Affichage des articles dont le libellé est joaquin phoenix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est joaquin phoenix. Afficher tous les articles

vendredi 6 juin 2014

Signes


Titre : Signes (Signes)
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs : Mel Gibson, Joaquin Phoenix, M. Night Shyamalan
Date de sortie en France : 16 octobre 2002
Genre : science-fiction, drame

Synopsis : 
A Bucks County, en Pennsylvanie. Après la perte de sa femme, Graham Hess a rendu sa charge de pasteur. Tout en s'occupant de sa ferme, il tente d'élever de son mieux ses deux enfants, Morgan et Bo. Son jeune frère Merrill, une ancienne gloire du base-ball, est revenu vivre avec lui pour l'aider. Un matin, la petite famille découvre l'apparition dans ses champs de gigantesques signes et cercles étranges.

Avis : 
Après les succès de Sixième sens et Incassable, M. Night Shyamalan s'intéresse au phénomène des crop-circles, ces figures géométriques gigantesques qui apparaissent mystérieusement dans des champs en l'espace d'une nuit. Des signes dont on ignore la signification et qui sont ouverts à toutes les interprétations... à l'image des événements que certains voient comme des signes du destin et qui nourrissent leur foi.


Car Signes est avant tout un film sur la foi, utilisant la toile de fond de l'invasion extraterrestre pour confronter le personnage interprété par Mel Gibson à ses doutes sur l'existence de Dieu. A l'exception des dernières minutes, M. Night Shyamalan se garde bien de donner une réponse, laissant le spectateur se faire sa propre opinion. Mais au-delà de cette thématique apparemment sujette à controverse (beaucoup de détracteurs du film concentrent leurs critiques sur cet unique aspect), Signes démontre également le talent du réalisateur d'origine indienne pour raconter une histoire forte.

Le film suit en effet une progression remarquable, commençant par d'infimes détails pour peu à peu confirmer l'hypothèse extraterrestre : de maigres indices d'abord, puis la confirmation progressive d'une présence menaçante autour de la ferme, et une crainte entretenue par les médias. Le film réserve même quelques moments assez effrayants, comme la visite nocturne du champ de maïs ou la séquence dans la cave.

Avec en prime un casting de qualité (une toute jeune Abigail Breslin et Joaquin Phoenix accompagnent Mel Gibson), Signes est à mes yeux le meilleur film de M. Night Shyamalan jusqu'à aujourd'hui. Une oeuvre forte, intense et au scénario abouti dont on ne regrettera que les dernières minutes et une tendance à tout nous montrer, là où on aurait peut-être préféré la suggestion...

Note : 8,5/10


vendredi 21 mars 2014

Her


Titre : Her
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs : Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Date de sortie en France : 19 mars 2014
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Avis : 
Récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original, Her raconte l'histoire d'amour entre un homme et un système d'exploitation informatique. Prenant place dans un futur proche, le film nous décrit une société individualiste, où les rapports entre personnes sont réduites au minimum et où toutes les interactions passent par le virtuel, omniprésent, et où même les lettres d'amour sont rédigées par des inconnus. Chaque individu passe ainsi le temps scotché à des appareils électroniques, ayant accès à toutes les informations dont il a besoin... 


Dans cet avenir qui ne semble pas si lointain, et fait parfois penser à la série Black mirror, les rapports humains sont biaisés par la possibilité d'enquêter à loisir sur l'autre, par la capacité à assouvir le moindre de ses fantasmes en quelques secondes... Des rapports factices finalement, qui n'entraînent finalement qu'une solitude plus grande encore, au point de pouvoir tomber amoureux d'un programme virtuel sans que cela ne choque personne. 

Car Samantha (dont la voix est celle de Scarlett Johansson, remarquable dans ce rôle où on ne la voit pas une seconde) a tout pour plaire : intelligente, drôle, à l'écoute, elle évolue selon la personnalité de son correspondant. Ici Theo, marqué par sa rupture récente et sensible, particulièrement réceptif à l' "attention" que lui porte le programme, oubliant même rapidement qu'il ne s'agit que d'une suite de codes, à la personnalité et aux sentiments simulés. 

La relation a ainsi une issue inéluctable, à mesure que certains détails rappellent à Theo la nature virtuelle de son amour, dans des passages aussi drôles que cruels (le pique-nique, l'intervention d'une inconnue), porté par la simplicité d'un Joaquin Phoenix étonnant. Her fait ainsi mouche en développant avec intelligence et douceur un thème devenu assez classique, dont l'aspect science-fiction s'efface peu à peu pour nous livrer une certaine idée de la société actuelle et de ses dérives.

Note : 9/10


lundi 3 février 2014

En vrac 2013

Voilà donc, en vrac, plusieurs films qui n'ont pas fait l'objet d'une fiche unique sur ce blog, généralement parce que je n'avais pas assez de choses à en dire, que le film ne m'inspirait pas assez.

20 ans d'écart, de David Moreau, avec Virgina Efira, Pierre Niney...
Une énième comédie sentimentale à la française, avec pour unique originalité la mode de la "femme couguar". Pas désagréable à regarder, mais bien trop convenu pour être mémorable...

A la Merveille (To the Wonder), de Terence Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem...
Je suis resté un peu le cul entre deux chaises face à ce film, où Malick tente de laisser s'exprimer au maximum les sentiments, quitte à perdre le spectateur en chemin...mais nous impose en permanence les pensées de ses personnages, leur enlevant quasiment tout mystère. Trop ou pas assez radical, A la Merveille est finalement simplement bancal.

Les Apaches, de Thierry de Peretti, avec François-Joseph Culioli, Aziz El Haddachi, Hamza Meziani...
Un film assez glaçant sur la violence en Corse, et sur la façon dont un simple doute peut avoir des conséquences dramatique. On retiendra notamment une virée nocturne interminable et tétanisante, une des scènes les plus marquantes de l'année.

Blue Jasmine, de Woody Allen, avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins...
Entièrement porté par l'interprétation sublime de Cate Blanchett, le dernier Woody Allen n'a en fait pas vraiment d'autre qualité, et offre notamment une énorme impression de déjà-vu dans le parcours de cette femme accroc aux signes extérieurs de richesse.


Frances Ha, de Noah Baumbach, avec Greta Gerwig...
Beaucoup d'énergie et un vrai sens de l'à-propos pour le portrait de cette jeune artiste désoeuvrée vivant au jour le jour, au fil de ses rencontres et mésaventures. Un film qui laisse un grand sourire pendant toute sa durée, et encore bien après.

Le Géant égoïste, de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas...
Un conte à la Dickens, relatant l'histoire de deux gamins tentant de se débrouiller dans la friche industrielle du nord de l'Angleterre. Une très belle histoire d'amitié doublée d'un drame poignant, où l'innocence de ces enfants se heurte à la réalité du monde des adultes, manipulateurs, menteurs et profiteurs. Une des belles surprises de l'année.

La Grande bellezza, de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo, Carlo Verdone...
Une plongée façon "syndrome de Stendhal" dans la Rome décadente des artistes repliés sur eux-mêmes, rappelant furieusement le cinéma de Fellini. Sans doute l'un des films les plus aboutis techniquement de l'année, et avec un Toni Servillo magnifique dont certains monologues sont d'un sublime cynisme. Très étrangement, on en ressort aussi déprimé qu'euphorique, épuisé par des scènes de fêtes à la démesure épuisante.

The Immigrant, de James Gray, avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner...
Une belle coquille vide. Si la réalisation et l'aspect visuel rappellent certains grands classiques du cinéma, le film de James Gray tourne malheureusement à vide, son scénario ne proposant rien malgré un Joaquin Phoenix comme toujours parfait.

 Je suis supporter du Standard, de et avec Riton Liebman, avec Léa Drucker, Samir Guesmi...
L'idée de traiter le football comme une véritable addiction est formidable, et donne lieu à quelques scènes cocasses (la purge, la rechute, le test de dépendance), mais peine à remplir un film qui ne va jamais plus loin que ses fulgurances humoristiques.

Jobs, de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney...
L'ascension de Steve Jobs, campé par un Ashton Kutcher dont la ressemblance est parfois troublante. Ce biopic s'adresse néanmoins à un public connaissant déjà le parcours de Jobs, utilisant de nombreux raccourcis plombant parfois le rythme d'un récit peu passionnant.

 The Lunchbox, de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur...
Une romance assez originale, rappelant les premiers émois d'adolescents apprenant à se découvrir par courriers. Un joli film, qui évite de sombrer dans la facilité, et qui est aussi touchant que drôle grâce à une belle sobriété et une belle pudeur.

Magic, magic, de Sebastian Silva, avec Michael Cera, Juno Temple...
Un thriller étonnant, qui nous emmène aux confins de la folie avec le personnage interprété par Juno Temple, perdue dans un environnement qui lui est étranger, au milieu de quasi-inconnus. Les barrières de sa réalité s'effacent peu à peu pour l'enferme dans un monde imaginaire, à l'insu de ses camarades, donnant une ambiance très étouffante à certaines scènes.

Mystery, de Lou Ye, avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi...
Plutôt moyen, ce thriller chinois se perd peu à peu en essayant de brouiller les pistes, gâchant un peu le drame familial et social de ces femmes trahies par le même homme, l'une acceptant la situation, l'autre ne la supportant pas. Cela suffisait amplement, sans avoir finalement besoin d'ajouter cette touche de "mystère" finalement très artificielle...


Song for Marion, de Paul Andrew Williams, avec Terence Stamp, Vanessa Redgrave, Gemma Arterton...
Un joli film, très pudique, sur le deuil et le travail de mémoire d'un vieux bougon devenu veuf depuis peu. Quelques scènes sublimes, d'autres très drôles (le groupe chantant du hard rock), et un couple d'acteurs vraiment touchants.


Spring breakers, de Harmony Korine, avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens...
On attendait un film un peu sulfureux ou subversif. On a finalement eu un film légèrement acidulé, comme une friandise pour adolescente, où Korine tente de mettre en abîme la vacuité de ses personnages par la vacuité de son scénario. Vain.

Upside down, de Juan Solanas, avec Kirsten Dunst, Jim Sturgess...
Un univers visuellement sublime, au service d'une romance impossible façon Roméo & Juliette. Rien de bien nouveau donc, malgré quelques images magnifiques.

mardi 12 mars 2013

Walk the Line


Titre : Walk the Line
Réalisateur : James Mangold
Acteur : Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick
Date de sortie en France : 15 février 2006
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Né en 1932 dans un bled de l'Arkansas, John R. Cash voit son enfance bouleversée lorsque son frère aîné meurt dans un accident dont il sera injustement tenu responsable par leur père. À l'âge adulte, il se fascine pour la musique et entreprend d'enregistrer sa première chanson en 1955, malgré le peu d'encouragement de sa femme Vivian, qui ne voit pas d'avenir dans ce métier.

Avis : 
Walk the Line retrace la vie, de son enfance à son célèbre concert dans la prison de Folsom, de l’un des artistes américains majeurs du vingtième siècle : Johnny Cash. Réalisé par James Mangold (Identity, Copland, 3h10 pour Yuma), il met en scène l’ascension de l’artiste, de ses premiers tubes à la célébrité, puis sa chute, rattrapé par les problèmes d’alcool, de drogues et de femmes, avant la renaissance, aux côtés de June Carter.


Accompagnés par les chansons des deux artistes, interprétées par Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon qui, choisis par Johnny Cash et June Carter en personne, ont pris des cours de chant pendant des mois, nous découvrons ainsi les coulisses des tournées de ces deux artistes, et la part d’ombre du chanteur, expiant la culpabilité de la mort de son frère, l’hostilité de son père et le manque de soutien de son épouse en brûlant la vie par les deux bouts. La descente aux Enfers est violente, la chute est terrible. La rédemption n’en sera que plus belle, dans un retournement de situation comme l’aiment tant les américains.

La vie de Johnny Cash se prêtait merveilleusement à une adaptation cinématographique, mais encore fallait-il un acteur convaincant dans le rôle du «Man in Black», capable d’interpréter la tendance à l’autodestruction du chanteur écorché vif, sa fragilité et sa colère contenue. Le défi sera largement réussi par Joaquin Phoenix, qui confirme tout son talent déjà vu dans Gladiator ou confirmé plus tard dans The Master. A ses côtés, l’étonnante Reese Witherspoon, bien loin de ses rôles précédents (Sexe Intentions, La Revanche d’une blonde) et qui obtiendra même l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de la compagne de Cash, June Carter.

Quelques passages très intenses (les confrontations entre Johnny Cash et son père, les scènes dans la prison) achèvent de faire de ce Walk the Line un excellent film, porté par un splendide duo d’acteurs. Une oeuvre qui donne immédiatement envie de se plonger dans les disques de l’artiste américain, et notamment dans le live At Folsom Prison.

Note :
8/10


vendredi 8 mars 2013

The Master

Titre : The Master
Réalisateur :  Paul Thomas Anderson
Acteurs : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams
Date de sortie : 9 janvier 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

Avis : 
Il n'aura fallu que quelques films à Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia, There will be blood) pour devenir une des figures majeures du cinéma américain actuel. Avec The Master, il s'intéresse de nouveau à la relation douloureuse entre deux hommes, réunis ici autour d'une secte rappelant fortement l'Eglise de Scientologie. Deux hommes, deux acteurs immenses : dans le rôle du Maître, un habitué des films de PTA, Philip Seymour Hoffman (Truman Capote), au charisme tranquille, aussi séduisant qu'effrayant ; dans le rôle du vétéran alcoolique, Joaquin Phoenix (Gladiator, Walk the line), entre colère contenue et explosions.


The Master est un film fascinant. Les face-à-face entre les deux hommes sont d'une remarquable intensité (la première séance de thérapie est formidable), l'évolution de la relation entre les deux hommes, entre attraction et répulsion, parfaitement dosée, et chacun finit par se nourrir de l'autre, Freddie s'apaisant pendant que Dodd se durcit, tolérant de moins en moins les critiques. Mais Freddie est ingérable, et sa violence refoulée, son goût pour le sexe, finiront par attirer les rancoeurs des proches de Dodd.

The Master est également un film un peu obscur. Très bavard, il expose parfois les théories de la Cause de façon très brutale, très cérébrale. Evidemment, cela nous met directement dans la peau de Freddie, qui ne comprendra jamais totalement les belles phrases du Maître, et les limites du talent oratoire de Dodd montreront rapidement ses limites face à des objections argumentées. Mais, le film durant plus de deux heures, l'accumulation de dialogues un peu exigeants finit par lasser un peu. D'autant que cela donne l'impression que Paul Thomas Anderson se regarde filmer : c'est souvent parfaitement réalisé, certains plans sont sublimes, mais on a parfois un sentiment de superficialité.

Aussi fascinant qu'exigeant, ce nouveau film de Paul Thomas Anderson déconcerte donc un peu. Néanmoins, les performances exceptionnelles, comme très souvent, de Philip Seymour Hoffman et de Joaquin Phoenix, justifient à elles seules la vision de ce film d'une puissance rare.

Note : 7,5/10