Affichage des articles dont le libellé est 2013. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2013. Afficher tous les articles

lundi 14 décembre 2015

La Danza de la realidad


Titre : La Danza de la realidad
Réalisateur : Alejandro Jodorowsky
Avec : Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Jeremias Herskovits
Date de sortie en France : 4 septembre 2013
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Né au Chili en 1929, dans la petite ville de Tocopilla, où le film a été tourné, Alejandro Jodorowsky fut confronté à une éducation très dure et violente, au sein d’une famille déracinée. Bien que les faits et les personnages soient réels, la fiction dépasse la réalité dans un univers poétique où le réalisateur réinvente sa famille et notamment le parcours de son père jusqu’à la rédemption, réconciliation d’un homme et de son enfance.

Avis : 
A 84 ans, et plus de vingt ans après son dernier film, Alejandro Jodorowsky est revenu en 2013 avec La Danza de la realidad, pour une oeuvre autobiographique sans pareille. Entre réel et fantasme, le réalisateur chilien retrace une partie de sa vie, de celle de ses parents, mais aussi de son pays à l'époque de la première présidence de Carlos Ibañez del Campo.


Comme d'habitude, le film de Jodorowsky ne ressemble à aucun autre, et brasse des thèmes aussi divers et riche que l'antisémitisme, le communisme, le nazisme, avec d'innombrables personnages hauts en couleurs, comme ces mineurs handicapés, ces clowns, ce président amoureux de son cheval ou, évidemment, les parents de Jodorowsky : le père, bien décidé à faire oublier, par courage, ses origines juive et ukrainienne, et qui élèvera le petit Alejandro de façon très autoritaire ; et la mère, ne s'exprimant qu'en chantant.

Le tragique et le comique se mêlent sans cesse, avec quelques séquences d'une sublime poésie (le chant des estropiés) et d'autres incroyablement violentes (les tortures infligées à Jaime). Mais surtout, Jodorowsky ne s'impose aucune limite, et nous offre une oeuvre d'une richesse visuelle et sonore infinie, qui s'essouffle à peine dans sa seconde partie plus centrée sur la déchéance du père d'Alejandro, ou lors de monologues moins frappants que les images.

Il n'y a que Jodorowsky qui pouvait nous offrir un film aussi fou, aussi libre. S'il n'atteint pas les sommets de El Topo ou Santa Sangre, La Danza de la realidad reste une oeuvre à part, baroque et débridée, et on en viendrait presque à croire que le petit Alejandro a bien vécu toutes ces péripéties !

Note : 8.5/10




jeudi 12 juin 2014

A touch of sin


Titre : A touch of sin (Tian zhu ding)
Réalisateur : Zhang-ke Jia
Acteurs : Wu Jiang, Wang Baoqiang, Zhao Tao
Date de sortie en France : 11 décembre 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Avis : 
Récompensé par le prix du scénario à Cannes, A touch of sin raconte donc l'histoire de 4 personnages dans la Chine actuelle, dont le virage vers l'ultra-libéralisme a détruit de nombreuses vies, laissées pour compte dans un nouvel équilibre dans lequel ils n'auront pas pu se fondre. Quatre histoires inspirées de faits divers réels, et qui n'ont donc pour seul lien que de montrer l'impuissance d'individus face à l'injustice et la violence de ce nouveau monde. Un monde auquel ils ne pourront opposer à leur tour que la violence.


Hélas, si le sujet ne manque pas d'intérêt, notamment dans sa description de la Chine contemporaine, c'est la démonstration qui va se révéler décevante. Car si le film est remarquablement réalisé et interprété, on ne pourra s'empêcher de regretter les facilités d'un scénario forcément répétitif. Les quatre histoires se ressemblent en effet à de nombreux égards, et se résument finalement à montrer comment les injustices mènent à la violence.

Cet aspect redondant fait que l'intérêt que l'on ressent pour chaque chapitre est de moins en moins grand : si l'on souhaiterait vraiment en savoir plus sur Dahai et sur San'er, on se passionne beaucoup moins pour Xiaoyu et Xiaohui, d'autant qu'en plus d'être répétitif, le scénario n'évite pas certaines facilités, jusqu'à flirter parfois avec la série B un peu grotesque.

A touch of sin ressemble donc surtout à une démonstration trop classique, la copie d'un gentil élève n'évitant ni les répétitions ni la facilité. Dommage, car cette description de la Chine tombant dans le libéralisme à outrance et les conséquences sur une population incapable de s'y adapter aurait pu être formidable, d'autant qu'en dehors des défauts de narration, le film est superbement mis en scène et interprété...

Note : 6/10


mercredi 21 mai 2014

La Vénus à la fourrure


Titre : La Vénus à la fourrure
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner
Date de sortie en France : 13 novembre 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser.

Avis : 
Après Carnage, huis clos au casting très réduit adapté d'une pièce de théâtre, Roman Polanski remet ça avec La Vénus à la fourrure : un lieu unique, un théâtre, et seulement deux personnages pour un film inspiré du roman de Sacher-Masoch. Un face à face théâtral qui va rapidement devenir une lutte entre un dominant et un dominé, le metteur en scène et son actrice étant peu à peu dévoré par l'oeuvre qu'ils répètent.


La thématique sado-masochiste a toujours été présente dans la filmographie de Polanski, du Locataire à La Neuvième porte en passant par Lunes de fiel, le réalisateur profitant même de son physique chétif pour appuyer cette tendance. Un physique qu'il partage avec Mathieu Amalric : l'acteur du Scaphandre et le papillon ressemble ainsi étrangement à Roman Polanski lorsqu'il était jeune. La Vénus à la fourrure joue donc sur le rapport de force entre Thomas et Vanda, le metteur en scène cultivé, exigeant et impatient et l'actrice désirant obtenir le rôle, mais arrivant très en retard et semblant aussi vulgaire qu'idiote.

Subtilement, le rapport de force va s'inverser : d'impatient et souhaitant rapidement rentrer chez lui, le metteur en scène est vite fasciné par le naturel de l'actrice, par sa façon d'incarner le personnage qu'il a imaginé, mais aussi irrité par ses remarques récurrentes sur les défauts de la pièce. Avec son art de la mise en scène et de la suggestion, Polanski nous transporte aisément, nous fait entrer et sortir à sa guise de la pièce dans le film, joue sur les lumières, destructure même ses éléments de réalisation et ses astuces dans un film qui se révèle ainsi très amusant à suivre.

Ajoutez à cela un érotisme diffus, deux acteurs impeccables (oui, mais Emmanuelle Seigner, que l'on a rarement - jamais ? - vue aussi bonne), et on se retrouve avec un film souvent troublant, mais aussi parfois agaçant à force de didactisme et de clins d'oeil à la filmographie du réalisateur. Et si l'on pourra s'interroger sur la part autobiographique de ce Polanski, on appréciera ce huis clos très réussi, rondement mené, particulièrement intéressant même s'il n'atteint pas le réjouissant cynisme de Carnage.

Note : 8,5/10

mardi 20 mai 2014

Belle et Sébastien


Titre : Belle et Sébastien
Réalisateur : Nicolas Vanier
Acteurs : Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Margaux Chatelier
Date de sortie en France : 18 décembre 2013
Genre : aventures

Synopsis : 
Ça se passe là-haut, dans les Alpes. Ça se passe là où la neige est immaculée, là où les chamois coursent les marmottes, là où les sommets tutoient les nuages. Ça se passe dans un village paisible jusqu'à l'arrivée des Allemands. C'est la rencontre d'un enfant solitaire et d'un chien sauvage.

Avis : 
Adaptation cinéma de la célèbre série télévisée, Belle et Sébastien raconte l'amitié entre un petit garçon orphelin et une chienne dans un village des Alpes pendant la Seconde Guerre Mondiale. D'abord soupçonnée d'être la "bête" qui égorge les moutons des villageois, Belle va être adoptée par Sébastien qui fera tout pour la protéger et démontrer à tous que c'est un chien aimant et courageux.


Belle et Sébastien est l'exemple type du film qui fait se sentir bien : il y a beaucoup de bons sentiments, sans doute même trop pour certains, c'est très joli, très gentil, les paysages sont magnifiques. Bref, c'est le film familial par excellence, ce qui sera sa plus grande qualité comme son plus gros défaut. Car si on appréciera la simplicité et la sincérité de l'histoire, il sera parfois compliqué de pardonner certains aspects juste parce qu'il s'agit d'un film destiné à plaire aux plus jeunes.

D'un manichéisme parfois agaçant à une absence presque totale d'enjeux, le film réussit même à amoindrir l'émotion que l'on pourrait ressentir pour l'amitié entre Belle et Sébastien. On ne sent jamais aucune menace sur le chien ou sur le garçon, malgré la présence des méchants pas beaux nazis et des vilains chasseurs. Du coup, si tout cela est vraiment très beau, on se détache peu à peu du déroulement, d'autant que l'histoire des juifs voulant passer en Suisse est d'une gentille bêtise.

Sans surprise, cette adaptation de Belle et sébastien est le parfait film familial, destiné à regrouper tout le monde devant la télévision. Une jolie histoire bien gentille, dont on pourra quand même reprocher la légèreté, qui empêche finalement de faire naître une véritable émotion. Dommage, car cela ne fait du film de Nicolas Vanier "qu'un" film très sympathique et agréable à voir.

Note : 7/10


mardi 15 avril 2014

Pandémie


Titre : Pandémie (Gamgi)
Réalisateur : Kim Sung-su
Acteurs : Hyuk Jang, Soo Ae, Park Min-ha
Date de sortie en France : 9 avril 2014 (DVD)
Genre : catastrophe

Synopsis : 
Près d'une grande métropole, la police découvre, entassés dans un container, des dizaines de corps putréfiés victimes d'un mal mystérieux. Au même moment, un passeur de clandestins, atteint d'un virus inconnu, décède à l'hôpital. Quelques heures plus tard, les urgences de la ville croulent sous l'afflux des malades. le chaos s'installe.Afin d'enrayer la propagation du virus, les autorités imposent  une mise en quarantaine. Tous les habitants sont confinés en zone de sécurité. La tension monte. Certains vont risquer leur vie pour sauver leurs proches, d'autres vont risquer celle des autres pour sauver la leur. Pendant ce temps, un survivant du container court dans la ville...

Avis : 
C’est une des grandes peurs de l’ère actuelle : celle de l’émergence d’un virus mortel, très contagieux, qui pourrait se répandre très rapidement sur l’ensemble de la planète. L’hypothèse d’une pandémie a bien entendu intéressé le cinéma, à travers de très nombreux films, parmi lesquels on pourra citer Contagion, mettant l’accent sur une maladie ou un virus menaçant l’humanité. Avec Pandémie, le réalisateur sud-coréen Kim Sung-su (La Princesse du désert) va d’ailleurs reprendre le même cheminement que le film de Steven Soderbergh en nous décrivant l’évolution de l’épidémie, d’un premier infecté jusqu’à la contamination progressive d’une ville coréenne, bientôt placée en quarantaine.


Cette propagation est d’ailleurs parfaitement rendue, nous montrant comment une seule personne peut propager le virus, passant d’un simple malade dans un container à un chaos indescriptible en quelques heures. Nous suivrons donc l’approche médicale de la pandémie, puis très vite l’approche politique : comment les pouvoirs publics vont-ils pouvoir endiguer cette crise, empêcher sa propagation dans tout le pays et dans le monde, et surtout le traitement des malades et des personnes potentiellement exposées. Ce drame, nous le suivrons principalement à travers les deux personnages principaux, auxquels on s’attache rapidement, grâce à quelques légères touches d’humour, mais surtout grâce au drame qui les frappe, les deux personnages étant rapidement regroupés avec les malades au sein de camps de fortunes tandis que la fille de Kim In-hae développe les symptômes de la grippe mortelle.

Ces passages au sein des camps ancrent le film dans un véritable cauchemar, dénonçant l’impuissance des autorités, mais montrant aussi comment, à force de petits arrangements innocents, l’épidémie peut dépasser les quarantaines. L’état des lieux se détériore de plus en plus, laissant les malades succomber sur place ou les corps, parfois encore en vie, être brûlés en masse pour éviter que la pandémie ne s’étende encore. On suit le déroulement de la lutte contre l’épidémie au plus haut niveau, avec les opinions divergentes entre militaires et scientifiques, dont on ne regrettera que l’aspect très manichéen. Pourtant, on ne se formalisera pas vraiment de ce léger défaut, pas plus que de certains passages plus discutables et qui, entre les mains d’un Roland Emmerich par exemple, aurait eu un impact bien moins fort.

Il faut dire que la mise en scène et la musique ajoutent encore un peu d’intensité à cette histoire de pandémie très prenante et souvent glaçante. Seule la conclusion du film pourra nous laisser sur notre faim, mais ne vient pas gâcher la vision de cet excellent film qui vous donnera certainement encore moins envie de vous asseoir à côté de quelqu’un qui tousse !

Note : 8/10

mardi 25 mars 2014

Sur la terre des dinosaures, le film


Titre : Sur la terre des dinosaures, le film (Walking with dinosaurs)
Réalisateurs : Neil Nightingale, Barry Cook
Acteurs : Justin Long, Tiya Sircar, John Leguizamo
Date de sortie en France : 18 décembre 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Située il y a 70 millions d'années, au temps où les dinosaures régnaient en maitres sur terre, notre histoire suit les aventures de Patchi, le dernier né de sa famille. Sur le long chemin qui le mènera vers l’âge adulte, il devra survivre dans un monde sauvage et imprévisible, et faire face aux plus dangereux prédateurs.
Quand son père est tué, le jeune Patchi, son grand frère Roch, et son amie Juniper sont séparés du reste de la horde pendant la grande migration. Désormais à la recherche des siens, le  trio va devoir surmonter de nombreux obstacles, et vivre une aventure palpitante au cours de laquelle Patchi va révéler son immense courage.

Avis : 
 Adapté de la série documentaire britannique Sur la terre des dinosaures, déjà déclinée en de nombreuses autres séries consacrées à la Préhistoire (Sur la terre des monstres disparus, Sur la terre de nos ancêtres, Sur la terre des géants, Sur la trace des dinosaures et Les Monstres des fonds des mers), Sur la terre des dinosaures, le film s'écarte du documentaire pour nous offrir une aventure plus classique, à l'image du Dinosaure de Disney.


Une aventure qui sera clairement destinée aux enfants : à grands renforts de voix-off (non synchronisées avec les mouvements des dinosaures, donnant l'impression d'avoir été ajoutées sans avoir été prévues au départ), de répliques enfantines, de gentille philosophie sur le courage et de manichéisme primaire opposant les gentils herbivores aux méchants carnivores. On pensera ainsi à Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles, en bien plus niais, mais aussi à Dinosaure donc, notamment à cause de ce petit personnage secondaire omniprésent et irritant.

Un choix d'autant plus dommage que les dinosaures sont magnifiquement animés et reconstitué, avec une véritable volonté de réalisme où l'on retrouve l'esprit de la série. On retrouve ainsi les dernières théories et découvertes, avec ces petits théropodes à plumes, ces déplacements en troupeaux et les références à l'évolution des dinosaures en oiseaux.

Ce réalisme salvateur n'empêche hélas pas Sur la terre des dinosaures, le film d'être très moyen, exclusivement destiné à un jeune public et développant une histoire sans relief ni émotion. Il n'en restera donc que la qualité des graphismes et la beauté des dinosaures.

Note : 2,5/10


jeudi 20 mars 2014

Les Chevaux de Dieu


Titre : Les Chevaux de Dieu (Yakheel Allah)
Réalisateur : Nabil Ayouch
Acteurs :  Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souideq
Date de sortie en France : 20 février 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs… 

Avis : 
Le soir du , cinq attentats-suicides ensanglantèrent la ville de Casablanca, causant la mort de 45 personnes, parmi lesquelles la plupart des poseurs de bombes. Réalisé par Nabil Ayouch (Mektoub), Les Chevaux de Dieu s'inspire de ce fait-divers et nous propose de suivre le parcours des terroristes, de leur enfance à leur lavage de cerveau.


Dans l'atmosphère étouffante du bidonville de Sidi Moumen, près de Casablanca, nous suivons donc l'évolution de ces jeunes sans avenir, dont le quotidien est rythmé par les petits boulots, les services rendus au caïd du coin et la violence, omniprésente. Un environnement où la pauvreté et la prison semblent les seules issues, loin du luxe occidental jalousé puis détesté. Un environnement parfait pour élever des hommes sans repères et particulièrement réceptifs à l'extrémisme religieux et au charisme d'un mentor. 

Malheureusement, malgré ce thème extrêmement fort, on peine à entrer pleinement dans le film. Les personnages sont peu développés, et c'est avec une certaine indifférence qu'on les voit évoluer, sans ressentir ni horreur, ni révolte, ni émotion. Ainsi, même si le film est remarquablement réalisé (ces plans magnifiques survolant les rues du bidonville) et interprété, le final tombe un peu à plat et, malgré la puissance du sujet.

Petite déception donc que Les Chevaux de Dieu, qui montre une nouvelle fois la difficulté d'appréhender les raisons pouvant pousser des hommes à se sacrifier au nom d'une certaine vision de la religion. Ajoutez à l'absence totale d'implication du spectateur un rythme assez laborieux, et on obtient un film hélas assez moyen malgré ses qualités de réalisation et d'interprétation...

Note : 6/10


 

mardi 11 février 2014

Cartel


Titre : Cartel (The Counselor)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Javier Bardem, Cameron Diaz...
Date de sortie en France : 13 novembre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Avis : 
 Scénarisé par Cormac McCarthy, auteur notamment des romans No country for old men et La Route, et réalisé par Ridley Scott, Cartel nous plonge dans le monde du trafic de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Nous allons ainsi suivre Michael Fassbender, pour sa deuxième collaboration avec Scott après Prometheus, rapidement confronté à la cruelle réalité d'un cartel tout-puissant ne pardonnant aucune erreur, même hypothétique.


Avec un tel sujet et un tel casting - aux côtés de Fassbender, on retrouve quand même Javier Bardem (No country for old men, Skyfall), Penelope Cruz (Ouvre les yeux, Vicky Christina Barcelona), Brad Pitt (Fight Club, World war Z) ou encore Cameron Diaz -on ne pouvait qu'avoir de fortes attentes. Pourtant, très rapidement, on va s'apercevoir que nous sommes devant un thriller bavard, aux enjeux flous et sans aucun souffle. En fait, en dehors de la noirceur due au scénario de McCarthy, qui insiste sur le contraste entre l'innocence du personnage de Cruz et l'horreur des événements qui vont marquer son fiancé, il n'y a pas grand chose à sauver.

On attend ainsi pendant 1h30 que le film démarre, en n'ayant finalement que les anecdotes sexuelles de Javier Bardem à se mettre sous la dent. Et même à ce moment là, Cartel ne décolle pas, se contentant de dérouler paresseusement son histoire, se contentant d'aligner les dialogues sans grand intérêt et nous menant sans jamais changer de rythme jusqu'à un final plutôt réussi, mais qui arrive bien trop tard. Il faut plus de deux heures avant de trouver un passage prenant.

Bref, Cartel est une vraie déception, un thriller mou et sans enjeu nous tirant trop rarement d'un véritable ennui malgré une histoire qui avait un véritable potentiel et un casting impressionnant. On se demande néanmoins si les acteurs étaient conscients des limites de leurs dialogues et de leurs personnages, tant ceux-ci sonnent creux et donnent uniquement l'impression de réciter leurs répliques sans y croire. On se demande également si on doit encore attendre mieux de la part de Ridley Scott, dont les belles années semblent décidément bien loin...

Note : 2,5/10


jeudi 6 février 2014

Una noche


Titre : Una noche
Réalisateur : Lucy Mulloy
Acteurs : Dariel Arrechaga, Anailín de la Rúa de la Torre, Javier Nuñez Florian
Date de sortie en France : 27 novembre 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Cuba, avec ses rues ensoleillées, colorées et animées, a tout d'une île aux décors paradisiaques mais Raúl étouffe dans cette société en proie au désespoir et rêve de commencer une nouvelle vie à Miami. Lorsqu’il est accusé d’avoir agressé un touriste, il n’a plus le choix et doit quitter La Havane. Il supplie Elio, son meilleur ami, de tout abandonner pour l’aider à atteindre les rivages du monde interdit, situés à 140 kilomètres de l’autre côté de l’océan. Mais Elio est partagé entre le désir de protéger sa soeur jumelle et celui de s’enfuir...

Avis : 
 Sorti une semaine avant Rêves d'or, Una noche traite d'un sujet similaire : la volonté de jeunes adolescents d'Amérique centrale aspirant à rejoindre les Etats-Unis par leurs propres moyens afin de fuir leur quotidien de misère et vivre le rêve Américain. Nous suivons ici un trio de cubains : Lila, jeune femme qui ne partage pas le goût de ses camarades pour la mode ; son frère jumeau Elio, qui survit en tant que cuisinier ; et Raul qui est le plus motivé à quitter le pays.


Loin des paysages de carte postale, Lucy Mulloy nous décrit la capitale cubaine dans ce qu'elle a de plus sombre : prostitution, trafics en tous genres, jeunesse désoeuvrée contrainte d'accepter des conditions de travail détestables et un salaire de misère pour subsister alors que leurs parents sont aux abonnés absents, forces de police toutes puissantes...Une misère qui se vit à l'ombre des touristes, étrangers intouchables qui sont surprotégés face à l'autochtone qui a à peine le droit de leur adresser la parole.

Le seul espoir semble donc être l'émigration, dont la préparation sera le fil conducteur de la première partie. Tous les moyens sont bons pour obtenir les éléments nécessaires au voyage : troc, faveurs sexuelles, vol...Les contacts de Raul et Elio sont bien conscient de l'objectif du duo, et savent parfaitement en profiter tout en feignant la générosité. Cette première partie sera clairement la plus intéressante, revêtant par moments des allures de documentaire et nous livrant une vision de La Havane bien éloignée de ce dont nous avons l'habitude.

La traversée sera quant à elle bien moins passionnante, plus classique malgré une certaine intensité dramatique. On aurait ainsi presque aimé que ce Una noche se termine avec le départ du trio sur son embarcation de fortune, laissant planer le doute sur leur destin. Reste que ce film cubain est très fort, notamment dans son approche sociologique d'un phénomène et d'un environnement qui nous sont totalement étrangers.

Note : 7/10


lundi 3 février 2014

En vrac 2013

Voilà donc, en vrac, plusieurs films qui n'ont pas fait l'objet d'une fiche unique sur ce blog, généralement parce que je n'avais pas assez de choses à en dire, que le film ne m'inspirait pas assez.

20 ans d'écart, de David Moreau, avec Virgina Efira, Pierre Niney...
Une énième comédie sentimentale à la française, avec pour unique originalité la mode de la "femme couguar". Pas désagréable à regarder, mais bien trop convenu pour être mémorable...

A la Merveille (To the Wonder), de Terence Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem...
Je suis resté un peu le cul entre deux chaises face à ce film, où Malick tente de laisser s'exprimer au maximum les sentiments, quitte à perdre le spectateur en chemin...mais nous impose en permanence les pensées de ses personnages, leur enlevant quasiment tout mystère. Trop ou pas assez radical, A la Merveille est finalement simplement bancal.

Les Apaches, de Thierry de Peretti, avec François-Joseph Culioli, Aziz El Haddachi, Hamza Meziani...
Un film assez glaçant sur la violence en Corse, et sur la façon dont un simple doute peut avoir des conséquences dramatique. On retiendra notamment une virée nocturne interminable et tétanisante, une des scènes les plus marquantes de l'année.

Blue Jasmine, de Woody Allen, avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins...
Entièrement porté par l'interprétation sublime de Cate Blanchett, le dernier Woody Allen n'a en fait pas vraiment d'autre qualité, et offre notamment une énorme impression de déjà-vu dans le parcours de cette femme accroc aux signes extérieurs de richesse.


Frances Ha, de Noah Baumbach, avec Greta Gerwig...
Beaucoup d'énergie et un vrai sens de l'à-propos pour le portrait de cette jeune artiste désoeuvrée vivant au jour le jour, au fil de ses rencontres et mésaventures. Un film qui laisse un grand sourire pendant toute sa durée, et encore bien après.

Le Géant égoïste, de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas...
Un conte à la Dickens, relatant l'histoire de deux gamins tentant de se débrouiller dans la friche industrielle du nord de l'Angleterre. Une très belle histoire d'amitié doublée d'un drame poignant, où l'innocence de ces enfants se heurte à la réalité du monde des adultes, manipulateurs, menteurs et profiteurs. Une des belles surprises de l'année.

La Grande bellezza, de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo, Carlo Verdone...
Une plongée façon "syndrome de Stendhal" dans la Rome décadente des artistes repliés sur eux-mêmes, rappelant furieusement le cinéma de Fellini. Sans doute l'un des films les plus aboutis techniquement de l'année, et avec un Toni Servillo magnifique dont certains monologues sont d'un sublime cynisme. Très étrangement, on en ressort aussi déprimé qu'euphorique, épuisé par des scènes de fêtes à la démesure épuisante.

The Immigrant, de James Gray, avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner...
Une belle coquille vide. Si la réalisation et l'aspect visuel rappellent certains grands classiques du cinéma, le film de James Gray tourne malheureusement à vide, son scénario ne proposant rien malgré un Joaquin Phoenix comme toujours parfait.

 Je suis supporter du Standard, de et avec Riton Liebman, avec Léa Drucker, Samir Guesmi...
L'idée de traiter le football comme une véritable addiction est formidable, et donne lieu à quelques scènes cocasses (la purge, la rechute, le test de dépendance), mais peine à remplir un film qui ne va jamais plus loin que ses fulgurances humoristiques.

Jobs, de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney...
L'ascension de Steve Jobs, campé par un Ashton Kutcher dont la ressemblance est parfois troublante. Ce biopic s'adresse néanmoins à un public connaissant déjà le parcours de Jobs, utilisant de nombreux raccourcis plombant parfois le rythme d'un récit peu passionnant.

 The Lunchbox, de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur...
Une romance assez originale, rappelant les premiers émois d'adolescents apprenant à se découvrir par courriers. Un joli film, qui évite de sombrer dans la facilité, et qui est aussi touchant que drôle grâce à une belle sobriété et une belle pudeur.

Magic, magic, de Sebastian Silva, avec Michael Cera, Juno Temple...
Un thriller étonnant, qui nous emmène aux confins de la folie avec le personnage interprété par Juno Temple, perdue dans un environnement qui lui est étranger, au milieu de quasi-inconnus. Les barrières de sa réalité s'effacent peu à peu pour l'enferme dans un monde imaginaire, à l'insu de ses camarades, donnant une ambiance très étouffante à certaines scènes.

Mystery, de Lou Ye, avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi...
Plutôt moyen, ce thriller chinois se perd peu à peu en essayant de brouiller les pistes, gâchant un peu le drame familial et social de ces femmes trahies par le même homme, l'une acceptant la situation, l'autre ne la supportant pas. Cela suffisait amplement, sans avoir finalement besoin d'ajouter cette touche de "mystère" finalement très artificielle...


Song for Marion, de Paul Andrew Williams, avec Terence Stamp, Vanessa Redgrave, Gemma Arterton...
Un joli film, très pudique, sur le deuil et le travail de mémoire d'un vieux bougon devenu veuf depuis peu. Quelques scènes sublimes, d'autres très drôles (le groupe chantant du hard rock), et un couple d'acteurs vraiment touchants.


Spring breakers, de Harmony Korine, avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens...
On attendait un film un peu sulfureux ou subversif. On a finalement eu un film légèrement acidulé, comme une friandise pour adolescente, où Korine tente de mettre en abîme la vacuité de ses personnages par la vacuité de son scénario. Vain.

Upside down, de Juan Solanas, avec Kirsten Dunst, Jim Sturgess...
Un univers visuellement sublime, au service d'une romance impossible façon Roméo & Juliette. Rien de bien nouveau donc, malgré quelques images magnifiques.

dimanche 2 février 2014

Blancanieves


Titre : Blancanieves
Réalisateur : Pablo Berger
Acteurs : Maribel Verdù, Macarena Garcìa, Daniel Giménez-Cacho
Date de sortie en France : 23 janvier 2013
Genre : drame, conte

Synopsis : 
Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves". C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable… 

Avis : 
Blancanieves est une nouvelle adaptation de Blanche Neige, le célèbre conte des frères Grimm ayant déjà donné lieu à de nombreuses transposition à l'écran, de la version de Disney aux films réalisés par Tarsem Singh et par Rupert Sanders. Ici, Pablo Verger choisit de situer l'action dans l'Espagne des années 20, et d'enlever toute trace de fantastique, offrant une approche purement dramatique, tout en y apportant une bonne dose de cynisme et d'humour noir.


La pauvre Carmen a ainsi un destin particulièrement noir : sa mère meurt en couches le soir même où son père, après un accident de tauromachie, se retrouve paralysé. Peu de temps après, c'est la gentille grand mère de l'enfant qui décède, la laissant seule face à la nouvelle épouse de son père, une jeune femme magnifique mais tyrannique, qui empêche le père et la fille de se voir et n'hésitera pas à assassiner son mari et à torturer psychologiquement sa belle-fille, jusqu'à l'épisode classique où cette dernière parvient à s'enfuir après une tentative de meurtre.

Bref, ça ne rigole pas, même si la rencontre avec les nains sera l'occasion de donner un peu plus de légèreté au film. Ces derniers sont en effet toreros, et vont recruter Carmen, qu'ils surnommeront donc Blanche Neige. Une ambiance qui tranchera avec la mélancolie et le cynisme de la dernière partie, avec la scène de la pomme, la superbe vengeance des nains et cette fin terrible, très loin des happy-end auxquels Hollywood nous a habitués.

Blancanieves prend également le parti d'être muet et en noir et blanc, ajoutant encore à la tristesse de l'ensemble du film, porté par de superbes actrices (Maribel Y tu Mama tambien / Le Labyrinthe de Pan Verdù et Macarenà Garcìa). Un très beau film donc, une belle surprise, qui revient à la cruauté des contes originels avec une belle-mère vraiment horrible et une fin particulièrement noire...

Note : 8,5


samedi 1 février 2014

Bilan 2013


Un peu après tout le monde, voici donc mon bilan cinéma de 2013. Un bilan tardif, mais je ne pouvais raisonnablement l'envisager sans avoir vu certains films - à raison d'ailleurs, puisque 2 des films qui figureront parmi mes préférés de l'année ont été vus très récemment.

Notez que vous ne trouverez pas certains chouchous de la presse spécialisée : je ne comprends par exemple pas les succès critiques de La Vie d'Adèle, L'Inconnu du lac ou Inside Llewyn Davis par exemple, et j'ai été déçu par les derniers films de réalisateurs que j'aime pourtant beaucoup, comme Quentin Tarantino (Django Unchained), Steven Spielberg (Lincoln) ou Asghar Farhadi, dont Le Passé confirme un manque d'inspiration déjà vu dans Une séparation...

Un petit mot enfin sur la faible année du film d'animation : en dehors des Croods et de Moi, moche et méchant 2, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent, que ce soit au niveau américain (les sympathiques Turbo et La Reine des neiges surnagent au milieu des décevants Monstres Academy, Epic et Planes), japonais (les moyens Albator, corsaire de l'espace et Lettre à Momo) ou internationaux (l'espagnol Ted l'explorateur et le sud-africain Drôles d'oiseaux).

TOP 2013

Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Matthew McConaughey...

Trois heures de folie furieuse, d'excès, de scènes plus folles les unes que les autres. Porté par un DiCaprio en état de grâce, le dernier Scorsese en fait des tonnes, noyant l'univers de Wall Street sous sa propre démesure et détaillant l'ascension de son héros avec un cynisme omniprésent et réjouissant. Tout simplement monstrueux !



Mud - sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols, avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Reese Witherspoon...

Un peu moins abouti que Take Shelter à mon sens, le film de Jeff Nichols nous transporte néanmoins talent dans une histoire d'une réjouissante simplicité et à l'étonnante intensité. Après Michael Shannon, c'est ici Matthew McConaughey qui crève l'écran devant la caméra du réalisateur, pour un film dont l'unique défaut vient sans doute de son final, un peu inutile.



Cloud Atlas, de Andy Wachowski, Lana Wachovski, Tom Tykwer, avec Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving...

Une oeuvre incroyablement ambitieuse, et qui ne ressemble à aucune autre. Cloud Atlas est le film de SF de l'année, dont le scénario travaillé se met au service d'un visuel à couper le souffle. Malgré sa longueur, le film est passionnant de bout en bout, et porté par un casting impressionnant, et donne inévitablement envie de le revoir pour mieux en apprécier les méandres.



Only God forgives, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm
Une oeuvre furieuse et destabilisante, qui m'a d'autant plus étonné que j'avais trouvé les films précédents de Nicolas Winding Refn plutôt moyens. Empruntant ici à Kubrick, à Lynch, à Noé, le réalisateur danois nous livre une véritable descente aux Enfers particulièrement anxiogène, renforcée par des personnages issus tout droit de la mythologie, où l'éternel mutisme inexpressif de Gosling devient même une qualité.



Alabama Monroe, de Felix van Groeningen, avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse...

Après Bullhead, le cinéma belge confirme sa bonne santé avec le film le plus déchirant de 2013. Un drame extraordinairement poignant, terriblement émouvant, rythmé par quelques magnifiques morceaux de country dont l'euphorie contraste merveilleusement avec les séquences dramatiques.




Gravity, de Alfonso Cuaron, avec Sandra Bullock, George Clooney...

La claque visuelle de l'année, et même de ces dernières années. Une véritable expérience au cinéma, notamment dans une première partie aux allures de grand huit, magnifié par la réalisation impressionnante d'Alfonso Cuaron.Une histoire simple, un scénario malin multipliant les rebondissements pour une aventure intense portée par un duo Bullock / Clooney très convaincant.




Pacific Rim, de Guillermo del Toro, avec Idris Elba, Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi...

Dans la catégorie "bon gros blockbuster qui en met plein la vue", le dernier Del Toro remplit parfaitement le cahier des charges. Hommage taille XXXXL au kaiju eiga, le film propose des affrontements dantesques, aussi spectaculaires que lisibles, avec des créatures superbes, au détriment du scénario (qui n'a certes jamais été le point fort des films du réalisateur mexicain), très linéaire.



Tel père, tel fils, de Hirokazu Kore-eda, avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky...

Un magnifique film, montrant une nouvelle fois le talent de Kore-eda pour accrocher le spectateur et faire naître l'émotion de façon naturelle, sans jamais en faire trop. Une très belle histoire, parfaitement menée par des acteurs très convaincants (notamment les enfants), évoquant de façon très pertinente un sujet assez délicat. Une nouvelle réussite après un I wish - nos voeux secrets déjà très réussi !


Le Dernier pub avant la fin du Monde, de Edgar Wright, avec Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman...

Le sans-faute continue pour Edgar Wright, qui termine ici sa "trilogie Cornetto" de la plus belle des manières. Abordant des sujets plus matures (l'alcoolisme, la fin de l'amitié, le conformisme), il pastiche ici les classiques de la science-fiction et apporte un soin encore plus important à ses dialogues, absolument fabuleux. On espère vraiment que le trio continuera à travailler ensemble dans le futur !



Stoker, de Park Chan-wook, avec Mia Wasikowska, Matthew Goode, Nicole Kidman...

Premier essai hollywoodien parfaitement réussi pour le réalisateur de Old Boy. Un thriller raffiné et pervers, à la mise en scène virtuose, qui s'éloigne rapidement de son argument de départ et de certains clins d'oeil très Hitchcockien pour livrer une oeuvre vénéneuse, dans le sillage d'une magnifique Mia Wasikowska. 




Zero dark thirty, de Kathryn Bigelow, avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Joel Edgerton...

Un film coup de poing, une leçon de thriller d'espionnage exploitant un sujet difficile sans (trop) de complaisance. Grâce à une Jessica Chastain impeccable (et qui mériterait certainement l'Oscar de la meilleure actrice) et une Kathryn Bigelow aussi efficace pour filmer les passages violents que les scènes plus calmes, Zero dark thirty est l'un des meilleurs films de 2013, avec en prime une exceptionnelle séquence d'infiltration en fin de métrage.


Wadjda, de Haifaa Al Mansour, avec Waad Mohammed, Reem Abdullah, Abdullrahman Al Gohani...

L'un des gros coups de coeur inattendus de cette année. Partant d'une base très simple, la volonté d'une jeune fille d'acheter une bicyclette, le film nous livre donc une très belle histoire autour des thèmes de l'espoir et de la ténacité, et usant à merveille de la métaphore pour évoquer la situation de la femme en Arabie Saoudite sans sombrer dans la caricature. Rafraichissant et essentiel.  




FLOP 2013

 Cette fois, on va se contenter de lister, sans mettre d'affiches, ces films qui ne méritent pas plus d'exposition. A éviter donc dans ce cru 2013, un bon paquet de comédies françaises (Boule & Bill, Les Gamins, Max, La Fille du 14 juillet), du film d'horreur sans ambition (Le Dernier exorcisme part II, Insidious : chapitre 2), du blockbuster hollywoodien sans âme (Les Misérables, Les Âmes vagabondes), du film d'action décérébré (Du plomb dans la tête) et du film d'auteur aussi creux que prétentieux (A la merveille)...

vendredi 31 janvier 2014

Le Loup de Wall Street


Titre : Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street)
Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie
Date de sortie en France : 25 décembre 2013
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Avis :
C'est l'un des derniers films sortis au cinéma en France en 2013 : le 25 décembre arrivait en effet dans nos salles la cinquième collaboration entre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio, après Gangs of New York, Aviator, Les Infiltrés et Shutter Island : Le Loup de Wall Street, adapté des mémoires de Jordan Belfort, ancien courtier qui aura passé plusieurs mois en prison pour détournements de fonds, introduction en bourse frauduleux et blanchiment d'argent.


Le film nous montre donc l'ascension et l'inévitable chute d'un jeune courtier aux dents longues, interprété par un formidable Leonardo DiCaprio. L'argent, le pouvoir, les drogues, les femmes : le monde selon Jodan Belfort n'est qu'une succession d'excès, que Scorsese nous montre sans détour, avec beaucoup de cynisme, notamment lorsque le héros de Inception s'adresse directement au public, brisant à de nombreuses reprises le quatrième mur pour nous prendre à témoin de sa réussite, comme s'il se sentait aussi intouchable qu'obligé de partager son succès avec le plus grand nombre.

Pendant 3 heures absolument étourdissantes, presque épuisantes, on suivra donc cette comédie dramatique aux nombreuses formes d'humour, aux séquences improbables (le humming de Matthew McConaughey, DiCaprio contraint de ramper pour rejoindre sa voiture), à la folie furieuse, reprenant la structure des films de mafia de Scorsese, entre ascension fulgurante et chute programmée, avec l'agent du F.B.I. incorruptible, les problèmes de couple et les magouilles incessantes.

Bref, Le Loup de Wall Street est clairement l'un des meilleurs films de l'année, le meilleur Scorsese depuis très longtemps, une véritable tornade aux innombrables excès, aux merveilleuses trouvailles, aux séquences inoubliables et avec un DiCaprio confirmant un nouvelle fois son immense talent. Terriblement drôle, terriblement cynique, ce bijou nous transporte durant trois heures qui semblent en faire moitié moins malgré une complexité, une intensité et une densité formidable.

Note : 9,5/10