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vendredi 27 novembre 2015

Spectre


Titre : Spectre
Réalisateur : Sam Mendes
Acteurs : Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux
Date de sortie en France : 11 novembre 2015
Genre : action, espionnage

Synopsis : 
Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M. Bond persuade Moneypenny et Q de l’aider secrètement à localiser Madeleine Swann, la fille de son vieil ennemi, Mr White, qui pourrait détenir le moyen de détruire Spectre. Fille de tueur, Madeleine comprend Bond mieux que personne… En s’approchant du cœur de Spectre, Bond va découvrir qu’il existe peut-être un terrible lien entre lui et le mystérieux ennemi qu’il traque…

Avis : 
Après le formidable Skyfall, la saga 007 était attendue au tournant. Toujours piloté par Sam Mendes, Spectre nous entraîne au Mexique, en Italie, en Autriche, au Maroc, au beau milieu du Sahara avant de revenir à Londres pour une aventure destinée à relier entre eux les épisodes précédents par le biais de l'organisation terroriste Spectre.


 Les références aux précédents ennemis de Bond se multiplient ainsi, dans un film qui semble marquer pour l'occasion un retour prononcé aux codes bondiens, jusqu'à frôler parfois la parodie. Il faut voir avec quelle facilité Bond séduit Monica Bellucci pour lui soutirer des informations, avec quelle aisance il transforme Léa Seydoux (toujours aussi mollasse) d'alliée de circonstance agressive et méfiante en amoureuse transie et inoffensive, avec quelle nonchalance il dégomme la brute épaisse présentée comme invincible lancée à ses trousses.

 Le scénario souffre également de ce retour en arrière, avec des enjeux peu transcendants et un grand méchant (le décevant Christoph Waltz) aux motivations un peu grotesques. Le tout est extrêmement fade en comparaison de Casino Royale et Skyfall, mais aussi au regard du concurrent Mission : impossible – Rogue nation avec lequel il partage quelques thèmes similaires.

 Heureusement, il nous reste la virtuosité de Sam Mendes, notamment dans cette séquence d'introduction à couper le souffle, et la décontraction de Daniel Craig toujours impeccable dans le costume de l'agent. Il éclipse d'ailleurs totalement le reste du casting, entre James Bond girls transparentes, ennemis décevants et seconds rôles sans grand intérêt. 

C'est peu de le dire : on attendait beaucoup mieux de ce Bond post-Skyfall. Hélas, le film semble avoir oublié toute ambition, se contentant de nous rebalancer les recettes des précédentes générations de 007. Si ça nous permet de passer 2h30 sans s'ennuyer, grâce à quelques moments spectaculaires (les poursuites en voiture ne sont néanmoins pas une réussite), on reste clairement sur notre faim...

 Note : 6/10


mercredi 9 avril 2014

The Grand Budapest Hotel

 

Titre : The Grand Budapest Hotel
Réalisateur : Wes Anderson
Acteurs : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Adrien Brody
Date de sortie en France : 26 février 2014
Genre : comédie

Synopsis : 
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Avis : 
Pour son huitième long-métrage, Wes Anderson nous emmène dans un pays imaginaire d'Europe centrale, au sein d'un hôtel prestigieux où officient monsieur Gustave, le concierge, et Zéro, le garçon d'étage. Le duo va se retrouver au beau milieu d'une histoire mêlant le vol d'une oeuvre d'art, un héritage convoité, la montée des extrémismes et l'idylle du jeune homme avec Agatha.


Avec l'éternelle élégance qui caractérise ses oeuvres, Wes Anderson va ainsi nous plonger au sein d'un tourbillon de couleurs et de saveurs, jonglant avec les genres et les univers dans une oeuvre dont l'ampleur grandit à chaque seconde. On suit ainsi avec un plaisir croissant les aventures des deux hommes, brillamment interprétés par Ralph Fiennes et Tony Revolori, dans un film au rythme infernal et dont l'humour rappelle les films d'Ernst Lubisch ou Buster Keaton.

Cet humour se retrouve jusque dans la réalisation d'Anderson, qui s'amuse avec des techniques classiques, utilisant plusieurs formats, insistants sur les champs-contrechamps, osant quelques ringardises volontaires, quelques clins d'oeil rafraichissants au profit de situations parfois saugrenues, dans un ensemble qui tient incroyablement bien la route et se révèle vraiment euphorisant. Ajoutez à tout cela une brochette formidables d'acteurs en pleine forme, et vous obtenez une des meilleures oeuvres de ces premiers mois de 2014.

The Grand Budapest Hotel est donc une succulente comédie, une mille-feuille réunissant de nombreux genres, de nombreux thèmes et devenant encore meilleur à chaque minute. A dévorer sans aucune modération (oui, j'ai bien conscience de la ringardise de la formule !).

Note : 9/10




samedi 8 mars 2014

La Belle et la Bête (Christophe Gans)


Titre : La Belle et la Bête
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier
Date de sortie en France : 12 février 2014
Genre : conte, fantastique

Synopsis : 
 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s'exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux, Belle, la plus jeune de ses filles. Lors d'un éprouvant voyage, le marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Elle se rend au Château...

Avis : 
Après une adaptation au cinéma d'un manga (Crying Freeman), d'un mystère historique (Le Pacte des loups) et d'un jeu vidéo (Silent Hill), Christophe Gans s'attaque au conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, La Belle et la Bête. Neuvième adaptation de l'histoire, après notamment les versions de Jean Cocteau et de Disney, et avant peut-être celle de Guillermo del Toro, le film de Gans va hélas se révéler très moyen.


Car malgré un budget conséquent, et visible à chaque instant, ce cru 2014 va surtout n'être qu'une belle coquille vide. Les décors sont ainsi exceptionnels, les effets spéciaux très réussis, mais cela ne permettra pas d'oublier une histoire très légère, sans surprise, et qui donne même le sentiment de comporter quelques zones d'ombre, comme s'il était nécessaire de connaître les adaptations précédentes de l'histoire pour véritablement suivre le film. On a ainsi l'impression d'être devant un film totalement destructuré, ou certains éléments ne sont pas développés (les chiens, meilleurs amis de Seydoux ?) ou débarquent sans crier gare (les géants ?). Que dire également de la relation entre Belle et la Bête, totalement délaissée et n'évoluant que par à-coups, sans aucune finesse.

Mais le pire vient sans doute du casting. Vincent Cassel est, comme souvent, à côté du personnage, et Léa Seydoux n'est clairement pas une Belle crédible. Quant aux seconds rôles, ânonnant leurs répliques avec l'application d'un enfant récitant un poème, ils tirent encore vers le bas un film déjà handicapé par la faiblesse de ses dialogues. Mention spéciale à Audrey Lamy, qui nous nous fait regretter dès les premières minutes de nous être installés dans la salle.

Cette nouvelle adaptation de La Belle et la Bête est donc un film très moyen, préférant en mettre plein les yeux plutôt que de livrer l'essence dramatique d'une histoire qui ne semble pas intéresser Gans. Aucune profondeur, aucune poésie, aucune beauté, le film sombre même dans une certaine vulgarité et se contente d'aligner sans aucune imagination ses séquences d'une platitude extrême.

Note : 3/10


samedi 26 octobre 2013

La Vie d'Adèle : chapitres 1 & 2


Titre : La Vie d'Adèle : chapitres 1 & 2
Réalisateur : Abdellatif Kechiche
Acteurs : Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : drame, romance

Synopsis : 
À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...


Avis : 
Palme d'Or au Festival de Cannes 2013, La Vie d'Adèle est tiré du roman graphique Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Il raconte quelques années de la vie d'Adèle, de son adolescence à l'âge adulte, marquées par son histoire d'amour avec Emma. Un film autant marqué par l'accueil unanime de la presse que par les déclarations de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sur les conditions de tournage, et la colère d'Abdellatif Kechiche en réaction à ces critiques.


Des critiques, on aurait d'ailleurs pu (dû ?) en voir bien plus à l'égard de ce film d'une durée exagérée (3h de film, dont une qui n'a plus rien à raconter, ça fait beaucoup) et qui ne traite finalement son sujet qu'en surface, comme s'il ne souhaitait montrer que le côté divertissant de l'homosexualité (en gros, le sexe) et oublier le reste, faisant même purement et simplement disparaître certains personnages pour ne pas parasiter le film avec un peu de réflexion. Globalement, c'est avec tout un système de ficelles et de facilités que le film progresse, se contentant bien souvent d'aligner les clichés (l'opposition entre la famille aisée, buvant du grand vin, se régalant de fruits de mer, amateurs d'art et ouverts d'esprit, et la famille de prolétaires dévorant ses spaghettis-bolo tout en étalant sa beaufitude l'illustre parfaitement).

Et comme conscient des limites de sa narration et de son univers, Kechiche va multiplier les (longues) scènes de sexe, comme autant d'étreintes bestiales dont on extirpera difficilement de l'amour. Et si le début du film, quand Adèle est encore lycéenne, reste assez frais et sympathique, La Vie d'Adèle devient peu à peu une coquille vide, d'une remarquable banalité, se perdant totalement dans une dernière partie loupée, peu aidée par une Adèle Exarchopoulos manquant totalement de crédibilité en adulte, ressemblant surtout à une gamine coincée dans les vêtements de sa mère.

Il est assez étonnant de ne lire quasiment que du bien d'un film aussi moyen que La Vie d'Adèle. S'il n'est pas foncièrement désagréable, au moins pendant 2heures, il est d'une banalité et d'une platitude lassante qui en font une oeuvre finalement assez puérile. Et ce n'est certainement pas les scènes de sexe, très crues, qui viendront donner du crédit au film, malgré la qualité de l'interprétation des deux actrices.

Note : 3/10




jeudi 10 octobre 2013

Grand central


Titre : Grand central
Réalisatrice : Rebecca Zlotowski
Acteurs : Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet
Date de sortie en France : 28 août 2013
Genre : romance, drame

Synopsis : 
De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace.

Avis : 
 Très librement inspiré du livre La Centrale d'Elisabeth Filhol, Grand central met donc en scène deux des jeunes acteurs français les plus intéressants du moment, Tahar Rahim (Un prophète, Le Passé) et Léa Seydoux (Les Adieux à la Reine, La Vie d'Adèle), pour une histoire d'amour compliquée dans un cadre très particulier : celui d'une centrale nucléaire, où travaillent le mari de Karole et Gary, qui deviendra rapidement son amant.


Ainsi, à l'histoire assez classique de la jeune femme adultère qui trompe son mari avec un homme plus jeune et plus séduisant répond sans cesse l'environnement, anxiogène par nature, du lieu de travail, où chaque mouvement peut être dramatique, où la confiance entre équipiers doit être maximale, et où la radioactivité s'infiltre constamment, comme un poison contre lequel on ne peut lutter...tout comme la jalousie. Le parallèle est ainsi (trop) évident, laissant craindre à chaque instant une issue fatale, rendant surtout chaque passage au milieu des radiations assez pesant.

Hélas, si les acteurs donnent tout ce qu'ils ont, l'ensemble manque clairement de souffle et s'avère quand même assez répétitif, d'autant que la réalisatrice ne semble pas vouloir aller au bout de ses idées, nous offrant un final vraiment raté, comme une espèce de contre-pied de tout ce qu'on a vu jusque là.  Les personnages secondaires sont souvent rapidement abandonnés alors qu'ils apportaient toute la profondeur du film, de la débrouillardise et l'insouciance peu à peu éteinte des plus jeunes à la lassitude des plus anciens.

On reste donc un peu sur notre faim avec ce Grand central, qui vaut donc surtout pour la prestation de son duo de héros et pour la centrale nucléaire, véritable personnage à part entière plutôt qu'une simple toile de fond, donnant au film quelques passages anxiogènes, mais au service d'une thématique assez scolaire...

Note : 6,5/10