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mercredi 18 mars 2015

Lazarus effect


Titre : Lazarus effect (The Lazarus effect)
Réalisateur : David Gelb
Acteurs : Mark Duplass, Olivia Wilde, Donald Glover
Date de sortie en France : 11 mars 2015
Genre : épouvante, fantastique

Synopsis : 
Une équipe de chercheurs universitaires découvre comment ramener les morts à la vie. Ils n'imaginent pas ce que leurs expériences vont déclencher.

Avis : 
Le thème de la vie après la mort est une source d'inspiration intarissable pour le cinéma horrifique. Entre les zombies (Zombie, Le Mort vivant) et les savants fous (Re-Animator), une constante : jouer à Dieu avec des cadavres n'est jamais une bonne idée, et cela se termine toujours par un carnage et des effusions de sang. La recette est connue, ne change jamais, mais il en faut plus pour empêcher David Gelb de nous livrer son Lazarus effect.


Vous le savez peut-être : avant d'être une gare parisienne, Lazare est un personnage biblique célèbre pour avoir été ressuscité par Jésus. Un nom assez classique pour un projet destiné à faire revenir les morts d'outre tombe, mais qui traduit également la présence assez importante du thème de la religion, à travers notamment le personnage croyant de Zoe. Interprétée par Olivia Wilde (la série Dr HouseRush, Puzzle), le personnage marqué par un trauma d'enfance a une conception particulière de la vie après la mort.

De même, les questions d'éthique et des limites morales devant s'imposer aux scientifiques sont évoquées, dans une première partie qui n'invente pas l'eau chaude, ni même l'eau froide, mais qui à défaut de surprise se suit avec intérêt. Cela se gâte en revanche sérieusement quand le film sombre dans la série horrifique de bas étage pour son dernier tiers, avec la résurrection attendue d'un personnage pour une partie de cache-cache entre Paranormal activity et... l'horrible Lucy de Luc Besson, puisque revenue d'entre les morts, Zoe est capable d'utiliser l'ensemble de son cerveau et peut ainsi lire dans les pensées, bouger les objets, s'amuser avec l'électricité juste pour faire peur à ses camarades.

Malgré quelques passages réussis, avec un passage à la morgue rappelant un peu les jeux Silent Hill, cette dernière partie plombe définitivement le film, avec quelques idées grotesques, des acteurs soudain en roue libre et des effets loupés. Dommage, car s'il rappelait trop souvent le Hollow man de Paul Verhoeven (les scientifiques enfermés dans un sous-sol autour d'une expérience qui fait de l'un d'eux un tueur sans pitié), Lazarus effect réussissait presque à nous accrocher grâce à une première partie potable. Presque...

Note : 5/10






vendredi 21 mars 2014

Her


Titre : Her
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs : Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Date de sortie en France : 19 mars 2014
Genre : drame, romance

Synopsis : 
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Avis : 
Récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original, Her raconte l'histoire d'amour entre un homme et un système d'exploitation informatique. Prenant place dans un futur proche, le film nous décrit une société individualiste, où les rapports entre personnes sont réduites au minimum et où toutes les interactions passent par le virtuel, omniprésent, et où même les lettres d'amour sont rédigées par des inconnus. Chaque individu passe ainsi le temps scotché à des appareils électroniques, ayant accès à toutes les informations dont il a besoin... 


Dans cet avenir qui ne semble pas si lointain, et fait parfois penser à la série Black mirror, les rapports humains sont biaisés par la possibilité d'enquêter à loisir sur l'autre, par la capacité à assouvir le moindre de ses fantasmes en quelques secondes... Des rapports factices finalement, qui n'entraînent finalement qu'une solitude plus grande encore, au point de pouvoir tomber amoureux d'un programme virtuel sans que cela ne choque personne. 

Car Samantha (dont la voix est celle de Scarlett Johansson, remarquable dans ce rôle où on ne la voit pas une seconde) a tout pour plaire : intelligente, drôle, à l'écoute, elle évolue selon la personnalité de son correspondant. Ici Theo, marqué par sa rupture récente et sensible, particulièrement réceptif à l' "attention" que lui porte le programme, oubliant même rapidement qu'il ne s'agit que d'une suite de codes, à la personnalité et aux sentiments simulés. 

La relation a ainsi une issue inéluctable, à mesure que certains détails rappellent à Theo la nature virtuelle de son amour, dans des passages aussi drôles que cruels (le pique-nique, l'intervention d'une inconnue), porté par la simplicité d'un Joaquin Phoenix étonnant. Her fait ainsi mouche en développant avec intelligence et douceur un thème devenu assez classique, dont l'aspect science-fiction s'efface peu à peu pour nous livrer une certaine idée de la société actuelle et de ses dérives.

Note : 9/10


mercredi 30 octobre 2013

Rush


Titre : Rush
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs : Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde
Date de sortie en France : 25 septembre 2013
Genre : sportif, drame

Synopsis : 
 Situé durant l'âge d'or de la Formule 1, retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l'histoire du sport ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari.

Avis : 
 Réalisé par Ron Howard (Un homme d'exception, Apollo 13), Rush raconte donc la rivalité entre deux pilotes de Formule 1 pendant les années 70 : l'Autrichien Niki Lauda et le Britannique James Hunt . Deux sportifs que tout oppose : le beau James Hunt est un trompe-la-mort aux allures de surfeur, multiplie les conquêtes féminines, adore les projecteurs, aime faire la fête ; Niki Lauda a un physique plus ingrat (il sera d'ailleurs surnommé "le rat" par son rival), et est beaucoup plus sérieux, professionnel, froid et calculateur, jusqu'à être appelé "l'ordinateur" par les médias.


Rush va d'ailleurs surtout se concentrer sur les coulisses des courses, sur les relations entre les deux pilotes, entre dédain et respect, mais aussi sur les relations entre Hunt et Lauda et leurs entourages respectifs. L'occasion de montrer, grâce notamment à deux interprètes se glissant parfaitement dans la peau des deux hommes (Chris Thor Hemsworth et surtout Daniel Inglourious Basterds Brühl, impressionnant en Niki Lauda), les parts d'ombres et de lumières des pilotes, leurs doutes et leurs forces, empêchant de véritablement prendre parti pour l'un ou l'autre.

Bien sûr, l'aspect sportif n'est pas totalement occulté : les courtes scènes de course mettent l'accent sur les tournants importants de la saison 1976 de F1, et notamment le terrible accident de Niki Lauda au Nürburgrin dont il sortira grièvement brûlé. Des passages très intenses, reconstituant parfaitement le bruit assourdissant et le danger des courses, et nous mettant dans la peau des pilotes, notamment lorsqu'ils évoluent sous la pluie ou frôlent les autres concurrents.

Rush est donc un excellent drame sportif nous replongeant dans une des plus grandes rivalités de la course automobile. Aussi spectaculaire que touchant, le film de Ron Howard, bénéficiant des conseils de Niki Lauda, consultant pour le film, est une vraie réussite, portée par deux acteurs en grande forme.

Note : 8/10