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vendredi 30 octobre 2015

Crimson Peak


Titre : Crimson Peak
Réalisateur : Guillermo Del Toro
Acteurs : Mia Wasikowska, Tom Hiddlestone, Jessica Chastain
Date de sortie en France : 14 octobre 2015
Genre : fantastique, drame

Synopsis : 
Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak".

Avis : 
On avait quitté Guillermo Del Toro en grande forme, faisant tout péter dans son monstrueux Pacific Rim. On le retrouve cette fois pour une histoire bien plus classique et un film beaucoup plus calme : Crimson Peak. Regroupant Mia Wasikowska (Stoker, Maps to the stars), Tom Hiddlestone (Only lovers left alive) et Jessica Chastain (Take shelter, Mama, Seul sur Mars), et nous offrant la promesse d'un univers visuellement sublime, Crimson Peak avait sur le papier tout pour plaire. Hélas, le réalisateur mexicain va rapidement se noyer sous le poids de ses innombrables références.


Le conte de Guillermo Del Toro ne nous offrira ainsi rien de nouveau, tant thématiquement que visuellement. Piochant allègrement dans les classiques du genre, des adaptations d'Edgan Allan Poe (tiens, un personnage s'appelle justement Alan) aux classiques de la Hammer (tiens, le personnage principal se nomme Cushing) en passant par la Universal, les films de William Castle et les contes classiques, Crimson Peak est avant tout un catalogue de références dont on connaît d'avance tous les codes et qui ne parviendra jamais à nous surprendre.

Même visuellement, si le film est réussi, l'impression générale est celle d'un immense déjà-vu et d'un potentiel à peine effleuré : le décor de l'immense demeure se limite finalement à trois pièces, et le contraste entre la neige et l'argile rouge aurait pu donner de superbes images. Ce sentiment se retrouve également dans le scénario, sans aucune surprise et qui multiplie les pistes qui ne mèneront à rien : la jeune Edith ne semble être romancière que pour pouvoir caser un trait d'esprit sur Mary Shelley, les fantômes disparaissent sans explication avant la fin du film...

Même l'interprétation souffre de ce classicisme, obligeant les acteurs à se démener dans la peau de personnages caricaturaux, de l'ingénue vaguement rebelle à la méchante qui en fait des tonnes en passant par le beau brun ténébreux et mélancolique tiraillé entre les deux femmes. Voir Jessica Chastain cabotiner à ce point est presque douloureux...

Guillermo Del Toro nous livre avec Crimson Peak une oeuvre bâtarde, fruit de la semence de multiples références, injectant sans aucune finesse tout ce qu'il peut de cinéma d'épouvante classique à des thèmes de contes éculés. Un étonnant raté pour le réalisateur mexicain, qu'on espère voir plus en forme pour ses prochains films...

Note : 3.5/10


samedi 11 avril 2015

La Légende de Manolo


Titre : La Légende de Manolo (The Book of life)
Réalisateur : Jorge R. Gutierrez
Acteurs : Diego Luna, Zoe Saldana, Channing Tatum
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : animation, romance

Synopsis : 
Depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts. Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.

Avis : 
Produit par Guillermo del Toro, La Légende de Manolo est un film d'animation mêlant de façon étonnante coutumes mexicaines et... mythologie grecque. En effet, si l'action se déroule dans un village mexicain, et évoque la Fête des Morts, l'histoire rappelle forcément certaines légendes de la Grèce Antique, avec cette intervention des Dieux dans les affaires humaines et les épreuves traversées par le héros afin de conquérir sa bien aimée.


Pour en profiter totalement, il faudra néanmoins faire abstraction de caractères aux looks assez particuliers, tout en angles et, pour le dire franchement, plutôt laids. Mais on oublie assez vite cet élément grâce à un univers par ailleurs très coloré et très vivant, notamment lorsque Manolo arrive en Enfer. Tout cela dynamise largement un film, permettant d'oublier un scénario assez classique bien qu'efficace.

Peu de surprises en effet, le film s'adressant en priorité aux enfants, avec une gentille histoire d'amour et une rivalité à l'issue prévisible, ou encore l'attaque de grands méchants brigands dans la dernière partie. La Légende de Manolo joue la carte de la simplicité, et le fait plutôt bien, avec en prime une morale sympathique sans être trop niaise.

Bref, The Book of life est un film d'animation très sympathique, grâce à un mélange étonnant entre aventures inspirées de la mythologie grecque et un visuel issu du folklore mexicain. Cela donne un film clairement destiné aux enfants, mais au sous-texte assez riche pour être regardé sans déplaisir par les adultes !

Note : 7/10




mercredi 17 juillet 2013

Pacific Rim


Titre : Pacific Rim
Réalisateur : Guillermo Del Toro
Acteurs : Charlie Hunnam, Idris Elba, Rinko Kikuchi
Date de sortie en France : 17 juillet 2013
Genre : science-fiction, fantastique, catastrophe

Synopsis : 
Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs, les «Kaiju», ont déclenché une guerre qui a fait des millions de victimes et épuisé les ressources naturelles de l’humanité pendant des années. Pour les combattre, une arme d’un genre nouveau a été mise au point : de gigantesques robots, les «Jaegers», contrôlés simultanément par deux pilotes.

Avis : 
 Avec Pacific Rim, Guillermo Del Toro revient à l'un de ses thèmes favoris : les monstres. Mais ici, pas d'insecte à apparence humaine (Mimic), pas de démon rouge (Hellboy), de vampires (Blade II) ou de Faune (Le Labyrinthe de Pan) : le réalisateur mexicain s'inspire directement des monstres japonais, les kaijus, dont il va reprendre le nom pour ses créatures colossales issues d'une faille au beau milieu du Pacifique, pour les opposer à d'immenses mécas, hérités de la série Evangelion.


Cela va nous donner de nombreux combats titanesques, d'une ampleur rarement atteinte au cinéma, au point de donner parfois l'impression que l'écran est trop petit pour parfaitement les retranscrire. Ces affrontements bénéficient en plus d'effets spéciaux extraordinaires, les monstres, les machines et les dégâts causés aux villes étant très réalistes. Del Toro nous en met plein la vue, nous abandonnant totalement lessivés après 2h10 d'un spectacle intense et sans retenue.

Il n'abandonne pas pour autant ses personnages, leur donnant assez de profondeur pour que l'on s'y attache vraiment malgré l'aspect caricatural de certains d'entre eux (le héros un peu rebelle, le chef au lourd passé, le rival très Top Gun, les scientifiques un peu cinglés...). On appréciera surtout Mako Mori, dont le passé donnera l'un des plus beaux passages du film, rappelant notamment que le kaiju eiga est avant tout une métaphore des cataclysmes naturels et des armes de destruction massive. 

Et si l'on n'atteint pas la finesse à laquelle Del Toro nous a habitué dans certains de ses précédents films, il réussit à insuffler assez de moments plus intimes, voire même de poésie, pour se hisser sans peine au-dessus des autres blockbusters de la première moitié de 2013. Pacific Rim est ainsi un plaisir absolu, qui éclate la rétine et les tympans dans une rage destructrice inédite, lorgnant plus du côté de la science-fiction japonaise (on est à mi-chemin entre Godzilla et Evangelion) que vers le gros budget américain aux saveurs de pop-corn de la trilogie Transformers. Le film de l'année ?

Note : 9,5/10

mercredi 15 mai 2013

Mamà


Titre : Mamà
Réalisateur : Andres Muschietti
Acteurs : Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier
Date de sortie en France : 15 mai 2013
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

Avis : 
 Produit par Guillermo del Toro, Mamà a obtenu un immense succès au festival du film fantastique de Gérardmer 2013, obtenant le Grand prix du jury, le prix du public et le prix du jury jeunes. Si de telles récompenses ne sont pas forcément gage de qualité (on se rappelle par exemple de Babycall ou de Midnight meat train), la présence en tête d'affiche de Jessica Chastain, formidable actrice que l'on a pu voir récemment dans les non moins formidables Take Shelter et Zero Dark Thirty, semblait de nature à rassurer.

 

Hélas, à l'image d'une autre production de Del Toro récompensée à Gérardmer, L'Orphelinat, Mamà va très rapidement montrer ses limites, après une mise en place pourtant réussie, ruinant au passage les espoirs nés des premières minutes. Car l'introduction, très réussie, laissait la place à une atmosphère angoissante, par le biais notamment d'une scène superbe, où l'on nous révèle subtilement la présence de l'entité dans la chambre, jouant avec une des gamines. Hélas, quelques secondes plus tard, la magie disparaît avec deux jump-scares grotesques, plongeant dans le défaut récurrent des films d'épouvante de ces dernières années : la paresse.

La promesse de peur s'étant envolée, on s'agace rapidement des effets éculés que tente de nous servir le réalisateur Andres Muschietti. Des effets rendus d'autant plus abscons que l'on tente de nous surprendre tout en nous révélant immédiatement la nature de la menace. La surprise sera d'autant plus absente que le film se contente de reprendre les poncifs du cinéma d'épouvante de ces dernières années. On pense ainsi, par exemple, à Fragile, à L'Orphelinat, à La Dame en noir ou même à Dark Water. On a ainsi toujours une longueur d'avance sur le film, devinant bien à l'avance les motivations de Mamà. 

C'est d'autant plus frustrant que le film est remarquablement emballé, l'esthétique ayant bénéficié d'un soin tout particulier, tout comme les personnages des jeunes filles revenues à l'état sauvage tout simplement saisissante. On ne peut pas en dire autant de la fameuse Mamà, complètement ratée et prêtant presque plus à sourire qu'à frissonner, rappelant même les apparitions numériques au rabais du très mauvais Grave Encounters...

Mamà n'est finalement pas désagréable, grâce à des qualités indéniables de réalisation et d'interprétation. Néanmoins, à se reposer sur les clichés et les mécanismes paresseux que l'on n'a que bien trop vus pour tenter vainement de faire sursauter, Andres Muschietti finit par frustrer et par agacer, condamnant son film à un oubli rapide. Peut-être que s'il avait été réalisé 15 ans plus tôt...

Note : 5/10