique du premier livre : La Tour Sombre sera une histoire assez classique de vengeance, principalement située dans le New York contemporain, où l'univers imaginé par l'auteur de Shining ne sera qu'effleuré. Pour qui a lu la saga, le résultat est assez étrange, et donne l'impression que le scénariste s'est contenté de lire quelques pages au hasard et de les incorporer sans logique dans son récit. Pour le profane, tout cela sera sans doute bien nébuleux, malgré quelques explications bien appuyées.


On ne retrouve ainsi quasiment rien de l'univers de la Tour Sombre, fait de magie, de technologies oubliées, de violence et d'apprentissage. Lorsque Roland débarque à New York, son dépaysement ne va pas plus loin que celui d'Arnold Schwarzenegger dans Last Action Hero. Lorsque Jake débarque dans l'Entre-Deux-Mondes, il semble déjà en connaître toutes les coutumes. Pire encore, l'aspect fantasy passe totalement à la trappe, au profit d'un univers beaucoup plus classique, uniquement peuplé de deux ou trois créatures monstrueuses. Dans le film de Nikolaj Arcel, tout ou presque se passe donc à New York, avec un Pistolero qui a perdu toute sa dimension mystique et un Homme en Noir de carnaval.

Si le choix d'Idris Elba (Prometheus, Pacific Rim) reste toujours un mystère pour incarner un héros sorti tout droit des western de Sergio Leone, celui de Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe) semblait beaucoup plus cohérent tant l'apparence, le charisme et même la voix de l'acteur semblaient coller à l'image que l'on pouvait se faire de Randall Flagg. Pourtant, si le premier s'en sort à peu près dans la peau d'un héros sans grand intérêt ni relief, le Texan va entraîner le film dans le ridicule le plus total en cabotinant à outrance dans des passages suscitant une véritable gène.


Même visuellement, le film n'impressionnera personne : plus proche d'un épisode de série des années 90 (coucou, Stargate SG-1 !) que d'un blockbuster, le film se contente d'être le plus lisse et le plus aseptisé possible afin de remplir le cahier des charges de l'adaptation hollywoodienne de base, effets spéciaux au rabais et clins d'oeil ringards à l'auteur de Chistine inclus. On en vient à sérieusement se demander si le film a coûté plus cher que les légendaires 19$ qu'aurait demandés Stephen King pour céder les droits des livres. Un Stephen King qui sera d'ailleurs, apparemment, le seul à être convaincu par cette adaptation qui ne comblera ni les fans du livre, ni les novices. Un raté intégral, qui ne dure heureusement que quatre-vint-dix minutes.

Note : 2/10



jeudi 18 décembre 2014

Le Hobbit : la bataille des cinq armées


Titre : Le Hobbit : la bataille des cinq armées (The Hobbit: the battle of the five armies)
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage
Date de sortie en France : 10 décembre 2014
Genre : fantasy

Synopsis : 
Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.

Avis : 
Sixième film de Peter Jackson consacré à l'univers créé par J.R.R. Tolkien, La Bataille des cinq armées vient conclure la trilogie du Hobbit, tout en faisant le lien avec Le Seigneur des anneaux par le biais des scènes nous présentant la montée en puissance de Sauron. Comme son titre l'indique, le film va essentiellement se concentrer sur une grande bataille, qui vient ponctuer le livre de Tolkien. Et quand on connaît Peter Jackson, on sait bien qu'une grande bataille, ça peut vite prendre des proportions gigantesques et s'étirer sur une majeure partie du film. Pour une fin en apothéose ?


Pas vraiment. Car si le film va - évidemment - être très spectaculaire, il va être d'une faiblesse narrative assez consternante, donnant même l'impression que Peter Jackson s'est lui-même lassé de raconter cette histoire. On se retrouve ainsi avec des arcs scénaristiques développés depuis Un voyage inattendu puis La Désolation de Smaug se terminant en queue de poisson : à la résolution de l'intrigue entourant le retour de Sauron, on en vient ainsi à se demander "tout ça pour ça ?". Il en sera de même en ce qui concerne Legolas, dont la présence envahissante ne semble avoir pour but qu'un clin d'oeil à l'autre trilogie. Curieux, et assez destabilisant.

La Bataille des cinq armées ne semble en fait avoir pour but que d'aligner les scènes spectaculaires de combats : après une première heure largement consacrée à l'attaque de Smaug sur Lac-ville, le grand combat débute, à peine entrecoupé par le pétage de plombs (là encore, résolu de façon incroyablement facile) de Thorin. Dès lors, Peter Jackson peut faire ce qu'il préfère : nous en mettre plein la vue avec des affrontements dantesques, quitte à aller trop loin dans la surenchère, les incohérences, les ficelles et les libertés avec la physique.


Malgré d'évidentes qualités visuelles, Jackson finit ainsi par nous lasser aussi pendant ces passages forts. Ainsi, alors qu'on pouvait pardonner aux précédents films leurs longueurs et la tendance à étirer artificiellement certains passages, cela devient beaucoup plus difficile ici, et on se trouve tout simplement devant la limite de la division en trois de cette grande aventure : le troisième chapitre n'a rien à raconter, rien à montrer, et tente vainement de combler le tout par une surenchère d'action et de duels. Enfin, "rien à raconter"... on imagine que l'inévitable version longue viendra largement combler les manques, nous donnant ce paradoxe savoureux selon lequel on ne pourra pleinement profiter de l'histoire que quelques mois après la sortie cinéma, alors même que cela aurait justement pu éviter les scènes élastiques.

Il faut également avouer qu'au bout de la sixième fois, les mêmes plans, les mêmes constructions de scènes et les mêmes réflexes de réalisation finissent par agacer, tout comme ces emprunts lourdingues à la bande-originale de la première trilogie, renforçant inutilement chaque référence. Le pire dans tout ça, c'est que les 2h20 du film passent relativement vite, l'action omniprésente entraînant tout sur son passage, les effets spéciaux étant impeccables et les petites touches d'humour font mouche.

Cela n'empêche pas ce troisième volet du Hobbit (avec un Hobbit très peu présent d'ailleurs) d'être le plus faible de toute la saga, à cause d'un scénario extrêmement faible et d'une impression générale de lassitude, aussi bien pour le spectateur que pour le réalisateur. Pas vraiment étonnant vu le découpage de l'oeuvre, la bataille semblant déjà, dans le livre, n'être qu'un passage ajouté alors que la quête principale, la reconquête d'Erebor, était terminée. Bon allez, cette fois, on passe à autre chose monsieur Jackson ?

Note : 5/10


dimanche 28 septembre 2014

Princess Bride


Titre : Princess Bride (The Princess Bride)
Réalisateur : Rob Reiner
Acteurs : Cary Elwes, Robin Wright, Christopher Guest
Date de sortie en France : 9 mars 1988
Genre : fantasy, aventures

Synopsis : 
Que peut bien faire un petit garçon cloué au lit par la grippe, condamné à écouter les conseils des grands et même de subir un grand-père rabat-joie, au lieu d'aller faire les quatre cents coups avec ses copains ? Et voilà en plus que le papy se met en tête de lire à haute voix un conte de fée aux antipodes de Superman et de Rambo ! Au Moyen-Age, dans le pays imaginaire de Florin, la belle Bouton d'Or se languit après le départ de son bien-aimé Westley, parti chercher fortune et qu'elle croit mort. Cinq ans plus tard, elle accepte d'épouser le prince Humperdinck pour qui elle n'éprouve aucun amour. Mais peu avant son mariage, elle est enlevée par trois bandits et entraînée dans une aventure mouvementée au cours de laquelle elle retrouvera sa raison de vivre...

Avis : 
Inspiré du livre éponyme de William Goldman, Princess Bride est un classique du film d'aventures fantastiques des années 1980. Réalisé par Rob Reiner, à qui l'on doit également les excellents Spiral Tap, Misery ou encore Stand by me et Quand Harry rencontre Sally, il nous entraîne dans un univers féerique peuplé de créatures fantastiques, d'être difformes, de princes et de princesses.


L'histoire est assez classique : il s'agit d'une histoire d'amour impossible entre une princesse et un valet, qui devront vivre milles aventures afin d'être enfin réunis. Une simplicité qui se retrouve dans le monde imaginé par Goldman et Reiner, aux décors naturels et aux monstres assez discrets, mettant principalement l'accent sur des personnages très réussis : outre Westley (incarné par Cary Elwes, que l'on retrouvera dans Sacré Robin des bois, Twister ou encore Saw) et la princesse (Robin Wright, Forrest Gump, Le Congrès), on appréciera surtout le trio de brigand composé du gentil géant à la force titanesque, de l'escrimeur espagnol au sens de l'honneur et de la justice surdimensionné et de l'intellectuel fourbe et cruel.

Princess Bride ne laisse aucun répit au spectateur, très vite happé dans ce monde imaginaire très réussi, grâce à de nombreux rebondissements, un humour omniprésent n'hésitant pas à jouer avec certains codes de la fantasy ou d'autres genres comme le film de capes et d'épées et réservant de nombreux passages forts, comme les duels à l'épée ou la machine de torture, le tout autour d'une histoire d'amour qui évite facilement la niaiserie et s'amuse même de son côté fleur bleue.

Classique des années 80 et de la fantasy, Princess Bride est donc à la fois drôle, touchant, spectaculaire et intense, donnant un divertissement familial de très haut niveau qu'on l'on appréciera de voir et de revoir !

Note : 9/10


jeudi 22 août 2013

Les Nibelungen : la vengeance de Kriemhild


Titre : Les Nibelungen : la vengeance de Kriemhild (Die Nibelungen - Kriemhilds Rache [2. Teil])
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Margarete Schön, Hans Adalbert Schlettow, Rudolf Klein-Rogge
Date de sortie en France : mars 1925
Genre : aventures, drame

Synopsis : 
Après la mort de Siegfried, Kriemhild se marie avec Etzel, le roi des Huns. Elle donne naissance à un fils et invite alors ses frères à une fête. Elle essaye de persuader Etzel et ses Huns de tuer Hagen de Tronje, le meurtrier de Siegfried, mais ce dernier est protégé par ses frères, et notamment le roi Gunther...

Avis :  
Après une première partie fortement marquée par le fantastique, ce second volet des Nibelungen change radicalement de ton. Si l'héroïsme de Siegfried était au centre des débats dans La Mort de Siegfried, c'est cette fois sa veuve, Kriemhild, et son désir de vengeance, qui occupent toute la place. Car la jeune femme est prête à tous les sacrifices et à toutes les manipulations pour parvenir à ses fins, même si cela implique d'épouser Etzel, le roi des Huns, et de provoquer une guerre qui condamnera les membres de sa famille.


Margarete Schön passe ainsi de l'innocence un peu niaise qu'elle arborait dans la Partie I à une colère implacable. L'actrice est presque méconnaissable, offrant une étonnante intensité à chaque fois qu'elle apparaît à l'écran. Son interprétation sert parfaitement le film, le faisant basculer dans une noirceur très éloignée des exploits hauts en couleurs de Siegfried, où les héros n'existent plus, où tout manichéisme a disparu pour laisser la place à des personnages plus complexes.

Etzel, le viril roi des barbares, cache ainsi un véritable sens de l'honneur, refusant de s'attaquer à ses invités ; mieux encore, Hagen de Tronje, l'assassin de Siegfried, finit par gagner nos faveurs grâce à son courage et à sa loyauté sans faille à son roi. Quant à Kriemhild, sa légitime soif de vengeance en fait peu à peu une reine sanguinaire, sans sentiment, assistant sans sourciller à la mort de son fils et de ses frères.


Cette seconde partie est d'ailleurs beaucoup plus bavarde, et est d'ailleurs un peu moins rythmée que la première. Fritz Lang compense néanmoins ce statisme récurrent par une explosion visuelle lors des scènes d'action, où des dizaines de figurants se livrent à des affrontements dantesques et superbement chorégraphiés. Le réalisateur allemand nous offre toujours quelques plans saisissants, notamment lors de l'incendie du palais des Huns.

La Vengeance de Kriemhild est donc bien différent de La Mort de Siegfried : abandonnant la fantasy, Fritz Lang nous offre ici une sombre histoire de vengeance sans issue, porté par l'intensité de Margarete Schön dans le rôle de la veuve implacable et par l'intelligence de l'évolution des personnages principaux. Encore une fois, une vraie réussite, malgré quelques longueurs en début de film.

Note : 9/10


mercredi 21 août 2013

Les Nibelungen : la mort de Siegfried


Titre : Les Nibelungen : la mort de Siegfried (Die Nibelungen – Siegfried [1. Teil])
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Paul Richter, Margarete Schön, Hans Adalbert Schlettow
Date de sortie en France : mars 1925
Genre : aventures, fantasy

Synopsis : 
Siegfried, fils du roi Siegmund de Xanten, termine son apprentissage chez le nain Mime. Il forge une magnifique épée. Désormais, il peut retourner chez lui, mais l'ambitieux jeune homme veut se rendre à Worms, capitale des Burgondes, pour conquérir la belle Kriemhild, sœur du roi Gunther. Traversant une forêt, il triomphe d'un dragon. Suivant les conseils d'un oiseau, il se trempe dans le sang du dragon qui le rend invulnérable à l'exception d'une zone sur son épaule où s'est posée une feuille.

Avis : 
 Adaptation de La Chanson des Nibelungen, une légende scandinave reprise par les conteurs germaniques, Les Nibelungen est un film d'environ cinq heures, divisé en deux parties d'égale durée : La Mort de Siegfried et La Vengeance de Kriemhild. Dans cette première moitié, nous suivons donc le destin de Siegfried, héros germanique ambitieux et courageux, dans sa quête pour obtenir la main de Kriemhild, la soeur du roi des Burgondes.


Dans une première heure très rythmée, on nous présente donc le jeune homme, forgeron doué, dans de nombreuses péripéties : il affronte un dragon, trouve le trésor d'un nain, et doit ensuite affronter la redoutable Brunhild au cours de trois épreuves afin de pouvoir enfin conquérir sa bien aimée. Fritz Lang nous livre ici un récit d'aventures formidable, mettant en images les légendes nordiques avec un sens inégalable du visuel : l'affrontement avec le dragon est ainsi l'occasion d'images qui resteront gravées à jamais dans l'histoire du cinéma. On appréciera par ailleurs la qualité des effets spéciaux, modèles d'inventivité avec ces jeux de surimpression ou cette maquette de seize mètres animée par des hommes cachés à l'intérieur.

La seconde moitié de cette première partie se concentre sur les intrigues de palais, avec ses complots et ses trahisons. Magie du film muet, nous n'avons guère besoin de beaucoup d'explications pour comprendre les différents enjeux, et les panneaux de dialogue sont assez rares pour ne pas ralentir le film. On a alors tout le loisir d'apprécier l'évolution des différents personnages, d'une Kriemhild qui paraît d'abord bien cruche avant de se révéler implacable dans le final, à Siegfried dont l'arrogance et la trop grande confiance le mèneront à sa perte, en passant par le roi Gunther, incapable de s'imposer à une épouse offerte par le héros.


La réalisation de Lang permet d'instaurer un souffle étonnant dans cette seconde moitié pourtant bien plus calme, insistant largement sur les troubles des différents personnages et sur le destin inexorable de Siegfried (on relèvera d'ailleurs un court mais magnifique passage en animation, ou une superbe transformation d'un arbre en crâne humain). Il réserve encore quelques passages magnifiques, comme la mort du héros, transpercé par une lance dans un décor idyllique.

Les Nibelungen : la mort de Siegfried est ainsi une des plus grandes oeuvres de l'histoire du cinéma, avec une première heure épique et spectaculaire, avec un univers d'une incroyable richesse, et une seconde moitié plus calme mais presque aussi prenante. Avec quelques scènes mémorables et le talent de Fritz Lang et la qualité des effets spéciaux, le film résiste en plus admirablement aux assauts du temps, restant étonnamment moderne et bien plus réussi que tous les films de fantasy des 90 dernières années.

Note : 10/10


lundi 1 avril 2013

Le Monde fantastique d'Oz


Titre : Le Monde fantastique d'Oz (Oz : the great and powerful)
Réalisateur :  Sam Raimi
Acteurs : James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams
Date de sortie en France : 13 mars 2013
Genre : fantastique, fantasy

Synopsis : 
Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Avis : 
Plus de 70 ans après Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, Sam Raimi nous propose de replonger dans le pays d'Oz afin de découvrir les origines de son Magicien, mais aussi de sa méchante sorcière de l'ouest. C'est également l'occasion de retrouver la ville d'emeraude, Glinda la gentille sorcière du sud, les Munchkins et la célèbre route de brique jaune. Sam Raimi glissera aussi quelques clins d'oeil aux personnages du film de 1939, avec ce que l'on devinera être le Lion et le créateur de l'Homme de fer-blanc.


Autre hommage appuyé au film de Victor Fleming : Sam Raimi débute son film en noir et blanc, la couleur n'apparaissant, comme pour l'oeuvre originale, que lorsque nous arrivons au pays d'Oz. Il va également reprendre le système de doubles, les acolytes du magicien au Kansas ayant leur équivalent dans le monde féerique. Le réalisateur reproduit donc fidèlement le célèbre univers afin de retracer le parcours du Magicien et des sorcières, tout en restant dans le divertissement familial.


Dans un univers très coloré et délicieusement kitsch, nous découvrirons ainsi pourquoi la Méchante sorcière de l'ouest est si méchante, à travers une ambiance et une histoire très "disneyienne". Les nouveaux compagnons d'Oz, moins attachants que l'Epouvantail, l'Homme de fer-blanc et le Lion, restent ainsi très enfantins, et seul le personnage de Theodora est véritablement intéressant. La progression est également très linéaire, le groupe se contentant finalement d'aller et venir sur la route de brique jaune, et l'évolution du Magicien restant très prévisible.

On a ainsi un peu de mal à véritablement se passionner pour le film, jusqu'au formidable final opérant la jonction entre le film et son modèle, à grands renforts d'effets spéciaux et d'explosions multicolores. Un passage très réussi où le réalisateur des Evil Dead et des Spiderman glisse quelques images assez effrayantes, mais rappelle aussi par moments les duels de Harry Potter et la Coupe de feu ou de Star Wars épisode II : l'attaque des clones.

Sam Raimi signe ainsi un film familial agréable bien que trop convenu, la naïveté inhérente à l'univers d'Oz fonctionnant beaucoup moins 70 ans plus tard. Retrouvant pour l'occasion James Franco, par ailleurs très bien entouré (Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams, quand même !), et glissant l'habituel caméo de Bruce Campbell, le réalisateur risque d'agacer encore ses fans de la première heure, outrés de voir un ancien réalisateur de films d'horreur vendre son âme et réaliser des films tout public. Personnellement, je préfère largement voir ce Monde fantastique d'Oz plutôt que le paresseux Jusqu'en Enfer, par ailleurs bien moins effrayant.

Note : 6/10


mercredi 27 mars 2013

Jack le chasseur de géants


Titre : Jack le chasseur de géants (Jack the giant slayer)
Réalisateur : Bryan Singer
Acteurs : Nicholas Hoult, Eleanor Tomlinson, Ewan McGregor
Date de sortie en France : 27 mars 2013
Genre : fantasy, aventures

Synopsis : 
Lorsqu’un jeune fermier ouvre par inadvertance la porte entre notre monde et celui d’une redoutable race de géants, il ne se doute pas qu’il a ranimé une guerre ancienne… Débarquant sur Terre pour la première fois depuis des siècles, les géants se battent pour reconquérir leur planète et le jeune homme, Jack, doit alors livrer le combat de sa vie pour les arrêter. Luttant à la fois pour le royaume, son peuple et l’amour d’une princesse courageuse, il affronte des guerriers invincibles dont il s’imaginait qu’ils n’existaient que dans les contes. L’occasion, pour lui, de devenir une légende à son tour.   

Avis : 
Depuis la trilogie du Seigneur des anneaux, la fantasy est plus que jamais à la mode, et donne l'opportunité de revisiter certains univers. Le succès du Alice au pays des merveilles de Tim Burton ayant quant à lui remis les contes classiques au goût du jour, Le Magicien d'Oz, Blanche-Neige, Hansel et Gretel sont ainsi revenus sur nos écrans, dans des oeuvres souvent moyennes mais marquées par un aspect épique clairement inspiré de l'oeuvre de Peter Jackson, jusqu'à n'en proposer qu'un décalque sans inspiration, comme Blanche-Neige et le chasseur. Une influence que l'on retrouve dans cette nouvelle déclinaison de Jack et le haricot magique et Jack le tueur de géants.

C'est Bryan Singer, réalisateur d'Usual Suspects, des deux premiers X-Men ou de Superman Returns, qui s'y colle, entouré pour l'occasion du jeune Nicholas Hoult (Warm Bodies, X-Men : le commencement) dans le rôle de Jack, d'Ewan McGregor (Trainspotting, la prélogie Star Wars), de Stanley Tucci (Lovely Bones, Hunger Games) et d'Eleanor Tomlinson, pour une histoire assez classique, où un jeune homme que rien ne prédestinait à un destin exceptionnel va devenir un héros, sauver tout le monde et séduire la princesse.


A vrai dire, il est assez compliqué de parler de ce Jack le chasseur de géants : le film ne comporte ni qualité véritable, ni défaut flagrant, il est tout simplement quelconque. Son histoire ne réserve aucune surprise, se contentant d'aligner les passages que l'on attend sans imagination, mais on en attendant pas moins d'une telle oeuvre. De même, en hésitant constamment entre action épique et conte pour enfants, livrant quelques passages spectaculaires et même assez effrayants mais en les contrebalançant par un humour à base de pets et de crottes de nez, Bryan Singer n'offre qu'un spectacle fade d'où les rares scènes mémorables se comptent sur les doigts d'une main.

On en arrive rapidement à se détacher complètement du sort des héros, le destin des acteurs principaux étant évident et les personnages secondaires étant totalement interchangeables (l'oncle de Jack disparaît d'ailleurs purement et simplement, sans aucune explication). Même les effets spéciaux, très réussis, laissent de marbre et les géants, au look mi-effrayant mi-grotesque, n'ont aucune présence. Un comble ! Un constat identique s'impose en ce qui concerne les acteurs évoqués plus haut : s'ils ne jouent pas mal, ils campent néanmoins des personnages totalement lisses.

J'attendais bien plus de ce film de Bryan Singer, qui ne m'a donc finalement laissé qu'un sentiment...de ne rien avoir vu de particulier. Un film comme on pourra en voir des dizaines, ni bon ni mauvais, mais tout simplement tristement anecdotique.

Note : 4,5/10


vendredi 21 décembre 2012

Le Hobbit : un voyage inattendu


Titre : Le Hobbit : un voyage inattendu (The Hobbit : an unexpected journey)
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage
Date de sortie en France : 12 décembre 2012
Genre : fantasy

Synopsis : 
Dans Un voyage inattendu, Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers…

Avis :
Le voilà donc enfin ! Une décennie plus tard, Peter Jackson retourne en Terre du Milieu pour retrouver, après King Kong (2005) et Lovely Bones, et peut-être avant de réaliser son Tintin, l’univers qui l’a mondialement consacré pour une nouvelle trilogie. Après une préproduction cauchemardesque marquée notamment par des problèmes de droits autour de l’oeuvre de Tolkien, puis les problèmes financiers de la Metro-Goldwyn-Mayer et enfin le départ de Guillermo del Toro, qui devait réaliser le film, Peter Jackson reprend les commandes du film. Il est alors confronté à un nouveau problème : l’adaptation même du roman. Bilbo le Hobbit suit un rythme soutenu, sans véritablement se soucier de ses personnages, et selon une structure bien différente d’un film. Ainsi, comme il l’avait fait pour la première trilogie, Jackson va devoir repenser certains éléments de l’histoire, en développer d’autres, et va ainsi utiliser les appendices du Seigneur des anneaux afin de relier au mieux les deux trilogies tout en étoffant l’histoire de Bilbon, tel qu’aurait pu le souhaiter Tolkien.

Conséquence directe : alors que deux films étaient initialement prévus, le Hobbit devient une trilogie. Horreur ! Telle une horde d’orques déchaînés, la communauté des fans hurle, grogne des remarques inaudibles, est à deux doigts de jeter au feu son messie, Celui qui a transposé à l’écran les aventures de Frodon avec tant de génie. Pensez-vous : comment un livre comme Bilbo le Hobbit peut-il faire l’objet d’une adaptation aussi longue que celle du Seigneur des Anneaux. Peter Jackson est-il donc devenu à ce point obsédé par l’argent ? Déjà qu’il ne fait plus de films gores, si en plus il allonge démesurément ses adaptations juste pour faire comme les Harry Potter, Twilight ou Hunger Games, qu’allons-nous devenir ? Si une des explications a déjà été donnée plus haut (le Hobbit n’est pas l’adaptation du seul Bilbo le hobbit), on peut également noter que les montages de Jackson pour deux films dépassaient largement les trois heures. C’est cet aspect qui a convaincu la Warner d’en faire une trilogie, ce qui était apparemment l’idée du réalisateur depuis le début. Enfin, on se demandera si la durée d’une adaptation est directement liée au nombre de pages, pour rapidement s’apercevoir que non...Après tout, Peter Jackson a déjà largement montré dans La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi à quel point il pouvait étirer ou réduire des passages des livres.

L’histoire du Hobbit se déroule donc 60 ans avant celle du Seigneur des anneaux, et suit les premières aventures de Bilbon Sacquet. La première chose qui frappe, c’est que l’on ne met vraiment pas longtemps à replonger dans l’univers mis en images par le réalisateur néo-zélandais. On retrouve ainsi les mêmes paysages, les mêmes thèmes musicaux, la même façon de filmer...et quelques visages familiers. Elijah Wood (actuellement à l’affiche du remake de Maniac) reprend quelques minutes le rôle de Frodon, Ian Holm (Alien, le huitième passager) prête de nouveau ses traits à la version âgée de Bilbon, et Gandalf est toujours interprété par Ian McKellen (X-Men). Tout au long du film, nous croiserons ainsi quelques personnages bien connus de la Terre du Milieu, tels qu’Elrond (Hugo Matrix Weaving), Galadriel (Cate L’Etrange histoire de Benjamin Button Blanchett), Saroumane (Christopher "sa filmographie est trop conséquente pour ne citer qu’un film" Lee) ou bien sûr Gollum, toujours interprété par le formidable Andy Serkis. Bilbon est quant à lui joué par Martin Freeman (Le Guide du voyageur galactique, Shaun of the dead), dont la ressemblance avec Billy Boyd (Pippin dans la trilogie) renforce étrangement l’ascendance Touque du personnage.


A côté de ces visages connus, nous suivrons principalement une compagnie de nains, parmi lesquels Richard Armitage (Captain America : First Avenger) dans le rôle de Thorin ou Ken Stott (Petits meurtres entre amis) dans celui de Balin. La présence de ces personnages au centre du récit ne sera pas anodine : à l’image de Gimli dans la trilogie, ils serviront à de nombreuses reprises de ressort comique...et c’est là que l’on trouvera le premier défaut du film, même si l’on pouvait s’y attendre. En effet, ce Voyage inattendu est beaucoup plus léger et se veut beaucoup plus drôle que Le Seigneur des anneaux. Seulement, cet humour, principalement constitué de blagues à base de rots et de nains ou de trolls qui braillent joyeusement n’importe quoi, finit par lasser. J’avoue de toute façon n’avoir jamais accroché à l’humour de Peter Jackson, que j’ai toujours trouvé un peu puéril. Oui, même dans Braindead. Heureusement, la seconde partie du film oubliera largement cet aspect...mais souffrira largement de la comparaison avec les trois premiers films.

Car si l’on replonge vite dans cet univers, on en connait désormais les codes, et l’on devine très vite le dénouement de la plupart des scènes. Et si la démesure de Peter Jackson fonctionne toujours admirablement lors des scènes de bataille, on est rapidement rattrapé par un sentiment de déjà-vu. Le réalisateur ne cherche à aucun moment à se renouveler, et tout est finalement un peu moins bien qu’il y a 10 ans. Les passages épiques le sont un peu moins, la magie, l’ampleur, l’émotion présentes dès La Communauté de l’anneau se sont atténuées. Le film reste souvent spectaculaire, et réserve quelques moments forts comme la bataille entre les géants de pierre ou l’attaque de Smaug, mais on n’atteint à aucun moment la puissance d’un passage dans la Moria, l’émotion de Amon Hen. Même les effets spéciaux ne semblent pas avoir progressé en une décennie : ayant revu la trilogie récemment, je trouve que beaucoup d’effets numériques ont commencé à vieillir, notamment avec certaines incrustations très moyennes et des personnages soudainement lisses ou flous. Cette impression se retrouve déjà dans Le Hobbit dans certains passages, tels que la bataille souterraine. En revanche, certains éléments semblent avoir fait l’objet d’un soin tout particulier, et particulièrement Gollum, absolument magnifique, ou les géants de pierre mentionnés plus haut. Les nouveaux personnages malfaisants bénéficient également d’un sacré charisme, comme Azog ou le roi des gobelins.

S’il reste évidemment largement supérieur à la grande majorité des films du genre, Le Hobbit : un voyage inattendu bénéficie et souffre en même temps de la comparaison avec Le Seigneur des Anneaux. Parfaitement cohérent, tant au niveau du visuel que du scénario, avec la trilogie, le film n’en retrouve néanmoins jamais l’intensité et le souffle, plombé par de multiples petits défauts. Pourtant, certaines pistes entamées lors de ce premier volet (le Nécromancien, le réveil de Smaug) laissent espèrer que le prochain volet, Le Hobbit : la désolation de Smaug, continuera sur la lancée de la seconde moitié de ce "Voyage inattendu", plus épique et plus sombre.

Note : 7/10

mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 2)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 13 juillet 2011
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
La quête de Harry Potter touche à sa fin. Le château de Poudlard s’apprête à accueillir le dernier affrontement entre sorciers. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui pourrait être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort. C’est ici que tout prend fin.

Avis :
Cette fois, nous y sommes. Après 10 ans de bons et loyaux services sur grand écran, Harry Potter tire sa révérence avec un huitième et dernier film devant enfin nous montrer le dernier face à face entre Lord Voldemort et le jeune sorcier à la cicatrice en forme d’éclair. Profitant d’un Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 fort réussi et d’une bande-annonce alléchante, cette seconde partie devait clore ces aventures de belle façon. Pourtant, mon principal sentiment en sortant de la salle, en plus de maudire les vacances scolaires, était celui d’une déception diffuse. Pas que le film soit mauvais, loin de là, mais il m’était difficile de ne pas attendre mieux de cette conclusion...

Le film reprend donc à la fin de la première partie : Lord Voldemort s’est emparé de la baguette de sureau, l’une des trois reliques de la mort qui doit le rendre encore plus puissant ; Harry Potter et ses amis viennent quant à eux d’enterrer l’elfe Dobby après s’être échappés du manoir des Malefoy, et doivent reprendre leur recherche des horcruxes. Ceux qui ont lu le roman le savent, il ne reste dès lors que deux événements centraux avant la fin de l’aventure, dont la bataille de Poudlard destinée à occuper une place importante dans le film...Une place si importante qu’on a l’impression que le réalisateur est pressé d’y arriver, ce qui rend toute la première partie plutôt laborieuse, manquant souvent de fluidité, peut-être à cause d’ellipses plus visibles que dans le film précédent.


Heureusement, cette première partie est marquée par la visite de la banque Gringotts, l’occasion de profiter d’une scène d’action très spectaculaire et bénéficiant d’impressionnants effets spéciaux. L’apéritif parfait pour le plat principal qui nous attend bientôt avec le retour à Poudlard, dont la bataille tant attendue, si elle débute assez tôt dans le film, ne sera pas si présente que ce que la bande-annonce semblait indiquer. Néanmoins, elle sera le cadre de passages épiques (la formidable préparation des défenses de l’école), rappelant à quelques occasions la démesure du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. Un côté épique qu’aurait encore pu renforcer la 3D, mais il n’en sera malheureusement rien : alors que le procédé aurait pu donner un résultat impressionnant, il ne sert ici strictement à rien (et pourtant, je suis plutôt bon public en ce qui concerne le relief), sinon à vous délester de quelques euros supplémentaires.

Autour de cette bataille spectaculaire, David Yates nous offre de nombreux passages émouvants, notamment avec le destin de certains personnages ou les révélations d’autres protagonistes (le passage de la Pensine reste un moment très fort). On notera également de nombreuses touches humoristiques, principalement grâce à Ron Weasley, mais aussi grâce à Minerva McGonagall. Mais surtout, ce dernier film est, comme l’était le livre, l’occasion de se remémorer l’ensemble de la saga grâce à quelques clins d’oeil : on rencontre ainsi quelques lutins des Cornouailles, on aperçoit brièvement le terrain de Quidditch, on retrouve plusieurs lieux familiers (Poudlard évidemment, Gringotts, la Chambre des secrets...) et quelques anciens visages.

Bref, on a parfois l’impression d’être entre deux feux : beaucoup de passages réussis, mais quelques déception, notamment lors d’une dernière partie qui, à trop vouloir nous offrir un ultime affrontement spectaculaire, ne réussit qu’à se prendre les pieds dans le tapis et vire même au ridicule. De quoi laisser un dernier goût amer en guise de conclusion, ce qui est franchement regrettable, d’autant qu’entre les scènes d’action épiques, l’émotion, l’humour, Harry Potter et les reliques de la mort partie 2, s’il reste un bon film, avait largement les arguments pour offrir au sorcier une sortie bien plus réussie.

Note : 6,5/10

mardi 30 novembre 2010

Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 1)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 24 novembre 2010
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
Harry, Ron et Hermione se sont lancés dans une périlleuse mission : retrouver et détruire les Horcruxes, le secret de l'immortalité du Seigneur des Ténèbres. Ayant laissé derrière eux Poudlard, l'Ordre du Phénix et leurs familles, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour accomplir leur quête. Pendant ce temps, la guerre a commencé et les Mangemorts prennent le contrôle du ministère de la Magie, puis de Poudlard. Tout opposant est pourchassé et arrêté, et la chasse aux Moldus est devenue monnaie courante. Pourtant, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'est toujours pas satisfait : l'Elu Harry Potter, la proie la plus dangereuse, est toujours hors de portée. Le seul espoir est alors qu'Harry et ses amis retrouvent les Horcruxes avant que le sorcier qui s'est lui-même attribué le titre de Lord ne s'attribue un pouvoir légendaire grâce à des objets légendaires, évoqués dans de vieux contes quasiment oubliés : les Reliques de la Mort. L'ultime bataille du monde des sorciers approche.

Avis :
Harry Potter...Voilà un nom qui provoque souvent bon nombre de réactions, de l'hystérie la plus totale au rejet le plus définitif, en passant par le désintérêt poli et la curiosité amusée. Un succès d'abord littéraire, initié en 1999 par Harry Potter à l'école des sorciers, premier livre d'une heptalogie devenue un véritable phénomène de société ; un succès ensuite cinématographique, une telle réussite ne pouvant être ignorée du monde du cinéma, qui s'empara donc logiquement du personnage dès 2001 pour ensuite adapter chaque épisode de la saga, avec à chaque fois un formidable engouement populaire, mais pas toujours critique, la faute bien souvent à une retranscription brouillonne, elliptique ou tout simplement trop enfantine, là où J.K. Rowling enfonçait son oeuvre dans une noirceur progressive. Une noirceur qui imprégnait les pages de "Harry Potter et les reliques de la Mort", l'ultime roman de la série (et qui devrait le rester selon l'auteure) enfin adapté au cinéma. Voilà maintenant dix ans que le sorcier à lunettes déambule sur nos écrans, et ses aventures touchent à leur fin.

Mais la fin, ça ne sera pas pour tout de suite. En effet, afin de donner à Harry Potter la sortie qu'il mérite, les producteurs ont décidé de rester un maximum fidèles au roman de Rowling...et se sont rapidement aperçus que la richesse et la densité de ce dernier, qui n'est pourtant pas le plus long de la saga, nécessitait une durée bien trop importante pour être limitée à un seul film. Si l'idée fut même rapidement évoquée de diviser le tout en trois, c'est finalement en deux parties qu'Harry Potter et les reliques de la Mort débarquera sur nos écrans : d'abord en novembre 2010 pour la première, qui nous intéresse ici ; puis en juillet 2011 pour la seconde. On notera d'ailleurs qu'il avait déjà été suggéré de scinder Harry Potter et la Coupe de Feu en deux, avant que l'idée ne soit abandonnée. Si cette scission pose évidemment la question de la volonté de profiter une dernière fois des Gallions durement gagnés des spectateurs Moldus, on ne peut néanmoins qu'apprécier la volonté de ne pas nous offrir une adaptation qui n'aurait été que l'ombre du roman, comme le fut Harry Potter et l'Ordre du Phénix par exemple, qui n'avait plus grand chose à voir avec l'oeuvre de Rowling (mais n'était pas pour autant désagréable).

Evidemment, un projet tel que la réalisation d'un double film en un va prendre énormément de temps : le tournage débute le 19 février 2009, pour s'achever le 12 juin 2010. Et évidemment, il faut également jongler avec les divers emplois du temps : Ralph Fiennes (Lord Voldemort), occupé par d'autres tournages, n'était pas toujours disponible, et il fallait également gérer l'entrée d'Emma Watson (Hermione Granger) à l'université, la jeune femme désirant poursuivre ses études. Il a également fallu tenir compte d'imprévus, comme la condamnation de Jamie Waylett (Vincent Crabbe) pour possession de drogue, nécessitant quelques arrangements scénaristiques, ou de façon plus cocasse la spectaculaire perte de poids de Harry Melling (Dudley Dursley), obligeant les maquilleurs à concevoir une combinaison pour donner l'apparence rondouillarde du personnage ! Enfin, il fallait trouver un réalisateur pour le film. Si Alfonso Cuaròn, déjà réalisateur de Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban a manifesté sa volonté de diriger le dernier volet, ainsi que Guillermo del Toro (déjà approché à l'époque du troisième volet) malheureusement retenu par la pré-production de The Hobbit, c'est finalement David Yates, réalisateur des deux épisodes précédents qui revient derrière la caméra, ayant l'avantage de bien connaître l'univers et l'équipe du film. Dernier point, alors que les deux moitiés du film devaient être diffusées en 3D mais, faute de temps, seul le second le sera. Apparemment, la Warner Bros. n'a pas voulu se retrouver une nouvelle fois face à la colère du public, qui avait vu d'un très mauvais oeil le report, pour raisons commerciales, du précédent volet Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé. On parle toutefois déjà d'une édition Blu-Ray permettant de visualiser la première partie en 3D.

Le sixième film se terminait de façon dramatique par la mort brutale de Dumbledore, tué par Severus Rogue. Avec sa mort, c'est le dernier rempart contre "Vous-savez-qui" et ses Mangemorts qui s'est effondré, faisant entrer le mode des sorciers dans les ténèbres. Un seul espoir, très maigre, subsiste : le Seigneur des Ténèbres a divisé son âme en plusieurs partie, l'abritant dans des objets maléfiques, les Horcruxes, afin de s'approcher de l'immortalité. Si l'on détruit ces fragments d'âme, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom sera enfin vulnérable. Cette quête est justement celle qui a été confiée à Harry Potter par Dumbledore avant son décès, ce dernier ne laissant que peu d'indices au jeune homme, qui sera aidé par ses camarades de toujours, Hermione Granger et Ron Wesley.
Une mission d'autant plus difficile que leur monde n'est plus sûr pour eux, Harry étant devenu "l'indésirable numéro 1" suite à la chute du Ministère, qui fait la chasse aux "nés-moldus", ces sorciers issus de familles de non-sorciers (et autrement qualifiés, de façon discriminatoire, de "sang de bourbe") dont fait partie Hermione ; quant à Ron, les Weasley ont toujours marqué une certaine affection pour les moldus et ont toujours soutenu Dumbledore, devenant ainsi des cibles pour les Mangemorts. C'est donc en fuite, disposant de très peu d'indices quant à leur mission que nous suivrons le trio dans la première partie de Harry Potter et les Reliques de la Mort.


Le roman de Rowling étant particulièrement sombre, l'une des attentes principales, en plus de l'éternel débat autour de la fidélité à l'oeuvre originale, était de retrouver cette atmosphère. Et dès les premières minutes, chargées en émotion, on sent que cet Harry Potter ne sera pas comme les autres. Une introduction qui donnera d'ailleurs déjà du grain à moudre à ceux souhaitant une fidélité totale au livre, puisqu'on y voit Hermione Granger utiliser le sortilège d'amnésie sur ses parents, un passage uniquement évoqué par J.K. Rowling mais dont l'impact est particulièrement fort, faisant de ce changement un choix vraiment judicieux, étoffant le personnage interprété par Emma Watson. Ce qui sera justement un aspect très plaisant du film : la plupart des modifications apportées à l'histoire originale, qui resteront assez discrètes, s'avèrent plutôt bien pensées et pertinentes. Ainsi, la scène de la fuite de(s) Potter de Privet Drive sera l'occasion d'une spectaculaire course-poursuite dans un environnement bien plus urbain que dans le livre. La principale exception à cette pertinence viendra d'un passage de danse assez incongru. Globalement, le transfert entre le roman et le film est effectué de façon très fidèle, la différence principale tenant au fait que le film enchaîne les événements de façon plus rapide, parfois même plus fluide, comme les passages assez longs dans le livre où le trio se contente de fuir de forêt en forêt. Bien entendu, tout n'est pas parfait, et on a parfois l'impression que certains passages-clé de l'histoire arrivent de façon assez brusque, et que le non lecteur pourra passer à côté de certains éléments. Mais rien de véritablement gênant, d'autant qu'il conviendra d'attendre la seconde partie pour se faire une idée plus précise de la version cinématographique de certains événements mis de côté ici.

Un Harry Potter pas comme les autres disais-je plus haut, ce qui se traduit notamment par un changement d'importance : alors que les autres films proposaient une introduction de 25 à 30 minutes après lesquelles les élèves arrivaient à Poudlard, l'école de sorciers, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie ne met jamais les pieds dans ledit établissement. Au contraire, le film nous emmène ici dans des lieux plus communs, accentuant le sentiment de solitude de Harry, Hermione et Ron abandonnés dans un monde qui n'est pas le leur, où ils n'ont que de rares repères (surtout Ron, étant issu d'une famille de sorciers) le danger pouvant surgir de partout. Si la magie est toujours très présente, elle se fait généralement moins spectaculaire, plus sobre : ce septième volet est celui de la confrontation constante au "monde réél" tel que nous le connaissons, ancrant ainsi l'histoire dans un cadre plus tangible. Jusque là, le monde Moldu se limitait quasiment à la maison des Dursley, la famille adoptive de Harry, et lorsqu'on voyait un élément "classique", il était généralement parasité par la présence d'éléments magiques : on découvrait Londres par le biais du Magicobus dans Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, la gare King's Cross cache le quai 9 ¾ et on survolait la campagne anglaise à bord d'une voiture volante dans Harry Potter et la Chambre des Secrets. Ici, le trio de retrouve dans Londres à pied, et les forêts qu'il traverse sont dépourvues de créatures imaginaires, contrairement à la Forêt Interdite de Poudlard.

Cette confrontation au réél devient d'autant plus évidente que dans le film met en avant un fait souvent écarté dans les films : les personnages peuvent être blessés, et certains peuvent même mourir. Certes, depuis Harry Potter et la Coupe de Feu, plusieurs personnages importants ont été tués, mais il faut bien avouer que le sortilège de mort, Avada Kedavra, est aussi efficace que non spectaculaire. De même, si Harry Potter a régulièrement été blessé dans les films précédents, et notamment dans son affrontement avec le Basilic de la Chambre des Secrets, tout ça n'est rien comparé à HP 7-1. Même si la violence graphique est atténuée par rapport au livre, il n'est plus rare de voir des personnages blessés, affaiblis physiquement et mentalement, arborant des blessures plus ou moins saignantes. Plus sombre car plus violent, le film est également plus sombre que ses prédécesseurs car...plus sombre. Là où les films précédents étaient souvent très colorés, très lumineux, même si la saga avait tendance à s'obscurcir dans les deux derniers épisodes, ce septième volet voit les couleurs devenir plus ternes, à dominante grise, le soleil étant généralement absent des sombres bâtiments dans lesquels les personnages évoluent, sous les arbres des forêts dans lesquelles ils se cachent, ou tout simplement au beau milieu de la nuit.

Plus sombre, le film l'est également dans son scénario, abordant quelques thèmes plus matures qu'à l'accoutumée. L'excursion au ministère met notamment l'accent sur l'eugénisme et le racisme du nouvel ordre établi, entendant clairement imposer sa domination aux moldus inférieurs et traquant ceux qui ne seraient pas "purs", au moyen d'arbres généalogiques, de tribunaux, de rafleurs et de liste de recensement. Pire, certains vont jusqu'à marquer la chair des "sang de bourbe", une pratique rappelant des heures sinistres de l'Histoire. Il est également question de foi, Harry suivant presque aveuglement les volontés de Dumbledore, se fiant à sa seule parole, ses compagnons se contentant alors de le suivre pensant qu'il détient la clé des mystères qui les entourent. Mais surtout, le scénario bouleverse l'ordre établi par les films précédents en offrant quelque chose de complètement nouveau. Si jusque là, les Harry Potter se contentaient d'un schéma assez classique encadré par les murs de Poudlard, nous sommes ici en présence d'une espèce de road movie, l'intrigue rebondissant continuellement de lieu en lieu avec une forme d'urgence liée à la fuite du groupe. Le parti-pris, conforme à l'oeuvre de Rowling, reste néanmoins assez osé, d'autant que la seconde partie s'annonce bien plus spectaculaire et rythmée. Pour éviter au maximum de gâcher le film à ceux qui liraient ces lignes sans l'avoir vu, je n'évoquerais d'ailleurs pas avant l'avant-dernier paragraphe le moment choisi par l'équipe du film pour effectuer la coupure entre les deux parties. Je vous avertirais de nouveau le moment venu.

Evidemment, Harry Potter ne serait pas Harry Potter sans Daniel Radcliffe et ses compagnons. J'avouerai ne jamais avoir été fan de l'acteur, que je trouve souvent irritant, quand il n'est pas monolithique, dans le rôle du sorcier, et avoir une large préférence pour Rupert Grint, que je trouve très bon dans le rôle de Ron Weasley, traduisant parfaitement la nonchalance caractéristique du personnage, néanmoins capable de se dépasser quand l'occasion se présente. De même, j'ai toujours beaucoup apprécié les prestations d'Alan Rickman (Severus Rogue), Evanna Lynch (Luna Lovegood, un de mes personnages préférés), Helena Bonham Parker (Bellatrix Lestrange) ou encore Tom Felton (Drago Malefoy). Mais ici, c'est surtout Emma Watson qui crève l'écran dans le rôle d'Hermione Granger. Si je l'ai toujours trouvée à l'aise avec le personnage décrit par J.K. Rowling, je trouve qu'elle atteint une dimension supplémentaire ici, s'accaparant totalement le personnage et réussissant à retranscrire parfaitement le passage d'adolescente à jeune femme du personnage, passant allégrement de l'une à l'autre en quelques secondes. Concernant la réalisation, David Yates, maintenant bien habitué à l'univers magique de la saga, nous donne quelques scènes particulièrement spectaculaires, ne se loupant véritablement que sur un des derniers passages d'action du film, quasiment illisible tant l'image remue et le montage est rapide. En revanche, il convient d'attribuer une mention spéciale à l'animation illustrant le conte des Reliques de la Mort, d'une exquise beauté.

Comme promis, je vais ici évoquer quelques moments importants du film, et quelques éléments de la seconde partie. Donc si vous n'avez pas vu le film et que vous voulez garder la surprise (surtout si vous n'avez pas lu le livre), je vous conseille de ne pas lire ce qui suit. Fidèle au roman, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie en reprend tous les éléments clés, de la poursuite initiale entre les clones de Harry et les Mangemorts à la destruction du premier Horcruxe en passant par le Ministère de la magie. On s'apercevra notamment que, même en divisant l'histoire en deux parties, la volonté de rester fidèle au livre reste limitée par la durée du film (environ 2h25 quand même), ce qui entraîne une impression de précipitation lors de certains passages, principalement lors de l'intrusion au Ministère. 2h25 pour caser tout ce qui se passe jusqu'à l'arrivée à la chaumière aux coquillages. Les connaisseurs auront donc noté qu'il ne restera, pour la seconde partie, que le passage à Gringotts et...la bataille de Poudlard, qui s'annonce donc dantesque ! Une perspective qui pourra rendre difficile l'attente jusqu'à l'été prochain...

Première moitié du septième volet des aventures du célèbre sorcier à la cicatrice à l'éclair, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 1ère partie réussit (enfin !) à rendre justice à l'oeuvre de J.K. Rowling, lui étant le plus fidèle possible tout en rendant généralement pertinentes ses ellipses et ses modifications. Arrivant enfin à maturité, la saga se pare ici d'atours plus sombres, plus adultes, dans un road movie alternant à merveille les passages spectaculaires et les moments plus intimistes, et constitue le tremplin idéal avant un final laissant entrevoir beaucoup de promesses, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 2ème partie devant enfin voir Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom affronter Celui-qui-a-survécu. Car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

Note : 8/10